Par avance : Oui, oui, j'ai mis du temps, mais je voulais prendre de l'avance et le début de mon stage ne m'aide pas à avancer vite - mais il ne m'empêche pas non plus d'écrire, exemple : ce midi j'ai fini un chapitre pendant la pause déjeuner (kébaaaab... pardon...). Je vais un peu faire ma Maeva (pour ceux qui comprendront) et vous dire que dans le cabinet d'avocat où je fais mon stage il y a une avocate très mignonne. Malheureusement, je ne suis qu'un petit stagiaire, un monde nous sépare. Non, sérieux, je suis super timide avec tous les avocats du cabinet, ils ont un petit quelque chose d'impérieux qui me fait peur, à part un mec... le seul mec du cabinet en fait. Il semble plus ouvert, peut-être est-il heureux de voir un autre représentant de la gente masculine au bureau. Enfin bref, c'est un stage sympatoche de deux mois, instant Maeva terminée (te vexe pas Mae hein, je t'adore :D)
Sinon, la fic. Alors oui. La dernière revieweuse en date qui a réédité l'exploit de Ciboulette de lire tous mes tomes de fic à la suite (et qui a même battu le record d'un chapitre en fait), à savoir la dénommée Audace (recommandée par Brumaeva Froide, merci de me fournir des clients :p), m'a fait remarqué que quand même y a beaucoup de secrets tout ça et que ça alourdit le récit. J'en suis conscient, je m'en veux même un peu de pas savoir faire des persos simples et sans histoires. Mais le fait est, je vais devoir gérer ça et ne vous inquiétez pas, ce tome aura son lot de réponse, concernant notamment... un perso dont la lettre commence par un M (hahaha je vous aide pas beaucoup en fait là). Et dans ce chapitre, la réponse à la question que vous avez du vous poser : Où qu'elle va la shtiote Angie ? Enjoy !
A Natsuki : Aurora est juste une mère qui se soucie de son enfant... Merci pour la review !
LE CHOIX DU CHOIXPEAU – ANGELICA FINEY
Hermione ouvrit doucement la porte de notre compartiment et salua l'ensemble du wagon d'un amical « bonjour ». Je remarquai aussitôt un détail qui avait changé sur son uniforme et haussai les sourcils.
– Préfète ? Enfin… Ouais, quelque part c'est normal. Alors, heureuse, voisine ?
Hermione feignit la modestie.
– Oh, c'est pas grand chose, enfin je n'abuserai pas de mon pouvoir, ça c'est certain.
– Tu ne devrais pas parler trop vite, fit quelqu'un derrière elle.
Le grand rouquin qu'était Ron Weasley s'avança dans l'encadrement de la porte et nous salua d'un geste de la main avant de poursuivre :
– Parce que Malefoy, lui, il va pas hésiter à s'en servir. Ca va être la guerre, Hermione, il va falloir se battre avec les armes qu'on a.
– Si Dumbledore nous a choisi, c'est qu'il nous fait confiance, Ron, répondit Hermione d'un ton ferme. Hors de question que je le déçoive.
Je souris en coin tandis que Joanna déclarait avec son tact habituel :
– C'est bizarre que ce soit pas Potter le préfet cette année.
Il y eut un silence de quelques secondes assez gênant pendant lequel les deux préfets se regardèrent bizarrement. Je supposai que la pilule avait du mal passer pour Potter. Joanna venait de mettre une ambiance glaciale et semblait un peu regretter son franc-parler pour le coup. Je trouvai un autre sujet à aborder.
– Ah au fait, Ron, j'ai… j'ai croisé ta mère sur le Chemin de Traverse l'autre jour pendant que je faisais mes achats.
– Ah bon ? fit l'intéressé.
– Ah oui, Molly me l'a dit, intervint Hermione. Elle m'a dit que tu étais comme elle t'imaginait.
Etrange, vu qu'elle n'avait pas semblé me calculer pendant toute la conversation avec Nathaniel et Morgan. J'avais d'ailleurs envie de faire un petit test.
– J'étais avec Morgan Ebony à ce moment-là, elle te l'a dit ?
– Euh… non. Elle n'a pas donné de détail, je pensais que tu étais seule ou avec ta famille.
– Morgan est venue passer des vacances chez moi à la fin du mois d'août.
Hermione me fixait avec une certaine nervosité. Elle savait que je la testais. Cependant, elle n'eut pas à répondre car Ron intervint à sa place :
– Hey, Morgan Ebony, c'est pas la Serpentard qui est venue t'encourager tout à l'heure ?
– Euh… si, admit Hermione.
– Hein ? m'exclamai-je.
Ma voisine soupira puis dit en agitant sa main :
– On se dirige vers le wagon des préfets, là, en fait. On a croisé Morgan dans un des couloirs, elle a remarqué mon insigne et elle alors venue me prendre par les épaules pour me dire qu'elle comptait sur moi pour contrer Malefoy chaque fois qu'il le faudrait.
– J'aurais jamais cru dire ça d'une Serpentard, ajouta Ron, mais je l'aime bien. Maintenant que j'y pense, elle nous a jamais embêté en cours, elle ne s'est jamais moquée des Gryffondors, elle a l'air plutôt sympa…
Hermione se renfrogna légèrement en se tournant vers moi, ce que je ne manquai pas de noter. Elle avait toujours peur de l'influence que Morgan pouvait avoir sur moi. Et quelque part elle n'avait pas tort.
– Enfin bon, conclut Hermione, je voulais juste te saluer, on va y aller et on se revoit à Poudlard.
– Ca marche. Bon courage, mademoiselle la préfète.
– Roh, ne commence pas à m'appeler comme ça, je t'en prie, fit Hermione en riant. Allez bon voyage. »
Elle et son binôme nous saluèrent une dernière fois puis partirent en fermant la porte. Joanna me demanda aussitôt :
« Hermione sait ce que tu as fais l'année dernière ?
J'écarquillai les yeux avant de montrer Angelica de la tête avec un air furieux. Ma petite sœur ne savait rien de ce que j'avais fais et elle ne devait pas le savoir. Joanna se mordit aussitôt la lèvre avec un air embêté. Heureusement, Angie n'avait pas fait attention, plongée dans un manuel. Je me risquai à répondre vaguement :
– Oui. Je le lui ai dit. Mine de rien, c'est une amie d'enfance.
– J'ai l'impression que de plus en plus de gens commencent à avoir une meilleure opinion de Morgan Ebony.
– Parce qu'ils voient ce qu'elle est, et non pas d'où elle vient, répondis-je avec un sourire ironique. Enfin, je ne dirais pas qu'elle est une sainte, mais elle vaut plus que ce que les gens croient.
– Les « gens », ça m'inclut moi, je suppose, fit Joanna en détournant le regard.
– Par rapport à ce que tu pensais d'elle en première année, il y a eu du progrès. Je pense que dans ce wagon, personne ne la déteste…
– Je l'aime beaucoup, intervint Angelica qui s'était visiblement intéressée à la conversation. Elle sourit tout le temps et elle a uns sacrée force ! J'espère qu'on la verra souvent à Poudlard.
– Oh, ça, si tu restes avec ta sœur, tu la verras, fit Joanna d'un ton railleur mais pas méchant.
– Tu es injuste, intervint Mélanie. Maggy passe ses journées avec nous. Elle a juste des… activités du soir avec Morgan. Et je vais suivre Angie : j'aime beaucoup Morgan moi aussi.
– M… Moi aussi, ajouta Ginger.
– Je continue de me méfier d'elle, fit Joanna en regardant la fenêtre avec un air perplexe. Je veux dire… Elle me semble pas stable, je sais pas trop jusqu'où elle peut aller et ça m'inquiète quand je pense que tu la suis partout.
Elle me regarda dans les yeux et je soutins son regard. J'avais parfois les mêmes craintes qu'elle mais il n'était pas question de les afficher ici. Je devais défendre Morgan. Une seule personne ne s'était pas exprimée sur le sujet et nous nous tournâmes tous vers Martin qui nous regarda tour à tour avant de lever les épaules.
– Quoi, je dois absolument donner mon avis ? Bah… je sais pas. D'un côté c'est une Serpentard, elle est violente et respecte pas les règles… Et d'un autre côté elle a la classe et un sacré courage. Donc bon… voilà…
Martin ne voulait pas prendre position. Il était également le seul qui avait donné une opinion de Morgan avec objectivité, sans se baser sur moi ou ma relation avec la fille Ebony. J'étais assez rassurée de voir que tous mes amis proches appréciaient plus ou moins celle qui m'était si chère. Je me surpris à me demander ce que pensait Francesca Da Silva de la chose, mais je n'allais malheureusement pas pouvoir compter sur son avis de « grande », Fran ayant terminé sa scolarité. Ce qui me fit me poser une question.
– Dis, Ginger, que fais ton frère maintenant ?
– Il essaye de monter une boutique de potions avec Francesca. Mais il… il n'est pas très doué pour organiser tout ça. Fran s'en sort mieux vu que ses parents tiennent déjà une boutique.
Je me rappelai vaguement que Fran avait déjà mentionné le métier de bijoutier de ses parents.
– Maman les aide pour les autorisations, mais il leur faut des fonds et les gobelins sont durs en affaire. Ils s'entraînent aussi pour donner forme au verre par magie, ça leur éviterait d'acheter des verreries pour leurs potions. Voilà.
– C'est bien qu'ils aient des projets comme ça, commentai-je. Je leur souhaite bonne chance. »
Nous passâmes le reste du voyage à évoquer les retrouvailles avec les profs plus ou moins appréciés et les cours qui allaient avec. Je leur glissai que je savais que c'était une membre du Ministère qui allait devenir professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Personne ne parut enchanté.
Le Poudlard Express arriva à quai sous une pluie battante, aussi c'est avec célérité que tous les élèves se ruaient dans les carrosses qui allaient nous amener jusqu'à la Grande Porte. Malheureusement, nos lourdes affaires, notamment les cages de nos animaux, ne nous permettaient jamais d'aller très vite. En revanche, les chapeaux pointus avaient ici leur intérêt. Je conseillai à mes amis de courir tandis que je prenais ma sœur par l'épaule pour l'orienter vers le bord du lac où attendaient les barques emmenant les première année jusqu'au château par une porte annexe. J'eus la surprise de voir que c'était Gobe-Planche qui s'occupait d'appeler les nouveaux vers les embarcations. Ceci voulait dire que Hagrid n'était pas là. Ses ennuis judiciaires n'étaient-ils pas terminés ?
« Je dois vraiment y aller ? demanda ma sœur.
– Mais oui, c'est justement l'occasion de faire connaissance avec quelqu'un d'autre. Vas-y, je te promets que tu ne risques rien et on se revoit dans peu de temps au banquet. »
Elle acquiesça sans être vraiment convaincue et s'avança lentement vers une des barques. Une fille que je ne distinguai pas bien dans la pénombre du bord du lac lui tendit les bras pour l'aider à embarquer. Au moins ça commençait bien.
J'avais en revanche perdu mes amis. Je m'approchai donc des diligences. La pluie battait sur le pavé du quai et je n'entendais que des bribes de voix sans pouvoir identifier mes amies. Elles étaient peut-être déjà parties dans les premières diligences. Tout en essayant de ne pas trop observer les Sombrals qui me rappelaient que j'avais vu la mort en face, je cherchai des têtes connues.
Je me rendis compte à cette occasion que je n'étais pas vraiment pote avec qui que ce soit à part ma petite bande et Fran qui n'était plus là. Mes amis étrangers, Svetlana et Jean-Baptiste, avaient regagné leurs écoles respectives. Je vis Luna Lovegood, une mystérieuse douce-dingue avec qui j'avais fraternisé l'année dernière au cours de notre enquête sur Paciphaé et Eétès, alias Lucretia Prewett et Callidora Londubat, mais elle était avec la bande à Potter et cela ne me disait rien de me mêler au groupe du Survivant malgré la présence de Hermione. Aussi je continuai de vérifier les véhicules avec la sensation que j'allais devoir prendre le dernier avec une flopée d'inconnus.
Alors que j'approchais de la fin de la colonne, j'entendis distinctement au milieu de la pluie la voix de Morgan :
« … Et moi je te dis que j'en ai rien à foutre. Et si tu continues à me montrer ta saleté d'insigne, moi je vais te montrer mon poing dans ta gueule ! Je reste là. Alors soit tu trouves quelqu'un d'autre à terroriser soit tu te fais à ma présence, c'est compris ?
Je m'arrêtai dans ma marche et souris doucement en profitant de ces répliques cinglantes. Il y avait quelque chose de vraiment attachant dans sa façon d'agresser cette ordure qu'était Malefoy. Je vis finalement Drago, accompagné de ses potes les gorilles et de Parkinson, sortir de la diligence. Puis, alors que je m'approchais de la diligence où s'était fermement installée Morgan, j'entendis celle-ci ajouter :
– Mais non, toi tu peux rester, espèce d'idiot. Et toi aussi ! Mais bon sang, je vous ai dit quelque chose ? La seule personne à qui je m'adressais était cet espèce de secoué du chaudron tyrannique.
Lorsque j'ouvris avec curiosité la porte du carrosse qui n'allait pas tarder à partir, je pus observer Morgan sur l'une des banquettes, les bras croisés et l'air agacé. De l'autre côté se tenaient côte à côte une jeune fille qui devait être en deuxième année et Damon Talbot, un camarade de ma promotion, fils de brasseur. Les deux semblaient extrêmement mal à l'aise et évitaient le regard de Morgan. Lorsque Damon me remarqua, j'eus l'impression d'être son salut et il me salua chaleureusement :
– Oh, Margaret, salut ! Il… il reste de la place, entre ! Enfin… si vous… si ça ne vous gêne pas.
Il s'adressait à Morgan mais ne la regarda pas directement. Je restai un moment sans bouger, le sourire aux lèvres. Morgan ne tarda pas à exploser de rire, ce qui ne sembla pas rassurer les deux autres passagers. Elle dit finalement avec un énorme sourire en coin :
– Bon, je me sens d'humeur généreuse, tu peux monter, Finey.
Je montai et dit en levant les yeux au ciel :
– Louée soit votre miséricorde, dame Ebony. »
Je m'installai à côté d'elle sous le regard intrigué de Damon, faute de place en face. La jeune fille à côté de lui avait une malle vraiment énorme et devait avoir emmené toute sa garde-robe avec elle. Le carrosse démarra alors qu'un silence pesant s'était installé. Morgan regardait d'un air las Damon et sa voisine qui fixaient tous les deux le sol, l'air tendu. Je compris qu'elle était exaspérée par la peur qu'elle pouvait évoquer même lorsqu'elle se voulait amicale. Je brisai le silence après m'être raclée la gorge.
« Alors, Talbot, ça va ? Prêt pour la nouvelle année ?
– Euh… je… bah tu sais, j'aurais aimé que les vacances se prolongent un peu. Mon père a eu beaucoup de travail pendant ces derniers mois et il était pas souvent là… Enfin, on y peut rien, hein. T'as choisi tes options ?
– Oui, j'ai eu un peu de mal mais faut bien faire un choix.
– Je suis certain que tu as pris Etude des Moldus.
Il semblait se détendre en me parlant. Je lui permettais sans doute d'oublier la Serpentard qui se tenait à côté de moi. Talbot était un garçon d'habitude jovial, tapageur, un peu moqueur, aux cheveux noirs presque rasés et aux yeux noisettes tout ronds. Il s'entendait assez bien avec Joanna mais ne parlait pas au reste de notre groupe qui restait assez discret. Mais évidemment, il savait d'où je venais – tous ceux de ma promo devait le savoir, puisque j'étais la seule.
– Evidemment. Et le pire, tu sais, c'est que ça ne sera certainement pas une bonne note facile. J'ai lu le manuel… Pfiouuu…
– Ah ouais ? Mal foutu ?
– Tu n'imagine pas. Sans rire, je pourrais faire le cours moi-même, ce serait plus fidèle à la réalité.
La jeune fille inconnue se redressa d'un coup. Elle avait deux tresses rousses assez raides, des tâches de rousseur dignes de Weasley et des yeux d'un bleu profond. Elle eut un début de sourire et je lui demandai, pensant avoir compris sa soudaine joie :
– Toi aussi tu es issue de Moldus ?
– Oui, fit-elle en acquiesçant brièvement. Je viens de… Ca va sans doute vous faire rire… Mon patelin s'appelle Potters Bar.
– Amusant, fit Morgan avec un sourire en coin.
Ces quelques mots suffirent à faire disparaître le début de sourire du visage de la jeune fille. Morgan en fut exaspérée. Elle râla puis se pencha vers la deuxième année :
– Non mais faut arrêter, là. Je t'ai fait quelque chose ? Pas que je sache, alors arrête de croire que je vais te frapper ou t'insulter ou je sais pas quoi…
La jeune fille ne semblait pas avaler son discours. Il fallait dire que Morgan avait son masque de brute et que son ton dur n'aidait pas à convaincre qu'elle était inoffensive. Je vins à son secours.
– Tu sais, s'il y a bien une Serpentard en qui tu peux avoir confiance à Poudlard, c'est Morgan. Elle n'a aucun préjugé envers les gens comme nous. Et les seules personnes qu'elle frappe sont celles qui la cherchent et ceux qui le « méritent ». En parlant de ça, Morgan, je t'ai entendu l'envoyer balader. Joli.
– Le sieur Malefoy a le don de m'irriter chaque fois qu'il exhibe le P cousu sur son torse. Le plus drôle c'est qu'il a cru que ça allait me convaincre de lui obéir, il est vraiment naïf le pauvre. Il peut essayer de me coller toutes les sanctions qu'il veut, il ne fera que souffrir plus par la suite. Et je crois que l'incident du… hum… scarabée, l'année dernière, l'a pas mal secoué.
Morgan faisait référence à Rita Skeeter, la pseudo-journaliste qui pouvait se changer en scarabée. Lorsque Morgan avait appris que Drago fournissait des informations à Skeeter, qui plus est des infos déformées, Morgan n'avait pas apprécié et avait collé une vraie raclée à Malefoy. Il faut dire que Morgan gardait une rancune tenace envers Skeeter qui avait sali ses parents.
Talbot et sa voisine parurent plus détendus. Morgan demanda à la jeune fille :
– Au fait, c'est quoi ton nom ?
– Rachel Alderman. Et donc, toi, c'est Morgan…
– Ebony. Morgan Ebony. T'entendras pas que du bien de ce nom de famille et pour cause. Mais je suis pas comme mes parents.
Rachel ne sut pas trop ce qu'elle devait comprendre et se tourna vers moi.
– Et toi ?
– Margaret Finey, de Londres. »
Nous nous sourîmes avec une connivence que je n'avais encore jamais expérimentée. Je savais qu'il y avait d'autres issus de Moldu à Poudlard à part moi et Hermione, mais jamais je n'avais noué de lien avec eux, sans savoir pourquoi. Sans doute cela ne me paraissait-il pas primordial. Cependant, de voir une personne de la même origine face à moi m'apportait un certain réconfort.
Le reste du voyage se fit en silence pour Morgan et moi, tandis que Talbot et Alderman échangeaient des pronostics sur le tournoi de Quidditch de cette année. Je me surpris à espérer que cette année soit assez paisible pour que le tournoi soit un des sujets d'attention majeur. Lorsque le carrosse nous déposa devant la Grande Porte, Morgan prit le temps d'aller caresser l'échine du Sombral avec un air étrange. Je ne savais toujours pas de qui Morgan avait vu la mort, mais j'avais une hypothèse en tête et elle ne me plaisait pas du tout. En même temps, la raison pour laquelle je voyais les Sombrals ne me mettait pas plus à l'aise. Je remarquai que si Rachel passa devant les animaux sans les voir, Talbot leur jeta un regard fuyant. Il faisait comme s'il ne les voyait pas. Alors que je récupérai mes affaires, Morgan me tapota l'épaule pour attirer mon attention vers une voiture plus en arrière. Je vis Harry Potter observer les sombres créatures avec embêtement. Morgan dit d'un ton vague :
« Peu importe ce qui nous est arrivé par le passé à toutes les deux pour qu'on puisse voir les Sombrals, on les verrait aujourd'hui de toutes façons pour la même raison que Potter est en train de se demander pourquoi il est le seul à les voir…
– La mort de Diggory, complétai-je en me remémorant la tragédie du cimetière de Little Hangleton. Ca a du le marquer.
– Moins que nous, ça c'est sûr, dit Morgan en prenant ses affaires.
Je me crispai brièvement avant de la suivre. Elle avait raison. Il allait falloir plus que la mort d'un camarade à qui je n'avais jamais parlé pour me traumatiser. Diggory était pour moi comme un nom dans un fait divers de journal, une victime parmi tant d'autres de ce psychopathe reptilien qu'était Voldemort. Tout en m'avançant vers la Grande Salle, j'essayai de comprendre comment quelqu'un pouvait devenir aussi… maléfique. Mais je n'y arrivais pas. Il me manquait trop de pièces du puzzle qu'était l'histoire du Seigneur des Ténèbres.
Je rejoignis mes amies à notre emplacement habituel à la table des Gryffondors. Un coup d'œil à Morgan me fit voir que mon amie s'était installée en bout de table à côté d'Emma Dobbs que je n'avais pas encore vue depuis la fin de l'année dernière. Emma était visiblement en train de déballer un grand récit et Morgan l'écoutait attentivement avec un petit sourire. L'attitude de mon amie envers sa cadette avait grandement changé. Lorsqu'Emma était entrée à Poudlard l'année d'avant, Morgan ne la supportait pas – il faut dire qu'Emma la collait et Morgan détestait ça. Alors que la jeune fille était d'abord jalouse de moi, nous avions finalement fait la paix et je lui avais conseillé de lâcher un peu Morgan pour s'attirer sa sympathie – ce qui avait marché. Je n'oubliai pas non plus qu'Emma m'avait fait la leçon pour avoir cherché à en savoir plus sur Circé. Morgan semblait encline à me dire beaucoup de choses sur elle-même avec le temps, mais Circé restait un grand secret – bien que Paciphaé et Eétes, ses supposées complices, ne m'étaient plus inconnues après les deux enquêtes menées l'année passée. Enfin je n'oubliai pas que c'est à elle que j'avais failli lancer pour la première fois Doloris, sans savoir que je n'aurais pas réussi de toute façon. Jean-Baptiste Fournier m'avait alors arrêté dans mon geste.
Joanna me sortit de mes pensées :
« Hey, Mag, on t'a perdu tout à l'heure. T'as fais le voyage avec qui ?
– Morgan, Talbot et une seconde année du nom d'Alderman.
– Talbot dans la même voiture que Morgan ? Ca a du le troubler.
– Au début oui. Et puis j'ai calmé le jeu.
– Mouais, je me doutais d'un truc comme ça. Tu te fais un peu l'avocate de la défense lorsqu'il s'agit de Morgan. Tu m'avais pas dis que tu voulais éviter qu'on vous lie trop toutes les deux ?
Je pris un temps pour réfléchir à ma réponse puis soupirai en mettant mon menton au creux de mes mains, les coudes sur la table :
– Au début, oui. Mais ça devient trop compliqué. Alors je laisse aller, sans chercher à me montrer avec elle ou à me cacher.
– C'est la meilleure solution, déclara Mélanie avec un large sourire. Ne pas chercher à se donner d'apparences.
Quelque chose dans son regard clochait. Je décelai comme une incertitude. Mais son sourire habituel était bien là, aussi je ne fis pas plus attention.
– En tout cas, si il y en a un à qui les gens font attention, enchaîna Joanna, c'est Potter. Normal, avec toutes les conneries qu'on raconte sur lui dans la Gazette. J'ai entendu des élèves sur le quai qui disaient que leurs parents avaient hésité à les laisser revenir à cause de Potter et de Dumbledore. Tout ça parce qu'ils boivent les paroles du Ministère. Ca craint. En tout cas… Je dois reconnaître ça à mes parents, ce ne sont pas eux qui auraient gobé tout ça.
– Les miens non plus, ajouta Ginger avec timidité. Et je peux t'assurer que ma mère n'a… n'a rien à voir avec tous ces mensonges. Elle… elle…
– Eh, Ginny, je ne le pense pas une seconde, t'en fais pas.
– Mes parents ne lisent pas les journaux, dit Mélanie. Enfin si, mon père lit le Chicaneur, mais ce n'est pas le genre de journal à aider le Ministère.
Je connaissais ce journal. C'était celui du père de Luna Lovegood. Une compilation d'absurdités sur diverses créatures et d'autres affaires occultes. Je ne pouvais cependant assurer qu'il n'y avait pas un fond de vérité.
– Mon père lit la Gazette, dit Martin avec un ton étrange. Mais il dit qu'il ne peut pas faire confiance à un papier manipulé par le pouvoir.
– Et ta mère, elle en dit quoi ? demanda innocemment Joanna.
Martin se crispa d'un coup avant de répondre avec un sourire de façade :
– C'est pas vraiment son genre de lectures… de ce que j'en sais… hum…
J'avais rencontré Alessa Kingsley l'année d'avant. Elle était dresseuse de dragons. Le genre de femme que l'on n'embête pas. Elle m'avait fait promettre de ne rien dire à son fils sur sa présence. Et je ne comprenais toujours pas pourquoi.
McGonagall pénétra par la porte de la Grande Salle avec derrière elle la ribambelle de première année – dont ma sœur, qui évidemment s'émerveilla devant l'apparence de la Grande Salle. Je souris devant sa petite bouille effarée et la suivit du regard jusqu'à ce que McGonagall pose le Choixpeau magique sur un tabouret. Celui-ci nous sortit alors une litanie étrange, qui tenait plus de l'avertissement qu'autre chose. Il conseillait en gros à tous les élèves des différentes maisons de s'unir contre les ténèbres.
Je tournai mon regard vers Morgan et put constater que celle-ci avait un air sombre. Emma ne semblait pas à l'aise non plus. Cette dernière devait être au courant du retour de Voldemort, j'en étais certaine – elle semblait intégrée à cette communauté proche des Mangemorts sans que je sache à quel point et pourquoi.
Puis les élèves commencèrent à être appelés. Ma sœur ne tarderait pas à passer et j'étais un peu tendue. Une petite voix dans ma tête ne cessait de me dire qu'elle n'allait pas être dans ma maison. Ce n'était pas l'avis de mes amis visiblement. Martin déclara :
« Angelica à Gryffondor pour sûr, hein Maggy ?
Je le regardai brièvement puis me concentrai de nouveau sur ma sœur qui regardait le choixpeau avec curiosité.
– Je sais pas, Martin. Franchement, je sais pas.
– De toute façon, elle va vouloir absolument aller dans ta propre maison, dit Joanna.
– Possible. J'espère que Choixpeau lui fera entendre raison alors.
– Attends, t'as pas envie qu'elle nous rejoigne ?
– C'est pas ça, mais… la répartition n'existe pas pour rien. Je veux que ma petite sœur soit à l'aise là où elle va et le choixpeau sait ça.
Il me revint en tête l'instant où le Choixpeau m'avait proposé Serpentard. Moi, une issue de Moldus… Si c'était pour vivre un calvaire, ça ne me convenait pas. Mais peut-être avais-je eu ma place là-bas de par ma personnalité. Je ne me sentais pas très attachée à Gryffondor en tout cas. Joanna siffla d'admiration et Ginger ajouta :
– C'est très sage, ce que tu dis, Margaret. Moi-même, je n'ai pas vraiment écouté ce qu'il m'a dit.
– Moi non plus ! s'exclama Joanna. Et j'ai bien fait, sinon je ne vous aurais pas rencontrés tous les quatre !
Je me tournai brièvement vers Ginger et Joanna. La première devait avoir une prédisposition pour Poufsouffle et la seconde… Serpentard s'imposa dans mon esprit, à cause de ses parents. Mon attention fut redirigée vers le Choixpeau lorsque le nom de ma sœur fut appelé. Je vis même McGonagall me lancer un regard neutre. Ma sœur mit le Choixpeau trop grand pour sa tête par-dessus sa tignasse blonde et attendit en gigotant ses jambes, apparemment tendue. Comme pour pas mal d'élèves, une discussion s'engagea entre l'élève et le Choixpeau. Angelica semblait exiger quelque chose mais le Choixpeau n'était pas d'accord et lui sortait une longue explication. Je sus dès lors le résultat. Je dis avant même le choix final :
– Elle ira à Poufsouffle.
– Poufsouffle ! s'écria le Choixpeau.
Mon cœur se serra un moment mais ma raison finit par me dire que c'était certainement pour le mieux. A Gryffondor, ma sœur aurait pu me suivre partout, y compris lorsque j'aurais préféré qu'elle ne soit pas là, comme pendant mes discussions avec Morgan. De plus ça aurait certainement entravé son intégration et ce n'était pas du tout ce que je souhaitais. Si elle était dans une autre maison, cela me permettait de la surveiller quotidiennement pour voir comment elle allait sans pour autant qu'elle se repose entièrement sur moi. Malgré les applaudissements accueillant sa répartition et les quelques accolades qu'elle reçut, ma sœur ne paraissait pas ravie. Alors qu'elle s'asseyait, elle me repéra et me regarda d'un air signifiant : « Excuse-moi, grande sœur ». Je lui rendis un sourire chaleureux tout en haussant les épaules pour la faire relativiser et tenter de la consoler un peu. Mais il allait falloir que je lui parle. La pilule n'allait pas passer si facilement.
Tindindin ! Dans le prochain chapitre, vous découvrirez des cours qui n'ont jamais été décris par JKR ainsi que les professeurs qui vont avec.
