~ Diptyque ~
Il fallut des mois avant qu'il n'arriva à tout raconter. Jamais il ne le fit en une fois ; il livrait de légers détails de temps à autre. Mais elle s'en contentait. Elle voyait que cela lui faisait du bien. Elle aussi se sentait rassurée, un peu plus à chaque confidence. L'intensité de sa douleur variait : cruelle, amère, caressante, sauvage... Il avait différents stade de crise, qu'elle supportait patiemment, sachant qu'il fallait obligatoirement en passer par là.
C'est ainsi qu'elle vendit sa liberté, poésie de l'Art. Elle qui était autonome, car n'avait pas d'idéal, et ne consacrait pas ainsi sa vie à la recherche d'un but qu'elle n'était même pas sûre de réaliser ; elle se trouva tout naturellement un objectif : devenir une femme forte pour Neji, afin de l'épauler toujours plus solidement, et qu'il ne cessât jamais de croire en elle ou ne subît une nouvelle fois une perte. Elle abandonna son indépendance d'existence.
Un jour qu'il se recueillait sur la tombe de son père, un jour où les âmes en peine faisaient tomber la pluie, il rencontra par hasard la famille la plus proche qui lui restait : son oncle, Hiashi Hyûga. Il ne s'énerva pas ; il n'avait même plus la force de le haïr. Ils discutèrent, hésitants tous deux. Il apprit que les deux frères n'avaient jamais cessé leur lien fraternel. Ils étaient restés proches, trop proches. L'oncle n'avait jamais pu faire cesser le chantage exercé sur Hizashi. Il s'en était toujours voulu, et sa honte augmenta, lorsqu'il s'aperçut de la raison que les entreprises de son clan, qui étaient au bord de la faillite, retrouvèrent étrangement leurs bénéfices après le suicide. L'assurance-vie qu'Hizashi avait contractée un peu avant sa mort avait servi à remonter l'affaire de son frère. Le seul moyen que l'oncle trouvât afin d'alléger sa peine fut de s'assurer que son neveu orphelin vivât décemment ; il lui paya tout ce qui lui était nécessaire pour survivre.
Ainsi, Neji avait vendu son âme au Diable. Il avait quitté ses ténèbres, qui bien que fatigantes, lui offraient une certaine sérénité. Pour Tenten, pour son sourire, il s'était engagé dans la Vie, ce démon. Il avait mis tout ce qu'il avait dedans ; tout ce qu'il était n'avait désormais plus d'importance.
Et ce sacrifice trouvait sa justification chaque matin, quand il voyait le bas de son visage se fendre quand, le tenant par la tige, il lui tendait un œillet rose.
~ Lexique des titres de parties : ~
Contre-jour :Phénomène optique dû à la présence d'un éclairage situé derrière l'objet ou la personne que l'on regarde. Ce dernier, ou cette dernière, devient totalement sombre et l'on ne distingue aucun ou très peu de détails. ( source )
Esquisse : Dessin préparatoire exécuté au crayon, au fusain donnant une impression d'inachevé. L'esquisse est le point de départ de la réalisation d'une œuvre et n'est pas un aboutissement. Elle sert à guider l'artiste jusqu'au travail final, sur un autre support. Certains artistes réalisent quelques dizaines d'esquisses avant de travailler sur un support définitif. ( source )
Camaïeu : Le camaïeu est une manière de peindre avec valeurs plus ou moins foncées d'une même couleur. ( source )
Glacis : Peinture dont les pigments sont très dilués et qui laisse apparaître par transparence les couches du dessous. ( source )
Embu : Matité locale due à une perte de liant des couches supérieures de la couche picturale. ( source )
Carnation : Nom qu'on donne, en peinture, aux parties du corps qui paraissent nues et sans draperie. ( source )
Diptyque : Oeuvre composée de deux parties pouvant éventuellement se refermer l'une sur l'autre. ( source )
