En cette période de fête pour ce qui aime Noël et ce qui ne sont pas forcément fan, je vous offre tou de même comme cadeau deux chapitres de ma fiction. Le premier ce matin et le prochain dans la soirée. Voilà, passez de bonne fête et laissez-moi des coms longs en échange.
Le lendemain, la compagnie des neufs se trouve à l'entrée du village elfique. Huit des neufs compagnons sont là à entendre le magicien gris. Au bout d'un moment, il fait son apparition avec le seigneur elfe Elrond. Tous deux semblent avoir débattu sur quelque chose d'important car ils sont tous deux assez froids quand ils arrivent. Bilbon est également en train d'arriver. Il veut lui aussi dire bonne chance à Frodon. Elrond dit alors à la compagnie.
‑ Voici mon dernier mot. Le porteur de l'Anneau part en quête de la Montagne du Destin. C'est sur lui seul que pèse une responsabilité: ne pas rejeter l'Anneau, ni le remettre à aucun serviteur de l'Ennemi, ni en fait le laisser toucher par quiconque d'autre que les membres de la Compagnie et du Conseil, et cela seulement dans le cas de la plus urgente nécessité. Les autres l'accompagnent comme compagnons libres pour l'aider en route. Vous pouvez rester, ou revenir, ou vous écarter dans d'autres chemins, selon l'occasion. Plus loin vous irez, moins il vous sera facile de vous retirer, cependant, aucun serment ni aucune obligation ne vous oblige à aller plus loin que vous ne le voudrez. Car vous ne connaissez pas encore votre force d'âme, et vous ne sauriez prévoir ce que chacun pourra rencontrer sur la route.
‑ Déloyal est qui dirait adieu quand la route s'assombrit.
‑ Peut-être Gimly fils de Gloin, mais que ne jure pas de marcher dans les ténèbres qui n'a pas vu la tombée de la nuit.
‑ Pourtant parole donnée peut fortifier cœur tremblant.
‑ Ou le briser. Ne regardez pas trop loin en avant! Adieu, et que la bénédiction des Elfes, des Hommes et de tous les Gens Libres vous accompagne. Que les étoiles brillent sur vos visages!
Bilbon, qui bégaie dans le froid, dit à l'intention de Frodon.
‑ Bo... bonne chance! Je ne pense pas que tu pourras tenir un journal, Frodon, mon garçon, mais je m'attends à un récit détaillé à ton retour. Et ne reste pas trop longtemps absent. Adieu!
De nombreux autres membres de la maisonnée d'Elrond, qui se tiennent dans les ombres, les regardent partir et leur disent adieu d'une voix douce. Il n'y a ni rires, ni chansons, ni musique. Enfin, ils s'en vont et disparaissent silencieusement dans l'obscurité.
Ils passent le pont et montent en serpentant lentement les longs sentiers escarpés qui mènent hors de la vallée encaissée de Fond combe, et ils finissent par déboucher sur la haute lande où le vent siffle dans les bruyères. Puis, après un dernier regard à la Dernière Maison Simple, qui scintille en contrebas, ils partent à grands pas dans la nuit.
Au Gué de Bruinen, ils quittent la route et, tournant en direction du sud, ils prennent par d'étroits sentiers au travers des terres plissées. Leur dessein est de maintenir ce cap à l'ouest des montagnes pendant de nombreux milles et de nombreux jours. Le pays est beaucoup plus rude et plus aride que dans la verte vallée du Grand Fleuve dans le Pays Sauvage de l'autre côté de la chaîne, et leur allure sera lente, mais ils espèrent ainsi échapper à l'attention d'yeux hostiles. Ils n'ont vu jusque là les espions de Sauron dans ce pays vide, et les sentiers ne sont guère connus que des gens de Fondcombe.
Gandalf marche devant en compagnie d'Aragorn, qui connait la région même dans le noir. Les autres suivent en file indienne, et Legolas, qui a les yeux perçants, forme l'arrière garde. La première partie du voyage est dure et morne, et Frodon ne doit guère garder le souvenir que du vent.
Durant maints jours sans soleil, une bise glacée souffle des Montagnes de l'Est, et il semble qu'aucun vêtement ne peut les tenir à l'abri de ses pointes pénétrantes. Quoique la Compagnie est bien couverte, ils ont rarement l'impression de chaleur, qu'ils soient en mouvement ou au repos. Ils font une sieste agitée au milieu de la journée dans quelque repli de terrain ou cachés sous l'enchevêtrement d'arbrisseaux épineux qui poussent par fourrés en maints endroits. Vers la fin de l'après-midi, ils sont réveillés par ceux qui sont de garde, et ils prennent leur repas principal: froid et triste en règle générale, car ils peuvent rarement assumer le risque d'allumer du feu. Le soir, ils repartent, toujours en direction du sud, dans la mesure où ils trouvent un chemin.
Mais une nuit, Aragorn et Gandalf finissent par entendre un craquement derrière eux. Le magicien gris allume son bâton à l'aide d'une incantation et la personne en question est révélée. Aragorn n'en revient pas et va vers sa « sœur ». Il parle en murmurant.
- Rêverie.
- Serah !
- Navré, mais ce n'est pas ton nom et je t'appellerai ainsi. Ou Pacifica.
- Ça va ! Rêverie ce sera mieux que l'autre.
- Que fais-tu là et depuis quand nous suis-tu ?
- Depuis votre départ.
Gandalf soulève un sourcil.
- Etrange, Elrond m'a pourtant dit que tu étais enfermé.
- Oncle Elrond ne sait pas qu'une adil raid peut aussi bien déplacer les objets que les faire voler !
- Soit. Je suppose que je ne peux pas t'empêcher de venir comme ton oncle a tenté de le faire.
- Evidemment.
Mais le rodeur ne l'entend pas de cette oreille. Il prend la main de l'hybride avec violence. Celle-ci réagit fortement.
- Hé ! Je ne suis pas ton chien Aragorn !
- Tu vas retourner illico au village !
- Pas question et lâche-moi !
Elle retire sa main de celle du rodeur. Tous deux se fusillent du regard. Le soleil se lève, la femme apparaît plus clairement. Elle porte ces cheveux blonds magiques attachés derrière son crâne, elle a les mêmes vêtements de voyage que lors du conseil avec une cape rouge. Un sac marron se trouve autour de sa taille et un autre sur ces épaules. Au niveau du premier sac se trouve toutes les plantes médicinales qu'elle a recueillies durant sa fuite ainsi qu'un poignard orné de pierres ambré et avec des teintes d'améthyste. Dans le second se trouve de la nourriture elfique qu'elle a dérobée sous le nez de son oncle et des vêtements de rechange accompagnés de bandage de soins.
Le porteur se réveille et cri de joie. Les hobbits sortent de leurs sommeils eux-aussi et voient l'hybride en train de fusiller Aragorn du regard. Boromir se lève à son tour et semble le plus heureux des hommes. Il va vers l'hybride et pose un genou à terre. Puis il prend sa main et la baise avant de dire des mots tendres.
- Ma princesse, vous avez réussi à venir finalement.
- Oui, mon doux seigneur.
- Que puis-je faire pour vous rendre ce voyage agréable ?
- Et bien, ne plus me prendre ma main, ni de faire ce genre de phrase en présence des autres membres.
- Je vous ferai donc ce vœu.
Il se relève et s'éloigne. Mais en gardant tout de même ces yeux plein d'adoration sur sa créature. Le magicien, en revanche, a compris ce qui vient de se passer et lance un regard d'avertissement que Rêverie ignore avec un air de grande noblesse. Le porteur lui demande comment elle a fait pour les trouver. Elle le dévisage avant de dire simplement.
- Les voies des montagnes me l'ont dit.
- Pouvez-vous me raconter ce qu'est exactement une adil raid ?
- Je te l'ai promis lors du conseil. Alors oui. Je vais te le raconter. Mais j'ai faim.
Elle pose sa sacoche sur le sol et en sort une galette couleur sable. Elle est faite d'une farine qu'elle a faite elle-même. Elle prend ensuite de l'eau rosée. Une infusion de rose du village de Fontcombe. Les hobbits font de même et sortent leur petit déjeuner. Aragorn, devenu un peu plus calme et résolue à amener sa « sœur », s'assoie près d'elle. Comme pour la protéger d'une quelconque attaque. Elle ne dit rien mais elle est agacée d'être prise pour une femme sans défense. Elle attaque donc l'histoire de sa demi-race qui coule dans ces veines.
- Les adils raids sont une race d'humain qui est apparue bien avant les elfes, les nains et les hommes. Ai-je raison, Sieur Legolas ?
Elle regarde l'elfe de ces yeux bleus glacés qui ne sont pas ceux de sa naissance. L'elfe est troublée par cette femme qui est, à la fois proche de sa race même si aucun sang elfe ne coule dans ses veines et celle des hommes. Il lui fait un signe d'acquiescement de la tête avant de dire.
- Oui, les elfes sont apparus après les adils raids. Mais continuez je vous en prie.
- Merci. Les adils raids, pour les autres races, sont surnommés les « enfants de la terre ».
Pippin, absorbé par la voix de l'hybride, veut en connaître la raison.
- Peringrin Touque non ?
- Oui.
- Et bien, les véritables adils raids naissaient du cœur des arbres. Pas de la femme.
- Comment ?
- C'est quelque chose de magique. Quand un homme et une femme souhaitaient une descendance, ils prenaient une mèche de cheveux chacun et les plaçait au creux d'un châtaignier. Les deux mèches venaient à se croiser et évoluer lentement, pendant plus d'une année, et créer un bébé adil raid. L'enfant avait toutes les caractéristiques d'un humain. La différence provenait de la pierre ou cristal qu'il portait à un endroit du corps et de la magie qui y était enfermée.
- C'est une manière très bizarre de reproduire votre espèce.
- Oui. Mais elle était assez simple tout de même.
- Comment vivait ensuite l'enfant ?
