Un cauchemars. Je ne pouvais pas détacher mon regard de la main de Raven qui se perdait dans les cheveux bruns de Finn tandis qu'ils s'embrassaient. Mon esprit était figé, incapable d'émettre une pensée rationnelle. Raven m'aperçut soudain :
- Clarke ?! s'exclama-t-elle avec surprise.
Sa voix me tira de mon engourdissement et sans réfléchir je partis en courant. Je sprintais sans savoir ou j'allais et ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes que je ralentis pour finalement m'arrêter dans un couloir désert. A bout de souffle, je me laissai tomber contre un mur et fondis en larmes, anéantie par cette double trahison.
J'entendais encore la voix de Fox « Je t'aurais prévenue Griffin ». Ainsi, c'est ce qu'elle voulait me dire. Comment Finn et Raven avaient-ils pu me faire ça ? Raven, surtout, ma meilleure amie depuis ma première année à Poudlard ! Soudain, je me redressai. Raven n'était sans doute pas au courant, étant donné que je ne lui avais pas dit que je sortais avec Finn ! Je devais aller la voir et tout lui expliquer, et nous nous occuperions ensemble du cas de Finn. Repoussant ma tristesse dans un coin de mon esprit, je partis d'un bon pas vers la tour des Gryffondors.
Je soufflai le mot de passe (Cactaceae) à la grosse dame et entrai discrètement dans la salle commune sans prendre le temps d'écouter son sermon sur l'heure tardive. J'aperçus Octavia et Monty plongés dans une partie d'échecs et me dirigeai vers eux :
- Octavia, tu as vu Raven ?
- Oui elle est rentrée il y a une vingtaine de minutes, me répondit-elle en me jetant un regard soucieux. Tu n'as pas l'air bien qu'est ce qui se passe ? C'est à cause du Tournoi ? Tout le monde t'attendait pour faire la fête mais, vu que tu ne rentrais pas, on a décidé de reporter à demain.
- Je t'expliquerai plus tard, répondis-je sèchement.
Sans plus attendre, je me dépêchai de monter les escaliers menant à notre dortoir. Je trouvai Raven en train de lire sur son lit. Elle leva les yeux à mon arrivée et les replongea dans son livre.
- Raven !, m'exclamai-je pour attirer son attention.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, me demanda-t-elle nonchalamment en posant son livre. C'est à propos de moi et Finn ? J'avoue que je n'ai pas compris pourquoi tu as réagi comme ça tout à l'heure...
-Et bien oui, j'ai été plus qu'étonnée en te voyant avec Finn parce que...
Je marquai une pause, prise de doute. N'allais-je pas briser le cœur de Raven, qui semblait si heureuse dans la matinée ?
- Parce que quoi ? me s'impatienta Raven.
Non, il fallait qu'elle sache, elle méritait de savoir ce que Finn avait fait. Je pris une grande inspiration et lâchai:
- Parce Finn et moi sommes ensembles.
C'est en voyant le visage impassible de Raven à l'annonce de la nouvelle que je compris que quelque chose clochait. Elle qui aurait dû poser des questions, s'insurger, fondre en larmes, elle restait juste là à me fixer. Peut être était-ce le choc ?
-Tu n'as pas l'air surprise, remarquai-je.
-C'est parce que je ne le suis pas, Finn m'as prévenue, il m'a dit que tu allais essayer de nous séparer ! Il m'a tout raconté : comment tu es tombée amoureuse de lui, comment tu lui as fait des avances sans qu'il t'encourage, comment tu es devenue jalouse en comprenant qu'il était déjà avec quelqu'un. Cela encore, je peux le comprendre mais que tu essayes de me retourner contre lui, je ne pouvais pas le croire. Quand je pense que je t'ai défendue ! Mais la preuve est là, Clarke !
Je regardai mon amie débiter son discours, les pensées se bousculant dans mon crâne. Comment Raven pouvait-elle croire Finn ? Nous nous connaissions depuis notre première année à Poudlard !
- Mais enfin, Raven, tu sais bien que je ne ferai jamais une chose pareille ! On se connaît depuis 6 ans !, m'écriai-je.
- Je ne te connaissais peut être pas aussi bien que je le croyais, tu continues à me mentir les yeux dans les yeux !, m'assena Raven, les yeux flamboyants de colère.
- Je croyais que nous étions amies, murmurai-je d'une voix suppliante.
- C'est aussi ce que je croyais, me lança-t-elle d'un ton dur.
Je sentis la colère m'envahir, contre Finn qui en plus de me tromper, avait réussit à retourner ma meilleure amie contre moi mais aussi contre Raven, qui avait choisit de le croire lui, plutôt que moi.
-Très bien ! Ne me crois pas, mais ne reviens pas me voir quand tu découvrira que j'avais raison !, dis-je d'une voix tremblante de rage et de peine contenues.
-Ne t'inquiète pas pour ça !
Et celle qui avait été ma meilleure amie sortit en trombe sans un regard en arrière.
Le lendemain, je prétextai une migraine pour éviter d'aller en cours et passai la journée à me morfondre. Au bout de deux jours de ce stratagème, Octavia, au courant de la situation, vint me trouver alors que je fixais la plafond du dortoir:
- Écoute Clarke, tu es triste et c'est normal mais tu ne vas pas gâcher ton année à cause de cet abruti ! Tu n'es même pas venue à le fête des Gryffondors pour ta participation au Tournoi !
- Je n'avais pas la tête à ça Octavia, murmurai-je d'une voix éteinte.
- Et bien moi je pense que c'est exactement ce dont tu as besoin ! Tu as la chance d'être la championne de Poudlard, quel exemple tu montres au élèves de Polis ? Alors maintenant, tu vas te lever et descendre montrer à Finn qu'il n'a pas gagné !
- Oui maman, grognai-je en me levant.
Mais je dû admettre que mon amie avait raison et arrêtai de me renfermer sur moi-même. Je choisis d'ignorer Finn et Raven, qui passaient toutes leurs journées ensembles et me partageai mon temps entre Octavia, Jasper, Monty et Wells.
Quelques jours plus tard, une élève de troisième année vint me chercher en cours de Botaniques :
- Professeur, je dois emmener Clarke Griffin pour l'examen des baguettes.
Le professeur Chourave donna son accord, et sous les regards des autres élèves, je le suivis hors de la salle. Nous montâmes au premier étage de la tour d'Astronomie, la plus haute du château.
- C'est ici, fit le garçon, un certain Olivier, qui s'éclipsa sans plus d'informations.
J'entrai dans la salle, et fus accueillie par le sourire bienveillant de Dumbledore :
- Bonjour Miss Griffin.
Je lui rendis son salut et adressai un hochement de tête à Lincoln, Lexa et leur directrice. Dans un coin de la pièce se tenait un petit homme qui triturait un appareil photo, à côté duquel une femme d'une quarantaine d'années vêtu d'une robe criarde prenait des notes sur un parchemin. Non loin de là, je reconnus les grands yeux pâles du fabriquant de baguette, Ollivander.
- Et bien, puisque Mr Blake ne semble pas vouloir se montrer, nous..., intervint Anya juste au moment où la porte s'ouvrait avec fracas.
- Bonjour, lança Bellamy avec aplomb, j'espère que je ne suis pas en retard.
- Absolument pas, lança Lexa avec un petit rire sarcastique.
Bellamy lui lança un regard noir, qui fut intercepté par le directeur.
- Bien, puisque nous sommes au complet, je propose que nous commencions, dit ce dernier. Mr Ollivander, ici présent, va examiner vos baguettes et vérifier qu'il n'y a aucun problème. Nous ferons ensuite les photos et les interviews pour la Gazette. Qui commence ?
Nous échangeâmes un regard, puis Lincoln se leva et présenta sa baguette à Ollivender. Ce dernier la prit dans ses mains, la regarda sur toute les coutures avant de déclarer :
-Vingt-trois centimètres, en bois de chêne et crin de licorne, c'est bien ça ?
- Exact, confirma Lincoln.
- Je reconnais la marque de Fitz, de la très bonne qualité bien que j'ai toujours pensé que ses baguettes étaient un peu … capricieuses. En tout cas, elle est en très bon état Mr White.
Il donna un petit coup de baguette, faisant apparaître un tourbillon de fumée avant de rendre la baguette à son propriétaire. Le même manège se répéta pour chacun d'entre nous, Ollivader fit tour à tour apparaître un bouquet de fleurs, des étoiles multicolores et des rubans rouges. Il partit après avoir déclaré que toutes nos baguettes étaient fonctionnelles.
La femme à la robe voyante se leva alors et déclara d'une voix perçante :
- Maintenant les photos !
Nous nous pliâmes tous à ses ordres, effectuant les poses pour le photos de groupes, les photos individuelles et... les photos par équipe. Lexa et Lincoln passèrent les premiers, et je dû avouer qu'ils s'en tiraient très bien. Lexa envoya même un baiser à l'objectif. Notre tour arriva trop vite à mon goût. Je me plaçai à l'endroit indiqué par le photographe, tout en gardant mes distances avec Bellamy et essaya mon plus joli sourire.
- Ça ne va pas du tout, on dirait deux glaçons !, s'exclama la journaliste. Rapprochez vous voyons, et montrez que vous êtes heureux d'être là !
A contrecœur, je me rapprochai de Bellamy jusqu'à ce que nos épaules se touchent. La journaliste n'ayant toujours pas l'air satisfaite, je pris une expression qui se voulait joyeuse. Soudain, un bras m'entoura la taille, me collant contre le Serpentard. Avant que je puisse réagir, le flash de l'appareil m'éblouit et la journaliste se déclara satisfaite. Bellamy me relâcha immédiatement, et s'éloigna.
Après les interviews, Dumbledore nous congédia, et nous ordonna de retourner en cours. Alors que nous passions la porte, je jetai un regard interrogateur vers Bellamy.
- Ne va pas t'imaginer des choses Griffin, j'ai fais ça pour le Tournoi, lâcha ce dernier d'un ton méprisant. Maintenant tu m'excusera mais je dois aller en cours.
Sans me laisser le temps de répondre, il s'éloigna dans le couloir d'un pas nonchalant. Je soupirai intérieurement. Cesserait-il un jour de se comporter comme un abruti imbu de lui même ? Le réponse était évidente.
Nous arrivâmes à la dernière semaine de novembre durant laquelle devait avoir lieu le premier match de Quidditch de la saison nous opposant aux Pouffsouffles.
Le matin je me réveillai avec le désormais habituel mal de ventre qui précédait chaque match. Au stress du match s'ajoutait le fait que Finn faisait partit de l'équipe adverse en tant qu'attrapeur. Je me levai et pris mon petit déjeuner avec des gestes mécaniques, n'ayant pas très bien dormi. Réconfortée par les encouragements des élèves de ma maison, je me dirigeai vers les vestiaires en compagnie de toute l'équipe. Nous nous changeâmes en silence avant de s'asseoir pour attendre le mot de notre capitaine, c'est à dire Raven.
- Je compte sur vous, on va les écraser !, lança cette dernière, peu portée sur les discours à rallonge.
Jasper et Monty approuvèrent par un cri de guerre. Je remarquai que la plus jeune de l'équipe, Charlotte, avait le teint un peu verdâtre. Je me remémorai mon premier match et m'approchai d'elle :
-Tu vas être formidable, ne t'inquiète pas, lui assurai-je d'une voix rassurante. Monty lui donna une tape amicale sur l'épaule.
Nous entrâmes en file indienne sur le terrain sous les cris de joie des Gryffondors. Heureusement pour nous, si le vent était glacial, le ciel était dégagé. En face de nous, s'avança l'équipe de Pouffsouffle en robes jaunes. Alors que Raven serrait la main du capitaine de l'équipe de Pouffsouffle, Octavia me souffla à l'oreille :
- Fait-lui regretter.
- Comptes sur moi, dis-je en fixant Finn.
Ce dernier me rendit mon regard mais quelques secondes plus tard baissa les yeux. Je souris, fière de cette petite victoire.
Sur un signe de Madame Bibine, nous enfourchâmes nos balais. Elle ouvrit la boîte contenant les balles et siffla le début du match. Je poussais sur le sol et m'élevai à toute vitesse dans les airs. J'entendis le commentateur, un Serdaigle que je ne connaissais pas, remplaçant l'ancien partit faire ces études :
- Et c'est parti ! Octavia Blake récupère le Souafle, elle fait la passe à Charlotte Smith qui se dirige vers les buts et … non, elle le fait tomber et c'est Maya Jones qui reprend la balle, pour l'envoyer à Harper Adams. Le gardien de Gryffondor plonge et POUFFSOUFFLE MARQUE !
Je serrai les dents tandis que les supporters de Pouffsouffle hurlaient de joie, tout en scrutant le terrain à la recherche du Vif d'Or. Alertée par un sifflement sur ma droite, je me baissai juste à temps pour éviter le Cognard qui m'avait prise pour cible. Ce dernier revint à la charge, m'obligeant à faire une vrille aérienne.
- Désolé Clarke, me lança Monty en donnant un coup de batte qui envoya le Cognard sur un poursuiveur Pouffsouffle. Ce dernier manqua de tomber de son balais et fut contraint de lâcher la balle.
- Raven Reyes récupère la balle-vraiment jolie cette fille- et fait la passe à Octavia Blake. Blake lui revoit la balle et GRYFFONDOR MARQUE ! Dommage que tu ais déjà un copain, Raven parce que... Pardon, Pardon professeur, je disais donc dix points partout pour ce début de match !
Je ne pu m'empêcher de rire en voyant le Serdaigle se faire copieusement incendier par le professeur McGonaGall. Raven, les yeux lançant des éclairs, passa devant moi sans m'accorder un regard.
Plusieurs tours de terrain plus tard, toujours aucun signe du Vif-d'Or. Je commençai à m'impatienter, n'ayant eu aucun rôle dans le match. Les scores étaient très serrés : quatre-vingt points contre soixante-dix pour les Gryffondors. Le sort du match reposait donc sur mes épaules. J'aperçus Finn à l'autre bout du terrain en vol stationnaire, attendant la même chose que moi.
-Maya Jones vole en direction des buts, personne ne semble pouvoir l'arrêter. Elle va marq... Attention !
L'exclamation provenant des gradins me fit me retourner, juste à temps pour voir la silhouette de la poursuiveuse basculer dans le vide. Sans réfléchir, je partis à toute allure, tout en sachant parfaitement que je n'arriverai pas à temps. Soudain, une fusée rouge la rattrapa juste avant qu'elle touche le sol et la déposa en douceur. Je reconnu la batte et les cheveux châtains de Jasper.
Je m'arrêtai, soulagée quand je remarquai un mouvement à l'autre extrémité du terrain. Finn, lancé à pleine vitesse essayant d'attraper … le Vif d'Or ! La petite balle dorée volait dans ma direction. Je partis donc à sa rencontre, penchée sur mon balais pour gagner en rapidité. Je ne distinguai plus les autres joueurs se transformèrent en taches rouges ou jaunes le vent sifflait à mes oreilles, masquant le bruit de la foule. Concentrée sur mon but, je tendis le bras pour attraper la petite balle tandis que Finn faisait la même chose en face de moi. Je croisai son regard et y lu la même détermination que celle qui m'habitait.
La collusion fut brutale. Mon bras percuta avec violence l'épaule de Finn, qui en manquant de tomber m'envoya son genou dans le ventre. Le souffle coupé, j'atterris sans douceur sur le sol. Dans mon poing fermé, le Vif d'Or battait faiblement des ailes.
J'espère que ça vous a plu ! Bravo à ceux qui avaient trouvé que c'était Finn et Raven dans le couloir (je pense à mimoz, Nanoush, Canelle-A, Djahane Winchester, Bellarke-Princesse et Babibou1234) . N'hésitez pas à me donner votre avis dans les commentaires ! Je vous souhaite de joyeuses fêtes à tous, on se retrouve pour le prochain chapitre !
