Titre: De la façon dont Sherlock Holmes perdit sa virginité
Auteure : Lorelei-Lee
Traductrice: Elizabeth Mary Holmes
Correctrice : Erika Nathaniella
Rating: M (et là ça ne plaisante pas. Insultes et grossièretés. Prostitution)
Genre(s): Romance/Drama
Chapitre:6/8
Disclaimers : Sherlock est une série télévisée produite par la BBC et réalisée par Steven Moffat et Mark Gatiss. Elle est basée sur l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Par conséquent l'auteure et moi-même ne gagnons rien sur cette fanfiction.
Notes: Merci beaucoup à Lorelei de me permettre de traduire sa fic, merci également à ma bêta et merci finalement à vous qui venez lire cette histoire. Bonne lecture. Pour renseignement, Hemlock désigne la cigüe et Shamrock , le trèfle irlandais.
Quelques jours plus tard, Irene vint frapper à sa porte.
Il était le seul de ses garçons à vivre sur place. Comme elle. C'était sa maison après tout. Elle y avait travaillé dur en temps qu'employée et, maintenant, elle avait la maison, le revenu et laissait les autres travailler pour elle. Elle était une employeuse stricte mais n'était pas particulièrement méchante vis-à-vis de ses employés, ou plutôt de ses garçons, comme elle se plaisait à les appeler.
Elle leur offrait une oreille attentive, payait leurs frais médicaux, et leur donnait un toit si la nécessité s'imposait. La maison était dotée de trois petits studios, chacun pourvu d'une cuisinette et d'une salle de bain. Au cours des années, bien des garçons avaient occupé les studios mais aucun n'en avait eu besoin plus de quelques semaines, à la seule exception de Sherlock. Il vivait ici depuis qu'Irene l'avait embauché et il n'avait pas l'intention de partir.
En effet, il ne quittait jamais vraiment la maison sauf en cas d'absolue nécessité. La plupart du temps, les autres garçons faisaient ses achats et ses courses pour lui. Il pouvait se montrer très convaincant s'il le voulait.
Irene frappa à nouveau et entendit finalement quelqu'un se déplacer. Une clef tourna dans la serrure et la porte s'ouvrit avec un petit craquement. Derrière des boucles brunes emmêlées apparaissaient les yeux fatigués de Sherlock qui lui accorda finalement un regard.
« Bonjour Sherlock. » le salua-t-elle avec un sourire amical même si son ton trahissait son impatience.
« C'est amical ou purement professionnel ? » demanda-t-il, impassible.
Elle pencha la tête sur le côté et fit claquer sa langue.
« C'est amical. »
Il soupira d'exaspération mais fit un pas sur le côté pour la laisser entrer.
« De toute façon… Entrez et prenez un siège… » Il se dirigea vers son lit et s'y affala théâtralement en faisant la moue. Irene remarqua qu'il était encore en pyjama, t-shirt et robe de chambre. Il était encore à jouer les héros byroniens. Merveilleux ! Comme si la dernière fois n'avait pas suffi.
Le studio reflétait son humeur, parfaitement désordonné. Des cendriers débordaient, des livres couvraient tout l'espace possible, des vêtements jonchaient le sol et pendaient aux portes des placards, deux ordinateurs portables étaient posés sur le lit et des piles de magasines s'entassaient par terre en plus de la plante verte morte sur le rebord de fenêtre.
« Charmant. » commenta sèchement Irene.
« Je suis célibataire, j'ai le droit d'être un peu désordonné. »
« Un peu désordonné, voilà l'euphémisme du siècle. » Le ton était cassant. « C'était un studio chaleureux et plaisant et tu en as fait une porcherie. Qu'est-ce que ça veut dire ? » dit-elle en pointant du doigt un cendrier.
Sherlock haussa les épaules.
« J'essaye d'arrêter. »
« Tu essayes d'arrêter… » Elle répéta ce qu'il venait dire avant d'ajouter « … en fumant seulement la moitié de chacune des cigarettes. »
Son visage se transforma.
« Qu'est-ce que vous voulez ? » Il était clairement en colère.
Irene s'assit avec précaution sur l'une des chaises, miraculeusement dépourvu de toute chose encombrante, et croisa les jambes.
« Je veux savoir quand tu auras fini de faire la moue et quand tu seras prêt à retourner au travail. »
Sherlock ricana.
« Finalement, c'est professionnel… »
« Une visite professionnelle amicale. » le corrigea-t-elle sur un ton acerbe.
Il lui lança un regard assassin.
« Je ne fais pas la moue. » dit-il en reniflant.
Irene inspira profondément.
« Excellent ! Quand auras-tu fini de faire ton deuil, de pleurer la mort de je ne sais quoi ou je ne sais pas comment tu as appelles ton état d'esprit pour revenir au travail ? »
Sherlock eut un sourire déplaisant.
« Je suis malade. »
L'ancienne dominatrice se hérissa.
« Tu m'as déjà servi cette excuse… et je n'y crois toujours pas. Tu te morfonds parce que le Doc n'est pas revenu te voir ? Peut-être qu'il est occupé et qu'il n'a pas encore trouvé le temps de revenir s'occuper de ton petit cul avide… mais tôt ou tard il va revenir. »
« Non, il ne reviendra pas. » dit Sherlock, la voix blanche.
« Quoi ? Bien sûr qu'il va … » Irene cligna des yeux.
« Il ne reviendra pas ! » cria Sherlock, le regard tourné vers le sol.
Elle lui jeta un regard désobligeant.
« Comment peux-tu en être aussi certain ? »
« Il me l'a dit. » dit le brun en déglutissant bruyamment. « Je ne comprends pas… » continua-t-il d'une voix rauque. « Il a été si généreux avec moi… parce que même s'il a dit qu'il n'était pas quelqu'un de généreux, ses actions m'ont prouvé le contraire. Il n'avait pas besoin d'être aussi gentil avec moi… de toute façon les clients ne le sont pas souvent… »
« Apparemment, tu aurais enfin appris à fermer ta grande gueule devant les clients… » ne put s'empêcher de constater Irene.
« Non… Je peux vous certifier que je me suis comporté comme d'habitude, j'étais aussi charmant qu'à l'accoutumé. » dit-il avec un sourire désabusé. Irene haussa les sourcils.
« Et il est venu une seconde fois ? Tu n'as pas pu te tromper sur toute la ligne… Réfléchis ! » s'exclama-t-elle lorsqu'elle vit l'air sceptique du brun. « Il aurait pu te baiser le premier soir et en finir comme ça. Mais il a choisi de revenir te voir. Il est déjà revenu alors c'est qu'il est sous ton charme. Il va revenir. Ce n'est qu'une question de temps. » Sherlock semblait furieux.
« Non ! Il est parti. Il ne reviendra pas et je… » Sa voix se brisa mais il continua malgré tout. « et je vais devoir m'y faire. Je n'ai pas besoin de ce faux réconfort que vous me procurez. C'est juste qu'en une minute il m'a donné tellement de plaisir et que juste après il reprenait tout… et il me… il me manque. » Il s'interrompit et respira profondément. « Et pour couronner le tout, je suis tout le temps excité, tout le temps depuis qu'il est parti, j'ai envie qu'il me touche, et rien que de penser à lui et à ce qu'il m'a fait…m'excite. Ça me tape sur les nerfs et je ne peux rien y faire… »
« Tu sais que l'humanité a inventé une chose appelée la masturbation ? » demanda Irene, pas du tout impressionnée.
« Oui, je sais… » dit-il sur un ton glacial et exaspéré. « J'y ai déjà eu recours deux fois. »
« Deux fois… »
« Deux fois par jour… et ça n'a aidé en rien. »
« Mon Dieu ! » s'exclama sèchement la dominatrice… « Mais qu'ai-je fait pour mériter ça ? Une catin excitée… Mais que vais-je faire de toi ? Ah… attends… je crois me souvenir que je suis propriétaire d'un bordel et si je me souviens bien, tu travailles pour moi… Descends donc et va être un peu profitable ! »
« Non » dit-il calmement.
« Mon Dieu, donnez-moi la patience ! » cria Irene. «Et pourquoi pas ? »
« Je vous ai dit que j'étais malade. »
« Tu as la maladie d'amour peut-être ? » rétorqua furieusement la dominatrice qui croisa les bras farouchement.
« L'amour… » ricana Sherlock. « L'amour requiert un cœur… et nous savons tous les deux que je n'en ai pas. »
« Parle pour toi, chéri. »
« Arrêtez de m'appeler chéri… »
Ses traits s'adoucirent.
« Tu as un cœur, mais parce qu'il est petit, il est facile de prétendre que tu n'en as pas et il faut un homme très patient pour le trouver et parce qu'il est si meurtri, il faut un bon docteur pour le soigner. »
« Un bon docteur… Vous n'en avez pas marre de ce petit jeu de mot… ? »
Elle sourit.
« Non. Je le trouve amusant… pas toi ? » Elle vit son regard perplexe. « Combien de temps penses-tu être malade ? » demanda-t-elle.
« Comment le saurais-je ? » dit-il d'un ton morose.
« Mais tu reviendras ? » le pressa-t-elle.
« Quand tout sera fini. »
Elle leva les yeux au ciel et répondit sarcastiquement.
« Merci votre altesse… Et je présume que quand tu vas reprendre le travail… tu ne vas faire que de la bouche et des mains…comme avant ? » demanda-t-elle, hésitante.
Il hocha la tête promptement.
« Oui, je préférerais. »
« D'accord. Mais n'oublie pas de me dire si jamais tu venais à changer d'avis. Parce que je connais plus d'un homme qui serait prêt à tuer pour te prendre comme ça. »
Soudainement Sherlock sembla s'agiter.
« Il faudrait que je vous demande une faveur… »
Irene hésita.
« Je ne pense pas être disposée à te l'accorder. » déclara-t-elle brusquement.
« Tout de même… J'ai besoin d'un dépistage, demain je vous donnerai un échantillon… et vous… » dit-il avec insouciance en haussant les épaules.
« Sherlock ! Qu'as-tu fais ? » Elle l'interrompit par un cri perçant.
Sherlock eut l'air honteux.
« Je veux juste savoir si je suis toujours… sain… »
« Tu as encore avalé ? » Ce n'était pas vraiment une question, c'était plutôt une accusation. « Mais quel imbécile ! Combien de fois faudra-t-il que je te dise qu'il faut que ça soit propre et protégé pour que ça rentre dans ta petite cervelle ? Combien de fois je te l'ai déjà dit… »
« Cinquante-sept…et ce n'est pas fini… » l'interrompit, impassible, Sherlock.
« Mon Dieu ! Donnez-moi la force ! Cinquante-sept fois et tu ne m'écoutes toujours pas ! Pourquoi ? Pourquoi, pour l'amour de Dieu ? »
Les lèvres pincées, il lui répondit en criant qu'il s'ennuyait et qu'il se trouvait qu'il aimait le goût de la semence, et avoir un sexe lourd et épais qui dégouline dans sa gorge pour l'étouffer et le noyer. Il ajouta que même s'il était celui que l'on disait être en position de soumission, il savait bien que c'était lui qui était en position de force. Parce qu'il était celui qui les faisait éjaculer ! Parce qu'il aimait avaler et se noyer dans la substance, ne pensant plus à lui pendant l'espace d'un moment.
Les derniers mots ne furent qu'un murmure et il détourna le regard alors qu'il avait commencé sa déclamation en hurlant à pleins poumons.
« J'avais toujours craint que de venir à bout d'une addiction allait te mener à une autre… et tu as arrêté la cocaïne… rien que pour tomber dans un autre excès… » dit doucement Irene.
La pièce devint tout à fait silencieuse.
« Ce n'est pas pareil. » murmura Sherlock.
« Ça n'empêche… » La dominatrice soupira et se leva. « Bon, donne-moi ton échantillon et je verrais ce que je peux faire pour toi. »
« Merci. » chuchota-t-il.
« Parfois, je m'étonne comment je peux accepter tout ça de toi. » lui confia Irene avec une sorte d'exaspération affectueuse.
Finalement Sherlock releva la tête et eut un sourire en coin.
« Il arrive que moi aussi je me pose la question. »
Irene lui sourit également.
« Tu sous-estimes ton charme. Tu es la séduction faite homme. Et même moi, parfois, je suis tentée… même si nous savons tous les deux que je préfère les filles. Mais pour toi…pour toi je ferais l'exception. »
« Pitié ! On a déjà eu cette conversation. Avoir une petite amie, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. » dit-il en grimaçant.
« Pauvre petit. Je ne veux pas être ta petite amie. » roucoula Irene en le gratifiant d'un clin d'œil coquin.
Sherlock fronça les sourcils d'incompréhension.
« J'aurais peut-être dû être plus judicieux dans le choix de mes mots… Tout ce qui a une vulve ne m'intéresse pas. »
Le sourire d'Irene devint moqueur.
« J'ai un gode-ceinture dans ma chambre et je sais m'en servir. Ça ne t'intéresserait pas si je venais t'aider à régler ce petit problème qui te démange ? »
Sherlock eut l'air dégouté.
« C'est juste grossier et idiot. Sortez. »
Irene éclata de rire.
« J'essaye juste de te remonter le moral. » Elle plongea son regard dans le sien, et toute la tristesse qu'elle y vit fit mourir son rire dans sa gorge.
« Il reviendra, crois-moi. »
« J'aimerais vraiment pouvoir vous croire. » Il semblait nostalgique, perdu dans ses pensées.
À quelques kilomètres et un univers de là, John Watson était assis à son bureau, lisant son rapport hebdomadaire d'activités. De l'autre côté du bureau était assis Mike Stamford qui feuilletait négligemment de la paperasse.
« L'accord avec les Baskerville s'est bien passé ? »
« Oui. » confirma John, l'air absent. Il referma le dossier qu'il lisait quelques minutes auparavant et se pinça l'arête du nez. « J'aurais jamais cru que ça allait aller comme sur des roulettes. »
« Ouais… surtout après le départ chaotique…. » ria Mike. « T'as revu ce type… Machin… Adler ? C'était quoi déjà son nom, Hemlock… Shamrock…? »
« Sherlock. Oui, j'y suis retourné une seconde fois. » répondit John sur un ton saccadé.
« Et il était bon ? »
Le blond le regarda sévèrement.
« Pourquoi cette question ? »
« Pourquoi ? J'ai pas le droit de demander à un vieux pote s'il a passé du bon temps ?! » Mike semblait estomaqué. « Parce que je me fais du mouron pour toi… t'es de nouveau grognon. Parce qu'après ta première visite, t'étais sacrément de meilleure humeur. Tu sifflotais, John. Tu te rends compte que t'as pas siffloté depuis… »
« Ça va, j'ai compris. » l'interrompit le blond. « Tu te fais du soucis pour moi. Je suis allé là-bas, je l'ai baisé, c'était bien. Voilà toute l'histoire. »
« Bien ? C'était si mauvais que ça ? » s'exclama Mike.
John fulmina : « Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?! Que c'était le meilleur coup de toute ma vie ?! Qu'il était putain de doué avec sa bouche ?! On est là pour bosser ! Pas pour parler de mes derniers rapports sexuels ! »
« Bon Dieu, Johnny… pas la peine de te monter le bourrichon. J'ai compris, on retourne au boulot. » Mike essayait de calmer John.
