Titre : « Vers la douceur »

Auteur : Damoiselle A.

Résumé : Jasper Whitlock est pédiatre à l'hôpital de Seattle où il a la chance de travailler avec le célèbre Carlisle Cullen. Lorsque celui-ci lui présente sa nouvelle femme, Esmé, il sait qu'elle cache quelque chose… BS/JW All Human

NDA : Bonjour à toutes ! Non vous n'êtes pas en plein rêve ni en pleine hallucination, le septième chapitre est bien arrivé seulement quatre jours après la publication du sixième. Comme vous le remarquerez certainement, ces deux derniers chapitres ne sont pas passés par ma charmante correctrice CDG, afin de tenir des délais de publication plus courts ^^. Mon espoir est d'arriver à écrire tous mes chapitres avant la fin de mes vacances (donc il m'en reste… 3 de plus de 4000 mots chacun xD, j'y arriverai è.é).

J'espère que ce chapitre vous plaira quand même,

Bonne Lecture !

A.


Réponses aux reviews anonymes : Depuis que j'ai découvert que je pouvais le faire, je trouve ça génial… xD Mais vous pouvez sauter directement au chapitre ^^.

Courille :

Merci pour ta longue review, ça fait plaisir ^^. Ton idée était très bonne et cela aurait pu se passer ainsi… Mais non. Je ne peux pas t'en dire plus, tu le découvriras dans ce chapitre.

Ton hypothèse semble être la bonne. Mais je suis un peu coincée, je ne peux pas en dire plus, surtout qu'il y a de sacrés révélations dans ce chapitre. On a atteint le 'nœud' de l'histoire.

Comme je l'ai dit, il fallait que Jazz en passe par là pour devenir apte à sortir avec Bella, oui il le fera, rassurez-vous, je ne fais pas des fins à la Roméo et Juliette… Quoique.

En tout cas merci de ton intérêt et bienvenue dans cette communauté des Jellas ^^. J'avoue ne pas savoir écrire autre chose pour le moment, mais on pourra peut-être parler intrigue et lecture plus tard.

Ce serait plus simple pour toi si tu prenais un compte FFnet, le site à l'air complexe de base, mais une auteure, Alixe, a réalisé un tutoriel remarquable pour qu'on puisse s'en servir. Sinon je te donne mon adresse mail : damoiselle . a (arobase) laposte . net

J'espère à bientôt après ce chapitre !

Bises,

Ady.

Stphanie :

Bonjour Stéphanie ^^.

C'est normal de répondre aux reviews. Lorsque mes lectrices sont sur FFnet je leur réponds individuellement, je trouve ça normal et puis c'est assez sympa de parler de ses histoires, des histoires des autres, de ce qu'on a aimé ou pas ^^.

Merci, je suis très heureuse d'avoir obtenu ce coup de cœur, alors que je ne m'y attendais pas du tout. C'était vraiment une surprise, et je crois que maintenant il va falloir que je m'attelle sérieusement aux deux chapitres manquants de La Colocation.

Personne n'aime trop voir souffrir Jasper, manque de chance, je suis assez sadique avec mes personnages, mais un genre de sadique pédagogue qui leur permet d'apprendre quelque chose de la situation xD.

Je suis trop contente qu'Alice soit si bien acceptée. D'habitude il y a toujours une méfiance des lectrices envers elle, étant donné leur relation dans les livres. \o/

Tu me diras si ton hypothèse était la bonne, on en arrive au 'nœud' de l'histoire et ce chapitre contient quelques révélations xD.

Pour le moment je suis en vacances donc c'est plus simple d'être impliquée. Cela redeviendra plus calme lorsque je reprendrais, mais j'ai bon espoir d'avoir écrit tous les chapitres manquants de cette fiction (il en reste trois je crois) et ainsi vous ne pâtirez pas de ma reprise.

Et puis j'ai découvert un autre mode de publication que je compte à appliquer à ma dernière trouvaille (xD) dont le titre sera Vampires et autres désastres. Cette méthode met en place des chapitres courts mais plus fréquemment mis à jour ^.^

J'espère te retrouver bientôt ^^

Bises,

Ady.


CHAPITRE SEPTIEME

Le réveil fut difficile. J'entendais la sonnerie de mon portable retentir dans le salon. Bouger, ne serait-ce que le petit orteil, me semblait un effort surhumain. J'ouvris les yeux difficilement. Les volets n'avaient pas été fermés, la lumière extérieure était crue. Ma tête était douloureuse. Je me souvenais parfaitement de ma soirée, le scotch et la discussion avec Alice. Le mariage d'Edward et Bella.

Je sentis un mouvement à côté de moi. En ouvrant les yeux, je m'aperçus qu'Alice s'était relevée, en appui sur un bras, essayant de se remémorer la soirée d'hier. Son maquillage avait coulé et ses cheveux, pourtant courts, ressemblaient à un nid d'oiseau.

Sans pouvoir m'en empêcher j'éclatais de rire sous son regard surpris. Je passais ma main dans ses cheveux et elle sembla comprendre quelque chose. Elle courut vers la télévision pour se regarder dans le reflet de l'écran. Son visage se modifia avant d'éclater de rire avec moi. Elle se calma la première, tandis que je pouffais encore dans les oreillers. Dieu que ça faisait du bien.

- Bon allez, petit déj, on ne va pas passer la journée ici, décida-t-elle en se recoiffant avec ses doigts.

Elle sortit de la chambre et traversa le salon. Je pouvais la suivre rien qu'aux bruits qu'elle émettait en se cognant contre tous les meubles. Elle finit par trouver l'interrupteur. Elle l'actionna et ouvrit le frigidaire, ravie de le trouver plein. Quelques secondes après elle se débattait dans la cuisine, et je décidais de me lever et de prendre une douche.

Cette dernière me fit le plus grand bien, et l'odeur de bacon et d'œufs brouillés me remit de ma gueule de bois. Un café passait et pour cela, j'aurais pu bénir Alice. Elle prit ma place sous la douche et m'emprunta des vêtements pour s'habiller. Je me réveillais doucement face à mon premier bol de caféine.

Alice était grognon le matin. Elle avait préparé le petit déjeuner en râlant et quand je l'avais remercié, elle m'avait répondu « de rien » de façon si gutturale que j'aurais pu confondre sa réponse avec un grognement. Elle revint plus fraîche après sa douche et devint rapidement intenable après un café et un jus d'orange.

- Tu fais quoi aujourd'hui ? Me questionna-t-elle en attaquant son assiette avec œufs brouillés, bacon, toast et marmelade.

- Je dois passer à l'hôpital pour régler les derniers dossiers pour qu'un collègue puisse prendre le relais pendant mes deux semaines de congés.

- Tu ne travailles plus à partir d'aujourd'hui ? Demanda Alice en mordant dans une tartine avec entrain.

- J'ai une garde samedi matin, mais sinon je suis libre comme l'air.

- Ça te branche un ciné ?

Cela devait faire deux ans que je n'étais pas allé au cinéma. Je la regardais comme si elle m'avait proposé un voyage sur Pluton.

- Oui, pourquoi pas ?

- Ok, sourit-elle, je t'enverrais les infos.

Nous nous sourîmes, complices. La vie continuait. Et peut-être que la roue de la chance tournerait en ma faveur.


L'hôpital était calme. Je passais à l'accueil, croisant au passage Sam avec qui j'eus une petite discussion.

- Comment vas-tu ? Lui demandai-je en lui serrant la main.

- Bien, merci, me répondit-il avant de me jauger. Je savais que tu serais encore plus canon en civil qu'en médecin.

J'éclatai de rire, ne sachant que répondre à cette répartie. Ma réaction fut la bonne et il se mit à me raconter tous les potins de l'hôpital.

- Il paraît que la Dr Cullen Junior s'est retrouvé enfermé avec moi dans une salle de consultation, déclara-t-il triomphant.

- Et ? Demandai-je curieux.

- Et le pauvre a dû avoir le choc de sa vie… Sourit Sam. Je lui ai affirmé et soutenu que le fait d'avoir révélé ton comportement à son égard avait complètement détruit tous mes fantasmes à ton encontre et que je serai plus que ravi de lui prouver qu'il existe encore des hommes dignes de ce nom…

J'éclatais de rire. Le ton convaincant que Sam avait pour déclarer son affection à Edward aurait suffi à rendre sérieux n'importe qui.

- Mais enfin à part le mettre mal à l'aise, ça n'a pas servi à grand-chose. Heidi, l'infirmière du second, m'a dit qu'elle l'avait vu rentrer dans une salle de consultation. Du second étage, qui ne fait pas parti de son service. Mais on aurait pu penser qu'un autre docteur avait demandé son avis. Jusque-là que du banal…

- Oui, assurais-je, confus.

- Mais du coup on a eu la confirmation qu'il était hétéro. Comme quoi, soupira Sam en levant les yeux au ciel.

- Comment ça ? M'enquis-je sentant une boule de plus en plus grosse obstruée ma gorge.

- Et bien, quelques minutes après Maggie O'Sullivan, la fille du docteur, est rentrée dans la salle. On aurait pu penser que c'était pour un second avis. Mais ce n'est pas le service de Sullivan Junior non plus. Heidi a demandé quel était le patient de la salle 2. Il n'y en avait pas. On ne les a pas revus pendant une demi-heure.

Mon visage s'était figé et une irrésistible envie d'abattre mon poing dans la figure de quelqu'un se fit sentir. Je ne me considérais pas comme quelqu'un de violent, mais là, j'avais juste envie de ne pas me contrôler.

- Et ça dure depuis plus d'une semaine, ajouta Sam sans s'apercevoir de ma colère, enfin d'après Heidi et elle a une légère tendance à exagérer les choses…

Sam avait à peine fini sa phrase que je partais en direction de la salle des médecins. J'étais en colère, plus qu'en colère même furax. En premier lieu Bella ne l'intéressait pas. Je lui avouais - à demi-mot certes, mais après tout Edward est médecin, son cerveau n'est pas censé faire la taille d'un petit pois – qu'elle me plaisait et il se mettait à la séduire. Il l'avait demandé en mariage ! Ils étaient fiancés et il la trompait. Mais c'était quoi son problème ?

J'entrais en trombe dans la salle de réunion. Edward et Maggie s'y trouvaient avec Carlisle et Liam. Maggie touchait le bras d'Edward pour lui expliquer quelque chose. Cela aurait pu paraître tout à fait innocent, mais j'étais suffisamment remonté pour que cela ne m'apparaisse pas ainsi. Je me dirigeais vers Edward, pensant réclamer des explications, mais avant que je n'aie pu ouvrir la bouche, mon poing partit tout seul dans son estomac.

- Tu te rends compte de ce que tu as fait ! Hurlai-je.

- Jasper, arrête, ordonna Carlisle, sans aucun effet.

Edward se mit debout dans une position défensive. S'il voulait qu'on se batte, pas de problème.

- Tu es fiancé, je te le rappelle !

- Je le sais très bien, si tu pouvais arrêter ton cinéma cinq minutes…. !

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, j'attaquais déjà par la gauche. Notre duel fut assez pitoyable rétrospectivement, peu de nos coups portés, et un très beau crochet du droit me mit K-O en même temps que je cassais le nez d'Edward avec un poing franc. Carlisle et Liam nous séparèrent tant bien que mal et s'occupèrent de nous soigner sous le regard ébahi de Maggie qui ne savait plus à quel Saint se vouer.

Mon cerveau réalisa alors quelque chose. Si ça se trouve elle n'était pas au courant des fiançailles d'Edward. Rien que pour cela, un autre coup de poing se serait avéré nécessaire si Carlisle ne m'avait pas retenu de toutes ses forces et plaqué au sol. Son regard était polaire aussi bien pour son fils que pour moi. Je ne comprenais plus rien.

Lorsqu'il se fut assuré que nous étions plus ou moins calmés ou assommés, il prit le téléphone fixe de la salle et demanda à Esmé de nous rejoindre dans son bureau. Apparemment une grande conversation se préparait.


Le bureau de Carlisle était toujours le même. Quatre chaises autour d'une table, de la paperasse partout et une fenêtre étroite donnant sur le parking de l'hôpital. Rien de plus déprimant. Carlisle s'assit à son bureau et demanda à Carmen de venir. Elle venait de terminer son service. En me voyant froncer les sourcils à cette demande, il soupira.

Liam et Maggie étaient avec nous. Un Edward ensanglanté avait tenu à rester debout pour laisser un siège à Maggie. Elle l'avait fermement fait asseoir en lui assurant que ses chaussures étaient confortables. Carmen et Esmé arrivèrent en même temps dans le bureau empli d'un silence et d'une tension à couper au couteau. Esmé soupira largement en voyant Carlisle intact, et retint une exclamation en nous voyant en sang, Edward et moi.

Elle allait s'approcher de nous lorsque Carlisle intervint :

- Laisse-les, ils se sont battus comme des chiffonniers. Ils le méritent.

Il se leva pour laissa sa place à Esmé et fit signe à Carmen de s'asseoir sur la dernière chaise.

- J'aurais dû vous expliquer toute la situation depuis longtemps… entama-t-il en nous fixant Liam, Maggie et moi. Le secret qu'Esmé, Edward, Carmen et moi gardions était assez important pour que nous souhaitions que peu de personnes ne soient au courant.

Il se mit à arpenter son bureau de long en large.

- Il sera nécessaire que je vous demande la plus grande… discrétion quant à ce que nous allons vous révéler ce matin.

Nous nous regardâmes tous dans le blanc des yeux. J'avais la triste impression s'il avait pu nous faire jurer sur la Bible, il l'aurait fait.

- Carmen et Eléazar sont des amis de longue date et leur nièce travaille au service de l'immigration. Eux-mêmes font partis d'une association qui aide les sans-papiers à trouver des logements provisoires chez l'habitant, à faire leur demande de papiers et à échapper à la police. Je les ai contactés lorsqu'Esmé m'a appris qu'elle était anglaise et que son visa expirait.

Un silence suivi cette énoncé alors que les pièces du puzzle se mettait en place dans ma tête.

- Esmé est venu s'installer aux Etats-Unis avec sa mère et sa nièce, expliqua Carlisle tout en regardant sa future femme. Elles avaient toutes les trois un visa reconductible. Esmé devait travailler en tant qu'architecte et tant qu'elle réussissait à travailler aux Etats-Unis, son visa serait reconduit. De cela dépendait le visa des autres personnes de sa famille, car elles étaient présentes aux Etats-Unis au nom d'un regroupement familial. Or, son contrat en tant que professeur n'a pas été renouvelé.

Esmé toucha son bras et s'avança vers nous.

- Comme l'a si bien expliqué Carlisle, nous n'avions plus de papiers. Pour moi, ce n'était pas grave. J'ai vécu une partie de ma vie en Angleterre, même si ce ne sont pas les années les plus heureuses. J'aurais pu y retourner. Mais ma Bella a vécu toute sa vie ici, elle se considère comme américaine. Elle n'a personne en Angleterre, et déteste même le football européen… Plaisanta Esmé avec un sourire triste.

Mon cœur se serra lorsque je réalisais l'étendue du mal être de Bella. Mais cela n'expliquait en rien son engagement avec Edward… A moins que…

- Heureusement que des expatriées anglaises ne sont pas la priorité des services de l'immigration, intervint Carmen d'un ton sérieux. C'est un scandale procédurier que leur visa n'ait pas été reconduit une fois de plus, malgré la perte d'emploi d'Esmé. Mais les conditions pour être accepté dans ce pays se sont durcies ces dernières années. Esmé allait retrouver un travail dans un restaurant lorsque l'avis d'expulsion est tombé.

Edward me lança un regard prudent, et confirma d'un seul hochement de tête toutes mes hypothèses.

- Bella et moi avions prévu de partir en Angleterre toutes les deux, mais je voulais expliquer à Carlisle pourquoi, poursuivit Esmé en nous regardant dans les yeux.

Ceux-ci s'illuminèrent lorsqu'elle avoua qu'il lui avait demandé de l'épouser. S'en suivit un long baiser, légèrement gênant, de Carlisle et d'Esmé sous nos yeux. Edward me fit une grimace de dégoût et je lui souris.

- En réalité, je n'étais absolument pas attiré par Bella, annonça Edward. C'est une fille formidable, mais nous n'étions clairement pas intéressés l'un par l'autre, assura-t-il en touchant la main de Maggie, tout sourire. La seule solution pour Esmé et elle était un mariage rapide afin d'obtenir des papiers définitifs et peut-être demander une naturalisation. Pour Bella du moins.

- Lorsque j'ai tout expliqué à Edward, il s'est immédiatement porté volontaire, enchaîna Carlisle, en tenant Esmé dans ses bras. Je n'ai pas vu combien tu tenais à elle. Nous avons voulu t'en parler mais….

- Je les ai empêché de le faire, coupa Carmen. Pour elles, plus de gens étaient au courant, plus c'était dangereux. Nous que je me méfie de vous tous, vous savez garder un secret, mais un contrôle sera mené pour vérifier la validité de leur mariage et ils viendront tous vous voir un par un. On est meilleurs comédiens lorsqu'on ne connaît pas l'enjeu.

- Une question, intervins-je, qui n'était pas au courant dans cette salle ?

Maggie m'expliqua s'être douté de quelque chose, mais elle n'aurait jamais douté de leur histoire et d'Edward. Liam avoua qu'il n'avait strictement rien vu, et qu'il avait juste été très heureux du mariage de son ami. Je les remerciais tous et me levais.

Je sortis sans plus d'explication sur un sourire d'Edward.


Je pris le temps de régler les derniers dossiers et d'annoncer au secrétariat de l'hôpital que je ne serais pas présent pour ma garde samedi pour causes de raisons familiales. Toutes les explications de Carlisle, Edward, Esmé et Carmen me tournaient dans la tête. Et il fallait que j'en parle à quelqu'un. En milieu de journée, Peter serait sur son chantier. Charlotte faisait une sieste et je ne voulais pas la déranger. Il ne me restait qu'une seule option : Alice. Elle répondit au bout de la deuxième sonnerie.

- Je travaille l'intrigue de mon roman, alors tu dois avoir une raison capitale de me déranger, siffla-t-elle dans le téléphone.

- C'était un mariage blanc.

- Quoi ? Hurla Alice, réduisant mon audition d'un ou deux centième.

- Il faut qu'on se parle.

- Ok, je t'envoie mon adresse.

Je fis une rapide recherche sur mon téléphone pour trouver où elle habitait. En périphérie de la ville, dans un endroit assez isolé. J'enfourchais ma moto et contournai le centre-ville. Le quartier d'Alice était résidentiel et de fait très calme la journée. Sa maison contrairement à toutes les autres était perdue au milieu d'un petit bois. Si on ne savait pas qu'elle était là, on pourrait passer à côté. A peine posais-je le pied au sol, qu'Alice bondit de sa maison comme un diable d'une boîte.

- Tu en avais marre des voisins ? M'enquis-je sur un ton léger.

- Effectivement, me répondit-elle avec un sourire ironique. Dans ce pays on ne peut pas avoir de clôture autour de son jardin sans en vouloir à la sûreté nationale. J'ai trouvé une alternative. Je n'ai pas fait déboiser mon lopin de terre.

- Et personne n'a essayé de te contraindre à abattre les arbres ?

- Si, me répondit-elle avec un sourire. C'est à ça que sert le fait d'être écrivain…

Sa maison était entre deux âges. Elle avait été achetée du temps des études d'Alice par ses parents. Elle m'expliqua qu'elle l'avait rénové comme d'autres remontent des voitures. Elle en était très fière.

Nous passâmes dans un salon encombré et coloré au possible. Elle me fit asseoir dans un pouf géant en me demandant ce que je voudrais boire. Je compris en voyant sa cuisine repeinte de toutes les couleurs que mon mouchoir de poche devait lui paraître ascétique. Elle se planta devant moi avec mon jus de fruit et d'allongea sur le sofa pour écouter mon histoire.

- Alors ? Questionna-t-elle.

Je commençais à lui narrer par le menu ma visite à l'hôpital, la blague de Sam et finalement la découverte du pot aux roses. Alice était une spectatrice attentive et parfaite elle s'exclamait dans les bons moments et relançait le récit. A la fin de mon explication, elle me serra dans ses bras :

- C'est formidable, j'ai l'intrigue de mon dernier roman, sautilla-t-elle.

J'éclatais de rire, ne la pensant pas une seule seconde sérieuse. Son visage me détrompa.

- Non tu ne vas pas faire une histoire de ça ? M'exclamais-je en désignant la situation d'un geste du bras.

- Bien sûr que si, et crois-moi ça va faire couler de l'encre ! Rit-elle. Ne t'en fais pas, ce sera si bien tourné que personne ne pourra douter que l'histoire vient de Bella, Edward et toi.

- Je pensais plutôt que ça ferait une bonne farce et pas un roman d'amour, marmonnai-je.

Alice éclata de rire, un son de clochette retentit.

- Mon histoire aura une fin légèrement plus tragique, m'annonça-t-elle avec un air gêné.

- Ah oui ? Elle se termine comment ?

- Mon héroïne finit par épouser son fiancé car le second prétendant n'a jamais réussi à se déclarer. Il y arrive juste avant la lune de miel, et ça me laisse une ouverture pour un deuxième tome. De qui va être le bébé ?

Alice était positivement euphorique, elle tapait des mains en continuant à palabrer, me rendant de plus en plus maussade, car tout ce qu'elle envisageait était encore possible. Toutes les questions que je me posais revinrent en force et s'amusèrent à piétiner ma pauvre cervelle qui n'en demandait pas tant.

- Jasper ! M'appela mon amie en gigotant sous mes yeux. Tu ferais mieux de te bouger si tu veux que mon histoire diffère de la réalité !

- Mais je…

- Pas de dénégation, Docteur. Tu te lèves, tu vas la voir, tu lui poseras toutes les questions que tu veux et ensuite tu lui dis que tu l'aimes et tu lui fais l'amour !

Sacré programme.

- Allez dépêche-toi ! J'ai un livre à écrire ! Poursuivit Alice en me tendant mes affaires.

Je fus dehors en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « barre-toi ». Les pieds campés devant ma moto, la tête pleine de questions. Et une seule femme pouvait y répondre.


J'arrivais devant l'immeuble qui contenait mon mouchoir de poche, mais également l'appartement d'Eleazar et Carmen. Je savais qu'elle y serait. Elle n'avait certainement pas le droit de sortir dans la journée. Je n'arrivais toujours pas à croire que je n'avais rien vu. Je me garai à mon emplacement avant de me projeter dans les escaliers.

Elle m'attendait sur le palier, devant ma porte. Superbe. Bella.

- Esmé m'a téléphonée, alors j'ai… Commença-t-elle en fixant ses chaussures.

Je relevais son visage en appuyant mon index contre son menton. Elle me fixa quelques instants. Je sortis mon trousseau de clef et ouvrit la porte.

- Entre, je t'en prie, la priai-je.

Elle acquiesça en pénétrant dans mon appartement. Son regard s'attarda sur tous les détails de mon mouchoir de poche. Chaque photographie recevait son comptant de regards perçants. Elle semblait très curieuse.

Je posai mes clefs sur une tablette, attendant qu'elle prenne la parole. Elle n'en fit rien. Je m'assis sur le canapé, lui proposant quelque chose à boire. Elle déclina ma proposition du bout des lèvres. Elle s'assit face à moi. Et sans pouvoir m'en empêcher, la question sortit de ma bouche sans que je l'ai vraiment décidé :

- Pourquoi tu as fait ça ?

Cela sonnait plus comme un reproche que comme une question. Je faillis grimacer devant le ton que j'avais employé. Elle me fit un sourire timide avant de commencer dans un souffle :

- Je me suis retrouvée coincée et aculée, m'avoua-t-elle en regardant ses mains. Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir peur dans son propre pays. Je suis italienne par le sol, anglaise par le sang, et américaine dans mon mode de vie.

Sa voix se cassa à la fin de sa phrase, elle releva la tête pour me regarder dans les yeux. Elle était perdue.

- J'ai toujours vécu ici. J'y ai fait mes études, j'ai mes amis, j'avais des projets… Lorsque mon visa a dû être renouvelé je ne pensais pas que je deviendrais étrangère chez moi…

- Et ? Demandai-je.

- Esmé avait rencontré Carlisle. Quand elle lui a parlé de la menace d'expulsion qui pesait sur elle et sur moi… Tu connais Carlisle, tu connais sa générosité. Néanmoins, il est très amoureux de ma tante, et aussi… improbable que cela puisse paraître, elle aussi. Ils sont ensemble par amour, termina-t-elle avec conviction

- Cela ne me dit pas comment tu en es venu à être fiancé à Edward, ajoutai-je afin de faciliter sa narration.

- Carlisle et Carmen ont proposé cette solution. Edward a été mis au courant pour Esmé et lui… On s'est rencontré et ils nous ont expliqué les tenants et les aboutissants. Deux ans de mariage, des papiers définitifs pour moi, une assurance pour lui de ne pas être muté ailleurs… Ils ne pensaient pas à mal… Ils ne pouvaient pas savoir qu'on…

- Qu'on ? M'enquis-je impitoyable.

Elle me lança un regard perçant, tout en penchant doucement la tête sur le côté. Elle expira bruyamment avant de déclarer :

- Je… Je pense qu'on peut dire qu'on… s'entendait bien, expliqua-t-elle maladroitement. Je voulais…

Mon sourcil gauche se haussa au début de sa phrase. C'était la première fois que Bella me faisait part de ce qu'elle voulait vraiment.

- J'aurais voulu… Je pense qu'on aurait pu tenter quelque chose. Et cette histoire est tombée affreusement mal... Je m'en veux, si tu savais… Chuchota-t-elle en baissant les yeux.

Je les savais humides. Je n'aimais pas cela. Je ne faisais pas pleurer les femmes. Je pris doucement une de ses mains entre les miennes et la fit s'avancer vers moi. Elle se nicha dans mon cou, respirant difficilement. Malgré la situation, je ressentis un grand soulagement à la savoir dans mes bras, contre moi.

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? J'aurais pu… Commençai-je doucement.

- Me demander en mariage ? Proposa-t-elle d'un air goguenard en s'écartant légèrement de moi, pour que je puisse la regarder dans les yeux.

J'aurais pu me noyer dans ses yeux.

- Oui, par exemple, assurai-je, sérieux.

- Mais enfin Jasper, on venait de se rencontrer… Prétexta-t-elle en fronçant les sourcils.

- Et alors, avec Edward…Contrais-je rapidement.

- Je savais qu'avec lui se serait différent, répliqua Bella en s'éloignant encore un peu plus de moi. On ne ressentait rien l'un pour l'autre. On aurait eu un mariage libre ! Nous aurions été mariés, on aurait vécu ensemble comme des colocataires jusqu'à obtention de mes papiers officiels. On aurait pu être en couple avec d'autres personnes... Du moins, je l'espérais.

- Mais pourquoi….

- Jasper, je ne pouvais pas t'imposer cela. On devait se marier le mois prochain le temps de préparer les papiers. Je pensais que tu en serais informé après le mariage. Je savais que tu avais des doutes, et je pensais que tu…

- Devinerais ce qu'il en était ?

- Oui, j'avoue que cela aurait été plus simple. Et remarque que c'est ce que tu as presque fait, conclut-elle en se lovant contre mon torse.

Un moment de silence passa, temps nécessaire pour que je puisse assimiler tout ce que Bella venait de me révéler.

- Jasper, je me suis sentie salie par cette histoire, confessa-t-elle d'une voix enrouée. Toutes les petites américaines rêvent d'un mariage grandiose avec des fleurs, une très belle robe et je ne sais combien d'invités. Cela n'a jamais été mon rêve. Moi je voulais le prince charmant. Ce mariage n'avait au final pas tant d'importance pour moi, même si je me sentais horrible d'accepter cette situation… Je ne voulais pas quitter les Etats-Unis en sachant que tu étais à Seattle…

Elle s'assit délicatement sur mes genoux m'enveloppant contre elle.

- Je veux être avec toi, m'annonça-t-elle de façon sérieuse.

- Très bien, repris-je, épouse-moi.


*Evite toutes les tomates lancées, et les peaux de bananes glissées sous les chaussures, et la tentative d'emprisonnement des Triplettes dans le placard, (Lucky lâche cette chaussure xD)*

Je reconnais que cette fin de chapitre était méchante. Mais rappelez-vous que si vous m'assassinez maintenant vous n'entendrez pas la réponse de Bella. Et n'étant pas Meyer, ma Bella serait tout à fait capable de dire non *sème le trouble dans l'esprit de ses lectrices*.

En tout cas je suis curieuse de connaître votre opinion sur ce mariage arrangé, alors à votre bon cœur ! Sachez que je réponds à toutes mes lectrices même anonymes *sourire colgate*.

Je vous retrouve bientôt pour la suite (Quand est une bonne question dont je n'ai pas encore la réponse mais le chapitre 8 est à moitié écrit donc d'ici quelques jours ^^). Bon weekend à toutes ! Bises \o/