VII

Leur rapport ne s'était pas amélioré malgré le tour de garde où ils avaient pu parler plus calmement. Concernant ce qu'il s'était passé. Il n'y avait pas eu d'explications à proprement parler. Milo grognait tout bas quand il croisait Camus, et il lui répondait par son air d'indifférence. Chacun savait ce qu'attendait l'autre, et chacun était bien trop fier pour faire le premier pas. C'était comme céder devant l'ennemi et baisser sa défense, et sa fierté.

La fierté du verseau était précieuse. Elle avait déjà été ébréchée par la Déesse lors de leur réunion le jour-même de leur résurrection et il ne se sentait pas prêt à retenter l'expérience.

Tout le monde comprenait donc la raison pour laquelle Milo marmonnait dans sa barbe alors que Camus, debout juste à côté de lui, feignait la surdité pour ne pas avoir à lui répondre. Et c'était certainement les plus calmes d'entre tous.

Encore une fois ils étaient réunis, cependant, aucun n'affichait de mine ravie. Même le couple le plus doux de l'assemblée semblait si lointain que ça faisait perdre espoir à tout autre. Le scorpion, curieux comme il pouvait l'être, se demandait ce qui avait bien pu se passer pour qu'ils se fassent la tête à ce point. Ce n'était certainement pas dans leurs habitudes.

Tous debout, formant une rangée parfaite face au trône du grand pope, les chevaliers attendaient patiemment l'arrivée de la princesse qui, encore une fois, se faisait désirer. Shion n'était pas plus en avance et il arriva presque essoufflé devant les treize paires d'yeux.

Certains ne parvenaient pas à contenir leur ennui, d'autres leur impatience. Kanon, lui, était le seul souriant, scintillant dans son armure dorée. Ils en venaient même à se demander s'il l'avait retirée à un moment ou un autre.

Saga, lui, semblait perplexe. Bien qu'il mettait tout en œuvre pour paraître le plus détendu possible, et le plus fermé aussi. Au bout de la file, il avait mit plus de distance entre Aldébaran et lui que chacun des chevaliers présents. Il n'avait pas fallu plus de temps pour qu'Athéna n'arrive, sceptre en main.

-Mes chers chevaliers, je vous ai demandé ici, en cet instant, afin de procéder à la remise des surplis.

La phrase fut à peine achevée qu'apparut devant chacun des chevaliers concernés l'armure dédiée à leur constellation. Dokho eu un sourire blasé, Shion avait bien préparé son coup… Les six gold saints avaient chacun eu une réaction très différente et ce fut Saga, encore une fois, qui prit la parole. Plus férocement que tout le monde ne l'aurait pensé.

-Je refuse ! Mon avis n'a pas changé depuis la dernière fois.

-C'est un ordre, Saga. Nous ne demandons pas ton consentement, juste de l'enfiler.

-Shion, s'il te plaît, intervint la Déesse en posant sa main sur son bras tendu dans la direction du gémeau. Je m'en occupe, veux-tu ?

Elle n'attendit pas l'approbation du grand pope pour descendre les quelques marches menant de l'estrade à la rangée que formait ses protecteurs. Lentement, elle posa sa main sur la joue de l'aîné des gémeaux, effleurant la peau de son pouce calmement.

-Saga, j'imagine sans difficulté le mal qui te ronge, mais tu comprends bien que tu ne dois pas te laisser ainsi submerger, n'est-ce pas ?

-Athéna… Je vous ai tué à ce moment-là. Et même si ça a été pour une cause juste, je n'oublie pas que vous auriez pu définitivement perdre la vie à cet instant là. J'y ai trop attenté déjà pour porter de nouveau le surplis. Entendez-moi bien, personne ne sait ce qu'il va advenir lorsque nous les mettrons.

-J'entends bien Saga. Viendra un temps où tu mettras cette armure, j'ai foi en toi chevalier.

Il ferma les yeux, soudainement plus apaisé et la jeune femme reprit place naturellement, suivie du regard par l'ensemble des hommes présents dans la salle. Avec une voix plus forte, elle reprit la parole, invitant chacun d'entre eux à s'essayer au surplis revenu des Enfers.

-Chevaliers, je vous demande en ce jour de renouveler votre engagement auprès de votre Déesse protectrice.

DeathMask avait le premier à s'y essayer. Posant un genou à terre, il répéta les préceptes qu'il avait été contraint d'apprendre par cœur pour la première fois où il avait été nommé chevalier d'or. L'instant lui avait paru ennuyant et il lui tardait juste de retrouver une armure, qu'elle soit en or ou de ténèbres, il n'en avait que faire.

Le cancer n'avait pas d'appréhension particulière, à l'image qu'il avait toujours rejetée aux autres, il semblait même plutôt indifférent mais son expression neutre laissa place à une totale stupéfaction en ressentant la puissance envahir ses veines jusqu'à son âme. C'était… définitivement dangereux, il sentait un pouvoir endormit qui semblait être comparable à celui d'un dieu. Et pas n'importe lequel, il avait bien l'impression qu'il s'agissait là du seigneur des Enfers.

-Déesse Athéna… Se peut-il que ces armures aient été purifiées par Hadès lui-même.

-Sous la surveillance de Mu et Shion, j'y ai versé mon sang. Ces armures sont puissantes et nous ne savons pas encore quelles conséquences ça pourrait avoir sur vous.

-Je n'ai jamais ressenti autant de pouvoir. Ça me prend jusqu'à l'âme.

Au moment où Aphrodite posa son genou à terre pour prêter allégeance à Athéna, il senti une angoisse profonde l'habiter. DeathMask semblait soucieux et portait sur lui un regard particulièrement inquiet qu'il ne lui avait jamais connu auparavant.

Néanmoins, le poisson ne cilla pas et se ferma aussitôt sur lui-même en reprenant place une fois que son corps fut recouvert de cette protection des enfers. Shion s'était attendu à ce type de réaction. C'était à eux maintenant de faire en sorte d'accepter l'armure. Cette dernière, en tout cas, semblait ne pas les rejeter.

Le capricorne, quant à lui, avait davantage craint le regard du lion posé sur lui plutôt que la puissance qui avait parcourut ses veines. Contre toute attente, il n'avait rien ressenti de si maléfique que les deux précédents l'avaient laissé entendre. Naturellement, comme s'il avait déjà accepté l'armure, il avait reprit sa place, un fin sourire sur les lèvres. Et tout le monde pouvait deviner qu'il s'était fait une joie de renouveler son engagement auprès de sa Déesse. Jurant qu'il la protégerait, une fois de plus, au prix de sa vie.

Quand Camus avait fait un pas en avant, il avait été retenu par la main de Milo sur son poignet, ça n'était pas passé inaperçu, alors Mu s'était simplement désigné de lui-même pour enfiler le surplis. Shion l'observait avec une attention particulière. C'était lui qui aurait dû la recevoir, cependant, c'était bel et bien son disciple qui était désormais le gardien de la première maison. Personne d'autre que lui.

Le surplis avait répondu à son cosmo avec une agressivité particulièrement puissante qui avait fait avancer le grand pope d'un pas, prévenant. Shaka observait simplement la scène sans rien dire de plus.

Personne n'était sans savoir que Mu possédait une force comparable à ceux qui passaient des heures et des heures à travailler leurs muscles. Il était une force de la nature et c'était aussi pour cette raison que personne ne lui cherchait réellement des noises. Pourtant, il avait perdu plus d'une fois l'équilibre lorsque le surplis c'était assemblé contre son corps.

Sa réaction fit frémir quelques uns en le voyant céder sous la puissance dévastatrice qui l'étouffait soudainement, tombant à quatre pattes pour reprendre son souffle. Shaka avait été le premier à se rendre à côté de lui pour l'aider à se relever alors que Shion interrogeait Athéna du regard. Saga se retint de toute remarque, serrant les poings.

-C'est bon… Elle doit s'habituer à moi… elle recherchait davantage le cosmos de maître Shion.

Il ferma les yeux et prit appui sur la vierge pour reprendre place avec tant de grâce que ça suscitait presque le respect. Shaka s'en inquiétait, ils avaient eu cette discussion plus d'une fois et leur rancœur avant qu'ils n'arrivent ici était loin déjà.

-Camus, tu ne devrais pas… chuchota le scorpion en resserrant sa prise sur son poignet.

-Assez Milo… Tu sais aussi bien que moi que je n'ai pas le choix. Avait répondu aussi bas le concerné.

Se retirant, non sans mal, de la main puissante renfermée sur lui, le verseau s'avança et s'inclina respectueusement, répétant à son tour les principes qu'il s'engageait à suivre de nouveau. Une impression étrange le gagnait au fur et à mesure qu'il parlait. Il pouvait sentir le regard brûlant de son ami dans son dos.

Le surplis revêtu sans aucun mal, tout lui revenait en mémoire, chamboulant dans ses esprits toutes ses pensées. Les souvenirs vivaces, douloureux, s'ancraient en lui et il se vit dans l'obligation de l'enlever une fois afin de calmer son esprit pour la posséder de nouveau.

En se retournant vers les autres chevaliers, il senti l'aura puissante que dégageait Milo, il ne fut même pas surprit de constater que les deux autres à ses côtés se soient décalés. L'ongle meurtrier sorti, il regardait Camus comme s'il était sa proie avant de serrer les poings et quitter l'assemblée sans revenir sur ses pas. Pas même quand l'ex chevalier du bélier le lui ordonna. Le verseau senti de nouveau la brûlure des mains de Milo sur son cou, comme un fantôme qui ne le lâchait pas.

Saga, quant à lui, ne s'était toujours pas résigné à la porter. Il avait de nouveau prêté serment, au même titre que ceux qui ne possédaient pas encore leur armure.

La Déesse avait également profité de l'occasion pour sacrer Shion au poste de grand pope, officiellement cette fois. En plus de quoi ils avaient solennellement demandé à Saga et Ayoros de prétendre tous deux au titre de bras droit, afin d'épauler Shion dans ses devoirs. Ils n'avaient pas été particulièrement réticents. C'était… un peu plus compliqué concernant Saga.

Une certaine pression revenait à la charge, étouffante et malsaine. Selon lui. La main d'Ayoros sur son épaule suffit à le calmer, le résonner un peu. Il était un vrai baume. Un clin d'œil suggéré de la part du chevalier du lion le fit à peine sourire. De toute façon, il se désisterait au dernier moment.

Il s'était passé encore quelques instants avant qu'ils ne puissent quitter les lieux. Saga avait été demandé par Athéna en personne, dans ses appartements, Mu s'était rendu auprès de son maître et Camus s'était rendu au huitième temple sans quitter le surplis, paré à toute éventualité.

Dévalant les marches à toute allure, il ne lui fallu que très peu de temps pour se rendre à l'endroit désiré, entrant sans y être invité. L'entrée portait déjà les séquelles de la fureur du scorpion, et le verseau commençait à croire que s'y rendre était une mauvaise idée.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ? Vociféra le grec en le rejoignant.

Il était à une distance toute mesurée du français, comme si s'approcher allait lui brûler la peau. L'ongle encore visible, il gardait les bras croisés, comme si ça lui permettait de garder pour lui la fureur qu'il pouvait ressentir.

-Je ne t'ai pas invité. Pars d'ici !

-Milo. Je n'ai pas le choix. Et si je l'avais eu, je ne l'aurais pas mise.

-Parce que Saga l'a enfilée, lui ?! Ne te trouve pas d'excuses bidon Camus !

-Ne fait pas l'enfant, c'est notre devoir.

-Mais ça va bien avec ça ! Est-ce que tu le ressens, Cam', tout le désespoir qui court dans ton corps ? Tu le sens, n'est-ce pas ? Ce surplis causera votre perte à tous et je ne veux pas te voir mourir encore une fois !

-Il s'agit de défendre Athéna, nous avons déjà subit une attaque dont tu as fait les frais. Je ne tiens pas à ce qu'il puisse arriver quoi que ce soit d'autre au sanctuaire !

Le huitième gardien réfléchit à cette phrase, il l'avait attentivement retenue et pesait chaque mot comme s'ils détenaient la vérité que son ami tentait de lui cacher. Décroisant les bras, il fit quelques pas en avant pour se retrouver à une distance qui laissait supposer que c'était là une conversation entre deux amis proches.

-Tu tiens à protéger qui, réellement ? Ne me prends-tu pas pour un gamin par hasard ?

-Ça ne te regarde pas.

-Oh si ! Camus, oui ça me regarde ! Je ne suis pas un objet qu'on protège et qu'on garde précieusement. J'ai tué tellement d'ennemis dans mes missions, et de tellement de façons que même toi tu en tremblerais de peur. Ne crois pas que je suis quelqu'un qu'on protège.

-Je n'ai donc plus rien à faire ici.

-C'est quoi, ça ?

-Je te dis que je m'en…-

-Non. Là…

Milo posa son index sur la gorge pâle, retraçant une large marque rosée. Il fallu peu de temps à Camus pour lui retirer sa main d'un geste vif, avec un pas de recul afin de protéger son cou autrefois agressé par ce même homme.

La seconde d'après, le verseau avait prit la fuite, encore une fois. C'était devenu si habituel que son ami ne prenait plus la peine de lui courir après, le laissant s'enfermer dans son temple et s'évader dans un livre qui avait le don de le détendre, le faire relativiser. Cependant, la marque paraissait étrange. Milo l'aurait bien remarqué s'il l'avait eu avant de mettre le surplis, et cette position, ça lui rappelait douloureusement l'endroit même où il avait été marqué par ses mains. L'endroit même où il l'avait étranglé.

Jamais Camus n'avait couru aussi vite pour regagner sa maison, prenant directement la direction de sa salle de bain pour observer les traces de doigts qui s'affichaient sur sa peau. C'étaient quoi ces effets secondaires ? Il grogna et fit demi-tour pour se rendre dans sa bibliothèque, s'emparant d'un livre sur lequel il comptait bien passer sa frustration.

Déjà, il ne savait pas pour quelles raisons il s'en était allé voir Milo. Certainement pas donner des explications, et encore moins se faire pardonner quoi que ce soit. C'était une force étrange qui l'avait poussé là-bas et maintenant qu'il y réfléchissait, il se disait à quel point ça avait été inutile. De toute évidence, son corps avait besoin de s'habituer à cette armure et il n'y avait qu'en la portant que ça se ferait.

Saga, lui, n'était toujours pas du même avis. Face à Athéna, assit dans son salon devant une tasse de thé qu'il ne touchait pas, il la sondait du regard, comme s'il trouverait une réponse à chacune de ses questions.

-Tu n'es pas sans savoir que tu feras parti, au même titre que Shion et Ayoros, des premiers attaqués au sanctuaire s'il y a une nouvelle attaque. Pourquoi ne veux-tu pas de cette protection ?

-Athéna, je vous ai tué quand je portais ce surplis. Je ne puis le mettre de nouveau comme si rien ne s'était passé.

-Ton geste, à ce moment-là, tu sais aussi bien que moi que tu le devais. Cela ne t'a-t-il pas délivré de tout ce mal qui te rongeait encore ? Il n'y avait que toi qui le pouvais. Tu m'as tué de tes mains, Saga. Et pourtant, maintenant, plus une seule once de méchanceté parcours ton être. Abandonne-toi totalement à l'être bon que tu es devenu, sans aucune crainte. Je suis ta Déesse, je veillerais sur toi.

-Je crois en vos paroles, et la bienveillance que vous m'accordez est même supérieure que ce à quoi chaque chevalier désire venant de votre part. Cependant, je crains ne pas savoir vous protéger comme il se doit en étant en possession de cette armure.

-Ce n'est qu'une question de temps avant que celles d'or ne nous reviennent.

-Que voulez-vous dire par là ?

Athéna resta interdite, silencieuse, elle ne répondit pas à la question volontairement, laissant le gémeau seul avec cette réflexion. Il prit la tasse entre ses mains, soufflant d'aise sous la chaleur qui redonnait vie à ses doigts froids, il ne but cependant pas.

Les yeux dans le vague, il finit par se lever et prendre la boîte contenant l'armure venant des Enfers. Il ne promit rien en passant la porte qui menait à la sortie, mais la jeune femme était rassurée par ce simple geste. Elle savait qu'il réfléchirait posément à sa requête, comme l'homme sage qu'il était devenu.

L'instant d'après, elle fut rejoint par Shion qui scruta la pièce et s'installa à la même place que le gémeau quelques minutes avant lui. Il expliqua vaguement l'état de Mu qui n'était en rien grave. Elle avait bien remarqué le sourire paternel qu'il affichait quand il parlait de son jeune disciple et une telle relation lui réchauffait le cœur.

Après ça, ils étaient restés muets de longues minutes, sans se regarder, perdus l'un et l'autre dans leurs pensées jusqu'à ce qu'elles soient perturbées par une aura qu'ils connaissaient bien.

Dans un éclair sombre, aveuglant, il était apparu devant eux. Sans trop de cérémonie, et seul, accordant ainsi la confiance la plus totale en Athéna et ses saints. Pourtant Shion s'était levé directement, s'interposant entre lui et la Déesse et l'aura qu'il avait jugé d'amicale avait finit par lui faire baisser les armes.

Hadès, vêtu d'une longue robe de cérémonie noire, s'était incliné pour saluer la jeune femme qui le lui avait rendu aussitôt avec un léger sourire. Le grand pope avait ensuite été congédié et ils s'étaient retrouvés à deux, l'un en face de l'autre, à se jauger du regard.

-Que me vaut cette venue, Hadès ? Demanda-t-elle doucereusement.

-Les nouvelles sont mauvaises. Nous sommes maintenant en mesure de savoir exactement où se trouvent les armures d'or, et les doutes que tu avais se confirment. Poséidon en est bien en possession.

-Comment as-tu pu les retrouver aussi facilement ?

-Certaines sont entrées en résonnances. Les mêmes que celles que tu es venue emprunter chez moi. Le bélier, le cancer, le gémeau, le capricorne, le verseau et le poisson.

Elle médita un court instant sur la nouvelle, répondant d'elle-même à certaines questions. La jeune femme finit par prendre place aux côtés du Dieu des Enfers, posant une main chaleureuse sur son genou pour le forcer à la regarder.

-Il est temps pour moi d'agir Hadès. Je peux compter sur toi pour me donner plus d'indications ?

-Tes troupes ne sont pas prêtes encore. Ils ne s'en souviennent certainement pas, mais avec moi, il leur avait fallu du temps pour s'habituer au surplis et m'est d'avis que ça sera encore le cas. N'oublie pas qu'ils ont pu endosser de nouveau leur armure d'or entre temps.

-Je suis d'accord avec toi, cependant, ça ne peut pas attendre, nous ne savons pas quand notre ennemi passera à l'attaque.

-C'est pour cette raison que je me chargerais de mener cette offensive.

-Est-ce une alliance ?

-N'allons pas jusque là, je te prête mes hommes le temps d'aller récupérer tes armures. Les Enfers ne sont pas si faciles à pénétrer. Mes juges se feront un plaisir de régler leurs comptes aux Marinas. Il se peut même qu'aucun combat ne s'engage. Cela dit… Je ne peux rien garantir pour autant.

Elle acquiesça silencieusement, rejetant ses longs cheveux mauves derrière ses épaules. Ils avaient encore parlé du fait que les spectres séjourneraient un moment au sanctuaire pour tirer le plus d'informations possible concernant la guerre sainte qui avait eu lieu face au Dieu des mers.

Après une longue discussion, ils en étaient venus à une date précise pour attaquer. Poséidon devait déjà se douter que la Déesse interviendrait si elle était au courant que les armures avaient résonné l'espace de quelques secondes chacune. Cependant, il ne s'attendait certainement pas à ce que ce soit l'un des trois juges qui vienne de lui même régler ce léger malentendu.

L'ambiance était légère, en aucun cas hostile et chacun des deux se réjouissait qu'une telle entente les lies désormais. Au moment pour Hadès de partir, la jeune femme lui affirma qu'elle mettrait à disposition toute la documentation qu'elle avait concernant les Marina et Poséidon.

-Je me demande aussi si tu es en possession d'informations concernant les assaillants que nous avons eus ici précédemment.

-On ne m'a pas mentionné leurs noms, je ne puis t'aider davantage, Athéna.

-Il s'agirait d'Aédé et Uranie, deux muses de la mythologie.

-Mince… je me suis réellement trompé sur la piste à exploiter. Il faut que je rentre maintenant. Écoute, je te tiens au courant dès que possible, en attendant prend garde à toi et je te conseille vivement de mettre en place une ronde de surveillance plus aiguisée qu'elle ne l'est déjà. Quatre hommes si tu le peux.

-Hadès, tu me sembles bien inquiet. Que se passe-t-il ?

Il ne répondit pas, usant de sa puissance pour faire demander un spectre qui apparut sur le champ en face de lui, tête baissée et genou au sol. Pourtant son surplis ne laissait aucun doute sur son identité. La wyvern attendait patiemment l'ordre de son Dieu, mais il avait relevé la tête en direction des deux Dieux qui semblaient pris dans une discussion sérieuse.

-Rhadamanthe, je compte sur toi pour veiller au bien d'Athéna durant un moment. Cet ordre vient directement de moi et je ne tolèrerais aucun débordement, est-ce bien clair ?

-Oui, votre majesté.

Le Dieu des Enfers prit entre ses mains celles de la Déesse sans la lâcher du regard, lui demandant de ne pas passer à l'action dans l'immédiat et de lui faire revenir son spectre immédiatement si la menace frappait de nouveau.

Sans répondre à ses questions, et sans plus de cérémonie, il disparut dans ce même éclair dans lequel il était apparu quelques instants plus tôt. Rhadamanthe s'était relevé, mais il était incliné face à Athéna, promettant de la servir sous les ordres directs d'Hadès. Aussi, elle ne fut pas étonnée de voir Kanon débarquer immédiatement dans ses appartements.

Bon sang, avoir un spectre au sanctuaire n'allait pas être de tout repos. Elle se jura mentalement de tirer les vers du nez de l'autre Dieu. Sincèrement, il allait lui payer d'amener plus de tensions qu'il y en avait déjà au sein du sanctuaire.


NdA : Bonjouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur ! Alors, je tiens à m'expliquer sur le fait que ce chapitre soit posté un peu plus tôt que prévu. Je ne sais pas si je saurais le faire lundi. Je ne suis pas chez moi depuis... le 8! et je ne rentre pas avannnnt... le 22, ou 24... Je profite d'une petite connexion pour poster ce chapitre. Dans l'ensemble, j'ai eu du mal à avancer récemment. Surtout que ma feuille de route est moitié sur pc, moitié sur papier et... je n'ai pas mes papiers ici bas. Donc, j'ai su boucler mon chapitre 17 tant bien que mal, mais le 18... il attendra mon retour !

Le chapitre 7, j'avais beaucoup aimé l'écrire. Sans savoir si c'est à cause de ce Milo/Camus omniprésent, la légère bouderie de Shaka envers Mu (que je n'ai cependant toujours pas expliqué, mais ils reviendront dessus), ou Rhadada au sanctuaire ! Si c'est pas le pied tout ça. Je me suis fait une relecture du début à ce chapitre et j'ai l'impression d'être si loin maintenant... Il faut dire, chapitre 18 quand même ! Bon, dans le prochain, on avance un peu plus dans le scénario, Zeus merci. J'ai aimé écrire ce chapitre (je me répète, je le sais), je l'avais fait à un loto où ma vieille mère m'avait traînée de force ! Mes petits chevaliers partagent tous mes bons moments et tous mes malheurs. Comment ne pas craquer ?

Dans tous les cas, j'espère qu'il vous aura plu et que vous aurez apprécié. Même si ça veut sensiblement dire la même chose. J'en profite d'être ici pour me faire une petite pub ! Je travaille sur une autre fiction en court de route, puisque j'ai vraiment très bien avancé celle-ci et que ça me permet de m'évader. C'est un univers alternatif, dans le genre science-fi, et tout ça. Avec des puces électroniques, une monarchie dictaturale et plein de choses super chouettes ! Enfin, je compte avancer de quelques chapitres rapidement, puisque je suis très inspirée, et ça me permettra de poster tantôt "Sancta Sedes" et tantôt l'autre fiction.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, c'est très important pour moi -au plus ça passe, au plus je papote dis-donc... et je vous dis à tout bientôt pour le chapitre 8 ! Je vous poutouille plein la face.