Disclaimer : les personnages appartiennent à JK Rowling, l'histoire est de Jocemum.

Chapitre sept.

Hermione se regarda dans le miroir, et secoua finalement la tête d'un air de dégoût. Même avec une judicieuse application de Potion Repousse-Cheveux, elle n'avait toujours rien sur le crâne qui ressemble même de loin à des cheveux normaux. Oh, ils avaient repoussé, mais tous à des longueurs différentes, et ils semblaient secs et frisés.

Elle avait été autorisée à quitter l'Infirmerie la veille au soir, sortant avec un certain nombre de menaces affreuses lancées par Madame Pomfresh pour le cas où elle se mettrait à nouveau dans un état pareil. Ses brûlures étaient entièrement guéries, n'ayant laissé aucune marque, grâce à la rapidité des membres de l'Ordre qui l'avaient sortie de là, et à l'efficacité du baume anti-brûlures de Snape. Hermione n'était que trop consciente de la chance qu'elle avait eue de survivre. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de regretter que ses cheveux n'en aient pas réchappé un peu mieux que ça. Avec un soupir, elle noua un foulard de soie autour de sa tête, et se détourna pour partir. Le miroir éclata distinctement d'un rire moqueur quand elle s'éloigna.

Il était tôt le matin, et nombre des habitants du château dormaient toujours. Cheminant vers les cachots, Hermione murmura doucement 'Bonjour' en croisant la Dame Grise dans le couloir. Plus loin, elle tomba sur Sir Nicholas.

« Miss Granger, laissez-moi vous dire que vous avez bien meilleure mine. »

« Merci, Sir Nicholas. Je me sens mieux, effectivement. »

Il s'inclina courtoisement. « Que la journée vous soit plaisante, maintenant que vous êtes remise sur pied. »

Hermione lui sourit. « Je vais faire de mon mieux pour ça. Bonne journée. » Le fantôme s'éloigna, et elle hâta le pas vers un escalier tout proche qui lui permettrait d'accéder aux alentours du laboratoire de Snape.

La lumière du petit matin qui avait commencé à filtrer dans le château n'était pas parvenue aux cachots, et le couloir était froid et sombre. Hermione prononça rapidement les mots qui lui donneraient accès au laboratoire, et frissonna malgré le gros pull qu'elle portait sous ses robes. Une fois à l'intérieur, elle alluma toutes les bougies, ainsi qu'un feu dans le foyer pour casser le froid cru de la pièce. Plus tard, il y ferait trop chaud, mais pour l'instant, ça donnait à la pièce une température agréable pour y travailler.

Aujourd'hui, elle avait l'intention de préparer la Potion Tue-Loup. Les ingrédients commandés chez l'Apothicaire de Pré-au-Lard avaient été livrés pendant qu'elle était à l'Infirmerie. Le colis lui-même était sur une table à l'écart, et elle l'ouvrit prudemment, faisant l'inventaire de son contenu au fur et à mesure. Si tout se passait bien, et elle espérait que ce serait le cas, ce premier chaudron de potion serait acceptable, et elle pourrait le donner à Remus. Si ce n'était pas le cas, elle avait maintenant suffisamment d'ingrédients pour faire un second essai et rectifier ses éventuelles erreurs précédentes.

Il n'y avait plus de temps à perdre. Le mariage de Bill et Fleur était dans trois jours, et la pleine lune tomberait la nuit suivante. Remus aurait besoin d'emporter de la potion avec lui, afin de pouvoir prendre les doses requises à l'avance, et de toujours pouvoir prendre la dernière en revenant à Poudlard. Hermione ressentit un pincement d'anxiété, mais refusa d'envisager qu'elle pourrait échouer dans la préparation de cette potion compliquée.

Soigneusement disposées sur une table de travail se trouvaient les fleurs d'Echinacea nécessaires, déposées comme promis par Neville. Elle sourit en les rassemblant, et se prépara à en détacher les pétales et les feuilles. Mettant son chaudron sur une flamme douce, elle versa dedans une tasse d'eau et y ajouta une bonne cuillerée de miel. Laissant le mélange chauffer, elle coupa un assortiment d'ingrédients en rondelles et en dés, les réservant en des piles bien nettes. Se référant constamment à la recette de la potion, elle vérifiait et revérifiait ce qu'elle faisait alors qu'elle les ajoutait au mélange. Le portant à ébullition, elle commença à le remuer avec la cuillère de verre adéquate, murmurant en même temps pour elle-même. « Dans le sens des aiguilles d'une montre, un-deux-trois-quatre… une pause de six secondes… dans le sens inverse, un-deux… pause de trois secondes… recommencer quatre fois. » Elle poussa un soupir de soulagement quand le liquide commença à fumer et prit une teinte jaune dégoûtante. Ça avait la bonne odeur. Réduisant les flammes sous le chaudron pour qu'il se remette à bouillonner doucement, elle régla un minuteur sur trente minutes, et fit un pas en arrière pour admirer son travail.

« Une performance acceptable, Miss Granger. »

Hermione tourna sur elle-même. Snape était adossé au mur, bras croisé, un sourire en coin. De toute évidence, il l'avait observée durant la préparation de la potion. Contrariée, elle croisa les bras, l'imitant inconsciemment.

« Est-ce que ça vous amuse de me faire peur à chaque fois que nous nous voyons ? »

Il leva un sourcil. « Ce n'est pas mon intention première, mais c'est en effet une réaction gratifiante. » Il avança pour la rejoindre à la table de travail, inspectant le chaudron avec attention. « Il semblerait que vous ayez préparé la Potion Tue-Loup avec succès. Une formule très avancée, c'est sûr, mais je n'en attendais pas moins de vous. »

Hermione le dévisagea. Un compliment ? De sa part ? « M-merci, » balbutia-t-elle.

« Ne me remerciez pas. Je ne fais qu'énoncer un fait. Vous êtes intelligente et capable, Miss Granger. » Ses yeux lancèrent un éclair de colère. « Alors vous voulez bien l'expliquer pourquoi vous n'avez pas eu le bon sens de partir quand Potter a décidé de détruire le Horcrux lui-même. Vous connaissiez les risques ! »

« Je ne pouvais pas laisser Harry. Il… »

« Potter, » il cracha le nom, « se lancera aveuglément à la mort elle-même sans jamais considérer un instant le danger qu'il fait courir à ceux qu'il emmène avec lui ! Et Weasley lui emboîtera sottement le pas. Mais vous, vous devriez avoir le bon sens de ne pas suivre la voie de la stupidité de Potter ! »

« Vous avez tort ! » s'impatienta-t-elle. « C'est parce qu'il tient tant à ses amis qu'il prend les risques qu'il prend. Et je serai avec lui, et je le soutiendrai… quoi qu'il advienne ! »

« Quelle loyale petite Gryffondor vous faites, » ironisa-t-il. « La prochaine fois, vous n'aurez peut-être pas la chance de ne vous en tirer qu'avec quelques brûlures. »

« Je courrai le risque ! » répliqua-t-elle.

Il se foudroyaient du regard, et seule la sonnerie du minuteur vint les interrompre. Snape jura dans sa barbe, et pivota souplement vers la table, continuant la préparation de la potion. Hermione le regarda travailler, admirant la façon sûre dont il procédait, ses mouvements tout en efficacité. Elle était peut-être compétente – lui, c'était un artiste. Le temps qu'il lui fallut pour terminer et retirer le chaudron du feu, le mettant de côté pour qu'il refroidisse, permit à Hermione de reprendre son calme. Apparemment, ça avait eu le même effet sur lui, parce que quand il se retourna vers elle, son visage était à nouveau calme.

Il parla doucement, mais intensément. « Vous êtes trop importante pour l'Ordre pour être perdue à cause d'une des manigances de Potter. »

Elle choisit de ne pas relever l'attaque faite à Harry. Au lieu de cela, elle répondit, « La brûlure ne m'a même pas laissé de cicatrices. Je suis très heureuse que nous ayons eu ce baume à disposition. Madame Pomfresh m'a dit que c'était vous qui l'aviez créé. » Elle releva la manche de son pull, et tendit son bras pour qu'il puisse voir sa peau libre de toute marque. A sa surprise, il approcha d'elle, prit son poignet dans une main, et passa les doigts de son autre main sur la peau sans cicatrices de son bras.

« Ça a bien guéri, » dit-il. Ses doigts étaient froids, secs, et en croisant son regard elle se trouva soudain le souffle un peu court.

Il lâcha son bras. « Mettez la potion en bouteille, Miss Granger. »

Hermione approcha de la table, et versa en silence le mélange dans les bouteilles préparées à cet effet. Elle ne se retourna pas, mais elle savait que quand elle le ferait, il serait parti.

XoXoXoXoXoX

Le lendemain, un contingent quitta Poudlard pour prendre résidence au Terrier en vue du mariage. Avec Harry et Hermione venaient Neville et Luna. Sachant qu'ils étaient à Poudlard, et en qualité d'amis des plus jeunes Weasley, Molly s'était assurée qu'ils soient invités à venir. Le groupe entassa ses possessions dans les chambres qu'on leur avait assignées, et rejoignit ensuite le reste de la famille pour nettoyer, cuisiner, et effectuer un certain nombre de tâches. Ginny allait se faire coiffer, avec Fleur et sa sœur Gabrielle. Elle persuada Hermione de les accompagner.

Les rendez-vous avaient été pris au salon huppé de Madame Zuliovska, la coiffeuse star du Londres sorcier. Ça allait coûter cher, mais Fleur avait insisté pour avoir la meilleure, et ses parents qui ne pouvaient rien lui refuser lui avaient fait ce plaisir.

Ginny eut un soupir amusé. « Evidemment, elle ne peut avoir que la meilleure. » Bien que Ginny se soit quelque peu réconciliée avec l'idée du mariage de son frère, elle ne pensait toujours pas grand bien de Fleur, et avait beaucoup de mal à le dissimuler.

« Peut-être, » proposa doucement Hermione, « qu'elle veut être ce qu'il y a de mieux pour Bill. »

Ginny hocha la tête. « Je pense réellement qu'elle l'aime vraiment, et je suis contente pour lui qu'elle soit restée à ses côtés après qu'il ait été blessé. » Elle grimaça. « Mais elle continue quand même à me rendre folle, la plupart du temps. »

Hermione rit, et elles suivirent Fleur et Gabrielle dans le salon. Madame Zuliovska n'était pas du tout comme elle se serait attendue. Elle aurait cru qu'elle aurait eu un air étranger, exotique, et un fort accent. Au lieu de ça, elle était grande, mince, et parlait un anglais parfait – en fait, elle parlait comme n'importe quel Sang-Pur anglais. Elle salua la mère de Fleur, puis se tourna vers les filles, les évaluant du regard. Apparemment, Fleur et Gabrielle passèrent l'épreuve sans souci. Elle prit un peu plus de temps pour évaluer les cheveux de Ginny, mais hocha finalement la tête. Ginny expira l'air qu'elle retenait dans un soupir. Ensuite, à la consternation d'Hermione, Madame Zuliovska se tourna vers elle et eut un immanquable mouvement de recul.

« C'est abominable. Comment est-ce que vous avez pu laisser vos cheveux devenir si… si… » elle agita les mains en l'air, incapable de trouver les mots qu'il fallait.

« Elle ne fait pas partie de la famille des mariés, » assura Madame Delacour à la femme horrifiée. « Elle est simplement une amie de la famille du marié. »

Fleur s'empressa de rajouter des réassurances. « Elle n'a aucune importance. »

Madame Zuliovska continuait à la dévisager. « Mais qu'est-ce que vous avez fait à vos cheveux ? »

Hermione rougit. « J'étais dans un incendie. Mes cheveux ont brûlé, et c'est comme ça qu'ils ont repoussé. »

Ginny s'était tenue en retrait, et s'avança maintenant affichant un air qui fit comprendre à Hermione qu'elle avait une idée derrière la tête. « Elle ne fait pas partie de la famille des mariés, » convint-elle, « seulement une amie intime de ma famille. Je ne doute pas qu'elle sera sur bon nombre des photos de mariage. »

Cette fois, ce furent Fleur et sa mère qui pâlirent. « Non ! » s'écria Fleur. « Ça va gâcher mes photos ! Maman ! » geignit-elle.

Madame Delacour n'hésita pas. « Il faut que nous fassions quelque chose. Madame, est-ce que l'une des autres dames pourraient s'occuper de ses cheveux ? »

Hermione protesta. « Madame Delacour, je ne crois pas pouvoir me payer ce salon. »

Elle regarda Hermione. « Mais bien sûr, vous ne pourriez pas vous le payer. Je le ferai ajouter à la note des autres. Hors de question que les photos soient gâchées. »

Ginny s'esclaffa derrière elle alors que Madame Zuliovska convoquait d'un air impérieux une autre coiffeuse et lui donnait des instructions pour qu'elle s'occupe d'Hermione.

L'opération finit par leur prendre la plus grande partie de l'après-midi. Une fois qu'elle furent toutes prêtes, Hermione ne put s'empêcher de penser que Fleur était réellement belle comme une déesse. Bill ne pourrait certainement pas détacher ses yeux d'elle. Ginny et Gabrielle avaient toutes les deux les cheveux relevés, quelques boucles douces pendant sur leurs nuques, et des perles parsemant le tout. Les sorts qui convenaient avaient été appliqués, afin que leurs coiffures demeurent impeccables pour toute la durée de la noce.

Ginny s'admirait dans un haut miroir quand Hermione vint la rejoindre. Elle se retourna, et écarquilla les yeux. « Wow, ils ont fait un excellent travail sur toi ! »

Les cheveux d'Hermione étaient relevés en tresses nouées, avec de plus petites tresses repliées dessous. Des fleurs avaient été ajoutées, d'une teinte bleu pâle assortie à la robe qu'elle porterait pour le mariage. Se regardant dans le miroir, elle décida qu'en effet c'était très beau.

Madame Delacour rassembla le groupe, et les pressa de retourner au Terrier, où la famille du marié recevait à dîner ce soir là. Les filles allèrent dans la chambre de Ginny, où Luna les rejoignit, et entreprirent de s'habiller pour le dîner.

Le nombre de personnes entassées au Terrier pour l'occasion et le niveau sonore rendaient la conversation difficile. La plupart d'entre eux passèrent la soirée dehors, le temps était frais et plaisant. Hermione passait d'un groupe à l'autre, et le temps passait agréablement. A un moment, elle remarqua que Harry semblait avoir oublié qu'il avait décidé de se tenir à l'écart de Ginny, ils paraissaient inséparables tous les deux. Allant au hasard sur la pelouse, Hermione décida de se mettre à la recherche de Ron. Il lui fallut un petit moment pour le retrouver, et ce fut finalement son rire qui la mena à lui. Elle le trouva assis sous un arbre avec Luna, et de toute évidence, il appréciait ce qu'elle lui racontait, quoi que ce puisse être.

Hermione décida de ne pas les interrompre, et rebroussa chemin vers la maison. Il lui vint à l'esprit que Ron riait rarement quand ils étaient ensemble. Peut-être qu'il lui fallait quelqu'un de moins sérieux – quelqu'un comme Luna.

XoXoXoXoXoX

Le lendemain soir, les participants au mariage et leurs invités se rassemblèrent sur les terres du Château de Circé. Cet ancien domaine avait été légué au Ministère, et ses magnifiques jardins étaient un endroit prisé pour les mariages sorciers. L'immense pelouse à l'arrière de la propriété comprenait un cercle de mariage, et toute le monde se massa autour, sans entrer dans le cercle lui-même. Ne sachant pas ce qui allait se passer, n'ayant jamais assisté à un tel mariage auparavant, Harry et Hermione restèrent avec Neville et Luna, et Hermione leur demanda d'expliquer la cérémonie au fur et à mesure de sa progression.

Un sorcier solitaire se tenait debout au milieu du cercle. Déjà âgé, il portait des robes dorées flottantes, couvertes de lettres et de symboles. Il tenait une crosse de bois qui avait été ceinte de fleurs et de lierre. Il fit plusieurs passes sur le pourtour du cercle, et tout le monde demeura silencieux. Il semblait à Hermione qu'elle pouvait presque sentir la magie qui se rassemblait dans le cercle à chaque passage. Finalement, il s'arrêta devant Fleur et ses parents.

« Qui amène cette femme à cette Union ? » demanda-t-il.

« Nous, qui l'aimons, amenons cette femme, » répondirent les parents et la sœur de Fleur.

« Et est-ce que cette femme entre dans cette Union de sa propre volonté ? »

« Oui. » La réponse de Fleur était claire.

« Dans ce cas, entrez dans le cercle, » leur dit-il. Ginny entra la première, suivie par Gabrielle, puis la mère et le père de Fleur. Ils avancèrent au centre du cercle et attendirent. Le sorcier tendit son bras, et Fleur le prit, le laissant la guider vers l'intérieur. Sa robe était blanche et argent, et ses pieds nus. Lentement, ils progressèrent dans le cercle, et Fleur rejoignit les autres qui attendaient.

Le sorcier exécuta une autre série de passes autour du cercle, s'arrêtant là où Bill se tenait avec les autres Weasley. Ses robes étaient bleu foncées, bordées d'argent, et même avec les cicatrices sur son visage, il était beau.

« Qui amène cet homme à cette Union ? »

« Nous, qui l'aimons, amenons cet homme. » Hermione remarqua que Molly Weasley s'épongeait déjà les yeux alors qu'elle, son mari, et les frères de Bill donnaient la réponse rituelle.

« Et est-ce que cet homme entre dans cette Union de sa propre volonté ? »

« Oui. » La voix de Bill retentit, et Hermione sentit des larmes dans ses propres yeux. Ron et les jumeaux entrèrent dans le cercle, suivis par Charlie, et Monsieur et Madame Weasley. Hermione ressentit un bref élan de tristesse que Percy ait choisi de ne pas prendre part au mariage de son frère.

Le sorcier tendit sa crosse à Bill qui la saisit, et tous les deux ils avancèrent vers le centre du cercle. Là, Bill et Fleur se tenaient debout côte à côte, mais sans se toucher.

Le sorcier se tenait devant le couple, et les autres membres de la famille se donnèrent la main, faisant un cercle autour d'eux. Attendant que tout mouvement ait cessé, le sorcier continua la cérémonie.

« Est-ce que vous voulez et vous acceptez d'être Unis pour l'éternité ? » demanda-t-il.

« Oui, » répondirent Fleur et Bill.

« Approchez avec les symboles de l'Union Eternelle. »

Gabrielle avança aux côtés de Fleur et tendit la main. Charlie en fit de même à côté de Bill.

Hermione se pencha vers Luna et chuchota, « Qu'est-ce qu'ils tiennent ? »

« Les bagues, » répondit Luna sur le même ton. « Des alliances ordinaires. Elles vont embellir au cours de la cérémonie. »

Sous le regard d'Hermione, Bill prit la bague des mains de Charlie et la glissa au doigt de Fleur. Fleur prit la bague des mains de Gabrielle et la passa au doigt de Bill.

« Joignez vos mains, et soyez Unis, » ordonna le sorcier.

Alors qu'ils s'exécutaient, Ginny avança et tendit un certain nombre de rubans. Gabrielle prit le premier d'entre eux et le noua autour des mains jointes de Bill et de Fleur. Alors qu'elle plaçait le ruban, un murmure d'approbation s'éleva des invités.

Le ruban était bleu. Luna se pencha vers Hermione. « Le bleu représente la paix et le dévouement. »

Un second ruban fut ajouté. Il était blanc. « Vérité, pureté et protection, » expliqua Luna.

Le troisième ruban fut placé. C'était un ruban rose, et Hermione vit nombre d'invités s'essuyer les yeux. « Qu'est-ce que ça signifie ? » demanda-t-elle.

« Amour inconditionnel. » Les yeux de Luna étaient rêveurs.

Le sorcier se tourna vers Bill. « Est-ce que vous acceptez ces liens de cette femme ? »

« Oui, » répondit-il, « de tout mon cœur et de toute mon âme. »

Une langue de lumière flamboya autour du couple et sembla s'engouffrer dans la bague au doigt de Bill. De là où elle se tenait, Hermione pouvait voir que les rubans avaient disparu, et que l'alliance avait changé et était maintenant ornée d'un certain nombre de pierres. Elle se retourna vers Luna pour qu'elle lui explique.

« Les pierres correspondent aux rubans, et chaque gemme a en plus une signification supplémentaire, » dit Luna. « Le saphir – c'est la fidélité, le rubis – la noblesse, et le diamant – c'est l'amour éternel. » Elle soupira. « Elle doit vraiment l'aimer beaucoup. »

« Je crois que c'est le cas, » convint Hermione.

Ginny et Gabrielle retournèrent à leur place, et maintenant, Fred, George, et Ron rejoignirent Charlie, chacun d'eux porteur d'un ruban. Charlie prit le premier de Fred, et le noua autour des mains jointes du couple. Le ruban était vert.

Sans attendre qu'elle lui pose la question, Luna en chuchota la signification à Hermione. « Chance, prospérité, et fertilité. »

Le second ruban vint de George, et fut noué avec l'autre. Un ruban rouge. Un murmure s'éleva une fois encore des invités.

« Passion, force, courage et sécurité, » expliqua Luna.

Ron tendit le dernier ruban à Charlie. Il était jaune.

« Oh… bonheur, » souffla Luna. Une fois encore, Hermione sentit qu'elle avait les larmes aux yeux. Si quiconque méritait d'être heureux, c'était Bill. Il avait été blessé de façon tellement horrible, presque tué, mais il se tenait là avec Fleur, et sa joie était si évidente aux yeux de tous.

Le sorcier s'adressa maintenant à Fleur. « Est-ce que vous acceptez ces liens de cet homme ? »

Fleur regarda Bill, et il n'y avait pas à se méprendre sur l'amour que montrait son visage. « Oui, de tout mon cœur et de toute mon âme. »

Une fois encore, la lumière éclata et se posa sur la bague à son doigt, et les pierres apparurent.

Luna s'essuyait les yeux, et ce fut Neville qui continua l'explication.

« Wow. Grenat – pour l'amour et le dévouement, émeraude – on dit que c'est la pierre de l'amour prospère et du mariage, et le topaze – amour véritable. »

Le sorcier se tourna vers l'assemblée des invités. « Maintenant, joignez tous vos main, vous, ce couple et leur famille. Que notre force devienne la leur, et que leur amour nous touche tous. »

Hermione prit la main de Neville dans sa main droite, et celle de Luna dans sa main gauche. Elle vit Harry donner la main à Luna et Tonks, et Tonks à Remus. Ça continuait ainsi jusqu'à ce qu'un grand cercle soit formé, qui fut complété quand la et le marié entrèrent et vinrent donner la main aux autres. Le groupe tout entier semblait englobé dans une lumière dorée, et Hermione sentit une puissante vague de pouvoir entrer par ses mains, lui laissant une impression de joie et de contentement.

Le sorcier au centre du cercle leva sa crosse vers le ciel. « Cette Union est maintenant scellée, et le sera pour l'éternité. Séparons-nous maintenant dans la joie et l'amour. »

La lumière s'estompa autour d'eux, le cercle se brisa, et tout le monde avança pour féliciter les mariés.

XoXoXoXoXoX

La noce dura jusqu'au matin. De longues tables apparurent, chargées de nourriture et de boissons, et les invités échangèrent des baisers et des embrassades avec le jeune couple et les membres de leurs familles. Après avoir reçu plusieurs baisers, Hermione décida qu'il y avait décidément trop de frères Weasley. Fred approcha d'elle, et elle tendit les mains en avant pour le tenir à l'écart.

« Franchement, Fred, » s'exclama-t-elle. « C'est la troisième fois. »

Fred essaya de son mieux d'avoir l'air innocent. « Vraiment, Hermione, je n'ai pas encore eu droit au moindre baiser de ta part. C'était probablement George les trois autres fois. »

Malgré elle, Hermione fut obligée de rire. « Dans ce cas, Fred, je te suggère d'essayer d'aller récupérer un de ces baisers de George ! » Fred rit avec elle, et ils se dirigèrent ensemble vers une des tables toute proches. Il lui tendit un verre de punch, puis s'éloigna à la recherche d'une victime plus conciliante. Hermione attendit qu'il ait disparu de sa vue, puis renversa précautionneusement le punch par terre. Règle numéro un, elle le savait bien – ne jamais accepter quoi que ce soit à boire ou à manger de la part d'un des jumeaux.

Alors qu'elle circulait au milieu des invités, Hermione remarqua qu'un certain nombre restaient à la lisière de la foule, surveillant les alentours d'un air tendu. Des Aurors et des gardes du Ministère, réalisa-t-elle, se souvenant avec un soudain pincement au cœur que ce mariage avait lieu au beau milieu d'une guerre.

La musique se répandit sur l'assemblée, et Hermione regarda les couples qui dansaient sous le clair de lune. Elle vit Tonks danser avec Charlie Weasley, et réalisa que Remus avait dû retourner à Poudlard. Aussi près de la pleine lune, il devait être totalement épuisé. Ron dansait avec Gabrielle, et Luna avec Neville. Hermione sourit en voyant Ginny danser avec son père, et Molly Weasley avec son fils George. Quelqu'un lui tapa sur l'épaule, et Hermione se retourna pour voir Harry lui sourire.

« Est-ce que tu veux danser ? »

Hermione secoua la tête. « Je n'aime pas beaucoup la danse, Harry. Mais j'adorerais m'asseoir avec toi le temps de celle-là. »

Ils trouvèrent un banc sous un arbre en fleurs, et regardèrent les pétales tomber autour d'eux. Harry semblait plus détendu qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Hermione sourit.

« Tu sembles vraiment heureux ce soir. C'est grâce à Ginny ? »

« Ouais… » Harry rougit. « On est pas… je veux dire… ensemble, mais ce soir au moins, on passe seulement un bon moment. »

« Je suis contente, » dit Hermione. « La cérémonie était vraiment belle. Un jour peut-être… » Elle s'arrêta. Est-ce qu'il y aurait un jour comme celui-là pour n'importe lequel d'entre eux ?

Harry hocha la tête. « Oui, peut-être. »

La chanson se termina, et Ginny leur fit signe. Harry se leva. « Elle adore vraiment danser. Il faudrait mieux que j'y aille. » Hermione le regarda s'éloigner et prendre la main de Ginny alors que la musique recommençait.

Assise seule sur le banc, elle réfléchit à la cérémonie qu'elle avait vue. Comment est-ce que ce serait d'être Unie pour l'éternité entière à celui qu'on aime ? Elle regarda ses poignets, et imagina les rubans de couleur entremêlés là. Mais elle avait beau essayer, elle ne parvenait pas à s'imaginer qui se tiendrait là avec elle. Pas Harry – elle l'aimait, mais pas comme ça. Ni Ron. Elle fut envahie par un sentiment de mélancolie. Tout ce qu'elle avait souhaité pendant toute l'année passée, ça avait été d'être avec lui, mais ça ne marchait pas comme elle s'attendait à ce que ça se passe. Leurs personnalités étaient trop différentes. Ils ne partageaient pas les mêmes intérêts. Et bien qu'elle ait réellement l'impression qu'il tienne à elle, il ne s'intéressait pas aux choses qui comptaient pour elle.

La brise se fit plus forte, et des pétales tourbillonnèrent autour d'elle. Hermione les regardait tomber tout en réfléchissant au type d'homme qu'elle voulait – quelqu'un de plus sérieux, qui avait certainement plus la tête sur les épaules. Quelqu'un d'intellectuel, qui s'intéresserait au savoir autant qu'elle le faisait. Et soudain, elle sentit des doigts sur son bras, froids et secs, et fut surprise de l'idée qui lui vint à l'esprit sans qu'elle ne le cherche. Peut-être…