À la place je tournai la tête pour prendre conscience de l'environnement dans lequel je me trouvais : Une chambre d'hôpital. Je sanglotai davantage, toute mon assurance acquise durant ces quatre derniers jours s'envolait, laissant place une tristesse infinie. Je me sentais abandonnée, même si ce n'était pas le cas...

- Nina... Murmura quelqu'un.

POV Nina

Je relevai les yeux vers la voix que j'avais entendue. Mes yeux étant embués de larmes, je n'étais pas capable de distinguer la silhouette de l'inconnu, mais j'étais sûre que c'était un homme à cause du ton qu'il avait employé. Mon premier réflexe fut de me reculer contre les barreaux dans le lit inconfortable de l'hôpital, m'arrachant par la même occasion un gémissement.

- Qui... Qui est là...à... ? Reniflai-je.

- Hé, c'est moi, Ian, me répondit-il doucement.

J'éclatai en larmes, incapable de me retenir plus longtemps. Le souvenir de mon rêve n'arrêtait pas de venir et revenir dans mon esprit. Je sentis une main frôler la mienne, je sursautai à ce contact. Elle avait disparue, alors je tâtai à l'aveuglette sa présence sur le lit.

- Nina... Elle est juste à côté de toi, rit légèrement Ian.

Je m'accrochai à elle comme une bouée de sauvetage. J'étais en état de choc. Et si la série me renvoyait parce que j'avais une bosse sur la tête ? Si tous mes plans tombaient à l'eau ? Mon visage d'habitude si enjoué et heureux était inondé par toutes les larmes que j'avais fait couler. La sensation était déplaisante

- Un... Mouchoir... Demandai-je.

- Oh bien sûr, répondit Ian, embarrassé de ne pas y avoir pensé plus tôt.

Il prit un mouchoir qui devait se trouver sur la table de nuit et me le mit dans ma main libre. J'essuyai mes joues, elles faisaient mal au toucher. Je devais vraiment avoir pleuré toute la nuit, supposai-je. Je pus enfin voir correctement. Ian était assis sur une chaise à côté de mon lit et m'observait, ses trait trahissaient son inquiétude. Je lui fis un faible sourire, ce qui fit déchirer ma lèvre un peu plus de ce qu'elle était déjà. Je gémis, enlevant ma main de la sienne pour la placer sur ma bouche.

- Tu as mal ? Me questionna-t-il en se levant.

- C'est... Ma lèvre.

- Tiens.

Il me donna une glace que je plaçai à la commissure de ma bouche.

- Ça fait longtemps que tu es ici ? Réussi-je à demander malgré la douleur.

- Je... C'est moi qui t'ai rentré dedans au parc.

- Oh.

- Je suis vraiment désolé, j'ai tout de suite appelé les urgences en voyant que tu ne me répondais pas.

Il s'en voulait vraiment, il avait les traits crispés.

- C'est beau, je ne t'en veux pas.

Il reprit ma main dans la sienne et appliqua une petite pression. On se regardait mutuellement, c'est comme si on se comprenait en ne faisant rien. Une infirmière brune débarqua dans la petite chambre, brisant notre bulle.

- Mademoiselle Dobrev ! Vous êtes réveillée, nous nous inquiétons à votre sujet. Vous n'arrêtiez pas de pleurer dans votre sommeil, on se posait des questions. Maintenant que vous êtes consciente, j'aimerais vous poser quelques questions, s'adoucit-elle.

- Je vous écoute, répondis-je faiblement.

Elle parut incertaine et glissa un regard vers Ian.

- C'est des questions personnelles, mademoiselle.

Je ne voulais pas qu'Ian s'en aille, je me sentais en sécurité avec lui. Je resserrai la prise sur sa main, comme si j'avais peur qu'il parte. Il m'interrogea du regard, attendant ma réponse.

- Ça ne dérange pas.

- Bien. Quel est votre groupe de sang ?

- O positif, dis-je.

- Avez-vous des problèmes de respiration ?

- Pas à ce que je sache.

- Êtes-vous enceinte ?

Je fus surprise par sa question. Ils n'avaient pas passé de test pendant mon coma ? Ian me regardait avec une drôle de tête.

- Non.

- Nous allons quand même vous faire passer un examen durant la journée, ça fait partit des procédures obligatoires.

Je hochai la tête, méprisant la suite de la journée.

- Avez-vous eu des rapports sexuels durant les deux dernières semaines ?

Je devins rouge comme une tomate, et risquai un regard dans la direction d'Ian. Il regardait le plancher avec une nouvelle passion, lui aussi tout rouge.

- N...Non, répondis-je.

- Des rapports oraux ? Continua-elle.

Voyant que je ne répondais pas, elle précisa :

- Avez-vous pratiqué durant les deux dernières semaines la fellation, le cunnilingus ?

- Non.

J'étais extrêmement gênée, je n'osais même plus regarder du côté de mon collègue. Il regardait toujours le plancher. Avoir une conversation comme ça entre filles, ça va. Mais devant Ian Somerhalder, qui se trouve à être mon collègue et qui est très beau, j'avais sérieusement envie de m'enfuir. Surtout que j'évitais même d'en parler avec Candice, à cause de mon inexpérience. Je n'avais jamais couché avec un garçon. J'ai toujours eu un blocage niveau sexe, à cause des agressions que j'avais reçu durant mon enfance. Seuls mes parents étaient au courant de ce qu'il m'était arrivé durant toutes ces années. Tout ce temps où mon oncle venait le lundi de chaque semaine pour nous rendre visite. Il m'amenait dans la petite grange qu'il y avait derrière la maison. Mes parents pensaient que c'était pour jouer à la balançoire, jamais ils n'ont doutés de ce qu'il se passait réellement dans cette grange. Ils s'en sont aperçus juste lorsque je suis rentrée un soir, complètement nue dans la maison en pleurant. Mon oncle s'est ensuite fait emprisonné à vie dans un centre psychiatrique pour personnes affectées mentalement... Mes parents ne se sont jamais pardonné ce drame. Depuis, j'avais rencontré Rick et on filait le parfait bonheur, mais il me mettait de plus en plus de pression pour que je lui cède. Ce n'est pas que je ne l'aime pas, mais je ne suis pas prête à faire l'amour.

- Un traumatisme ? Demanda la brunette.

Mes yeux se remplirent de larmes sans que je puisse y changer quoi que ce soit.

- Non, aucun.

Elle me regarda attentivement, comme pour déceler une trace de mon mensonge, et me sourit avant de partir vers la sortie.

- Si vous avez besoin que quelque chose, vous n'avez qu'à sonner en tirant sur la ficelle à votre gauche, m'expliqua-t-elle.

Elle sortit, me laissant seule avec Ian. Le silence était gênant. Il se racla la gorge.

- Candice attend dans la salle d'attente, je vais la chercher, dit-il.

- Ok.

Il sortit à son tour sans me regarder, il était toujours rouge pivoine. Je décidai de faire un petit somme en attendant son retour...

Je me réveillai encore en pleurs, j'avais fait le même rêve.

- Nina...

Je regardai qui c'était et je vis Candice assise sur la chaise à côté de mon lit.

- Oh Cand' ! Sanglotai-je.

- Hé, hé... Tout va bien ma belle.

Elle vint s'allonger à côté de moi, et ne dit pas un mot pendant quelques minutes.

- Tu sais, j'ai vraiment eu peur de te perdre, hier soir, expliqua-elle.

Je tournai la tête vers elle, et je fus surprise de voir qu'une larme perlait au coin de ses yeux. Je plaçai ma tête sur son épaule, en signe de compassion.

- Jamais, Candice.

- Puis, comment vous le trouvez, votre nouvel appartement ? Demanda-elle entre deux sanglots.

- Rick l'adore, je dois dire que moi aussi.

- Tant mieux, Rit-elle.

- Et toi ?

- Je l'aime bien, il est plus grand que l'ancien mais bon... J'imagine que je vais m'y habituer avec le temps.

- Ian, il est partit ?

- Non, il voulait juste nous laisser seules quelques minutes... Il se sentait vraiment coupable ! Il a passé toute la nuit ici, je suis sûre qu'il n'a même pas dormi.

- Eh bien là, c'est moi qui me sens coupable de son insomnie, plaisantai-je.

- T'inquiète pas, ce n'est pas grave, dit Ian qui était dans le cadre de porte.

Candice et moi sursautâmes, on ne savait pas qu'il était là. Il nous observait depuis longtemps ?

- Tu nous espionnais ? Rit Candice.

- Non, je viens d'arriver, dit-il en s'avançant vers la petite chaise. Tu vas mieux ? Continua-t-il.

- Un peu, souris-je.

Il semblait avoir oublié la conversation complètement humiliante entre moi et l'infirmière, ou bien il faisait comme... Après tout, c'est un acteur. Il avait enlevé sa veste, et portait un t-shirt gris, faisant ressortir la vive couleur de ses yeux.

- Je me sens moins coupable alors, grimaça-t-il.

- Je... J'aurais besoin d'un peu de repos, demandai-je.

- Okay. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu nous appelle, ok ? Demanda Candice.

- Sûr.

Elle se releva du lit, et me donna un bisou sur le front.

- Reposes-toi bien cocotte, sourit-elle.

- Moi aussi je vais y aller, dit Ian.

Il se leva et marcha vers moi. Sa main frôla ma joue tendrement, il me regardait avec douceur.

- Bonne nuit, Nina.

Il sortit, me laissant entre les bras de Morphée.