Bonjour à tous! Dans ce chapitre, il y aura un très léger Mystrade, à peine suggéré. Je n'ai pas pu m'en empêcher :D
VII. Open Your Eyes.
L'élégant parapluie noir tapait le sol de son bout métallique d'un rythme rapide tandis que Mycroft traversait les quelques mètres de distance qui le séparaient de l'Inspecteur de Scotland Yard. Ils furent d'ailleurs bien vite franchit, ses yeux n'ayant pas quittés ceux du policier un seul instant, malgré son dos légèrement courbé par la douleur qui était toujours bien présente. Son parapluie qui avait toujours eu pour fonction de le protéger, que ce soit de la pluie ou d'un potentiel danger, lui servait maintenant d'appui tandis qu'il marchait. Chaque pas l'éloignait de cette porte au fond du couloir sombre et glacial qui le menaçait dans le dos. Chaque pas le rapprochait de la lumière d'un orange flamboyant, de l'air chaud, l'enveloppant de plus en plus, qui s'échappaient du salon devant lequel Gregory Lestrade l'attendait.
Quand Mycroft s'arrêta à quelques centimètres de cet homme, son visage illuminé par la lumière chaleureuse d'un feu crépitant dans la pièce laissait toujours transparaître un léger air de surprise dont l'impassibilité qu'il affichait habituellement ne pouvait effacer. L'homme de Glace pourrait-il seulement un jour retrouver la force de remettre ce masque? Il allait lui falloir du temps pour redresser ses boucliers, pour pouvoir se remettre de ces dernières heures de torture, pour guérir de ses blessures, autant physiques que mentales, que Eurus avait causées. Toutes ces années de maîtrise de ses sentiments pour en arriver à subir tout ça; tout avait si vite été balayé. Mais en cet instant, debout en face de cet Inspecteur de police dont le sourire qu'il lui avait accordé n'avait pas faiblit; il n'avait pas besoin de faire semblant. Il n'avait pas besoin de feindre l'indifférence. Pas avec lui.
Sa main, refermée fermement autour du manche de son parapluie trembla légèrement quand une nouvelle vague de douleur submergea son corps tout entier comme une décharge électrique. Son cœur avait beau avoir été réchauffé par les mots de l'incarnation de son frère, il n'en demeurait pas moins sur le point de mourir. Malheureusement, il existait un seuil de tolérance à la douleur qui une fois dépassé, pouvait s'avérer fatal pour tout individu. L'inconscience, le coma, la mort. C'est tout ce qui l'attendaient. Mycroft savait être plus fort mentalement que physiquement mais cela ne signifiait pas que son temps lui était infini. À un moment, viendrait la fin.
Finalement, après un petit silence, ses lèvres fines s'étirèrent en un demi-sourire qui se voulut engageant mais qui, il en fut certain, ressembla surement plus à une grimace. En désespoir de cause, il chercha quelques mots à dire au policier, peut-être pour lui demander ce qu'il pouvait bien faire, ici, dans son palais mental ou tout simplement pour le remercier d'avoir ouvert cette porte pour qu'il puisse venir se réchauffer au coin du feu. Mais avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, Lestrade l'invita d'une main à entrer, ses yeux marrons toujours aussi souriant.
Mycroft pénétra dans le salon, avec une hésitation qu'il tenta de dissimuler derrière un regard déterminé. En quoi venir ici l'aiderait-il à retrouver son frère? Ce salon n'était même pas le grand salon. Ce n'était pas celui dans lequel il avait l'habitude de venir trouver les réponses à ses questions. Cette pièce-ci était bien plus petite, plus sombre, seulement faiblement éclairée par un feu qui normalement était inexistant. Peut-être que sa condition physique déplorable l'empêchait d'avoir accès à toutes ses capacités mentales? Ça expliquerait pourquoi son palais mental était si restreint, si peu précis. Pourtant, il avait cette intuition que tout prendrait fin dans cette pièce, avec lui, cet homme qui maintenant occupait en grande partie ses pensées.
C'est donc tout naturellement, dans l'attente d'une quelconque explication, qu'il tourna son regard vers Lestrade qui venait de refermer la porte sur le couloir, faisant barrière aux ténèbres qui engloutissaient tout sur leur passage. Celui-ci laissa un léger soupire de soulagement traverser ses lèvres quand il se redressa et fit face au politicien qui se tenait au milieu de la pièce, légèrement appuyé sur son parapluie noir. Il put alors lire dans son regard bleu clair une question muette face au soulagement dont il venait de faire preuve.
-"Ne soyez pas surpris, quelque part vous savez que je n'aurais pas non plus eu envie de vous voir passer cette porte." Murmura-t-il presque timidement. Il vida d'une traite le verre d'alcool qu'il tenait toujours dans une main et le posa sur un vieux meuble sombre à proximité. L'air gêné, il évita soigneusement le regard de Mycroft et plongea ses mains dans les poches de sa longue veste noire avant d'aller s'installer dans un fauteuil devant la cheminée.
Consterné par les paroles du policier, la bouche légèrement entre-ouverte sous la surprise, Mycroft resta un instant immobile, le dos tourné à l'homme qui attendait maintenant patiemment qu'il le rejoigne dans le fauteuil en face de lui. Seul le crépitement des flammes dansantes dans la cheminée résonnait dans la pièce. L'homme au parapluie noir jeta un coup d'œil furtif par dessus son épaule et observa Lestrade un bref instant, confortablement installé, silencieux, le regard fixé sur un point invisible face à lui. Il déglutit. Ne sachant au final que répondre à ce qu'il venait d'entendre, Mycroft prit un temps pour se ressaisir en vitesse avant de rejoindre finalement l'homme aux cheveux argentés dans un deuxième fauteuil. Tous deux se faisaient maintenant face avec pour seule lumière, un brasier éclairant la moitié de leur visage.
Le Gouvernement Britannique posa son parapluie sur le côté de son fauteuil mais garda sa main posée sur le manche, le faisant tourner sur lui-même, distraitement. Mais après tout, il ne savait même pas pourquoi il s'évertuait à avoir l'air décontracté alors que le moindre de ses muscles étaient tendus sous l'assaut d'une douleur lancinante.
-"Vous avez mal...?" Cette question n'en était pas vraiment une mais quand Lestrade la posa tout de même comme telle dans un murmure, Mycroft crut qu'il avait rêvé jusqu'à ce que ses yeux rencontrent ceux de l'homme assis en face de lui qui semblait attendre une réponse. Il garda le silence, soudainement agacé par cette question si stupide mais aussi contrarié, que malgré ses efforts, Lestrade avait su démasquer son état. Devant le peu de réactions de la part de son interlocuteur, l'Inspecteur de police retint un soupire et se pencha en avant, ses avant-bras posés sur ses cuisses, un air sérieux étirant ses traits.
-"Vous avez toujours votre parapluie à portée de main, comme si un danger pouvait survenir à chaque instant. Quand quelque chose ne va pas, vous le tenez dans une main comme un réconfort... Ça vous rassure de savoir que quelque chose peut vous sauver." Expliqua Lestrade d'une voix douce et apaisante en désignant le parapluie d'une main.
Mycroft Holmes, piqué au vif, détourna furieusement son regard vers le feu de la cheminée et resserra sa main sur son parapluie. Il était un homme difficile à déchiffrer et le seul à le pouvoir avait toujours été ce policier de Scotland Yard. Comment pouvait-il lire en lui de manière si naturelle, de manière si déconcertante? Il ferma brièvement les yeux quand il sentit les os de ses jambes presque craquer sous la pression d'une souffrance qui se rapprochait de l'insoutenable.
-"Nos rendez-vous devraient être plus espacés." Répliqua-t-il en serrant les dents pour lutter contre l'envie de crier de douleur. Ces paroles furent les premières qu'il avait prononcées depuis qu'il était entré dans cette pièce. Lestrade sourit à cette suggestion qu'il savait très bien sans suite.
-"Nous savons tous deux que vous ne pourriez pas vous passer de moi." Dit-il en se redressant contre le dossier de son fauteuil, toujours munit d'un sourire franc. Celui-ci s'élargit un peu plus quand il vit avec amusement Mycroft lever de manière exagérée les yeux au ciel, signe qu'il reconnaissait à contre cœur qu'il avait raison. Mais soudain, ce dernier se redressa, ses yeux s'ouvrant en grand comme si une révélation venait de le frapper de plein fouet.
-"C'est pour ça que vous êtes là." Murmura-t-il en regardant le policier qui avait les bras croisés sur sa poitrine comme il avait l'habitude de faire lors d'un interrogatoire de police.
-"Vous cherchiez des réponses au sujet de votre frère et quelle est la personne la mieux placée pour vous les fournir?" Demanda Lestrade dont le visage affichait un petit air de fierté malgré lui. Mycroft acquiesça, comprenant enfin pourquoi, voulant à tout prix retrouver son frère, il avait inconsciemment fait appel à cet homme.
-"Le Dr. Watson est la personne la plus proche de Sherlock mais je dois aller jusqu'à l'enlever pour pouvoir avoir des informations sur mon propre frère. Et seulement de manière occasionnelle, sans quoi cet homme commence à m'ennuyer avec ses protestations incessantes... Le plus absurde dans tout ça, c'est qu'il me voit comme celui ayant le mauvais rôle, celui qui refuse tout à son petit frère sans la moindre compassion... Il répond à chacune de mes inquiétudes avec le moins de détails possible, se méfiant constamment du fait que je pourrais en tirer profit." Râla Mycroft, sa bouche tordue par une grimace de mépris et de déception.
Gregory Lestrade acquiesça gentiment et continua tranquillement d'écouter sans interrompre le Gouvernement Britannique se plaindre du peu de coopération d'un homme qu'il kidnappait de temps à autre pour avoir des informations sur son impitoyable petit frère.
-"Mais vous, vous connaissez mon frère depuis bien plus longtemps et après quelques réticences à me faire par de ses agissements, vous avez fini par comprendre. Vous avez compris à quel point je m'inquiète vraiment pour Sherlock. Vous êtes une des seules personnes à avoir compris que Sherlock est en fait mon seul et véritable point faible. Vous me l'avez d'ailleurs fait remarquer plusieurs fois mais je suis sûr que, malgré le fait que je l'ai toujours nié, vous continuez de le penser. Et vous avez raison. Je m'inquiète pour lui..." Mycroft replongea dans sa contemplation des flammes qui semblaient brûler moins fort que quelques minutes auparavant tandis qu'il repensait à toutes ces fois où Lestrade avait débarqué à l'improviste dans son bureau au Diogenes Club. Toutes ces fois où il avait besoin de savoir que son frère allait bien, toutes ces fois où il voulait, ne fut-ce qu'un instant, être rassuré.
Lestrade, très vite, avait en effet commencé à venir de lui-même. Il n'avait aucun problème à discuter en début de soirée avec l'aîné des Holmes à propos du détective encore et encore alors que son sang froid avait été mis à rude épreuve durant la journée par ce dernier. Ses visites, bien qu'à l'improviste, n'étaient jamais mal-tombées, ne dérangeaient en aucun cas Mycroft, qui en savourait chaque minute. Petit à petit, ces entrevues étaient devenues des rendez-vous fixes à raison de deux fois par mois, accompagnés d'un thé, d'un café, d'une pâtisserie. Au fur et à mesure, quand le sujet "Sherlock Holmes" avait fini d'être abordé, Lestrade se resservait une tasse de café avant de partir. Une tasse dont il prenait plus de temps qu'il n'en fallait pour la vider. Ce sont durant ces moments-là, qu'après avoir écouté attentivement ce que le l'Inspecteur de Scotland Yard avait d'important à lui communiquer à propos de son frère, que Mycroft se laissait aller à quelques minutes de répit. Il poussait d'une main désinvolte la pile de dossiers face à lui sur le coin de son bureau et entamait avec appétit le croissant ou le pain au chocolat encore chaud que le policier avait rapporté pour lui.
Et ils parlaient. De tout, de rien, de leur vie. Gregory Lestrade n'avait jamais souligné, quand Mycroft refusait de manger parce qu'il était trop pris par son travail, que la boulangerie dans laquelle il allait acheter ces pâtisseries rien que pour lui, lui faisait faire faire un détour d'une vingtaine de minutes en voiture à chaque fois. Et Mycroft Holmes n'avait jamais exprimé tout haut qu'il savait très bien que la seule boulangerie dans les environs n'était pas la porte à côté et que par conséquent, cette attention le touchait bien plus qu'il ne se l'avouerait jamais.
-"Merci... Merci de m'apporter toujours les réponses dont j'ai besoin au sujet de Sherlock." Souffla Mycroft qui se sentait fléchir à mesure que ses souvenirs défilaient dans les jeux de lumières et d'ombres projetées par les flammes sur les murs de la pièce. Son temps était écoulé, son esprit avait depuis déjà quelques minutes divagué vers une poignée de souvenirs heureux avant de pouvoir s'éteindre.
Sa vue se brouilla, il tenta de bouger ses jambes, mais il se retrouva incapable d'effectuer le moindre mouvement. La douleur le paralysait. À cet instant-là, aucune vague de panique ne le submergea, il savait que la fin approchait. Il savait qu'il avait assez lutté et qu'il était temps d'abandonner. Ses yeux allèrent se fermer pour laisser place à un voile d'un noir profond obscurcir sa vue, quand il sentit brusquement une pression sur son bras, le faisant légèrement sursauter.
-"Oh, oh! Mycroft Holmes, je vous interdis de partir maintenant!" S'écria Lestrade, d'une voix forte et soudainement paniquée. Mycroft rouvrit ses yeux teintés de tristesse et de lassitude pour les poser sur un Gregory à genoux devant lui, une main enserrant son bras désespérément. Ses grands yeux marrons pétillant dans la semi-pénombre, le fixaient avec une pointe de détresse et d'inquiétude.
-"Oui..." Murmura faiblement l'homme de Glace en tournant à nouveau sa tête vers les dernières flammes qui brûlaient dans l'antre de la cheminée. Ce n'était pas une illusion, le feu était bel et bien en train de s'éteindre. Au rythme de sa vie.
-"Oui quoi?" Le pressa Lestrade en passant une main dans ses cheveux nerveusement avec un air désolé sur le visage. Il descendit sa main, posée sur l'avant-bras du politicien, pour venir s'emparer de la sienne. Il ramena de même son autre main qui était toujours fermement refermée sur le manche de son parapluie, de sorte qu'il puisse tenir ses mains dans les siennes. Si froides, si ternes.
-"Oui vous aviez raison... J'ai mal." Répondit Mycroft dont la voix se brisa. Il serra à nouveau les dents quand le peu de souffle qui lui restait, menaça de l'abandonner. Sous la torture qu'il subissait intérieurement, il sentit néanmoins, les mains de l'inspecteur serrer les siennes un peu plus comme dans une vaine tentative de les réchauffer. La pâleur de sa peau lui donnait l'allure d'un cadavre, comme s'il était déjà mort. Gregory détestait cette vision qu'il avait de lui en ce moment-ci.
-"Vous n'abandonneriez pas Sherlock." Tenta Gregory d'une voix tremblante. Ses yeux s'embuèrent de larmes tandis qu'il observait Mycroft, le regard perdu dans les dernières flammes qui menaçaient de flancher. La température de la pièce, au tout début agréable, avait chuté. Le froid transperçait son épais manteau et sa chemise blanche, les ténèbres engloutissaient le moindre recoin du salon. Lestrade ne voyait plus que les yeux bleus de cet homme sur le point de mourir, perdus dans le vague.
-"Un vieux mur abîmé... Un mur si noir... de la suie... un incendie..." Énuméra en vitesse Mycroft en rassemblant ses dernières forces pour se remémorer, malgré la douleur que cela lui causait, la vidéo de Sherlock apprenant la vérité sur Barberousse. C'étaient les seuls détails qu'ils possédaient. Un mur au fond d'une pièce sombre derrière son frère dévasté.
-"Bien, bien! Et ces quatre objets dissimulés sous des draps dans la cellule? D'où provenaient-ils? Mycroft, où Eurus voudrait-elle que tout se finisse?" L'encouragea Gregory, une lueur d'espoir pointant dans son cœur. Il jura que, juste là, en face de lui, un léger sourire venait d'étirer les lèvres de l'homme de Glace qui ne bougeait maintenant plus du tout, sa respiration aussi imperceptible que les quelques étincelles restantes dans le charbons noir. Un sourire de victoire. Une fois de plus, Gregory Lestrade lui avait apporté la seule réponse qui l'importait vraiment. Mycroft avait comprit.
-"Alors maintenant, Mycroft, il est temps de vous réveiller." Gregory se redressa et de deux doigts posés délicatement sous le menton du politicien, il tourna doucement sa tête vers lui. Leurs yeux se rencontrèrent et une larme coula. L'Inspecteur sourit faiblement et essuya de son pouce cette perle argentée qui roula sur la joue de Mycroft jusqu'à son menton. La consolation, le soulagement de savoir enfin comment sauver son frère, de savoir enfin où il était.
-"Ouvrez les yeux." Murmura Gregory.
Le noir.
Rien que le noir.
Une éternité. Un bref instant.
Combien de temps avait donc passé?
Quelques secondes, des heures, une journée?
Mycroft grimaça quand il commença à entendre les moindres bruits qui l'entouraient et qui agressèrent ses oreilles. Il ne sentait pas son corps, son souffle était court et chacune de ses inspirations lui arrachait un gémissement de douleur. Pour l'instant, seule son ouïe l'indiquait qu'il n'était pas seul.
-"Ouvrez les yeux! Bon sang, Mycroft!" La voix d'un homme certainement penché au dessus de lui le ramena définitivement à la réalité. Il entendit l'homme crier ce qui semblaient être des ordres, à l'intention d'autres personnes puis il sentit une main tremblante se poser sur sa joue.
-Mycroft, réveillez-vous... Je vous en prie..." Cette voix se fit, cette fois-ci, plus suppliante, légèrement tremblante.
Enfin, le Gouvernement Britannique daigna ouvrir les yeux, la lumière éclatante de la cellule agressant ses pupilles. Il dû battre plusieurs fois des paupières avant de voir précisément à quelques centimètres de son visage, celui de l'Inspecteur Lestrade. Ce dernier n'avait jamais parut plus soulagé et heureux qu'au moment où il vit ces yeux bleu glacial papillonner.
Le pauvre cœur de Mycroft, ayant déjà trop enduré pour une seule soirée, rata un battement quand, brusquement, la mémoire lui revint violemment.
-"Musgrave... Sherlock... Sauvez Sherlock." Murmura-t-il difficilement. Lestrade, toujours sous le choc du réveil de l'homme étendu dans une marre de sang, resta une seconde silencieux puis se réveilla dans un sursaut. Il se redressa, cria le nom du lieu où se trouvait Sherlock Holmes et le Dr. Watson à ses collègues, donna l'ordre d'y envoyer une équipe et de ne pas partir sans lui. En entendant cela, Mycroft crut qu'il allait bel et bien pleurer de soulagement, mais son manque d'énergie ne lui en laissa pas le loisir et il resta figé. Seuls ses yeux brillant de larmes, parlèrent pour lui.
-"Et Molly, où est-elle?" S'énerva encore Lestrade, son sang froid l'ayant quitté dès l'instant où il avait pénétré dans cette cellule et avait découvert le corps de Mycroft étendu sur le sol. Son taux d'adrénaline avait alors grimpé en flèche. Mycroft avait besoin d'un docteur d'urgence. Il n'avait donc pas fait attention à tout le sang qui avait taché son pantalon et le bas de sa veste quand il s'était précipité à ses côtés: maintenant, il savait qu'il pourrait bien se changer durant le trajet pour Musgrave. Tout ce qui comptait pour l'instant, était de maintenir le Gouvernement Britannique en vie.
-"Comment vous sentez-vous?" Demanda-t-il, mal à l'aise de ne pas savoir quoi faire tandis qu'il enleva maladroitement sa veste pour faire pression sur la blessure de Mycroft. Il se mordit violemment la langue quand il se rendit compte de l'incroyable stupidité dont il avait fait preuve en posant cette question. Le sol de cette pièce était recouvert de sang et il arrivait encore à demander comment la victime de ce qui semblait avoir été une véritable torture, allait. Derrière lui, il entendit la voix claire de Molly le signaler de sa présence en accourant prestement. Avant qu'elle ne le rejoigne, à sa plus grande surprise, Mycroft lui répondit en murmurant:
-"Depuis que vous êtes là... Je me sens beaucoup mieux."
