Journal de Tobias Frey, 22 de Sombreciel, 5E21:
Cela fait maintenant 13 jours que nous sommes en mer. Presque 2 semaines que nous naviguons sous un ciel sans nuage, pas une trace de navires Brétons pour nous ralentir. Les seuls événements pouvant provoquer un éventuel retard étaient les bateaux pirates que nous croisions, d'anciens collègues d'Abraham qui nous ont souvent invité a la taverne d'un village portuaire. Je dois avouer que je n'ai rien connu de mieux qu'un verre de rhum après une longue journée de navigation. L'équipage se porte à merveille, le vieux loup de mer qu'est Abraham semble aussi heureux qu'un poisson dans l'eau et Elwensa semble bien s'entendre avec Abi, malgré son côté timide et réservé. La chance de Nocturne semble être avec nous pour le moment.
J'ai repris mes recherches sur Bolenux, toujours aussi introuvable, malgré les efforts de la Guilde pour le trouver. Je peine à croire qu'un homme puisse réussir a rester dans l'ombre depuis toutes ces années.
Mon œil semble se soigner correctement, bien qu'il reste inutilisable, ce qui signifie probablement la fin de ma carrière en tant que maître voleur. Je devrais peut être prendre ma retraite, comme Brynjolf. Au moins je serais plus présent pour Abigail.
Nous approchons de Northpoint, je renvoie mon journal a Blancherive, je continuerais mon écriture la bas.
Tobias referma le journal et y apposa un sceau suivit d'un enchantement pour s'assurer que seul un membre de la guilde puisse l'ouvrir. Il prit ensuite un parchemin et écrit la lettre dédié au chef de la guilde:
Brynjolf, j'ai étudié les rapports que tu m'as envoyé. Il semble que les apparitions de créatures Daedriques se fassent de plus en plus fréquente en Bordeciel. Je pense que ce sont les Thalmors qui tentent d'affaiblir la Résistance, mais il est possible que Bolenux ai quelque chose à voir la dedans. Une fois que nous aurons fini cette mission, je reviendrais au QG avec Abigail et, avec de la chance, quelques invités et le fils d'Estebann. Il vaudrait mieux prévenir Sombrage par prudence. J'espère juste qu'il ne s'emportera pas trop, mais quand on connaît son caractère …
Je te transmet aussi une des pages du journal d'Estebann que j'ai volé durant ma capture, met la avec les autres et n'en parle a personne.
Essaie aussi de contacter Galbor pour lui donner ma position, on risque d'avoir besoin de ses talents. Je sais que tu déteste ce genre de tâche, mais tu es bien le seul sur Tamriel qu'il écoute.
Pusse les ombres te dissimuler et la chance te guider.
Tobias Frey.
P-S: UN MUR ?! UN PUTAIN DE MUR ?! SOMBRAGE PENSE VRAIMENT QU'IL SUFFIRA D'UN MUR POUR METTRE FIN AU CONFLIT ?! Une chance que la Confrérie Noire est de son côté sans quoi cet abruti aurait déjà une flèche dans la tête ! Mais quel con ce type !
Satisfait de sa dernière phrase, Tobias enveloppa la lettre et son journal dans sa cape avant de l'enrouler dans une corde et de sortir à l'extérieur avec le paquet sous le bras. Comme depuis leurs départ, le ciel était totalement dégagé, la douce chaleur du soleil réchauffait le pont sur lequel quelques matelots et voyageurs qu'Abraham avait accepté de transporter participaient aux tâches ménagères: nettoyer le pont, changer l'orientation des voiles, admirer les falaises qui bordent les côtes de Haute Roche, entre autres.
-Salut Tobias ! Dit Elwensa en lui souriant, postée en haut du mat pour pouvoir voir d'éventuelles menaces, la tète couverte par un bandana qu'elle avait "empruntée" à un marin lors d'une de leurs escales.
-Salut Elwensa, répondit Tobias en souriant, Tu aurais vu Abi ? J'ai un truc à lui donner.
-Aucune idée ... Tu avait pas un paquet sous le bras a l'instant ?
Tobias fronça les sourcils et remarqua que le paquet qu'il tenait avait effectivement disparu. Il entendit aussi un petit rire derrière lui.
-Abi ! Dit Tobias avec un petit sourire exacerbé.
-Désolé papa, trop tentant, s'excusa Abigail en riant avant de lui rendre son colis.
-Non c'est bon, j'allais te le donner pour que tu l'envoie a ton parrain.
-Oh d'accord pas de problèmes, on arrive quand au fait ?
-Euh …
Tobias se tourna vers l'arrière du bateau où Abraham manœuvrait le navire en profitant de l'air frais.
-Hey, Abraham !
-Qu'est ce qu'il y a Tobias ? Demanda Abraham en le regardant.
-On arrive dans combien de temps ?
-On devrait voir la ville dans quelques minutes, enfin si on se fait pas attaquer entre temps.
Abigail souffla un coup et partit sur la proue du bateau, impatiente d'arriver enfin en ville, puis s'appuya sur la rambarde en regardant l'immensité de la mer devant elle.
Elle avait détesté ce voyage.
Entre le mal de mer constant, l'inconfort total des lits, le bruit incessant des mouettes et les manières ignobles des matelots, les seuls moyens qu'elle avait pour se divertir étaient des petites rapines sans intérêts. Elle qui avait l'habitude de voler des reliques inestimables au coeur des bâtiments les plus sécurisés de Tamriel, 2 semaines à rester cloîtrée dans un bateau et le quitter uniquement pour quelques activités de Pickpocket à quelques dizaines de piécettes par soirées étaient aussi passionnantes que de regarder l'herbe pousser. Certes, il lui arrivait de passer la soirée avec Elwensa, qui l'avait assez impressionnée par son ouverture d'esprit et par ses discussions plutôt intéressantes, mais sa nature discrète lui faisait préférer l'isolement dans son coin, à réfléchir aux meilleurs moyens de faire un cambriolage flagrant sans un bruit. Elle savait que son père préférait la voir avec d'autres personnes, avec des amis … Mais quand on est la fille de la patronne des voleurs, on a du mal à faire autrement que de rester dans son coin à ramasser mille richesses. Et puis elle n'avait jamais été douée avec les relations humaines, les rares personnes qu'elles considèrent comme proche se comptait sur le doigt d'une main: Tobias, son père, Brynjolf, son parrain, Nocturne, sa mère, bien qu'elle ne lui parle pas aussi souvent qu'elle le voudrait, et … Elle ne savait pas si elle pouvait considérer Ati comme un proche. C'était le seul Daemen avec lequel elle avait eu l'occasion de parler, et elle ne s'attendait pas à sentir cette aura presque mystique qu'il dégageait. De plus, ils s'étaient faits confiance pour sauver son père mais … Ils n'avaient passé que quelques jours à voyager ensemble …
Elle fixa la mer quelques instants, puis soupira et siffla une mélodie inaudible à l'oreille humaine. Un rossignol apparut de nulle part, le pelage d'un noir profond teinté de violet, et se posa sur son épaule.
-Bonjour Karliah, dit Abigail en grattant le bec de l'oiseau, un sourire au lèvres.
En réponse, le rossignol s'envola et se posa sur sa tête en piaillant.
-Oui je sais, ça fait un moment que je t'ai pas appelée, mais il faut que tu aille donner ça à Brynjolf et je ne peux compter que sur toi.
Abigail attacha le paquet a la patte du rossignol qui continua de voleter énergiquement, insensible au poids supplémentaire que venait de lui mettre sa maîtresse. Le rossignol frotta sa tête contre celle d'Abigail en signe d'affection, puis pris son envol à une vitesse invraisemblable et disparut rapidement du champs de vision de la Daemen.
Enfin au calme, Abigail laissa le vent caresser son visage, s'imaginant déguster un des fameux saumon au citron de Northpoint. Trop occupée à fantasmer sur les divins mets de la cité, elle ne vit la cité se dessiner sous ses yeux.
La cité de Northpoint, ou Pointe-Nord selon les livres, avait bien changée depuis le début de la 5e ère. La moitié de la ville s'était transformée en immense complexe dédiée à la production de vaisseau de guerre, d'immenses bateaux envoyés ensuite pour défendre Bordeciel et Haute Roche des attaques maritimes du Domaines. Le port, non loin de l'usine, était rempli de bateau de toutes tailles et de toutes origines. Un navire de pêche Bréton et un bateau de voyageur Nordique tanguait paisiblement à côté d'une une frégate de pirates Rougegardes, sûrement en train de se désaltérer dans l'une des nombreuses tavernes. Il y avait un nombre incalculable d'ouvriers qui travaillaient sans relâche sur les pontons, nettoyant les bateaux, gérant les conflits entre marins. On pouvait distinguer plusieurs Argoniens nager sous l'eau, accompagnant les nouveaux arrivants vers une éventuelle place libre, pour les plus chanceux. Le cœur de la ville était caché derrière les innombrables bateaux qui flottaient paisiblement en attendant le retour de leurs équipages.
Abigail sortit de ses pensées quelques minutes avant qu'ils accostent et regarda avec un air avide tous les bateaux et bâtiments du port, tant de richesses à portée de main, elle allait bien s'amuser pour les jours à venir … Sans oublier les riches et les nobles qu'il y avait dans la ville. Elle porta son attention sur les personnes qu'il y avait sur les pontons. Des ouvriers, des riches, des pauvres, des bandits sans intérêts … C'était ce qu'elle pensait, jusqu'à ce qu'elle aperçoive deux hommes qui sortait du lot, buvant tranquillement sur la terrasse de l'auberge. Deux hommes qui à eux seuls valaient plus que tous les bandits et criminels de cette ville.
-Luhdiir ! Cria Elwensa.
Abigail vit Luhdiir lever sa choppe vers leur bateau et vit Teos Dinok se tourner vers eux, un sourire aux lèvres.
Elle s'était renseignée leurs propos quelques années plus tot.
Bien que les informations soient rares à leurs sujet, elle savait que Teos avait une sorte de secte a son service, des prêtres de la mort d'après ses sources, et que les rares rapports faisant état de ses actions remontent à loin. Très loin. Des rumeurs parlent de son implication dans la grande guerre draconique, mais il lui était impossible d'en savoir plus.
Quant à Luhdiir, il semblerait qu'il ai grandi auprès d'un clan de nordiques en Solstheim, lors de la crise de l'Oblivion, 250 ans plus tôt. Un assassin hors pair, avec autant de sang sur les mains que de cheveux sur la tête. Ses talents couplés avec les capacités soit disant mythiques de Teos rendaient le duo quasiment intouchables.
Enfin … C'est ce que disaient ses sources. Et même avec la fiabilité incontestable de ses informations, elle avait du mal à y croire.
Préférant rester discrète, elle remonta sur le pont et alla voir son père qui discutait avec un argoniens en tenue de plongée -Torse nu avec un simple pantalon en toile- chargé de les accompagner jusqu'à bon port.
-Je pars devant pour réserver les chambres à l'auberge, annonça Abigail en enfilant une cape.
-Quoi? Veuillez m'excuser, je reviens, dit Tobias a l'argonien, Allez voir le capitaine pour les détails.
Tobias se retourna vers Abigail qui venait de rentrer dans sa cabine.
-Abi, revient là !
Il entra dans la cabine et, comme d'habitude, il n'y avait aucune trace d'Abigail. Tobias savait qu'il était inutile de la chercher, elle avait un don pour se cacher, mais il connaissait assez sa fille pour la retrouver et il était plus doué qu'elle au jeu du cache-cache.
-N'y pense même pas, averti Tobias en voyant l'ombre du lit se déplacer lentement vers la porte.
Ignorant ses avertissements, l'ombre prit soudainement de la vitesse et glissa entre les pieds du voleur.
-J'ai dit Non !
Tobias plongea sa main dans l'ombre et en sortit sa fille, vêtue de sa tenue de voleuse et d'une longue cape noire semblable à de la fumée. Il la saisit fermement par le bras et la tourna vers lui.
-Abigail, tu reste ici pour nous aider à …
-Vous aider a quoi ? Demanda Abigail avec un air impatient. A débarquer ? A attacher le bateau ? A vider les tonneaux de rhum dans la chambre d'auberge ?
-Tu sais de quoi je parle Abi.
-Non, et de toutes façon vous vous en sortirez mieux sans moi et je serais mieux à réserver les chambres a l'auberge et à chercher Ati !
-Ati pourra attendre quelques minutes de plus et de toutes façon on est en avance ! Et je te rappelle que …
Un puissant croassement se fit entendre à l'autre bout de la pièce. Tobias tourna la tête et vit un grand corbeau aux plumes noires comme la nuit le fixer de ses yeux sombres. Il se retourna vers Abigail et s'aperçut cette dernière s'était défaite de sa poigne et avait disparue.
-Putain … Qu'est ce que tu fais là ? Demanda Tobias au corbeau.
Le corbeau croassa en guise de réponse.
-Oui, ça va, je sais que tu aime pas quand je lui parle comme ça mais ...
Encore un croassement.
-Je sais parfaitement que je suis ton champion, mais je suis avant tout le père de ma fille et même si tu gère son éducation quand elle va te voir, c'est à moi de le faire quand elle est sur Tamriel.
Nouveau croassement.
-Oh et puis laisse tomber … La petite est peut être ici et elle n'a pas envie de voir Papa et Maman s'engueuler.
Tobias sortit de la cabine en trombe et claqua la porte derrière lui.
Il ne s'était pas trompé en disant que sa fille pouvait les entendre. Pendant cette petite discussion, elle s'était camouflée dans l'ombre de son père, le suivant hors de la cabine, puis se frayant un chemin hors du bateau avant de plonger en toute discrétion dans l'eau fraîche en direction de la capitale.
Elle se sentait assez mal pour s'être disputée avec son père. Elle savait qu'il faisait de son mieux pour l'élever seul, et il avait fait un bon travail, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de devenir une petite peste arrogante et prétentieuse quand il lui demandait de faire des choses qu'elle ne voulait pas. Sa mère lui avait toujours appris que par sa naissance, elle était au dessus des simples mortels, que personne ne devrait jamais lui dire quoi faire, qui être ou comment se comporter. Mais d'un autre côté, son père tentait de lui apprendre à vivre comme une mortelle lambda, à vivre en communauté, à profiter de la vie … Elle avait parfaitement assimilé les leçons de sa mère, mais elle avait encore du mal avec celles de son père.
Elle secoua la tête, toujours immergée, et se concentra sur son trajet sous marin vers le port. Elle vit les argoniens nager pas loin d'elle, incapable de l'apercevoir en raison de ses capacités hors normes de discrétion lui permettant de rester inaperçue même sans sort d'invisibilité. Un talent dont elle détestait se priver.
Au bout de quelques minutes de nage, elle parvint enfin à une échelle qui lui permit de grimper sur un ponton presque vide, une femme d'un âge avancé l'attendant patiemment, habillée de la tenue officieuse de la guilde des voleurs de Haute roche.
-Salutations Mademoiselle Frey, salua la femme en s'inclinant légèrement.
-Bonjour Saphir, répondit Abigail en retirant sa capuche, tu as reçue mes lettres ?
-Bien sur. Vos vêtements sont juste ici, dit Saphir en désignant un coffre en bois, avec ce que vous m'avez demandé.
-Et mon … Contact ?
-Et bien ...
Abigail sentait la mauvaise nouvelle arriver.
-Et bien ? Demanda la Daemen avec un air insistant en retirant sa cape.
-Il … Semblerait que notre consultant ai prit du retard, dit Saphir, un peu gênée.
-C'est a dire ?
Abigail jeta sa cape humide dans les bras de Saphir et pris le contenu du coffre avant de partir se changer derrière une cabane. Elle semblait furieuse.
Saphir soupira et essuya son visage couvert d'eau de mer.
-Nous avons perdu sa trace après la bataille de Damlorn, il est possible qu'il ai été capturé, mais d'après mes sources, Galbor l'a retrouvé a l'ouest de Cyrodiil il y a quelques jours.
Effectivement, c'était une mauvaise nouvelle.
-Soit, envoie un message a Galbor pour lui demander de ramener notre cher consultant ici.
-Abigail, vous connaissez Galbor, il n'est pas vraiment du genre à suivre les ordres …
-Je m'en fout, il a intérêt a ramener son cul dans la cité dans moins de 3 jours sinon il finira avec un face à face avec Brynjolf.
Saphir ouvrit la bouche pour répondre, mais laissa tomber. Quand Abigail s'impatientait, il était impossible de la faire changer d'avis.
-Bien, je m'en charge, dit Saphir en s'éloignant.
-Une dernière chose.
Saphir s'arrêta et se tourna vers Abigail, vêtue en citadine de Northpoint, une longue robe ample cachant ses formes et un chapeau de noble cachant ses cheveux noirs.
-Oui Abigail ?
-Rassemble tous les voleurs de la guilde, on va avoir besoin d'eux.
-La guilde de quel pays ?
-De tous les pays, annonça Abigail en la dépassant, laissant Saphir seule avec ses ordres et la cape qu'Abigail lui avait laissé.
Abigail passa la suite de la journée à déambuler dans les rues de Northpoint, réservant des chambres dans l'auberge la plus luxueuse de la ville, utilisant ses contacts auprès de la guilde pour profiter pleinement de tous ce que la cité avait a lui offrir. Enfin, sauf des combats d'arènes et de la maison close, réputés pour des raisons qu'Abigail ne préférait pas connaître.
En fin de soirée, après un repas de luxe payés par les citoyens de Northpoint qui avaient eu la malchance de croiser le chemin de la voleuse, Abigail retourna dans la chambre qu'elle avait réservée. Elle s'effondra dans le grand lit a baldaquin aux draps de soie rouge, les murs tapissés de grands tableaux de plus grands héros que Haute roche ai connu.
Par curiosité, elle observa avec attention le premier qui attirait son attention. Au centre, on pouvait voir Eymerich III, actuel Haut roi de Haute Roche, posant dans une salle richement décorée, tenant dans ses bras sa femme dont la robe laissait deviner un ventre gonflé par la grossesse. Autour d'eux, divers proches et soldats, des commandant, des princes, etc.
Mais il y en avait un qui attira le regard d'Abigail: un aventurier un peu en retrait vêtu de vêtements de civils noirs, d'une longue cape en cuir rouge et d'un chapeau noir a bandeau rouge enfoncé sur ses cheveux d'un blanc immaculé et révélant ses yeux d'un vert pur. Les mêmes yeux et le même chapeau qu'Ati.
Elle regarda la date et le nom du tableau: Le Général Eymerich III et sa femme Evelyn en voyage en Cyrodiil, 4E229.
Elle regarda avec attention l'homme au chapeau, cherchant tout ce qui pouvait ressembler à Ati. A part les yeux et le chapeau, Ati semblait moins musclé que l'homme, un peu plus grand, ses cheveux étaient d'un blond éclatant tandis que ceux de l'homme étaient totalement blanc malgré son jeune âge évident, 25 ans au plus. De plus, l'homme du tableau portait une barbe de quelques jours tandis qu'Ati était totalement imberbe. Mais au delà de tout ces détails, il y avait une ressemblance marquante entre l'homme et Ati: son regard.
Un regard qui a la fois effrayait et inspirait confiance, qui semblait pénétrer au plus profond de l'âme pour y piocher nos pires craintes et nos plus grands rêves, ce qui nous inspire et ce qui nous paralyse, ce qui nous attire et ce qui nous repousse. Le genre de regard capable de mettre fin à une guerre avant même qu'elle commence.
Abigail se rendit compte qu'elle avait cessé de respirer en croisant le regard de l'homme au tableau. Elle prit une grande inspiration et détacha son regard du tableau avant de regarder, pensive, par la fenêtre. Elle se demandait qui était cet homme, mais elle se doutait que c'était sûrement un membre de la famille d'Ati, peut être son père ou son oncle, qui aurait environ 50 ans aujourd'hui. Elle ne s'était jamais posée ce genre de question a propos de lui. Après quelques minutes de réflexion, elle finit par abandonner et retourna dans son lit après avoir poser un draps sur le tableau pour le cacher.
Ce ne fut que quelques heures plus tard, quand Luhdiir, Abraham et son père eurent fini leurs concours de boisson (Égalité entre l'immortel et le pirate) qu'elle tomba dans les bras de Morphée, sans se douter qu'Ati et Galbor pourraient arriver plus tôt, et pas seuls.
