Excusez-moi pour cette attente j'ai..j'ai..j'ai pas assuré...J'avais tout sur bloc-notes et..bah j'ai un peu flemmardé à tout recopier j'avoue (Mille pardon!). Heureusement que bouya (ma relectrice) était là pour m'encourager et elle a tout relu très très rapidement pour que vous ayez la suite le plus vite possible. VIVE BOUYA! En tout cas bonne lecture et merci pour toutes vos reviews qui m'ont beaucoup (beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup,...) touchée!:D
Bonne lecture à tous!
Chapitre VI: "Une éducation à refaire"
- Un peu de concentration Monsieur Phantomhive.
Le battement de la baguette en bois sur son bureau tira Ciel de ses rêveries. Ses yeux se relevèrent sur le jeune homme roux face à lui, vêtu d'un habit de tuteur. Le costume beige clair à queue de pie surmontait une chemise ample ocre. La baguette relevée sur son épaule froissait légèrement sa veste de costume. Julien.
- Ton esprit s'évade encore, Ciel.
- Excuse-moi je suis un peu fatigué…Pouvons-nous faire une pause ?
La main droite de Ciel était fermée sous sa joue, le visage incliné en une attitude ennuyée. Cela faisait bien deux semaines qu'il était arrivé en Enfer par l'intermédiaire de Sébastian. Il ne l'avait pas revu. A vrai dire il ne sortait pas beaucoup. Ses journées se passaient en compagnie de Julien qui l'instruisait sur ses futurs fonctions de serviteur et aujourd'hui ne faisait pas acception à la règle. Il allait de sa chambre à sa pièce de travail aménagée spécialement pour lui et de celle-ci à sa chambre juste avant son couvre-feu. Sa vie était en réalité rythmée par les allers et venues du maître en sa demeure, Julien prenant extrêmement soin que les deux anciens compagnons ne se croisent jamais. Parfois, son nouveau tuteur (qui n'avait que deux ans de plus que lui ^^) l'emmenait se promener dans le jardin lors de ses pauses. Ciel qui avait horreur de marcher sur Terre ne boudait pas son plaisir lorsqu'il avait l'occasion de se dégourdir les jambes et d'aller respirer l'air extérieur.
- Je n'ai pas bien entendu, répondit Julien en se penchant par-dessus le bureau, sa baguette toujours en main.
- S'il te plait, répondit automatiquement Ciel.
La politesse. C'était le mot d'ordre de Julien qui ne lui laissait rien passer. Avec lui aucun écart de conduite n'était toléré. Ciel par son éducation et son rang avait eu du mal à le comprendre. Encore maintenant Julien devait le reprendre. S'il oubliait les formules de politesse quelques fois, Julien le reprenait gentiment. Si cela devenait fréquent et que le jeune y mettait trop de mauvaise volonté, Julien le sanctionnait de quelques coups de baguette sur les fesses et dans le dos. Si Ciel élevait la voix sur lui, la sanction s'aggravait aussitôt : Ciel était envoyé dans sa chambre sans manger et il n'hésitait pas à sortir le martinet. Autant dire qu'au début de leur rencontre les fesses du comte étaient aussi rouges que son estomac criait famine.
- Bien mais la leçon n'est pas finie.
- J'ai mal au poignet à force de copier, se plaignit-il. Et ça fait quatre looongues heures que nous travaillons.
Julien jaugea un instant la moue attristée de son élève avec une pointe d'amusement dans le regard. Ciel était un garçon évasif en cours et il avait beaucoup de mal à le cadrer. Il s'ennuyait, c'était indéniable, rejetant l'apprentissage des bonnes manières d'un serviteur, lui le comte Phantomhive.
Le tuteur finit par céder. Le jeune progressait et il voulait l'encourager sur cette voie.
« L'endurance sera le prochain point à aborder. »
- D'accord prends ta veste nous allons descendre au jardin.
Un tailleur était venu dans la semaine, appelé par le maître. C'était un grand homme blond, très svelte et qui n'avait pas placé une parole de tout le rendez-vous. Il avait pris les mesures du jeune comte et le jour suivant, Julien rapportait de somptueuses tenues. Sébastian avait dû lui-même les choisir au vue de l'indécence de certaines que Ciel n'avait pas tardé à cacher dans le fond de son armoire, rouge de honte. Pour le reste, il avait reçu des vestes, des shorts (plus ou moins long et plus ou moins moulant donc ^^) comme il en portait sur Terre, bleu marine, noir et pourpre. Le fin ruban qu'il passait autour de son col était à la couleur de son maître : carmin. Ciel était gâté et il avait bien vu la jalousie naître dans le regard du roux. Il n'était pas fautif, il ne lui avait rien demandé ! (Pas que les habits trop grands de Julien lui manquent non plus mais bon ^^).
Ciel se saisit de sa veste bleu marine aux manches en cascade de dentelles brodées de noir qu'il enfila prestement. Une fois passée la porte du bureau il fallut que Julien accélère le rythme pour suivre son cadet. Ce n'était pourtant pas de longues jambes qui lui faisaient défaut.
- Si tu retenais les cours que je te donne aussi bien que le chemin jusqu'au jardin, je serais comblé, ironisa l'aîné qui remarqua le sens de l'orientation impeccable de Ciel dans ce labyrinthe de couloirs sombres.
- Tu ne me donnes aucun intérêt à les apprendre. Tout est une question de commerce et de bien vendre ce que l'on a à offrir, rétorqua Ciel en ralentissant pour revenir à sa hauteur.
- Tu comprendras tout l'intérêt de mes leçons lorsque tu te trouveras face au Maître et à ses convives.
- Comme je te l'ai déjà dit, je ne crains pas le Maître, fanfaronna le gris fier comme un coq.
Les mains de son vis-à-vis vinrent se placer sur ses épaules et il fut poussé contre le mur où son tuteur le plaqua. Ciel leva vers lui des yeux surpris, rencontrant deux pupilles brunes sévères. Il n'osa rien dire.
- Écoute Ciel, ce que je vais te dire va sûrement te paraître dur mais qui que le Maître ait été avec toi, tu dois l'oublier. C'est un démon puissant et ici rien ne compte plus que les relations influentes en Enfer. Comme tu le disais si bien, tout est dans le marketing. Peut-être étais-tu quelqu'un sur Terre mais ici tu n'es plus rien, plus personne. Tu n'es qu'un objet et on ne s'attache pas à un objet.
Ciel écarquilla les yeux à l'entente de ses paroles. Le rouge lui monta peu à peu aux joues. Chaque mot prononcé lui devenait d'avantage insupportable. Un…jouet ? Sébastian n'oserait jamais faire ça de lui il…Il en avait déjà trop fait. Mais ça Julien l'ignorait, lui et sa désinvolture écœurante. Ciel le repoussa violemment. Une colère immense était née suite aux mots prononcés par l'autre..
- Je ne suis pas un objet !cria-t-il en lui lançant un regard froid. Je suis quelqu'un, ne me mêles pas à ton sort pathétique que tu acceptes, ragea Ciel en repartant d'une vive allure vers les jardins sans se retourner.
- Crois-tu que je l'ai souhaité cette vie de servitude ?cria Julien pour couvrir la distance que l'autre s'affairait à mettre entre eux.
Ciel s'arrêta un instant.
- Je le pense oui. Ou tout du moins tu ne fais rien pour qu'elle change. Tu as renoncé.
Il repartit.
- Je n'ai pas abandonné !
Julien le laissa s'éloigner. Il aurait pu le rattraper et le battre jusqu'à lui avoir fait ravaler ses paroles désobligeantes mais…non. Il n'en avait pas envie. Le silence l'entourait. Ce garçon…Ciel. Il voulait tout savoir, tout comprendre tout diriger…IL NE SAVAIT RIEN ! Il ne pouvait pas savoir ce qu'il avait vécu avant d'arriver ici. Non il ne pouvait pas juger, lui, l'enfant à qui tout avait toujours été donné et permis ! Pourtant…le rouquin sentit au fond de lui une brisure. Son cadet avait remué en lui de vieux souvenirs chargés de sentiments qu'il avait rejetés et enfouit tout au fond de lui…Ciel avait raison.
« J'ai abandonné… »
Il dû se ressaisir. Sa situation avait bien des avantages à présent. Il était chouchouté comme personne auparavant et cette ombre de luxure dans laquelle il se prélassait quotidiennement n'était pas pour lui déplaire. Ciel aussi connaitrait ça. Il ferait de lui un objet parfait et aucun sentiment inutile et dépassé ne viendrait compromettre ce but. Il devait se montrer irréprochable pour son Maître adoré. Julien reprit sa marche vers Ciel qui avait sûrement atteint le jardin maintenant.
- Excuse-moi si je t'ai fait mal tout à l'heure Ciel.
Le garçon assit entre les parterres de roses rouges et ne rétorqua rien. Il regardait la vallée plus loin sous ce jardin suspendu. La demeure du Maître était un grand bâtiment sombre et imposant auquel on accédait par un long chemin de dalles. L'étendue de verdure sur laquelle les deux jeunes hommes se trouvaient était en fait une immense terrasse sur laquelle avait poussé une fleuraison de plantes des plus banales aux plus exotiques ou même inconnues sur Terre. Les effluves en étaient indescriptibles, si sucrées, si envoutantes,…Cette élévation empêchait la fuite de ses gens et offrait un panorama incroyable sur les terres du Maître. De hauts bâtiments s'élevaient plus loin mais semblaient ridicules vue d'ici. Leurs fenêtres reflétaient la boule de feu artificielle accrochée au mur de la grotte des Enfers tel un soleil.
- Ciel, dit l'autre en s'accroupissant à ses côtés.
- Quelle heure est-il Julien?
- Vue la couleur verte du ciel je dirais fin d'après-midi. Tu sais qu'on ne compte pas de la même façon en Enfer et…
- Je n'aime pas cette vie, le coupa Ciel.
L'autre soupira en passant un bras par-dessus les épaules de son cadet qui se laissa faire. Lui aussi perdrait l'étincelle de rébellion qui animait son regard, Julien en était persuadé.
- On s'y fait…La docilité permet de ne pas se faire remarquer ou d'être apprécié par les Grands de la maison. Les serviteurs sont bien traités s'ils sont obéissants tu sais ?
Le regarde bleu roi chargé d'incompréhension se tourna vers le regard serein de son compagnon. Ne comprenait-il donc rien ?
- Je ne veux pas m'y faire Julien, répondit Ciel en se dégageant de l'étreinte oppressante. Je ne suis pas de ceux qui laissent la vie décider pour eux. Quant à être apprécié par les « Grands », je devrais faire cela pour finir caressé dans leur lit telle une catin ? Non merci.
Sur ses mots, il se leva et avança dans l'herbe bien fraîche du jardin. Sa vision se perdait dans cette contemplation paradisiaque, un paradoxe avec le lieu : les Enfers.
« Ce démon a bon goût, cela au moins n'était pas de la comédie. »
Ciel s'effaça de la vue de Julien en allant se promener entre les hauts arbres centenaires (et même plus ^^). Le teint blême de son tuteur ne lui avait pas échappé à la prononciation de ses deux dernières phrases. Que lui cachait-il ? Etait-il de ces jeunes éphèbes tant convoités par le Vicomte de Druitt ? L'obscurité ne tarda pas à l'engloutir sous les épais feuillages du sous-bois. Ici pas de ruisseaux sinueux, pas d'oiseaux gazouillants, de chevreuils terrifiés,…Le silence. Les espèces terriennes n'avaient sûrement pas pu élire domicile en Enfer. Le comte avait peur de cette atmosphère ténébreuse, lui qui avait toujours craint le noir, mais il avait besoin d'être seul. Il fut rapidement rappelé à l'ordre.
- Ciel reviens !
« Que me veut encore cet abruti ? »Pensa le jeune en poussant un long soupir qui se perdit dans l'opacité muette.
Ciel émergea de la forêt dans laquelle il n'avait pas eu le temps de s'attarder bien malheureusement. Julien l'attendait à l'entrée, arborant un facies dur et au regard froid qui ne lui était pas caractéristique. Il n'avait pas osé pénétrer dans la forêt.
- Pourquoi es-tu venu ici ?
- Je voulais être au calme.
- Ah parce que tu ne te considères pas au calme avec moi ?
Une mine accusatrice lui répondit.
- Tu as interdiction de t'éloigner à plus de deux mètres de moi c'est clair ?lui hurla dessus Julien en le saisissant par le bras.
- Oui.
- D'ailleurs ta pause est finie.
- Quoi ?s'insurgea Ciel. Mais ça ne fait même pas cinq minutes que… !
- En Enfer cela fait déjà une heure. Et ne me réponds pas !
La mâchoire de Ciel se crispa alors que ses prunelles lançaient des éclairs au rouquin. Sans un mot, son attitude en disait déjà long sur ses pensées assassines. Julien allait lui payer cette nomination tôt ou tard, ce n'était plus qu'une question de temps !
- Baisse les yeux. Je n'aime pas ce regard.
Sa mâchoire se tendit d'avantage. Ses dents supportaient une forte tension. Ciel articula difficilement un « Bien. » en abaissant son regard sur l'herbe. Ses mains n'étaient plus que deux poings près à frapper.
- Parfait. A présent rentrons, on nous attend.
Ciel lui emboîta le pas jusqu'à la grande demeure où son compagnon retournait d'un pas pressé. Qu'allaient-ils faire ? Le chemin que Julien empruntait était différent de d'habitude. Cette voie ne menait pas à l'aile des serviteurs. Les murs des couloirs étaient très riches, aux antipodes de ceux de l'aile des domestiques dont la peinture beige se craquelait dans chaque petit recoin.
Julien s'arrêta subitement devant une immense porte que Ciel reconnut comme celle de la salle de réunion. Les portes dont il s'était moqué deux semaines auparavant, la femme qui lui était interdite jusque-là. Le rouquin toqua deux coups brefs et assurés sur le bois sombre vernis avant de se placer derrière son cadet.
- Me ferais-tu une visite guidée ?se moqua Ciel.
- Silence. Il est temps de mettre en pratique tout ce que je t'ai appris.
- … ?
Le gris n'eut pas le temps de répliquer que déjà les deux portes massives s'ouvrirent face à lui. Un lourd bruit de gonds rouillés se répercuta dans la demeure. Le tuteur poussa son élève à l'intérieur.
- J'ai bien failli attendre Julien.
Cette voix suave…Ciel dévisagea l'homme qui se trouvait à quelques mètres à peine de lui, droit comme un « i », le menton légèrement relevé, fier. Quelques mèches noires tombaient sur son visage au profil parfait, contrastant avec sa peau à l'éclat neigeux. Les quelques poils recouvrant la peau du jeune se hérissèrent à sa vue. De l'angoisse et…de la honte de se retrouver là, inférieur et impuissant face à ce démon. Ce-dernier était vêtu d'un pantalon de costume et d'une chemise noire aux manches semblant négligemment relevées. Elle était ouverte, dévoilant un torse blanc savamment sculpté. Lorsqu'il était à son service, jamais Sébastian ne se serait permis une telle tenue. Et pour cause ! Il se serait vu aussitôt réexpédié à coups de pieds aux fesses dans ses appartements.
Le regard du démon était fixé sur une assemblée de serviteurs plus ou moins âgés, garçons et filles, inclinés respectueusement. Julien attrapa soudain le bras du jeune Ciel et l'entraîna dans une profonde révérence.
- Veuillez m'excuser Maître, répondit le rouquin en rougissant.
- Passons. Relevez-vous, ordonna l'intéressé.
Julien obéit prestement. Son regard se dirigea vers son cadet, surpris. Il le sentait trembler de tous ses membres de sa poigne sur son bras. Ses yeux étaient baissés et camouflés par de grandes mèches grises. De peur ? Non, de colère de devoir obéir à ce démon de malheur.
- Je vous ai tous réunis aujourd'hui pour vous présenter un nouveau serviteur qui intègrera son poste dès demain. Il s'appelle Ciel et a été précédemment formé par Julien que vous connaissez tous. Je vous prierais donc d'être courtois et ouvert avec lui dans un premier temps même si aucun traitement de faveur ne lui sera accordé. Les mêmes règles qu'à vous lui seront imposées et je compte sur vous pour le former dans ses différentes tâches.
Ciel ouvrit la bouche en levant les yeux vers le Maître. Celui-ci était impassible. Même son petit sourire ironique avait disparu face à cette assemblée qui semblait boire ses paroles. Un par un, ils s'agenouillèrent et baissèrent la tête en signe de soumission. Julien, resté en arrière en avait fait de même. Le Maître prit congés dans un silence respectueux. Il passa tout près de Ciel resté debout, le frôlant même. Le bleu roi croisa le carmin. Le sourire reparut. Les portes se fermèrent.
- Hé Ciel ! La révérence ça ne te dit rien par hasard ?l'interrogea un Julien autoritaire en revenant à sa hauteur.
Le comte le dévisagea gravement. Tout s'était arrêté dans son esprit pour ne plus se focaliser que sur une seule et unique chose : Sébastian.
- Il y a deux semaines, tu m'as dit que le Maître me visiterait lorsque j'en exprimerais le souhait…c'est bien ça ?
Julien hocha affirmativement la tête alors que la commissure de ses lèvres se relevait. Il voyait où son cadet venait en venir. Il savait que cela viendrait un jour. Le regard du gris se durcit, sa lèvre inférieure frissonna.
- Je veux le revoir.
A suivre…
Oh que de suspens!:o *auteur sadique* J'espère que cette suite vous a plu et rassurez-vous dans une semaine (deux max) le prochain chapitre est en ligne *auteur un peu plus gentille* :D
PS: Pour les reviews voulez-vous que je vous réponde au début du chapitre comme certains auteurs? Je culpabilise un peu de ne pas vous répondre alors que ça me ferait plaisir...Donc j'attends votre avis :) A très très bientôt!
