POV Edward :
L'eau dégouttait de ses cheveux, jusqu'à la naissance de sa poitrine et la courbure de ses reins. Je déglutis péniblement, gêné par cette pensée. Nom d'un chien Edward, cette fille détruit ta nouvelle voiture, et toi tu ne penses qu'à son corps ?!
Je repris rapidement mes esprits, essayant d'être le plus méprisant possible. Elle avait beau être la plus belle créature qui m'était jamais donnée de rencontrer, mais cela n'enlevait rien au fait qu'elle avait foutu ma Porsche en l'air.
Je la toisai, mais elle ne se départit pourtant pas de son sourire, et s'avança vers moi, prenant mes mains et les posant sur ses hanches. Un homme reste un homme, et je ne réussi pas à mettre la volonté nécessaire pour arrêter son geste.
Dieu merci, Tanya arriva dans le garage et se racla la gorge si bruyamment que Bella sursauta et arrêta immédiatement son geste.
- Vous avez besoin d'aide peut-être ? gronda Tanya.
- Euh... C'est-à-dire que... bredouillai-je péniblement.
- Edward m'a sauté dessus, j'y peux rien moi s'il ne t'aime pas ! se défendis Bella, faussement indignée.
- Quoi !? tonnai-je. Tu rêves ma vieille, plus jamais je ne poserai mes mains sur toi !
- C'est pourtant ce que tu viens de faire, lâcha-t-elle en un sourire triomphant.
Alice arriva à son tour et nous jeta un regard interrogateur.
- Sœurette, je t'en prie, pourrais-tu emmener ton amie ailleurs avant que je ne lui fasse de mal ? lui demandai-je gentiment.
- Viens Bella ! ordonna celle-ci, souriant tout de même.
Les deux amies pouffèrent et partirent, ce qui eu le don de m'agacer.
- Edward ! cria ma femme. Est-ce que tu peux me dire ce qu'il vient de se passer avant que je ne m'énerve ?
- Ah, parce que tu n'es pas énervée là ? répondis-je.
- Très drôle. Écoute, on doit se marier très prochainement, et je n'ai pas très envie que cette pétasse entrave notre mariage. Je te laisse le choix ; soit elle déguerpit d'ici rapidement, soit je repars à New York, c'est clair ?
- Très clair, lançai-je en filant à l'étage.
Je savais que j'étais amer avec Tanya depuis que Bella était revenue, mais je ne pouvais m'en empêcher. Elle se comportait si mal parfois que j'avais honte de ce qu'elle pouvait faire. Elle ne ressemblait plus du tout à celle que j'avais aimé au début de notre rencontre.
Mais nous allions nous marier prochainement, et il me fallait être un mari et un père parfait désormais. Je devais me ranger, c'était plus que nécessaire. Dans les escaliers, je rencontrai Jacob. Il me lança un regard mauvais quand il me vit, puis ne me prêta plus la moindre attention lorsque son regard se posa sur Bella.
Je m'arrêtai dans les escaliers, muet de stupeur quand je la vis sauter à son cou. Je les savais ensemble, mais je n'avais encore jamais assisté à cette scène. J'en eus la nausée et je montai encore plus rapidement dans ma chambre.
J'entendis ma fille pleurer dans la chambre à côté de la mienne, et quand je vis que Tanya ne comptait pas monter, allai voir ce qui se passait. Lena venait apparemment de se réveiller, et elle hurlai si fort que j'avais l'impression qu'elle allait m'exploser un tympan.
Bizarrement, moi qui avait toujours voulu un enfant, Lena m'agaçait elle aussi. C'en était totalement désespérant puisque j'étais devenu une personne au cœur de pierre, j'en étais plus que conscient. Pourtant, ces derniers mois, je n'avais pu m'empêcher de me comporter ainsi.
En soupirant, je pris ma fille dans mes bras et la berçai doucement, jusqu'à ce qu'elle se calme. Tanya arriva dans la chambre en souriant, ravie de me voir enfin me comporter en père. Elle s'avança vers nous et posa sa tête sur mon épaule.
- Je te préfère comme ça, chuchota-t-elle.
- Je sais, répondis-je simplement.
- Edward, je suis désolée pour tout à l'heure, s'excusa-t-elle.
- Moi aussi. Je ne voulais pas te laisser de côté.
- Je t'aime.
Je ne répondis pas, ce qui me valut un regard sévère. Je levai les yeux au ciel et reposai Lena dans son lit à barreaux. Je décidai d'aller faire un tour afin de me changer les idées. Puisque je ne pouvais pas utiliser ma voiture pour une raison à laquelle je refusai de songer, je comptai demander à Alice de me prêter la sienne.
J'allai donc dans ma garde robe afin de trouver une tenue simple et élégante, quand je vis avec effarement que ceux-ci étaient immettables. En réalité, ils étaient clean jusqu'à ce qu'une certaine femme passe par là.
Je repris mon souffle pour ne pas céder à la colère, et enlevai chaque vêtement qui était découpé de toute part. Je compris avec horreur qu'elle avait réservé ce sort à chaque vêtement, y compris les caleçons.
Avec rage, je jetai les fringues sur le sol et dégringolai les escaliers, les poings serrés dans mes poches.
- Bella ! grondai-je.
Je fonçai droit sur elle mais me retrouvai nez à nez avec son petit-ami.
- Laisse-moi passer ! criai-je.
- Non. Tu ne l'approches pas, dit-il en essayant tout autant que moi de garder son calme.
- Attends Jake, je crois que je peux m'en sortir seule, couina Bella timidement.
- T'as vraiment envie d'être défigurée ? Parce que je ne sais pas ce que tu lui as fait, mais ca ne lui plait pas du tout !
- Je sais. C'est fait exprès ! s'extasia-t-elle.
Jacob se poussa donc à contre cœur, mais resta tout de même à proximité, au cas où je ne me contrôlai pas. Je m'approchai d'elle, ravi que son garde du corps fiche le camps pour me laisser me défouler sur elle.
Elle s'était habillée, mais elle était si légèrement vêtue que cela me troubla quelques instants. Je me postai devant elle tout en la foudroyant du regard, ce qui ne sembla pas du tout la déstabiliser. La Bella que j'avais rencontré - et laissé - il y a un an était totalement différente de celle d'aujourd'hui.
Elle était plus forte, et se défendait bec et ongles. Je découvris avec ahurissement qu'elle ne me paraissait que plus sexy, plus attirante. J'avais vraiment envie de me tirer une balle dans la tête rien que pour avoir pensé une telle chose. Je soufflai et la colère revint telle une fusée.
- Écoute-moi bien, je veux bien garder mon calme, mais il y a des limites, c'est clair ? D'accord, tu m'en veux, je ne le sais que trop bien ! Mais arrête tes conneries ! Je croyais que tu étais une mère ! Alors essaye de te comporter en adulte, tu veux ? crachai-je.
Elle ouvrit des yeux choqués, et les larmes affluèrent. J'avais touché un point sensible je le sentais.
- Je te signale qu'Elizabeth est ta... commença-t-elle.
- Tais-toi ! Je ne veux plus te voir, plus même t'entendre ! Pour moi, tu n'existes plus, proférai-je durement.
Jacob prit Bella dans ses bras et je m'en allai en marchant rapidement, toujours énervé. Je n'avais pas envie de la revoir, elle ne m'agaçait que trop. Je sentis une présence derrière moi mais ne m'arrêtais pas.
Je n'avais pas envie que quelqu'un me dise comment je devais me comporter envers qui que ce soit. Je n'avais pas demandé une situation comme celle-là. Sans lui demander, je pris les clés de la voiture d'Alice et allai rapidement dans celle-ci.
Je démarrai en trombe, mais Emmett sauta côté passager. Il mit une main sur mon épaule, que je repoussai vivement. Je n'avais pas envie de me faire sermonner. Surtout que j'étais majeur depuis longtemps, et que j'étais bien loin d'être le seul à faire des erreurs. Je n'avais rien à me reprocher, si ce n'était de ne pas avoir dit la vérité à Bella tout de suite.
Mon cœur se serra à cette pensée.
- Eddy, tu devrais ralentir, me conseilla Emmett.
- Non. Si tu n'es pas heureux, tu n'avais pas à monter dans cette bagnole.
Il resta pensif pendant quelques secondes, puis reprit, tout en hésitant.
- Hum... Tu sais quoi ? Tu es vraiment un idiot, lança-t-il sérieusement.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ? demandai-je exaspéré.
- Et bien, si tu avais laissé Bella terminer sa phrase, tu aurais peut-être compris de quoi je voulais parler. Mais comme tu as une tendance désolante à ouvrir ta grande gueule, tu ne sauras pas. Dommage, j'aurais bien aimé voir ta réaction, ria-t-il.
- Mais enfin, de quoi parles-tu Emmett !? commençai-je à m'énerver.
- Je te l'ai dit. Tu aurais compris si tu l'avais laissée finir. Tu comptes aller où comme ça ? En Alaska ?
- J'en sais rien, avouai-je.
Puis, je repensai à Tanya.
- Je dois aller à la mairie.
- Pour ? m'interrogea mon frère.
- Le mariage.
- Ah... répondit-il circonspect.
Je savais que personne dans ma famille n'aimait vraiment Tanya. Déjà lorsque je l'avais épousée il y avait de cela quatre ans, ils ne l'appréciaient pas énormément, mais là... C'était vraiment de la méchanceté gratuite.
Je ne savais pas ce qu'ils avaient tous à vouloir à tout prix que je sois avec Bella. Il était clair qu'elle était magnifique et gentille, et que ses qualités étaient incalculables. Mais je ne pouvais plus rien pour cela. Elle était avec Jacob.
Elle avait une fille de lui. Que pouvais-je faire pour la récupérer ? Rien. Voilà pourquoi il m'était plus facile d'essayer de la détester. C'était méchant, et surtout puéril, je le savais. Mais tellement plus facile.
POV Bella :
Jacob me prenait dans ses bras, tandis que mes sanglots se faisaient de plus en plus violents. Je ne parvenais pas à m'arrêter, tant c'était douloureux. J'avais failli lui annoncer la vérité, et il m'avait coupé au bon moment.
Certes, il m'avait abominablement percé le cœur, mais le principal était que je ne lui avais pas annoncé la véritablement paternité d'Elizabeth. Jacob semblait hors de lui, et lorsque Tanya passa près de nous en se dandinant, je cru même qu'il allait la tuer.
Je n'aurais été tout à fait contre, pour dire la vérité. Au bout d'un quart d'heure, Alice, Rosalie, Jasper et Jake commencèrent à s'inquiéter car je ne m'étais toujours pas calmée. Ils appelèrent Carlisle qui me conseilla de respirer dans un sac en papier, ce que je fis difficilement.
Pourtant, cela fonctionna au bout de trois minutes, je me calmai enfin. J'étais trempée de sueur.
- Bella chérie, tu vas mieux ? s'inquiéta Jake.
- Oui, dis-je avec difficulté. Je ne lui ai pas dit, soupirai-je d'aise. J'ai bien cru que...
- Moi aussi, souffla Jacob. Bella, tu es sûre de vouloir continuer cette guerre ?
- Il le faut. Je veux qu'il paie Jake... Même si ca peut paraître idiot, j'en ai besoin.
- C'est vraiment idiot, en effet, grogna-t-il.
- Mais Edward finira sûrement par changer si Bella lui fait comprendre, nous interrompit Alice qui venait d'entrer dans la chambre.
J'étais allongée dans le lit, et elle vint me serrer dans ses bras.
- Ca va ? me demanda-t-elle de son carillon à faire pâlir les plus grands chanteurs.
- Hum... grognai-je.
- Il a été dur cette fois, hein ? dit-elle tristement.
- Ca tu peux le dire ! Pourquoi est-ce que tu l'as aidée à défoncer cette bagnole !? s'emporta Jacob.
- Attends, c'était mon idée, elle n'a fait que donner une leçon à son frère ! défendis-je mon amie.
- Mouais... répondit-il peu convaincu.
Je levai les yeux en ciel et l'embrassai sur la joue, puis il sourit tendrement. Il m'embrassa sur le front puis partit, sûrement pour aller s'occuper de Lizzie. Je n'avais pas beaucoup vu ma fille depuis que j'étais à la résidence, et je décidai de me lever moi aussi pour aller l'embrasser.
Elle me manquait beaucoup, et j'étais tant accaparée à charrier Edward que ma fille avait été délaissée. Quelle mère je faisais ! J'ouvrai doucement la porte qui ne grinça pas, c'est pourquoi Jacob ne remarqua pas ma présence.
Il berçait doucement ma fille contre lui, et jouait avec ses toutes petites boucles brunes. Je souris quand il lui murmura une chanson tendre. Il avait une voix qui calmai instantanément Elizabeth. Je m'approchai doucement d'eux et mis une main sur son épaule.
Il sursauta légèrement puis m'embrassa sur le front.
Ses yeux étaient tant remplis d'amour lorsqu'il s'agissait de ma fille. Je savais qu'Edward ne se comporterait jamais ainsi vis-à-vis d'elle. Quand je voyais comment il était avec Lena, j'imaginai mal le voir avec Elizabeth.
Il posa délicatement ses lèvres sur la joue de Lizzie puis la mit dans mes bras. Il commençait à se faire tard, et il fallait que je donne à manger à mon bébé avant d'aller me coucher. Alice avait jugé utile de ne mettre qu'un grand lit dans notre chambre, afin qu'Edward ne remarque pas l'ambiguïté de la relation entre Jacob et moi.
Certes, nous savions clairement que nous étions amis - meilleurs amis même - mais nous faisions croire qu'Elizabeth était la fille de Jake, et donc que nous étions ensemble. De plus, dormir avec lui ne me posait aucun problème, car j'étais souvent ennuyée par de terribles cauchemars depuis quelques temps.
J'allai dans la cuisine faire chauffer un biberon pour Lizzie, tandis que tout le monde allait se coucher. Rose et Jasper étaient déjà montés, et Alice grimpa les escaliers au moment même où je les descendais.
Emmett et Edward n'étaient toujours pas revenus, ce qui commença à m'inquiéter légèrement, mais à l'instant où je pris mon portable pour composer le numéro d'Emmett, celui-ci ouvrit la porte d'entrée.
Je soupirai de soulagement et le pris dans mes bras, tout en faisant attention à ma fille. Edward était derrière, gêné. Il s'installa dans le canapé, et Emmett monta à l'étage, tout en gardant un oeil sur son frère tout le long des escaliers.
Le chauffe biberon s'alluma pour signaler que le souper de ma fille était prêt. Je l'attrapai et vérifiai qu'il était à température ambiante, puis le donnai à ma fille. Je sentis le regard d'Edward vrillé sur moi, ce qui rendit mes battements de cœur irréguliers.
- Bella ? dit-il après s'être raclé la gorge.
Je ne répondis pas, car je ne voulais pas me montrer agréable après les paroles qu'il avait proféré tout à l'heure.
- Bella, je suis désolé, dit-il, son souffle à quelques millimètres de ma peau.
Je ne l'avais pas entendu s'approcher de moi, et sa proximité me déstabilisa totalement. Je restai pétrifiée, les yeux vrillés sur ma fille. Je ne voulais pas me montrer faible face à lui. C'était totalement hors de question.
- Tu peux l'être, en effet, répondis-je d'une voix éraillée.
- Regarde-moi, me supplia-t-il en relevant mon visage du bout des doigts.
Ses yeux me transpercèrent telles deux lames. Comme ceux de Lizzie, songeai-je.
- Pourquoi t'acharner sur moi ? me demanda-t-il tristement.
- Parce que tu es un crétin, grognai-je.
- Je l'avoue. Mais... Je ne comprends pas bien ce qui te pousse à être aussi têtue. J'ai l'impression qu'il ne s'agit pas que de Tanya.
- En effet. La discussion est close, rétorquai-je froidement, coupant court à ses idées.
- Bien.
- Elizabeth a terminé son biberon. Je suis épuisée. Excuse-moi.
- Au fait, Bella. Pourquoi l'avoir appelée... commença-t-il.
Ses yeux se perdirent dans le vague lorsqu'il se posèrent sur le visage de ma fille. Elle le fixait de ses yeux émeraudes. Avec horreur, je cachai le visage de Lizzie et m'enfuyais à l'étage. Je déposai ma fille dans son lit, puis filai me coucher en tremblant.
Jake m'ouvrit ses bras, et je me blotti dedans, repensant aux dernières minutes écoulées. Pourquoi avait-il prêté attention à ma fille de la sorte ? Pourquoi ce soir ? Pourquoi ? me répétai-je inlassablement.
Ce n'était pas possible. Ce n'étaient que des illusions, il n'avait pas pu comprendre rien qu'en voyant les yeux de ma fille. Elle pouvait très bien les tenir d'ancêtres, ou de n'importe qui d'autres dans le monde à part lui.
Je m'endormis, et refis le même cauchemar. Je me réveillai durant la nuit, en suffoquant. J'entendais Lizzie gazouiller dans sa chambre. Je courais presque jusqu'à la porte, puis m'arrêtai net. Ce n'était pas possible. La scène qui se déroulait sous mes yeux n'était qu'un rêve.
- Chut, tout va bien, murmurai Edward tout en berçant sa fille.
Elizabeth gazouillait dans ses bras, riant presque aux éclats. J'allai vite me recoucher, priant pour que ce ne soit qu'un rêve. Je ne devais pas me laisser berner par sa pseudo gentillesse. Mon plan devait être mis à exécution jusqu'au bout.
Mon réveil sonna donc à six heures du matin, et c'est avec légèreté que je sautillai jusqu'au frigo chercher quelques pots de yaourt. J'allai dans le placard à chaussures et pris ses préférés - les italiennes qui, elles aussi, lui avaient coûté une véritable fortune - puis déversai sans le moindre remord une quantité raisonnable de yaourt au fond.
J'étais certaine qu'il l'apprécierait celle-là. Certes, ca n'était rien comparé à la voiture ou à la garde-robe, mais j'avais envie de le mettre de mauvaise humeur dès le matin. Cela me procurait un intense plaisir lorsque je le voyais s'énerver contre sa femme.
- Alors ? chuchota Alice quand je refermai le placard.
- C'est fait ! rétorquai-je hilare.
Elle tapa dans ma main, et éclata de rire, puis nous allâmes nous installer sur les transats au bord de la piscine. J'étais en jean et en débardeur, malgré le fait qu'il ne faisait que dix degré. La piscine devait être glacée, c'est pourquoi nous ne pouvions pas y aller aujourd'hui, ce qui était dommage d'ailleurs.
Tanya se réveilla peu de temps après nous, Lena la suivant en riant. Elle parlait déjà bien pour son âge, et je ne la méprisai pas. D'ailleurs, elle semblait bien m'aimer, au plus grand désarroi de sa maman.
Elle s'approcha de moi et me demanda de la prendre dans mes bras, ce que je fis volontiers. C'était probablement mesquin de ma part, mais j'adorais leur rendre la vie impossible. De plus, Lena était loin d'être le portrait de ses parents. Elle n'avait aucun trait d'Edward, d'ailleurs, ce qui me sembla étrange.
- Bella !? entendis-je de nouveau hurler Edward fou de rage.
J'avais fini par prendre l'habitude de ce genre de cris ces deux derniers jours. Je souris à Alice, qui éclatait de rire. Elizabeth était dans mes bras, et je la serrai un peu plus contre moi, juste au cas où Edward comptait lever la main sur moi - ce qui était tout de même peu probable.
Il arriva sur la terrasse, ses chaussettes pleines de yaourt. Alors, je ne pus me retenir. J'éclatai de rire à mon tour, et j'eus même mal au ventre tant j'étais hilare. Il s'approcha doucement de moi, et Tanya reprit Lena de mes jambes pour partir à l'étage.
J'avais toujours Elizabeth, mais Edward la prit dans ses bras pour la déposer dans ceux d'Alice. Je me levai en grondant. De quel droit avait-il enlever ma fille de la sorte ? Il se tourna de nouveau vers moi, un sourire mesquin aux lèvres. Il s'avança un peu plus, ce qui me força à reculer.
- Ca t'amuse vraiment, hein ? dit-il toujours en souriant.
- Oui, beaucoup ! avouai-je.
- Et bien, c'est super. Car moi aussi, j'ai décidé de m'amuser, lança-t-il.
Il profita de l'absence de sa femme pour approcher son visage du mien, jusqu'à ce que son haleine me perturbe. Puis, il me poussa du doigt, et je chancelai en arrière. Je tombai droit dans la piscine gelée.
Ce fut à son tour de rire aux éclats, ce qui provoqua mes grondements. Alice fourra rageusement Elizabeth dans les bras d'Edward, qui regarda ma fille - je n'appréciai pas du tout ce regard paternel qu'il se permettait avec ma fille plus qu'avec la sienne - puis vint me tendre la main pour me sortir de l'eau.
L'eau dégoutta, et mon débardeur qui était blanc, laissait tout paraître. Je n'avais pas pris la peine de mettre de soutien-gorge puisque je n'étais pas censée faire un plongeon dans l'eau glacée. Je grognai toujours, puis je vis le regard osé d'Edward.
Je mis vite mes bras autour de moi pour essayer de cacher - sans succès - ma généreuse poitrine. Alice alla me chercher une serviette tandis que je foudroyai mon ex du regard.
- Ecoute-moi bien, la prochaine fois que tu oses toucher à Lizzie... commençai-je à grogner.
- Quoi ?! s'étonna-t-il. Tu es seulement furieuse parce que j'ai touché à ta fille ? Pas parce que tu es trempée ?
- Non, absolument pas. D'ailleurs, garde tes yeux dans ta poche, Edward, surtout en présence de ma fille, clair ? demandai-je, tandis qu'il reluquait toujours mes seins.
- O...Okay... balbutia-t-il décontenancé. Tu me surprends vraiment Bella, dit-il en me tendant ma fille.
- T'es idiot, ou tu le fais exprès ? Malheureusement pour toi, tu vas devoir garder ma fille un peu plus longtemps dans tes bras, car je n'ai pas envie de la rendre malade. Je suis gelée ! dis-je en claquant des dents.
Heureusement, c'est à cet instant qu'accourut Jake. Lorsqu'il vit Elizabeth dans les bras d'Edward, il lui reprit en grognant, puis me lança une serviette sur les épaules. Il frotta avec hargne, et me fit même mal.
Je gémis et Edward tapa sur l'épaule de Jake. Celui-ci lui jeta un regard mauvais, signe que tout cela allait mal tourner. Je priai Alice qui venait d'arriver de reprendre Elizabeth avec elle, puis m'interposai entre les deux garçons.
Malheureusement pour moi, Edward fut le plus rapide, et flanqua un coup de poing si violent à Jacob que je crus qu'il lui avait déboîté la mâchoire. Tanya se tenait immobile à côté, folle de rage. Elle semblait ne pas apprécier du tout le geste de son mari.
J'attrapai Edward par le col de sa chemise, énervée par tant de violence émanant de lui.
- Pourquoi as-tu fait ça ! hurlai-je.
- Il t'a fait mal ! cria-t-il aussi fort que moi.
- Et alors ? Est-ce que ca te donne le droit de mettre mon bébé en danger ! m'exclamai-je.
- Peut-être pas, mais toi tu n'avais pas le droit de me cacher qu'Elizabeth était ma fille ! cracha-t-il.
Je le lâchai immédiatement, paniquée. Alors comme ça, il savait...
