LE PETIT MOT DE LOLA : (le 24/04) Désolée, un tout petit mot aujourd'hui : je ne dois me dépêcher, je suis trèèèès pressée ! C'est le jour de mon anniversaire et… je vois quelqu'un… hi ! No comment ! J'ai écrit ce passage en très peu de temps, tout d'un coup. Au départ, ça ne me disais pas grand-chose, et en fait je me suis vraiment éclatée… mais peut-être que ce n'est pas drôle du tout… à vous de voir ! Gros zoubies d'une vieille dinosaure chargée par les ans (dix sept ans !) A peluche !

Bêta : Shaia ! merci ma poulette !

La petite rubrique : salut tous et toutes ! ça va ? z'avez mangé du bon chocolat pour paques ?

encore un chapitre que j'aime beaucoup.. nous allons y retrouver.. hé hé.. quelqu'un que vous adorez ! (pour toi fanette ) .. ce chapitre va compliquer les choses puisque je r'ajoute un personnage à cette histoire ! sinon, vous allez voir que les choses vont avancer significativement et voui… je ne vous en dit pas plus ! prenez le temps de lire, j'en ai encore barbouillé pas mal de pages…Luna Potter nous a écrit une merveille de passage avec Charla et Severus (j'aime beaucoup lui confier Charla car elle sublime sa douceur et la tendresse mère-fils !)

à Lola : j'ai quand même changé quelques petites choses ma pitchoune (la pov' épaule de Sevy est restée telle quelle et j'ai rajouté et modifié des dialogues… ) voilà, gros mercis ma belle et encore une fois :JOYEUX ANNIVERSAIIIIIIRRRRREEE!

Retour à vous tous : euhmm ; Le chapitre 8 est à peine entamé.. mais j'ai son plan complet (heureusement d'ailleurs) et voilà.. sinon en HG/SS j'ai écrit un petit truc ultra court qui s'appelle "even the sun". n'hésitez pas à aller voir, ça prend une minute

BONNE LECTURE !

Merci à tous ! ça m'épate de voir le nombre de personnes qui lit cette fic !

Je vous embrasse tous !

Merci aussi et surtout à : AuroreBlackcat, Bohemio, Flo-folœil, bee, zazaone, lilas, neteria, kawaï-shina, Mikishine, Ze1telotte, tyto27, ombrage, violetteceresse, shaia, Titus de mystique, violette silva (x2), darksev', la titeelfemagique, mirliton, etincelle de vie, bohemio, Didi74, bee, susu (x2) & Miss Wendy Malfoy.

Disclaimer (j'ai tendance à oublier de le remettre à chaque coup) tout est à JKR !


Chapitre 7 : sans lune et sans rayons.

Lundi 29 Avril 1999, Chez Charla et Sigrid, 15h20.

Une bouilloire de porcelaine chinoise sifflote une chansonnette de Noël typiquement sorcière tandis qu'elle se pavane grossièrement sur son socle.

A l'autre bout de la pièce, un bac de lessive enchanté souffle son contenu aux aromes d'œillets dans l'atmosphère saturée de magie et se dandine sur lui-même.

Le mignonnet coucou s'éjecte hors de l'horloge murale en caquetant son pépiement tonitruant, infatigable mais quelque peu échevelé.

Cela donne une brillante idée à Charla, et elle accepte sa propre initiative comme un défi à relever. Confortablement lovée dans un fauteuil qui l'avale presque, elle se redresse fièrement, fronce son petit nez, rejette sa tresse de cheveux neige en arrière et brandit sa fidèle baguette. Sa volonté ne faillira pas, aujourd'hui. Le magnétisme qui bouillonne dans son corps se profilera dans les rainures de cette droite brindille en une sève qui jaillira à son extrémité en mille faisceaux de lumière. Concentrée, Charla vrille imperceptiblement du poignet et chuchote une savante formule – légèrement erronée, mais si peu.

Simultanément, Severus débarque dans la pièce, par la chemine – Merlin merci, éteinte- enseveli de son sempiternel habit noir, égaré dans des songes que sa mère, ces temps-ci, ne peut percer à jour.

.- « Bonjour mère.. Mais qu'est ce.. ? »

Il accorde tout juste un salut à Charla qu'une escadrille de canaris d'un jaune citron criard affluent de la baguette pointée vers lui.

Ils roucoulent tout leur saoul, voltigent tels d'implacables kamikazes, sèment leur plumage sur la moquette en des larmes d'or effilées. La vieille femme se permet une exclamation de joie suraiguë et surexcitée ; ses bras fendent l'air en d'étourdissants moulinets. Elle récupère un échantillon de sa jeunesse perdue par cette puérile réaction. Severus s'apprête à la congratuler, alors il ne prend pas garde aux cercles brisés que Charla trace dans les airs avec sa baguette. Il sait pourtant pertinemment qu'une baguette incontrôlée, agitée de brusques mouvements, dérègle les sorts même les plus futiles.

.- « Mère, attention. Vous ne -» commence t'il.

Mais l'essaim est déjà sur lui.

Severus se cambre, mais trop tard. Les serins accrochent leurs maigres serres à ses cheveux, sa chemise, ses joues… Severus éternue, s'ébroue, fend l'atmosphère comme un lamentable karatéka, braille pour la forme :

.- « MAUDITS VOLATILES ! »

… et finit par glisser sur un grimoire qui jonche le sol. Ses fesses en prennent un sacré coup, ses coudes également, mais surtout ces boules de plumes qui parasitent son corps l'irritent singulièrement. De plus, il éprouve une vague honte de s'être comporté en un enfant batailleur et de s'être écroulé de la sorte sous l'armée inoffensive de cette troupe aviaire.

Charla pouffait doucement, pour ne pas froisser son fils, néanmoins lorsqu'elle assiste à sa chute entre le canapé dont les coussins se boursouflent et les chaises baladeuses, elle s'affole.

.- « Se… Severus ! Tu n'as rien ? Tu t'es fait mal ? Pardon, attends, je te rejoins… Je vais arranger mes bêtises, ne bouge pas… »

Severus, lui, ne perd pas son temps : il arrache un à un les oisillons qui picorent allègrement son visage.

.- « Dégage de mes cheveux.. et toi…Lâche mon oreille ou je-»

Entre deux paires d'ailes, il aperçoit sa mère qui chancelle à petits pas vers lui, munie de sa canne noueuse. Il descelle les lèvres pour lui intimer la prudence, mais de toute évidence, la folklorique création ne s'attaque pas à sa maîtresse. Elle est protégée des euphoriques ripailleurs. Sa pauvre maman maladroite… Elle sera bien incapable d'effacer son erreur…

.- « Severus, mon petit, tu n'as rien de cassé ? Tu es rudement tombé… Tiens, prends ma main, relève toi. Je vais soigner tes égratignures… Tu sais, je connais plein de remèdes… et après on papotera autour d'une tisane… Je suis vraiment désolée… oh ! »

Charla s'emmêle les jambes et vacille. le souffle de Severus se tarit dans sa trachée, il tend les bras, elle s'effondre… Le Maître des Potions est plaqué au sol sous le poids de sa fragile malade. Au moins l'a – t- il rattrapée… mais à présent, il est écrasé et picoté de toute part.

.- « Merlin ! Tu m'entends ? Ta tête s'est cognée ? Je ne l'ai pas fait exprès… Quelle sotte je fais… Severus, dis moi quelque chose ! S'inquiète Charla Snape.

.- Ca… va… aller…» grommelle Severus, aplati.

Charla s'agenouille près de lui avec la plus grande prudence. Délicatement, il s'empare de la baguette que sa mère serrait encore et d'un geste négligent se débarrasse des énervants squatteurs blondins. Il se remet précautionneusement sur son séant, étourdi, des mèches de jais plein les yeux. Charla le dévisage, rayonnante.

.- « Quelle promptitude ! Tu les as chassés en un tour de main… Bravo !»

Severus grogne quelque chose qui ressemble à « merci… » puis aide Charla à se rasseoir tout en levant le sortilège qui hante les chaises. Elle l'enjoint à l'imiter et lévite la théière d'un accio un peu trop brutal. Le liquide ambré s'étale sur la table… Severus, tracassé de l'inépuisable entrain de sa mère, se mord et la lèvre et prend les choses en mains.

.- « Laissez Maman.. »

Deux mouvements de baguette plus tard, tout est rentré dans l'ordre et ils sont attablés devant thé et pâtisseries.

Charla tire la manche de Severus d'une frêle main blanche. Il repose hâtivement sa tasse, surpris.

.- « A propos de Hermione… Va t'elle mieux ?

.- Oui, mère, je vous assure, elle va bien.

.- Et s'il y avait des complications ? se morfond Charla. Ces méchantes bestioles aquatiques… J'en ferais bien du ragoût pour hippogriffe. Quel choc elle a dû avoir ! Heureusement que tu as plongé pour la rattraper, sinon…

.- N'y pensez plus, maman. Elle se repose et je suis sûr que demain, elle…

.- Il faut que tu ailles la voir, décrète Charla. Vas lui rendre visite, ça la requinquera. Pauvre enfant… Ou plutôt, je devrais me déplacer pour elle, elle n'est pas en état. »

Charla soupire. Son fils lui prend la main et la porte à ses lèvres, gentiment. Elle se tait et lui sourit.

.- « Ne racontez pas de bêtise, voyons… Elle ne risque plus rien. » La rassure t'il. « Dites moi, où est Sigrid ?

.- Partie chez le crémier.. Elle ne devrait plus tarder.. Merlin.. Pourvu que le poison ne paralyse pas cette petite… Admettons qu'elle soit allergique et… »

Severus renonce, accablé par les divagations de sa trop gentille maman. Il n'a jamais vu quelqu'un de si têtu… à part peut-être Hermione, justement… et il sait d'avance qu'il en a pour un bout de temps avant que Charla ne daigne stopper son débit. Après tout, ce n'est pas grave. Il aime tellement sa voix de velours.

Il peut tout lui pardonner.

.- « Je vais lui écrire une petite lettre.. » Babille t'elle.

Elle se lève déjà pour rejoindre un petit secrétaire.

Severus secoue sa tête.

La porte d'entrée s'ouvre et claque. Sigrid, emmitouflée dans un lourde cape qui n'est plus de saison pose de gros paniers sur le sol. Puis avisant l'homme :

- « Oh ! Bonchour Monzieur Zeferus, Charla et moi afons appris pour Hermione. Est-ce qu'elle fa mieux ? »

Severus se prend la tête à pleines mains.

OOo

mardi 30 Avril 1999, Chez Mr & Mrs Granger, 18h00.

.- « Maman, je t'assure, je vais bien. » Soupire Hermione.

Madame Granger, bouche plissée en signe d'anxiété, lui tend une assiette ruisselante d'eau. Hermione secoue la tête et saisit la soucoupe.

.- « Chérie…

.- Maman, Mme Pomfresh est très compétente, je t'assure.

.- Tu ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour ta vie, enfin ! Change de torchon, celui-là est trempé. Ton dernier périple, t'as mené je ne sais où. Et les seules nouvelles que nous avions de toi nous venaient de tes amis Ronald et Harry et de monsieur Dumbledore. Puis, tu nous apprends qu'il y a trois jours, tu as failli te noyer et.. »

Secouée, en larmes, la mère d'Hermione ne voit d'autres alternatives que de ravir l'essuie-main pour se camoufler dedans.

Hermione baisse la tête.

.- « Je suis désolée, maman.

.- Ce n'est pas toi qui est cause de cette guerre, ma puce.. »

Elle lui saisit la main et la lui étreint fortement..

.- « Promets-moi juste de ne pas courir au devant des dangers, ok ? »

Hermione sourit.

.- « Et la petite Ginny a-t-elle était blessée aussi ?

.- Non. Elle était au collège.

.- Oh ! Tant mieux. Acquiesce Madame Granger sortant d'un placard un nouvel essuie-verres et se mettant à essuyer des coupes en cristal déjà sèches. C'est une charmante jeune fille. »

Hermione s'adosse au frigidaire. Son mollet la lance encore un peu lorsqu'elle reste trop longtemps debout.

.- « Everything is open, Nothing is set in stone, rivers turn to oceans, Oceans tide you home, Home is where the heart is." (1) chantonne t'elle en essayant de calquer sa voix sur celle du chanteur à la radio.

Sa mère lui adresse un grand sourire, rassurée, heureuse de la voir, au moins de temps à autres.

.- « Est ce que tu sais que ta Tante Christie va se marier cet automne ? »

.-Vraiment ?

.- Oui ! Tiens, regarde, Hermione, le faire-part est sur le buffet. Il y a une photo. »

Hermione repère sans mal un petit papier crème et saumon. Juste derrière se trouve une lettre chiffonnée et salie de larmes qu'elle se rappelle avoir envoyé le dimanche précédent. Sa mère délaisse sa vaisselle et tourne des yeux pétillants vers elle.

« Prépare toi pour la séance de potins du siècle. » semble dire son regard. Hermione baisse les yeux sur la photographie.

.- « Ce.. Georges est plus jeune qu'elle, non ? » Remarque t'elle.

Elle a pris soin de dire ça d'une vois hésitante.

.- « D'au moins quinze ans, oui ! » Cancane Madame Granger, très excitée. « Tu ne peux imaginer ce que ça m'a choqué quand j'ai appris la nouvelle ! »

Hermione roule de yeux. Oh, si ! Elle imagine très bien.

Sa mère ouvre la porte du four et une délicieuse odeur de vanille et de chocolat se répand dans la petite cuisine aménagée.

.- « Ton père et moi l'avons rencontré la semaine dernière. Et, oh, seigneur.. C'est un homme charmant… Charmant. Christie et lui forment un très beau couple ! Comme quoi l'amour n'a pas d'âge ! »

Hermione sourit.

"Everything is open.."

oOo

samedi 04 mai 1999, square Grimmauld , Londres

Molly Weasley referme abruptement la lourde porte de chêne après qu'il ait pénétré dans le sombre couloir.

.- « Attention ! » S'écrie t'il.

Il s'attend déjà à ce que le portrait de l'horrible mère de feu Sirius Black se mette à hurler de sa voix criarde et rêche mais seul un silence neutre suit le claquement de la porte. La dynamique Molly Weasley sourit. Elle a calé contre sa hanche un lourd plat de petits gâteaux.

.- « Pas la peine, Severus ! Harry a enfin pu nous débarrasser de cette mégère ! »

Severus écarquille les yeux.

.- « Incroyable.. » Soupire t'il.

Il fixe l'emplacement vide au mur. Le papier peint pâle a pris une couleur grisâtre des plus laides. Mais au moins, leurs oreilles ne sont plus agressées.

Severus s'avance, fait passer sa main sur la paroi, essayant de comprendre..

.- « Quel sort a-t-il utilisé ?

.- Aucune idée. Viens, on t'attends là bas..»

Elle lui désigne la porte sur sa gauche.

.- Le salon ? Pourquoi diantre –

.- Hermione a pensé que vos nouveaux amis seraient plus coopératifs dans une atmosphère confinée. »

Severus grimace.

.- « Ne me dis pas que -»

La femme hoche énergiquement de la tête.

Severus ferme les yeux brièvement.

.- « Si ! Ils prennent le thé. » Confirme Molly Weasley, souriante. « C'est une bonne idée. Veux-tu me rendre service, Severus ? »

Il n'a pas le temps de répondre que :

.- « Prends ces cookies, apporte les pour moi. Tu serais bien gentil. »

Elle lui met déjà en main un plat de porcelaine bourré de friandises dorées à point, lui ouvre la porte et le propulse à l'intérieur d'une bourrade franche.

.- « Merci ! » Crie t'elle.

Severus grince :

.- « Je t'en prie. »

Il redresse la tête, détachant son regard de ses horribles gâteaux à points noirs qui se moquent bien de sa déveine.

.- « Des cookies ? Quelqu'un a faim ? »

En fait, il ne dit pas ça du tout. Il n'est pas majordome, que diable !

.- « Bonsoir. » lâche t'il.

Voilà ! C'est succinct, banal… Et Merlin.. Il n'y a pas de place pour poser ce plateau. La table basse massive en ébène est garnie d'une théière fumante et de tout l'assortiment du brunch anglais typique.

Severus toussote.

Crew, Ames, Di Brochionni, Sticks, seuls rescapés de l'opération 'chemin de fer' le fixent. Pour les Moldus, la bouche bée, les yeux ronds comme ces soucoupes dans leurs mains, pour le sorcier, un rien chagriné.

.- « Bah, ça c'est de la robe ! » souffle l'un.

Albus et Harry Potter sont assis sur un même sofa, face aux membres du réseau résistant moldu. Potter réprime un ricanement.

.- « C'est gentil, Severus. Laisse-moi te débarrasser, veux-tu ? » Fait une vois féminine sur sa droite.

Et Hermione Granger se tient debout à son coté, souriante, aimable, ravissante.

Elle le décharge des pâtisseries, et entreprend, comme une hôtesse diligente, de servir les hommes.

Il adresse un regard furieux à son dos.

.- « Ne vous a-t-on pas préconisé du repos ! »

Elle tourne la tête pour lui sourire.

.- « Ne t'inquiètes pas. Ma jambe va mieux, Severus. Alors, assieds-toi, sil te plait, que je te serve une tasse de thé. »

Albus glousse à l'autre bout de la pièce. Severus, dans un froncement de sourcil, décide que c'est Potter, avec ce faux air ingénu sur son visage, qui mérite d'être blâmé.

.- « Pas de commentaires, Potter ! » Le somme t'il d'une voix sèche.

Le petit insolent papillonne des yeux. Puis, porte une main à sa poitrine.

.- « Je ne me le permettrais pas. »

Severus en doute fortement. Il s'assied dans un fauteuil, rajuste les plis de sa robe noire –oui, en effet ! Ça c'est de la robe ! C'était également l'argument décliné par Mme Guipure lors de l'essayage. Une robe qui lui a coûté une fortune : un gallion ! – et se renfrogne.

Potter adresse un clin d'oeil à Hermione.

Severus reporte son regard sur Ettore DiBrochionni. Il arbore un nombre impressionnant d'hématomes sur le visage et un imposant bandage à l'épaule gauche. L'italien cherche à rajuster le linge blanc. Son front perle de sueur quand il ébauche ce geste et il renonce.

Hermione se place devant Severus et lui tend une tasse de thé. Lorsqu'il saisit la soucoupe, il effleure légèrement les doigts de la jeune fille. Elle rougit. Il lui retire vivement la petite assiette des mains.

.- « Merci, Hermione.

.- Je t'en prie. » Murmure t'elle.

Elle se mord la lèvre.

Le fumet de la boisson chatouille les narines de Severus.

Menthe…Son parfum préféré. Il porte la tasse à ses lèvres, les y trempe, l'éloigne de son visage.

Hermione Granger, blême, telle un fantôme, vacille.

L'homme se lève d'un bond, renversant la moitié de sa tasse sur le parquet, et saisit le coude de son ancienne élève.

.- « Asseyez-vous, enfin ! Si vous croyez que ça m'amuse de materner! Je ne vais pas passer mon temps libre à vous réanimer ! »

Il la fait tomber sèchement à la place qu'il a libérée.

Di Brocchionni ricane, ce qui lui arrache une grimace.

.- « Vous êtes plutôt rude, Basile. »

Severus délaisse le visage de Hermione Granger –reprenant doucement des couleurs- pour foudroyer l'homme du regard.

.- « Je m'appelle Severus. Que ce soit clair. Je ne tolère pas qu'on m'insulte et je vous prierai de m'expliquer votre attitude irresponsable ! Qu'aviez-vous besoin de ramener des armes à feu moldues! »

Anton Zaccharias Sticks dissimule son visage dans ses mains.

Crew et Ames se tournent vers leur compagnon.

Ettore Di Brocchionni se racle la gorge, Il élève les mains, oubliant qu'il ne peut bouger la clavicule et son visage prend un teint cireux.

.- « Al Capone disait toujours : « on obtient plus de choses en étant poli et armé qu'en étant juste poli. » (2) Alors je leur ai dit : 'Buongiorno. Que faites-vous là ?' Ils ont dégainé leur bâton, et moi mon 38 spécial. J'ai été diplomate… S'essouffle t'il.

.- Il est en vie, non ? » Résume Patrick Crew.

Tomas Ames opine du chef. Les bougies font luire comme un sol parqué verni à la cire d'abeille son crâne dégarni.

.- « Il a explosé la tête d'un témoin important. Une de ses balles a également été déviée vers votre amie Janice ! En plein cœur… » S'indigne Severus.

Tomas Ames se lève vivement.

.- « VOUS MOQUEZ VOUS DE NOUS ? CE SOIR LA, NOUS NE PENSIONS QUE DÉTRUIRE UNE LIGNE DE CHEMIN DE FER ! ET NOUS NOUS SOMMES RETROUVES A COMBATTRE DES…SORCIERS » Il crache ce mot. « PSYCHOPATHES, FOUS FURIEUX…. MALADES ! J'AURAI TUE UN DES LEURS COMME L'A FAIT ETTORE, J'EN SERAIS FIER ! »

Sa voix tremble maintenant. Il tord ses mains et s'affaisse sur le bord de son siège.

.- « Avez-vous déjà ressenti ce .. Truc.. Qu'ils ont testé sur moi ! Seigneur ! N'avez t'on pas le droit de savoir dans quoi nous étions embarqués !

C'est Harry Potter, d'une voix que Severus lui entend rarement –calme et polie- , qui prend la parole.

.- « Vous en aviez le droit. Déclare t'il. Seulement, Monsieur Sticks a pensé que dans votre intérêt, l'ignorance serait préférable. C'était une erreur. C'était là l'une des raisons de l'infiltration de Hermione et Snape. Et oui, ce charme, nous l'avons testé. Lui ou l'un de ses dérivés. Et nous sommes navrés que vous ayez rencontré cette sorte de magie en premier lieu. Ça n'est pas la plus plaisante… Je suis bien placé pour le savoir.

.- Laissez-moi rire ! » fait Crew. « Qu'est ce que vous savez de la vie, gamin ? Vous vous êtes senti fort parce que pour la première fois, on vous a permit de combattre un de ses malades, n'est ce pas ? Ça a pimenté votre vie ! L'adrénaline, les jeunes feraient tout pour ressentir ses effets ! » Et il part d'un rire gras.

Severus détourne les yeux, honteux de la suffisance de cet homme. Du coin de l'œil, il voit Albus poser une main sur l'épaule convulsée de fureur du jeune Potter. Le vieil homme semble harassé.

Severus s'attend à ce que la voix de son ami parvienne à calmer la –légitime- colère de Harry mais c'est une petite voix fluette qui le dissuade de riposter.

.- « Harry, s'il te plait. Tu es plus intelligent que cela. »

Hermione s'est levée, elle aussi, encore un peu pâlichonne. Elle a planté ses doigts dans le bras de Severus pour se maintenir. Et il sent à travers l'étoffe fine, ses ongles courts ancrés dans sa peau.

Harry Potter crispe et décrispe plusieurs fois ses doigts sur sa baguette. Il pousse un long soupir et se rassied.

.- «Tu as raison, Hermione. » Admet-il.

Hermione, d'un air courtois et contrit, incline la tête vers les Moldus.

.- « Rasseyez-vous et resservez-vous du thé. S'il vous plait.. Supplie t'elle. Nous avons une longue histoire à vous raconter..

.- Oui j'aurais dû commencer par là.. Marmonne Sticks. On vous laisse la parole, Monsieur Potter. Je vous prie d'excuser, et vous aussi M. Snape, Miss Granger, les insultes de Patrick, Tomas, celles des autres, aussi. Ils ne savent pas. Ils ne savaient rien.. Et… Merlin… »

Albus Dumbledore tiraille sa longue barbe et coule un regard aimable et chagriné à l'homme à sa droite..

.- « Harry, j'aimerais t'éviter une nouvelle fois d'avoir à raconter cela, mais…

.- Je comprends. Ils on besoin d'un petit cours d'histoire générale sur ma trépidante vie. »

Anton Sticks hoche la tête.

Crew qui se tenait toujours debout, arrogant et belliqueux accepte enfin de regagner le divan.

Un silence s'installe.

Harry Potter s'essaie à sourire et s'humecte les lèvres.

.- « A l'âge de un an, j'ai survécu à un sort mortel. Voldemort, un descendant direct de Serpentard qui usait de la magie noire à des fins… »

Severus se coule dans le fauteuil. Hermione s'est assise à sa droite, son épaule pressée contre la sienne. Voyant qu'il l'observe, elle tourne son visage vers lui, interrogatrice. Il secoue la tête. Elle s'appuie d'avantage contre lui et tourne la tête vers les autres.

« Rien. » Pense t'il.

« Il n'y a rien. Et surtout pas le remord. Il se sent bien. »

oOo

Quelques heures plus tard…

Molly Weasley essaie de faire avaler à Severus une troisième part généreuse de pudding.

Mais, il secoue la tête, agite une main et refuse.

.- « Je n'ai plus faim, Molly.

.- Est-ce que mes cookies ont plu à ces Moldus ? »

Severus élève un sourcil.

.- « Ils n'avaient pas vraiment faim, vous savez. On ne peut leur en vouloir. Mais Harry a réussi à les décider à ne pas abandonner la bataille et à nous rejoindre.» Complète Hermione.

Elle quitte la table et voit Severus se renverser sur sa chaise et observer, apparemment écœuré, Ron, la bouche pleine, quémander le bout restant de gâteau.

Tonks, discutant avec les jumeaux, Lavande et Fol-œil, renverse un pot de crème anglaise.

Remus Lupin nettoie la table d'un geste flou de la paume.

Harry dévore Ginny des yeux. Il semble presque prêt à lui faire la béquée.

.- « C'est quand même pas de chance pour toi… Tu es en vacances, et tu continues à voir tes profs-. Dit-il, oubliant de baisser la voix.

.- ça vaut aussi pour moi. Rétorque Severus. D'être en vacances, de voir mes élèves et pis : mais anciens élèves !

.- ouais.. Ch'est vrai cha. » Mâchouille Ron. « Mais comme maman l'a dit, cha fait longtemps qu'elle ne vous avait pas invité à manger. Et Hermione voulait que vous goûtiez à sa pintade aux champignons. »

Hermione roule des yeux et évite de se faire piquer par les dents de la fourchette que Ron agite en tout sens.

.- « Oh Ron, ta bouche ! On ne t'a pas appris à manger proprement ! » S'écrie Ginny.

Elle lui lance un bout de pain au visage.

.- « Ne commencez pas tout les deux ! » Grogne leur mère.

Elle tend sa main vers la pile d'assiettes sales que Hermione lui tend avant de plisser la bouche.

.- « Hermione, chérie, va donc te reposer. Ginny, Lavande et Tonks m'aideront à débarrasser. La sermonne Mme Weasley prévenante.

.- Je ne suis pas handicapée, enfin ! »

Severus soutient son regard. Elle tourne la tête vers Harry.

.- « Tu as failli t'écrouler tout à l'heure. Madame Weasley a raison. Tu es fatiguée, tu as été blessée, tu..

.- M'ennuies, Harry, pour parler poliment. » Le coupe t'elle.

Elle quitte la sale en traînant des pieds.

Hermione rumine en se dirigeant vers le salon. Elle reste de longues minutes devant les rayonnages fournis de la bibliothèque avant de saisir un fin manuel d' 'Histoire contemporaine de la magie Elfique à la tranche argentée et se laisse tomber sur le tapis, devant l'âtre. Les flammes lèchent ses bottines.

Poussant un petit soupir de bien aise, elle ouvre son livre et se penche dans sa lecture.

Elle n'a conscience de s'être assoupie que lorsque la porte grince sur ses gonds en s'entrebâillant. Se frottant la nuque, elle tourne la tête. Il s'avance vers elle.

.- « La pintade était très bonne. » Dit Severus. « Merci. »

Hermione le fixe, sourcils froncés.

.- « Tu viens me parler popote ? » Demande t'elle, sèchement. « Tu m'excuseras mais je crois que je suis définitivement trop fatiguée pour discuter de quoi que ce soit. Je vais donc rester assise ici comme une potiche et me taire ! »

Elle ferme rageusement son livre. Bien que s'attendant au bruit, le claquement la fait sursauter. « Tu as les nerfs en pelote .. » Se dit-elle.

Severus s'assied sur un pouf carré recouvert d'un lourd brocard cobalt. Il penche la tête de coté. Une partie de son visage disparaît dans l'ombre. Ses yeux brillent.

.- « Vous êtes en colère après moi. Constate t'il.

.- Non.

.- Si, je le vois bien. Réplique t'il, d'un ton qui n'admet aucun démenti.

.- Et bien, peut être que oui. Ça te va ? »

D'un bond, elle se lève et lui tourne le dos. Elle s'en veut d'être si agressive.. Mais, il est tellement.. Il fait toujours en sorte que ! Elle se mord le pouce.

Un lourd silence s'installe.

Hermione respire fortement.

.- « Severus.. » Articule t'elle péniblement après un long moment. « On dirait que tu cherches à m'y pousser. »

Elle se retourne pour le voir baisser la tête et tirer sa robe sur ses genoux, comme… Mal à l'aise.

Elle fait trois pas. S'immobilise. Elle lui fait face. Leurs pieds se touchent. Elle n'a qu'à se baisser pour..( 3)

Il fixe ses mains blanches puis relève abruptement le visage, plantant ses yeux dans les siens. Il se met à parler de cette voix qu'elle ne tolère plus : celle au timbre sec.

.- « Ecoutez, Hermione… Vous êtes une jeune femme charmante, intelligente…

.- Mais tu ne veux pas de moi. L'interrompt-elle, d'une voix blanche. Tu te dis trop vieux, trop laid, trop solitaire Tu as trop peur de ce que tu as fait dans ta folle jeunesse. Ricane t'elle, sinistrement.. Tu crois même que tu n'auras plus trop le temps de vivre. Trop, trop, TROP ! » Hurle t'elle. « TU ES TROP NUL ! »

Deux grosses larmes tièdes et réconfortantes coulent sur ses joues. Lui, ne cille pas. Elle s'essuie rageusement le visage de sa manche. Elle ne le quitte pas des yeux. Ses lèvres bougent.

.- « C'est exact. » Souffle t'il, acerbe.

Elle sait qu'il aimerait se lever et sortir de la pièce et la quitter elle avec ses sentiments ronflants mais, elle lui bloque le passage, plantée entre ses jambes.

.- « Je dis n'importe quoi. Ce n'est pas vrai, tu n'es pas nul, tu n'es pas trop vieux, tu vas -. »

Il secoue la tête et tend les bras, sans doute pour la repousser. Elle se recule, le foudroie du regard.

.- « Tu m'agaces à te croire si inférieur aux autres ! Ton nez te bouffe le visage, mais je m'en fous, Severus. Ce n'est pas pour ton nez que je t'aime !

.- Miss Granger ! Siffle t'il, se levant d'un geste furieux.

.- C'est ça, rentre dans ta carapace sous de faux complexes ! » S'emporte t'elle et elle enfonce un doigt dans son torse. « Quand comprendras-tu que la vie c'est comme une potion, il faut un peu de tout -»

Il écarte son poignet. Elle lève l'autre main prête à….

.- « Nous en avons déjà parlé. »

Sa main s'abaisse.

Elle ne l'aurait pas giflé, n'est ce pas ?

Elle écarquille les yeux. « Oui, c'est vrai… Avec son petit lui…»

.- « Tu te souviens de ça ? » fait-elle d'une petite voix. « Et Après.. Ton petit toi m'avait rendu furieuse… »

Elle le voit formuler silencieusement du bout des lèvres son appellation. « Ton petit toi.. »

.- « Ton petit toi l'avait cherché… » Ajoute t'elle.

Il sourit. Ses yeux pétillent.

.- « Vous non. Mais, je ne regrette pas. »

Oo FLASH BACK oO

.- « Tu n'as qu'à t'imaginer que tu es ce gros chaudron.. lui dit Amy.

.- J'ai le ventre plat ! » S'indigne l'enfant palpant son estomac.

Amy glousse. Elle saisit les poignets de l'enfant et s'accroupit. Elle est plus basse que lui quand elle fait ça, mais elle s'en moque.

Elle reprend son sérieux.

.- « Tu es le chaudron, d'accord ? On y verse des tas de choses. Des eaux pétillantes délicieuses. Des graines très laides. De la pâte à l'odeur de pieds… »

Severus a fermé les yeux. Il plisse le nez.

.- « Pouah. C'est immonde. »

Hermione sourit et glisse ses doigts sur le ventre de l'enfant, le titillant gentiment

.- « Des gaz qui te chatouillent doucement le cuivre… »

Severus dodeline de la tête et rigole.( 4)

.- « C'est assez agréable par moment… Et à d'autres, vraiment désagréable. » Conclut-il.

Il ouvre les yeux.

.- « C'est comme ça la vie, Severus. » Lui dit-elle.

Il trouve ça assez juste. Les plaisirs simples compensent les désagréments.

.- « Oui.. Mais.. Les fabricants de chaudrons enduisent leur intérieur d'un vernis protecteur. C'est écrit sur les étiquettes dans les boutiques. Et nous, qu'est ce qu'on peut faire pour pas souffrir ?

.- « Je ne sais pas vraiment… » Murmure t'elle.

Il libère une de ses mains et se frotte le menton, comme le font les grandes personnes qui font semblant de réfléchir, sauf que lui, bien sûr, réfléchit.

Il regarde autour de lui. Ils sont dans la cuisine, si chaude, si conviviale. Sigrid est parti faire des courses. La porte du cagibi est entrouverte sur de grosses jarres de sucres, de farine, de blé, de beurre, de crème et d'autres gourmandises caloriques.

Severus s'exclame.

.- « On n'a qu'à essayer ! »

Et bondissant de coté, il se précipite vers la jarre de crème, en sort une énorme louche et la secoue vers Amy, toujours accroupie, incrédule.

Il éclate de rire, alors que sa gouvernante s'essuie les yeux.

.- « SEVERUS ! » Rugit-elle.

Il lui lance une poignée de sucre roux. Elle va forcément trouver quelque chose pour se débarrasser de ces 'désagréments culinaires'.

.- « Il doit bien y avoir un vernis pour… » S'exclame t'il et alors qu'elle bondit vers lui, il plonge ses mains dans un sac de farine et souffle les fécules vers son visage.

La poussière blanche retombe en partie sur lui-même et il toussote. Il relève ses yeux, un rien larmoyants : la farine s'agglutine sur les joues de Miss Amy. Elle n'en a pas l'air particulièrement ravie.

.- « Severus, arrête tout de suite.. »

Mais, il teste déjà l'effet du beurre…

Sa gouvernante, plissant la bouche, tourne les talons. Il la voit attraper quelque chose sur la table et un sourire luciférien très étrange sur ses lèvres, elle attaque et lui casse un œuf sur le crâne.

.- « Shampoing aux œufs, y a rien de mieux ! » S'anime t'elle.

Et elle lui masse le cuir chevelu alors qu'il glousse, hilare.

.- « Faut rincer, maintenant ! » S'amuse t'elle.

Elle court à nouveau jusqu'à la table pour attraper un pichet d'eau mais les doigts collants ne rendent pas la chose aisée et elle renverse l'eau sur elle-même.

.- « Par Salazard ! » jure t'elle.

Severus cesse de rire. Il fait trois pas vers elle et adopte un air studieux.

.- « A quoi ça sert d'en avoir de si gros ? » (5)

Il pointe un doigt vers sa poitrine. Le tissu, complètement trempé, ne cache vraiment pas grand-chose de sa poitrine. Poussant un glapissement horrifié, Hermione s'empare d'un tablier de Sigrid et couvre son buste.

.- « Severus ! Comment oses-tu ? Tu.. Tu.. oh ! Je ne te savais pas pervers ! »

L'enfant rougit et ouvre de grands yeux.

.- « Mais je ne voulais pas être malpoli. C'est la première fois que j'en vois.. De cette façon.. C'était juste une question ! Je suppose qu'on peut dire qu'ils sont beaux, non ? »

Le visage de sa gouvernante se décompose.

Elle souffle, apparemment très fâchée maintenant et n'ayant plus du tout envie de lui laver les cheveux, et s'avance vers lui. Il recule.

.- « C'était ..

.- Tais-toi ! Gronde t'elle.

.- Mais..

.- Tais-toi, Severus !

.- Mais, Miss , je …»

Il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'elle l'a saisit par la peau du cou et le plonge tête la première dans le pot à lait.

Elle le lâche aussitôt, s'éloigne une main sur sa bouche et il en ressort en crachotant. Il tourne des yeux penauds vers elle.

.- « Je suppose que c'est un sujet dont on ne parle pas avec les dames, hein ? »

Ses cheveux gouttent et il se sent tout collant. Il demande pardon en balbutiant.

.- « C'est moi qui m'excuse… Et oui, tu supposes bien. » Lui répond Amy et elle s'assied par terre, à un endroit relativement propre… Avant d'éclater de rire.

Severus panique quand elle commence à prendre un teint rouge qui devrait être interdit.

.- « On a l'air beau, maintenant… » Reprend-elle après un long moment.

Il vient se laisser tomber à côté d'elle, pas plus préoccupé que ça d'avoir pris comme siége un gros bloc de beurre a moitié ramolli.

.- « Oui.. Mais surtout vous. »

Elle rit encore.

Il s'ébroue.

.- « ça me gratte, pas vous ?

.- Si ! »Répond elle, un grand sourire aux lèvres.

Elle passe une main dans ses cheveux, grimace et la retire toute poisseuse. Il la regarde, admiratif.

.- « Vous savez, j'aimerais que ma femme plus tard vous ressemble. On s'amuserait bien. »

oO fin du Flash-back Oo

.- "Tu veux toujours que ta femme me ressemble? » Demande t'elle abruptement.

Il s'éloigne d'elle à grand pas et s'engouffre dans le hall d'entrée.

Hermione se voit forcée de trottiner pour le rejoindre. Sa jambe lui fait mal. Elle s'intercale entre la porte et lui. La main de Severus lui frôle la hanche alors qu'il cherche à atteindre la poignée.

.- « Excuse-moi. Je n'ai pas à te poser ce genre de questions, je suppose. » Lâche t'elle.

Le visage de Severus est totalement fermé à toute expression quand il lui répond que c'est le cas, en effet.

.- « Il y a une autre question… »

Il tend de nouveau la main mais elle se tortille pour lui dissimuler la poignée. Elle laisse échapper un petit cri quand il lui encercle la taille des mains et, la soulevant comme un poids plume, la décale de quelques centimètres sur sa droite, se laissant le champ libre pour sortir. Il pose, enfin, sa main vers le bouton rond en porcelaine et demande :

.- « Est-ce vraiment nécessaire ? Ou plutôt est-ce réellement urgent ? Il est tard, j'ai cours demain-

.- C'est les vacances scolaires ! » Riposte t-elle, croisant les bras sur sa poitrine.

Elle remarque qu'il réprime un air amusé.

Elle hésite à gâcher cette vision là.

.- « Très bien. » Se résout-il finalement, s'adossant au mur. « Je vous écoute, Hermione. »

Hermione fronce le nez, Severus a gardé son air enjoué, tellement rare. Est-il vraiment temps de lui demander à quel âge il est devenu Mangemort, et pourquoi ?

.- « Une autre fois. Se refrène t'elle.

.- Vraiment ? Votre question semblait capitale ? » Raille Severus.

Il laisse échapper un petit éclat de rire. Elle observe, incrédule, le visage de l'homme s'illuminer.

« Ça le rend presque beau. Non.. En fait, il est beau.. »

.- « Oui.. » Balbutie t'elle, béate et déroutée. « Non. »

Et elle fait un pas, se lève sur la pointe des pieds et pose sa bouche sur la sienne.

« Mais qu'est ce qui me prend : je suis en train de l'embrasser ! » S'affole t'elle.

Elle n'a pas la tête qui tourne, elle ne croit pas s'envoler direct au paradis, elle ne voit aucune étoile, elle ne tombe même pas dans les pommes. Mais quand elle recule précipitamment, les joues empourprées, elle se dit qu'elle recommencerait avec joie et qu'une initiative de Severus, peut-être, oui, l'aurait laissé chancelante. Cependant, Severus, blême, les yeux écarquillés n'a pas réagi, si ce n'est son bras bloqué à quelques centimètres de sa taille, la main aux longs doigts fins étrangement raide.

Il cille des paupières. Sa main tâtonne sur le mur jusqu'à se refermer de nouveau sur le pommeau de la porte, qu'il tourne. Un courant d'air frais la fait frissonner quand il passe le seuil.

.- « Ne me tentez pas, Hermione… » Dit-il, dans un souffle. « Malheureusement pour vous, je pourrais agréer à votre... Inclination… »

Hermione réprime un léger rire.

Elle tourne le dos et s'éloigne. Elle a envie de chantonner.

Elle a envie de lui répondre que, justement, elle n'attend que ça..

Il ferme la porte.

oOo

Il ferme la porte.

« Bougre d'imbécile ! Tu aurais du la repousser ! »

Il soupire, passe une main sur son front, réalise qu'il a oublié sa cape à l'intérieur, secoue la tête… Il n'aurait pas dû… Il n'aurait vraiment pas dû la laisser faire.

Bien, il est vrai, qu'il n'a pas répondu au baiser de Hermione, mais… Il aurait pu la repousser. Il aurait pu refouler cette idée absurde, cette petite voix démoniaque qui dans son crâne le poussait à accepter l'évidence, que ce n'était pas un simple béguin, que lui aussi.. Cette affreuse petite voix aiguë qui ricanait et lui avait dit : « Mais réponds ! Mais rends lui cette sérénité qu'elle t'offre ! Donne lui une chance ! Donne t'en une ! »

Il devient sentimental. Il a ça en horreur. Furieux, il claque sa langue contre son palais.

Il fait trois pas et Transplane.

Pré –Au- Lard est endormi, déjà. Si ce n'est sans doute, les deux bars du bourg. Severus s'apprête à prendre la direction de ce petit chemin à flanc de coteau, un raccourci un peu escarpé mais relativement pratique pour rejoindre rapidement le collège quand un bruit suspect attire son attention. Vivement, il se retourne.

Là, appuyée contre le tronc d'un vieux cèdre, dans une longue cape d'un bleu myosotis assorti à ses yeux, ses boucles blondes pré-raphaéliques découlant sur ses épaules, Narcissa Malefoy le menace de sa baguette.

oOo

Hermione grimpe deux à deux les marches de l'escalier, se faufile dans la chambre qu'elle partage avec Ginny depuis nombre d'années et s'allonge sur la courtepointe rose en patchwork. Ginny saute vivement à coté d'elle. Le matelas tangue.

.- « Alors ! Raconte ! »

Ginny roule des yeux furieusement quand la porte s'ouvre sur Harry et Ron.

.- « On a une discussion entre filles ! Revenez plus tard ! » Crie t'elle.

Hermione attrape un oreiller et l'étouffe contre elle.

.- « Vous parlez de Snape ? Mione ? Harry soutient que tu lui as sorti une insulte sur son nez ! Qu'est ce que j'aurais donné pour entendre ça ! Mais, la mère de Lavande la demandait d'urgence et..

.- Tais-toi, Ron ! » S'échauffe la rouquine. « Hermione allait me raconter. »

Hermione se mord la lèvre et glousse. Elle ne semble pas vraiment avoir l'intention de parler de quoi que ce soit à qui que ce soit. Elle ne pense même pas à les insulter de l'avoir espionné.

Harry se penche vers elle, légèrement inquiet. Il lui secoue l'épaule, et voyant qu'elle se love contre son oreiller, le lui arrache des mains.

.- « Hermione ? Qu'est ce que vous avez fait avec Snape ? »

La jeune fille soupire, ferme les yeux, puis les ouvre, souriante et s'assied.

.- « Je l'ai embrassé ! »

Harry pâlit d'un coup et hoche la tête. Il semblait presque s'y attendre.. Mais, Ron..

.- « Mais.. Mais.. mais.. » Bêle t'il.

Ginny lève son pouce et adresse à son amie un clin d'œil complice avant de réconforter son petit ami, fort perturbé malgré tout.

Hermione saute soudain à terre et ouvre violemment la porte.

.- « Qu'est ce qui se passe encore ? Demande Harry.

.- Severus a oublié sa cape dans le vestibule, il va prendre froid.

.- Mais.. Mais… »

Hermione claque déjà la porte.

OOo

Narcissa abaisse sa baguette et s'avance vers lui. Elle sourit. Severus se comprime les lèvres. Elle sourit ?

.- « Bonjour, mon cher Severus. Comment vas-tu ces derniers temps ? »

En effet, elle a des raisons d'illuminer son délicat visage d'un sourire.

.- « Autant que faire se peut. » Répond-il, fraîchement.

Il n'esquisse aucun geste vers sa baguette.

.- « Je m'attendais à te voir. » Confesse t'il. « Cependant, je pensais que j'en déciderai l'instant. »

Il reste neutre et immobile. Elle continue d'avancer. A petits pas tout ce qu'il y a de plus sereins. Il pourrait y avoir une pluie d'orage, qu'il sait qu'elle ne marcherait pas plus vite. Elle prend son temps, elle en a. Lui, pas.

Elle s'arrête à quelque pas de lui.

Son sourire s'efface. Ses yeux bleus se voilent un instant. Sa fine étole de batiste écru claque au vent comme un étendard. Elle tend une main puis finalement la laisse tomber, et la glisse sous sa pèlerine. Elle se masse le poignet, dans un geste rassurant.

.- « Excuse-moi. » Murmure t'elle, les yeux plongés dans les siens.

Il se penche vers elle et souffle sa réponse.

Ooo

Elle rate une marche et se retient in extremis à la rambarde de l'escalier. Le cœur sollicité bat à tout rompre. Hermione soupire. A la patère, elle attrape le vêtement de Severus d'une main vive, avant de s'emmitoufler dans sa propre cape.

.- « Tu sors ? »

Remus Lupin, les traits fatigués lui sourit affectueusement. Il porte une brassée de feuilles manuscrites.

Elle soulève la cape noire de Severus.

.- « Un oubli. Il y a peut être des papiers importants là-dedans. »

Le lycanthrope hoche la tête, les yeux rieurs, et s'engouffre dans la cuisine.

Calmée, Hermione sort de la battisse et arrivée au square, Transplanne.

oOo

.-« Non. »

Le mot se répercute sur son visage. Il passe de son front qui se plisse, à ses yeux qui papillonnent, son nez qui se fronce, ses pommettes qui se gonflent et sa bouche qui se tord. Elle pleure.

Il serre les dents. Il n'a jamais supporté de la voir pleurer.

oOo

Prè-au-Lard, la nuit, baigné d'un clair de lune qui nimbe les crépis beigeâtres d'un éclat laiteux a quelque chose d'effarant, d'oppressant. Hermione se réceptionne au centre d'une ruelle. La devanture vitrée de chez Zonko, à trois pas d'elle, est protégée de faisceaux oranges en constant mouvements. Hermione entend des voix. Deux, exactement. Elle réalise soudainement que l'une d'entre elle lui est familière. Il s'agit de celle de Severus. Il n'est pas loin, sans doute derrière ce mur, là, au calvaire, à l'entrée du village. Un long frisson la parcourt. Sans un bruit, furtivement, elle avance jusqu'au mur, et s'y colle, progressant dans l'ombre, comme une espionne. La cape de Severus pèse le long de son bras replié. Elle espère ne pas se faire surprendre avant de se sentir honteuse d'adopter une telle attitude de moucharde. De quelle droit se permet t'elle d'en apprendre plus sur lui à son insu ?

Elle fait demi-tour, puis s'immobilise. La curiosité l'emporte.

Elle tend l'oreille. L'autre voix est féminine. Elle est bouleversée de sanglots.

.- « On ne vend pas son fils, Severus. »

Celle de Severus glisse comme une lame d'acier. Polie, tendue, glaciale et tranchante :

.- « Tu t'es toujours sentie seule. Aujourd'hui plus que jamais n'est ce pas ? »

Hermione s'aplatit un peu plus contre la façade de la boutique. Elle arrive à l'angle. Doucement elle tend le cou, pour voir. Elle voit. Les deux sont au centre d'une flaque de lumière, sous le seul réverbère allumé de la rue. Severus lui tourne le dos. Elle ne voit rien de la femme. Elle la devine petite. Il la lui cache entièrement. Sauf une de ses mains qui avance vers la robe noire. Menue, adorable, blanche, fine, manucurée et désespérée. Accrochée à la manche de l'homme et qui la froisse maladivement.

.- « Tu es mon seul ami, Severus. »

Un chien aboie, au loin, la réponse de Severus n'arrive pas jusqu'à Hermione. Elle tremble. Elle ne sait pas ce que cette femme veut à Severus ; mais, elle le sent, elle le voit bien : elle lui fait mal. Elle perçoit dans la crispation figée de l'homme planté au milieu de la route. La main blanche vibre, maintenant.

.- « Tu l'es toujours. »

La voix hurle. Pourtant elle n'était pas plus bruyante qu'un roulis d'eau. Elle hurle de sincérité.

Severus ricane. Ce ricanement amer. Désabusé. Que Hermione n'entend que trop. La main se cramponne. Hermione écarquille les yeux. La scène de ses deux êtres la déstabilise. Severus ne retire pas la main. Elle se demande même s'il la sent.

.- « Où est ton âme, dis-moi ? demande t'il.

.- Et la tienne, donc ! »

La main glisse sur le poignet jusqu'à celle de Severus. Les doigts la frôlent. Tendrement. Le cœur de la jeune fille bat follement.

.- « Nous l'avons vendu cette nuit là, Severus. Ensemble.

.- C'est que tu tenais à ce que je t'accompagne. »

Les doigts se lient à ceux de Severus. Il ne referme pas sa paume.

.- « C'est que nous étions amis. »

Il referme sa main. Brutalement. La femme crie, surprise.

.- « Tu le dis toi-même. Nous ne le sommes plus.. »

Il détend sa prise. La femme recule. Hermione aperçoit des cheveux d'un joli blond comme les blés murs.

.- « Va t'en avant que je ne change d'avis.

.- Severus, je voudrais… » Supplie t'elle.

Les épaules de Severus Snape sont secouées de tremblements convulsifs.

.- « Narcissa ! J'ai dit ! »

Sa voix se répercute dans l'air frais de la nuit. Effilée.

Hermione recule précipitamment, le souffle court. Elle n'avait pas eu conscience d'avoir retenu sa respiration. Son crâne ripe contre le mur fissuré et elle ferme les yeux.

Elle entend un 'pop' modeste. Narcissa ? Narcissa Malefoy ? Une amie de Severus ? Mrs Malefoy ? Elle l'aurait trahi, c'est cela ?

Elle ferme les yeux, plus fort.

Sur qui peut il compter si ses amis, ses rares amis le donnent en pâture aux fauves ?

Elle ne voudrait ne plus jamais à rouvrir les paupières. La cape glisse sur son bras. La hautaine Mrs Malefoy ? Elle ne retient pas le tissu. La belle Mrs Malefoy ?

Elle ne l'entend pas chuter. Elle rouvre les yeux.

Severus a récupéré sa cape. Calmement.

.- « Amie ou amante ? » S'entend-elle demander.

Mais elle se moque de savoir. Une autre question lui brûle les lèvres. Bien plus importante.

« Cette nuit là ? »

oOo

Elle trotte derrière lui. Elle s'essouffle. Il avance à grands pas. Il essaie de ne pas trébucher. Il fait un noir d'encre. La lune s'est cachée, peureuse ou incertaine ou avare..

Il gravit la colline. Il a hâte d'arriver au château. Il n'arrive même pas à savoir s'il est furieux qu'elle ait entendu cette discussion ou pas. Il a l'impression d'en être soulagé. Mais il ne la pensait pas curieuse au point d'en perdre toute dignité. C'est sans doute pour ça qu'il est aussi courroucé.

Il réalise qu'il ne la connaît pas. Pas vraiment. Il a connu l'élève studieuse, débordant d'une passion agaçante, la jeune fille attendrie. Mais la femme mature ? Comment réagirait elle quand il lui dira, quand elle comprendra réellement ? Elle pleurera ? Elle fuira ? S'écroulera ? Ou vomira ? Ou restera là à fixer le vide ?

.- « Severus, attends-moi. S'il te plait. »

Il verra bien. Le point de non retour, ils y sont. Si elle s'abîme plus loin dans ses ambitions romantiques, elle les perdra tous les deux. Le point de non retour est franchi, depuis ce baiser. Qui n'aurait pas du être. Qui ne devra plus jamais être ! Alors, il va lui faire comprendre, il va lui dire, il va lui faire voir. Elle restera là à fixer le vide, s'écroulera, ou vomira, ou fuira ou pleura, mais elle saura.

Il s'immobilise. Il se retourne. Malgré l'obscurité ambiante, il voit ses joues rouges. Elle boitille. « Sa jambe blessée ». Elle se tient les côtes, elle a un point de coté. Il lui tend la main.

Elle la regarde incrédule, puis la saisit.

.- « Venez. Nous avons à parler » Dit-il d'une voix atone.

Ils reprennent leur marche, plus doucement. Elle a calé son bras sous son coude.

Elle se tait. Ils passent la grand porte. Traversent les couloirs humides aux dalles érodées par des milliards de passages.

.- « Nous n'allons pas à ton bureau ? Demande t'elle finalement alors qu'il dédaigne le trajet habituel.

.- Je n'y ai pas de whisky. »

Hermione lui lance un regard oblique.

.- « Je n'aime pas le whisky, Severus. »

Il repousse une tenture et dévoile une porte verrouillée.

.- « Croyez-moi. Vous allez aimez ça. » Elude t'il.

Elle frissonne mais le suit.

Elle présage. Elle n'aura pas beaucoup de temps pour se préparer à ce qui va suivre. La vision de sa décadence. Le pourquoi du remord. Le pourquoi de tout.

Les torches s'allument sur leur passage. Ce couloir qui mène à ses quartiers ne lui a jamais semblé aussi long. Il arrive enfin devant sa porte. Il hésite. Il est encore temps, n'est ce pas ? De renoncer à lui dire ? De garder ça pour lui ? De ne pas la contaminer à la douleur ? De rester un mystère ?

C'est elle qui fait le pas. Le pas en avant. Qui, il le sait, va tout changer, entre eux. Bien plus que leur récente 'estime', bien plus que ces silences apaisants après une conversation intelligente et bien plus que ce baiser. Elle pose sa main sur la clenche et tourne.

Elle entre après lui avoir demandé sa permission. Le lustre suspendu s'embrase.

Il rallume le feu et la prie de vouloir s'asseoir dans un siège et d'excuser le désordre.

.- « C'est très propre. » dit-elle, haussant les épaules et scrutant attentivement le moindre recoin tout en essayant de ne rien en laisser paraître.

Elle enlève sa cape, tapote le seul coussin de la pièce et, sagement, anxieuse, attend.

Oui, malgré tout c'est propre. Ses quartiers sont propres. On peut les définir ainsi. Ni sombres, ni lumineux, ni luxueux ni insipides, pas plus conviviales que ça. C'est son chez soi. Il y est bien. C'est propre. Ça lui suffit.

Il leur verse un whisky. Il avale le sien cul sec et sort une lourde pensine d'un placard d'acajou.

Il la pose sur la table basse à coté de son Encyclopédie Complète des Bactéries Vivantes Végétales à Caractère Médicinal.

Hermione n'a pas touché à son verre. Elle suit chacun de ses mouvements, le visage grave.

.- « Vous n'aurez pas besoin de me poser la question. Comme tantôt. »

Elle fronce les sourcils.

.- « je suis legimens, vous vous rappelez ? »

La jeune femme rougit.

.- « Alors, euh.. Ça veut dire que pendant que je..

.- Non. La coupe Severus.

.- oh. »

Elle acquiesce et s'humecte les lèvres. Elle a posé ses mains sur ses genoux, délaissant le coussin et ses doigts tremblent. Elle souffle. Longuement. Se mord la lèvre. Il sort sa baguette et la dirige vers la bassine dorée. Les pensées se mettent à tourner, pirouetter, se mêler. Il y arrive. Il lève les yeux vers elle.

.- « Buvez… » Chuchote t-il.

Il ne se sent pas la force de parler plus fort.

Elle s'exécute. Elle ne discute plus. Elle boit l'alcool ambré, à petites lapées, grimaçant, les yeux brillants. La peur ou le goût piquant du liquide ? Elle repose son verre.

.- « Tu viens, dis ? Tu ne m'y laisses pas seule, n'est ce pas ? » Elle supplie.

Elle est terrorisée. Il cligne des paupières. Elle essaie de sourire. Elle n'y arrive pas.

.- « Oui. »

Il l'entraîne avec elle. Dans le flou.

Dans la pensine, le 09 janvier 1979, (6)

Severus Snape, la vingtaine est allongé sur son lit. Celui qu'elle lui a connu, au Manoir. Il feuillette un livret. Un éclat de lumière luit sur la fenêtre. Il se lève vivement et regarde au dehors avant de se précipiter dans les escaliers de service et de sortir par la porte de cuisine. La nuit tombe. Il pleut un peu. Un crachin.

Toujours en courant, il va vers la forêt. Il écarte les ronces de son chemin, et progresse.

.- « Tsss ! Severus ! » Fait une voix féminine.

Il se baisse pour reprendre son souffle, appuyant ses mains sur ses genoux pliés. Une jeune femme sort d'un taillis. Narcissa Malefoy, jeune, charmante et l'air espiègle.

.- « Tu m'as fait courir me dire 'tsss, Severus' et c'est tout ? Tu devais venir avec Lucius et m'en glisser deux mots à l'oreille. Je vous ai attendu tout l'après-midi. Grince t'il.

.- J'ignorais que tu appréciais tant mon cher et tendre époux. » Dit la blonde, narquoise.

Il se laisse tomber au pied d'un arbre.

.- « Cette maison est son deuxième foyer. Répond-il, rogue. (7)

.-Oh, oui, ta chère et tendre belle-mère l'adore… !

.- Arrête avec tes chers et tendres ! Tu m'agaces. »

Elle se pose lourdement à coté de lui.

.- « Dis moi ! Avec l'âge, tu deviens de plus en plus grincheux ! »

Il grimace. Elle s'esclaffe. Elle sort un paquet de dessous sa cape.

.- « Bon anniversaire. »

Il regarde le petit colis enveloppé d'un papier gris.

.- « Pour moi ? »Demande Severus, yeux écarquillés.

Narcissa Malefoy acquiesce avant de sortir sa baguette et de l'agiter. Le papier brun se pare d'étoiles dorées et d'un ruban bleu azur.

.- « C'est mieux comme ça. Allez, prends ! Ne te fais pas prier !»

Elle le lui lance. Il atterrit sur ses cuisses. Il le soupèse, l'agite sous son oreille, fronce les sourcils. Elle, le dévisage, effrontément, tournant la tête en tout sens pour le voir sous tout ses profils..

.- « Quoi ? » fait-il, hargneux.

Elle s'adosse à l'arbre.

.- « Oh rien. Je me disais que tu étais vieux. Deux ans de plus que moi !

.- J'ai 20 ans. Tu peux chercher, je n'ai pas de rides.

.- Oui ! Mais si tu continues à me faire une tête pareille, je vais t'en dessiner moi ! »

Il lui offre un sourire forcé. Elle fait mine de lui déboîter l'épaule. Il déballe son cadeau. C'est un livre. Un journal intime. Il est rempli d'une écriture fine et ourlée.

.- « On va se voir moins souvent. Mes obligations d'épouse et tout ça.. Mais tu m'as dit que je pourrais continuer à me confier à toi. J'ai pensé à ça. J'écris sur mon journal et tu reçois tout sur celui-là. Ça marche dans l'autre sens. On ne sera seuls ni l'un ni l'autre ! Sympa, non ?»

Il lui offre un vrai sourire.

OoOOoo

Il est penché sur le journal :

Lucius me parle sans cesse Du Lord. Il a rejoint ses rangs, comme tu le sais. Il s'attend à ce que je le suive. Affectueusement, Cissa.

Severus trempe sa plume et note:

Il m'en parle aussi. Il en parle à Père. Père n'attend plus de moi qu'une seule chose. Tu sais laquelle. Je n'ai rien à y perdre. Tout à y gagner. Enfin, je crois. Amicalement. SS

OoOOoo

Severus, je l'ai vu. Il est... horrible. Il est.. Est-ce que je me vends à parler de lui en ses termes ? Est-ce que je pourrais me faire tuer ? Cissa

Oui, Narcissa. SS

OoOOoo

Tu avais raison. Horrible. Immonde. Fort, très fort. Il m'offre l'estime de Père. Il m'offre une vision du monde qu'on m'a toujours appris. Il m'offre un rêve sanglant. Il m'offre la possibilité de me venger des affronts subits. J'hésite. Une chose me retient. Bien à toi, SS

Quoi donc ? NB. Non, NM, je ne m'y fais décidément pas.

Mon propre rêve. SS

Je comprends. Je n'en ai plus, moi. Envolé avec ce mariage arrangé. On m'a déjà vendu, alors une fois de plus ? J'ai dit Oui. Cissa. ps : J'ai peur.

ooOOoo

Severus, tu sais, je ne m'attachais pas aux histoires de sang. J'avais juste une sainte horreur des Gryffondors. Un peu comme tu hais Potter et Black, je suppose. Ces deux là le méritent.
Le Lord fait de grands discours. Il ne parle que de haine. Il condamne l'amour. « Une faiblesse, une maladie » dit-il. Il méprise tant de choses… Je ne pensais pas y croire. Mais.. J'y crois.. Merlin ! J'y crois. Ça me terrifie et ça me fascine. Je dois faire mes preuves. Je voudrais, je sais que je ne dois pas dire ça, mais, tu m'as toujours protégée ( tu te souviens, dis, à ma rentrée en première année. Moi oui, toujours. ) je voudrais que tu rejoignes les rangs. Un camp ou l'autre ? Je ne vois rien d'autre que la guerre de toute part. Mais de ce coté ci du gouffre, ma famille me soutient, Lucius m'approuve. J'ai la paix.

Oui. Je me souviens. Oui, tu n'en as pas le droit. Et « Oui », c'était ma réponse. Mon Père à un Fils. J'ai une famille. Réellement. A Demain, Narcissa, nous faisons nos preuves ensemble.

ooOOoo

Une auberge. Les carreaux poisseux de vapeur et de graisses fondues. Les tables crasseuses. Des hommes ivres qui titubent sans s'être trouvés et qui rotent avec satisfaction une main sur leur panse. Deux ou trois putes, parce qu'il en faut bien. Peinturlurées, outrageuses qui chassent le client comme d'autres traquent les rats. La tenancière, énorme, hirsute, à l'accent prononcé et au vocabulaire aussi cru que les rations de viande qu'elle offre à ses deux molosses qui gardent boutique quand elle s'endort sur son grabat plein de puces. Un poète, médiocre, ivre, le nez dans sa chope, qui déclame pour lui-même des vers minables.

Et lui. Et elle. En noir. Incognito. Leur initiation. Ce soir. Ici. Dans l'auberge.

Ils s'assiéent à une table. Pas plus sale que les autres, mais pas plus propre non plus. On leur sert la spécialité maison.

.- « Coktail de l'mort ! » Clame la guenon qui les sert.

Ils paient.

Oh, oui ! La mort ! Elle ne peut pas dire mieux. Ce soir, la mort est convoquée. Au bout de leur baguette, roulant sur leur langue et éclosant sur leur bouche. La mort sera là ce soir. Ce seront eux qui l'appelleront..

Ils boivent. En silence. Narcissa Malefoy a roulé ses cheveux en une grosse tresse. Elle jette de fréquents regards autour d'elle.

.-« Qui est-ce à ton avis ? »

Elle parle de celui qui veille. Qui assurera au Maître, qu'oui, ils ont obéis. Qu'oui, ils sont fiables. Qu'oui, ils peuvent faire parti de la bande.

Il désigne un gars accoudé au comptoir du menton.

.- «Et.. Les autres ?

.- Les deux là bas. »

Ce sont ses premières paroles. Les deux là bas, désignent deux prostituées, dans des robes de coton rose et vert d'eau, aux décolletés plongeants et dont les reprises sont malhabilement cachées par des rajouts d'une dentelle jaunie.

.- « Et comment, va-t-on-

.- Elles cherchent des hommes ? Je leur offre à boire.

.- Elles ne mordront pas tout deux…

.- Tu me fais confiance ? »

La jeune fille plonge dans sa boisson. Elle lève des yeux candides et répond honnêtement :

.- « Oui. Comme toujours. »

ooOOoo

Elles gisent. L'une est rousse. L'autre est brune. Elles gisent. Le dos sur le sol, le visage tourné vers la Marque que Narcissa Malefoy a fait apparaître. Elles gisent. Mortes. Dans la venelle. Les yeux grands ouverts. La bouche figée de stupeur. Severus et Narcissa, plus loin, se retenant au mur : vomissent.

C'était des filles de joie, mortes dans le malheur.

Leur crime ? 'Cracmole'. En lettres de sang sur leur front.

OoOOoo

La douleur se répercute. Il serre les dents. Il serre. Plus fort. Encore. Son poing se crispe. Ses muscles se tendent. Il crie. La Marque rentre dans sa peau, dans son sang, dans sa vie.

Il est damné. Il le sait déjà.

Le Lord pose une main sur son épaule, et Severus s'incline. Humble.

OoOOoo

L'enfant lui lance des cailloux. Il n'a que ça pour se défendre.

.- « le vaurien ! » Rit Lucius, bras croisés.

Severus ne rit pas.

.- « Je te le laisse. J'ai trop faim pour lever le bras. » Dit Lucius.

Severus n'a pas faim. N'a plus faim. Il ne mange plus. Il a les joues plus creuses que jamais.

Il lève le bras. L'enfant abandonne ses cailloux.

.- « Avada Kedavra ! »

Severus a un visage impassible.

OoOOoo

Narcissa se pose sur le haut tabouret à coté du sien.

.- « Que fais-tu ?

.- Le monde entier m'a abandonné ; je tâche d'y voir double afin de me servir à moi-même de compagnie. (8)

.- Je suis là, moi, Severus. Je suis toujours là. »

Elle pose sa main sur son avant bras, dans un geste amical. Mais, le destin, cruel, ne joue pas en sa faveur. Elle a posé sa main sur le mauvais avant-bras. Le gauche. L'infâme. L'avilissant.

Il se dégage.

.- « Tu n'es plus toi, pas plus que je ne suis moi, depuis.. Depuis ce jour. Est-ce que tu sens le goût du sang ? Il.. Ruisselle, dans ma bouche, sur ma peau, sous mes yeux.. La nuit, le jour.. Et le pire, quand…L'eau, n'importe quelle eau ou quel fluide, prend une couleur rouge, une teinte de sang. Et j'entends les cris. Les râles… La mort… Dans ma tête. ..Tout est là.»

Il se frappe le front du plat de sa main.

Elle baisse les yeux sur le comptoir en teck.

.- « Je sais. Je.. J'ai envie de vomir.. Tout le temps.»

Il acquiesce, vide son verre. Il ne voit pas trouble.

.- « ça ne fait qu'une semaine, Cissa.. Une semaine… Je… Nous avons fait la plus grosse erreur de notre vie… »

Il baisse sa voix. Il se penche à son oreille.

.- « Hier.. J'ai tué un petit garçon. Murmure t'il.

.- « Lucius m'a fait un enfant. » Le coupe t'elle.

Elle se bouche les oreilles. Sa voix frôle l'hystérie.

.- « Je n'aime pas le père. Il ne m'aime pas. Je voudrais que cet enfant puisse compter sur quelqu'un. Tu es mon meilleur ami. Je voudrais que tu sois le parrain. Tu comprends, malgré tout, ce petit, je l'aime déjà. »

Elle retire ses mains. Il demande un autre verre.

.- « D'accord. » marmonne le jeune Severus.

Un serveur à l'allure douteuse lui apporte sa commande. Narcissa Malfoy le lui prend des mains et le vide d'un trait. Elle claque le verre vide en le reposant. Elle regarde. Ses yeux bleus brillent. Elle pleure. Il tend une main et essuie les larmes, de son pouce. Il n'aime pas qu'elle pleure.

.- « Severus, si tu trouves une sortie : bifurque. Moi, je ne peux plus. J'ai l'enfant. Mais toi…»

Retour à la réalité présente….

Les cendres sont froides. La pièce est glacée. Ou est ce son sang ? Ou est-ce les doigts d'Hermione accrochés férocement aux siens ?

Les genoux de la jeune fille flageolent. Elle porte sa main libre à sa bouche et ferme les yeux. Elle oscille sur elle-même, en équilibre pourtant. Il sait qu'elle cherche la meilleure position pour exorciser les démons de ces visions.

« Il n'y en a pas. »

Il a essayé lui aussi. Elle se balance. Avant. Arrière. Présent. Passé. Avant. Arrière. Elle ne pleure pas. Elle le tient.

« Lâchez-moi.. Lâchez-moi, où nous sombrons. Vous ne voulez pas mourir, Hermione ? Je ne veux pas que vous mouriez, moi. J'essaie d'être sage pour deux. »

Elle ne vomit pas. Il essaie de se libérer. Elle le retient.

« Laissez-moi décider.. Pour une fois. »

Elle ne s'écroule pas. Ils se soutiennent mutuellement.

« Mais pas de si près… C'est dangereux… »

Elle sait et elle ne fuit pas. Elle ne le fuit pas. Elle ne fixe pas non plus le vide. Elle a rouvert les yeux, pourtant. Mais elle fixe son bras. Son avant bras gauche. Celui entaché du tatouage à l'encre indélébile, de l'asservissement éternel.

Elle tend la main vers la bouteille de whisky, la dévisse maladroitement de sa main libre et boit au goulot. Elle s'essuie la bouche avec sa manche et lâche la bouteille. Elle tombe. Se brise net. L'alcool se répand sur le sol.

.- « J'ai froid. » souffle Hermione d'une voix à peine audible.

Elle le tire vers le canapé. Elle s'y assoit, gardant sa main dans la sienne. Sa main n'est plus froide. Il l'enveloppe du plaid qui était étendu sur le dossier du sofa. Elle s'y enroule, elle ne laisse que son visage et sa main à l'air libre. Elle le regarde. Ni dégoûtée, ni effrayée. Juste triste et compréhensive. Il aime comme elle le regarde.

.- « Vous devriez -»

« Rentrer chez vous, prendre un bain chaud et oublier. Du moins, essayez. » S'apprêtait-il à dire. Mais, elle l'interrompt.

.- « Est-ce que je peux dormir ici ? Je veux rester près de toi.. S'il te plait, Severus. Je vais.. Faire des cauchemars.. Je ne veux pas être seule.»

Alors, il dit, oui.

A suivre…


1. Travis : Driftwood

2. Tonino Benacquista : Malavita.

3. Crétine ! qu'est ce que tu attends ! ggrmpphhh !

4. Aahhh ! merdouille.. il me manque de trop ce loupiot fictif ! Fanette ! Tu te rends compte je suis en crise de carence de MiniSeverite aigue ! oiiiiin !

5. Oh oh oh ! sEVERUUUUS ! t'as pas honte !

Lolie j'ai finalement mis le passage comme tu le lis… j'ai demandé quatre autres avis et ils étaient en faveur de cette situation.. alors.. bien.. j'ai gardé !

(6), Merci à miki qui m'a déniché une chronologie alors que j'avais perdu la mienne ! hi hi ..euh, ah oui, ma note.. j'ai supposé que Snape été devenu mangemort à l'âge de 20 ans soit en 1979..On ne sait pas en effet si ça a eu lieu en 1978 ou en 1979, toujours est il que dans le courant de l'année 1980, il parlait de la prophétie de Trelawney à Voldemort ! j'essaie de respecter un minimum les dates même si je ne peux pas respecter les véritables caractéristiques familiales dévoilées dans le tome 6 ….

(7) on a tendance à l'oublier cet adjectif, mais il lui va tellement bien, mdr

(8) : Musset, les caprices de Marianne

voilà !

on espère que vous avez passé un bon moment !

n'oubliez pas la petite review pour nous faire part de vos avis ! de vos impressions vos sentiments, vos questions, vos interrogations…. Et de tout et de rien !

et gros bisouuuuss

Bye

Luna & Bidi

ps (Bidibou): ah, oui, j'envisage aussi de faire une suite…. Ce n'est encore qu'un embryon d'idée.. mais.. je vais peaufiner ça et je vous tiendrais au courant à bientôt !kisses