Martha Jones

Bande-son : du rock des années 1950.

Une soirée branchée au centre de New York.

Martha est installée à côté d'Éloïse. Elle remue distraitement son thé. Le vieux juke-box diffuse Rock Around the Clock.Elle écoute attentivement la jeune journaliste de l'Associated Press qui lui fait part d'une impression bizarre qu'elle a à propos d'une série d'informations. Éloïse finit même par sortir une feuille froissée de son sac. C'est une liste d'évènements séparée en trois parties. La première, ce sont des noms de terroristes islamiques qui se sont fait sauter avec leurs propres bombes. La deuxième, des noms de trafiquants de drogue sud-américains qui sont morts d'une overdose. Et la troisième, des noms de patrons de la mafia russe qu'on a retrouvés assassinés d'une balle dans la tête. Entre dix et douze cas à chaque fois. Rajouté au stylo, en bas de la feuille, trois autres noms, suivi de la mention : "militaires africains, responsables de massacres, machette".

« C'est intéressant, mais en quoi puis-je vous être utile ? demande Martha.

– Je sais que vous vous occupez de phénomènes un peu particuliers, répond Éloïse. Les morts sont arrivées à chaque fois dans un laps de temps très court, ce sont des criminels du même type et ils ont été tués de la même manière. Leur façon de mourir correspond à leurs crimes. Une personne ou une organisation semble jouer les némésis. Ce que j'ai écrit à la main, ce sont des informations qui me sont parvenues récemment. Cette fois-ci, IL ou ILS s'attaquent aux bouchers africains.

– C'est troublant en effet, mais ce n'est pas le genre de manifestations dont je m'occupe.

– Je voulais juste le jugement d'une personne avisée et habituée à avoir l'esprit ouvert pour savoir si je ne me fais pas des idées. Si je ne fantasme pas sur des évènements qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. »

Martha relit une fois de plus la liste. Elle éprouve la même sensation qu'Éloïse. Son instinct lui dit qu'il y a quelque chose là-dessous.

« Puis-je la garder ? demande-t-elle, en montrant la feuille.

– Bien sûr. Et je vous recontacterai si d'autres informations concernant des militaires africains me parviennent, voulez-vous ?

– Je veux bien, je vais regarder ça de plus près. »

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Martha a marqué sur une carte du monde les lieux des morts suspectes. Elle a fait la même chose sur un calendrier pour les dates. Si les lieux ne sont pas forcément très proches – pour l'Amérique du Sud, tout le continent est concerné –, les dates par contre se resserrent à chaque fois dans quelques semaines. Six semaines pour douze mafieux russes. Ça fait deux par semaine en moyenne. Si c'est une organisation, elle est diablement efficace ! Si c'est un homme seul – elle n'imagine pas une femme dans ce rôle –, si c'est un homme seul ... Non, c'est impossible qu'un homme seul puisse faire ça !

Elle a envie de découvrir qui se cache derrière ces faits divers. Elle se voit mal, cependant, impliquer l'UNIT dans cette histoire. Elle prend son portable et compose le numéro du téléphone qu'elle a confié au Docteur en quittant le TARDIS. Peut-être pourra-t-il lui donner son avis sur la conduite à tenir. Et cela lui fera une occasion de le revoir ou au moins de l'entendre.