Chapitre 7

Je n'ai pas grand-chose à te dire

Rapport 2.r

« Je pensais qu'il changeait, j'avais cru pouvoir le retrouver. Que des idées idiotes, il reste le même. Saïx, froid, distant, le second de Xemnas et rien de plus.

J'en ai assez de me voiler la face. Notre complicité n'existe plus, tout est fini.

Isa est mort, pour moi. »


- Axel ?

Demyx s'arrêta sur le pas de la porte, interloqué de voir le numéro 8 dans cet état. Si le roux était aussi énervé, alors qu'en était-il de Saïx ? Ça n'était pas le moment d'aller faire un tour dans la Zone Grise…

Cinq jours s'étaient écoulés depuis le départ de Larxene et Marluxia pour le Manoir Oblivion, et fort heureusement, personne n'avait eu de nouvelles d'eux. Avec un peu chance, ils avaient été détruits par un quelconque ennemi !

Pendant cette période, les rapports entre les deux anciens amis qu'étaient Axel et Saïx semblaient s'être détériorés jusqu'à atteindre un point de non-retour, et les avoir tous deux dans la même pièce donnait un sentiment de malaise. C'était à peine s'ils s'adressaient encore la parole autrement que pour les missions, et même Demyx semblait avoir des rapports plus fraternels avec le numéro 7.

Ils n'en étaient pas arrivés à un point où ils allaient s'entretuer, certes, mais la tension qui régnait n'avait d'égal que ce ressentiment qui émanait des deux Similis.

La Mélopée Nocturne entra prudemment dans la pièce et ferma la porte derrière lui. Axel n'avait pas réagi, il continuait simplement à ruminer de sombres pensées en serrant les dents, assis sur le bord de son lit, la tête dans les mains. Demyx s'approcha lentement, calme, et le fixa un moment sans prêter plus attention à sa corbeille qui débordait de papiers froissés.

- C'est à cause de Saïx ?

Deux yeux couleur émeraude se levèrent vers lui, emplis de surprise, d'incompréhension et de méfiance.

Tout d'abord, il était très rare que Demyx appelât le second de Xemnas autrement que par son surnom, et seul Axel l'avait déjà entendu le nommer Saïx. Ensuite, il était tout aussi peu fréquent de le voir si sérieux, à croire qu'il était malade.

Le numéro 9 dévisageait la Rafale de Flammes Dansantes avec un regard perçant, son masque d'imbécilité infantile étant tombé dès qu'il avait vu le roux dans cet état.

- Tiens, c'est plus « X-Face » ? ricana Axel, une fois son état de choc passé.

Le musicien ne releva pas, le dévisageant toujours. Après quelques secondes dans un silence dérangeant, il se baissa pour ramasser un papier, le défroissant lentement. Une main se posa sur son bras, impérieuse, et Axel lui adressa un regard menaçant.

- Ca ne te regarde pas, Demyx, siffla-t-il en lui retirant la feuille des mains.

Sans le lâcher du regard, il la fit s'embraser entre ses doigts, la réduisant en cendres en quelques fractions de secondes, et appliqua le même sort aux papiers de sa corbeille.

Le numéro 9 déglutit lentement, ne pouvant se montrer plus brave qu'il n'était, et recula de quelques mètres, à une distance qu'il jugeait plus raisonnable d'Axel. Néanmoins, il ne quitta pas la pièce, déterminé à avoir le fin mot de l'histoire, tel un enfant capricieux.

Même s'il ne savait pas comment réagir dans ce genre de situations – sa formation ne poussait pas jusque-là, ou du moins si elle le faisait ne s'en souvenait-il pas -, Demyx continua à observer le roux qui retourna s'asseoir sur son lit, impatient de voir l'intrus quitter sa chambre.

- Si ç'avait été Roxas, t'aurais répondu, déclara finalement le blond sur un ton boudeur en se dirigeant vers la porte.

Mais c'était là qu'il se trompait : même pour Roxas, Axel avait fini par avoir des secrets. Les gens comme lui ne pouvaient jamais totalement se confier.

Demyx repartit se cacher du côté de la buanderie, priant pour ne pas se faire interpeler par Saïx cette fois-ci. Axel, quant à lui, ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en tira un carré de papier glacé qu'il examina longuement, comme s'il pouvait lui apporter les réponses aux questions se bousculant dans sa tête.

Sur la photo, Roxas et lui semblaient tellement heureux…


Deux jours plus tard, la Zone Grise s'anima comme jamais. En effet, ce ne fut qu'une semaine après leur départ pour la mission que Marluxia et Larxene revinrent du Manoir Oblivion. Cependant, ce ne fut pas tant leur retour que les nouvelles qu'ils apportaient qui suscita l'intérêt des autres.

Se frayant un passage, Saïx découvrit leur état avec stupeur.

- Que s'est-il passé ? les interrogea-t-il, sourcils froncés.

Jamais il n'avait vu de membres de l'Organisation arriver aussi mal en point, mais ce qui restait encore le plus étonnant était la posture dans laquelle ils revenaient.

Marluxia, égratigné de partout et couvert de sang – celui de sa partenaire, comme le sien, visiblement – portait la Nymphe Furieuse dans ses bras, inconsciente. Leurs manteaux partaient en lambeaux par endroits, recousus à la hâte par le numéro 11, mais certains trous laissaient supposer des blessures bien plus graves qu'une simple griffure d'Ombre.

- Certaines pièces du manoir sont infestées de Sans-Cœurs, répondit gravement l'Assassin Sublime. Des Emblèmes majoritairement, précisa-t-il en regardant le Devin Lunaire. Mais ils sont en très grand nombre.

Demyx coula un regard à Larxene. Voir cette sorcière aussi amochée le réjouissait au plus haut point, autant que cela l'effrayait : si des Sans-Cœurs étaient capables de la mettre K.O., alors que feraient-ils de lui lorsque ce serait son tour d'aller fouiller le manoir ?

- Marluxia, reconduis-la dans sa chambre, Vexen s'occupera de vous, ordonna l'homme aux cheveux bleus. Et remplissez vos rapports dès que possible. La prochaine mission au Manoir Oblivion est reportée en attendant d'avoir plus d'informations.

- J'allais oublier : la carte que nous avions commencée a été brûlée, ajouta le numéro 11 en sortant de la pièce, rapprochant un peu plus Larxene de lui pour passer la porte.

Un soupir exaspéré lui répondit, et l'Assassin Sublime esquissa un sourire diabolique en entrant dans le couloir.


- Si c'est lui qui cuisine, Larxene n'est pas près de se remettre de ses blessures, observa Luxord. Est-ce vraiment une bonne idée ?

- Bah, c'est toujours mieux que si c'était Marluxia, rétorqua Xigbar, désinvolte.

- En espérant qu'il soit capable de cuisiner, justement, ajouta Xaldin.

Le numéro 3 n'appréciait que rarement la cuisine des autres membres. Il fallait dire qu'il était également le deuxième meilleur cuisinier de l'Organisation, ce qui n'était toutefois pas bien difficile. L'avantage ce soir-là était qu'étant donné que Marluxia était blessé et Vexen chargé de s'occuper de Larxene et lui, les pires repas étaient épargnés aux douze membres… ou presque.

Une explosion, suivie d'un cri, retentit dans la cuisine, faisant sursauter les quelques fous qui avaient accepté de se nourrir dans la salle à manger. Xemnas, ayant connaissance de la personne qui allait préparer le repas, s'était curieusement retiré dans son bureau avant le service, non sans avoir réquisitionné un plat typique de Shibuya dans le réfrigérateur.

- Axel, va voir ce qu'il fait, lui commanda Saïx en fixant la porte de la cuisine.

Le roux s'emporta aussitôt.

- Pourquoi moi plutôt qu'un autre ? gronda-t-il. Je suis pas sa baby-sitter.

- Pour t'être fait remarquer à Shibuya en sa compagnie la semaine dernière, répliqua l'autre sur un ton froid.

Le numéro 8 émit quelques contestations sous forme de grognements avant d'ouvrir sèchement la porte de la cuisine qui alla rencontrer le mur. Il remarqua alors que de l'eau chaude en ruisselait, et vit ensuite que des restes de plastique étaient disséminés un peu partout dans la pièce.

Tâtonnant sous le plan de travail qui se trouvait au milieu de la salle, Axel en extirpa Demyx, le regard dur, et le jeta sur ses pieds. Visiblement, la Mélopée Nocturne n'était pas plus doué pour réchauffer des nouilles déshydratées que pour faire le ménage.

- T'as mis la boîte de nouilles dans l'eau ? tenta de comprendre le numéro 8 entre rire et larmes.

- Non, j'ai fait bouillir l'eau dedans, expliqua Demyx avec un air de chien battu.

Axel se pinça l'arête du nez, à la fois amusé et désespéré par la bêtise du numéro 9. Il passa ensuite un bon quart d'heure à lui expliquer qu'il fallait mettre l'eau chaude sur les pâtes déshydratées, dans cet ordre seulement, et attendre quelques minutes que ça cuisît.

- Et t'as prévu un dessert ? le questionna-t-il avec une lueur d'espoir.

Le musicien pâlit en lançant un regard au réfrigérateur, comme s'il pouvait lui servir par miracle de la nourriture toute prête.

- Aide-moi, supplia-t-il l'autre en se jetant à genoux face à lui. Je ne veux pas être changé en Reflet !

Un rapide coup d'œil permit à Axel de repérer des œufs, du sucre, une bouteille d'alcool oubliée par Xaldin ou Luxord, ainsi qu'un vieux gâteau, certainement fait par Vexen étant donné qu'il était toujours indemne.

- J'ai une idée, mais t'as pas intérêt à dire que ça vient de moi, le prévint le roux. Et surtout ne m'en sers pas quand on arrivera au dessert…

Il regarda en direction de la porte et la referma un peu plus, de manière discrète. Disposant ensuite le gâteau sur le plan de travail, il le pointa d'un couteau, ne sachant trop s'il était judicieux de le découper ou s'il risquait de lui sauter à la gorge – littéralement.

Le mélomane s'approcha lentement, un livre de recettes couvert de farine et égaré par Zexion dans les mains. Se protégeant le visage avec, il fit signe à son complice d'abaisser le couteau. Fort heureusement, rien ne se produisit, et le Savant Glacial ne semblait pas avoir incorporé d'éléments dangereux à son dessert – à supposer qu'il ne fût pas empoisonné.

- Demyx, t'es capable de casser un œuf ? lui demanda Axel d'un ton méfiant avant de les prendre lui-même. Occupe-toi d'aller me peser le sucre, soupira-t-il enfin, désespéré par le cas navrant qu'était Demyx.

Parfois, il comprenait le comportement de Saïx.

Une grimace lui échappa quand il y songea et il serra les dents pour éviter d'écraser les œufs. Il s'était juré d'arrêter de penser au numéro 7 aussi familièrement, mais changer une telle habitude promettait d'être laborieux.

Après être parvenu à obtenir une meringue correcte et avoir éloigné les gêneurs qui s'impatientaient du côté de la salle à manger, il pria le blond d'arroser abondamment le gâteau de rhum, ce qui avec un peu de chance masquerait le réel goût de la chose.

- On rajoute la meringue pour faire beau et on y va avant qu'ils nous envoient Lexaeus, commanda le pyromane sous les yeux admiratifs du musicien.

- Pourquoi quand tu cuisines habituellement c'est pas comestible ? se demanda alors ce dernier.

Passant outre l'affront, Axel tenta de répondre le plus sincèrement possible.

- Disons que je m'emporte un peu sur la cuisson. Mais t'es pas mieux avec tes pâtes, conclut-il un peu sèchement en flambant une dernière fois le mélange d'omelette norvégienne et de baba au rhum.


Un peu plus tard le même soir, au chevet de Larxene, Marluxia la fixait d'un air songeur. Vexen était reparti dans sa chambre-laboratoire préparer quelques médicaments et onguents à lui administrer, les laissant seuls dans la pièce.

- Je sais que tu m'entends, finit par dire Marluxia, brisant le silence.

Une légère grimace déforma les traits fins de la jeune femme allongée sur le lit.

- Sors de ma chambre, ta voix est insupportable, salua-t-elle son sauveur.

- Tu as de la chance d'être en vie, lui fit remarquer l'homme sans ciller.

- Je ne t'avais rien demandé.

L'un comme l'autre savait que jamais ils ne pourraient mener leur plan à bien en étant seuls. A deux, en agissant sournoisement et en pensant chaque détail, leurs chances de réussite augmentaient considérablement.

Bien entendu, le numéro 11 avait menti au Devin Lunaire, il possédait toujours la carte du Manoir Oblivion que Larxene et lui avaient commencé à construire, et bien plus encore.

- Ils ne l'ont pas trouvée, j'espère ? le menaça indirectement la Nymphe Furieuse. Si tu fais échouer le plan, je saurai te le faire regretter.

L'autre ne releva pas, habitué aux intimidations de ce genre. A la place, il désigna le manteau neuf qui se trouvait posé près de lui, signifiant à la Simili qu'elle n'était pas exactement en position de force, bien au contraire.

Ce fut seulement à ce moment que la blonde nota la situation dans laquelle elle se trouvait. Clouée au lit par une vilaine brûlure qui lui rongeait l'intégralité du dos, son corps était recouvert de multiples bandages, pansements et fils de suture qui cachaient bien d'autres plaies encore. Tout ce qu'elle espérait à présent était que Vexen n'en eût pas profité pour faire d'elle le nouveau sujet d'une quelconque expérience soi-disant scientifique. Une odeur de plantes et de produits chimiques, mêlée à quelque chose qu'elle ne parvenait pas à identifier, émanait de sa personne, et ce ne fut que parce qu'elle était incapable de se mouvoir que la numéro 12 ne fonça pas immédiatement vers les douches.

- Ne tente pas de me faire croire que Vexen est incapable de préparer un remède inodore, grogna-t-elle, chaque mot sortant de sa bouche faisant le même effet que du venin. Il doit bien s'amuser, ce sale…

Son insulte fut étouffée par le son du sitar de Demyx qui alla jusqu'à la faire grincer des dents. Soit le blond était réellement un très mauvais musicien, soit il prenait un malin plaisir à jouer des fausses notes lorsqu'elle était dans les parages. Les deux options lui paraissaient être une bonne réponse.

Un quart d'heure de souffrance plus tard, elle ne tint plus et hurla à Marluxia d'aller faire taire celui qu'elle nommait par des surnoms très fleuris.

D'un air résolu, et non mécontent d'avoir la possibilité de s'éloigner, l'Assassin Sublime sortit de la pièce sans un regard en arrière. Une fois la porte passée, il observa quelques secondes le mélomane terrifié. Un sourire en coin éclos sur les lèvres, il s'approcha encore un peu plus, si près que la Mélopée Nocturne put sentir son souffle chaud sur sa peau.

- Mets-toi plus près de la porte, le son portera mieux, chuchota celui à la faux sur un ton de conspirateur avant de s'éloigner.

Demyx, ébahi, resta là à fixer plusieurs minutes le bout du couloir où était parti Marluxia, incertain. Un sourire éclaira enfin son visage : lui aussi avait parfois du mal à supporter Larxene.


Rapport 4.a

« Jour 194

La première équipe est revenue du Manoir Oblivion, blessée. La numéro XII, Larxene, n'est plus en état de partir en mission. Nous mobilisons Vexen pour qu'il prévoie un stock de soins en tous genres, en prévention, et il faudra également repasser une commande aux Mogs.

D'après le rapport, les Sans-Cœurs étaient des Emblèmes, nous pourrions y attirer les porteurs… »

Ce rapport, écrit le lendemain matin et strictement professionnel, était cependant suivi de quelques autres lignes.


Rapport 3.x

« La pénurie s'étend à d'autres mondes, mais il semblerait toutefois qu'un nombre important de Sans-Cœurs ait été observé au Manoir Oblivion. C'est étrange, mais cela pourrait permettre d'attirer l'Elu.

Quelques sacrifices seront certainement nécessaires, mais peu importe. »


Il fallut trois jours complets à Vexen pour fabriquer une quantité suffisante de remèdes pour soulager les blessés – de même que pour soigner les alcoolisés et les intoxiqués victimes du gâteau de Demyx -, et un jour de plus au Mog de l'Organisation pour recevoir les commandes.

Après avoir revérifié trois fois leurs stocks et s'être munis de carnets, crayons, feuilles pour dresser la carte et vivres, Zexion et Vexen furent fin prêts à partir pour le Manoir Oblivion. Ils avaient prévu d'y rester six jours, soit assez de temps pour pouvoir sécuriser quelques pièces, continuer les explorations et débuter un plan des lieux. S'ils prenaient plus de temps, alors cela signifierait qu'ils auraient rencontré un problème.

La deuxième équipe franchit donc le Couloir Obscur qui les mènerait à destination, déterminés.

Lorsqu'ils arrivèrent, la clarté des lieux les éblouit, n'étant plus habitués à une autre luminosité que celle, tamisée, du Kingdom Hearts. Zexion regarda autour de lui. Certes, il était déjà venu, mais chaque nouveau voyage en ce lieu lui laissait une impression oppressante, comme si l'endroit lui-même ne voulait pas d'eux. Vexen lui lança un regard intrigué, puis lui fit signe de le suivre.

- Commence à noter où se trouve le Couloir, lui conseilla le blond en le voyant déjà armé d'un carnet et d'un stylo. Il ne manquerait plus qu'on se perde dans cet endroit.

Ses yeux se portèrent sur la porte au fond de la pièce et lorsqu'il la franchit, il découvrit exactement la même architecture, si bien qu'il dut vérifier que son assistant se trouvait toujours dans la salle précédente, au risque de songer à un portail cyclique.

A la cinquième porte, après être montés au premier étage, ils tombèrent sur ce qui ressemblait à une ancienne suite. Elle était composée d'un salon, d'une cuisine ouverte faisant office de salle à manger, ainsi que d'un dortoir adjacent à une salle de bain plutôt rustique mais qui avait le mérite d'exister.

- Nous devrions nous établir ici, suggéra le Conspirateur Ténébreux en étalant une grande feuille sur la table basse du salon. Je vais reporter le plan sur la feuille, ajouta-t-il, méthodique.

Le blond lui lança un regard en coin, presque paternel, et s'affaira à vérifier que chaque pièce était exempte de créatures nuisibles. Ce fut avec un soulagement non dissimulé qu'il constata que la suite était sûre. Il s'installa donc dans le canapé pour observer et commenter le travail de son protégé, préparant mentalement un plan d'exploration du monde pour le lendemain.


Ils étaient revenus !

Ils étaient partis, et voilà qu'ils étaient de retour, qu'ils investissaient de nouveau les lieux !

Mais non, cette fois il n'en était pas question, elle allait se battre ! Avec ses propres moyens et les facultés qu'elle avait développées, elle allait les repousser. Tout ce qu'elle voulait, c'était être tranquille. Un peu de compagnie, certes, mais pas eux. Elle n'avait pas besoin de ces hommes en noirs malintentionnés.

Elle connaissait tous les secrets de ce manoir, elle était la seule, et elle le protégerait ! Lui et celui qu'il renfermait…


Rapport 5.a

« Jour 194

Plus aucune interaction n'est possible. C'est une [rature]chose regrett[/rature] bonne chose.

Tout est clair, désormais.

Le passé n'existe plus. »

Ces quelques lignes, rédigées à la hâte dans un coin de la feuille, sonnaient comme la fin d'une époque. Lorsque l'auteur referma son carnet, quatre jours après avoir écrit ce rapport, un unique cheveu se glissa entre les pages.

Blanc.