Bonjour à tous ! Et oui ça fait longtemps... trèèèès longtemps et je m'en excuse... Voici un nouveau chapitre de "Toi et moi seuls au monde". J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents ;) Merci à Audelie qui m'a donné le dernier coup de boost ^^
Lorsque Drago Malefoy sortit du manoir, il put constater que le soleil était encore haut dans le ciel. Il se fit la réflexion que cela lui laissait plusieurs heures pour trouver de quoi manger, ce qui n'était pas de trop dans cette région désolée. Il traversa le pont de pierre, se délectant du magnifique paysage qui l'entourait. De grandes collines verdoyantes entourées par les flots. De gros nuages gris balayés par le vent. Vent qui glaçait l'ancien serpentard jusqu'aux os. Il se mit en marche, pressé d'en finir et de pouvoir retourner dans ce bâtiment en ruine, représentant pour lui une sécurité relative dans cette étendue sauvage. En inspectant les environs, il repéra une petite forêt à l'ouest qui lui parut un bon endroit où commencer son exploration.
La forêt était assez peu dense, néanmoins sa progression était constamment ralentie par de petits buissons épineux. Au bout de quelques minutes de marche, le jeune homme arriva aux abords d'une clairière. Celle-ci était paisible et lumineuse, bien qu'emplis d'un silence légèrement pesant. S'avançant prudemment, il aperçut, au ras du sol, un petit buisson recouvert de baies rouges et appétissantes. Il se pencha pour examiner les fruits de plus près. Étant plutôt inattentif en cours de botanique, Drago ne put décider si ces petites boules rouges étaient comestibles ou non. Interrompant ses réflexions gastronomiques, un craquement le fit se redresser soudainement, tous les sens en alerte.
Heureusement pour lui, la bête n'était pas affamée à cet instant. La chasse était seulement un jeu cruel auquel elle aimait s'adonner. Cette proie aurait été trop facile à tuer immédiatement, par surprise. La terrible créature voulait jouer, voulait le faire courir avant de pouvoir se repaître de son sang...
Le jeune se retourna lentement. Lorsqu'il aperçut la créature un cri de terreur pur franchi ses lèvres.
Je courais sans m'arrêter, sans ralentir pour reprendre des forces, ignorant les branches qui me griffaient le visage et déchiraient mes habits. Drago était ma seule obsession et la peur de me retrouver seule dans cet endroit me donnait des ailes. J'avais une vague idée de ce que j'allais trouver sur place. Un monstre tueur d'homme, peut-être plusieurs. Et mon compagnon, peut-être mort... Je n'avais pas l'ombre d'un plan d'action, seul mon instinct fonctionnait à cet instant. Il me semblait entendre des bruits de luttes, mais je n'étais plus sûre de rien. Je criais à nouveau le prénom de mon ancien ennemi, sans trop d'espoir. Mais quelques secondes plus tard j'entendis la voix de Drago :
- Hermione va t'en d'ici ! Sauve-toi ! Me cria-t-il.
Sa voix était emplie de terreur et de fatigue. S'il comptait sur le fait que j'allais me sauver et l'abandonner ici, il se trompait largement sur moi. De plus qu'aurais je fais sans lui, mon unique soutien dans le cauchemar que nous vivions ? Ce sera nous deux ou personne.
Le spectacle qui m'attendait me glaça d'effroi. Face à moi se trouvait Malefoy. Il était couvert de sang, mais ne semblait pas grièvement blessé. Il tenait à la main un grand morceau de bois avec lequel il s'efforçait de tenir une bête à l'écart. Et quelle bête... Elle était encore plus terrible que je l'avais imaginé. Haute de plus d'un mètre cinquante, elle évoquait une gigantesque araignée. Cinq pattes musculeuses soutenaient le corps du monstre, corps qui se résumait à deux yeux perfides et une mâchoire gigantesque garnie d'une grande quantité de dents pointues, de tailles inégales. L'homme et la bête étaient engagés dans un combat meurtrier. Drago donnait de féroces coups au Quintaped avec son arme improvisée, lui faisant pousser des hurlements de rage, la bête quant à elle faisait claquer ses mâchoires sans réussir à s'approcher suffisamment pour blesser le serpentard. Toutefois, le jeune homme commençait à fatiguer alors que la féroce créature ne diminuait pas le rythme de ses assauts. Perdus dans leur lutte acharnée, aucun des deux combattants ne m'avaient vue. Sachant que mon compagnon ne tiendrait pas longtemps je décidais en un éclair de passer à l'action. Ramassant une pierre, lourde et dangereuse, sur le sol, je m'élançai vers l'animal en poussant un cri de rage. Avant qu'aucun des deux n'ai réalisé ce qui était en train de se passer, j'avais atterris sur le dos de la créature. M'agrippant à sa fourrure d'une main je me servis de l'autre pour marteler les yeux de la bête avec ma pierre. Je m'attendais à une réaction violente de sa part, je m'étais donc fermement accrochée à elle, j'ai néanmoins manqué de me faire éjecter de nombreuses fois quand elle se mit à ruer pour se débarrasser de moi.
A cet instant je cru entendre quelqu'un crier mon nom, mais je reportais rapidement mon attention vers la créature folle de douleur. Au bout de quelques secondes elle réussit à m'envoyer à terre. La violence du choc me coupa le souffle. Je fermais les yeux quelques instants pour essayer de récupérer un minimum de force. J'entendais les hurlements de douleur de la créature ainsi que de nombreux chocs. Un coup d'œil m'appris que ces bruits étaient en fait le son de l'arme du serpentard s'écrasant contre le Quintaped. Du sang ruisselait des yeux de la créature, désormais aveugle. Il ne fallait malgré tout pas la sous estimer, et ça, Drago l'avais bien compris. Avançant avec prudence il rouait l'animal de coups de façon méthodique. Le monstre tentait quelques attaques, mais heureusement le grand blond avait profité de mon intervention pour reprendre quelques forces, il pu donc esquiver ces assauts. La créature handicapée se décida à battre en retraite face à la féroce détermination de son adversaire. Il s'ensuivit un silence seulement perturbé par le son de nos deux respirations.
Après quelques minutes, Drago s'approcha de moi. J'étais toujours prostrée sur le sol, encore sous le choc du combat qui venait de se dérouler. L'ancien serpentard s'agenouilla à mes cotés, et me caressa doucement les cheveux.
- Tu va bien ? Me demanda t-il d'une voix douce
J'opinais de la tête, incapable de trouver quelque chose à dire.
- Tu es folle... me dit-il dans un souffle. Tu aurais pu être blessé.
- Je ne voulais pas qu'il te tue, lui répondis-je.
Ma voix était faible et fragile, comme celle d'une enfant apeurée. Pourtant, elle reflétait totalement mon état d'esprit. Maintenant que Drago était sauf, mon courage m'avait intégralement abandonné, me laissant faible comme un oiseau tombé du nid. Mon compagnon du déceler cette fragilité en moi car il me prit dans ses bras et me serra contre lui. Nous restâmes enlacés un moment, profitant de cet instant de douceur après tant de violence. Nous étions inconscients du danger que nous courrions en restant au beau milieu de la forêt. Nous pouvions être attaqués par un autre Quintaped à tout moment. Pourtant à cet instant la seule chose à laquelle j'arrivais à penser était la chaleur de son corps et son parfum si enivrant. Éprouver un tel plaisir à être dans les bras de mon ennemi ne me paru même pas si étrange.
Après un moment, à la fois trop long et trop court, Drago s'écarta de moi et plongea ses yeux d'acier dans les miens. Je voyais dans son regard quelque chose que je n'y avais jamais vu avant : de la tendresse. Comment le serpentard prétentieux et arrogant qui m'avait insulté durant toute ma scolarité pouvait être la même personne que ce jeune homme au regard si doux et aux bras si tendre ? Il approcha doucement son visage du mien, sans me quitter des yeux. Je retins mon souffle tout en le regardant franchir la distance entre nous deux et poser ses lèvres... sur mon front.
Et dire que j'y avais cru... J'avais cru durant un court instant que le grand Drago Malefoy m'embrasserait. Mais il fallait se rendre à l'évidence, nous étions peut être amis désormais, mais je ne l'attirais pas. Et après tout qu'est ce que ça pouvait bien me faire ? C'est vrai, quelques jours plus tôt l'avis de ce serpentard ne m'intéressais pas et aujourd'hui voilà que je jouais les adolescentes amoureuses.
Je fis le maximum pour ne rien laisser paraître de ma déception. Je lui lançais un petit sourire neutre et entreprit de me relever. Drago m'aida bien que je me senti tout à fait capable de le faire seule. Une fois debout j'époussetais rapidement mes habits pour enlever le plus gros de la poussière que j'avais récolté en atterrissant à même le sol. L'ancien serpentard examina rapidement les alentours avant de prendre la parole :
- Nous devrions rentrer au manoir, ce lieu est très dangereux.
- Bonne idée, répondis-je. Au fait, tu as trouvé de quoi manger ?
- Sauf si tu considères que notre ami de tout à l'heure constitue un repas équilibré, j'ai bien peur que non...
- Pas d'eau douce non plus ?
Je me voyais bien me passer de nourriture au moins aujourd'hui mais en revanche je souffrais d'une soif qui me tiraillait depuis ma course folle à la recherche de Drago.
- J'ai repéré une sorte de torrent de montagne qui se jette dans la mer, pas loin du manoir. Je pense qu'on peut y boire, me lança le grand blond pendant que nous nous mettions en marche.
Je remarquais que Drago avait récupéré le lourd morceau de bois avec lequel il avait frappé la créature de la forêt. J'espérais que nous n'aurions pas à subir une nouvelle attaque car nous étions l'un et l'autre dans un état de fatigue avancée. Néanmoins, son idée me paru bonne, je m'emparais donc à mon tour d'un bâton plutôt solide, dont une des extrémités était pointue. Je ne me faisais pas d'illusions quand au manque d'efficacité de cette lance improvisée en cas de combat, mais le simple fait de tenir une sorte d'arme me rassurait.
En arrivant à la lisière des arbres, nous pûmes voir que le soleil commençait à descendre vers l'horizon. Il ne nous restait que quelques heures de jour. En tournant la tête dans la direction que m'indiquait mon compagnon, j'aperçus en effet quelque chose qui ressemblait à un ruisseau. Nous avancions dans le silence depuis une dizaine de minutes quand Drago pris la parole :
- Hermione, je ne t'ai pas encore remercié de m'avoir aidé tout à l'heure. Sans toi je pense que je serais mort à l'heure qu'il est. Heureusement qu'il y avait une courageuse Gryffondor dans le coin, lança t-il en souriant.
- Courageuse et folle, complétais-je en esquissant un sourire à mon tour.
- Merci Hermione, merci d'être là... prononça t-il de sa voix la plus douce.
Je tournai la tête vers lui et le regardai un moment. Une nouvelle fois je fus ébahi par la différence entre le Malefoy que je connaissais et le grand blond face à moi. Jamais l'ancien Malefoy ne se serait abaissé à remercier une sang de bourbe, qu'elle lui ai sauvé la vie ou non.
- Je t'en pris... soufflais-je.
- A propos, repris t-il, pourquoi étais tu au beau milieu de la forêt ? Et pourquoi n'as tu pas eu l'air plus étonnée que ça en voyant cet espèce de monstre ?
Je poussai un grand soupir avant d'entamer le récit de mes différentes découvertes. La légende de cette ile sembla beaucoup intéresser mon compagnon. Lorsque j'en arrivais au moment où j'étais partie à sa recherche, ignorant le danger, il me lança un regard en coin assorti d'un petit sourire que je jugeais d'abord moqueur, avant de me rendre compte qu'il semblait plutôt attendri que je me sois ainsi inquiétée pour lui. Je pestais intérieurement contre mon habitude à dévoiler mon état d'esprit quand je racontais quelque chose. Cela donnait à Drago trop d'emprise sur moi. Il savait que je ferais tout pour lui, du moins sur cette ile, pour ne pas être seule et aussi un peu parce que je m'attachais à lui. Je savais que cet attachement soudain pouvait s'expliquer de manière rationnelle. Notre isolement et le danger omniprésent entrainaient un rapprochement entre nous. Malgré cela, les sentiments nouveaux que je ressentais pour mon ancien ennemi me perturbaient. Ce n'était pas de l'amour bien sur, mais je ne l'avais juste jamais autant apprécié qu'à cet instant.
M'arrachant à ces pensées troublantes, je portais mon regard sur le cours d'eau s'étendant devant nous. Il était large comme une petite rivière, et son courant semblait fort. Malgré cela, l'abondance de clapotis et de remouds m'intriguaient. En regardant plus attentivement je pu distinguer un très grand nombre de nageoires qui s'agitaient. Des saumons remontaient ce cours d'eau. Cette découverte me fit pousser une exclamation réjouie. Si nous arrivions à pécher ces poissons, le problème de la nourriture serait résolu. Drago du en arriver aux même conclusions que moi car il m'adressa un sourire carnassier. Je saisi ma lance improvisée à deux mains, bien décidée à attraper notre repas pour ce soir. Les quelques essais que je fis pour embrocher un saumon se révélèrent infructueux. Lorsque, emporté par mon élan, je failli tomber dans l'eau, Drago s'empara de mon bâton en riant et tenta sa chance. Il réussi à attraper un beau spécimen au bout de seulement quelques minutes. Se tournant vers moi, il m'adressa un sourire rayonnant. Je pouffais silencieusement en imaginant la tête qu'il aurait fait si nos rôles avaient été inversés. Il se serait probablement renfrogné, sa fierté masculine mise à mal par ma victoire. Le grand blond du lire une certaine moquerie sur mon visage car il afficha une mine boudeuse. Je m'empressai de le rassurer :
- Bravo ! Nous allons enfin pouvoir manger.
- Encore faut il que nous arrivions à faire du feu, répliqua-t-il, songeur.
- Les feux permanents du manoir feront l'affaire, lui répondis-je. Rentrons maintenant, je commence à avoir froid et la nuit qui tombe n'arrange rien.
L'ancien serpentard acquiesça et se mit en route pour rejoindre le manoir. Je du réprimer le fou rire que m'évoquait son allure. Un bâton sur lequel était embroché un saumon à la main, sa chemise déchirée à divers endroits et sa chevelure blonde sans dessus dessous à cause du vent, combinés à sa démarche altière formaient un curieux résultat. N'entendant pas le bruit de mes pas, Drago s'arrêta et me regarda, une interrogation muette sur le visage. Je le rejoignis rapidement, m'efforçant de ne pas penser à la situation qui serait la mienne si je n'étais pas arrivé à temps dans la forêt. Il était avec moi, sain et sauf, et se torturer l'esprit serait inutile. Je me doutais que j'allais avoir, dans les jours à venir, une quantité de raisons valables de me faire du soucis. Les peurs rétrospectives étaient donc à bannir pour le moment. Nous étions en vie et ensemble, rien d'autre n'était important...
Au bout de quelques minutes nous arrivâmes en vue d'un lieu familier. Nous étions enfin de retour dans « notre » manoir. Le bâtiment en ruine que nous nous étions approprié.
Drago pris immédiatement en charge la préparation de notre repas. Il avait été décidé d'un commun accord que nous devions rester à l'intérieur de notre foyer quoi qu'il arrive. C'est donc au beau milieu du grand salon que l'ancien serpentard entreprit de mettre en place une sorte de mini bûcher pour faire cuire notre poisson. Désireuse d'aider mon compagnon, je m'approchais d'une torche de feu bleu, munie d'un bâton, afin d'avoir de quoi allumer le tas de bois mis en place par l'unique chef cuisinier de l'ile de Drear. Au contact du feu magique, mon bâton grésilla et s'embrasa rapidement. Lorsque je revins vers Drago, il lança un regard appréciateur à mon flambeau.
Après tant d'émotion je n'aspirais qu'à une bonne nuit de sommeil. Je me tournais vers Drago afin de l'informer que j'allais me coucher, quand une question essentielle me vint à l'esprit : Où allions nous dormir ? Ce n'était pas le lieu qui me préoccupait. Nous avions visité un grand nombre de chambres confortables dans l'après midi. Mon problème principal venait du fait que je ne voulais pas me séparer de mon compagnon. Le fait d'être sur une ile déserte combiné au fait que j'avais failli le perdre dans l'après midi faisait que je ne voulais pas me retrouver seule, ne serait ce que pour une nuit. Mais je voyais d'ici son air moqueur si je lui soumettais mon problème. Il sauterait sur l'occasion de me faire remarquer que je ne pouvais, soit disant, pas me passer de lui. D'un autre côté il aurait été ridicule de m'infliger une nuit d'angoisse et de solitude simplement pour ménager mon orgueil de Griffondor.
Mon problème fut finalement résolu de lui même quand Drago me lança :
- Bon alors, dans quelle chambre s'installe t'on ?
- Celle que tu veux, répondis-je assez contente de ne plus avoir de dilemme sur les épaules.
- Je pense que nous devrions nous installer au dernier étage. Les escaliers sont plus étroits, ainsi en cas d'attaque nocturne des Quintaped nous serons inaccessibles, raisonna t-il.
Au souvenir de ces monstres à cinq pattes, un frisson de terreur me parcouru.
Et voilà ! Alors ? des impressions ? ^^
