Auteur : mimi yuy
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Série : Les Bleus, Premiers pas dans la police
Disclamer : Aucun des petits Bleus ne m'appartiennent
Couple : Yann x Kevin
Le moment tant redouté pour Yann arrive enfin.
Dernier Combat
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6. Le der des der.
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Le soir venu, à l'heure et lieu prévu la veille, Yann entra dans l'usine désaffectée. Comme la première fois, un homme dés l'entrée de l'usine, le fouilla au corps. Mais contrairement à la fois passée, il trouva son Sig Sauer.
- Vous avez une arme.
- Effectivement
- Vous n'en aviez pas hier.
- Je ne me déplaçais pas avec autant d'argent hier…
A la vue de l'épaisse liasse en sa possession, l'homme lui fit un signe de tête l'invitant à entrer. Afin de montrer patte blanche pour son échange de marchandise, il avait avec lui une belle somme d'argent. 30.000 euros en billets de 200 dans la poche intérieure du blouson de cuir ayant remplacé son manteau. Inutile de préciser que le comptable du service des Stup ferait une crise cardiaque s'il devait annoncer leur perte. Déjà qu'il avait tapé dans la caisse pour la morphine et les amphétamines achetées la veille… C'est que les dealers ne donnaient pas de facture quand un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions lui achetait des produits illicites pour le bien d'un collègue…
A peine avait-il finalement franchit quelques mètres au sein de l'usine, qu'il fut surpris de la forte affluence ! Il y avait bien deux fois plus de monde que la veille autour de l'arène où combattaient deux chiens en rage. Yann essayait d'en comprendre la raison quand le big boss l'ayant aperçu, vint aussitôt vers lui.
- Monsieur Lazarrec !!
- Monsieur Berger.
- Mon homme m'a dit que vous aviez bien profité de votre jouet cette nuit.
- Ce fut appréciable, oui. Bien qu'avec un arrière goût de trop peu.
- Alors je regrette que vous ne puissiez rééditer l'affaire.
- L'un de vos bons clients m'aurait-il prit de vitesse ?
- Loin de là. Simplement, le combat que nous avons réservé ce soir à notre poulain sera le dernier. Nous l'avons déjà gardé bien trop longtemps pour un flic. Poursuivre cet amusement deviendrait risqué. Et puis, notre public apprécie particulièrement le « Der des Der ». Alors pour finir en beauté, cette soirée lui sera entièrement consacrée.
Une chape de glace tomba sur les épaules du capitaine Berthier.
Ca voulait dire quoi ça ?
- Quel dommage !
Munie d'un micro, il savait que les autres venaient d'entendre la sentence prononcée à demi-mot pour le sort de Kevin. D'un commun accord avec le commissaire, il n'était pas agent des stups mais capitaine de la BAC, ce soir. Connaissant de plus, son attachement pour le lieutenant Laporte, et redoutant un excès de zèle du service des Stup, Mercier avait mit tout le monde d'accord. Ce soir, elle était présente et seul agent habilité à prendre la décision finale. Celle de stopper ou non les combats ! En prenant cette responsabilité, elle lui enlevait la difficulté de faire la part des choses entre la raison et les sentiments. Tout du moins, tant qu'il verrait que Kevin pourrait s'en sortir vivant !
- En ce cas, puis-je savoir quel type de combat vous nous avez préparé ?
- Combats à mort, bien sur ! Et pour ses adversaires, nous lui avons trouvé de bons spécimens. Après tout ce qu'il a prouvé depuis son arrivée en ces lieux, nous lui devions bien ce bouquet final.
- J'en salive d'avance.
- Pour débuter, j'ai tout spécialement voulu lui réserver une petite mise en bouche.
Tiré par ses chaînes, Kevin fut traîné au milieu de l'arène. Le coté rassurant était qu'il ne semblait pas en plus mauvais état qu'au matin. Une fois libéré de ses menottes, deux pitbulls furent à leur tour tiré près de l'arène.
- S'il survit à ceux-là, nous avons une longue liste d'adversaires. Il combattra toute la nuit, jusqu'à ce que l'un d'entre eux finissent par avoir raison de lui. Autant dire que les enchères vont voler cette nuit pour savoir combien de temps il tiendra. Un jackpot tombe pour celui trouvant l'heure exacte de sa mise à mort.
- Vous semblez rodé.
- Ce n'est pas notre premier « Der des der ».
Yann camoufla sans mal ses sentiments pour l'homme lui faisant. Il retenait surtout de ce laïus, toute l'importance de le stopper dans sa folie, lui et tous ses acolytes. Plus que jamais ils ne devaient pas rater leur arrestation. Et pour regrouper un maximum de chef d'inculpation, ils devaient attendre. Mais attendre combien de temps ?
- Et pour l'affaire qui me concerne ?
- Aucune inquiétude, je ne vous ai pas oublié. Mon passeur doit se joindre à nous d'ici une petite heure tout au plus. Alors d'ici là, prenez du bon temps.
- …
- Si vous voulez bien m'excusez, j'ai des amis à voir.
- Je vous en prie.
Laissé seul dans un coin, en bonne place pour voir et être vu des combattants, Yann hésitait encore sur l'attitude à avoir. Il était tiraillé par l'envie de tout stopper à l'instant, et le devoir qui voulait qu'il garde la position sans intervenir. Quand Kevin croisa son regard, il ne détourna pas les yeux. De tout son cœur, il aurait préféré être à sa place. Tout sauf assister à ce qui allait suivre !
Du coté des sous-marins, la tension était à son comble. La voix murmurée de Yann leur décrivit ce qu'il voyait, tout en tournant son corps de tout coté pour que la micro caméra intégrée à sa veste et fournie par Alex, puisse leur montrer ce qu'il advenait.
Finalement, et non sans surprise, le téléphone de Yann sonna. Franchard avec l'accord du commissaire présent à ses cotés, prenait contact avec lui pour donner leurs instructions. Rien de suspect au regard du nombre de personne qui continuait leur business devant le spectacle.
- T'as une arme Yann. Si tu penses que sa vie en dépend, utilise-là pour faire lâcher ses adversaires le temps que nous vous rejoignions. Si on le juge utile nous te sonnerons pour te forcer à agir. Compris ?
- Et pendant l'échange ?
- On a deux équipes pour tout stopper au même instant. Il n'aura qu'une minute ou deux à tenir sans visibilité.
Comme si Kevin avait entendu sa conversation, il décroisa seulement son regard du sien. Dans ses yeux, une lueur de détermination. Il semblait bien décidé à gagner son combat, ce soir. Evidemment, il n'avait pas encore du être tenu informé du changement des règles. Un oubli que son garde-chiourme se fit une joie de lui apprendre enfin.
- Alors, mon mignon. J'espère que t'as bien profité de ta nuit de plaisir, car ce soir, on change les règles ! Plus de ko. Vous allez combattre à mort.
- Quoi ?
- Tu m'as très bien entendu. C'est toi ou tes adversaires. Va donc te falloir butter des gens, mon petit flic. Mais pour commencer et t'aider à te faire la main, on t'a réservé deux belles petites mises en bouche. Deux femelles affamées de viande fraîche.
A la vue des chiens féroces, deux pitbulls aux babines bavantes qui s'acharnaient sur les grilles, Kevin se sentit mal. Dans ce type de combat, il ne se faisait pas beaucoup d'illusion…
Mais n'ayant guère le choix, il fit face de son mieux.
*-*-*-*
Le combat fut sanglant. Les deux bêtes affamées et en rage s'étaient jetés dés leur détachage à la gorge de Kevin. Heureusement, il s'était souvenu des gestes de protection inculqués à l'école de police. Il avait donc réussit l'exploit de dégager un premier chien d'un coup de pied interceptant son premier bond, tout en attrapant le second à l'encolure. Dans ce genre de combat, l'important était de ne pas laisser le chien figer ses crocs dans sa chaire. Aussi n'eut-il aucune pitié. Shootant sans une once de regret dans leur corps et n'hésitant pas un instant à les mettre à mort. Il réussit finalement, sans trop savoir comment à leur casser la nuque de la seule force de ses mains.
Il n'en revenait tout simplement pas, de son exploit !
Mais ce qu'il vit une fois le calme retrouvé, le glaça littéralement d'effroi. Il était couvert de la tête au pied de son propre sang. Il donnait l'idée d'avoir été littéralement dévoré vivant au niveau de ses mains, bras et jambes. Cette image eut le don de le faire flipper. Dieu seul savait s'il lui manquait des bouts de chair dans tout ce carnage. Le corps des chiens était à peine dégagé qu'un mastodonte entra en scène.
Ce genre de type, Kevin savait parfaitement comment les combattre, mais pas blessé de toute part. Sans lui laisser le temps de souffler, les coups plurent nombreux, induisant une douleur sans fin. S'il en doutait jusqu'alors, Kevin sut qu'à cet instant, il avait du se péter des cotes. Crachant du sang, il évita un énième coup de pieds tout en essayant de se relever. Il allait crever là ! Devant les yeux sans expression de son ex-amant qui ne montrait aucun signe de volonté à vouloir l'aider.
A moitié étranglé, à bout de bras par l'ours des cavernes qu'on lui faisait affronter, il vit soudain Yann être rejoint par un homme lui chuchotant à l'oreille. Comme s'il n'attendait que ça, le capitaine de la BAC se leva pour le suivre.
Voilà. Son seul espoir de peut-être s'en sortir vivant venait de fuir sa mise à mort.
Balancé contre les grilles de fer, il rebondit avant de chuter à terre. Il ne respirait plus. La gorge écrasée, le corps broyé, il se décidait à laisser tomber la lutte quand des cris lointains se firent entendre. Impossible de les distinguer, avant qu'une somme de coup de feu y fasse écho. A priori, il y avait du grabuge non loin d'eux.
Voyant sa chance d'avoir une diversion pour tenter une nouvelle évasion, il essaya de réunir son énergie pour se débarrasser de son combattant. Un coup de pieds dans les couilles, un coup de boule bien porté sur un nez explosé. Il réussit à se tortiller suffisamment pour s'extraire de la poigne de son adversaire. Encore quelques coups de genou dans l'estomac et la fin était proche ! Pour lui comme pour l'autre combattant, d'ailleurs.
Finalement, les spectateurs eux-mêmes fuyaient subitement à grand pas ! Des cris, des coups de feu encore plus proches. Il ne percevait aucun mot, mais comprit que c'était vraiment sa chance. S'il prenait le dessus sur cet homme, il pourrait fuir dans cette débâcle. Il ne manquait qu'un dernier effort pour enfin rentrer chez lui ou trouver n'importe quelle planque en ville qui soit plus sûre que ces lieux...
D'un dernier coup de poing accompagné d'un cri hurlé de toutes ses forces, il mit enfin k.o. son adversaire. Alors dernier debout au centre de l'arène, Kevin tituba comme un homme sou, le cœur battant. Du sang s'écoulant d'une arcade sectionnée lui obstruait la vue, l'empêchant de retrouver la porte de sortie.
Marchant vers les grilles, il décida d'en faire le tour pour trouver la poignée symbole de liberté. Mais à peine fit-il un pas qu'il chutait, à bout de force.
Il ne pouvait pourtant pas abandonner à cette étape, alors qu'il y était presque !
Tachant de se redresser, sans plus aucune force dans des bras qui ne cessaient de saigner des morsures de chien, il sentit soudain une main sur son épaule.
- NON !!!!
Il avait perdu !
Des hommes l'avaient déjà rejoins avant même qu'il puisse tenter son évasion.
Tentant sans succès de les repousser, il fut saisit plus fermement par deux autres mains. Ils étaient vite au moins trois à tenter de le maintenir allongé sur le sol. Il fit de son mieux pour leur échapper, mais ils obtenaient sans mal l'avantage face à ses dernières résistances.
- Kevin ! KEVIN !!!!
Soudain, il entendit enfin son nom hurlé à ses oreilles par une voie féminine.
Quelle femme pouvait le connaître dans ce lieu ?
- Je t'en pris Kevin, arrête de te débattre. On essaie de stopper tes hémorragies. Tu pisses le sang de partout, là !
- … Laura ?
- Oui, c'est moi !
- Qu'est-ce que tu… ?
- On est tous là Kevin, bouge plus. On s'occupe de toi, maintenant.
C'était Lyes là ?
Les gars étaient venus ! Ils étaient venus à sa rescousse !!
Rassuré par leur présence, il ne lutta plus contre les mains venant à sa rencontre.
Ses amis l'avaient retrouvé. Il était enfin sauvé.
- Lyes… ?
- On est là Kevin, surtout lâche rien. On va t'emmener à l'hôpital. Le cauchemar est fini.
Nadia, toujours maternelle avec lui.
- Tu l'as eu en beauté le connard ! Fallait voir ça. Tu ferais carrière dans le ciné d'action, toi !
Alex et son mot pour rire qui permettait toujours de relâcher la tension.
Ils étaient tous là.
- Les Meds et la civière arrivent. On va les laisser t'emporter. Mais on te rejoint aussitôt à l'hôpital ! lui souffla Nadia qui lui essuyait jusqu'alors le sang présent sur son visage.
- Merci les gars. Merci…
Traité avec rapidité et efficacité par le Samu, il se sentit très vite partir dans l'inconscience. Nul doute qu'un produit de leur cru en était certainement à l'origine. Du moins, tenta-t-il de s'en persuader, la seconde précédant sa perte de connaissance.
A suivre.
Je tiens à préciser que malgré ce chapitre, j'ai un profond respect pour les animaux et que les pitbull cités ici ont été manipulés telle des armes, dénuées de toute limite suite aux sévices perpétrées par les humains sur eux. Donc je ne cautionne en rien la maltraitance animal. Ca me semble évident, mais je préfère le préciser. Car j'aime vraiment les bêtes et voudrait pas qu'on s'imagine quoique ce soit ^_^''
Maintenant, je ne doute pas que plein de petits points va vous avoir révolté ou intrigués. Mais comme précédemment, tout sera bien expliqué dans la suite. Vu qu'on a pas encore eu la version de Yann sur la fin ;D.
mimi yuy
