Quatre avait fait en sorte que ce soit lui qui s'occupe de sa simulation. Les leaders avaient d'ailleurs très peur de ce qu'ils pourraient voir dans ses simulations. Qu'elle ait tué ou non son père il y avait des choses très sombres dans sa vie. Et si elle l'avait effectivement tué, il devrait s'en débarrasser …

Elle n'était pas plus rassurée qu'eux à vrai dire. Quatre avait juste parlé de vaincre ses peurs et d'en revivre certaines, c'était déjà trop …

La simulation commença doucement.

Elle était dans le champs dans lequel elle jouait enfant avec Quatre. Elle ne comprenait pas ce n'était pas une peur … C'est quand elle vu le premier corbeau qu'elle comprit.

Sa peur des oiseaux …

Le corbeau fut bientôt rejoint par des dizaines d'autres s'en prenant à sa peau. Elle resta comme paralysée par la peur et en ressentant la douleur de plus en plus forte, elle comprit que ça ne s'arrêterait pas que c'était peut-être bien réel et qu'elle devait faire quelque chose. Elle mit le temps mais elle réussit à se calmer et repousser les oiseaux avec du feu. Le décor changea. Elle se retrouvit dans une forêt qui semblait une fois de plus tout à fait normal. Cette fois -ci elle comprit très rapidement sa peur quand elle s'enfonça petit à petit dans le sol sans pouvoir bouger.

Sa peur d'être paralysée …

Elle s'enfonçait tout doucement dans les sables mouvants, perdant petit à petit la faculté de bouger. Plus elle bougeait, plus elle s'enfonçait et plus elle paniquait, ce qui la faisait encore plus bouger ! Putain de cercle vicieux ! Pour cette peur, c'est la résignation qui vint à bout de sa peur. Elle était tellement fatiguée de son impuissance qu'elle se laissa faire. Quand elle fut entièrement ensevelie, elle accéda à sa peur suivante. Elle dut avouer que celle-ci semblait particulièrement plaisante. Elle se trouvait dans un lit particulièrement douillet et elle sentait une main douce et chaude lui caresser le dos. Elle reçue la caresse comme un doux réconfort mais elle n'était qu'une épreuve de plus. Elle comprit que la main appartenait à Éric …

Sa peur d'une relation avec Éric …

Elle avait peur qu'il la possède, qu'elle dise oui à tout ce qu'il pourrait lui demander. Qu'il fasse d'elle sa chose, qu'elle perde de nouveau sa liberté. Elle n'eut qu'à s'imposer face à lui pour passer à l'épreuve suivante. C'était la peur qu'elle réussit le plus vite à surmonter mais il avait fallu du temps pour qu'elle la comprenne entièrement. D'ailleurs même aujourd'hui elle se demandait qu'elle fût la nature exacte de cette peur : la perte de liberté, l'influence d'Éric, la perte de son identité, l'amour …

La chambre laissa place à une pièce austère recouverte de miroir. Elle se vit en centaine d'exemplaires, s'en était étourdissant. Ce le fut encore plus quand ses différents reflets se mirent à la frapper.

Sa peur d'elle-même …

Elle était attaquée de toutes parts et à chaque coup, elle semblait recevoir une réflexion : « monstre, trainée, fille indigne, tueuse … » Chaque mot la blessait autant que les coups qui les accompagnaient. Elle comprit que c'était elle qui était à l'origine de toute ses horreurs. Elle se transperça le corps pour mettre fin au supplice. Métaphore de la renaissance de son être, mourir pour mieux revivre. A chaque niveau son cœur battait de plus en plus fort, fatigué des épreuves qu'il subissait et encore sous le choc. Il n'obtenait que quelques secondes de répit lorsque le décor se mettait en place mais là …

Cette pièce elle la reconnut tout de suite et cela ne fit qu'accélérer son cœur. Elle y avait passé un temps qui semblait infini, elle en connaissait chaque recoin qu'elle pouvait distinguer dans l'obscurité. Et ce murmure … Il semblait si lointain et en même temps si présent. Elle sut immédiatement d'où il venait. Et elle le vit. Un mélange de joie et de tristesse se mêlèrent dans son cœur. Il était là, il était vivant.

_ « Daisy … je t'en prie … »

Elle l'avait retrouvé, elle en était si heureuse mais cette phrase, elle s'en souvenait, elle savait ce qu'il allait se passer. Elle allait le perdre une fois de plus alors qu'elle le retrouvait. Il avait l'arme sur les jambes. Il lui demandait encore et encore, toujours la même chose. Une fois encore, elle était incapable de faire ce qu'il lui demandait. Alors il fit ce qu'elle avait essayé d'oublier … « Tu me déçois ma fille, je te croyais forte ». Il leva l'arme avec les quelques forces qu'il avait encore pour appuyer sur la détente et mettre fin à ses jours. Voilà ce qu'il s'était passé, la vérité …

La peur ultime, être impuissante face à la souffrance de ses proches, son regret le plus fort, ne pas avoir apporter la délivrance à son père, l'avoir déçu.

Quatre mis tout de suite fin à la simulation lorsqu'il comprit ce qu'allait faire le médecin. Il comprenait tout maintenant. Les rumeurs, le meurtre, la culpabilité de son amie, ses paroles lorsqu'elle avait tirée sur Éric …

Lorsqu'elle sortit de sa torpeur, Quatre la pris tout de suite dans ses bras. Elle pleurait, pleurait encore et encore. On fond d'elle était tout de même soulagée de ne plus porter ce secret seule. Elle n'avait rien dit pour protéger la mémoire de son père. Le suicide est très mal vu par les altruistes. Pour eux, c'est céder à la facilité, mettre sa souffrance au premier plan et oubliant celle des autres qui souffriront de votre absence. Et à n'en pas douté son père était un altruiste, un homme bon. Elle n'aurait laissé personne entacher la mémoire de cet homme qu'elle aimait tant.