Heyyy !

Je suis en retard dans ma publication, mais le chapitre 6 est enfin là !

Je préfère vous prévenir maintenant, je ne pense pas publier de chapitre d'ici les deux semaines à venir ( je suis en vacances ! ) donc voilà.

Je n'ai pas vraiment pris le temps de corriger ce chapitre, je me suis juste empressée de le terminer pour pouvoir vous le poster !

Disclaimer : ( je l'oublie tout le temps celui-là… ) Non, je ne suis pas JKR. Dommage, hein ?

Bonne lecture !

PS : un grand merci à Kather pour ta review !

« L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés. »

Georges Courteline

VI) Même pas en rêve !

En raison de l'accident de James, la fête en l'honneur de la victoire des Gryffondors avait été décalée à la semaine suivante. C'est pourquoi Morgane alla se coucher immédiatement. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, Katarina venait d'arriver, un sourire joueur sur les lèvres. Lorsque d'une œillade, Morgane l'interrogea, la nouvelle arrivante lui répondit en souriant encore davantage avec un air mystérieux. Haussant les épaules en signe de renoncement, Morgane s'allongea dans son lit et s'enfouit sous la couette moelleuse.

Le lendemain, dans la soirée, eut lieu le premier entraînement de Quidditch de l'équipe des Gryffondors depuis que Morgane avait endossé le rôle de Capitaine. Se campant sur ses jambes, les deux mains sur les hanches, Morgane adopta une mine sérieuse et dit :

« Comme je suis une personne responsable et à l'écoute, j'ai pris une décision très importante qui, à ce qu'il me semble, vous fera très plaisir…

- J'ai un peu peur de ce qu'elle va dire ! souffla Matthew.

- Voilà ! Nous n'allons pas faire d'entrainements cette semaine ! s'exclama Morgane avec une mine réjouie.

- OUAIS ! s'écrièrent les autres. »

Des applaudissements retentirent et les membres de l'équipe poussèrent des cris de joie. Tous autant qu'ils étaient, ils adoraient le Quidditch. Plus qu'un sport, c'était une passion. Seulement, ils trouvaient que faire trois entrainements par semaine était un peu excessif. Avis que ne partageait bien évidemment pas James, dont la seule motivation était la victoire. C'était peut-être pour ça également que c'était James qui avait été nommé Capitaine.

« Donc on est tous d'accord ? Personne ne s'oppose ? insista Morgane.

- NON ! s'écrièrent les autres avec enthousiasme.

- Alors retournons au château, proposa Morgane, égayée par la nouvelle. »

Cependant, un obstacle imprévu se dressa devant eux en produisant un PLOP sonore. Après quelques secondes où Morgane se remit du choc, elle demanda d'un geste des sourcils des explications à l'Elfe de Maison qui venait d'apparaître subitement.

« Yaki veut dire à Miss Swanson que Monsieur Potter lui a dit de dire : il n'en est pas question, bafouilla Yaki en triturant ses petits doigts osseux et en fixant ses grands yeux globuleux sur ses pieds.

- Oh le sale fils de Veracrasse ! jura Morgane, énervée. Merci Yaki, congédia-t-elle l'Elfe mal-à-l'aise. »

Puis, se tournant vers les autres membres de l'équipe, elle dit :

« On n'a qu'à pas le lui dire, suggéra-t-elle. »

Un nouvel Elfe de Maison fit son apparition, transmettant le message « même pas en rêve » à la Gryffondor désabusée.

« Je vois ! Montez tous sur vos balais, nous allons faire son entraînement adoré ! aboya-t-elle, pour le moins énervée. »

Les autres soupirèrent de déception mais obéirent. De toute façon, ce Capitaine momentanément handicapé ne leur laissait pas le choix. Plaçant le balai entre leurs jambes, ils s'élevèrent dans l'air glacé du mois de Novembre, chacun pestant secrètement contre cet individu malfaisant qui restait tranquillement à l'infirmerie tandis qu'ils se les pelaient dehors.

oOoOoOo

Des applaudissements retentirent lorsque James Potter fit son entrée dans la Salle Commune des Gryffondors savamment décorée pour l'occasion. Il fit un signe de la main et leur adressa à tous un sourire ravi. Sur une longue banderole pourpre qui s'étendait de part et d'autre de la salle étaient inscrits en lettres de feu les mots « Vive les Gryffondors ! » et une pancarte en l'honneur de James Potter était barbouillée de mots des Gryffondors : soit des souhaits de prompt rétablissement, soit une déclaration d'amour des plus imagées. L'une d'elle, en particulier, était des plus saugrenues : « James, tu es aussi indispensable à ma vie que le fromage l'est à la tartiflette ». Impossible de savoir si cette personne-là était sérieuse – auquel cas cela aurait été proprement terrifiant – ou s'il ne s'agissait que d'une plaisanterie. Un buffet garni avait été dressé sur les tables de travail qui, positionnées les unes à côté des autres, formaient pour l'occasion une énorme table rectangulaire. Sur le côté le plus à gauche, de nombreuses bouteilles étaient entreposées, différents alcools tels que le Whiskey-pur-feu, le Cognac, quelques liqueurs et une grande quantité de bièraubeurre. Un roulement avait été mis en place pour que les bouteilles soient constamment surveillées : seuls les élèves à partir de la cinquième année avaient le droit d'y toucher. A l'autre bout de la grande table, les carafes de jus, que ce soit celui de myrtille, de citrouille, de pamplemousse, d'orange, de pomme, d'ananas ou autres, étaient accessibles à tous. C'est de ce côté-ci du buffet que se rendit Morgane. Elle prit un verre de jus de citron, qu'elle but d'un coup avant de se resservir à ras-bord. Accompagnée de son verre, elle rejoignit Lily qui, une bouteille de bièraubeurre à la main, s'était affalée sur un des canapés. Morgane s'assit à côté d'elle et elles commencèrent à parler, critiquant toutes deux la pancarte dédiée à James Potter, toujours accrochée au mur. Morgane, de sa part à elle et de celle de l'équipe, avait écrit un seul mot qui prenait près d'un tiers du tableau, accompagné d'une signature : « Tyran. L'équipe » tandis que Lily, juste pour une question de politesse, avait écrit un petit mot discret dans le coin supérieur gauche du tableau : « Bon rétablissement. Lily. ».

Mais, bien évidemment, ce moment de quiétude fut violemment interrompue par Sirius Black qui, mettant en évidence son verre de Whiskey-pur-feu, se moqua du verre de Morgane, seulement rempli de jus de citron.

« Tu es incapable de boire des boissons de grands, c'est ça ? railla-t-il.

- Pas si je dois faire comme toi pour ça, je préfère m'en passer, rétorqua-t-elle en buvant une gorgée de son jus. »

En vérité, au vu de sa silhouette menue, une seule gorgée de bièraubeurre suffisait à la rendre pompette – et elle exagérait à peine. Suite à un coup d'essai désastreux, notamment la fois où elle avait perdu sa virginité, elle avait décidé de s'abstenir. Ça avait été tellement douloureux que, malgré son état d'ébriété, elle en avait encore des souvenirs. Elle s'en était voulu durant des mois entiers, blâmant Gale Stebbins, son petit ami du moment, pour avoir profité d'elle. Néanmoins, et elle le savait, ça n'avait pas été de sa faute. Lui non plus n'était pas sobre à ce moment-là. Gale, suite à leur rupture humiliante pour lui, avait opté pour la carte de l'indifférence. Le Serdaigle de septième année n'avait plus jamais ne serait-ce que posé un regard sur elle.

« Regarde et apprends, dit Sirius d'un ton docte. »

Sur ces mots, il porta son verre à ses lèvres et commença à boire la substance bourrée d'éthanol. Sans réfléchir, Morgane se leva d'un bond et, d'un coup de coude dans les côtes, aida le pauvre Gryffondor à s'étouffer.

« Alors, la boisson des grands est un peu trop forte pour toi ? se moqua-t-elle. »

Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était la réaction du brun. L'alcool brûlant avait pénétré dans sa trachée par mégarde et la douleur était insupportable. Il toussa, encore et encore. Quand il eut la force d'ouvrir les yeux, après que la douleur se fut calmée, ce fut pour voir le visage fulminant de Morgane, complètement aspergée d'un savant mélange d'alcool et de salive. Hors d'elle, Morgane saisit les pans de la chemise du brun et l'approcha d'elle jusqu'à ce qu'il ne reste que quelques centimètres entre sa tête relevée et celle, courbée, de Sirius.

« Écoute-moi bien espèce d'imbécile heureux, articula-t-elle d'une voix enragée. Tu vas éviter de cracher ta salive de vieille limace poisseuse sur moi à l'avenir ! Mieux, tu vas m'éviter moi ! Et si tu me fais encore une de tes blagues vaseuses et mesquines – voire extrêmement dégueulasses – tu auras affaire à moi ! »

Bien que le haut de la tête de Morgane arrivât à peine aux épaules de Sirius, il devait bien admettre qu'elle était vraiment impressionnante lorsqu'elle était en colère. Ce ne fut que lorsqu'elle eut cessé son monologue que tous deux se rendirent compte de leur proximité. Morgane pouvait voir absolument tous les détails du visage du jeune homme, et se surprit à les admirer vaguement, tandis que, de son point de vue, Sirius en faisait inconsciemment de même. Maeva, elle, n'avait pas eu besoin d'autant de temps pour remarquer leur position et, d'un pas rapide et lourd, elle s'approcha d'eux, saisit le bras de Sirius, le retourna face à elle et lui administra une gifle retentissante.

« C'est fini entre nous ! s'écria-t-elle rageusement. »

Puis elle fit volte-face et s'enfuit dans son dortoir. Et Sirius n'avait pas manqué de voir une larme perler au coin de l'œil de son ex-petite amie. Le temps qu'il se détourne son regard de la porte qui s'était refermée sur Maeva, Morgane avait déjà disparu.

oOoOoOo

« Vous avez lu les informations, aujourd'hui ? demanda gravement Lily, cachée derrière l'exemplaire quotidien de la Gazette des Sorciers.

- Non, mais tu vas nous les dire, répondit Morgane tout en avalant une cuillerée de porridge.

- Il y a eu une attaque dans le Nord de l'Angleterre, expliqua sombrement Lily.

- Une attaque de mangemorts ? s'enquit Morgane, anxieuse.

- Mais non ! Une attaque de papillons Jamaïcans ! ironisa aigrement Lily.

- Le bilan ? l'interrogea Katarina avant que Morgane n'ait pu rétorquer.

- Il y a cinq morts du côté des sorciers et douze du côté des Moldus. Oh, et il y a une bonne quinzaine de blessés graves, ajouta-t-elle.

- Dans quelle ville ? s'enquit Mary avec un air soucieux.

- Pas très loin de Bristol, répondit Lily. Ils ont mis des recommandations pour se protéger, remarqua-t-elle ensuite.

- Lis-les toujours, ça peut être intéressant, dit Mary.

- Oh oui ! Oh oui ! Oh oui ! s'enthousiasma Ruth sans que les autres ne sachent pourquoi.

- Oui quoi ? s'étonna Lily, perplexe.

- Bah, lis les recommandations ! Moi je serai la comédienne ! expliqua Ruth avec une moue ravie. »

Même si les quatre autres filles craignaient le pire, elles n'osèrent pas décevoir Ruth. Cette dernière se leva et s'éloigna de la table de deux bons mètres, pour avoir le plus d'espace possible.

« Hum… commença Lily, mal-à-l'aise. Il est recommandé de fermer toutes les issues de sa maison… lut-elle. »

Ruth, l'air faussement inquiet, saisit une chaise, la tira jusqu'à elle et se cacha derrière du mieux qu'elle pouvait, faisant mine d'être dans une maison close.

« … et d'y apposer beaucoup de charmes défensifs… continua Lily. »

La plus étrange des filles du château saisit la fourchette qu'elle avait constamment dans les cheveux et, la pointant au hasard autour d'elle, s'exclama : « Charmes ! Sortilèges ! »

« … comme vous pourrez en avoir une liste en annexe page 13. »

Ruth mit son index droit dans la bouche et, après l'avoir sorti de là, fit mine de son doigt plein de bave de tourner les pages d'un journal imaginaire, sous l'œil mi-dégoûté mi-amusé de toute la Grande Salle.

« Il est également conseillé de poser une question secrète à chaque fois qu'une personne veut rentrer dans votre maison… continua Lily. »

Ruth leva ses yeux bovins vers ses camarades et s'écria théâtralement : « Comment s'appelle Merlin ? ». Voyant les autres la regarder avec un air ébahi, elle s'exclama : « Ah ! Ça vous en bouche un coin, hein ? ».

Chelsea Jordan, la sœur de Ruth, s'exclama, depuis l'autre bout de la table des Gryffondors : « Il s'appelait pas Frederick ? Non ? Ça sonne bien pourtant… »

Ruth lui jeta un regard triomphant tandis que les autres la regardaient, l'air désabusé, la bouche ouverte et les yeux écarquillés.

« … n'hésitez pas à poser une question intime, se reprit Lily. »

En voyant le regard lubrique qu'avait Ruth, elle s'empressa de lire la suite avant de découvrir quelque chose qu'elle ne voulait pas savoir.

« Même si il s'agit d'un ami proche ou d'un membre de la famille, vous ne devez pas baisser la garde… »

Ruth, d'un geste brusque de la main, fit s'envoler sa fourchette qui tournoya dans les airs jusqu'à se planter à quelques millimètres de la main d'un Alexander Elton terrifié. Sans s'en préoccuper outre mesure, elle prit une position qu'elle espérait défensive mais qui se rapprochait davantage d'une position de yoga.

« … il pourrait s'agir d'un Mangemort qui a volé son apparence, continua Lily. »

Et, parce qu'elle ne savait pas le mimer, Ruth se contenta de s'écrier, avec un air menaçant : « Je suis un mangemort ! Eh eh eh ! Mais je vais me déguiser en chat pour rentrer dans leur maison ! Mwahahahahahaha ! ». Son rire diabolique fit froid dans le dos de ses auditeurs, qui se surprirent à s'interroger mentalement sur une possible issue de secours.

« Si jamais les Mangemorts pénètrent dans votre maison, continua Lily, transplanez le plus vite possible avant qu'ils n'appliquent un charme… »

Ruth tourna sur son pied droit et… se fracassa lamentablement le crâne contre le banc.

« … ou conservez toujours un portoloin sur vous. »

Se relevant d'un bond, Ruth sortit une théière de sa poche et s'écria : « Ah ah ! » triomphalement.

« C'est bon j'arrête ! s'exclama Lily au plus grand bonheur de tout le monde. »

Elle se leva d'un bond et s'empressa de sortir de la salle, sous les applaudissements soulagés de ses camarades et sous l'œil ébahi de Ruth.

« Ben… qu'est-ce qu'elle a ? s'étonna d'ailleurs cette dernière.

- Je ne sais pas, Ruth, je ne sais pas, mentit Morgane avec un air faussement étonné. »

Puis, sans plus attendre, elle sortit précipitamment hors de la Grande Salle, rapidement suivie de toute la population Poudlardienne, qui était presque en retard pour le cours suivant.

oOoOoOo

Sirius jeta un œil à sa potion qui bouillait paisiblement dans le chaudron d'étain. Elle avait exactement la couleur qu'il fallait, soit un bleu très pâle presque transparent. Il n'allait pas se mentir à lui-même, il n'avait rien fait à part couper en petits morceaux les feuilles d'armoise. Sa voisine avait fait tout le reste. La Serdaigle passait son temps à lui lancer des regards béats et pleins d'espoir mais, dès qu'elle se retrouvait face à un chaudron, elle occultait complètement sa présence. Sirius aurait pu s'insurger qu'on lui préférât une potion mais, au contraire, il trouvait cela reposant. La potion, qui avait pour nom aliud somnium, permettait de voir les rêves d'une personne de son choix à la seule condition de posséder un de ses cheveux. Favorisée par la perfection de cette potion, l'idée d'en voler un échantillon germait dans l'esprit du Maraudeur. Cela pourrait être absolument intéressant comme expérience. Il jeta un coup d'œil autour de lui tout en réfléchissant. James et son partenaire s'activaient pour terminer leur potion dans les temps, Lily Evans lisait un livre qu'il reconnut comme étant le manuel de métamorphose, Remus prenait des notes sur la potion, les sourcils froncés et Peter faisait virevolter sa plume devant lui, ayant terminé sa potion depuis quelques temps déjà. En continuant son observation minutieuse, ses yeux finirent par se poser sur Morgane, un rang devant lui, qui gribouillait attentivement sur un morceau de parchemin froissé. De toute façon, elle ne savait faire que ça, et encore. Sirius restait intimement persuadé qu'il était un bien meilleur dessinateur. Lorsque son regard se posa de nouveau sur sa potion parfaitement réussie, l'idée prit forme dans son esprit : pourquoi ne pas profiter un peu de cette merveille pour explorer les rêves de Morgane Swanson ? Evidemment, il ne le lui révèlerait jamais, il avait bien trop peur qu'elle le noie dans la carafe de jus de groseille, mais si cela lui permettait de découvrir de qui elle était amoureuse… il pourrait lui pourrir ses chances tout comme elle avait pourri sa relation avec Maeva Scott. Sirius fit un sourire mauvais et saisit un flacon de verre qu'il remplit sous l'œil perplexe de sa voisine qui, depuis que la potion était terminée, s'était remise à le fixer sans relâches. Pour toute réponse, il posa un doigt sur ses lèvres pour lui intimer de se taire et elle étouffa un gloussement en rougissant de manière exponentielle, jusqu'à pouvoir rivaliser avec une fraise. C'était trop facile. Le flacon disparut dans la poche intérieure de sa cape.

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« Il a dû se passer quelque chose pour qu'elle arrête de le fixer avec un air énamouré, fit remarquer Morgane.

- Ce n'est un secret pour personne : cet abruti a réussi à casser le flacon qu'il devait rendre au professeur Slughorn, répondit Lily en haussant les épaules. Et la pauvre avait déjà nettoyé le chaudron.

- Mais ce n'est pas non plus réellement un problème ! protesta Morgane. Le professeur a dit qu'il avait trouvé leur potion parfaite et qu'il leur mettrait tout de même un E !

- Je ne sais pas et, sincèrement, je n'en ai rien à faire, soupira Lily en levant les yeux au ciel. »

Morgane se renfrogna. Elle voulait savoir pourquoi Sirius Black avait perdu sa plus fervente admiratrice, qu'elle ait au moins une raison de se moquer de lui.

A quelques pas des deux Gryffondors, Sirius avait entendu toute leur conversation et avait grimacé. Elena Stevenson, sa partenaire de potion, lui en voulait désormais pour avoir refusé de donner l'échantillon qu'il avait dérobé. Cette petite inconsciente ne comprenait définitivement rien : une blague de Maraudeur importait beaucoup plus qu'une simple note maximale, qu'ils avaient d'ailleurs eue ! Alors elle avait beau faire la tête, il ne reviendrait pas sur sa décision. Non mais !

Les Gryffondors de septième année durent ensuite se rendre à un cours d'Histoire de la Magie avec le soporifique professeur Binns, le seul professeur fantôme de Poudlard – et encore heureux ! Le cours avait à peine commencé depuis trois minutes que les élèves commençaient à tomber de fatigue. Morgane aurait pu en jurer : il leur ressortait le même texte que lors de leur première année, avec Yulfric le Grincheux ou elle ne savait trop quoi. L'air résigné, elle fouilla dans sa besace et en sortit une croix chrétienne, ainsi qu'un papier sur lequel des mots avaient été écrits en latin. Lily, assise à côté d'elle, la regarda étrangement mais ne fit pas de commentaire, ayant une petite idée de ce que son amie s'apprêtait à faire.

Morgane souffla, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira, inspira, expira.

« T'attends quoi exactement ? s'énerva Lily.

- Je respire, très chère, rétorqua Morgane. C'est très important d'être en phase avec la nature avant de prononcer une telle formule !

- Mais il n'y a pas de nature, nous sommes dans une salle de cours, répliqua Lily.

- Eh ! Tu sais que t'es pas bête, toi ? s'exclama Morgane avec un clin d'œil. Allez, je me lance ! »

La brune pointa la croix du Christ devant elle et, après une brève inspiration, lut la formule écrite sur le bout de parchemin :

« Exorcizamus te omnis immundus spiritus omnis satanica potestas omnis incursio infernalis adversii omnis congregatio secta diabolica ergo draco maledicte ecclesiam tuam securi tibi facias libertate servire te rogamus audi nos, lut-elle. »

( ndla : je préfère vous informer que je n'ai bien évidemment pas écrit cette formule. Elle provient du film supernatural. )

Il se passa alors quelque chose d'extraordinaire, d'inhabituel et de vraiment déstabilisant. Devant le regard pour une fois attentif – et plein d'espoir – de ses élèves, le professeur Binns se mit à rigoler. Il ne disparut pas, et continua de rire, encore et encore, troublant de ce fait les élèves.

« Miss Swanson, c'est très imagé ce que vous avez fait, dit-il lorsque son fou-rire eut cessé. Seulement, je vous signale que cette formule ne s'applique qu'aux fantômes, pas aux êtres humains ! »

Le professeur ne fit pas mine de voir l'air de ses élèves, mi-surpris mi-désolés. Ça ne faisait désormais aucun doute : le professeur Binns croyait dur comme fer être vivant, et nul n'eut le cœur à lui faire remarquer qu'il traversait les murs comme bon lui semblait et qu'il n'avait pas mangé depuis de longues décennies. Morgane reposa sa croix et rangea la formule dans son sac, et le professeur reprit son cours sans plus se soucier outre mesure de ses élèves.

« … et c'est ainsi que les Gobelins envahirent le sud de la Transylvanie en causant des milliers de morts aussi bien du côté sorcier que… »

Son ton atone eut tôt fait de décourager les élèves, qui repartirent de ce fait dans leurs occupations hautement intellectuelles. Pour Morgane, il s'agissait de dessiner des caricatures. De Binns. Qui était un fantôme.

« Pssst ! Eh, Swanson !

- Quoi, Black ? s'agaça-t-elle en ne prenant même pas la peine de se retourner.

- T'as de la chance que la honte ne tue pas, répondit Sirius avec un sourire railleur.

- Question de point de vue, affirma Morgane avec un air énigmatique.

- C'est-à-dire ? s'étonna Sirius, intrigué.

- Oh, tiens ! Tu n'as pas la science infuse alors ? se moqua la Gryffondor.

- Euh… non, répondit le brun.

- Dommage, c'était ta seule chance d'avoir une réponse ! »

Sur ce, elle lui tourna le dos et continua de dessiner. Jusqu'à ce qu'un pot d'encre éclate par terre juste en dessous d'elle, la couvrant d'encre.

« Black, tu es un gamin mort ! »

Sur ce, elle se leva et alla tirer les cheveux comme il se doit à son « tortionnaire ».

oOoOoOo

« Tu fais peur à voir, ricana Lily à côté d'elle.

- Oh, ça va, hein ! Je te signale qu'il n'est pas en meilleur état ! rétorqua Morgane.

- Non, mais je ne l'ai pas sous les yeux en ce moment, dit Lily en haussant les épaules.

- Madame Duenna n'a apparemment toujours pas compris qu'il n'était pas terrible de faire de vous des adversaires lors d'un duel, fit remarquer Katarina avec un large sourire.

- Vous allez vous payer ma tête encore combien de temps espèce de vieilles commères ? s'énerva Morgane.

- Tant que tu auras cette tête, ma chérie, ricana Katarina.

- Il ne t'a pas ratée… commenta Lily.

- Il est pire que moi ! s'insurgea Morgane.

- Tu as tout de même une tête rose fuchsia, des cheveux bleus qui te tombent jusqu'aux pieds et une espèce de barbe vaguement kaki qui t'empêche de voir où tu vas ! la décrivit Lily.

- Sans compter que tu as des palmes à la place des pieds, ajouta Katarina.

- Je file à l'infirmerie bande de patates putréfiées ! s'exclama dignement Morgane en tournant les tal… les palmes.

- Je vais aller à la bibliothèque, prévint Lily en partant à son tour. »

Restée seule, Katarina se posa quelques minutes devant une fenêtre et regarda au-dehors. Puis, se redressant, elle s'en alla en direction du cours de sortilèges, duquel sortirait Andrew Ross. Lorsqu'il sorti, elle s'avança vers lui, lui saisit le bras et l'attira de force loin de la foule d'élèves.

« Qu'est-ce que tu me veux, Davies ? grinça Andrew en levant les yeux au ciel.

- Tu le sais très bien, répondit simplement Katarina en haussant les épaules.

- Exactement, et la réponse est toujours la même, rétorqua-t-il.

- Donne-moi au moins une raison ! supplia Katarina.

- Je suis en couple.

- Et si tu n'étais pas en couple, tu voudrais bien sortir avec moi ? s'enquit-elle.

- Sincèrement ? Non. »

oOoOoOo

Voilà !

Il ne se passe rien d'intéressant dans ce chapitre mais… c'est l'un de ceux que je préfère, je crois !

Vous avez remarqué que le titre de mes chapitres n'a généralement pas grand-chose à voir avec le chapitre en lui-même ?

Si vous avez des remarques, des avis, etc… n'hésitez surtout pas !

Gros bisous !