Chapitre 7
Une nouvelle semaine de stage venait de s'écouler. Comme il n'y avait pas de problèmes rapportés par les employés et les étudiants, Dean avait décidé d'annuler la réunion. Si les étudiants avaient un problème, ils allaient voir leur professeur directement. Il ne voulait pas faire perdre plus de temps à ses collaborateurs qui avaient acceptés d'être encadrants.
Johanna était passée dans le service des ressources humaines, elle était beaucoup moins intéressée par l'encadrement des employés que par la communication avec eux. Elle avait pu participer à la préparation de la lettre hebdomadaire de communication au sein de la société, alors se retrouver à gérer les plannings avec son nouvel encadrant, était beaucoup moins passionnant. Garth passait maintenant son temps avec Gadreel et il était encore plus enthousiaste que lors du début du stage. Il passait ses journées sur les écrans et apprenait à faire un programme, avec ses connaissances, répondant à des exigences précises de travail. Il en était de même pour Ed et Harry, respectivement dans les services communication et financier. Seul Gordon semblait s'envelopper dans une lassitude qui n'était pas mise à mal par ce qu'il apprenait dans le service juridique.
En restant dans l'entreprise plus souvent, Castiel côtoyait maintenant certains directeurs et en particulier Bartholomé. Celui-ci lui rendait visite presque aussi souvent que Dean dans le bureau qu'on lui avait mis à disposition. Lui, de son côté, n'osait pas se présenter dans les services sans y avoir été invité et il prévenait toujours quand il passait voir un de ses élèves.
Quand Dean les avait surpris une fois dans un couloir, il était resté étonné de voir Castiel si à l'aise avec Bartholomé. C'était finalement normal, lui il ne l'avait pas piégé, pensa-t-il amèrement. Il était resté en retrait, à les observer un instant sans parvenir à détacher ses yeux du visage détendu de Castiel. Celui-ci s'était retourné sentant un regard posé sur lui, il allait faire signe à Dean mais il avait déjà baissé la tête et avait repris son chemin.
Il n'avait rien dit, fait aucune remarque. Il n'était pas en droit d'empêcher Castiel de voir qui il voulait et ne pouvait pas interdire à Bartholomé de lui rendre visite. Mais il les avait surveillés de loin, Gabriel s'était même rendu compte de leur manège et avait questionné Dean sur les intentions de Bartholomé, en insistant pour qu'il fasse quelque chose. Celui-ci avait expliqué qu'ils devaient bien s'entendre et que Castiel avait le droit de voir qui il voulait. Il n'évoqua pas son irritation à les voir discuter si facilement et si régulièrement ensemble. Si Gabriel s'en mêlait, tout risquait de voler en éclats.
Dean et Castiel avaient continués de se croiser dans les couloirs de l'entreprise. Dean trouvait toujours une excuse pour aller frapper à sa porte. Ils déjeunaient régulièrement ensemble maintenant que Castiel s'était installé dans les lieux et leur relation avait évolué, passant de la suspicion à des rapports plus sereins. Dean n'avait pas interrogé Castiel sur ses rapports avec Bartholomé et quand il voulait lui en parler, Dean changeait de sujet sans attendre. Il ne préférait pas entendre parler de leur amitié.
De son côté, Gabriel continuait de leur tourner autour, Dean ayant découvert qu'il avait essayé d'avoir des informations sur leur relation en questionnant Castiel, il s'était empressé d'aller le voir pour lui expliquer qu'il n'avait pas parlé à Gabriel mais que celui-ci passait son temps à chercher de nouvelles façons de l'ennuyer. Il ne l'avait pas envoyé en éclaireur et ne lui avait rien demandé.
Castiel l'avait regardé au début comme s'il cherchait encore un moyen d'expliquer une erreur mais il se rappelait le comportement de Gabriel envers Dean la première fois qu'il l'avait rencontré. Il avait sût quoi dire exactement pour faire monter la pression et il avait senti son regard devenir rapidement inquisiteur quand il s'était posé sur lui. Quand ils s'étaient revu par la suite, Gabriel s'était montré moins curieux, même charmant, et lui avait même proposé de l'entrainer pour prendre soin de lui.
Il avait compris qu'il devait se méfier de Gabriel. Il n'était pas méchant mais son occupation principale, qui était de faire enrager Dean, allait surement lui tomber aussi dessus, vu qu'ils passaient maintenant plus de temps ensemble.
Castiel avait appris aussi à connaître Sam qui était toujours agréable et lui parlait des aspects de son travail qui étaient moins connus et lui l'avait intéressé avec ses connaissances. Sam ne s'était pas permis de lui poser de questions personnelles, ayant bien compris que la seule tentative qu'il avait faite pour aider son frère s'était soldée par une catastrophe. Il hésitait à s'en excuser car Castiel ne serait pas ravi d'apprendre que Dean lui en avait parlé. Il avait finalement préféré ne rien dire.
Il se sentait rassuré par la discussion qu'il avait eue avec Dean pour mettre un terme à leur mésentente. Il avait cru à une manipulation qui n'avait pas été totalement fausse. Mais il comprenait bien, en apprenant à connaitre Dean, que ça avait plus été une maladresse qu'une malhonnêteté. Et il voulait croire en cette rencontre même si l'angoisse d'être trahi ne le quittait pas.
Ce qui le rassurait aussi, c'était que Dean lui avait parlé de cette sympathie qu'il avait ressenti immédiatement avec lui et s'il voulait vraiment être honnête avec lui-même, il devait bien admettre qu'il avait ressenti la même chose dès leur rencontre. Balthazar lui avait énuméré tous ses comportements loin de ses habitudes. Il avait été lui parler, avait accepté son invitation et était devenu son ami. A ce moment, il n'était encore pour lui, que l'homme d'affaire puissant mais pourtant ce rôle qu'il avait le l'avait pas inquiété alors qu'il aurait dû en être autrement.
Il avait pensé avoir rencontré quelqu'un de bien avec qui il aurait pu être proche. S'il avait ressenti ça, il devait se laisser une chance. Il revoyait encore par moment, cet homme qu'il avait rencontré lors d'un congrès. Il était venu se présenter à lui après sa communication, portant sur les risques des anciens modèles économiques encore utilisés, et l'avait félicité chaleureusement avant de l'inviter à boire un verre pour le questionner sur ses recherches. Richard Roman, PDG d'une société d'import-export, sillonnait le pays à la recherche de nouveaux contrats. Durant toute leur conversation cet homme s'était intéressé à lui, à son travail, ses avis. Il l'avait complimenté pour tout ce qu'il avait fait et à ce moment Castiel était bien aveugle de la toile qui commençait à se tisser autour de lui.
Au fil des jours, Castiel avait fini par se détendre et à se fondre dans la masse des employés de l'entreprise. Il apprenait à connaître Dean et il devait maintenant se rendre compte qu'il n'avait rien à voir avec l'homme qui l'avait tant fait souffrir. Il apprenait à le connaître tout en restant encore sur ses gardes. Il avait tellement eu de mal à se rendre compte qu'il avait été manipulé que maintenant ça lui prenait plus de temps pour être sûr de pouvoir faire confiance.
Dean avait osé un jour l'inviter à boire un verre au bar. Ils étaient au self, Sam venait de partir rejoindre Gabriel et ils se retrouvaient tous les deux à parler librement. Son invitation lui avait échappé, il y pensait depuis un petit moment. Il avait compris que l'inviter chez lui était hors de question mais au bar, il ne devrait pas y avoir de problème. Castiel était resté un moment silencieux sans le regarder et quand Dean lui avait dit que c'était une idée en l'air et qu'il n'était pas obligé d'accepter. Il avait accepté en se rendant compte qu'il ne cherchait pas à lui faire accepter à tous prix cette idée en le menaçant indirectement ou en lui faisant porter la faute de leur problème relationnel.
Castiel connaissait maintenant la famille de Dean, à part son père, mais qui ne paraissait pas être si proche de ses enfants. Il commençait à lui faire confiance après avoir appris à le connaître. Tout ce qu'il entendait de lui corroborait l'idée qu'il s'en faisait. Il paraissait froid et distant mais en réalité, il se mettait à l'abri de ses collaborateurs. Il avait entendu des bruits de couloirs concernant des femmes qui l'avaient séduit pour obtenir un poste ou un meilleur salaire et toutes les conclusions étaient qu'elles avaient été licencié et que le président s'était retranché de plus en plus. Les conquêtes qu'on lui connaissait étaient extérieures et ne pouvaient rien attendre de lui, peut-être à part de l'argent et le prestige d'avoir mis le grappin sur Dean Winchester.
Bartholomé comme souvent passait par le bureau de Castiel. Il s'installa face à lui sans attendre à être invité à s'assoir. Il lui lança un sourire de cinéma avant de l'inviter au restaurant. Castiel resta interdit, il sentait que son invitation n'avait rien d'anodine et cela fut confirmé quand Bartholomé se pencha vers lui.
- Je ne vais pas te cacher mes intentions. Je me suis aperçu que tu t'entendais bien avec Dean mais moi je pourrais t'offrir plus de choses.
Castiel gardait le silence. Il était surpris par son discours et cette surprise augmenta en entendant la suite.
- Je ne suis plus disponible que lui. Je pourrais t'offrir ce que tu veux, j'ai les moyens de subvenir à tes envies. Quel qu'elles soient, ajouta-t-il avec un sourire en coin plein de sous-entendus.
Castiel recula dans son fauteuil, il se senti sali par ses paroles et ce regard qu'il posait maintenant sur lui, ses intentions ne pouvaient pas être plus claires.
- Je…je ne crois pas…, mais Bartholomé ne le laissa pas finir.
- Personne ne s'est jamais plaint de ce que j'ai pu faire.
- Laisse-moi parler. Castiel avait appris à ne plus se laisser marcher dessus par ces hommes qui pensaient pouvoir tout avoir. Tu crois que tu peux m'acheter en me faisant miroiter ton argent mais tu n'as pas pris le temps de me connaitre et tu me traites comme un morceau de viande.
Sa voix était devenu sèche et son regard dur avait faire perdre son sourire à Bartholomé. Celui-ci se recula dans son fauteuil en ricanant et en croisant les bras sur sa poitrine.
- Tu crois que Dean s'intéresse à toi de cette façon. Il passera peut-être une nuit avec toi, à la limite, mais il ne s'engagera pas. Tu devrais faire le bon choix Castiel, en dardant son regard dans le sien.
- Mon choix est déjà fait. Je ne te retiens pas.
Bartholomé se leva, vexé de s'être fait remettre en place et de ne pas avoir été le choix de l'homme qu'il voulait.
Quand Bartholomé fut parti, Castiel se permis de respirer. Le comportement de cet homme l'avait révulsé, il se comportait comme s'il lui appartenait déjà et qu'il devrait se montrer presque reconnaissant qu'il s'intéresse à lui. Il pensa immédiatement à Dean, à la douceur dont il avait fait preuve, la retenu qu'il avait après sa remarque. Castiel se leva sans attendre et prit la direction de son bureau. Il entra après y avoir été invité, il resta debout face au bureau, Dean releva la tête et Castiel pu lire la surprise dans son regard.
- On pourrait se retrouver pour boire un verre ce soir, commença Castiel sans préambule.
- Oui, avec plaisir. Dean garda le silence un instant devant la mine contrariée de Castiel et quand il fit un geste pour partir il reprit. Tout va bien ? Tu as l'air tendu.
- Non tout va bien. J'avais envie de passer un peu de temps avec toi, avoua-t-il en le regardant mal à l'aise.
Dean resta muet en entendant sa raison. Il ne réussit pas à empêcher un sourire de s'étaler sur son visage. Castiel lui rendit un sourire timide et s'éclipsa sans attendre.
Ils se retrouvèrent au bar, lieu neutre qui leur permettait de passer du temps ensemble sans que Castiel se sente en danger, sans être interrompu par le travail et sans possibilité de trop se rapprocher. Ils étaient en train de parler quand Castiel se laissa distraire par les mains de Dean. Il n'avait jamais remarqué les égratignures qui avaient laissées leur trace sur ses doigts. Dean suivi son regard et expliqua qu'il avait travaillé pendant quelques temps dans les champs ou dans des garages et que ses mains portaient encore la trace de ces travaux.
Sans rien planifier, Castiel avait tendu sa main pour prendre la main de Dean dans la sienne et l'observer. Dean avait écarquillé les yeux et regardait Castiel, son regard plongé sur sa main, sourd à la réaction qu'il déclenchait chez lui. Il avait dû se passer quelque chose pour que Castiel agisse de la sorte. Il ne pouvait pas faire ça exprès, il lui avait assez dit qu'il n'aimait pas la manipulation pour se comportait ainsi. Ce qui rassura Dean c'est que Castiel agissait maintenant sans craindre ses réactions.
- Qu'est-ce que tu as fait comme travail ?
Dean dû déglutir pour pouvoir répondre correctement à Castiel. Il devait se détacher de toutes ces sensations qui s'éveillaient beaucoup plus fortement en lui.
- Bobby, grâce à ses contacts, m'a recommandé à beaucoup de ses connaissances. J'ai fait de petits boulots avant de travailler pendant quelques temps dans un garage grâce à Rufus.
Il sentait l'index de Castiel glisser sur la peau de sa paume pour s'aventurer ensuite sur chacun de ses doigts. Il sentait sa caresse s'amenuiser quand il trouvait une cale ou une zone moins sensible. Castiel passait alors plusieurs fois son doigt sur cet endroit avant d'en chercher un autre. Le regard de Dean passait de sa main au visage de Castiel, concentré sur sa découverte.
- C'est comme un père pour toi ?, lui demanda-t-il inconscient toujours de l'effet qu'il créait et du sujet sensible qu'il évoquait.
- Il m'a donné l'attention que mon père me refusait à ce moment.
Dean resta le regard fixé sur sa main, perdu dans ses pensées.
- Refusé ?, demanda Castiel en relevant la tête.
Dean répondit d'un haussement d'épaules, le regard peiné à ses souvenirs. Durant leur adolescence, John avait porté toute son attention sur Sam. Il était plus doué dans les études et avait déjà plus de capacités que lui pour reprendre la suite de l'entreprise familiale. Il était fier de son frère, il l'avait toujours était, mais il ne ressentait que cette indifférence de la part de son père, mis de côté, incapable de le rendre fier de lui. Il était alors parti de chez lui pour montrer à son père qu'il pouvait se débrouiller seul et qu'il n'avait pas besoin de son argent et de son influence pour faire sa place.
Quand Castiel avait relevé la tête innocemment, il aperçut dans le regard de Dean, un trouble inexplicable. Il fronça les sourcils avant de prendre pleinement conscience de ce qu'il venait de faire. Il baissa les yeux sur sa main toujours en contact avec celle de Dean. Dean la retira précipitamment et ferma le poing, cet échange n'était plus anodin. Il sentait encore les traces du contact des doigts de Castiel sur sa main, sentant sa peau le chatouiller.
Dean était totalement déstabilisé par ce contact physique et par la facilité avec laquelle il lui avait parlé. Il lui avait confié une des plus grandes blessures simplement parce qu'il lui avait posé la question. Il évitait le regard de Castiel, ne sachant pas quoi lui dire avant de s'excuser. Castiel fronça les sourcils en penchant la tête sur le côté en l'entendant.
Il ne savait pas vraiment pourquoi il s'excusait. Pour s'être trop confié ? Pour avoir paru faible ? Pour ce qu'il lui avait fait ?
Il se leva, lui dit au revoir et sorti sans attendre du bar. Il plongea son poing dans sa poche. Sa peau gardait toujours la sensation des caresses de Castiel. Il se réfugia dans son bureau et sans attendre se servi un verre. Son passé occupait maintenant son esprit, sa tentative de vivre loin de sa famille lui avait permis de faire des rencontres, il avait vécu des aventures, il s'était découvert et avait assumé son homosexualité. Cette nouvelle vie lui avait fait du bien. Il avait muri et n'attendait plus l'acceptation de son père, tant voulu dans le passé. Même s'il espérait qu'un jour il se rende compte du mal qu'il lui avait fait. Il ne l'avait jamais clairement exprimé mais il savait que Bobby en avait été conscient et que c'était pour ça qu'il avait toujours été là pour lui. Il était finalement revenu pour Sammy mais cette situation n'arrangeait pas son estime de soi. Il occupait, grâce à son petit frère, un poste qu'il ne méritait pas, offert sur un plateau.
Il tournait en rond dans son bureau, son verre à la main. Il ne se rendit pas compte de Castiel devant la porte de son bureau entrebâillée. Celui-ci restait droit, le regard dirigé sur lui. Maintenant qu'il le côtoyait plus régulièrement, il se rendait compte des limites qu'il s'imposait et du self contrôle dont il faisait preuve. Il n'avait pas voulu le mettre mal à l'aise ou le tester, il s'était laissé aller et avait dépassé les limites qu'il avait imposées. Il finit par pousser la porte, Dean se retourna vers lui et se stoppa net.
Il ne comprenait pas ce que Castiel faisait, il l'avait repoussé, puis acceptait qu'ils se côtoient, ce soir il avait eu des gestes plus intimes et il l'avait suivi jusqu'ici. Est-ce que vraiment ça voulait dire ce qu'il croyait ? Il n'osait l'espérer.
Quand Castiel entra, Dean resta immobile, en attente d'un geste.
- Je suis désolé, je ne voulais pas être indiscret.
Dean secoua la tête et grimaça pour cacher ses émotions. Castiel avait continué d'avancer et se retrouvait maintenant face à lui. Quand Dean releva la tête il se retrouva piégé dans son regard et retint son souffle. Il déglutit quand Castiel posa sa main sur sa joue avant que leurs lèvres ne se rejoignent.
Un effleurement comme la première fois, une douceur dans leurs gestes et leurs sentiments. Castiel se recula, retira sa main.
- A demain.
Dean acquiesça encore troublé du baiser et le regarda partir.
Le lendemain, Castiel était passé au bureau de Dean pour le voir mais celui-ci n'était pas là. Il attendait devant l'ascenseur pour repartir quand Gabriel se posta à ses côtés et ils se saluèrent. Il n'attendit pas pour lui soutirer les informations qui l'intéressaient.
- Tu sembles bien t'entendre avec Bartholomé ?
- Oui, il s'intéresse beaucoup aux modèles économiques.
Tu m'en diras tant pensa Gabriel tellement fort que si Sam avait été à côté de lui, il aurait pu entendre ses pensées.
- Ça m'étonne !, s'exclama-t-il en sur-jouant légèrement la surprise.
- Quoi ?
- Je pensais que tu t'entendrais mieux avec Dean. Il semble toujours très heureux quand tu es dans les parages, ajouta Gabriel sans avoir l'air d'y toucher.
Castiel le regarda sans rien dire et se contenta de baisser la tête. Il essayait de les mettre ensemble ?
- En parlant de lui, tu venais surement le voir ?
- Oui … mais il n'est pas là.
- Oui, il doit être avec Bobby. Ils sont tellement proches ces deux-là. Il faut dire qu'ils se connaissent depuis longtemps. Et ils s'entendent très bien, ajouta-t-il avec un clin d'œil quand Castiel releva la tête
L'ascenseur s'ouvrit, Gabriel monta à l'intérieur. Il observait Castiel qui restait sans bouger à le dévisager, la porte de l'ascenseur se ferma et Gabriel sourit.
Il n'avait pas vraiment réfléchit à ce qu'il venait de dire. Il avait pour projet d'énerver Dean mais quand il s'était rendu compte du rapprochement de Bartholomé et Castiel, il n'avait pas vu ça d'un bon œil. Premièrement, il n'aimait pas Bartholomé, peut être son côté trop supérieurement je vous écrase, son regard condescendant quand il le croisait dans les couloirs. Et deuxièmement, ça serait beaucoup plus intéressant que Dean sorte avec Castiel. Il ne le connaissait pas bien mais à voir Dean et à ce que disait Sam, il en était déjà dingue. Et connaissant Dean, ça ne lui arrivait jamais. Savoir en plus que Dean serait avec quelqu'un lui permettrait d'avoir un nouveau point d'appui, ça lui permettrait d'ennuyer un peu plus son beau-frère comme il aimait le faire.
Donc dans la logique de Gabriel, faire croire à Castiel que Dean était avec quelqu'un d'autre pouvait permettre, petit a : faire prendre conscience à Castiel de ses sentiments, s'il n'en était pas encore conscient. Et petit b : de rendre jaloux Castiel s'il était intéressé par lui et par ce fait de le faire bouger avec un peu de chance. C'était tout gagnant et il faisait ça pour le bien-être et le bonheur de Dean. Après ça, il dira qu'il ne lui faisait que des misères.
Gabriel sorti de l'ascenseur fier de lui et optimiste dans le devenir de la relation qu'il aidait à faire évoluer.
Dean était maintenant dans son bureau, Gabriel était venu le chercher pour son entrainement et il était en train de chercher à le motiver en lui parlant de maintenir son endurance physique qui serait utile pour son plaisir personnel. Castiel entra d'un pas vif dans le bureau, il claqua la porte derrière lui, s'approcha de Dean avec un regard noir, l'attrapa par le col et le plaqua au mur derrière son bureau, sous le regard de Gabriel étonné.
- Où est ce que tu étais ?
- Ici ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Dean, adossé au mur, n'osait pas bouger.
- Qui est Bobby ? Et ne me mens pas. Dean fronça les sourcils. Il sentait la colère de Castiel déborder de son corps. Sa main tremblait, son regard le pénétrait sans lui laissait la chance de s'y soustraire.
Gabriel observait la scène et se frottait mentalement les mains. Sa petite phrase anodine sur une possible relation de Dean avait eu des effets.
- Bobby ? C'est un ami. Comment tu le connais ?, demanda Dean inquiet.
- Un ami ?
Castiel avait serré le poing droit, il le monta à hauteur de sa poitrine et il était prêt à l'abattre. Dean le regardait sans parvenir à comprendre ce qui se passait. Gabriel qui les regardait au début en pensant qu'il allait bien rire, avait perdu son sourire et il se faisait maintenant du souci pour Dean. Il se plaça devant Dean en repoussant Castiel.
- Castiel arrête. Calme-toi. C'était une plaisanterie. Bobby est l'ami de leur père. Le regard de Castiel se posa sur Gabriel. Celui-ci était paniqué face à la réaction inattendue.
- Ne mens pas pour le protéger, ordonna-t-il avec un regard assassin.
- Je ne mens pas. Je voulais juste l'ennuyer et te faire réagir. Gabriel, qui tenait toujours Castiel par les épaules pour l'éloigner de Dean, entendit un bruit derrière lui, il n'y prêta pas attention, focalisé sur Castiel pour le surveiller et éviter qu'il s'en prenne à lui. Puis il vit Castiel se détendre et sourire en coin. Gabriel fronça les sourcils, il ne le connaissait pas si bien que ça et il avait du mal à décoder ses intentions. Son sourire ne le rassura pas, puis il entendit Dean pouffer dans son dos.
Gabriel se retourna lentement, tout en surveillant Castiel, et regarda Dean. Celui-ci avait du mal à se retenir de rire aux éclats. Puis il regarda de nouveau Castiel, qui tenait toujours Dean par le col, et cette fois-ci il souriait plus largement avec un regard noir.
- Vous êtes que des cons. Il commença à partir fou de rage de s'être fait avoir. Vous vous êtes bien trouvé tous les deux.
- Gabriel ! Celui-ci à l'intonation de la voix de Castiel s'arrêta. Ne t'avise plus jamais de te moquer de moi ou tu le regretteras.
Gabriel fut glacé par le ton et l'ordre de Castiel. Il savait qu'il fallait se méfier des gens trop calme, ils n'étaient pas normaux. Il franchi la porte en jurant. Dean quant à lui, regardait Castiel avec envie. Il s'était affirmé face à Gabriel et il avait bien noté que Gabriel avait eu l'air inquiet de sa menace. Il se mit à rire nerveusement à cause de situation qui avait eu le mérite de les rapprocher. Castiel focalisa son regard sur lui à nouveau, ce qui le fit arrêter presque nette de rire.
- C'est sûr qu'après ça, il ne viendra plus te chercher, s'exclama Dean heureux de voir la colère de Castiel dirigée vers quelqu'un d'autre que lui.
Castiel fini par se détendre, il avait lâché Dean mais restait proche de lui. Dean sentait encore la tension qui émanait du corps de Castiel et déglutit en chassant ses envies de son esprit.
Quand il lui avait raconté la veille les sous-entendus de Gabriel, ils s'étaient enfermés dans le bureau de Dean et il l'avait invité à tout lui raconter. Castiel lui expliqua qu'il préférait parler ouvertement de ce qu'il ressentait ou ce qu'il percevait pour ne pas avoir de fausses idées. Il lui parla du manège de Gabriel et de sa réflexion insinuant que Dean sortait avec Bobby. Celui-ci était resté bouche-bée pendant un long moment puis s'était mis à grimacer. Comment Gabriel pouvait avoir des idées aussi tordues ? Castiel s'était assuré aussi que ce n'était pas Dean qui avait demandé à Gabriel de monter ce stratagème. Dean, sous son regard sans pitié, s'en était défendu vigoureusement.
Quand Gabriel arriva dans le bureau de Sam, il était encore en train de les insulter mentalement. Sam le regarda entrer, c'était rare que Gabriel soit dans des colères noires mais celle-ci semblait très importante. Sam se leva de son fauteuil, il voulut l'approcher mais Gabriel faisait les cent pas en marmonnant. Il préférait attendre qu'il se calme pour savoir ce qui lui arrivait. Au bout d'un moment Sam tendit le bras et attrapa la main de Gabriel, il continuait d'avancer mais la main de Sam le retint et il se tourna vers lui.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda doucement Sam. Gabriel hésita un moment, il était toujours remonté.
- Ton frère est un con et son mec aussi par la même occasion, lâcha-t-il avec colère.
- Ce n'est pas son mec, corrigea Sam.
- Pas encore… mais c'est tout comme.
Son piège avait très bien fonctionné et Castiel et Dean s'étaient rapprochés. Castiel avait dû lui parler de ses sous-entends pour se liguer contre lui, conséquence plutôt négative, mais au moins ils avaient partagés une connivence.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je n'ai pas envie d'en parler, bouda Gabriel.
- Tu as fait quelque chose ?
- Et pourquoi c'est moi qui aurais fait quelque chose ?, lui demanda-t-il exaspéré.
- Parce que je sais que tu adores contrarier Dean. C'est ton passe-temps favori. Gabriel soupira.
- J'ai peut-être soufflé l'idée à Castiel que Dean sortait avec quelqu'un...
- Quoi ? Gabriel c'est pas vrai. Pourquoi tu te mêles de ça?
- …avec Bobby, Sam leva les sourcils d'un air étonné. Gabriel avait avoué ce dernier détail avec honte, il avait un peu abusé sur ce point. C'était une idée vraiment bizarre même pour lui.
- Avec Bobby ? s'esclaffa-t-il. Non mais t'es pas croyable. Et tu t'étonnes après que les gens t'en veuillent.
- C'était juste pour m'amuser, se défendit-il. Dean ne voulait pas admettre qu'il était attiré par Castiel, en plus ils ont l'air d'avoir un problème de communication, alors j'ai pensé que ça pouvait être un moyen de les faire se rapprocher. Si Castiel avait réagi normalement et qu'il avait eu des sentiments pour Dean, il lui aurait fait une crise de jalousie, il m'en aurait voulu et ça se serait arrêté là.
- Et qu'est-ce qu'il s'est passé finalement ?, demanda Sam en craignant sa réponse. Il lui tenait toujours la main et s'était rapproché de lui.
- J'étais avec Dean dans son bureau, Castiel est arrivé comme une furie, il a attrapé Dean par le col de sa chemise pour le plaquer contre le mur et il s'est mis à l'interroger sur Bobby. Quand j'ai vu qu'il allait le frapper, je me suis interposé pour raisonner Castiel et ils se sont mis à rire.
- Ils se sont simplement vengés. Tu l'as cherché quand même, tu as menti et ils t'ont piégé.
- C'est bon j'ai pas envie d'entendre ça, grogna-t-il en se glissant dans les bras de Sam.
On frappa à la porte les interrompant. Sam invita la personne, Gabriel se détacha de lui et Dean entra suivi de Castiel.
- On ne veut pas vous déranger. Je voulais juste être sûr que tu avais la bonne version de l'incident, expliqua Dean en s'adressant à Sam.
- Il a fait croire à Castiel que tu avais une aventure…avec Bobby, Sam regarda Gabriel en secouant la tête, et vous vous êtes vengés en lui faisant croire que Castiel allait te frapper.
- Oui, c'est ça. Je vois qu'il ne te ment pas. Ca fait déjà une personne à qui il dit la vérité !
- Je suis désolé de ce qu'il s'est passé. Et lui aussi d'ailleurs. N'est-ce pas Gabriel ?
- Mmmh, grommela celui-ci en regardant partout sauf les personnes présentes.
- Je pense que pour se faire pardonner, et par la même occasion mieux connaitre Castiel, vous pourriez venir manger à la maison un soir. Dean jeta un coup d'œil à Castiel et à Gabriel qui leva les yeux au ciel.
- Avec plaisir, répondit-il en souriant à son frère.
Quand ils sortirent du bureau de Sam, Dean et Castiel reprirent la direction du bureau de Dean. Bobby était son deuxième pilier après Sam, il devait lui présenter Castiel depuis le temps qu'il lui en parlait.
- Je veux te présenter quelqu'un. Dean appela l'ascenseur et ils descendirent jusqu'au sous-sol.
Ils entrèrent dans le garage, il y avait peu d'hommes présents car à cette heure la plupart conduisait les employés de l'entreprise. Dean fut salué par les rares chauffeurs et mécaniciens qu'ils croisèrent, en avançant vers le fond. Castiel n'était pas à son aise, c'était un endroit qu'il ne connaissait pas et Dean n'avait rien voulu lui expliquer. Il se tenait derrière lui quand ils entrèrent dans un petit bureau.
- Hé Bobby.
- Dean, qu'est-ce que tu fais là, fiston ? lui demanda-t-il en le prenant dans ses bras. Dean lui donna une accolade et se recula.
- Je voulais te présenter quelqu'un. Bobby voici Castiel. Bobby fut surpris et se pencha sur le côté pour voir Castiel qui se faisait petit derrière Dean.
Bobby savait qui était Castiel, Dean lui en avait déjà parlé et il espérait le rencontrer pour juger lui-même de ses intentions. Il n'oubliait pas que Dean était un beau partie et il voulait être sûr que la personne qui lui mettrait le grappin dessus ce serait par amour et pas par profit.
- Castiel ?, en lui tendant la main. Dean se tourna vers Castiel.
- Castiel voici Bobby. Il lui tendit la main et le salua. Il soutint le regard du mécanicien même s'il n'était pas à l'aise, il voulait faire bonne impression. Je voulais que vous vous rencontriez, précisa-t-il tout en regardant Bobby scanner Castiel.
Bobby les invita à s'assoir et leur servi un verre de whisky. Il leur tendit leur verre, Dean attrapa le sien et en but une gorgée et Castiel hésita quelques secondes, ce qui n'échappa pas à Bobby. Il finit par attraper son verre et tremper les lèvres dedans, en réprimant une grimace. Bobby s'installa dans son fauteuil, l'interrogatoire pouvait commencer.
- Alors Castiel, comme ça vous êtes professeur ?
- Oui, monsieur. Au lycée et quelques élèves font un stage ici.
- C'est pour ça que vous passez la plupart de vos journées ici.
- Oui, … en partie.
- En partie ?
- Arrête de le torturer Bobby, plaisanta Dean.
- Je ferais ce qu'il faut pour être sûr qu'il est bon pour toi, en regardant Dean, et que ce n'est pas qu'un petit con qui veut t'utiliser, en regardant Castiel sérieusement.
Dean resta pétrifié aux mots de Bobby, Castiel allait déduire qu'il avait parlé de lui, et qu'il avait parlé de lui comme beaucoup plus qu'un ami. Il n'était pas sûr que ça allait lui plaire et Castiel pouvait encore se faire des idées comme penser qu'il lui avait présenté Bobby pour qu'il vante ses mérites alors qu'il voulait juste lui présenter quelqu'un d'important pour lui. Castiel ne sembla pas surpris par la première partie de la phrase de Bobby mais plutôt par la suite. Jusqu'à maintenant, il observait Dean et il voyait qu'il était de plus en plus gêné par les propos de son ami. En entendant la fin de la phrase, il avait réagi.
- Je ne suis pas un petit con qui veut l'utiliser si ça peut vous rassurer, insista Castiel en reposant son regard sur Bobby. Il n'aimait pas faire état de ses sentiments à quelqu'un qu'il ne connaissait pas mais il aimait encore moins qu'on remette en doute ses intentions. Je suis heureux de voir que Dean a quelqu'un qui s'inquiète pour lui comme un père et qui a ses intérêts à cœur. Vous pouvez vous méfier de moi, c'est normal et je le comprends, mais je ne le lui ferai pas de mal.
Bobby sourit à l'irritation dont fit preuve Castiel pour se défendre et défendre sa relation avec Dean. Castiel s'était trompé sur les intentions de personnes dans le passé et il ne voulait pas que ça arrive le concernant. Il préférait expliquer clairement ses actes même s'il n'était pas à l'aise, au moins, on ne pouvait pas se faire de fausses idées le concernant. Bobby pouvait se méfier de lui mais s'il avait décidé d'accorder maintenant sa confiance à Dean, il ne ferait rien pour perdre celle qu'il lui témoignait.
Merci beaucoup pour vos commentaires et de continuer à lire cette fic. Je vous embrasse.
