Hellooo ! Grande nouvelle ! Cette histoire est finie ! D'où mon léger retard de publication, j'étais quelque peu prise par l'écriture des derniers chapitres... J'espère que vous ne m'en voulez pas trop ^^
Enfin bref, bonne lecture !
Disclaimer : Rien n'est à moi à part l'histoire !
Chapitre 6
Gibbs ouvrit la porte de sa maison et laissa Tony et Ziva entrer. Il referma la porte derrière eux, non sans avoir jeté un coup d'œil aux agents postés dans la rue pour la protection du couple. Il soupira et se dirigea vers la cuisine, décidant qu'un café serré ne serait pas de refus. L'investigation de l'explosion de la voiture de Ziva n'avait rien révélé, si ce n'est qu'ils avaient raison de croire que c'était un coup de Carter et ses hommes. Coup qui devait avoir été prévu avant que la grande patronne ne mourût.
Un nouveau soupir échappa Gibbs tandis qu'il mettait la cafetière en route. Il préférait ne pas penser à l'année qui venait de s'écouler. Ne pas penser à Alice Carter. Le simple nom lui donnait des envies de meurtre. Il ne voulait qu'une chose : traquer tous les hommes de cette femme et les éliminer un par un jusqu'au dernier. Leur faire payer ce qu'ils avaient fait endurer à Tony. Ce qu'ils continuaient à lui faire endurer. Etait-ce trop demander que de vouloir enfin la paix pour la petite famille qu'ils formaient ?
Il semblerait.
Gibbs attrapa une grande tasse et se versa son café noir brûlant. Il avait vu les marques sur le poignet de l'italien. Il avait vu la façon dont il s'appuyait plus sur le côté gauche. Il avait vu les signes infimes qui témoignaient que l'année passée n'avait pas été de tout repos pour le jeun agent. Mais il savait que Tony ne laisserait rien paraître, qu'il ne dirait rien sauf s'il n'avait réellement pas le choix. L'ancien marine n'était pas stupide au point de croire que Tony lui dirait quoi que ce fût. Il n'y avait qu'une personne à laquelle il en parlerait et c'était Ziva. Elle serait la seule à voir la véritable étendue des dégâts, des marques laissées par ces mois de torture. Il lui dirait parce qu'elle le verra et ne cessera de le tourmenter que jusqu'à ce qu'elle obtînt des réponses.
Mais cela lui était égal.
Un père ne veut pas connaitre les douleurs de son enfant parce qu'il sait qu'il risquerait de devenir dingue. Tony n'était peut-être pas son fils. Il ne lui montrait peut-être pas assez qu'il tenait à lui. Mais il était sûr d'une chose : si l'italien commençait à lui dire ce qu'il avait subi exactement, personne ne pourrait l'empêcher de massacrer chacune des personnes liées de près ou de loin à ce qui lui était arrivé. Personne. Il pouvait assez bien imaginer par lui-même sans avoir confirmation. Il pouvait supporter de rester quelque peu dans l'ombre. Il ne pourrait pas supporter de savoir. C'était aussi simple que ça.
« Gibbs ? »
Il se retourna brusquement et vit Tony, debout dans l'encadrement de la porte, ses mains glissées dans les poches arrières de son jean, regardant dans toutes les directions sauf la sienne. Restait à savoir pourquoi il était aussi inconfortable.
« DiNozzo ? »
Il but une gorgée de son café, remarquant avec une grimace qu'il avait quelque peu refroidi. Depuis combien de temps ressassait-il ses pensées sombres ?
« Je… Ziva s'est installée dans la chambre d'ami à l'étage… Elle essaie d'endormir Nina. »
Il haussa un sourcil interrogateur, attendant la véritable raison de cette discussion. L'italien leva les yeux vers lui et soupira, se laissant aller contre le mur.
« Je crois… savoir comment retrouver une bonne partie des hommes de Carter, » lâcha-t-il, ses yeux verts rencontrant enfin ceux de Gibbs.
« J'écoute. »
L'expression de l'italien se fit plus hantée, plus fermée, plus misérable. « Quand… Ils ne faisaient pas vraiment attention à ce qu'ils… disaient devant moi, » commença-t-il, avec hésitation. « Ils ont une cache à Washington. Si on doit les chercher… je commencerais par là. »
Gibbs hocha la tête et termina sa tasse, qu'il posa dans l'évier. Il fit signe à l'italien de le suivre et se dirigea vers sa cave. Tony eu un léger sourire en pénétrant dans la pièce et en découvrant le bateau presque achevé qui s'y trouvait. Il suivit Gibbs en bas des marches et ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil au nom du nouveau bateau de son patron.
Gibbs s'arrêta devant la table où il avait laissé ses outils, sachant que l'italien s'était figé au bas des marches. Il se retourna et attendit patiemment que Tony se reprît. Des yeux verts se tournèrent vers lui, ne cachant pas leur surprise.
« Le DiNozzo ? » souffla-t-il.
« Un hommage qui semblait approprié. Il l'ait un peu moins désormais puisque tu es vivant, mais… Le nom va rester, » expliqua-t-il en haussant les épaules.
Tony s'avança vers lui en hochant la tête. « Merci. » Ce n'était qu'un murmure à peine audible, mais suffisant pour que Jethro le comprît. Il saisit ses outils et fit signe à Tony de suivre le mouvement.
L'italien acquiesça et s'installa devant lui, ponçant le bois, dans un geste qu'il n'avait pas su oublier grâce aux longues heures passées dans cette même pièce, sur cette même activité. Gibbs eut un léger sourire en observant le jeune agent travailler. Il n'était certes pas un grand expert et était loin d'être le plus doué qui fût pour travailler le bois, mais il s'était révélé assez rapidement capable d'apprendre vite et bien. Et il devait avouer, travailler avec Tony lui avait manqué. Plus qu'il ne l'aurait cru possible…
« NCIS ! On ne bouge plus ! » s'exclamèrent Ziva, McGee et Gibbs en pénétrant dans l'entrepôt indiqué par Tony le matin-même.
Une dizaine d'agents pénétra à l'intérieur par les autres entrées, coupant définitivement toute retraite à la dizaine d'hommes présents. Gibbs ne put empêcher un sourire en coin d'étirer ses lèvres. Tony avait eu raison. Les hommes d'Alice s'étaient effectivement réunis ici. Ce qui leur permettait d'avoir moins de boulot pour eux : ils étaient gagnants sur toute la ligne.
Gibbs rangea son arme et sortit son portable. Il composa rapidement le nouveau numéro de l'italien et porta l'appareil à son oreille. Deux sonneries se firent entendre avant que l'italien ne décrochât. « DiNozzo. »
« Quinze hommes. On les ramène. »
« Quinze ? Alice en avait plus. »
« On va installer de quoi surveiller le bâtiment. Si l'un d'eux passe par là, on l'aura, » fit-il, en quittant l'entrepôt.
« Mmh… »
L'ancien marine retint un soupir devant le silence de l'italien. Si ses papotages incessants l'avaient souvent exaspéré par le passé, son silence avait de quoi l'énerver encore plus. Il était prêt à endurer des heures de discours inutile à la DiNozzo, plutôt que ces quelques minutes de silence inconfortable qui en disaient trop sans en dire assez.
« Tony, tout va rentrer dans l'ordre, » souffla-t-il en entrant dans sa voiture.
« Toutes les charges contre moi ont été annulées. Je suis un homme libre, » s'exclama-t-il, changeant de sujet et retrouvant un ton enjoué.
« C'est une bonne nouvelle. » Gibbs avait appris que parfois, pousser pour avoir des réponses ne menait à rien et qu'il fallait de temps en temps savoir jouer le jeu. Faire comme si tout était parfaitement normal.
« Je dois aller voir Vance d'ici une dizaine de minutes pour régler mon retour et… Je pense que je devrais réintégrer l'équipe d'ici quelques jours. »
Faible, mais bien présente était l'hésitation, le léger tremblement dans la voix de l'italien. Et Gibbs pouvait peut-être laisser passer certaines choses, mais il n'était pas non plus un imbécile et obtenait de temps en temps des réponses. Il en aurait une cette fois-ci.
« Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »
« Rien… » Un soupir se fit entendre et Gibbs sut que l'italien venait de ses passer une main fatiguée sur le visage. Il connaissait trop bien Tony désormais pour ne pas remarquer quand quelque chose le tracassait. « Avec… Ils vont… Vance voudra probablement que… On peut en reparler plus tard ? »
« DiNozzo. »
« Je… Pas au téléphone, Gibbs. S'il te plait. »
Il pouvait entendre le désespoir dans la voix de Tony. La prière silencieuse qu'il lui envoyait de ne pas pousser le problème quand l'italien ne pouvait pas jauger sa réaction. Quand il était aussi vulnérable, tandis qu'il étalait ses sentiments sans pouvoir en retour avoir la moindre idée de ce qu'il se passait dans la tête de Gibbs. Et ce dernier pouvait parfaitement comprendre une telle réaction.
« Très bien. Plus tard. »
« Merci, patron. »
Gibbs rangea son portable après avoir raccroché. Il observa la file d'agents qui embarquaient les hommes de Carter, sortant les uns après les autres du bâtiment. Il vit Ziva et McGee superviser les opérations. Il remarqua que personne ne lui prêtait attention, dans cette voiture. Grognant de frustration, il donna un violent coup au volant, remerciant silencieusement quelconque puissance supérieure qui avait fait que le klaxon n'avait pas été touché par la même occasion.
Il détestait se sentir impuissant et c'était exactement ce qu'il était vis-à-vis de la situation que Tony traversait. Qu'était-il censé faire ? Que pouvait-il faire pour l'aider ? Pourquoi personne ne semblait avoir la réponse à cette putain de question ? Pourquoi était-il incapable d'aider une des rares personnes auxquelles il tenait plus que tout ?
Pourquoi tant de questions sans réponses ?
Bates jeta un coup d'œil autour de lui, la main autour de son verre, l'autre en traçant le bord du bout des doigts. Il ignorait pourquoi il avait cru que ce serait une bonne idée de venir ici. En fait, il ignorait même ce qui lui était passé par la tête.
Ce bar était connu des forces de police pour être fréquenté par de nombreux criminels. Il était un ancien agent du FBI et du NCIS, il était un visage connu. Pourquoi s'était-il rendu dans ce stupide bar ? Il secoua la tête et but la dernière gorgée de son scotch. Lâchant son verre, il fouilla sa poche arrière à la recherche de son portefeuille. Il tira un billet de dix dollars qu'il posa sur le comptoir et se leva.
Se retournant, il se figea en tombant nez à nez avec deux hommes le dépassant d'une bonne tête chacun. Il venait à l'instant de se rappeler pourquoi c'était une mauvaise idée de venir ici.
« Thomas Bates ? » demanda celui aux cheveux et yeux noirs.
Une balafre descendait de son œil droit jusqu'à son menton, lui donnant un air sombre et cruel. Sa mâchoire carrée était tendue, ses dents serrées. Il avait les bras croisés autour d'un torse aux muscles parfaitement visibles sous le t-shirt blanc sale qu'il portait.
Bates déglutit et hocha faiblement la tête. « Vous êtes ? » osa-t-il.
« Il parait que tu t'es fait virer du NCIS, » sourit-il.
« Par celui dont tu avais récupéré la place, » ajouta le second, lui décochant un sourire affichant une dentition parfaite.
Ses cheveux blonds lui retombaient sur le front, mais dégageaient ses yeux noisette. Il ressemblait à un surfeur ou un homme dans le même genre, loin de ceux qu'il aurait pris pour des criminels. Pourtant il ne se faisait aucun doute que les hommes qui se tenaient devant lui en étaient.
« En quoi… »
« On va t'offrir un verre, » fit le second. « Histoire de pouvoir discuter. Scotch ? »
Bates déglutit et hocha la tête. Il se laissa entrainer vers une table à l'écart et s'assit en face des deux hommes. Dans quel pétrin s'était-il fourré ?
« Alors… DiNozzo est de retour, hein ? »
« O… Oui. »
« Ce bon vieux Tony… Un des meilleurs flics qu'ils aient, hein, J ? » interrogea-t-il en donnant un coup de tête en direction de son ami.
« Un sale connard de flic compétent. »
« Tu l'as dit, vieux… » Les yeux noisette se posèrent sur Bates. « Et toi ? T'en penses quoi de DiNozzo ? » railla-t-il.
Bates regarda de l'un à l'autre, se demandant quelle pouvait être la bonne réponse. Il se passa la langue sur la lèvre inférieure avant d'ouvrir la bouche. « C'est un… un meurtrier. Il… Il n'a pas sa place dans une agence fédérale. »
Les deux hommes échangèrent un regard avant de sourire. Le blond hocha la tête. « Il t'a pris ta place. »
« Que j'avais méritée ! »
« Pour qui il se prend de débarquer comme ça et de croire qu'il peut retrouver sa petite place au NCIS après ce qu'il a fait ? » fit J, en se penchant en avant.
Bates ne marcha pas dans leur jeu, il courut. « Exactement ! Ce type a cru que son petit trafic pouvait être excusé parce qu'il était en cavale, mais c'est stupide ! Si seulement je pouvais lui montrer qu'on ne peut pas se moquer comme ça des lois ! » grogna-t-il.
Les deux compagnons échangèrent un regard sûr : ils l'avaient mené exactement là où ils voulaient. « Lui faire comprendre… »
« … qu'on ne peut pas se moquer de toi, » termina J. Il eut un sourire et se saisit du verre qu'un serveur venait d'apporter.
« C'est ça ! » s'exclama Bates en prenant son verre de scotch.
« On est prêts à te donner un coup de main, nous, Thomas, » susurra le blond en se penchant en avant. Bates avala cul sec son verre.
« Nous, les vengeances, ça nous connait. » Le blond haussa les sourcils d'un air approbateur, son sourire satisfait toujours aux lèvres.
« Il nous faut juste une chose. »
« Le lieu où on peut le trouver. » J finit son verre en hochant la tête, appuyant bien ses paroles.
Bates les regarda chacun leur tour, puis eut un sourire. Jouer un mauvais tour à Tony DiNozzo n'était pas pour lui déplaire. « Chez Gibbs. Il est chez Gibbs. » Il ne réalisa pas ce qu'il venait de faire. Il ne se demanda pas à qui il venait de donner une information aussi capitale. La seule chose qu'il voyait était qu'il aurait l'occasion de se venger de Tony DiNozzo. Il sourit en laissant aller contre la banquette.
Les deux hommes sourirent. Ils allaient pouvoir venger leur patronne. Alice Carter aurait été très fière d'eux.
Alors ? N'hésitez pas à me donner vos impressions !
AngelShep
