Chapitre 7

Il était étendu devant moi. Ses vêtements continuaient à boire le sang qui sortait de son dos. Une forte odeur acre me monta aux narines et j'eus soudain la nausée.

Qu'est ce qui s'était passé ? Pourquoi étais-je dans cette situation ? Mon esprit avait du mal à remettre tous les évènements de ces dernières minutes en place. Sans compter ce bruit de claquement sourd qui m'empêchait de me concentrer.

J'étais en train de chercher de nouveaux indices sur le meurtre de Waylon et sur sa relation avec la CIA lorsqu'on m'a frappée à la tête. L'homme voulait me violer, il avait été plus qu'explicite à ce sujet. Mon père avait été de meilleurs conseils que tous les entraineurs de la police pour ce genre de cas. « Ma fille, essaie de te mettre face à lui et vise les roubignoles. Y'a rien de plus douloureux chez un homme ! » J'avais rougi de honte quand il m'avait dit cela : parler de sexe même quand il s'agit d'auto-défense, avait toujours été délicat avec lui.

Mais là, je pouvais le remercier. Le type s'était plié en deux avant de me gifler tellement fort que j'avais atterri par terre, mon arme hors de ma portée.

Je n'avais jamais réfléchi à la manière dont je voulais mourir. Mais celle-ci, au sol, tué par un violeur avec une balle de mon propre révolver, ne figurait certainement pas en haut de ma liste.

C'est après que je ne compris plus rien. J'avais bien entendu le coup de feu. Je devrais être morte maintenant. Et pourtant, j'étais toujours là, face à un cadavre couvert d'hémoglobine, avec cet horrible claquement qui amplifiait mon mal de crane et cette odeur que je ne supportais pas.

- Bella, est-ce que ca va ?, hurla quelqu'un.

Je reconnus sa voix immédiatement. Elle eut le don de me faire revenir à la réalité : le type était mort, pas moi. Edward s'était approché de sa dépouille pour vérifier qu'il n'était plus un danger avant de venir vers moi et de poser sa main sur ma joue.

- Bella, réponds- moi, est-ce que ça va ?, dit-il plus calmement.

Sa main tremblait sur ma peau. Ou plutôt c'était ma peau qui tremblait sur sa main et je compris que ce claquement sourd n'était autre que celui de mes dents. Je frisai la crise d'hystérie.

Bella, calme-toi!

Je pris une grande respiration. L'air frais qui entra dans mes poumons me dit un bien fou : j'étais en vie. Je tentai de me mettre debout mais Edward me retint gentiment mais fermement à terre.

- Ne bouge pas !, murmura-t-il calmement. Tu as une méchante bosse à la tête et tu saignes un peu de la bouche. Comment te sens-tu ?

Mon mal de crane se rappela à mes bons souvenirs. J'avais l'impression que mon cerveau cherchait à sortir. Mais ce n'était pas le plus important à ce moment là. Je devais absolument partir d'ici avant que l'odeur du sang frais ne me fasse vomir mes tripes sur les chaussures d'un agent de la CIA, celui qui venait de me sauver la vie qui plus est !

- Je suis désolée !, gémis-je. J'ai commis une faute professionnelle impardonnable.

- Tu es secouée, Bella. Tu dis n'importe quoi !

- Je lui ai donné un coup pour qu'il tombe à terre mais j'ai laissé échapper mon arme. Il l'avait prise. Je suis désolée !

Edward me regarda comme si j'étais devenue folle.

- Ne sois pas sotte ! Il t'a eue par surprise, tu ne pouvais rien faire. Personne ne pouvait savoir qu'il y avait un type ici. Calme-toi ! Je vais aller chercher la trousse de premiers secours ! Tu ne bouges pas !

Il semblait furieux à présent. Et je n'arrivais pas savoir si c'était contre moi ou non. Il revint, comme promis, un ou deux minutes plus tard, une petite mallette blanche à la main. Sans dire un mot, la mâchoire toujours serrée, il entreprit de m'essuyer avec une petite gaze le sang qui commençait à coaguler le long de ma joue et de passer une crème sur l'énorme œuf que je sentais juste à la naissance de mes cheveux. La nausée disparut un peu sous l'odeur de l'onguent.

- Tu crois que c'est lui qui a tué Waylon ?, demandai-je alors pour faire diversion.

Il se tourna vers le mort et le jaugea quelques instants.

- Je ne crois pas. D'après les empreintes de pas, les deux types qui se sont battus à côté de ton ami étaient de sacrés gaillards. Ils devaient mesurer certainement plus d'un mètre quatre-vingt-dix. Lui ne dépasse pas le mètre soixante-quinze et ses pieds ont l'air plus petits.

Il me tendit deux comprimés d'aspirine. Je les avalai sans faire d'histoire. J'étais soulagée de savoir que la douleur allait disparaitre d'ici quelques minutes.

- Comment te sens-tu ?, demanda-t-il pour la quatrième fois.

- Bien !, tentai-je de répondre avec ma voix la plus sure. Je voudrai me relever maintenant.

- Ce n'est pas une très bonne idée. J'ai prévenu le reste de l'équipe. Ils vont venir s'occuper de tout cela. Je t'emmène à l'hôpital.

Mes yeux s'élargirent de frayeur.

- Surtout pas ! Je vais bien. Je n'ai qu'une petite bosse sur la tête ! Il n'y a pas de quoi en faire tout un plat !

- Bella ! Tu as eu un choc. On doit vérifier si tu n'as pas une commotion cérébrale.

- C'est hors de question ! Mon père va se faire du souci et il est déjà assez perturbé comme cela. Aide-moi à me relever, s'il te plait. Je voudrais sortir d'ici pour respirer de l'air frais.

Il me fusilla du regard mais je ne me laissai pas faire. Il était apparu dans ma vie depuis moins de douze heures et il s'imaginait qu'il allait la diriger sans que je ne dise rien. Tout bel homme qu'il était, il allait être déçu.

Je m'accrochai à son bras et me hissai sur mes jambes. Je tanguai un peu, la tête me tourna. Mais rapidement je fus plus sûre de moi. Je passai devant le mort sans lui prêter attention et sortis. La nuit avait enveloppé complètement la forêt maintenant. Il n'y avait plus un bruit, même pas celui d'un animal. A peine une légère brise secouait légèrement les branches des arbres.

C'était calme, reposant.

- Tu viens t'asseoir dans la voiture, cracha Edward en me tirant assez froidement vers la Volvo.

Je tentai de résister mais je n'avais ni le courage, ni la force d'y parvenir. Il ouvrit la portière conducteur et je m'installai sur le confortable siège en cuir.

- Je dois commencer à délimiter la zone d'enquête, me dit-il, visiblement plus soulagé maintenant que j'avais acquiescé à sa requête. Ce type a déjà massacré pas mal d'empreintes et de preuves. Il ne faudrait pas qu'on en rajoute.

- Vas-y !, répondis-je. Je préfère que tu sois en colère plus loin. Je me ferai raccompagner par un membre de ton équipe chez moi.

Il m'observa encore quelques secondes puis poussa un profond soupir avant de retourner vers la cabane en marmonnant : « Quelle tête de mule ! »

L'équipe des Cullen arriva un petit quart d'heure plus tard. J'aperçus Carlisle en premier, puis Jasper et trois autres personnes que je ne connaissais pas. Je me demandais combien ils pouvaient être en tout. Pour l'instant, j'en avais compté sept, pour un simple pêcheur mort dans une petite bibliothèque municipale, cela faisait beaucoup. Mais que cachait donc Waylon ? Et les Cullen ?

Edward sortit de la cabane dès qu'il entendit la camionnette arriver. Il s'avança vers eux : il voulait leur parler avant moi. C'était puéril.

Ils discutèrent quelques minutes, quelques regards fusèrent vers moi. J'eus la mauvaise sensation d'être une enfant mise au coin par son professeur qui explique l'énorme bêtise que j'avais commise à mes parents.

La femme aux longs cheveux châtains et au visage en forme de cœur le prit dans ses bras avant de se diriger vers moi. Elle s'accroupit quand elle fut à ma hauteur et me fit un sourire rassurant.

- Bonjour, Bella, je suis Esmée Cullen la femme de Carlisle. Comment vous sentez-vous ?

- Je vais bien merci. Juste un peu fatiguée. Je voudrais rentrer chez moi quand vous aurez le temps de me ramener, répondis-je.

Esmée élargit son sourire. Edward n'avait pas hérité de la chaleur de sa mère.

- Carlisle va venir voir dans un petit moment comment vous vous portez. Vous avez été très courageuse.

Vraiment ! C'est ce qu'Edward leur avait dit ! Il m'avait trouvée courageuse ! Si je n'étais pas assise, je crois que je serai tombée une nouvelle fois par terre. Je regardai dans sa direction mais il avait déjà disparu dans la cabane avec les autres.

- J'ai laissé le portable de Waylon dans une pochette plastique sur la table, réalisai-je soudain.

- Ne vous inquiétez pas pour l'enquête, me dit-elle en posant sa main sur mon épaule pour me rassurer. Vous avez fait un très bon travail. Vous devez maintenant penser à votre santé.

En clair, j'étais mise de côté dans l'affaire et ils reprenaient tout à leur compte.

Carlisle réapparut alors, suivi par Edward et un baraque d'un bon mètre quatre-vingt-dix qui aurait effrayé n'importe quel quidam s'il n'avait pas le regard coquin et le sourire d'un enfant.

- Bonsoir, Bella, me dit Carlisle agréablement. J'aurais préféré que nous nous rencontrions à nouveau dans de meilleures conditions. Comment vous sentez-vous ?

Je soupirai : je commençai à en avoir ras-le-bol qu'on me demande mon état de santé et qu'on s'occupe de ma personne.

- Je vais bien, monsieur Cullen, …

- Carlisle, voulez-vous ?

- Carlisle, continuai-je en rougissant légèrement. Je vais bien, Edward m'a donné une aspirine et j'ai moins mal à la tête. Je suis juste un peu fatiguée.

- C'est tout à fait normal. Ca a du être un véritable choc pour vous. Avez-vous perdu connaissance après le coup à la tête ?

- Non !, réfléchis-je en me disant que c'était bien dommage : voir un révolver pointé sur moi était sans doute bien plus grave qu'une simple perte de conscience.

- Permettez-vous que je vous ausculte pour juger si vous pouvez rentrer chez vous ?

Je secouai légèrement la tête positivement, en espérant intérieurement que le père soit moins têtu que le fils. Je sentis les doigts frais de Carlisle me tâter le crane. A côté, je vis le grand baraqué se pencher vers Edward qui se mit à grogner :

- La prochaine fois que tu voudras épater une fille, demande-moi conseil, Eddy. On ne les frappe plus à la tête pour les entrainer dans sa cabane depuis la préhistoire.

- La ferme, Emmett, répondit Edward qui continuait à me fixer. Je persiste à dire que nous devrions l'emmener à l'hôpital !

- Vous semblez aller bien!, ignora Carlisle. Mise à part votre bosse. Je suis d'accord pour que vous rentriez chez vous mais promettez moi d'aller à l'hôpital immédiatement si vous avez des étourdissements ou des pertes de mémoire.

- C'est promis Carlisle, merci.

- Je te ramène chez toi, lança alors sèchement Edward.

Je le soupçonnai de ne pas écouter Carlisle et de m'emmener tout de même voir un médecin.

- Tu dois avoir des choses à faire, ici, lui répondis-je. Quelqu'un d'autre pourrait s'en charger dès qu'il aura un moment de libre ?

- J'ai dit que je te ramenai et je te ramène. Maintenant !

Je me levai d'un seul coup, la colère me donnant la force de ne pas trembler sur mes jambes. Je me plantai devant lui, les poings serrés.

- Mr Edward Cullen ! Apprends que la ligne est mince entre l'obstination et le fanatisme, soulignai-je alors en pointant mon doigt vers lui.

Tous les regards convergèrent alors vers mon adversaire. Esmée se racla la gorge pour éviter de rire. Emmett éclata de rire et tapa dans le dos de son collègue.

- Alice a raison, c'est une rigolote ta copine. Elle me plait celle-là.

Sur ce, il se retourna et alla rejoindre la belle blonde qui s'afférait près la camionnette. Nous nous installâmes et Edward démarra sans rien dire. Lorsque nous passâmes près d'eux, je vis Emmett mettre son bras autour de la taille de la femme qui était sans aucun doute la plus belle que j'eus jamais vu. Je l'aurai certainement plus vu dans le mannequinat qu'agent de la CIA. Elle se retourna et m'adressa un regard noir qui me glaça les veines. En voilà une qui était aussi taciturne qu'Edward.

- Qui est-ce ? demandai-je alors.

- Rosalie, la femme d'Emmett. C'est un as pour tout ce qui est mécanique et électronique. Elle va s'occuper du portable de Waylon.

- Oh ! dis-je simplement surprise – je ne voyais absolument pas cette déesse blonde les mains dans la graisse et l'huile de moteur. C'est une histoire de couple votre équipe.

Edward rigola.

- C'est vrai !, admit-il. Carlisle est marié avec Esmée, Jasper avec Alice et Emmett avec Rosalie. Il n'y a que moi pour rester un incurable célibataire. Il faut croire que j'ai trop mauvais caractère pour être avec quelqu'un.

Là-dessus, il me décocha un clin d'œil qui me fit sauter le cœur dans la poitrine. Je déglutis difficilement mais parvins tout de même à répondre sur le même ton jovial :

- Mais tu peux être charmant, quand tu n'es pas irritant, têtu et buté.

Ses yeux se perdirent sur la ligne d'horizon de la route. « Charmant ? Vraiment ? », murmura-t-il.

Un silence agréable s'installa alors. Je me calai dans le siège et regardai défiler les arbres qui menaient à l'entrée de Forks. Le ronronnement discret de la voiture me berça et me fit comprendre que ma fatigue tendait plus vers l'épuisement.

Cette journée avait été étonnante à plus d'un titre. J'avais collaboré avec une équipe de la CIA, et plus particulièrement avec un des êtres les plus complexes qu'il m'avait été donné de rencontrer. Edward était un antagonisme à lui tout seul : colérique et jovial, distant et proche, beau et tellement détestable. Je réalisai alors soudain que nous nous tutoyions depuis qu'il m'avait sauvé la vie. Sans doute cette expérience nous avait rapproché plus que nous ne voulions l'avouer.

Quelle importance cela pouvait-il avoir ? De toute façon, maintenant qu'ils avaient récolté toutes les preuves dont ils avaient besoin, les sept membres de l'équipe Cullen allaient disparaître et Charlie et moi, nous ne saurions jamais qui était le véritable assassin et quel rôle pouvait bien jouer cet inconnu mort dans la cabane.

Tout de même, deux morts en moins de douze heures, un parchemin avec des écritures mystérieuses dessus, une mise en scène digne de n'importe quel polar politico-religieux, voilà qui n'était pas commun. Quand je pense que je m'ennuyai dans ce trou perdu ! Je souris toute seule.

- Dix pence pour tes pensées, me susurra Edward.

Je me rendis compte alors qu'il m'observait du coin de l'œil.

- Je pensai à mon instructeur à l'académie de police de Seattle qui m'avait engueulé quand je lui avais dit que j'étais engagée à Forks. « Un trou perdu où vous allez passer votre temps à ramasser les chatons dans les arbres et à faire traverser les vieilles dames. Ce n'est pas digne d'un officier de police aussi talentueux, mademoiselle Swan. »

- Talentueux ! reprit Edward.

Je rougis en me rendant compte que j'avais été un peu orgueilleuse.

- Il pensait que j'avais un certain avenir dans la criminelle. Il serait surpris d'apprendre que j'ai enquêté sur deux scènes de crime en moins de douze heures.

Edward soupira à nouveau. Je détestai quand il faisait cela : j'avais l'impression qu'il me prenait pour une crétine.

- Qu'est ce qu'il y a ?, dis-je maussade. Mes pensées sont trop idiotes et banales pour monsieur.

- Non, au contraire, répondit-il. Tu ne réagis pas normalement, c'est bien le problème.

Je le regardai, ahurie.

- Comment cela ?

- N'importe quel jeune flic fraichement sorti de l'académie devrait être en pleine crise maintenant. Quelqu'un a pointé un révolver sur toi, tu as failli mourir Bella. Et toi, la seule pensée qui te vienne à l'esprit, c'est que Forks n'est pas aussi calme ce que prétendait ton ancien instructeur.

Je fronçai les sourcils, comprenant son raisonnement.

- J'ai une certaine capacité à refouler tout ce qui est désagréable, expliquai-je.

- C'est ce que j'avais remarqué.

La Volvo se gara finalement devant la maison. Je redoutai les retrouvailles avec Charlie. Il allait falloir que je lui fournisse des explications sur l'œuf qui trônait bien en vu maintenant sur le haut de mon crane.

- N'oublie pas ce qu'a dit Carlisle, me rappela Edward de sa voix chaude. Si tu as le moindre souci, tu files à l'hôpital.

- C'est promis, lui confirmai-je pour le rassurer.

Il regarda la porte d'entrée de la maison, perdu dans ses pensées.

- Si ca ne te dérange pas, je viendrai voir demain comment tu te portes, me demanda-t-il finalement.

- D'accord, répondis-je rapidement, trop heureuse de savoir que j'allais de nouveau le revoir.

Il attendit que j'eus franchir le seuil de la maison avant de repartir rejoindre certainement son équipe. Je retrouvai Charlie quasiment dans la même position que lorsque je l'avais quitté, assis dans le salon, une bière à la main, sauf qu'il avait sorti de vieilles photos et qu'il les fixait à s'en bruler les yeux.

Je m'approchai et posa une main sur son épaule. Il ne bougea pas mais poussa un profond soupir.

- Ca me fait bizarre de me dire que je n'irai plus à la pêche avec lui, me dit-il.

- Je suis désolée, papa, fut la seule chose de réconfortant qui me vint.

Je m'assis à côté de lui et regardai les clichés. Sur l'un d'eux, je devais avoir dans les trois ou quatre ans et j'étais dans les bras d'un Père Noël. Je la pris pour la regarder de plus près : je ne la connaissais pas.

- Tu ne te rappelles pas, hein ? dit-il en riant doucement. Il s'était déguisé et il était venu t'apporter un cadeau. C'était avant que ta mère parte avec toi. Il t'appelait son petit ange.

Sa voix s'était cassée. Je reposai la photo et lui fis un baiser sur la joue. Il sourit et me regarda alors. Son visage changea soudainement d'expression.

- Bon sang, Bella, qu'est ce qui t'es arrivée ?, hurla-t-il.

- Pas aussi fort, Charlie, me plaignis-je en reculant un peu. J'ai un peu mal à la tête.

- C'est cet agent à la noix qui t'a fait ça ? continua-t-il, toujours aussi furieux.

- Edward ? Mais non. A la cabane, nous sommes tombés sur un voleur. Edward m'a sauvé la vie.

Je lui résumai alors brièvement la scène, évitant le passage où j'avais failli être violée et où j'avais vu mon propre révolver tout près de mon visage.

- Bon sang ! dit-il. Mais dans quoi s'était fourré Waylon ?

- Je ne sais pas, Charlie. Mais les Cullen semblent en savoir bien plus qu'ils ne veulent en dire.

- Cette histoire est trop dangereuse pour toi. Je ne veux plus que tu t'en occupes.

- Charlie, je suis adjointe du shériff, je te rappelle.

- Justement, et tu dois donc m'obéir. Arrête de te mêler de cette affaire et laisse faire la CIA. En attendant, avale deux autres aspirines et file te coucher. Tu ressembles à une morte vivante.

Je n'insistai pas. Charlie avait subi suffisamment d'épreuves aujourd'hui, il n'avait pas besoin que je lui tienne tête.

Avant de me coucher, je pris une douche. En me déshabillant, je retrouvai dans la poche de mon blouson le numéro de téléphone du certain STANLEY, la dernière personne que Waylon avait contactée. Je ne savais pas trop si j'allais pousser mon enquête plus loin : tout ce qui m'était arrivée m'avait secouée bien plus que je ne voulais l'admettre.

L'eau tiède sur mon corps me fit du bien. Elle me débarrassa de la sueur qui me collait à la peau.

Le lit sembla m'appeler. Je m'allongeai et sombrai immédiatement dans un profond sommeil.

Une brume lumineuse m'envahissait. J'aperçus une silhouette s'approcher de moi. Edward était là, le morceau de parchemin que j'avais volé sur le corps de Forges à la main.

- Tu m'as menti, Bella !, hurla-t-il. Pourquoi as-tu pris ce vélin ?

- Je suis désolée, le suppliai-je. Je voulais trouver son assassin.

- Et tu crois que tu es capable de déchiffrer toute seule. Pauvre idiote ! La solution est devant tes yeux et tu ne vois rien ! Si je ne retrouve pas qui l'a tué, ce sera ta faute, Bella Swan ! Pense un peu au mal que tu fais à ton père ! Crois-tu qu'il se remettra de la faute que tu as commise ?

Des larmes coulaient le long de mes joues. Je tendais les mains vers lui, désespérée.

- Je suis désolée, je voulais juste trouver l'assassin. Je voulais aider mon père.

Edward fonça alors sur moi. Ses lèvres s'aplatirent sur les miennes, chaudes et avides. Son corps se moula au mien, ses doigts emprisonnèrent mon visage. Je gémis de plaisir. Mon corps fut parcouru de frissons de plaisir. Mes doigts caressèrent son dos.

Ses mains descendirent doucement, passant sur ma poitrine pour poursuivre vers mon entrejambe. Je sentis alors un malaise et je tentai de m'écarter. J'ouvris les yeux et j'aperçus mon agresseur en face de moi.

- Tu aimes ça, sale petite p***, railla-t-il.

Je tentai de m'enfuir mais il se plaqua sur moi. Je sentis son souffle chaud contre mon cou.

- Stanley est la clef. Tu dois retrouver Stanley.

La voix n'était pas la sienne mais celle de Waylon Forges.

Je me réveillai en sueur, un cri étouffé au fond de ma gorge. La dernière image qui me restait était le morceau de papier.

Bien sur STANLEY, c'était tellement évident.

J'allumai ma lampe de chevet : il était quatre heures du matin. Je me jetai sur le livre de Jane Austen dans lequel j'avais caché le parchemin.

mALakh - crYST

NEphesh

Je pris un morceau de papier et un crayon et notai toutes les majuscules :

ALYSTNE

STANLEY quand je les remis dans l'ordre. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Stanley était la clef de tout.

Je maudis la lenteur de mon ordinateur et je me promis d'en racheter un d'ici la fin du mois. Quand je pus enfin avoir accès à Internet, je fis toutes les combinaisons possibles entre STANLEY et les trois mots du parchemin. Je finis de tomber sur l'organigramme d'une entreprise :

Jessica Stanley, laborantine.

Merde ! Sur toutes les STANLEY qui existent dans l'état de Washington, il avait fallu que je tombe sur Jessica.

Elle travaillait pour la Clinique du docteur Robert Ylang de prélèvement Sanguin et de recherche Thérapeutique :

C.R.Y.S.T.