Petit erratum : Je ne connaissais pas aussi bien la série qu'aujourd'hui quand j'ai écrit cette fic. Et donc, j'avais oublié que les Ryan s'étaient mariés dans la saison 4. Mais ça n'a aucune incidence sur l'histoire

ILYCASTLE : MDR

Castlefan : les ongles ne suffisaient plus ?


Ils se regardèrent. Non, ce n'était pas possible. Ils n'avaient pas bien entendu. Ils souffraient d'hallucinations auditives. Ils ne pouvaient pas y croire. Castle allait revenir après deux ans d'absence.

- - Le Dr Burke pense que ça pourra l'aider, reprit Gates

- - Ça peut aussi être dangereux, souleva Lanie

- - Pourquoi ? demanda Gates

- - D'après le peu que je l'ai vu hier, il ne ressemble plus au Castle que nous avons connu. Il a les traits tirés, les yeux vides…

- - Tu ne vas pas le plaindre quand même, dit Esposito

- - Je ne le plains pas, mais je ne pense pas qu'il a disparu comme ça du jour au lendemain sans raison. Il a toujours été à vos côtés quelque soient les circonstances et même quand il y avait du danger. Au bout des quatre années, vous le considériez comme un des vôtres. Et ne me dîtes pas le contraire. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre eux, mais ça a entraîné son départ.

Si nous voulons que cela se passe le mieux possible, il va falloir mettre nos rancœurs de côté, ne pas le rejeter. La Kate d'avant ne l'aurait pas voulu. Nous étions des amis et c'est dans la difficulté qu'on reconnaît ses amis. Kate était son amie aussi, et bien plus encore, je vous le rappelle. Donc s'il veut revenir, c'est parce qu'il veut l'aider.

- - Et il était où quand Kate s'est retrouvée en difficulté ? Quand on avait besoin de lui ? hurla Esposito

- - Il n'était plus là, ajouta Lanie.

- - Tu ne nous a toujours pas dit pourquoi ça peut être dangereux qu'il revienne, souleva Ryan

- - C'est simple et évident. Son cerveau ne se rappelle plus de Castle. Mais son cœur ?

Rappelez-vous : quand il est revenu des Hamptons, elle a fait en sorte qu'il reste avec vous en le laissant croire qu'il avait résolu une enquête. Elle a fait pareil, quand elle est revenue après qu'on lui ait tiré dessus. Même toi, Jav, tu avais dit que comme elle l'avait jeté pendant trois mois, jamais il reviendrait. Et pourtant, elle est allée le voir et le lendemain, il était là. A cette époque, elle avait toute sa tête et pourtant elle refusait d'avouer ses sentiments, mais son cœur est toujours allé vers Castle. Aujourd'hui, son cerveau est sur OFF, mais son cœur bat toujours. Et il a toujours battu pour Castle malgré ce qu'elle pouvait dire.

C'est pour ça que je dis que ça peut être dangereux. Comment va-t-elle réagir si son cœur se met à battre la chamade quand Castle sera là ? Ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ignore ! Comment pourra-t-elle comprendre qu'elle est amoureuse d'un homme qu'elle ne connaît pas, ou plus dans son cas ?

- - Mais qu'est-ce qu'on doit faire alors ? demanda Gates. J'ai dit à Castle de passer me voir quand il arrivera. Tu crois que je dois refuser son aide ? Parce que le Dr Burke pense que sa présence pourrait être utile à Kate !

- - Non, il doit venir, Kate en a besoin. Mais, par contre, il va falloir lui expliquer qu'il faudra y aller tout en douceur et surtout éviter les sous-entendus.

- - Je crois que j'aurai besoin de toi demain quand il sera là, dit Gates.

- - Tu n'auras qu'à m'appeler quand il sera arrivé, et je viendrai, dit Lanie

- - Et nous, on fait quoi ? dirent les deux hommes

- - Essayez de mettre vos sentiments de côtés, pensez à Kate et ça devrait bien se passer, répondit Lanie

- - Bien, on va faire comme ça, et si besoin, on ajustera au fur et à mesure. D'accord ? demanda Gates

Ils acquiescèrent

- - Une dernière question : Kate est au courant ? demanda Lanie

- - Non, elle ne le sait pas. Après sa visite à la prison, elle ne comptait pas repasser. Et je préfère qu'elle passe une bonne nuit car elle a besoin de repos.

- Bon, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Rentrez chez vous et reposez-vous. Nous avons une dure journée en perspective.

Appartement de Lanie

Esposito ne tenait pas en place. Tantôt, il était assis dans le canapé du salon, tantôt, il était debout à faire les cent pas. Mais il ne disait rien. Il soufflait, se frottait les cheveux…

Lanie l'observait pendant qu'elle préparait le repas tout en réfléchissant à ce qu'elle pourrait faire ou lui dire pour qu'il retrouve son calme.

La seule fois où elle l'avait vu dans un état pareil, c'était à l'hôpital quand, après les longues heures de Kate au bloc opératoire, le médecin avait annoncé qu'elle était dans le coma. Il s'était toujours senti responsable de son état : il avait été un sniper dans une unité d'élite et malgré l'entraînement qu'il avait reçu, le sniper l'avait séché en deux secondes, et Kate s'était retrouvée seule face à ce gars. Il s'était senti bon à rien. Et comme pour amplifier son sentiment de mal être, Gates l'avait suspendu pendant trois semaines pour avoir désobéi à ses ordres : elle avait dit qu'avec elle, aucun inspecteur ne travaillerait sur une affaire personnelle. Et c'est ce qu'il avait fait en aidant Kate. Elle avait ajouté que sa collègue serait aussi suspendue une fois qu'elle serait guérie…Il s'était senti tellement coupable, qu'il passait toutes ses journées de mise à pieds près de Kate ainsi que ces nuits… Il ne rentrait chez lui que pour prendre une douche et se changer et il retournait auprès d'elle. Il ne mangeait quasiment plus, ne dormait plus… Quand les autres membres de l'équipe venaient la voir, il sortait de la chambre sans dire un mot, sans un regard… Il était devenu l'ombre de lui-même.

Lanie avait décidé de prendre les choses en mains. Et à force de patience, de tendresse, et de coups de gueule, elle avait réussi à le faire sortir de sa léthargie. Et le grand Latino avait craqué, l'homme fort de cette équipe s'était écroulé en pleurs et avait déballé tout ce qu'il avait sur le cœur… Ils avaient passé des jours et des nuits à discuter et tout doucement il s'était reconstruit. Car malgré ce qu'il essayait de cacher, le latino était un homme sensible.

Et petit à petit, ils s'étaient rapprochés, pour finalement se mettre ensemble. Cela faisait déjà plus d'un an. Il n'avait pas officialisé leur liaison, ils avaient toujours chacun leur appartement, mais tout le monde le savait.

Lanie souriait en repensant à tout ça. Tout se passait bien entre eux, ils étaient heureux. Bien sûr, il y avait des engueulades mais entre son tempérament et le sang chaud du latino, il ne pouvait pas en être autrement. Mais elle n'échangerait sa place pour rien au monde.

Elle mit la table et s'installa.

- - Jav, viens t'asseoir

- - J'ai pas faim.

- - Viens t'asseoir quand même

Il la regarda. Elle était d'un calme…Elle le fixait sans dire un mot. Il déglutit et prit place à côté d'elle. Ils mangèrent en silence, un silence très lourd. A la fin du repas, ils s'installèrent dans le salon. Elle, sur le canapé, lui, dans un fauteuil.

- - Jav, qu'est-ce qu'il se passe ?

- - Rien

- - Il faut que tu me dises ce qu'il se passe pour que je puisse t'aider.

- - Je te l'ai dit : rien

- - Tu te fous de moi là. Tu tournes comme un lion en cage depuis qu'on est rentré et tu me dis qu'il ne se passe rien. Javier Esposito, je te connais. Tu vas me dire ce qu'il t'arrive et très vite. Tu sais que je ne lâcherai pas le morceau, quitte à y passer toute la nuit. Alors ?

- - Tu as entendu Gates, tout à l'heure ? Kate commence à avoir mal à la tête

- - Et ?

- - Comment ça et ? Tu es médecin, tu sais que c'est mauvais signe

- - Mais Gates nous a dit qu'elle avait appelé le médecin et que maintenant Kate avait un traitement. Il est vrai que l'apparition de ce mal de tête est inquiétante, mais elle est suivie et on va la surveiller pour voir l'évolution. On savait que ça pouvait arriver, on y était plus ou moins préparé… Tu es sûr que c'est ce qui te met dans cet état ?

- - Quoi d'autre, sinon ?

- - Je ne sais pas moi ! Castle, peut-être ?

- - Castle… Alors celui-là ! Il apparaît et pan… elle a mal à la tête ! C'est pas un hasard ! Il ne pouvait pas rester là où il était. Tout se passait bien, elle revivait, elle était heureuse… Et maintenant…

- - Il n'est pas responsable de son mal de tête, ce sont ses souvenirs qu'elle essaye de retrouver qui le provoquent. Ça arrivera avec d'autres personnes qu'elle croisera, qui la reconnaîtront mais pas elle…Tu dis qu'elle revit, c'est vrai. Quand on sait par quoi elle est passée ! Mais de là à dire qu'elle est heureuse. .. C'est sûr, elle sourit, elle sort avec nous…mais tu l'as bien observé. Moi qui la connaît bien, je peux te dire qu'elle n'est pas heureuse, enfin pas comme nous l'entendons…

- - Qu'est-ce que tu entends par là ?

- - Prends le temps de la regarder…Oh, bien sûr, depuis six mois, elle a repris ses marques. Elle s'est recréée une nouvelle vie, elle a repris son travail…Mais en dehors de son travail et de nous, qu'est-ce qu'elle a ?

- - Attends, ça ne fait que six mois qu…

- - Ce que je veux dire… Je te donne un exemple. Avant son accident : comment tu arrivais à deviner son état d'esprit, son humeur ? Comment tu savais que tu allais te prendre une remarque cinglante, ou qu'elle allait de sortir une vanne ? Comment…

- - Son visage…

- - Pas son visage. Ses yeux ! Son regard !

- - Oui, et quel regard !

- - C'est grâce à son regard que j'ai toujours su ce qu'elle pouvait ressentir. Rappelle-toi, et ne me dis pas le contraire, c'est grâce à ça qu'on a su ce qu'elle ressentait pour Castle. Dès qu'il apparaissait, elle avait le regard pétillant, et dès qu'il partait, son regard redevenait neutre, elle se refermait. Et Castle avait le même. Rappelle-toi leur conversation visuelle où plus rien n'existait autour d'eux, et leur façon de fini les phrases de l'autre… Et tout ça, grâce à leur regard, à un regard ! Regarde là maintenant. Regarde ses yeux. Il n'y a plus cette petite étincelle. On dit que les yeux sont le miroir de l'âme. Dans son cas, son âme c'était Castle… Et en l'oubliant, elle a perdu son âme.

- - Il n'avait qu'à pas l'abandonner !

- - Arrête de te focaliser là-dessus. Même s'il avait été là, rien ne dit qu'il ne se serait rien passé. Tu n'as rien pu éviter alors que tu es bien plus entraîner que lui. Tu crois qu'il aurait fait le poids ? Non, et tu le sais. Combien de fois, il lui a sauvé la vie en quatre ans, et il n'était pas flic pourtant. Il lui aurait décroché la lune…Ça devait arriver ce jour-là, c'est tout.

Et je te l'ai déjà dit : on ne sait pas ce qu'il s'est passé entre eux. Et connaissant Kate, crois-moi, elle ne doit pas être toute blanche dans l'histoire. Et si tu es honnête avec toi-même, tu as dû remarquer qu'il n'est plus le même lui non plus. Il marche le dos vouté, il est fatigué et, surtout, son regard est vide…

- - Mais qu'est-ce qu'il va se passer demain… et les autres jours ?

- - On verra. Si ça se trouve Kate ne va pas vouloir de lui ou va le tolérer. Il vient pour l'aider. Il faut lui laisser une chance. Il a toujours su ce qui lui faisait du bien, il a toujours su trouver les bons mots pour la calmer quand elle s'emportait ou quand elle n'avait pas le moral… Il peut l'aider à se souvenir et sinon il pourra l'aider à s'en faire de nouveaux. Leurs sentiments étaient si forts qu'ils pourraient se construire une nouvelle vie…

- - Tu crois qu'ils pourraient se mettre ensemble ?

- - Pourquoi pas ? Je l'ai dit dans le bureau de Gates : son cerveau n'a plus de mémoire, mais son cœur se rappelle ! On le verra vite : souviens-toi, regarde ses yeux, ils ne mentent pas !

- - Et demain, je fais quoi, moi ?

- - Tu fais comme on a dit. Tu t'abstiens de tout commentaire désagréable. Tu l'accueilles le mieux possible. Rappelle-toi qu'il revient pour Kate !

- - Ce ne sera pas facile.

- Je sais. Allez, viens, on va se coucher car demain la journée pourrait être dure !

Appartement de Ryan

Ils étaient mariés depuis un an.

Quand l'accident avait eu lieu, ils avaient pensé reculer la date du mariage mais personne ne savait quand Kate sortirait du coma et tout le monde leur avait dit que Kate n'aurait pas voulu qu'ils se refusent ce bonheur car elle ne pouvait pas être avec eux.

Donc, ils avaient gardé leur date. Le jour de la cérémonie, alors que tout le monde était installé et que la cérémonie allait commencer, ils l'avaient vu arrivée. Son père l'accompagnait, ainsi que Martha et Alexis. Elle se tenait au bras de son père, une béquille dans l'autre main. Ils s'étaient installés avec toute l'équipe du 12th.

C'était le plus beau jour de la vie de Ryan : il se mariait avec la femme de sa vie, mais tous équipiers étaient là y compris son boss. Kate avait assisté à la cérémonie, au vin d'honneur et au repas. Elle s'était permise de faire remarquer à Ryan que c'était sa journée à lui et qu'il fallait qu'il arrête de passer tout son temps avec elle, et qu'il ferait mieux d'aller s'occuper de ses autres invités et surtout de sa femme. Après le repas, son père l'avait raccompagné à l'hôpital.

La soirée avait été calme mais Jenny trouvait que son mari était bien trop silencieux

- - Qu'est-ce qui se passe, Kevin ? Tu n'as pratiquement rien dit de la soirée

- - Rien, rien… Tout va bien. Je réfléchis à … l'enquête, c'est tout !

- - Tu mens mieux d'habitude. Un problème avec Kate ?

- - Castle revient demain…

- - Ah !... C'est peut-être une bonne chose qu'il revienne ?

- - Je ne sais pas. Comment elle va réagir ? Hier, quand elle a su qu'on le connaissait et qu'on ne lui en avait pas parlé… Si tu l'avais vu…

- - Mets-toi à sa place. C'est une réaction normale. Certes vous avez suivi les instructions du médecin, mais vous auriez peut-être pu aborder le sujet en douceur, juste en lui parlant d'un équipier, sans préciser qu'ils avaient des sentiments l'un pour l'autre…

- - Peut-être…Mais demain… Lanie pense que son cœur va se souvenir de lui… Qu'est-ce que je devrai faire si ses sentiments reviennent ? Si elle se rend compte qu'elle est amoureuse de lui ? Ou si tout simplement, elle tombe amoureuse ?

- - Qu'est-ce que tu veux faire ? Laisse faire la nature !

- - Quoi ?

- - Ecoute, s'ils étaient vraiment amoureux avant, s'ils étaient vraiment des âmes-sœurs, je pense que Lanie a raison. Tu ne pourras rien empêcher. Ils ont droit au bonheur comme nous. Et même si Kate a oublié toute sa vie, elle en a recommencé une autre. Ils recommenceront tout à zéro c'est tout !

- - La voix de la raison a parlé !

- - Comme d'habitude ! Mais, sinon, ça ne te gêne pas que Castle revienne ?

- - Non, pas plus que ça. Je n'ai pas apprécié qu'il parte sans rien dire, mais connaissant la Kate d'avant… J'aurai juste aimé qu'il passe un coup de fil de temps en temps. Mais je pense que s'il l'avait fait, alors qu'il s'éloignait d'elle, ça aurait été trop dur pour lui… Enfin, demain est un autre jour…

- - Bien parlé ! Et maintenant, au lit !

Appartement de Gates

Chez les Gates, la soirée avait été calme. Il faut dire que lorsqu'Iron Gates quittait le commissariat, et entrait dans son appartement, elle redevenait une femme comme les autres. En général, elle prenait une douche, se passait une tenue décontractée, puis préparait le diner pour son mari et elle. Son mari exerçait le même métier qu'elle, avait le même grade et comme elle dirigeait un service. C'était les Capitaines Gates ! La seul différence, c'est que lui, n'avait pas une réputation d'Iron. Dans leur couple, c'était lui l'élément temporisateur.

Après avoir passé une soirée tranquille devant la télévision, ils étaient allés se coucher. Mais ne parvenant pas à s'endormir, elle s'était relevée et installée dans le salon pour réfléchir à la journée qui s'annonçait pénible.

Au bout d'un moment, son mari s'était réveillé, s'étant aperçu que la place à côté de lui était vide.

- - Vicky ?

- - Oh, je ne voulais pas te réveiller !

- - C'est ta place froide qui m'a réveillé !

- - Tu avais perdu ton doudou ?

- - Oui, c'est ça ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu t'inquiètes pour demain ?

- - Oui et surtout pour Kate. J'aurai peut-être dû l'appeler pour la préparer ?

- - Qu'est-ce que tu lui aurais dit ? Attention, l'homme que tu aimes revient dans ta vie ? L'homme qui est sorti de ta vie sans qu'on sache pourquoi revient ?

- -Non, pas ça ! Finalement, quand j'y pense, j'aurai aimé qu'ils franchissent le pas ! Ils étaient tellement doués pour les enquêtes sans être ensemble, que je n'ose imaginer ce que cela aurait donné s'ils avaient été en couple ! Ils auraient formé un si joli couple, en plus. Jamais je n'ai vu de tels échanges de regards. Tu pouvais voir tout l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Mais hier, j'ai vu un homme meurtri et plein de rancœur envers la femme qu'il aimait. Et lorsqu'il a su ce qui était arrivé, je crois que je l'ai détruit. J'ai été tellement dure avec lui.

- - Mais tu n'aurais pas pu les garder s'ils avaient été en couple ?

- - En principe, je n'aurai pas pu, mais techniquement parlant Castle ne travaillait pas pour le commissariat !

- - Toi, tu aurais contourné le règlement ?

- - Il n'y a rien dans le règlement concernant une relation entre un flic et un consultant, non ? A moins qu'il y ait eu des changements et qu'on ne m'en n'est pas informé ?

- - Iron est une sentimentale ?

- - Peut-être. Mais je ne sais toujours pas ce que je vais faire demain, ni comment Kate va réagir. Et en plus, il faut que les maux de tête apparaissent ! C'est surtout ça qui m'inquiète. Elle est fragile. Elle ne le montre pas, mais je le sais.

- - Le mieux que tu aies à faire demain, c'est de la laisser décider. Fait lui confiance. Vu tout ce que tu m'as dit sur elle, j'ai l'impression que tu te reconnais en elle. Vous avez le même caractère de cochon. Mais tu l'aimes comme si c'était ta fille ! Pense à la décision que tu prendrais, et dis-toi que c'est ce qu'elle décidera !

- - Tu as sûrement raison

- - Evidemment que j'ai raison. C'est qui le chef ici ?

- - C'est toi

- - Maintenant, on va se recoucher. Il faut que tu te reposes et j'ai besoin de mon doudou !

Appartement de Beckett

Après sa visite à la prison, elle était rentrée directement chez elle. Elle s'était changée pour mettre une tenue de sport afin de se rendre à sa séance de kiné. Roger était content de l'évolution physique de sa patiente. Après une petite séance de massage pour chauffer un peu ses muscles, il lui avait demandé de faire une demi-heure de vélo, puis il l'avait fait monter sur un tapis roulant. Au début, il avait mis l'allure « marche », puis progressivement il avait accéléré l'allure jusqu'à arriver à une petite foulée. Kate avait réussi à trottiner pendant un petit quart d'heure. Puis, elle avait terminé ses exercices par quatre longueurs de piscine afin de faire travailler son épaule. La séance s'était terminée par des massages et quelques étirements de tous ses muscles. Avant qu'elle s'en aille, il lui avait conseillé de commencer à se déplacer sans ses béquilles, mais seulement dans des lieux où elle pouvait se rattraper, et qu'elle pouvait aussi essayer de reprendre tout doucement le jogging mais il fallait que quelqu'un soit avec elle jusqu'à ce que ses jambes soient complètement fonctionnelles. Elle était ravie, elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait l'impression que le sport était une part intégrante de sa vie.

Une fois rentrée, elle s'était fait couler un bon bain pour se relaxer. Elle était contente et en plus son mal de tête était parti.

Ensuite, elle s'était commandée son repas : du chinois. Elle adorait ça ! Puis, légèrement fatiguée, s'était dirigée vers sa chambre. En passant devant sa bibliothèque, se rappelant ce que Lanie lui avait dit, elle vit qu'elle avait bien les livres de Castle et certains en double exemplaire. Ne se souvenant plus ce qu'ils contenaient, elle décida d'en lire un, et prit le premier Nikki Heat.

Elle s'installa dans son lit et commença sa lecture. Et c'est avec le livre de Castle dans les bras qu'elle s'endormit !

Au loft

Après son appel à Gates, il n'avait pas cessé de réfléchir. Il avait même pensé la rappeler pour lui dire que finalement il ne viendrait pas. Mais il n'avait pas réussi à donner cet appel. Son cerveau l'en avait empêché.

Il L'avait revu et il voulait LA revoir. Pas lui, son cerveau.

Son cerveau n'arrêtait pas de penser à ELLE. Son cerveau voulait L'aider à se souvenir. Son cerveau voulait qu'ELLE redevienne ELLE. Son cerveau voulait reprendre là où leur histoire s'était arrêtait.

Epuisé par toutes ces réflexions, il s'était couché espérant trouver enfin le sommeil. Mais son cerveau en avait décidé autrement.

Finalement, il s'était relevé. Arrivé dans le salon, il était tombé sur sa mère. Elle fut surprise de le voir.

- - Tiens, tu n'es pas sorti ce soir ?

- - Non, pas ce soir ! Je dois me lever tôt demain.

- - Ah ! Et tu fais quoi de particulier demain pour devoir te lever tôt ?

- - Je vais au 12th

- - Ils t'ont convoqué ?

- - Non. J'y retourne pour travailler

- - Je croyais que tu ne voulais plus « LA » voir ?

- - On m'a demandé de L'aider.

- - Et tu comptes faire comment ?

- - Je ne sais pas. On m'a dit de ne lui parler que de nos souvenirs communs. Pas des enquêtes.

Elle le regarda. Il avait l'air complètement perdu, apeuré

- - Je serai toi, avant d'y aller, j'essaierai déjà d'avoir meilleure mine. Tu fais peur à voir actuellement. Tu devrais dormir

- - Si j'arrivais à dormir, tu crois que je passerai mes nuits dehors ?

- - Et qu'est-ce qui t'empêche de dormir ?

- - D'après toi ? ELLE, évidemment !

- - Oh, arrête avec ça, arrête de dire « ELLE ». Son nom, c'est Kate ! Et tu le sais ! Arrête de te voiler la face. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé il y a deux ans, mais c'est toi qui es parti ! Tu nous as même abandonné ! Pas un coup de fil tout le temps de ton absence ! Et tu croyais qu'on allait t'accueillir à bras ouvert ! D'après toi, comment a réagi ta fille ? A chaque fois que tu devais évoquer tes sentiments concernant Kate, tu étais incapable d'aligner deux mots et pour un écrivain, ce n'est pas banal… La seule fois que tu lui as avoué tes sentiments, elle était inconsciente c'était comme si tu avais écrit ces trois petits mots sur une page blanche… Je sais que Kate t'as menti en te disant qu'elle avait oublié ce qu'il s'était passé ce jour-là, mais vous aviez aplani les choses par la suite. Tu étais heureux après ça et du jour au lendemain, tu as tout plaqué. On sait que vous vous êtes vus la veille de son accident et apparemment c'est après cette entrevue que tu as décidé de partir. Alors, réfléchis à ce qu'il s'est passé, raconte-moi, et on pourra peut-être trouver comment tu pourrais l'aider.

Il regardait sa mère. Elle avait raison. Il avait abandonné tout le monde, y compris sa fille qu'il chérissait plus que tout. Et surtout, il avait abandonné la femme qu'il aimait plus que tout.

- - Je lui ai tout dit ce soir-là.

- - Tout quoi ?

- - Tu sais, le gars qui m'appelait, le fait que je l'avais empêché sciemment d'enquêter sur le meurtre de sa mère…

- - Oh ! Elle a dû mal le prendre !

- - Et je lui ai répété que je l'aimais…

- - Personnellement, j'aurai pris ça comme une trahison !

- - C'est ce qu'elle a ressenti. Mais quand elle m'a dit qu'elle était prête à aller jusqu'à les chercher s'il le fallait, je lui ai dit que je ne voulais pas la voir mourir. Et comme elle me fixait sans rien dire, je lui ai dit que je partais, que c'était fini…

- - Mais c'est toi qui l'avais relancé sur cette enquête, et tu l'abandonnes dans la dernière ligne droite ?

- - Elle allait se faire tuer, mère !

- - Elle n'est pas morte à ce que je sache, et pourtant elle a continué sans toi !

- - Pour finir dans cet état tu parles d'une réussite !

- - Avant que tu partes, dans quel état était-elle ?

- - Ça remonte à deux ans mère !

- - Connaissant ta mémoire, ne me dis pas …

- - Elle était devant moi, immobile, ses yeux ne cillaient pas et étaient emplis de larmes, elle me fixait sans dire un mot

- - Et tu es parti ! Richard, pour un homme qui prétend connaître les femmes, tu n'as vraiment rien comprit. Il ne t'est pas venu à l'esprit qu'elle attendait que tu la prennes dans tes bras, qu'elle avait besoin de réconfort…

- - Je ne voulais pas la perdre, j'avais peur et j'étais en colère…

- - Et pour au bout du compte la perdre, puisque tu es parti… Tu te rends comptes qu'elle pourrait être avec quelqu'un à l'heure actuelle ?

- - Oui, je sais.

- - Eh, bien, maintenant que tu m'as dit ce qu'il s'est passé, il va falloir que tu la joues fine au commissariat

- - Comment ça ?

- - Je serai toi, je laisserai faire les choses. Comporte-toi normalement et laisse le temps faire pour toi et pour elle. Attends que ce soit elle qui demande. Evite le côté éléphant dans un magasin de porcelaine et vois ce qui arrive. Tu l'as amadoué une fois, peut-être que tu y arriveras une deuxième. Mais surtout ne la brusque pas et n'oublies pas qu'elle est fragile

- - Tu veux dire que je dois faire comme si de rien était ? Comme si l'accident n'avait pas eu lieu ?

- - On ne peut pas oublier son accident vu qu'elle se déplace en fauteuil ou avec des béquilles. Mais ne brusque pas sa mémoire. Fais comme avant, aide la dans ses enquêtes, c'est tout. Tout arrive à point à qui sait attendre, comme on dit. Et de grâce, au bon moment, soit franc, n'attends pas.

- - Ok, j'essaierai mais ce ne sera pas facile de retravailler avec elle

- - Je m'en doute, vu ce que tu ressens car contrairement à ce que tu crois, tu ne l'as pas oublié. N'est-ce pas ?

- - C'est vrai ! Et pour nous ? On fait comment ?

- - Pareil, laisse faire le temps !