~ Coucou ~

Le sixième chapitre est enfin là ! Je l'ai fini juste à temps pour vous l'offrir comme cadeau de Noël, afin de vous remercier infiniment pour vos jolis retours, votre soutien continuel, ainsi que votre patience légendaire ! Vous êtes une source d'inspiration et de motivation exceptionnelle, et c'est grâce à vous que cette histoire prend vie, je vous en suis extrêmement reconnaissante... En espérant que cette nouvelle partie vous plaira !

Réponse aux reviews :

drou : Cela me rassure que tu aies ressenti l'atmosphère angoissante qui se dégage du chapitre, c'était exactement ce type d'émotion que je voulais transmettre. Tu verras que cette ambiance n'est cependant pas prête de s'envoler...

Ange : Comme tu l'as si bien dit, Hermione n'en rate pas une, et malheureusement pour elle, ses peines ne sont pas près de s'arrêter là... Le problème est qu'elle ne sait pas encore bien utiliser son pouvoir, elle n'est donc pas au bout de ses surprises ! Merci pour la review, j'espère que ce chapitre-ci te plaira tour autant que les précedents ~

Ladyoscar : Tant de compliments, je dois bien avouer que je ne sais pas trop quoi dire, vous m'avez fait perdre mes mots ! Je ne peux que vous remercier infiniment pour toutes ces remarques positives, en plus d'être motivantes, elles me confortent dans mon travail. En tout cas, je peux vous assurer que je regorge d'idée, et j'ai bien l'intention de faire vivre à nos protagonistes d'incroyables aventures ! En ce qui concerne leur relation, elle mettra un certain temps à se développer, car j'aime tout autant que vous laisser les protagonistes se tourner autour un bon moment plutôt que de tout de suite les jeter dans les bras l'un de l'autre. Merci énormément pour cette jolie review, et j'espère sincèrement parvenir à satisfaire vos attentes !

~ Ava-Rosaa ~

Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent a JK Rowling.


Chapitre VI

Sans prêter attention à la pluie battante qui mouillait son visage blanc barbouillé d'un mélange terreux de sang, Hermione courrait à en perdre haleine le long des maisons parfaitement alignées. Son cœur cognait à une cadence effrénée dans sa poitrine, sa cheville la faisait horriblement souffrir, un étau comprimait affreusement sa tête, mais la brune ne ralentissait pas, l'angoisse enserrant son cœur la portait en dépit de son accablante fatigue.

Par Merlin, qu'ai-je fait ? J'espère que ma mère ne m'a pas reconnue, les conséquences pourraient être terribles... Et si mon "moi" du passé décidait de raconter ce qu'elle a vu à mes parents ? Non, j'étais une petite fille intelligente et assez futée pour ne pas aller crier cet événement sur tous les toits. Mais d'un côté, j'étais un vrai moulin à paroles...

Prise d'effroi, la jeune femme ne parvenait à aligner deux pensées cohérentes. Dans son esprit confus se mélangeaient les entrelacs de ses folles pensées, et la brune n'arrivait plus à dissocier la réalité de ses fabulations. Et tandis que ses chaussures claquaient avec force dans les flaques boueuses qui se formaient le long de la chaussée, la lionne se laissa submerger par une peur atroce qui serra douloureusement son ventre et lui donna la nausée.

Hermione ne s'inquiétait pas seulement des remontrances qu'elle subirait de la part de son ancienne directrice de maison, des moqueries glaciales de Snape, du regard froidement déçu de Makuryov. Bien qu'elle pressentait que son futur entretien avec ses professeurs constituerait un énième et pénible combat pour elle, elle était davantage terrifiée par la situation dans laquelle elle se trouvait présentement : seule, perdue dans le passé, sans aucun moyen de retour possible vers son époque.

Je crois bien ne jamais avoir agi aussi stupidement de toute ma vie... Moi qui réprimandais Harry et Ron pour foncer tête baissée dans les divers problèmes que nous avons rencontrés sans préparer de plan au préalable, je ne vaux pas mieux qu'eux ! J'aurai dû prévenir au moins Ginny... Enfin, j'aurai surtout dû prendre ce fichu carnet avec moi !

Tout en se fustigeant mentalement pour son manque d'attention qui l'avais mise dans une situation dont elle ne savait comment se tirer à présent, la brune remarqua, à travers ses boucles qui lui barraient la vue en virevoltant au gré du vent, une maison vieillie au vitre brisées, assez terne, qui paraissait abandonnée et respirait la vétusté.

La sorcière resta plantée au beau milieu de la route devant cette bâtisse grisâtre, et un frisson glacial courut le long de son échine quand elle jeta un coup d'œil aux arbres morts dépourvus de feuilles dont les doigts noueux semblaient vouloir refermer leur prise sur elle. L'herbe sèche, haute et jaunâtre, baignant dans une mare d'eau boueuse, se pliait sous les cris déchaînés des bourrasques froides. Une aura sombre, dense, empreinte d'une tension palpable, planait au-dessus du terrain défraîchi.

Voilà l'endroit parfait pour se cacher.

Sans perdre une seconde, Hermione s'élança d'un pas déterminé vers le chambranle usé et grinçant de la porte d'entrée, luttant contre le souffle rageur qui semblait s'opposer à son avancée.

Quelques instants plus tard, Hermione fermait d'un coup sec accompagné d'un rapide Collaporta la porte en bois défoncée, et elle s'empressa d'illuminer la pièce avec sa baguette.

Comme elle s'y était attendue, la façade délabrée sur laquelle grimpait des ronces piquantes reflétait l'intérieur de la maison. Les quelques meubles qui subsistaient encore dans la pièce principale étaient renversés sur le parquet recouvert d'une épaisse couche de poussière. Les plaintes gorgées d'humidité tombaient mollement en lambeaux moisis et il s'en dégageait une atroce odeur nauséabonde qui fit froncer le nez de la lionne. Au plafond, les toiles d'araignées se multipliaient, et de longues fissures zébraient la peinture blanche, semblables à des cicatrices infectées d'où s'écoulaient lentement des gouttes d'eau noircie qui venaient s'étaler aux pieds de la sorcière.

L'envie irrépressible de fuir cet endroit aux murs suintant l'opprimait, mais en dépit du malaise qui pesait sur son cœur à la vue de cette sinistre maison abandonnée, Hermione se força à plonger dans les entrailles de la bâtisse, songeant qu'au moins, personne ne viendrait la déranger ici.

La brune occulta tant bien que mal la peur qui nouait son ventre et se décida à gravir la montagne de marches branlantes qui menaient à l'étage.

Avec un peu de chance, je trouverai un fauteuil ou un lit sur lequel m'asseoir. Ce sera toujours mieux que de dormir aux côtés des rats et des araignées...

Après avoir escaladé l'escalier et manqué à plusieurs reprises de passer entre les marches car le bois sec se brisait facilement sous son poids, Hermione parvint enfin sur le palier, et elle s'avança dans le couloir sombre à la recherche d'une quelconque pièce pour se reposer. L'obscurité opaque qui régnait ici semblait renfermer mille secrets, et les bruits inquiétants qui s'échappait ci-et-là ne rassuraient pas la sorcière qui essayait tant bien que mal de calmer les battements erratiques de son cœur et sa respiration hachée.

Alors que l'étudiante poussait lentement une porte qui se trouvait à la droite, serrant fermement sa baguette entre ses doigts moites pour parer un éventuel danger, un éclair déchira brutalement le ciel, accompagné d'un roulement tonitruant du tonnerre qui résonna longuement dans les oreilles de la jeune femme, laquelle ne put s'empêcher de sursauter en poussant un cri apeuré. Lorsque la lumière blanchâtre éclaira un bref instant les lieux et éblouit Hermione, cette dernière sentit ses muscles se tétaniser d'angoisse quand il lui sembla percevoir, au-dessus du hurlement sourd du vent, un cri aigu et perçant, tranchant comme une lame de couteau.

Non, ce n'est rien, je suis seule, il n'y a personne d'autre ici, personne...

Les horribles souvenirs de la guerre refirent brutalement surface dans son esprit, et les images atroces qu'elle avait tenté d'oublier s'imprimèrent à nouveau dans sa mémoire. Foudroyée par un accès de terreur soudain, ses jambes devenues coton ne purent la supporter davantage et la jeune femme tomba à même le sol, soulevant un nuage de poussière qui irrita sa gorge sèche.

Plongée entre rêve et réalité, perdue dans ses pensées cauchemardesques qui revenaient brusquement la hanter avec une force incroyable, Hermione sanglotait, roulée en boule sur le parquet miteux, la tête rentrée dans ses épaules agitées de soubresauts. Les gémissements plaintifs qui s'échappaient de ses lèvres tuméfiées étaient noyés sous le roulement terrifiant du tonnerre, mais aux oreilles de la jeune femme, seuls deux bruits persistaient : le sang battant violemment contre ses temps et le ricanement mesquin du vent si semblable au rire cruel de Bellatrix.

Sans qu'elle ne le remarquât, les cicatrices pourtant refermées de ses mains se rouvrirent inexplicablement, et le sang qui coulait lentement le long de ses doigts forma une multitude de filaments qui se mirent à tournoyer autour d'elle, tels un bouclier qui la protégeait des forces de la nature.

En dépit de sa vue brouillée par les larmes de la luminosité aveuglante provenant des éclairs, lesquels zébraient désormais continuellement le ciel noir et lourd de cumulus, Hermione aperçu, au bout du couloir, une ombre difforme se découper confusément. En plissant ses yeux whisky, elle distingua au bout de quelques secondes un visage émacié agrémenté d'un sourire malicieux, méprisant, fou. Un sourire qu'elle n'avait vu qu'une seule fois dans sa vie. Au Manoir Malfoy.

Lorsque son esprit fatigué intégra ce fait, ses sanglots se stoppèrent abruptement, et les bruits terrifiants au-dehors ne lui parvinrent plus que comme un joyeux tintamarre assourdi et inoffensif. Le sinistre gloussement de la bise était désormais remplacé par celui, bien réel, de l'ombre fugace qui avançait lentement dans sa direction.

Bellatrix Lestrange.

Soudain, comme tirée d'une bienheureuse léthargie où le temps semblait être figé, Hermione hurla comme une démente et se releva prestement en s'appuyant sur les débris poussiéreux du mur. Ignorant le pique de douleur fulgurant qui monta tel une flèche le long de sa cheville, elle recula à tâtons dans ce corridor suintant d'humidité sans toutefois détacher son regard terrifié de l'ombre mouvante de la sorcière.

Comment ? C'est impossible, elle est morte, Bellatrix est censée être morte... !

Malgré les efforts de concentration qu'elle déployait vainement pour ne pas sombrer dans une effroyable crise d'anxiété, la lionne sentait progressivement qu'elle perdait ses moyens mais aussi ses forces. Son sang s'écoulait désormais sans plus aucune retenue de son poignet, et les gouttes carmin flottaient mollement autour d'elle, phénomène exceptionnel mais qui n'attira cependant pas l'attention de la jeune femme trop absorbée dans son atroce contemplation.

Par Circée, pourquoi est-ce que je me suis lancée dans cette aventure sans prévenir qui que ce soit ? Je savais bien que ce don était dangereux, jamais plus je ne m'en servirai ! S'il vous plaît Merlin, faites que je rentre à Poudlard, à ma propre époque, où ce monstre n'est plus...

La respiration haletante de la brune se mêlait à celle, sifflante et gutturale, de Bellatrix, laquelle s'approchait certes lentement, mais irrévocablement vers sa proie. Les images de la guerre assaillaient Hermione sans répit, troublant sa vision et faisant monter en elle une tension insupportable qui tordait ses entrailles et comprimait son cœur abîmé par la peur, l'angoisse, l'effroi glacial.

Je veux rentrer chez moi.

Bientôt, Hermione sentit ses membres s'engourdir sous la douleur sourde qui montait insidieusement en elle, semblable à celle qui l'avait submergée lorsqu'elle était arrivée ici. Cependant, rien ne parvenait à lui faire oublier le noir fantôme ricanant de la Mangemort. Elle constata avec effarement, une poignée de secondes plus tard, qu'elle avait atteint le bout de ce couloir lugubre transpirant la mort, et son cœur loupa alors un battement.

Non, il ne faut pas abandonner si vite. C'est l'occasion ou jamais de prendre ta revanche, Hermione, alors bat-toi.

Prise d'une soudaine vague d'adrénaline, la lionne dégaina sa baguette et, d'une voix tremblante, lança un Experlliarmus d'une puissance inégalable octroyée par la peur en direction de la fumée noire qui représentait le corps de la sorcière.

Mais à son plus grand dam, Bellatrix émit un sinistre gloussement tranchant et, d'un simple mouvement de bras, renvoya le sort d'Hermione vers celle-ci. Perplexe face à la riposte de son ennemie et de moins en moins concentrée à cause de la vie qui s'écoulait indéniablement de son corps, elle ne contra le sortilège que trop tard, et fut brutalement projetée contre la vitre à moitié brisée qui se trouvait dans son dos.

Quelle horrible sensation de se sentir tomber dans un vide infini. Je crois que c'est la fin. Si cette chute ne m'achève pas, Bellatrix se fera un malin plaisir de me donner le coup de grâce. Bellatrix... Comment... ?

Hermione avait l'affreuse sensation d'être aspirée vers les entrailles de la Terre, vers les abysses profonds du repos éternel. Elle aurait tant aimé fermer les yeux, oublier la douleur stridente qui engourdissait son poignet, l'odeur métallique qui flottait à ses côtés, l'enveloppant de toutes parts, mais surtout le rire follement cruel de la sorcière qui était supposé être morte depuis plusieurs mois.

Ce don est affreux... Pourquoi a-t-il fallu que cela m'arrive à moi ? N'ai-je pas déjà supporté assez d'épreuves ? Je voulais simplement retrouver un semblant de paix à travers l'étreinte chaleureuse de mes parents...

Plongée dans une transe fiévreuse, la rouge et or ne remarqua pas que l'ombre, désormais penchée au-dessus de la fenêtre, l'observait d'un œil indéchiffrable, toute trace d'amusement désormais envolée de son visage osseux. Un doute imperceptible dansait dans les prunelles sombres de l'entité, et elle scrutait avec un mélange d'effroi et d'admiration la Gryffondor.

Rentrer... Je veux rentrer chez moi, retrouver mes parents, mes quelques amis, accéder à un repos que j'estime bien mérité...

La bulle de sang qui tournoyait autour du corps affaibli s'épaissit, et une lumière vive se confondit à celle des éclairs blanchâtres qui illuminaient le ciel noir.

Je veux retourner à mon époque. Je veux quitter cet endroit.

Inexplicablement, son souhait de réalisa sans qu'elle ne comprît comment. Un grognement teinté de frustration et d'excitation s'éleva des ténèbres opaques qui se dissipèrent lentement tandis que le corps douloureux d'Hermione s'évaporait une nouvelle fois, protégé par un bouclier fait de lumière et de sang.

À peine la rouge et or fut-elle partie que l'orage se calma un peu, et la tension palpable qui pesait lourdement sur la petite rue pavillonnaire se relâcha d'un seul coup. Seule une pluie fine s'abattait à présent sur le bitume gris, et le murmure glacial du vent répétait doucement les mêmes mots dans une litanie sans fin : Nous nous reverrons, Manipulatrice, tu ne peux fuir indéfiniment ta destinée...


Hermione, alors qu'elle se permettait de glisser avec plénitude dans la bienheureuse inconscience qui lui tendait les bras en murmurant des paroles certes incompréhensibles mais qui la fascinaient indubitablement, fut brutalement tirée de sa transe en tombant avec force sur une chose dure mais néanmoins plutôt confortable étrangement imprégnée d'une odeur boisée qui mêlait herbes, musc et parchemins anciens.

Étrange, ce parfum ne m'est pas inconnu...

La douleur refluait lentement, et bientôt elle ne se résuma plus qu'à un lointain bourdonnement désagréable mais supportable, bien différente de la souffrance aiguë qui l'avait étreinte quelques minutes auparavant. Ses maux de tête s'apaisaient également, et ce fut avec un soulagement immense que la lionne recouvrait peu à peu ses esprits. Quoique légèrement hébétée, notamment à cause de sa chute inattendue, Hermione émergeait doucement de sa léthargie et bientôt, elle fut apte à réfléchir correctement.

Aussitôt, elle comprit d'où -ou plutôt de qui- provenait l'agréable odeur lui chatouillant les narines, et son pressentiment fut confirmé à la vue des épais morceaux de tissus noirs qui habillaient le torse finement musclé sur lequel elle était étalée.

Prise d'un soudain accès de peur, Hermione releva lentement ses orbes ambrés, essayant tant bien que mal de retarder l'inévitable qui, malheureusement pour elle, se produisit. Son regard hésitant rencontra celui, furieux, de son professeur de Potions dont les traits déformés par une rage froide donnèrent des sueurs glacées à la jeune femme.

Par Circée, je viens de signer mon arrêt de mort.

Hermione, complètement tétanisée, se contenta de scruter d'un œil indéchiffrable Snape, incapable de se détacher des onyx profonds de son enseignant. La sorcière observa avec attention le visage crispé de l'homme, et de grandes plaques ardentes fleurirent sur ses joues d'albâtre quand elle constata la maigre distance qui séparait son visage de celui du professeur.

Hermione ne sut jamais si ce fut à cause de la fatigue qui embrumait son esprit, de la terreur qui embrouillait ses pensées ou bien de la douleur qui la plongeait dans un état second, mais elle se surprit, en détaillant le visage du sorcier avec attention, à déceler un charme singulier à travers ses traits durs et tranchants, une froide élégance se dégageant de ce teint d'une pâleur mortelle, une aura mystérieuse dans ses obsidiennes envoûtantes qui brillaient d'un éclat particulier sous la pâle lumière inondant la pièce.

Son regard dévia un court instant sur les lèvres fines fermement serrées, mais elle détourna aussitôt son regard en arborant une jolie teinte pivoine après avoir ressenti une étrange sensation tordre son ventre à la vue de cette bouche.

Pourquoi cette bouche ne se contracte qu'en un rictus cynique ? Pourquoi seules des remarques diablement acerbes franchissent cette barrière de chair ? Pourquoi je pense à cela...? Je crois bien avoir abandonné les lambeaux de lucidité qu'il me restait dans cette lugubre maison...

Alors elle ancra ses ambres dorées aux pupilles dilatées dans les pierres noires de Snape, et il lui sembla plonger dans un océan de noirceur renfermant des secrets enfouis aux tréfonds de ces mystérieuses abysses. Mais Hermione fut rapidement submergée par les vagues tumultueuses qui ondulaient rageusement dans ces orbites, et elle reçut une douche froide qui glaça son sang quand la voix coupante du potionniste s'éleva dans l'air.

" Granger, vos parents ne vous ont donc jamais appris qu'il est extrêmement impoli de scruter les gens de cette manière ? Relevez-vous immédiatement, vous m'empêchez de respirer convenablement, vautrée comme vous l'êtes sur ma personne, siffla sèchement le sorcier. "

Bon sang, reprend-toi Hermione ! Il s'agit de Snape, le professeur de Potions le plus honni dans toute l'histoire de Poudlard !

Sans perdre une seconde, la lionne se mit prestement sur ses pieds en essayant de ne pas prendre appui sur le torse de son professeur puisqu'elle estimait avoir commis assez de dégâts pour aujourd'hui. Cependant, sa cheville douloureuse ne put supporter son poids, et elle dut se rattraper in extremis au dossier d'un fauteuil pour ne pas basculer une nouvelle fois sur son enseignant.

" Ma chérie, est-ce tout va bien ? s'enquit avec empressement Mme Granger alors que son époux soutenait sa fille par la taille. "

Entendre la douce voix de sa mère foudroya la jeune femme. Elle comprit seulement à cet instant que son premier souhait, son vœu le plus cher, venait de se réaliser : elle se trouvait chez ses parents, en Australie, et apparemment à la bonne époque. Lentement, elle tourna sa tête et rencontra le regard inquiet de son père qui observait le sang séché barbouillant son visage. À ses côtés, sa femme observait leur fille en contenant tant bien que mal ses sanglots étouffés. Après plusieurs mois de séparation et tant d'épreuves difficilement surmontées, Hermione venait enfin de retrouver ses parents.

S'en suivit de grandes effusions de larmes qui noyaient les paroles bredouillées par la famille désormais réunie. Snape contempla d'un regard dédaigneux le tableau qu'offraient son élève et ses parents, et il renifla fortement quand il les vit s'enlacer pour échanger des embrassades mouillées de sanglots à la fois désespérés et soulagés.

Alors qu'il marmonnait vertement des insultes à l'égard de la Gryffondor et se promettait intérieurement de lui faire regretter amèrement son entrée magistrale tout en époussetant sa longue cape noire, le Maître des Potions nota l'aspect déplorable dans lequel se trouvait la jeune femme. Outre la boue noire qui encrassait ses vêtements et les brindilles sèches emmêlées dans ses cheveux broussailleux, le professeur remarqua la pâleur cadavérique qu'arborait la peau de la lionne en dépit des quelques rougeurs réchauffant pauvrement ses joues. Puis son regard onyx se porta sur sa main, et ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement.

Au même instant, Hermione se sentit prise d'un terrible vertige, et elle vacilla dangereusement avant de tomber en arrière. La jeune femme entendit le hoquet aigu de sa mère ainsi que la voix affolée de son père qui l'appelait, mais ces sons lui paraissaient étouffés, comme si elle se trouvait dans une vaste étendue d'eau, dans un monde où tous les bruits sont atténués. Tout en fermant les yeux, elle songea vaguement à l'horrible choc qu'elle allait recevoir, mais à sa grande surprise, rien ne vint.

Deux longues mains blanchâtres avaient fermement agrippé sa taille et la maintenaient sur pieds. Hermione fut alors vivement redressée, et elle aurait une nouvelle fois perdu l'équilibre si Snape l'avait lâchée. Elle lança un regard en coin à son professeur pour le remercier de son geste surprenant, mais se ravisa immédiatement en rencontrant les charbons brûlants de fureur de ses yeux.

" Miss Granger, entonna la voix froide du potionniste, maintenant que vous êtes enfin là, il est plus que temps de rentrer au château.

- Mais je viens à peine de retrouver mes parents ! s'exclama Hermione en toussotant. "

À la vue du haussement de sourcil caractéristique de son enseignant et de la forte contraction de sa mâchoire, la rouge et or regretta immédiatement ses paroles.

" Miss Granger, en tant qu'élève, rien ne vous permet de bafouer mon autorité, répliqua Snape en un chuchotement glacial alors qu'il dardait sur Hermione un regard polaire. Non seulement vous avez pris la liberté d'aller vous balader en-dehors du château sans aucune surveillance alors que la directrice vous l'avait formellement interdit pour de bonnes raisons, vous avez brisé une bonne quinzaine de règles strictes, mais en plus de cela, vous avez l'audace de vouloir me tenir tête ? acheva-t-il en se redressant de toute son imposante hauteur. "

Hermione observait honteusement son professeur, mais malgré les rougeurs qui s'étalaient sur ses joues, elle refusait de détourner le regard, en bonne et têtue Gryffondor qu'elle était, ce qui agaça Snape au plus haut point.

Ces foutus lions sont tous les mêmes : des idiots arrogants incapables de reconnaître leurs fautes et dépourvus de toute humilité.

Quand le sorcier reprit la parole, sa voix rauque ne s'éleva pas plus haut qu'un terrifiant murmure qui rappela douloureusement à Hermione le chuchotement sinistre de la bise claquant sur les volets de la maison abandonnée.

" Vous devriez vous estimer heureuse que quelqu'un ait pris la peine de se déplacer jusqu'en Australie pour vous ramener à Poudlard, petite insolente. Votre incroyable arrogance vous berce d'illusions en vous donnant l'impression que vous êtes suffisamment douée pour échapper à une bande de Mangemorts assoiffés de vengeance, mais ce n'est clairement pas le cas, si l'on prend en considération l'état misérable dans lequel vous vous trouvez, débita-t-il en balayant du regard la silhouette crasseuse de son élève.

- Je n'ai jamais demandé à ce que l'on vienne me chercher, siffla Hermione en plissant ses iris ambrés soudain animés d'une flamme fiévreuse. "

La jeune femme ne s'entendit même pas prononcer ces paroles ô combien irrespectueuses envers un enseignant -et surtout dangereuses lorsqu'elles étaient adressées à Snape. Cependant, elle sentait qu'elle n'était pas dans son état normal, et une volonté inconnue d'origine obscure la poussait à vider son sac et défouler le mélange de stress et de fatigue accumulé au cours des dernières heures sur le Maître des cachots.

" Croyez-moi, Granger, rétorqua Snape au bout de quelques secondes en masquant son étonnement face au répondant de la lionne sous une expression grave et tranchante, je ne suis pas venu ici par plaisir. Vous auriez pu mourir au cours de votre épopée, cela ne m'aurait nullement affecté -au contraire, j'aurai enfin été débarrassé de votre présence horripilante. Néanmoins, aux vues de ce qu'il s'est passé dans la salle de classe ce matin-même, j'ai pensé qu'il était nécessaire de vous ramener au château vivante pour recevoir des explications au sujet de votre carnet. "

Le visage déjà pâle de la sorcière devint translucide, ce qui inquiéta fortement les parents de cette dernière, lesquels n'osaient cependant pas intervenir à cause de l'aura terrifiante qui émanait de l'homme vêtu de noir.

" Alors, Granger, vous avez finalement perdu votre langue ? la railla le potionniste. Vous pensiez sincèrement pouvoir user allègrement de la magie noire dans l'enceinte de Poudlard sans que personne ne s'en rende compte ? Votre statut de meilleure amie du Survivant ne vous sauvera pas cette fois-ci, je vous le garantis. Même votre chère directrice ne vous protégera pas en voyant le chemin que vous avez emprunté. Une jeune fille parfaite à la conduite exemplaire qui se tourne vers les Forces du Mal... voilà une tragique histoire qui en surprendre plus d'un, n'est-ce pas ?

- Mais je n'ai jamais voulu de ce don, protesta faiblement Hermione.

- Je me fiche de vos excuses soigneusement préparées et irrecevables, petite insolente, la coupa sèchement le bâtard des cachots. Vous êtes tombée bien bas, Granger, fit-il en se redressant lentement, je pensais que la célébrité vous suffirait, mais il faut croire qu'en réalité, vous recherchez simplement le pouvoir afin d'étaler vos connaissances et de vous démarquer une fois de plus. Vous êtes pitoyable. "

Le cœur d'Hermione se serra douloureusement à ces remarques acerbes dégoulinantes de mépris. Depuis tant d'années, elle faisait son possible pour que Snape arrêtât de la considérer comme une gamine arrogante et reconnût finalement ses capacités, mais ses efforts étaient complètement vains.

Cela ne sert à rien, cet homme aigri est incapable de faire preuve de la moindre once d'humanité...

Elle baissa prestement son regard brillant de larmes à la vue du masque indifférent qu'affichait le professeur Snape, car elle ne pouvait supporter le poids infligé par ces pupilles remplies de mépris qui la jugeaient méchamment.

Sans chercher davantage à discuter avec son professeur honni, elle se tourna vers ses parents et les salua en retenant difficilement les gémissements plaintifs de douleur, aussi bien physique que morale, qui se pressaient contre ses lèvres gercées.

" Maman, papa, je suis désolée de repartir si vite, mais je dois impérativement rentrer au château, entama Hermione d'une voix cassée et légèrement sifflante.

- Nous le savons, ton professeur de Potions nous a d'ores et déjà exposé la situation, lui répondit son père sans pouvoir s'empêcher de jeter une œillade peu avenante en direction du sorcier, lequel se contenta d'hausser un sourcil en reniflant.

- Ne pourrais-tu pas rester un peu ? Au moins le temps de soigner tes blessures, demanda timidement Mme Granger en lançant un regard suppliant envers Snape.

- Croyez-moi, votre fille sera mieux soignée à Poudlard, notre infirmière est plus apte que vous à soigner les blessures résultant de sortilèges, dit avec une pointe d'agacement le Maître des Potions.

- Je vois, soupira la mère de la lionne avec dépit. Promets-moi de revenir, ma chérie, tu nous manques tellement, chuchota la femme envers sa fille.

- Je... O-on verra, maman, bredouilla Hermione après avoir capté le regard noir de Snape. "

Mme Granger sourit tristement et enlaça fortement son enfant contre son cœur, laissant une unique larme rouler le long de sa joue. Puis son époux prit sa place, et après avoir embrassé sa fille, il raccompagna les deux sorciers au pas de la porte.

Avant de partir, Hermione insista pour placer de nouvelles barrières autour de la maison, et malgré les profonds soupirs du sombre professeur qui ne pouvait supporter davantage la situation saugrenue dans laquelle il se trouvait, il lui grogna férocement de se dépêcher, et la brune plaça donc avec empressement les protections.

Quelques minutes plus tard, Snape lui tendit son bras, et Hermione demeura ébahie devant lui sans savoir comment réagir, posant sur lui ses orbes whiskys écarquillés.

" Nous allons transplaner, Miss Granger, et comme je tiens à m'assurer que vous ne vous enfuirez pas comme une voleuse une fois arrivée au château, vous allez attraper mon bras et tenter de ne pas vous désarbituler pendant notre déplacement, souffla le sorcier en levant les yeux au ciel pour exprimer son irritation. "

Bien que vexée par le manque flagrant de confiance que son enseignant lui portait, Hermione ne fit aucune remarque, non seulement parce qu'elle n'était pas assez folle pour aggraver l'humeur déjà massacrante de la terreur des cachots, mais aussi parce qu'elle se sentait de plus en plus fatiguée, et qu'elle savait pertinemment que si jamais elle tentait un transplanage par elle-même, jamais elle n'arriverait à Poudlard en un seul morceau.

Elle posa donc sa main tremblante et recouverte de sang noirci sur le bras du sorcier -ce dernier avait, auparavant, discrètement lancé un sortilège pour refermer ses plaies en bougonnant, histoire qu'elle "ne tombe pas dans les vapes en plein transplanage", ce qui lui aurait apporté moult problèmes- et se tint à une distance respectable de son professeur.

" Accrochez-vous fermement, Granger, parce que si je me vois obligé de partir une nouvelle fois à votre recherche, je vous emmènerai directement passer un séjour dans la Forêt Interdite en pleine nuit. L'odeur âcre de votre sang attirera un tas de bestioles dangereuses qui se feront un plaisir de me débarrasser de votre horripilante personne. J'espère avoir été assez clair, acheva le cruel enseignant d'une voix horriblement nonchalante sans même lui jeter le moindre regard.

- Parfaitement clair, professeur, déglutit Hermione en fixant ses parents qui la saluaient depuis le perron. "

Dans un craquement presque imperceptible, les deux sorciers disparurent, soulevant un nuage de poussière et de feuilles imprégnées de gouttes rougeâtres qui entamèrent un court ballet dans les airs avant de se poser délicatement sur l'herbe verdoyante.


Une ombre fugace se tenait contre les ronces grimpant le long de la façade décrépie, elle serrait entre ses doigts un vieux carnet épais et imbibé d'humidité ainsi qu'une grande plume noire. Seule au milieu de l'orage qui s'apaisait lentement, elle grattait frénétiquement le papier jauni, fronçant les sourcils pour exprimer sa confusion.

Comment... ? Elle vient à peine de libérer son essence magique... Même les Manipulateurs chevronnés avaient du mal à accomplir leurs souhaits sans matériel. Cette fille est incroyablement puissante...

L'écrivain était dominé par un tumulte d'émotions contradictoires. D'un côté, il était furieux que sa proie lui ait échappée, mais il ne pouvait s'empêcher d'admirer l'immense pouvoir qui habitait la jeune femme. Jamais il n'avait rencontré une Manipulatrice qui évoluait si rapidement, et il songeait avec une pointe d'excitation à leurs futures altercations.

J'ai hâte de voir de quoi cette fleur fraîchement éclose est capable. J'espère cependant qu'elle est résistante, ce serait dommage qu'elle soit arrachée par le vent sauvage qui se lève lentement...

Un rire fou s'échappa de la gorge de l'homme encapuchonné. Il chérissait le chaos provoqué par l'orage, et avait bien l'intention de parsemer le chemin de la jeune Manipulatrice d'éclairs foudroyants afin de s'amuser un peu avant de l'éliminer.

La pauvre petite a peur de l'orage... Elle va cependant être rapidement obligée de surmonter ses terreurs si elle ne veut pas être noyée sous la pluie battante. Il ne faut pas s'inquiéter du roulement lointain du tonnerre qui hante nos pensées, mais bien des éclairs zébrant le ciel qui se profilent à l'horizon. Ne t'embarrasse pas ton passé encombrant, ma jolie rose, mais intéresse-toi plutôt à l'avenir sombre qui émerge doucement au loin.

Sur cette joyeuse métaphore qui égayait ses pensées, le Manipulateur trempa le bout tranchant de sa plume dans l'encrier qui flottait à ses côtés et poursuivit la rédaction de son prochain souhait en arborant un sourire doucereusement cruel.


Et c'est fini pour aujourd'hui ! L'histoire devient de plus en plus sombre, l'intrigue prend doucement place, et les choses vont bientôt avancer rapidement. Ce chapitre est un peu une transition, pour expliquer comment Hermione est arrivée en Australie, mais aussi pour insérer une petite scène entre elle et Snape (ben oui, faut pas oublier l'évolution de leur relation... même si là, ils rament plus qu'ils n'avancent hahaha)

En espérant que ce chapitre vous aura plu, je vous souhaite à vous ainsi qu'à vos proches de joyeuses fêtes, et je vous donne rendez-vous dans une poignée de jours pour terminer cette année en beauté avec la confrontation tant attendue entre Hermione et Snape, une nouvelle apparition de notre cher antagoniste, et l'annonce d'un événement qui marquera le début de l'aventure de nos héros ! (Un chapitre riche en émotions, en somme)

~ Ava-Rosaa ~