A/N : Yeeeaaah un chapitre tout juste fini d'être écrit, à... 5h02 du matin, tout va bien, mon rythme de vie n'est absolument pas décalé...


Les quelques premiers jours après la rentrée n'apportèrent rien de neuf avec eux, si ce n'était que Rose refusait désormais d'adresser la parole à Louis et donc qu'il ne pouvait plus manger avec elle et Lucy à la table des Serdaigle. A vrai dire, cela l'arrangeait plutôt. Il aimait bien sa cousine, évidemment, mais depuis qu'elle s'était mis dans la tête l'idée d'aller au bal de fin d'année avec Scorpius Malfoy, Louis n'avait plus qu'une seule envie : l'envoyer à l'autre bout du monde sans billet de retour. Mais il essayait de ne pas faire trop attention à ces étranges instincts, et de toute façon, il était bien assez occupé à côté.

En effet, le rythme de travail s'était encore intensifié, certains professeurs s'étant rendu compte que leurs classes avaient pris du retard alors qu'il fallait impérativement boucler le programme avant le début des ASPIC. Et il fallait aussi qu'il prenne du temps pour être vu en compagnie de Vera. Mais étrangement, Louis était de moins en moins mal à l'aise avec elle. La jeune fille était agréable et posée, et il s'était rendu compte qu'il aimait beaucoup réviser avec elle à la bibliothèque. Bien sûr, il était toujours aussi gêné quand il devait l'embrasser, mais le geste tout simple de lui tenir la main ne lui semblait plus aussi désagréable qu'avant. Louis avait simplement appris à connaître un peu plus cette fille qui lui avait jusque là toujours tapé sur le système, et il s'était rendu compte qu'elle n'était pas aussi mauvaise qu'il l'avait cru.

Un soir cependant, une semaine et demi après leur retour à Poudlard, Vera vint rejoindre Louis à leur table de la bibliothèque, visiblement choquée par quelque chose.

— Tu ne devineras jamais ce que vient de me dire Scorpius ! murmura-t-elle d'un ton à la fois surpris et surexcité.

Louis essaya de rendre le sien dégagé et désintéressé quand il demanda :

— Qu'est-ce qu'il t'a dit de si incroyable ?

— Il va au bal avec ta cousine, Rose.

Louis laissa tomber sa plume sur son parchemin.

— Quoi ?

— Elle lui a demandé hier, et il a accepté.

— J'y crois pas, elle a eu le culot de le faire !

Vera sembla très étonnée :

— Tu savais qu'elle avait envie d'y aller avec lui ?

Louis reprit sa plume, et il répondit d'un air dédaigneux qui ne lui était pas habituel :

— Elle avait mentionné cette idée stupide comme un moyen de se venger de son père, oui. Je ne suis pas sûr qu'elle ait envie d'aller au bal avec Scorpius par contre. Je crois qu'elle cherchait juste quelqu'un qui rendrait Oncle Ron fou de rage.

— Pourquoi elle voudrait rendre son père furieux ?

— Parce que c'est leur petit jeu préféré, à ces deux-là : rendre l'autre furieux. Si je ne savais pas que Rose est la fille de Ron, je pourrais croire que c'est juste un vieux couple qui ferait mieux de divorcer mais n'a pas le courage de le faire.

Vera ricana avant d'ajouter :

— En tout cas, qu'elle en ait eu envie ou pas, Scorpius a accepté.

— Mais… il t'a dit pourquoi ? Je veux dire, c'est une Weasley, je ne suis pas sûr qu'il ait jamais parlé à un seul d'entre nous. Même moi, il m'évite, alors que je suis quand même le petit copain de sa meilleure amie !

— Je sais pas moi, peut-être qu'elle lui plait.

— Il faudra alors le prévenir que lui ne plait pas du tout à Rose. C'est elle qui me l'a dit.

Vera haussa les épaules.

— Ils sont grands, ils font ce qu'ils veulent.

« Malheureusement », ne put s'empêcher de penser Louis. Parce que si son avis sur la question avait compté, ce n'est finalement pas à l'autre bout du monde mais carrément sur une autre planète qu'il aurait envoyé sa cousine.


Le surlendemain, alors que Louis et Tim déjeunaient ensemble, Rose s'installa à côté d'eux comme si de rien n'était.

— Louis, tu vas à Pré-au-Lard, samedi ? demanda-t-elle en se servant dans un plat de chou au lard.

Louis regarda Rose sans répondre, interloqué par le fait qu'elle lui adresse à nouveau la parole.

— Alors ? insista-t-elle.

— Euh, j'en sais rien… Peut-être, ça dépendra de si j'ai terminé mes devoirs ou pas. Mais dis-moi… tu me reparles ? Tu as fini de bouder ?

Rose eu un rire dédaigneux.

— Ne va pas croire que je te pardonne ta trahison.

— Ma trahison ? Tu n'as pas l'impression d'en faire un peu trop, là ?

— Qu'est-ce qu'il s'est passé entre vous ? interrompit Tim.

— Rose a eu une idée stupide que je ne soutiens absolument pas.

Rose tira la langue à Louis (quelle gamine ! Louis commençait sérieusement à se demander comment Rose avait pu se retrouver répartie à Serdaigle), et se tournant vers Tim, elle ajouta :

— Notre cher Louis ici présent n'a pas voulu m'aider à faire quelque chose qu'en tant que petit ami de Vera Zabini, il aurait pu grandement faciliter.

— J'ai simplement refusé de m'engager dans de telles bêtises et de tels mensonges, mais notre chère Rose et son égo démesuré ont mal pris mon bon sens, répliqua Louis en essayant de faire taire la petite voix qui essayait de lui rappeler que lui-même n'avait pas vraiment de quoi être fier en ce qui concernait le domaine de la sincérité.

— Je t'emmerde, Louis, tu sais ?

Louis s'apprêta à répondre mais Tim intervint :

— Loin de moi l'idée de couper court à ce qui promet d'être un joli match d'insultes, mais je ne sais toujours pas de quoi vous parlez.

Rose sembla considérer un instant de demander à Tim d'aller se faire voir, lui aussi, mais elle se contenta finalement de répondre :

— J'avais juste espéré que comme Louis ici présent fait des trucs pas folichons avec Vera Zabini, il pourrait m'aider à demander à Scorpius Malfoy de m'accompagner au bal, mais j'ai dû le faire toute seule.

Tim laissa tomber sa fourchette dans son assiette, les yeux écarquillés, et Louis en profita pour enchainer :

— Tu vois, que je ne suis pas le seul à trouver cette idée révoltante. Tim, Albus et moi, ça fait déjà trois personnes pleines de bon sens que tu aurais dû écouter.

— Il a accepté ? demanda Tim, la voix étrangement rauque.

— Oui, répondit Rose avec fierté.

Devant le regard de Tim, elle ajouta :

— Enfin, quoi, je ne vois pas ce qu'il y a de si étonnant là-dedans ! Je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas le droit d'avoir un cavalier pour le bal ! Le fait même que vous soyez surpris tous les deux est très, très, très vexant !

Et avec autant de dignité qu'elle put malgré sa rage qui écumait à gros bouillons, elle se releva et sortit de la Grande Salle, sans même avoir touché à son assiette.

— Elle est vraiment complètement folle, commenta Louis. Je m'en étais déjà un peu rendu compte avant, mais alors là, c'est plus qu'évident.

Tim ne répondit pas. Il reprit sa fourchette et se remit à manger lentement, comme s'il avait été frappé par un Cognard et que son système nerveux avait du mal à s'en remettre.

— Tim ? s'inquiéta Louis. Quelque chose ne va pas ?

Tim le regarda en clignant des yeux.

— Hein ? Euh… si… si…

Il reposa brutalement sa fourchette. Il se leva à son tour, et avant de sortir précipitamment de la Grande Salle, il dit :

— Euh… j'ai oublié, je dois… euh… faire… faire un truc…

Décidant que le monde était visiblement devenu fou, Louis termina son repas sans autre esclandre que de voir Peeves renverser une cruche de jus de citrouille sur la tête d'un Poufsouffle de deuxième année.


Louis oublia que Rose lui avait parlé de la sortie à Pré-au-Lard jusqu'à ce que Vera vienne le rejoindre à la bibliothèque, le lendemain soir.

— Tu fais quelque chose samedi ? demanda-t-elle.

— Pourquoi ?

— Il y a une sortie à Pré-au-Lard.

— Ah oui, c'est vrai… Pourquoi, tu veux qu'on y aille ensemble. Comme un couple, je veux dire ?

— Je pense que ça serait bien, oui. Devon y sera surement avec ses amis, donc il faudrait qu'ils nous y voient tous ensemble, qu'il comprenne que je continue ma vie sans lui sans aucun problème.

Louis, qui avait froncé les sourcils quand il les avait entendus sortir de la bouche de Vera, répéta après elle :

— Tous ensemble ?

— Oui, toi, moi, Rose et Scorpius.

— Hein ?

Vera haussa les épaules.

— C'est Rose qui en a eu l'idée, précisa-t-elle. Elle est venue nous voir, Scorp et moi, pendant qu'on sortait de la Grande Salle après le petit-déjeuner hier matin, en disant que même si elle avait invité Scorpius pour, je cite, briser les trop grands pieds de son père, elle avait quand même envie de le connaitre un peu, et quoi de mieux qu'un après-midi hors des murs de l'école ? Et puis en me regardant, elle a dit qu'en fait, comme je sortais avec son cousin, ça serait bien qu'on se fasse carrément une sortie à quatre.

— Et vous avez dit oui ? demanda Louis, incrédule.

— Je ne vois pas pourquoi j'aurais dit non, son idée avait du sens, fit remarquer Vera. Et comme je t'ai dit, c'est aussi bien comme ça, pour Devon.

— Mais… tu ne te rends pas compte d'à quel point ça va être bizarre ? s'exclama Louis. Toi et moi qui faisons semblant d'être un couple mais personne ne le sait, même pas nos meilleurs amis, et Rose et Scorpius qui font semblant d'être… je ne sais même pas ce qu'ils font semblant d'être, tellement leur histoire est encore plus débile que la nôtre…, Scorpius qui n'a jamais vraiment parlé à Rose et qui m'évite au maximum depuis le début de notre arrangement, et moi qui vais devoir rester tout un après-midi à faire semblant de n'avoir d'yeux que pour toi quand le garçon le plus beau de Poudlard sera à un mètre de moi à faire je ne sais pas quoi avec ma crétine de cousine !

Louis soupira lourdement. Merlin, que ce samedi allait être long !

— Scorpius te plait ? s'étonna Vera.

Louis se sentit rougir mais il tenta de contrôler sa voix quand il répondit :

— A qui ne plairait-il pas ? C'est un très beau garçon, tu ne peux pas dire le contraire.

— Ca, je ne peux pas te dire, Scorpius il est comme mon frère, me mettre à le reluquer me ferait être vraiment trop mal à l'aise. Et puis de toute façon, conclut-elle, je n'ai jamais aimé les blonds. Sans vouloir t'offenser, bien sûr, ajouta-t-elle précipitamment.

— Pas de problème, répondit Louis, je n'ai jamais aimé les filles et tu ne le prends pas mal.

Vera éclata d'un rire franc et suraigu, et Louis finit par la suivre, évacuant un peu la tension qui s'était accumulée en lui depuis la rentrée des vacances de Pâques. Au bout de deux ou trois minutes de fou rire, Vera se racla la gorge et reprit :

— Sérieusement, je ne voudrais pas te faire de peine mais… Scorpius, il est hétéro.

Louis soupira à nouveau, et avec un sourire forcé, il ajouta :

— Tu crois que je ne le sais pas déjà ? Mais bon, ce n'est pas très grave, même s'il avait été gay, je doute qu'il se serait passé quelque chose entre nous. Je suis censé être profondément amoureux de son amie d'enfance. Et puis les rares fois où il a accepté de passer du temps avec nous deux, il s'est toujours arrangé pour partir au bout de dix minutes. Je crois qu'il ne m'aime pas.

— Non, je ne crois pas… C'est juste que…

— Juste que quoi ?

— Je ne sais pas, ça doit lui faire bizarre de nous voir ensemble…

— Il fuyait aussi Devon, quand tu étais encore avec lui ? demanda Louis.

Devant l'absence de réponse de Vera, il ajouta :

— Tu vois ?

— Bon, d'accord, il réagit un peu étrangement avec toi, concéda Vera. Mais je suis sûre que ce n'est pas parce qu'il ne t'aime pas… Il ne te connait pas, après tout, pourquoi ne t'aimerait-il pas ?

— Si tu le dis, marmonna Louis qui n'avait pas très envie de s'engager dans une dispute avec Vera ce soir-là bien qu'il avait une idée bien précise de la raison pour laquelle Scorpius pourrait ne pas l'aimer. N'empêche que je persiste à dire que cette sortie va être vraiment… bizarre.


A/N : Je crois qu'on va pouvoir me décerner l'award de la fille qui met trois siècles à pondre des chapitres où il ne se passe jamais rien...