Coucou tout le monde
Désolée pour ce contre-temps, je n'ai pas pu publier hier
n'ayant pas apporté les corrections et aujourd'hui impossible de mettre le nouveau chapitre en ligne...
Encore merci à Twin, ma correctrice adorée, qui se plit en quatre pour moi et me donne des cours d'orthographe :D
Et, une fois n'est pas coutume, merci à Auré ;)
*** Information ***
Petit décalage dans la publication du prochain chapitre (chapitre 7),
il sera repoussé d'une semaine, publication prévue le week-end 2/3 avril sauf imprévu.
Place aux reviews :
Wam : merci ma belle ;) Je me doutais qu'Ed en maillot tu apprécierais :P
Tu me diras ce que tu penses de celui-là ;)
Anna-Maria34000 : merci ;) si si je suis fan des fins sadiques,
j'avais juste pas trouvé un moment idéal pour le faire... enfin jusque là :P
Bellardtwilight, Grazie, Bellaandedwardamour, Yayalia, Claire91, Emichlo, Vivibatta & Krine69 :
merci pour vos reviews, votre fidélité et vos petits mots d'encouragement ;)
Couleurs d'Automne : bienvenue dans l'aventure et merci pour ce gentil compliment ;)
Ma voisine : ils se rapprochent tout doucement, leur relation est super complexe,
ils se côtoient depuis 10 ans sans se connaitre vraiment...
Pour la scène devant la porte, y a peut-être pas que le fou rire, mais bon il est sage et gentlemean notre Eddy :P
VenusCapri : Bella réagit au contact rappoché d'Edward mais elle ne sait pas trop ce qu'il lui arrive en fait...
elle et les hommes ça fait 3... voire plus :P
Auré : t'inquiète y a pas de souci, moi-même je n'ai pas fait de reviews à chacun de tes chapitres...
Merci pour les compliments, si tu me voulais tomate comme Bella c'est réussi :P
On me demande souvent des POV d'Edward, j'ai toujours rien écrit de ce côté là mais j'y pense...
j'ai un peu de mal avec les mecs, contrairement à toi d'ailleurs, j'adore des POC d'Eddy.
Pour ce qui est du charme agissant d'Eddy c'est tout à fait ça...
tout lui tombe toujours tout cuit dans le bec côté nana, alors il se laisse vivre tranquille...
Bella c'est une fille plus torturée, pas à l'aise pour un sous avec les mecs... drôle de mélange tout ça :P
Pour l'anniversaire tu compteras les points... ça promet de bons moments :D Il n'es pas écrit encore...
j'ai du faire une pause pour cause de maladie, je reprends tout doucement et j'attends ton chapitre pour me motiver comme il faut.
Merci pour tout, et pour les reviews je réponds en direct parfois, mais j'aime bien mettre les réponses aussi avant le chapitre, surtout quand je donne quelques éléments.
Encore merci à tous, et bonne lecture :D
CHAPITRE 6
Apprendre à se connaître
Je me réveillais à l'aube et, pour une fois, de très bonne humeur. Je regardais le soleil se lever sur Miami, c'était vraiment superbe, Edward avait vraiment bien choisi nos chambres. Une fois douchée je jetais un œil sur ce qu'Alice avait glissé dans ma valise à la dernière minute et je découvrais avec surprise un magnifique tailleur pantalon Burberry bleu nuit. Je n'étais pas fan de ce genre de tenue d'habitude, mais là j'avoue qu'il me plaisait énormément. Bien évidemment elle avait aussi glissé un chemisier et une paire d'escarpins assortis. Alice était vraiment la meilleure amie du monde!
J'étais prête avec une bonne longueur d'avance si bien que je commençais à tourner en rond dans ma chambre. J'avais déjà vu les news de tout le pays trois fois quand le téléphone se mit à sonner.
- Allo.
- Bonjour Bella, c'est Edward. Je voulais juste m'assurer que tu étais réveillée.
Il me connaissait vraiment bien! Je n'avais jamais été du matin…
- Je suis réveillée depuis un bon moment et même prête à descendre.
- Et bien, l'air de Miami te réussit! J'allais descendre prendre le petit-déjeuner, tu veux m'accompagner?
J'aurais du hésiter, mais j'en avais tellement marre de tourner comme un lion en cage…
- Avec plaisir.
- Je préviens Victoria et je passe te chercher.
Deux minutes plus tard il frappait à ma porte. Et quand je l'ouvris je le vis écarquiller les yeux. Apparemment le tailleur qu'Alice m'avait trouvé faisait son petit effet.
- Bonjour Bella, tu es vraiment… superbe.
Superbe? Moi? Waouh, c'était la première fois qu'Edward associait "Bella" et "superbe" dans une même phrase, ce qui eut l'effet de me transformer illico en tomate cramoisie.
Après l'avoir timidement remercié et retrouvé la clé de ma chambre, nous nous sommes dirigés vers les ascenseurs. Et c'est là qu'il cala sa main dans le bas de mon dos pour me guider. Je sentis une chaleur monter en moi, puis des frissons, je n'étais pas habituée à autant d'attention de la part d'un homme en général, et encore moins de la sienne. Si j'avais su qu'il me fallait m'habiller en working girl fashion pour avoir ce genre de sollicitude, j'aurais peut-être tenté l'expérience plus tôt!
Malheureusement je constatais que j'avais encore du pain sur la planche question entraînement. Mon corps réagissait d'une drôle de façon quand il était près de moi et quand il me touchait. Les efforts de la veille n'étaient pas encore suffisants, apparemment c'était un travail de tous les jours qui m'attendait.
Le silence et la musique d'ambiance de l'ascenseur commençaient à me mettre mal à l'aise, heureusement nous arrivions au restaurant. Comme à mon habitude je commandais un thé et quelques pancakes. Malgré mes années dans la grosse pomme je n'arrivais toujours pas à me mettre au café, exception faite des lendemains de cuite. Edward lui n'avait apparemment pas ce genre de problème puisque c'est un café bien noir qu'il commanda avec ses pancakes.
La serveuse partie, il brisa enfin ce silence qui devenait pesant :
- Bien dormie?
- Comme un bébé! Je crois que notre fou rire d'hier m'avait mis dans de bonnes dispositions.
Je disais ça avec un large sourire, rien que d'y repenser j'avais envie de rire à nouveau.
- Tu m'en vois ravi. J'espère quand même qu'aujourd'hui on trouvera un autre sujet que la tentative avortée de Victoria pour animer nos discussions.
- Ca me va très bien, que me proposes-tu?
- On va commencer par notre rendez-vous. Tu es prête?
J'avais presque oublié, et voilà qu'il remet ça sur le tapis. Je sentais le stress monter doucement en moi et une boule se former dans mon ventre. A mesure que je gardais le silence, je voyais son visage passer par plusieurs expressions, il avait l'air de moins en moins rassuré.
- Bella, on prépare ça depuis plus d'une semaine, ne t'inquiète pas, tout se passera bien.
- Je sais, c'est juste que c'est la première fois que je rencontre un client. J'ai peur de dire une bêtise ou pire… me prendre les pieds dans un tapis, renverser un vase… je suis tellement maladroite…
- Tout se passera bien, j'en suis sûr. Déjà tu connais le projet sur le bout des doigts. Ensuite, s'ils se mettent à parler chinois, tu souris et tu me laisses leur répondre. Quant aux vases et aux tapis, ne t'en approche pas trop et tout ira bien.
Il avait dit ça en souriant et, bizarrement, la plupart de mon stress s'est évanoui aussi vite qu'il était arrivé.
- Merci.
A ce moment là, la serveuse arriva avec notre commande. Je constatais qu'Edward aimait, comme moi, ses pancakes avec du sirop d'érable. Je décidais de relancer la conversation avant que le silence ne s'installe à nouveau, car ça me mettait toujours autant mal à l'aise.
- Victoria ne déjeune pas avec nous?
Il avait l'air embarrassé.
- Elle a décliné l'invitation… je crois qu'elle m'en veut encore.
Elle ne devait vraiment pas avoir l'habitude de se prendre des râteaux. Je ne sais pas pourquoi mais je trouvais ça toujours aussi jouissif, elle était tellement méprisante à mon égard, me prenant toujours de haut avec ses airs de poupée de luxe. Pour une fois qu'elle tombait sur un os, je n'allais quand même pas la plaindre.
- Elle s'en remettra, laisse lui un peu de temps pour digérer tout ça.
- Heureusement qu'elle repart ce soir, je n'aurais pas supporté d'être à nouveau assis à côté d'elle dans l'avion.
- Pourtant tu aurais eu la paix, je ne pense pas qu'elle revienne à la charge.
J'avais envie de le taquiner un peu, d'abord parce que ça me détendait, et aussi parce que j'avais l'impression de prendre, en quelque sorte, ma revanche sur le passé.
- Qui sait, peut-être que ce sera toi qui te fera draguer au retour.
Qu'est-ce qu'il voulait dire par là? Je ne savais pas quoi répondre à ça. Parlait-il de lui ou de quelqu'un d'autre? J'ai sûrement du changer de tête parce qu'il s'empressa d'ajouter :
- Rien n'empêche un des voyageurs de l'avion de venir t'accoster. Et si c'était le cas, je serais bien curieux de voir quelle parade tu trouverais pour l'éconduire.
J'étais soulagée, je commençais vraiment à me faire des films dans ma tête, voir même à flipper. N'empêche, je le soupçonne fortement de l'avoir fait exprès, sûrement pour voir ma réaction. On dirait qu'il est en train de me tester, mais je ne suis pas dupe. Et s'il veut jouer, on va jouer.
- Qui te dit que j'aurais envie de l'éconduire?
Il avait l'air surpris, effet réussi alors, je jubilais.
- Disons que je n'ai encore vu aucun homme franchir la porte du loft pour toi, alors j'en ai déduit que tu étais du genre… solitaire.
Quelle remarque vicieuse, je n'en revenais pas. Attaquer sur le côté sentimental, ça ressemblait étrangement à l'Edward du lycée… quelle déception.
- Je te retourne le compliment, surtout si on y rajoute l'incident d'hier. Sache que je ne ramène pas n'importe qui chez nous, ça ne fait pas de moi une solitaire pour autant.
Et toc! Je lui avais répondu un peu sèchement, mais il s'aventurait sur un sujet sensible. Quelque part je n'avais pas à me justifier, nous ne sommes que colocataires, mais bon c'était plus fort que moi.
- Un partout la balle au centre alors?
Il m'avait répondu ça tout sourire, ce qui eut l'effet de me faire oublier toute ma colère en un instant. J'avais ma réponse, il était aussi joueur que moi… ça promettait pour nos futures discussions. Je lui répondis positivement, en souriant moi aussi.
Il jeta un coup d'œil à sa montre, il était temps de remonter chercher Victoria et nos dossiers. Avant de prendre l'ascenseur, Edward commanda un taxi à la réception. Il était plein de bonnes intentions, je me voyais mal arpenter le peu de chemin qui nous séparait du lieu de rendez-vous avec les chaussures d'Alice.
J'étais chargée de prévenir Victoria, pendant qu'Edward rassemblait les dossiers. Cette dernière m'accueillit assez froidement, toujours avec ce regard méprisant. Elle commençait sérieusement à me taper sur le système. Angela allait être ravie d'apprendre l'incident entre Edward et elle, peut-être qu'après ça elle sera moins hautaine. Surtout qu'elle n'était en rien ma supérieure, nous étions exactement au même niveau hiérarchique dans l'entreprise, j'avais même un léger avantage d'ancienneté.
Nous avions tous rendez-vous dans le hall. Bien sûr Victoria arriva la dernière, sûrement un raccord maquillage, elle en mettait vraiment des tonnes. Le trajet en taxi se déroula dans un parfait silence, l'ambiance était un peu pesante, il me tardait d'arriver.
Le rendez-vous se passa on ne peut mieux. Edward et moi avons exposé notre projet. Comme prévu il a répondu aux questions, parfois en chinois. Je dois bien avouer que ça m'a fait tout drôle, il le maitrisait parfaitement, ce qui n'a pas échappé au futur directeur. Victoria avait fait office d'assistante, distribuant les documents, pilotant la projection vidéo, avec son sourire commercial toujours vissé à ses lèvres.
Le client nous invita à nous joindre à lui pour le déjeuner. Le restaurant était très classe, ce qui me mit un peu mal à l'aise malgré ma tenue qui collait parfaitement au cadre. Les discussions tournaient autour de l'architecture, de leur banque, de la Chine aussi. J'appris énormément de choses à propos d'Edward, notamment qu'il avait voyagé aux quatre coins du globe. Je me rendis compte qu'on se connaissait depuis dix ans et que je ne savais presque rien de lui.
Une fois le déjeuner terminé, nous sommes tous les trois retournés à l'hôtel. Victoria avait son vol en milieu d'après-midi, Edward la remercia et lui remit une sorte de compte-rendu rapide à l'intention de James. Moi j'avais filé discrètement dans ma chambre sans lui dire au revoir, je n'avais vraiment pas envie de faire semblant. Et puis je voulais à tout prix retirer mon déguisement de working girl.
J'ai eu à peine le temps d'enfiler un jean et un débardeur qu'on frappait à ma porte.
- C'est Edward, je peux entrer?
- Une seconde, j'arrive.
Quand j'ouvris la porte, je remarquais un peu de déception sur son visage. Je l'invitais à entrer.
- C'en ai fini de la femme d'affaires classe? C'est dommage, cette tenue t'allait vraiment à ravir.
Je ne pouvais m'empêcher de rougir. Cette tenue m'avait valu deux compliments de sa part aujourd'hui, sans parler des regards de plusieurs hommes que nous avons croisés. Il va falloir que j'en parle avec Alice.
- Merci, mais rien ne vaut un jean niveau confort. Et puis nous en avons terminé avec les rendez-vous d'affaires, non?
- Si, bien sûr. Tu as été parfaite durant l'entretien ainsi qu'au restaurant. Tu vois, tu n'avais pas de raisons d'être aussi stressée.
Parfaite, moi? Je n'en revenais pas, deux phrases, deux compliments. Et bien, on dirait que le nouvel Edward a refait surface.
- Tu avais tout bien préparé, y compris moi. Tout le mérite te revient.
- Ne sois pas si modeste.
Encore une remarque de ce style et je crois que ma tête allait se transformer en tomate pour de bon. Il a bien senti que j'étais gênée, il s'empressa d'enchainer :
- Tu as prévu quelque chose pour cet après-midi?
- Pour l'instant rien, à part mon coup de fil obligatoire à ta sœur qui a exigé un compte-rendu détaillé de mon tout premier rendez-vous d'affaires.
- C'est rassurant de voir que certaines personnes ne changent pas.
Sa phrase me surprit un peu, elle était aussi vague que lourde de sous-entendus. Je ne savais pas trop où il voulait en venir, mais en voyant que je ne relevais pas, il continua :
- J'avais l'intention d'aller me balader un peu en ville et de profiter du bord de mer, donc si tu veux te joindre à moi, tu es la bienvenue.
Je ne savais pas quoi lui répondre. Je m'attendais à ce genre de choses, c'est vrai, nous allions nous retrouver tous les deux ici Victoria partie. Mais je pensais qu'il garderait une certaine distance, du moins au début. Apparemment il était bien plus à l'aise que moi dans notre amitié toute neuve. A la fois j'avais envie de le suivre sans réfléchir, et en même temps ma conscience ne pouvait s'empêcher de me rappeler à mes années de calvaire. J'étais en plein conflit avec moi-même. Fallait-il que je baisse la garde ou devais-je résister à cette amitié? Était-il sincère dans sa démarche ou étais-ce un jeu? Nous avions certes passé l'âge des coups bas du lycée, nous étions des adultes maintenant… mais le doute persistait dans mon esprit. Sur cette dernière remarque je décidais qu'il fallait que j'essaye, pour moi-même mais aussi pour Alice. Elle attendait tellement de cette amitié entre son frère et moi. Elle en rêvait depuis notre rencontre, il y a dix ans, je lui devais bien ça.
- Pourquoi pas. Laisse-moi une heure, tout au plus, le temps d'appeler Alice et ensuite je suis à toi… enfin… je… je voulais dire que je viendrais avec toi.
Et voilà, ma spontanéité m'avait encore fait rougir. Je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il jubilait intérieurement. J'étais vraiment la reine incontestée de la maladresse, aussi bien gestuelle que verbale. On en revenait toujours au même problème : en sa présence je ne contrôlais plus mon corps. Il fallait vraiment que j'apprenne à me maîtriser.
- Tu n'auras qu'à passer me chercher, je suis à la 2108.
- D'accord, à tout à l'heure.
Une fois qu'il eut fermé la porte, je me jetai sur mon lit, mon portable vissé à l'oreille. Alice décrocha à peine à la première sonnerie, à croire qu'elle était extralucide.
- Ca fait au moins une demi-heure que j'attends ton coup de fil !
Elle et son impatience… heureusement que j'avais l'habitude.
- Bonjour Alice. Je vais bien, merci, et toi ? Tu as passé une bonne matinée ?
- Arrête de tourner autour du pot Bella, je veux tout savoir, du moment où tu as passé la porte du loft à maintenant. Et je veux tous les détails, même les plus insignifiants.
- Lili, on dirait vraiment une désespérée…
Je ne pouvais même pas finir ma phrase qu'elle me coupait.
- Je te connais Bells, si tu ne vas pas droit au but c'est que tu me caches des choses ou que tu n'es pas seule. Edward est là ?
Mais qu'est-ce qu'elle allait imaginer encore ! Le ton qu'elle commençait à employer ne me plaisait pas, il était plein de sous-entendus.
- NON !
J'avais peut être crié un peu fort… Alice ne disait plus rien c'était mauvais signe.
- Pardon ma Lili, mais j'ai l'impression de subir un interrogatoire au commissariat du coin. Bon, on va commencer par dimanche.
Je me lançais dans le récit de mon escapade floridienne. Elle m'écouta en silence, ne me posa aucune question. Une fois mon récit terminé, je m'attendais à un interrogatoire en règle mais rien. Elle commençait sérieusement à m'inquiéter.
- Toujours là ?
- Oui ma belle, je réfléchissais…
- Dans ce cas j'aurais une question. Il a eu une réaction bizarre quand il est venu me chercher ce matin. J'ai passé le tailleur bleu que tu avais mis dans ma valise… d'ailleurs merci il est vraiment superbe !
- Quel genre de réaction ?
- Ben il a écarquillé les yeux, il avait l'air sous le choc, il m'a même fait un compliment ! Et puis en allant aux ascenseurs il a mis sa main dans mon dos pour me guider. Et tout à l'heure il avait l'air vraiment déçu que je me sois changée.
- C'est exactement ce que je voulais !
- Tu vas m'expliquer ou il faut que je te tire les vers du nez ?
- A ton avis ! Mon frère a toujours eu un faible pour la couleur bleue, plus particulièrement le bleu nuit, il n'y a qu'à voir sa voiture, sa garde-robe aussi… Comme ton plan « opération maîtrise de soi » avait besoin d'un coup de pouce, je me suis dit qu'il fallait absolument tester sa réaction en changeant radicalement ton apparence. Et sa réaction dépasse toutes mes espérances !
C'est moi où elle était vraiment diabolique ?
- Serais-tu en train de me dire que tu manipules ton frère avec l'aide de ma garde-robe?
- Exactement!
- J'ai beau réfléchir, je ne vois pas le rapport avec la maîtrise de mon corps en sa présence…
Et en plus elle avait l'esprit tordu!
- Il allait forcément te faire un compliment sur ta tenue, donc tu allais forcément devoir maîtriser tes rougissements… enfin essayer de les maîtriser… d'ailleurs tu as réagi comment?
- Comme d'habitude, je suis devenue écrevisse. Si tu m'avais mise au courant je me serais préparée…
- Surtout pas! Il faut toujours que ce soit spontané, pour que ton corps y fasse moins attention au jour le jour.
Elle n'avait pas tort, si elle me l'avait dit je me serais préparée, mais à la moindre remarque surprise je n'aurais pas réussi à me contrôler.
- Bon et maintenant je fais quoi? Il m'a proposé d'aller me balader avec lui en ville et sur la plage.
- Tu passes la jupe en jean que j'ai glissée dans ta valise et tu le rejoins. Essaye d'être la plus naturelle possible et surtout de contrôler ton corps en cas d'attaque. Pense à quelque chose qui ne te donne absolument pas envie de rougir, un truc glauque ou dégueulasse… Le mieux c'est de lui faire la conversation comme s'il était un parfait inconnu…
Mais oui, bien sûr! Elle était définitivement trop optimiste. Edward et moi en train de discuter comme si de rien n'était… en mettant toute ma souffrance au placard… et puis quoi encore?
- Je ne sais pas si j'en suis capable Lili…
- Pourtant il le faut ma belle. Les années ont passé… Lauren, Jessica, le lycée… c'est de l'histoire ancienne… Aie un peu plus confiance en toi, suis mes conseils et tout ira bien!
Résignée à faire de mon mieux je la remerciai et raccrochai.
Une fois ma tenue "plage" passée je récupérais ma clé et allait chercher Edward. Une fois devant la porte de sa chambre je pris une profonde inspiration et frappait timidement, mais pas de réponse. Je retentai, un peu plus énergique, toujours rien. J'étais en avance, ma conversation avec Alice avait duré moins longtemps que prévu. J'allais repartir dans ma chambre pour lui passer un coup de fil quand il ouvrit la porte.
- Excuse-moi Bella, j'étais sous la douche. Je t'en prie, entre, j'en ai pour deux minutes.
Et là ce fut le choc! Il n'avait pas eu le temps de passer des vêtements dignes de ce nom, c'est donc avec une serviette sur les hanches qu'il m'accueillit. Et là, pour être vraiment honnête, même avec tout l'entrainement du monde, je n'aurais jamais pu retenir la montée de chaleur qui parcourut mon corps. Il avait un corps magnifique, et les gouttelettes d'eau qui ruisselaient sur son corps d'albâtre ne m'aidaient vraiment pas à retrouver mes esprits.
Il avait regagné la salle de bains, ce qui libéra un peu mon esprit et me permit de m'installer silencieusement sur le coin de son lit. Cette vision me ramenait à l'époque du lycée, quand je passais beaucoup de temps chez les Cullen. Ils m'avaient accueillie à bras ouverts dans leur vie après la mort de ma mère et mon arrivée à Forks. Esme était devenue la mère que je n'avais plus, Carlisle passait son temps à réparer ce que ma maladresse infligeait à mon corps, Alice était devenue ma meilleure amie mais aussi la sœur que je n'aurais jamais, Emmett un grand frère et un ami fidèle malgré nos années d'écart, et Edward… bizarrement je ne savais pas comment définir notre relation, parfois proches et pourtant si éloignés.
Toujours est-il que de le voir déambuler, à moitié nu et trempé, me rappelait mes après-midi au bord de la piscine chez les Cullen. A ce souvenir j'esquissai d'ailleurs un sourire, car ma présence chez eux rendait Lauren folle de jalousie. Elle craquait pour Edward depuis que les Cullen avaient quitté New York pour Forks. Elle était LA star du lycée et avait sa cour prête à tous les sacrifices pour elle. Quand j'ai emménagé à Forks, elle avait tenté de me la faire intégrer, mais j'avais tout bonnement refusé. Je n'avais vraiment rien de commun avec ces filles, je les trouvais superficielles et belliqueuses. J'avais sympathisé avec Alice et Lauren était persuadée que c'était dans l'unique but de me rapprocher d'Edward, ce qui était complètement faux. Sa jalousie était telle qu'elle avait décidé de me pourrir l'existence. Le fait qu'Edward ne voulait pas d'elle comme petite amie n'a fait que renforcer son amertume envers moi.
Si elle savait qu'aujourd'hui Edward habitait et travaillait avec moi, et qu'en ce moment je me trouvais dans sa chambre d'hôtel et qu'il était à demi-nu, voire complètement, dans la pièce d'à côté… elle aurait probablement l'irrésistible envie de m'arracher les yeux. Peu à peu mon malaise s'évaporait, j'étais ici, avec lui, et Lauren et sa cour n'étaient pas là pour me le faire regretter. C'était une sensation complètement nouvelle pour moi, voire libératrice. Une revanche sur le passé en quelque sorte.
Plongée dans mes réflexions je n'avais pas vu Edward sortir de la salle de bains.
- Par quoi veux-tu qu'on commence?
Sa voix me sortit illico de mes rêves en me faisait bondir de surprise. Je n'ai pas pu m'empêcher de le détailler. Il avait troqué sa serviette contre un bermuda bleu et un t-shirt blanc assez près du corps, tenue quasi identique à celle qu'il portait la veille.
- Ça va Bella?
- Euh… oui, excuse moi… j'étais dans mes pensées… je ne t'avais pas vu revenir…
- Pas de souci. Je te demandais juste par quoi tu voulais qu'on commence?
- Je sais qu'on était à la plage hier, mais j'aimerais bien aller me balader à Miami Beach…
- Va pour Miami Beach alors.
Sur ce il commanda un taxi de la chambre, avant que l'on descende dans le hall de l'hôtel. Le silence s'était à nouveau installé mais cette fois il ne me rendait pas mal à l'aise. Dans le taxi j'ai passé tout le trajet à regarder par la fenêtre, me remémorant mon dernier voyage ici, avec maman et Phil. Pour une fois je n'étais pas triste, juste nostalgique. Je me tournais vers Edward et, lui aussi, avait l'air perdu dans ses pensées.
Il avait du remarquer que je l'avais fixé car c'est lui qui brisa le silence :
- Tu connais Miami?
- Un peu… je suis venue ici avec maman et Phil avant qu'elle ne… il y a quelques années.
Le fait de devoir prononcer "avant qu'elle ne meurt" m'était toujours douloureux, je faisais tout ce que je pouvais pour éviter de le dire, car cela me ramenait à la triste réalité.
- Oh! Si tu ne veux pas en parler, il n'y a pas de souci.
- Merci. Et toi, tu es déjà venu ici avant?
- Il y a quelques années oui, dans le cadre de mes études d'architecture.
Alice m'avait raconté qu'il avait beaucoup voyagé pour ses études, ici mais aussi à l'étranger. Moi, faute de moyen, je m'étais contentée de notre beau pays. Un jour j'aimerais vraiment visiter la Tour Eiffel, le Taj Mahal ou encore Angkor Vat, les voir avec mes yeux plutôt que sur du papier glacé. Perdue dans mes pensées je n'avais pas vu qu'il me fixait.
- A quoi penses-tu?
Je n'avais pas envie de réfléchir, j'avais envie de discuter tranquillement, de profiter du moment présent, alors je lui ai répondu le plus sincèrement possible :
- A la Tour Eiffel.
Il esquissa un sourire, comme si j'avais dis une bêtise.
- Pourquoi ça te fait rire au juste?
- Je ne me moque pas si c'est ça que tu veux savoir. C'est juste… nous sommes au bord de la plage, à Miami, et toi tu penses à la Tour Eiffel. Je trouve ça assez…
- Stupide.
- Non, je dirais plutôt… déroutant. Mais ça ne me dérange pas du tout, au contraire.
Je sentais la chaleur me monter aux joues, je forçais mon esprit à penser à autre chose et respirait profondément, pour éviter de rougir une fois de plus. Je ne savais pas trop si ma technique fonctionnait jusqu'à ce qu'il ajoute :
- Tu as l'air d'avoir chaud, et si on allait manger une glace?
Encore loupé! Ça devenait vraiment embêtant cette façon qu'avait mon corps à réagir auprès d'Edward.
Nous avons mangé nos glaces en marchant le long de la plage. J'avais l'impression d'être en vacances avec un ami, c'était une sensation vraiment bizarre. Nous discutions de tout et de rien, de ma fête en préparation, de l'agence, de nos études, de voitures… en évitant les "sujets qui fâchent" comme nos parents décédés ou encore l'époque du lycée.
Nous avions plus en commun que je ne l'aurais cru, ce qui me fît immédiatement penser à Alice. Je comprenais de plus en plus sa volonté de nous rapprocher Edward et moi. Elle nous connaissait très bien tous les deux, elle savait donc que, si les choses n'avaient pas été aussi difficiles pour moi au lycée, Edward et moi aurions pu être amis il y a longtemps. Au lieu de ça je le tenais personnellement responsable des trois années de calvaire que m'avaient fait subir Lauren et ses clones, et j'avais plusieurs fois mis Alice en mauvaise posture, à choisir entre son frère et moi.
Je crois que je m'en voudrais toujours d'avoir, sans vraiment le vouloir, éloigné Alice de son frère ces dernières années. Il a fallu le décès tragique de Carlisle pour que je réalise enfin mon erreur. Voir débarquer Edward ne m'avait vraiment pas enchantée mais Alice, elle, était aux anges, et je lui devais bien ça.
Nous avons passé la fin de l'après-midi à flâner en ville, et le soir nous avons dîné dans un petit restaurant français. Je soupçonnais Edward de l'avoir choisi exprès, en repensant à notre conversation sur la Tour Eiffel et Paris.
J'avais une question qui me brûlait les lèvres depuis notre départ de New York, et c'est à l'arrivée du dessert que je décidais de me lancer.
- J'ai une question… qui me… turlupine. Comment as-tu fais pour convaincre James de nous laisser venir deux jours ici alors que nous n'avions des obligations professionnelles que ce matin?
Je vis une ride se former au milieu de son front, il avait l'air en plein dilemme. Je n'imaginais pas qu'il aurait ce genre de réaction, ce qui aiguisait encore plus ma curiosité. Le silence devenait pesant, et à mesure que j'attendais sa réponse, je me tortillais de plus en plus sur ma chaise. Il lâcha enfin sa cuillère, fixa son regard émeraude au mien et me répondit de but en blanc :
- Je crois qu'il faut qu'on parle.
Pour celles qui disaient que je ne maitrisais pas encore les fins sadiques,
j'ai hâte de savoir ce que vous pensez de celle-là... ne me balancez pas trop de tomates svp :P
J'espère quand même que ce chapitre vous plaira autant que les précédents ;)
