Titre : Dieu m'a jeté dans la boue (Job, 30:19)
Auteur : Aélane
Rating/Genre : PG – gen – angst/étude de caractère
Avertissement : SPOILERS pour l'épisode 12 de la première saison (Faith)
Résumé : où Sue Ann Le Grange, les frères Winchester et Mme Rourke (la mère de Layla) se révoltent contre le destin, chacun à leur manière.
Disclaimer : l'univers de Supernatural appartient à son créateur E. Kripke & consorts (diffusion américaine : CW, diffusion française : M6), je sais bien qu'il n'est pas mien, j'en annote juste les marges en attendant patiemment la prochaine saison.
Remarque : 5 drabbles de 100 mots écrites pour le thème « destin » sur 31jours
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Roy lui avait dit de prier. Prier n'avait pas empêché ses ancêtres d'être massacrés. Espagne, France, toujours leur foi fut persécutée, jusqu'à ce qu'ils décident de fuir sur une terre vierge où tout pouvait être recommencé, oublié. Le père de sa mère lui avait enseigné que le Seigneur aidait ceux qui s'aidaient. Elle avait trouvé le livre en triant ses affaires, un soir où elle voulait éviter de penser à la maladie qui lui ravissait son mari. Il lui donnait le moyen de combattre la Faucheuse, d'utiliser ces créatures pour changer un monde injuste, impur. Sa main ne trembla pas.
Fatalisme. Résignation. Blablabla. Conneries. Sam ne pigeait pas. Son frère n'avait jamais accepté que le mauvais sort puisse s'abattre sur les innocents, sans crier gare, implacable, comme avec leur mère. Lui était tout sauf innocent pourtant, il avait joué, perdu, et ce n'était pas là l'important. Sa mort pousserait leur père à sortir de son trou, il protègerait Sammy, il ne le laisserait pas tout seul, prêt à foncer bille en tête dans le premier traquenard. Les malheurs, autant que ça serve pour les suivants, les autres, quelqu'un. Retrouver Papa, venger Jessica, voilà tout ce dont Sam rêvait, n'est-ce pas...
Il avait été furieux. Dean se laissait toujours mener à l'abattoir en riant, alors que rien n'était jamais inscrit dans la pierre. S'il le voulait, s'il le voulait assez fort, l'homme pouvait déplacer des montagnes. S'il ne l'avait pas cru, il aurait arrêté l'école après avoir tué, seul, son premier monstre, arrêté d'espérer pouvoir un jour ne plus regarder sans cesse par-dessus son épaule, arrêté de rêver à d'autres règles que celles édictées par leur tout-puissant père, il ne serait jamais parti à Standford. Il composa un quinzième numéro. Il suffisait de vouloir, et, cette fois-ci, il voudrait pour deux.
Aider Sammy, une dernière fois, c'était de l'espoir en boîte. Il espérait bien aussi ne pas crever tout seul. Les infirmières le considéraient déjà comme un cadavre, quelques sourires ou blagues qu'il tente. La nécrophilie les révulsait, d'accord, mais ça devrait être interdit, des regards de pitié pareils. Où était Sam ? Comme si son espèce de sweat à capuche allait le remplacer pendant qu'il l'abandonnait pour courir après ses chimères, une nouvelle fois... Il ne dormirait pas avec une nuit de plus. Il ne finirait pas ses jours de façon aussi lamentable. Sa feuille de sortie était toute signée.
Elle avait fait tout ce qu'il fallait, donner à plus pauvre que soi, rester fidèle à son ex-mari jusqu'au décès du mécréant, déposer des cierges à la naissance de Layla, l'amener à la messe, tout pour que sa petite fille ait une vie longue et heureuse en suivant la Voie du Seigneur. Lorsque son enfant, devenue une belle jeune femme épanouie, s'était évanouie en pleine rue, elle avait prié pour sa santé. Lorsque les médecins lui avaient donné six mois, une paroissienne lui avait confié le nom d'un faiseur de miracles. C'était un signe. Dieu était juste avec les Justes.
FIN
