Et voilà le premier chapitre vraiment Bellamort!!!!!! (très contente de moi^^) Ca mérite des reviews encore plus, non? Alleeeeeeeeeeez... Mon rêve pour cette fic: dépasser les 50 reviews! Et vu que nous tenons jusqu'à présent un joyeux petit rythme de 2 reviews par chapitre en moyenne (entre ma fan à moi chérie adorée, ma touriste je-passe-tous-les-4-chapitres et mes deux nouvelles revieweuses), sachant que selon mes prévisions cette fic fera 26 chapitres (le 21ème en cours de rédaction en ce moment même), on devrait arriver à taper 52!!!!!! Alors si les 4 évoquées ci-dessus se défoncent, avec éventuellement un ou deux nouveaux de temps en temps, moi je meurs de bonheur!!!!!!!!
(auquel cas je m'engage solennellement à publier cette fic jusqu'à la fin avant de rendre mon dernier soupir. Soit dit en passant, je n'irai pas vous faire du chantage style «Si vous ne reviewez pas eh ben moi j'arrête d'écrire! MOUAHAHAHA (rire diabolique)»)
La réunion est bientôt terminée. Elle attend en silence que Yaxley ait achevé son rapport. Elle a froid et elle se sent nerveuse.
Elle est revenue d'Allemagne il y a une poignée de jours, avec l'impression d'avoir laissé derrière elle, par son départ, tout ce qui la liait à l'Angleterre. Elle se sent loin, si loin de tout, inutile à tous, à sa cause, à son Maître; elle évite ses amis, elle n'a plus que des lambeaux de famille. Elle n'a plus que Cissy; mais Cissy a une autre vie, une vie de jeune dame sang-pur riche et distinguée, avec un grand manoir et un beau mari. Cissy a accouché; elle a un fils, un minuscule bambin qui ressemble extraordinairement à Lucius. Son fils a deux mois et demi et il est l'essence de son existence. Bellatrix ne l'a vu qu'une fois; elle a senti, au plus profond de ses entrailles, là où la raison n'existe pas, là où il n'est que passion et désir, qu'elle voulait un enfant comme celui-là, un enfant à elle, rien qu'à elle, un enfant d'un homme qu'elle l'aime, de l'homme qu'elle aime; il n'y en a qu'un seul de toute éternité.
Elle a senti cette envie rageuse, sauvage, irraisonnée, violente, en regardant le bébé si joli, si paisible; elle a voulu porter un enfant. Son corps jeune et vigoureux réclamait l'exaltation de la maternité; elle a balbutié les compliments d'usage et s'est enfuie, à bout de souffle, à bout de forces. Elle sait que l'homme qu'elle aime ne l'aimera jamais, et que le petit étranger qu'elle rêve en elle restera un fantasme.
La voix de son Maître qui les congédie attire son attention de nouveau: «Bella, tu restes.»
Elle reste et les autres partent. Elle reste, debout au centre de la clairière, face à face avec le mage noir le plus puissant de l'histoire du monde.
Sur sa demande, elle commence à lui faire le résumé de tout ce qu'elle a appris en Allemagne, les négociations, les décisions, officielles et officieuses, ce que laisse entendre le gouvernement, ce qu'affirment les particuliers, les diplomates influents, les mages retirés dans les contrées profondes; elle explique, expose, suppose, argumente, elle dit tout ce qu'elle sait et tout ce qu'elle a à dire, son esprit se concentre sur ses paroles et ses réactions, sur l'échange et ce qui se construit de très précis et défini, sur les pierres de cet échange, dans la tête du Seigneur des Ténèbres, son esprit se focalise, et son âme est ailleurs.
Vient le moment où il incline la tête pour lui signifier qu'il a obtenu d'elle toutes les informations qu'il souhaitait; mais il ne lui ordonne pas de partir. Il reste debout devant elle, et la fixe, comme songeur.
Elle est mal à l'aise sous ses yeux rouge sombre. Ses yeux à elle sont baissés, fixés sur ses pieds, parce qu'elle craint que, comme trop souvent, ses prunelles noires trahissent des sentiments qu'elle voudrait cacher.
«Regarde-moi.»
Elle relève la tête et le regarde. Il l'observe attentivement.
«Ca ne peut pas être si difficile... Pourquoi est-ce si difficile?»
Elle a la gorge nouée. Pourquoi? Elle l'ignore elle-même, elle sait juste qu'il est debout près d'elle et qu'elle l'aime, qu'elle l'aime si fort, si fort que ça lui fait mal à l'intérieur; elle sait que sa voix est plus douce qu'à l'accoutumée, qu'il n'est pas furieux contre elle pour tout ce qu'elle ne peut pas surmonter seule, qu'il veut juste comprendre. Pourquoi? Elle ne sait pas....
Sa voix est un peu rauque; est-ce à force de parler la langue allemande ou de retenir ses larmes? Ca aussi, elle l'ignore; elle ignore tout en ce moment.
-Peut-être que j'ai trop donné et que j'ai été trop déçue...
Oui, peut-être, sûrement. Et ça ne vaut pas que pour ma famille, songe-t-elle amèrement.
Il continue à la fixer en silence. Elle sent que les larmes montent, montent; elles ne doivent pas s'enfuir et couler, c'est un début de panique qui lui serre le ventre. Il peut accepter la douleur et la faiblesse – jusqu'à un certain point seulement. Elle ferme les yeux, serrant hermétiquement les paupières, priant férocement dans sa tête.
Au début elle sent juste le vent sur son visage et ses larmes impérieuses. Puis elle sent quelque chose de doux et de frais en travers de ses lèvres. Sa tête se renverse lentement en arrière. Elle serait tombée peut-être, mais des bras fermes la retiennent et l'enserrent. Elle s'accroche son cou, elle lui rend son baiser, et pourtant elle se sent étrangement impuissante; une poupée entre ses bras. Ses larmes glissent librement sur son visage et touchent le sien; elles sont très chaudes. C'est un instant en dehors du temps, de l'espace, de leurs vies; suspendu. Une quintessence.
Quand il la lâche, elle tient droite; elle ignore comment. Elle ne sent plus ses jambes, et son corps entier pas davantage, d'ailleurs. Son être conscient est comme enveloppé dans du coton, un très gros coton tout chaud. Elle le regarde en silence.
«Tu devrais y aller», dit-il. «J'ai un voyage à faire très bientôt. Nous aurons des choses à régler à mon retour.»
Elle fait oui; sa tête se secoue comme un poupon désarticulé. Elle est une poupée vivante depuis qu'il l'a touchée, une poupée aux mouvements et aux pensées saccadés, ralentis. Une poupée qu'on a arrachée de sa boîte à musique, et qui a le tournis encore, par habitude.
Et la poupée tournoie et se laisse voyager, vers une réalité quelconque et dépourvue de sens, loin de l'homme qu'elle aime.
