Ma toute première fic de Gundam Wing et sûrement pas la dernière, je peux vous l'assurer. Je suis devenue complètement accro à ce manga et surtout à Heero. J'aime tout en lui: de son physique plus qu'avantageux ( ne pas baver ne pas baver devant son postèrieur... trop tard !) à son caractère froid et indifférent à tout ce qui l'entoure. Je trouve que c'est un personnage trés complexe mais bon... on est pas là pour parler de cette bombe sexuelle.
Disclaimers: Ben... snif... les personnages de cette fiction ne... snif... vraiment... ? ... j'ai pas le droit... ? snif... siouplé... snif... ils m'appartiennent pas... OUIN !!!
Résumé: Heero Yui est un jeune dealer de 17 ans qui s'entend trés mal avec ses parents adoptifs. Il commet vols sur vols et est devenu un peu comme le petit "chouchou" du flic qui s'occupe de son cas à lui et sa bande. Mais un jour, il rencontre Duo Maxwell, adolescent de 15 ans et en tombe amoureux. Mais c'est sans compter sur les parents et le frère de ce dernier qui voient trés mal le petit dernier de la famille s'enticher d'un dealer.
couples: 1x2, 3x4
bêta-lectrice: Noan
Chapitre 7.
Heero regarda sa montre pour la énième fois depuis le début de l'après-midi, un air de profond ennui affiché sur ses traits asiatiques. Il soupira en constatant que seulement deux minutes étaient passées depuis la dernière fois où il avait jeté un coup d'oeil à la petite pendule. Les secondes semblaient passer comme des minutes, et les minutes en parassaient des heures. Il avait l'impression étrange et agaçante que le temps avait fait un arrêt sur pause, et ce dans le seul but de l'énerver.
A ses côtés, Trowa était allongé de tout son long sur la table, ayant l'air de quelqu'un faisant un effort considérable pour ne pas s'endormir. Il regardait d'un oeil morne l'enseignante qui déblatait vivement son cours sans même se rendre compte que très peu d'étudiants suivaient ce qu'elle disait. Il s'amusait aussi à souffler sur sa mèche qui se soulevait légèrement à chaque fois. Et derrière eux, Wufei s'amusait à dessiner une carricature de l'enseignante pendant que Réléna écoutait son mp3 dont les écouteurs étaient cachés par ses longs cheveux blonds. En bref, tous s'ennuyaient ferme.
Heero n'avait jamais aimé les cours, il les avait toujours passés à se morfondre sur sa table, n'écoutant pas un mot de ce que pouvait raconter l'enseignant ou l'enseignante. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il avait pris l'habitude de les sécher et, à la pace, de se rendre à la planque où il retrouvait toujours les autres membres du groupe. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, il n'avait jamais aimé ni l'école ni ceux qui y travaillaient. Ils lui avaient toujours paru comme des hypocrites, exactement comme tous ces gens qui l'avaient ramené à l'orphelinat malgré leur promesse de ne jamais l'abandonner. Tous des menteurs, tous des adultes.
Mais désormais, il avait une raison de venir au lycée et la plus belle qu'il soit. Une raison aux magnifiques yeux améthystes et à la longue natte châtain, une raison qui faisait battre son coeur comme jamais ça ne lui était arrivé, une raison qui s'appelait Duo. Duo... Un prénom orginal et spécial pour lui, tout aussi original que la personne qui le portait. Un prénom à l'effigie de son propriétaire, un prénom à l'effigie d'un ange.
Un sourire nacquit sur les lèvres du japonais alors que l'image de Duo lui venait à l'esprit. Il le voyait tout de blanc vêtu, sa longue natte caressant la courbe de ses reins, de grandes et magnifiques ailes blanches se déployant dans son dos. Oui, Duo était un ange, il était même le plus bel ange au monde. Il soupira légèrement en repensant à ses lèvres sur les siennes, il en avait encore le goût; et même s'il n'avait s'agi que d'un simple frolement de lèvres, il avait été le plus doux et le plus beau des baisers qu'il ait jamais eu la chance de goûter. Un baiser qu'il avait volé et il ne le regrettait pas. Voler un baiser au jeune homme avait été son plus grand désir et s'il pouvait voler son coeur alors il serait comblé.
Depuis le début de l'aprés-midi, Heero ne cessait d'y repenser. Peut-être aurait-il dû se réfreiner, s'en empêcher. Peut-être n'aurait-il pas dû être si direct... Maintenant, il n'était plus sûr de rien. C'était bien la première fois que ça lui arrivait d'ailleurs. Il avait toujours été quelqu'un sûr de lui malgré tous les rejets dont il avait bénéficiés durant toute son enfance. Mais aujourd'hui, Heero craignait plus que tout un rejet du natté. Après tout, peut-être s'était-il trompé ? Peut-être Duo ne ressentait-il rien pour lui ? Peut-être qu'il ne viendrait pas non plus au rendez-vous malgré sa promesse de s'y rendre ?
Son coeur se serra à l'idée que Duo puisse ne rien ressentir à son égard. Si c'était le cas, il ne le supporterait pas et en mourrait certainement. Maintenant qu'il savait ce qu'était l'amour, ce que ça pouvait signifier, il arrivait mieux à comprendre ce que pouvaient ressentir tous ceux qui en avait fait l'expèrience. Il pouvait comprendre la peur du rejet, le doute... Mais il pouvait également comprendre cette sensation de bonheur qu'ils disaient tous ressentir, ce désir incommensurable d'être avec l'être aimé. Lui même ne souhaitait qu'une chose: être avec Duo.
Pourtant, il les avait toujours méprisés pour leur stupidité à croire en cette chose immonde que tous appelaient amour. Ce mot lui avait toujours inspiré de la haine et du dégoût, certainement à cause de son peu d'expèrience en la matière. Il n'avait jamais eu droit à aucun amour quelqu'il soit. Il n'avait pas eu l'amour d'une mère qui serait venue le bercer tendrement la nuit parce qu'il aurait fait un cauchemar, il n'avait pas eu l'amour d'un père qui lui aurait appris à faire du vélo...
Mais il avait fini par tomber dans le piège de cette chose en laquelle il n'avait jamais crue. Lui qui n'avait toujours cru qu'au sexe et à la non-relation s'était retrouvé pieds et poings liés par l'ivresse de ce sentiment. Mais il ne le regrettait pas: aimer Duo était la plus belle chose qui lui soit jamais arrivée.
De là où il était, Heero pouvait voir le cerisier sous lequel il avait donné rendez-vous à son ange en fin d'après-midi. Toute la journée durant, il l'avait cherché dans le bâtiment mais en vain. Il avait au moins espéré le voir au refectoir à la pause de midi mais cet imbécile de Merquise l'avait retardé à la fin du cours pour, en fin de compte, lui donner un devoir supplémentaire à faire sur l'instant. Il avait ainsi passé trois quart d'heure à se morfondre sur sa table, ne touchant pas une seule fois à la feuille que le jeune homme lui avait donnée. Et quand il y était arrivé, il n'était pas là. Il avair certainement dû le manquer. Le comble avait été lorsque Trowa lui avait avoué l'avoir croisé le matin même. Sur le coup, Heero aurait bien tué son meilleur ami.
Mais le fait était là, Trowa avait enfin vu Duo et avait pu lui donner un avis. Les seuls mots qui étaient sortis de la bouche du mêché avaient été grognon, sale caratère, grande gueule et quelque peu gamin. Mais il avait dû admettre qu'il était plutôt mignonet qu'il avait un certain charme. Le français lui avait ensuite raconté comment Duo l'avait agressé dans le couloir parce qu'il avait bousculé son adorable ami, et Heero ne l'en aimait que plus. La seule chose qu'il n'avait pas compris, c'était l'utilistaion du mot adorable. Il aurait voulu demander des détails à son ami mais Wufei et Réléna étaient arrivés à se moment là, en pleine dispute à cause d'une histoire de chaussures que la blonde aurait vue et qu'elle aurait voulu acheter. Apparemment, le chinois l'avait critiquée sur son bon goût.
" Mais qu'elle se taise ! se lamenta son meilleur ami, le tirant de ses pensées. Elle devrait-être interdit d'enseigner tant ses cours son abominables."
" Si tu veux mon avis, y a pas que ses cours qui son abominables ! lança Wufei. T'as vu la couleur de ses collants ? C'est inhumain de porter ça."
Heero sourit, jetant un coup d'oeil à la dite couleur des collants. En effet, ils étaient verts gazon. Il ricana, basculant la tête en arrière pour que le chinois l'entende.
" Au moins on a pas droit à la vision de ses affreuses jambes. Ca nous évitera de faire des cauchemars cette nuit."
Les trois garçons partirent dans un fou rire silencieux, s'attirant quelques regards noirs de la part des étudiants. Au rang juste devant eux, un élève se retourna, l'air passablement énervé.
" Vous pourriez vous taire, s'il vous plait ?" s'exclama-t-il, les lèvres retroussées par l'agacement.
D'un même mouvement, Trowa et Heero se tournèrent vers l'adolescent, le regard neutre. Le jeune homme avait les cheveux châtain tirant presque sur le roux et ses yeux étaient d'un bleu électrique. Heero le reconnu immédiatement comme étant le petit nouveau. Il avait intégré le lycée au cours de la semaine précédente.
" Oh pauvre petit bout, quels mal élévés nous sommes !" lança le français, montrant clairement qu'il n'était pas même désolé.
Le jeune homme fronça des sourcils alors que Wufei ricanait et qu'un sourire amusé naisssait sur les lèvres de 'Léna qui, malgré ses écouteurs, avait réussi à suivre les échanges depuis le début. Un sourie mauvais apparut sur les lèvres du japonais.
" Tu te rends compte Trowa ? On a dérangé sa pauvre seigneurie Monseigneur Maxwell. Toutes nos excuses, Votre Majesté."
La dite Seigneurie voulut répliquer mais son voisin de table l'en empêcha. Il se pencha sur lui et lui souffla quelque chose à l'oreille. Maxwell leur lança alors un regard dédaigneux et retourna à l'écoute de l'enseignante.
" Ben y en a qui sont vraiment pas courageux ! s'exclama le chinois. On fait si peur que ça ?"
" Faut croire !"
" Rectification ! intervint Réléna. Vous faites peur, moi pas ! Je suis trop parfaite."
" Mon coeur, va te faire foutre !"
" Mais c'est quand tu veux mon chéri."
" Oh par pitié, au nom de la sensibilité de certaines personnes, évitez de nous déblater votre vie sexuelle ! Je vais en faire des cauchemars tant les visions qui m'assaillent sont affreuses !"
" T'as qu'à pas écouter Yui !"
" J'y peux rien si vous gueulez ça dans toute la classe."
" Ben voyons ! Maintenant c'est notre faute !"
" Techniquement oui ! lança Trowa. C'est vous qui avez glissé le détail sexe dans la conversation."
" La ferme, Barton !"
" Non Wufei, toi ferme ta gueule !"
" Et termine ton merveilleux dessin, comme ça ça nous fera des vacances." ajouta le japonais.
" On va changer quelques points ! Vous, fermez votre gueule et retournez à vos rêveries mutuelles !"
" Hn."
Un nerf de la tempe du chinois se mit à battre frénétiquement à ce son.
" Et commence pas avec tes Hn sinon je t'en fous une !"
Trowa ricana alors que Heero se tournait vers le chinois.
" Hn."
Puis il regarda devant lui au moment même où l'enseignante de littérature arrivait à leur hauteur. Les mains sur les hanches, ses yeux lançant des éclairs, son chignon relevé sur la tête, elle avait un air sévère. Toutes les têtes étaient tournées vers eux. Les quatre adolescents redressèrent la tête vers elle.
" Peut-être que Messieurs Yui, Barton et Chang, ainsi que Mademoiselle Peacecraft, pourraient nous éclairer tous sur ce qui attire autant leur attention."
" Pas vous heureusement !" souffla Trowa, faisant rire ses trois amis.
La vieille femme rougit légèrement mais se reprit rapidement.
" Vous êtes ici dans un cours de littérature, pas dans un zoo."
" Vous êtes sûre ? demanda Heero. Avec vos pattes d'éléphant pourtant, j'aurais juré que..."
" ...c'était le cas !" termina la blonde.
" Petits effrontés que vous êtes ! Vous n'êtes que des voyous, un amassis de sales gamins, un... un... un..."
" C'est bien professeur, vous savez au moins compter jusqu'à un, c'est déjà un gros effort en soit." plaisanta le français.
" Sauf qu'après il y a deux, puis trois, puis vient quatre, suivit de cinq..."
Ils éclatèrent de rire pendant que la vieille femme se mettait à trembler. Elle tituba, se rattrapant au bureau derrière elle, respirant bruyament. Elle finit par se redresser, prenant une grande respiration.
" Je passe l'éponge pour cette fois, mettant votre comportement puérile sur vos antécédants familiaux. Mais sachez que la prochaine fois, je serai beaucoup moins gentille et compréhensive qu'aujourd'hui."
" C'est marrant, commença Wufei, elle avait pas déjà dit ça la fois dernière ?"
" Hmm... feint de réfléchir le français, si il me semble. Et la fois d'avant aussi."
" Et la fois d'encore avant." rajouta la jeune femme.
" Ouais, à bien y réfléchir elle le dit tout le temps quoi." en conclut Heero.
Il sourit d'un air mauvais devant le regard déconfit de l'enseignante, et il savait que ses trois amis avaient le même regard que lui. C'était tellement jouissif de rabaisser l'un de ces fichus adultes qui se croyaient toujours supèrieurs aux plus jeunes. La vieille femme fronça dangereusement les sourcils et reprit d'un ton sec.
" Mais la prochaine fois sera la bonne, croyez-moi !"
" Elle l'avait pas déjà sortie, celle-là aussi ?" demanda Trowa en se tournant vers Heero.
" Laisse tomber, elle nous ressort le même baratin à chaque fois."
Au même moment, la sonnerie annonçant la fin des cours retentit dans le bâtiment; mais personne ne bougea attendant de voir la suite des évènements. Les yeux de la vieille femme luisaient d'une colère mal cachée.
" Je crois que vous avez gagné, messieurs. Je vais parler de votre comportement à la proviseure et envoyer un courrier à vos parents. Et il en va de même pour vous, Miss Peacecraft."
" Perso j'en ai rien à foutre, s'exclama Trowa en haussant les épaules. Je sais pas qui vous allez bien pouvoir prévenir de mon comportement en classe vu que je n'ai pas de parents."
" Fais gaffe, elle pourrait bien mettre Jack au courant"
" Et qu'est-ce qu'il va faire ? Me faire passer la nuit au poste ?"
Wufei rit.
" Je vois ça d'ici, ce qu'il va ajouter à ton dossier: Trowa Barton, passe la nuit au poste pour ne pas avoir écouté son professeur pendant le cours de littérature."
Le professeur fronça les sourcils avant de retourner à son bureau. Les élèves la fixèrent du regard, curieux de savoir ce qu'elle allait dire maintenant.
" Eh bien, dans ce cas, vous me ferez une dissertation Mr Barton. Sur le sujet suivant: Le rôle des parents dans l'éducation des enfants. Vous devriez avoir de nombreuses choses à dire, en comparant votre comportement à celui de vos camarades qui, eux, ont été éduqués par leurs parents."
Trowa haussa un sourcil.
" Il peut bien comparer avec nous aussi, qui avons des parents mais qui sommes mal élevés. Non ?" demanda Heero sur le ton de l'évidence.
" Oui, ça devrait être marrant. Le sujet porterait sur les parents qui ne savent pas s'occuper convenablement de leurs enfants." dit le chinois.
" Et ceux qui les abandonnent." ajouta Réléna.
" Ou encore ceux qui ne sont pas vraiment des parents mais qui font tout comme."
" En gros, je porterai ma dissertation sur les agissements des adultes, selon qu'il sont responsables ou non de leurs actes."
" N'oublie de rajouter que leur spécialité c'est le mensonge, ça donnera bien de leur mettre sous les yeux ce qu'ils sont vraiment."
" Ma dissertation est toute faite. Je sens que je vais m'éclater à la faire."
" En plus, t'auras de l'aide de tous tes potes; lesquels ont de nombreuses choses à dire sur le sujet."
Ils se levèrent et ramassèrent leurs affaires.
" Ou croyez-vous aller ? Je n'ai pas encore donné les devoirs à faire pour le prochain cours." lança la femme d'un ton sec.
" Pff... Pour ce qu'on en a à faire. Et puis, vous oubliez qu'on a une dissertation à faire."
" Oui, elle est peut-être pour Trowa mais on peut bien lui donner un coup de main."
Et sur ce, ils sortirent de la classe. Le couloir était déjà bondé d'étudiants sortant de cours et se rendant à leur casier pour récupérer leurs livres et cachiers. Ils avancèrent parmi la foule qui se dirigeait en sens inverse, se dirigeant vers la sortie.
" Mon père va me tuer !" souffla Réléna tout à coup.
" Tsss, tu parles, c'est qu'un gros bouffon ! Tout ce qui compte pour lui ce sont ses actions en bourse alors d'ici à ce qu'il s'intéresse à ce qu'il se passe dans ta vie..."
" Ouais certainement... Mais sait-on jamais, il pourrait m'empêcher de sortir de ma chambre."
" Alors je viendrais t'enlever sur mon cheval blanc comme le ferait tout prince charmant avec sa ravissante princesse prisonnière de sa méchante belle-mère."
" Je ne te savais pas si bon prince, mon coeur."
" Ah, c'est une facette de moi que je n'aime pas montrer. Mais il faut savoir faire des choix et des concessions dans la vie."
Heero secoua désespérément la tête et jeta un coup d'oeil à son meilleur ami qui faisait semblant de vomir. Il ricana avant de réaliser soudain quelque chose. Il regarda sa montre, son coeur battant à tout rompre. Il était 17h04.
" Merde, merde, merde, merde, merde, merde, merde et remerde !!!"
Ses trois amis se tournèrent vers lui avec curiosité.
" On sait que tu nages dans la merde depuis ta naissance Yui, pas la peine de nous le répéter."
Il se reçut un regard noir à ses mots et recula d'un pas.
" Oula, du calme, je plaisantais. T'es à cran en ce moment, ce serait pas à cause de ton merveilleux natté d'ailleurs ?"
Réléna lui écrasa violemment le pied.
" Aie, mais t'es pas bien ?"
" Plaisante pas avec ça, crétin !"
" C'est pas ma faute s'il vire chelou depuis qu'il s'est pris les pieds dans le filet."
" Je te signale que toi aussi tu t'es pris les pieds dedans, Chang !" grogna Trowa.
" Oui, mais moi je vire pas désespéré comme lui. Aieeeeeuuuuu, mais arrête de me marcher sur le pied !"
Mais Heero n'écoutait déjà plus ce qui se disait. Il jeta un coup d'oeil à la fenêtre la plus proche et balança son sac au français qui sursauta presque en le receptionnant. Il ne l'avait pas vu arriver, c'est pourquoi il s'étonna de l'avoir attrapé au vol.
" Je vous rejoins à 19h à la planque, attendez-moi avant de commencer quoi que ce soit."
" Et qu'est-ce que tu veux que je face de ton sac ?"
" Je le récupèrerai ce soir, t'inquiètes."
" Ah bah, c'est du joli ça ! Maintenant, on joue les boniches. J'espère pour toi qu'il en vaut le coup Yui !"
Ce dernier lui sourit.
" Tu peux pas imaginer, Chang !"
Et sans attendre de réponse, il prit le couloir en sens inverse et courut jusqu'au lieu du rendez-vous, bousculant quelques personnes qui râlèrent et grognèrent sur le chemin. Mais il n'y fit pas attention, qu'est-ce qu'il en avait à faire de toute façon de tous ces nazes ? Quand il déboucha dans la cours, le vent vint le frapper de plein fouet, décoiffant ses cheveux plus qu'ils ne l'étaient déjà et le forçant à fermer les yeux un court instant pour éviter d'y recevoir une quelconque poussière. Il traversa rapidement la zone jusqu'au cerisier sous lequel il avait fait promettre à Duo de le rejoindre.
Curieusement, le natté n'était pas encore arrivé et Heero jeta un coup d'oeil à sa montre, constatant qu'il y avait déjà presque dix minutes que la sonnerie annonçant la fin des cours avait retenti. Certainement qu'il était en retard lui aussi à cause d'un enseignant débile qu'il l'aurait retenu à la fin de la leçon. Du moins, c'était ce dont il essayait de se convaincre, en venant à espérer très fort que c'était ça et que Duo viendrait. Mais il ne voyait pas pourquoi il ne serait pas venu alors qu'il lui avait fait promettre. Il lui avait fait promettre et Duo avait promis, donc il viendrait ! ...
Cependant, les minutes continuaient inéxorablement de défiler et il n'était toujours pas là. Déjà, le lycée se vidait et quasiment tout le monde était parti. Il soupira, se laissant aller contre l'arbre, bras croisés sur la poitrine. Il bascula la tête en arrière, laissant le vent venir à nouveau fouetter son visage, avant de la secouer, ses cheveux glissant devant ses deux orbes cobaltes. Il regarda les derniers étudiants quitter l'endroit et posa à nouveau les yeux sur la petite pendule à son poignet.
Il eut un rictus et ricana; finalement, il avait été stupide de croire qu'il viendrait. Malgré sa promesse. L'espoir, ça le faisait bien rire. Il s'était toujours interdit d'espérer et de faire confiance aux autres, et ces derniers temps, il avait oublié cette promesse faite à lui-même alors qu'il n'avait que sept ans. Parce que Duo en vallait la peine. Enfin, c'était ce qu'il avait cru. Et voilà où ce fichu espoir l'avait mené: à attendre somme un con sous un putain de cerisier. A attendre que Duo vienne. Mais il ne viendrait pas, Duo lui avait menti; il lui avait menti alors qu'il lui avait dit qu'il l'aimait. Mais les anges ne mentent pas. Duo n'en était-il donc pas un ?
Il se décolla de l'écorce et, brusquement, frappa violemment dedans. Mais quel con il faisait. Ne jamais espérer, ne jamais croire, ne jamais attendre quelque chose d'autrui, ne jamais te reposer que sur toi-même Heero. Comment avait-il pu être assez stupide pour l'oublier ? La colère montait crescendo en lui, encore une fois on l'avait trahi; mais la trahison de Duo était, sans aucun doute, la plus douloureuse de toutes les trahisons qu'il avait eues à subir.
" KUSO !"
" En voilà un bien vilain mot."
Le japonais fronça dangereusement les sourcils et se tourna vers le nouveau venu.
" Qu'est-ce que tu veux, Merquise ?"
" Oula jeune homme, on se calme ! Je suis venu voir ce que tu faisais encore ici ?"
" Pourquoi ? On est en démocratie, à ce que je sache !" lança-t-il avec agacement.
Zechs ne se démonta pas pour autant.
" Tu attendais quelqu'un peut-être ?"
Une lueure inquiétante fit son apparition dans les yeux du terminale.
" On dirait que j'ai touché un point sensible."
" Va te faire foutre !"
Il lui tourna ainsi le dos et s'engagea sur le chemin de la sortie.
" Te montrer agressif et violent ne t'aidera pas toujours, Heero, bien au contraire. Ton agressivité est ta faille, et ceux qui te connaissent le savent."
L'adolescent renifla avec dédain.
" Comme si tu me connaissais ! Le problème, Merquise, c'est que tu ne sais rien de moi. Alors, au lieu de te mêler de mes affaires, occupe-toi d'abord des tiennes !"
Et il partit, encore plus furieux si c'était possible. Mais sa colère ne semblait pas vouloir s'extèrioriser; elle était là, en lui, grandissante, mais elle ne voulait pas sortir. Heero aurait pu dire qu'il avait mal mais ça aurait été mentir. Il n'avait pas mal, il était enragé. Et plus que ça, il était dégoûté de lui-même, de lui-même et de sa stupidé à avoir espéré, dégoûté d'avoir donné sa confiance à Duo. Duo... Il l'aimait, il en était certain, mais à présent il le détestait également. Il le détestait autant qu'il l'aimait. Comment pouvait-on autant aimer et hair une personne ? Il aurait mieux fait de se crever les yeux et de s'arracher le coeur le jour où il l'avait vu pour la première fois. Il bouscula quelqu'un mais traça sa route, les mains dans les poches.
" Oh, ça te tuerait de t'excuser ?"
Il fit demi-tour sur lui-même, ses yeux lançant des éclairs. Une véritable tempête se déchaînait dans ses yeux, une tempête noire et violente, une tempête puissante et dangereuse. Devant ce regard orageux, le jeune homme qui l'avait interpelé perdit toute son assurance.
" Euh... ça va aller, t'inquiètes... c'est pas grave..."
Le japonais ne broncha pas et se remit en marche. Plus jamais ! Plus jamais il ne voulait le voir. Parce qu'il savait que s'il était en colère maintenant, la peine et la douleur finiraient pas prendre le dessus à un moment ou à un autre. Et il ne voulait pas le montrer à Duo, il ne voulait pas qu'il pense qu'il avait réussi à l'atteindre. Et lui-même ne voulait pas se laisser dévorer par la peine; il avait trop souvent donné lorsqu'il était enfant pour pouvoir laisser la douleur l'envahir. Encore.
Il entra chez Suzane et Odin en claquant la porte sans même s'en rendre compte. En définitive, il avait toujours eu raison: l'amour c'était pathétique. Et c'était un mensonge. L'amour ça n'existait pas. Ce n'était qu'une illusion par laquelle les gens se laisser berner pour avoir le sentiment de représenter quelque chose dans ce monde horripilant. Pour avoir l'impression qu'on tenait à eux. Oui, c'était pathétique. Lui n'avait besoin de personne, pas même de Duo. Duo n'était rien, rien d'autre qu'un menteur. Un menteur et un traitre.
" Eh bien, qu'est-ce qu'il t'arrive ? Ca te prend souvent de rentrer en claquant les portes ?" lui demanda Suzane en sortant de la cuisine.
Il lui lança un regard meurtrier qui la fit reculer d'un pas. Un regard glacial, polaire, un regard dangereux. Un regard bien différent de celui indifférent qu'il lui réservait en temps normal. Et le ton qu'il employa quand il s'adressa à elle était encore plus tranchant qu'une lame de rasoir.
" Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié: je ne suis pas chez moi ici ! Ben, ne t'en fais pas chère maman, je reste pas. Je prends des affaires et j'me casse."
L'adulte pâlit considérablement, ses épaules se mettant à trembler légèrement.
" Où... où est-ce que... tu vas ?"
" Loin d'ici !"
Il s'engagea dans les escaliers.
" Pour... pourquoi ? Qu'est-ce qu'on t'a fait, Heero ? Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me détestes tant ?"
Mais il était déjà arrivé à l'étage et il se rendit à sa chambre où il s'affaira à mettre rapidement des vêtements dans un sac à dos. Il saisit ses clés de moto sur son bureau et retourna dans le couloir. Suzane était là, les larmes aux yeux.
" Dis-m... dis-moi au moins où tu vas..." sanglota-t-elle, lui bloquant le passage.
" Dégage !"
" Non ! Pas avant que tu m'ais dit où est-ce que tu allais !"
" Pour quoi faire ? Pour qu'ensuite tu puisses appeler votre grand copain, l'inspecteur Jack Bristow, et qu'il vienne m'y chercher ? Désolé, ça me tente pas. Maintenant dégage !"
" Sinon quoi ? Tu vas faire quoi, me frapper ?"
Un sourire haineux nacquit sur ses lèvres et Suzane prit peur. Elle n'avait jamais vu Heero dans cet état, et elle commençait à penser qu'elle était allée trop loin. Heero ne lui était jamais apparu aussi redoutable. Elle chancela, épouvantée par la lueure assassine dans les yeux cobaltes. Elle n'eut pas le temps de réagir, le jeune homme lui avait brutalement attrapé le bras et la jeta âprement contre le mur. Elle s'affala au sol, grimaçante, et poussa un gémissement de douleur.
" Ne te mets plus en travers de mon chemin Suzane, sinon tu pourrais le regretter !"
Il emprunta à nouveau les escaliers, mais cette fois dans le sens inverse. Suzane se releva tant bien que mal, des larmes cristalines glissant à présent sur ses joues devenues très blanches. Elle ne réfléchit pas une seule seconde, elle ne voulait pas qu'il parte. Pas quand il était dans cet état, il pourrait ne pas revenir, elle le savait. Et il pourrait tuer quelqu'un... Elle se rendit à la hâte à la cuisine où Heero était occupé à fourrer des paquets de biscuits et une bouteille de pepsi dans son sac à dos.
" Heero, je t'en prie... où que tu veuilles aller, n'y... n'y va pas."
" Tu veux vraiment savoir où je vais ?"
Elle cligna un instant les paupières, surprise par le ton doucereux qu'il venait de prendre. Il s'approcha d'elle et ne s'arrêta qu'à seulement deux petites centimètres de son visage. Elle tremblota davantage.
" Je vais là où je verrai pas ta sale gueule d'hypocrite."
Elle ferma les yeux pour ne plus voir la haine dans son regard; mais quand elle les rouvrit, il n'était plus là. La porte d'entrée claqua une nouvelle fois, et le bruit de moteur qu'on entendit dans l'allée lui prouva qu'il était bel et bien parti.
--- GW ---
" Mais c'est quoi ton truc ?" s'exclama Dean, furieux, en jetant ses cartes sur la table.
Encore une fois, Jay avait gagné la partie -pour la sixième fois consécutive- et ça l'agaçait. Will pouffa, se moquant de son ami qui ne cessait de promettre à chaque nouvelle partie au vainqueur une défaite cuisante mais qui à chaque fois se rétamait. Trowa sourit devant le regard assassin que le noir lança au plus jeune.
" C'est pour ça que je veux jamais jouer contre Jay." dit Yoann en relevant la tête du magasine de voiture qu'il était en train de lire.
" Le pire c'est encore de jouer contre Dean: à chaque fois que tu gagnes t'as le droit à te faire fusiller du regard." plaisanta Trowa.
" De toute façon, c'est nul comme jeu ! dit Wufei. Regarder des cartes et les balancer sur une table, c'est pas vraiment fun."
" Parce que se rendre au lycée c'est fun, peut-être ?" s'offusqua Jay.
" Ouais, tu peux pas imaginer à quel point c'est jouissif de faire chier les profs."
" D'autant plus qu'on écoute jamais, ajouta Réléna. Heero rêvasse, Trowa pousse des soupirs à fendre l'âme et Wufei dessine."
" Vous glander, quoi." conclut Will.
" Exactement."
" Et Léna, elle fait quoi ?"
" J'écoute mon MP3."
Au même moment, Heero entra dans la pièce, son casque et un sac à la main qu'il balança sur le canapé.
" Oh, voilà Roméo !"
" Ta gueule Wufei !"
Le japonais se rendit dans la pièce contigüe, là où ils dormaient quand ils passaient la nuit ici. Le groupe d'amis se jeta un coup d'oeil interloqué. Il était rare de voir Heero s'adresser à Wufei en utilisant son prénom; entre eux, c'était comme un rituel d'utiliser le nom de l'autre quand ils se parlaient. C'était leur manière à eux de se montrer leur affection. De plus, l'asiatique semblait être d'une humeur exécrable, signe que quelque chose n'allait pas. De toute sa vie, il ne s'était montré aussi détestable qu'avec Odin et Suzane, Bristow, Merquise et Kushrinada... En fait, avec tout le monde excepté ses amis.
" Qu'est-ce qui lui prend ?" s'étonna Will.
Réléna avisa le français, lui faisant comprendre qu'il devait y aller. Ce dernier opina de la tête et, sous l'oeil curieux de la bande, rejoignit son ami dans la chambre. Immédiatement, Dean se leva pour aller écouter à la porte.
" Dean, tu retournes poser tes fesses sur cette chaise !" ordonna le chinois.
" Vous voulez pas savoir ?"
" Ca le concerne !" répondit Réléna.
" Quoi ? Mais Trowa..."
"... Est son meilleur ami, termina Wufei. On saura en temps et en heure. Pour le moment, laisse Trowa régler ce problème."
L'adolescent roula des yeux et, d'un air boudeur, retourna sur sa chaise.
Heero ne releva pas la tête lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, ni même lorsqu'elle se referma. Immanquablement, il s'agissait de Trowa. Allongé sur son matelas, les yeux fixés sur le plafond gris, il tentait de se calmer et, surtout, de se vider l'esprit. Il ne voulait plus penser à lui, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Depuis qu'il était parti de chez Suzane et Odin, son image ne cessait de passer et repasser en boucle. Ses yeux, son nez, ses lèvres, sa natte... Il les revoyait précisément, comme si Duo était juste en face de lui en ce moment. Mais Duo n'était pas là, il n'était même pas venu.
Il sentit son matelas s'affaisser sous le poids de quelque chose et se tourna vers Trowa.
" Tu ne me lâcheras donc jamais ?"
Le français lui sourit.
" Si je faisais ça, je ne jouerais pas mon rôle de meilleur ami au sérieux, tu ne crois pas ?"
Le japonais haussa les épaules, retournant à sa contemplation du plafond.
" Certainement..." dit-il dans un souffle.
Un silence pesant s'installa dans la pièce, Trowa se contentant d'observer minutieusement Heero. Ce dernier ne laissait voir aucune émotion particulière, mis à part une grande lassitude. Mais Trowa le connaissait suffisament pour dire que son ami était bien plus que blasé; la petite colère qu'il avait poussée 2 minutes plus tôt en entrant dans la planque en était la preuve.
" Dis-moi sur qui tu as passé ta rage avant de venir ?"
" Je suis si transparent que ça ?"
" Pour moi, t'es casper en personne."
Un petite sourire apparut sur les lèvres du japonais avant qu'il ne réponde.
" Suzane. Je crois que j'y suis allé un peu fort d'ailleurs... Mais bon, si elle arrêtait de vouloir me retenir à chaque fois aussi..."
" C'est Suzane, elle veut jouer le rôle de la mère protectrice."
" Sauf que c'est pas ma mère."
" C'est pas moi qui vais te contredire."
" Dis-moi Trowa, tu penses souvent à tes parents ?"
" Je n'en garde pas beaucoup de souvenirs, si tu veux savoir; après tout, je n'avais que six ans. Quand j'y pense, je ne sais pas comment j'ai fait pour survivre seul dans la rue, comme je l'ai fait. Tout ce que je sais, c'est que c'était mieux que la DDASS ou que l'orphelinat."
" Mouais, t'as pas tort."
" Pourquoi ces questions ?"
" Pour rien. Je sais pas vraiment en fait, la question m'est venue comme ça."
Un nouveau silence s'installa entre les deux amis, plus long que le précédent. A nouveau, ce fut Trowa qui le rompit.
" Ca s'est si mal passé que ça ?"
Heero n'eut pas besoin de lui demander de quoi il parlait, il savait que le sujet finirait par tomber.
" Pas vraiment, répondit-il. En fait, il s'est rien passé du tout: il est pas venu."
Le français ne répondit rien, ne sachant absolument pas quoi dire. Juste que si Heero le voulait bien, il irait se charger du cas de ce sale gamin. Personne ne faisait du mal à ses amis sans en subir les conséquences. C'était l'adage du groupe: quiconque faisait du mal à l'un d'eux leur faisait du mal à eux aussi. Ils étaient une famille, et Heero était son frère jumeau. Et il avait subi trop de trahison depuis sa toute petite enfance.
" Je vois pas pourquoi ça m'étonne de toute façon; ce que je ne comprends pas, c'est comment j'ai pu baisser ma garde à ce point, comment j'ai pu lui faire confiance."
Il ricana.
" C'est ironique, non ? Moi qui ne donne pas si facilement ma confiance, je la lui ai donnée alors que je ne le connaissais pas. Et le pire dans tout ça, c'est que j'essaie de me convaincre que je suis en colère contre lui; mais pour dire vrai, c'est contre moi-même que je suis le plus furieux."
" Je me sens le coeur charitable ce soir, si tu veux."
Heero fronça les sourcils.
" Je vois pas le rapport."
" Bhen, je veux bien te servir de punching ball. C'est pas ce que ferait un meilleur ami ?"
" Sûrement, sauf que moi, en tant que tu es aussi mon meilleur ami, je ne me vois pas capable de t'en foutre une. L'idéal, ce serait de me fournir Kushrinada sur un plateau d'argent."
" Je crains que ce ne soit guère possible, cependant. Du moins pas ce soir, mais demain si tu veux."
" Et pour ce soir, tu proposes quoi ?"
" Une petite virée en boîte ça me tente bien. Qu'est-ce que t'en dis ?"
" Hn, pourquoi pas."
" C'est pas vrai ça ! Tu sais pas tenir une conversation sans prononcer une seule fois un 'Hn' ?"
" Faut croire que non."
Trowa secoua désespérément la tête alors que la porte s'ouvrait sur Wufei.
" Roméo et Mercutio ont-il terminé leurs petites cachoteries pour qu'enfin on puisse préparer notre soirée ?"
" Oui Benvolio, chère cousin. Et le programme de ce soir est déjà tout choisi."
" Voyez-vous cela ? Et de quoi s'agit-il ?"
" Ce soir, on sort en boîte !"
Heero avait été persuadé que cette sortie l'aiderait à faire disparaître sa colère et, surtout, qu'elle l'aiderait à oublier Duo. Mais c'était une belle erreur de sa part. Adossé contre le mur de brique, en dehors de la boîte, il fumait une cigarette, tête renversée, repensant aux évènements de la soirée. Quand il avait vu cette fille se déhancher sur la piste, il n'avait pas pu s'empêcher de la dévorer des yeux. Ses longs cheveux bruns ondulaient dans son dos au rythme de ses mouvements. Il s'était levé et avait entamé une danse provocatrice avec la jeune fille, puis une seconde danse avait suivi, et une troisième, et une quatrième... Jusqu'à ce qu'il l'emmène dans un coin.
Il avait glissé ses mains sur son corps, ses lèvres dévorant son cou alors qu'elle gémissait sous ses assauts et qu'elle laissait ses doigts se faufiler dans sa chevelure brune. Il l'avait ensuite embrassée tendrement sur les lèvres, et quand il s'était retiré pour l'admirer, il était resté interloqué. Chez elle, il ne reconnaissait ni la longue natte chatain, ni les yeux améthystes, ni les lèvres rouges, ni la peau couleur pêche... Il ne reconnaissait pas Duo alors que l'instant d'avant il avait été persuadé que c'était bien lui qu'il était en train d'embrasser et de caresser.
Saisit d'horreur, il s'était détaché de la jeune fille et, sans même un regard pour elle, était sorti du bâtiment. Il avait besoin de prendre l'air, de s'éloigner de cet endroit étouffant. C'était au moins la troisième cigarette qu'il fumait en l'espace de vingt minutes, s'évertuant à trouver une quelconque justification à ce qu'il s'était passé. Mis à part ses sentiments pour Duo... Il ne voulait plus penser à lui, pas après ce qu'il lui avait fait. Il ne pouvait pas l'aimer au point de ne plus penser qu'à lui, même quand il était avec quelqu'un d'autre ? Au point de ne pas être capable de l'oublier, ni de pouvoir vivre sans lui ?
" Peut-être que tu devrais aller lui parler, tu ne penses pas ?"
Il souffla la fumée et prit une nouvelle taffe. Réléna vint s'adosser contre le mur, à côté de lui.
" J'ai pas envie de le voir, ni de lui parler. Je l'ai fait une fois et il m'a menti."
" Il aurait pu, éventuellement, avoir un empêchement."
Il leva les yeux au ciel mais ne répondit rien.
" J'ai vu ce qu'il s'était passé avec... Comment elle s'appelle, au fait ?"
" J'en sais rien et je m'en fous."
La blonde sourit en lui prenant la cigarette des mains et en tirant une bouffée à son tour.
" L'amour n'a jamais été quelque chose de facile, Heero. Il faut savoir le commencer et le faire perdurer."
" Rien n'a commencé, donc rien ne perdurera."
" Si tu l'aimes vraiment, tu écouteras ce qu'il a à dire."
" Ouais, tu parles ! Et s'il n'a rien à dire ?"
" Dans ce cas, on se charge personnellement de son cas."
" Vaut mieux pas... Je pourrais devenir fou si quelqu'un lui faisait du mal. Malgré ce qu'il m'a fait."
" C'est bien ce que je dis. Va le voir, Heero, et demande lui des explications. Qu'est-ce que tu as à perdre ?"
" Mon coeur." répondit-il d'une voix morne.
L'adolescente émit un petit rire et déposa un baiser sur sa joue.
" Tu ne perdras rien, j'en suis sûre." dit-elle en lui rendant sa cigarette avant de se diriger vers la porte qui menait à l'intèrieur de la boîte.
" Qu'est-ce que t'en sais ?"
Elle se retourna vers lui et haussa les épaules.
" Tout simplement parce qu'on te laissera pas le perdre."
Puis, elle entra dans le bâtiment. Heero observa l'endroit par lequel elle avait disparu un instant, tout un tas de pensées se bousculant dans son esprit. Finalement, il écrasa sa cigarette contre le mur de brique et suivit son amie à l'intèrieur.
--- GW ---
La sonnerie retentit, annonçant la fin du cours et, plus important encore, l'heure du repas. Rapidement, Heero ramassa ses affaires et se leva, sous le regard surpris de Trowa, Wufei et Réléna.
" M'attendez pas, je vous rejoindrai plus tard." leur dit-il pour répondre à leurs questions muettes.
" Ben, où tu vas ?" s'étonna le chinois.
Il leva les yeux au ciel.
" Je vais là où même les rois vont seul, Chang !" lança-t-il en souriant.
" Oh je vois, te perds pas dans le trou."
" Haha haha haha, très drôle ! Si tu veux mon avis, ton humour est en déclin; un déclin tès prononcé d'ailleurs !"
" C'est parce que tu ne sais pas en saisir la subtilité."
" C'est surtout toi qui n'est pas subtile !" s'exclama Trowa en souriant à Heero.
Le japonais sourit à son tour et sortit de la salle, prenant la direction des toilettes. Il se fraya un chemin parmi les étudiants, empruntant plusieurs couloirs.Toute la nuit durant, il n'avait cessé de penser à ce que Réléna lui avait dit concernant Duo et au fait qu'il devrait peut-être écouter les excuses du jeune homme. Une partie de lui était toujours aussi en colère pour pouvoir accepter cette idée, mais une autre lui disait qu'il pouvait toujours essayer. Ainsi, au fond de lui, il ne savait quoi faire. Pourtant, il avait plutôt intérêt à faire un choix vite fait car il finirait immanquablement par tomber sur Duo à un moment ou à un autre.
Il arriva bientôt à destination; mais lorsqu'il ouvrit la porte, il se figea à son entrée. Le regard fixé sur la longue natte châtain, il n'osait plus faire un mouvement. Son coeur battait à tout rompre alors qu'il tentait de rester calme et de ne pas laisser sa colère froide reprendre le dessus sur lui. Tout à coup, il voulait lui hurler dessus pour lui avoir fait faux bon la veille. Mais il craignait que s'il le fasse, les yeux de Duo ne se remplissent de larmes. Et là, il savait qu'il ne pourrait s'empêcher de s'excuser et de le prendre dans ses bras. Duo était sa faiblesse et il ne devait surtout pas le savoir.
Se reprenant, il entra dans la pièce. En se refermant dans un léger claquement, la porte attira l'attention de l'adolescent qui, occupé à se laver les mains, ne l'avait pas encore vu. Il releva la tête et se figea à son tour en voyant Heero avant de baisser honteusement la tête; le japonais hésita un instant: devait-il suivre le conseil de Réléna ou non ?
" Si tu l'aimes vraiment, tu écouteras ce qu'il a à dire."
Cette phrase lui revint en tête alors que ses yeux détaillait Duo qui ne bougeait pas d'un millimètre, gardant la tête baissée. Somme toute, il voulait une explication. Même s'il devait en souffrir après. Après tout, la souffrance, il connaissait, il en avait l'habitude. Se reculant, il s'adossa à la porte, observant fixement l'adolescent qui rougit quelque peu devant son regard insistant.
" Tu as peut-être quelque chose à me dire ?"
Curieusement, le ton de sa voix était totalement maîtrisé. Il ne s'était pas montré agressif avec lui, il lui avait juste posé cette question d'une voix neutre, presque blasée. Duo rele va la tête à ses mots, papillonnant des yeux.
" T'es pas... en colère... ?" demanda-t-il d'une petite voix.
" J'attends juste tes explications, c'est tout. A moins que tu n'ais pas d'explications à me fournir ? Dans ce cas, tout est réglé."
Le natté détourna le regard mais ne dit mot. Heero ferma les yeux l'espace de quelques secondes, visiblement il avait eu tort de croire que Duo avait peut-être une excuse valable. Restant cependant très calme, il se contenta de 6 petits petits mots.
" C'est bien ce qui me semblait."
Il se dégagea de la porte et s'avança dans la pièce.
" J'ai voulu venir !"
Le japonais s'arrêta et regarda de nouveau l'adolescent qui avait une nouvelle fois baissé la tête.
" J'ai voulu venir mais...mais j'ai eu peur..."
Il haussa un sourcil, ne comprenant pas ce que Duo voulait dire par là.
" J'ai vu que tu étais là et que tu m'attendais; j'ai vraiment voulu venir mais... à un moment j'ai eu un doute."
Il releva la tête Heero put replonger dans ses deux orbes améthystes.
" Je préfère être honnête avec toi parce que tu m'as attendu pour rien et que... peut-être que tu étais sincère... ? Je me suis dit qu'il était possible que tu te moques de moi. Séduire le petit nouveau, un gamin sans expèrience, ça doit être marrant pour vous, peut-être une sorte de bizutage... ? Alors j'ai hésité et j'ai préféré partir. I run, I hide, but I never lie."
Heero ne sut comment réagir à cette confession soudaine et un lourd silence s'installa entre eux. Un silence pendant lequel Duo se tritura nerveusement les mains et pendant lequel lui le détaillait sans même s'en rendre compte. Puis tout à coup, surprenant Heero, Duo s'avança vers la porte de sortie, continuant de regarder le sol. Aussitôt, le japonais l'attrapa par le bras et le força à le regarder en lui soulevant le menton. Les yeux améthystes brillaient de larmes qu'il s'efforçait de ne pas laisser couler. D'une caresse du pouce, il effaça les deux perles qui s'apprêtaient à glisser sur ses joues. Duo cligna des yeux.
" Je ne joue jamais avec les sentiments, Duo. Et plus que tout, je ne joue pas avec toi, je suis sincère."
Et pour confirmer ses paroles, il déposa doucement ses lèvres sur celle du jeune homme. Des lèvres qu'il n'avait cessé de vouloir toucher et caresser. Sa langue alla caresser tendrement sa lèvre infèrieur et il laissa échapper un soupir. Cependant, pour ne pas le brusquer, Heero se retira et, collant son front contre le sien, l'observa dans les yeux. Il était captivé par le regard de Duo en cet instant. Ce dernier ferma les yeux pour les rouvrir aussitôt.
" T'es pas en colère, alors ?"
Heero sourit.
" Baka, bien sûr que non."
" Pourquoi t'es pas en colère ?"
" Datte kimiga suki dakara."
Fin du chapitre 7.
Datte kimiga suki dakara: parce que je t'aime
Gomen, gomen, gomen, gomen, gomen, gomen nasai !!! Je suis vraiment désolée pour ce retard monstre, c'est impardonnable de ma part. J'avais écrit ce chapitre pendant les grandes vacances et, comme une cruche, je l'ai effacé. Et puis ensuite... ben, j'étais tellement dégoûtée que j'ai pas eu le courage de le retapper. Gomen nasai ! J'espère que vous m'en voulez pas trop ? Enfin bon, au moins il aura fini par arriver. Et puis, c'est le début de la romance Heero/Duo, l'est pas belle la vie.
Je vous fait des gros bisous à tous, et n'hésitez pas à laisser des reviews. Ziboux.
Note: Je sais que la rencontre dans les toilettes c'est pas très romantique mais c'est fait exprès. Pour montrer à quel point leur début de relation est assez... hmm... maladroit, va-t-on dire.
