Un décès dans la famille
Titre : A death in the family
Auteur : Norah Rose
Traductrice : Azweig
Statut de l'histoire : terminée (14 chapitres)
Statut de la traduction : en cours (9/14 chapitres)
Note de l'auteur : Merci de votre lecture. Les retours que j'ai eu sur cette histoire ont été un si charmant « bienvenue » dans le monde des fanfictions sur Sherlock BBC. Prochainement… Les funérailles ! Je pense que je dois répéter le fait que je suis américaine et j'ai n'ai actuellement pas de bêta lectrice. Je ne suis pas entièrement certaine de savoir comment se déroulent les funérailles en Angleterre. J'espère que je ne commets pas d'erreurs grossières. Si j'en fais, peut-être qu'elles peuvent être mises de côté par l'idée que la famille de John est juste… différente. Et, comme je l'ai indiqué dans un chapitre précédent, c'est un slash, bien que très, très, léger. Il n'y aura rien d'explicite.
Note de la traductrice : Comme promis, je poste rapidement ce chapitre de transition et dimanche après-midi, je posterai le chapitre 8. J'aime beaucoup Sherlock dans celui-ci et sa manière de faire face aux événements : certains sous-entendus sont drôles pour un personnage qui jusqu'ici a été plutôt austère (excepté à la fin du chapitre 6, hum…). Comme prévu, John est dans une phase de transition entre la révélation et l'acceptation. Bref, je ne dévoile rien de plus et vous souhaite une bonne lecture ! Un merci tout spécial aux personnes qui ont pris le temps de commenter et de m'encourager (et plus particulièrement les anonymes qui sont souvent oubliées, merci !). Merci aux personnes qui ont ajouté l'histoire dans leurs favoris ou en alerte, n'hésitez pas à faire un tour sur mon profil pour voir mes petites nouveautés (j'ai commencé à écrire une histoire pour le fandom Harry Potter). Et maintenant, place à Sherlock Holmes et au Docteur Watson !
Chapitre 07
« John, tu dois te réveiller. »
John ignora la voix et se retourna pour enfoncer son visage plus profondément dans l'oreiller.
« John… »
Il essaya de se pelotonner plus loin dans le lit mais la voix de Sherlock continuait d'entraver son sommeil.
« John ! »
John changea de position et se prépara lentement à faire l'effort de sortir de son lit lorsqu'une explosion d'eau glaciale le frappa directement au visage. Il se dressa soudainement, bredouillant et essuyant l'eau qui dégoulinait de son visage.
Tout semblait inconfortablement bruyant et sa propre voix lui parut amplifiée. Sa tête était considérablement douloureuse mais à cause du fait qu'il avait des souvenirs extrêmement troubles de la nuit passée, il aurait dû réellement avoir plus que cette légère gueule de bois. Cela ne faisait pas sens. Il n'aurait jamais dû se remettre aussi anormalement vite d'avoir bu et il se sentait trop normal après la nuit qu'il devait avoir eue. Cependant ce n'était pas la question la plus déroutante pour le moment.
« Qu'est-ce que tu fous, Sherlock ? » gémit-il en réponse à l'eau qui l'avait fait se lever si rudement.
« Tu ne voulais pas te réveiller. J'ai vu cela à la télévision. Cela semblait efficient. Le test pratique a seulement prouvé que c'était, en effet, très efficient. »
« Je regretterai toujours de t'avoir initié à la télé. C'est… Tu n'as pas à faire ça la prochaine fois. Attends un peu, » John regarda autour de lui. Il était dans la chambre d'ami. Il avait dormi dans le lit qui avait été prévu pour Sherlock. Et Sherlock était grand. Il n'y avait aucune manière possible pour que Sherlock ait pu tenir dans le petit lit de John. « Où as-tu dormi la nuit dernière ? »
« Ici. » Sherlock resta impassible, observant l'espace vide dans le lit à côté de John.
« Ici ? » demanda John, ses sourcils se soulevant. « C'est là que j'ai dormi. »
« Oui. Et j'ai dormi à côté de toi. Nous avons tous deux dormi ici. Je suis sûr que même toi a pu déduire que c'est un lit assez grand. »
Bien entendu il avait dû porter un coup de canif à l'intelligence de John. Parce que c'était juste Sherlock, n'est-ce pas ?
« Oui, merci. J'ai pu « déduire » jusqu'à un tel point. Je n'ai juste… Tu sais. Non. Ce n'est pas grave. Ça n'a aucune sorte d'importance. » John fit un signe de main comme pour écarter l'idée. Il n'y avait aucune manière de le raisonner à ce sujet-là. Il valait mieux laisser couler. Ils avaient dormi l'un à côté de l'autre. Ils étaient amis. Ce n'était… Rien. Parfaitement normal, vraiment.
« Comment est-ce que tu te sens ? » interrogea Sherlock, se contentant de changer de sujet.
« Bien… » Répondit John, avec un ton interrogatif dans la voix. Il n'était toujours pas exactement sûr de la raison pour laquelle il se sentait aussi bien. « Etrangement bien, vraiment. Je suis presque sûr que je devrais me sentir beaucoup plus mal. »
Sherlock acquiesça légèrement. « Ah. Oui. Basé sur la quantité d'alcool que tu as consommé, tu devrais te sentir affreusement mal. Donc le remède a fonctionné alors ? Je mourrais de pouvoir l'essayer. Tu étais un sujet d'expérience parfait. »
« Le remède ? Sujet d'expérience ? » John ne pouvait s'empêcher de répéter les mots de Sherlock.
« As-tu mal à la tête ? » demanda Sherlock, ignorant complétement les questions posées antérieurement par John.
« Pas horriblement. »
« Intéressant. Vision floue ? »
John fit une moue désapprobatrice. Ça devenait inquiétant. « Non… » Dit-il avec hésitation.
« Des envies étranges ? Aucune enflure aux extrémités ? » Sherlock pencha la tête et inspecta John avec une curiosité avide dans le regard.
« Non. Sherlock, qu'est-ce que tu m'as donné ? » demanda John, haussant la voix d'un ton alarmé.
« Rien, » Sherlock fit une pause. « Eh bien, quelque chose. Oui, définitivement quelque chose. Ne t'inquiète pas. Rien de dangereux. Pour ce que j'en sais. Je ne pense pas que ce soit dangereux. J'avais cette théorie depuis un moment. Et mes théories s'avèrent être généralement exactes. Mais tu te sens bien non ? Ça a dû marcher. Juste comme je l'avais prévu. Franchement, tu devrais être en train de me remercier. »
« Non, » John secoua la tête et passa une main sur sa bouche. « Sherlock. Les gens ne remercient pas les autres pour les avoir drogués. »
« Mais tu te sens bien. Ça a marché. »
John murmura un truc sans queue ni tête en réponse, parce que… Il se sentait effectivement bien, par quelque miracle que ce soit. Lorsqu'il se fut extrait du lit, il se secoua, essayant de s'éclaircir les idées. Et dès que Sherlock ne fut plus là pour distraire son esprit, les scènes de la nuit dernière lui revinrent rapidement dans un tourbillon de couleurs et de souvenirs inattendus.
Il avait bu, essayant désespérément d'effacer la douleur et Sherlock avait été là.
Ils avaient pris la voiture.
Et ils s'étaient… embrassés ?
C'était intéressant. Il ne se souvenait que de peu de choses en dehors du plaisir, pure excitation. Un frisson. Sherlock tout autour de lui. Et puis plus rien. L'obscurité. Hum.
« Sherlock… La nuit dernière. J'étais, euh, vraiment ivre, » articula John, choisissant ses mots avec soin. « J'ai besoin de te présenter mes excuses pour tout ce qui s'est passé. Tous les impairs que j'ai pu commettre. Je ne réfléchissais pas. Tu sais, » John fit passer un court aboiement pour un rire. « Je peux à peine me souvenir de la dernière fois où j'ai agi de cette manière. Me rendre aussi ivre, je veux dire. Et dire que je suis toujours en train de faire des reproches à Harry. Il y a une différence bien entendu mais… » John s'interrompit, réalisant qu'il était en train de sortir du sujet et observa Sherlock, un soupçon de honte dans les yeux.
Les yeux de Sherlock papillonnèrent manifestement en direction des lèvres de John mais il ne parla pas. John ressentit le besoin de combler le silence.
« Et merci, tu sais, pour m'avoir aidé. Et juste pour… Pour m'avoir supporté. »
« Et pour t'avoir embrassé ? » demanda Sherlock sans détour et John se demanda s'il n'y avait pas de la fierté dans sa voix ou s'il entendait juste de travers.
John baissa son regard sur le sol avant de revenir à Sherlock. « Non. C'est, euh, pas ce que j'ai voulu dire. Je n'ai pas… » Il secoua sa tête furieusement, espérant que s'il se concentrait suffisamment les bons mots sortiraient tout simplement de sa bouche.
Ce qu'ils ne firent pas mais Sherlock était bienveillant ou peut-être assez impatient pour l'interrompre. « Une blague, John. C'était une blague. Ce qui s'est passé la nuit dernière est un agissement communément observé chez les personnes ivres. J'étais un corps chaud tu étais excité à cause de l'alcool dans ton organisme. Ce n'est pas grave. C'était plutôt intéressant en quelque sorte. Un bon exemple de la manière dont l'alcool fait faire des choses à une personne, choses qu'elle n'aurait normalement pas rêvées de faire. Nous pouvons prétendre que ça n'a jamais arrivé. » Dit-il d'une voix froide et distante.
John sentit une vague de culpabilité le submerger. John n'était pas sûr si c'était parce qu'il avait embrassé Sherlock ou bien parce que Sherlock pensait si peu de bien de lui-même qu'il pensait que John ne l'embrasserait jamais s'il était sobre.
« Je suis désolé Sherlock. » dit John, établissant le contact avec les yeux de l'homme. « Lorsque je bois, je deviens vraiment… tactile. Ce n'est pas quelque chose dont je suis fier, tu peux me croire. En fait, ça m'a causé quelques problèmes tout au long des dernières années. »
« Je peux l'imaginer oui. » répondit Sherlock, en penchant légèrement la tête et souriant imperceptiblement. Il se retourna pour regarder John et son visage se froissa lorsque son sourire se changea en un froncement de sourcil. Pendant un moment John était sûr qu'il avait des choses à ajouter à ce sujet mais son froncement disparût lentement et il poursuivit, à propos d'un nouveau sujet cette fois-ci.
« Tu dois te préparer » dit-il.
« Oh mon Dieu. Les funérailles. J'ai été épouvantable, n'est-ce pas ? Une véritable épave. J'étais censé parler à ma mère à propos de certains détails et… Mon Dieu. » John se frappa le front et ferma les yeux. Il laissa s'échappa un léger gémissement à la pensée de ce que devaient penser de lui sa mère et Harry.
« Les détails ont été arrangés. Tout est en ordre. Ta mère et ta sœur ne t'ont même pas vu revenir la nuit dernière. Je leur ai parlé ce matin à propos de tes vœux pour ces funérailles. Maintenant debout. Habille-toi. Tes habits doivent être dans l'autre chambre. Harriet a dit quelque chose à propos d'un uniforme… »
John remercia Sherlock une dernière fois et s'empressa de changer de vêtements. Sherlock l'avait réveillé tôt, ce dont il lui était extrêmement reconnaissant car les gens commenceraient sûrement à faire un saut à la maison pour adresser leurs condoléances avant l'enterrement à proprement parler.
John mit son vieil uniforme officiel, qui était juste un peu serré, sans un bruit. Il l'avait rarement porté, du fait qu'il avait souvent enfilé des vêtements civils pour son travail, mais son père avait toujours été empli de fierté à l'idée qu'il servait la nation. John avait espéré que sa mère avait égaré l'uniforme, ou l'avait oublié, étant donné qu'il le faisait se sentir assez mal à l'aise, mais il comprit pourquoi elle l'avait choisi pour lui. Et s'il le faisait se sentir mal à l'aise, ce n'était important pas du tout. Roger Watson méritait tant qu'on lui rende hommage.
Lorsque John sortit de la chambre, il trouva Sherlock patientant dans le couloir. Il portait un costume noir qui, comme il semblait que c'était le cas de tous ses vêtements, était parfaitement ajusté à son corps. Il était stupéfiant. De loin trop stupéfiant pour un enterrement. Ça pourrait distraire les gens. L'opposition entre ses boucles sombres, son costume noir et sa peau pâle était magnifique et admirable. John savait qu'il était en train de le regarder fixement mais il ne pouvait pas s'empêcher de détailler Sherlock à la dérobade encore et encore.
De la même manière Sherlock était étrangement en admiration devant lui. Il n'avait jamais vu l'uniforme, supposa John, et c'était probablement un choc pour lui. Parfois John était sûr que Sherlock croyait que John n'avait pas de vie avant lui. Parfois John n'était pas sûr qu'il en ait eu une également.
« Pouvons-nous y aller ? » demanda John, après avoir fixer Sherlock silencieusement pendant un trop long moment pour être considéré comme normal.
Sherlock jeta un coup d'œil à John, de haut en bas, déglutissant péniblement, puis acquiesça. « Oui… Oui, allons-y. » Il inspira profondément, comme s'il avait oublié de respirer normalement.
Il avait sans aucun doute été plus agité ces derniers jours que jamais auparavant. Ça devait être toutes ces émotions, se dit John alors qu'il descendait les escaliers avec un Sherlock suivant de près derrière lui. Oui, ces émotions.
On reste un peu sur notre faim, je sais, mais ne vous inquiétez pas, le « croustillant » va revenir bientôt; le temps que John prenne totalement conscience du caractère irrésistible de Sherlock. J'aime la manière dont Sherlock est plus présent dans ce chapitre... Espérons que ça continue comme cela!
A dimanche et encore merci de votre lecture.
