OHMONDIEUC'ESTLECHAPITRESEPT *ahem* Je voulais dire "bonjour".
Bonjour, donc ! Et voilà le chapitre 7 (c'était pas clair avant), nous avons officiellement dépassé la moitié de l'histoire ! C'est fou ce que ça va vite ^^
Elie Bluebell, Rain Igami Productions, MiCasaEsTuCasa, adalas, Nalou, Egwene Al' Vere, malya, shinobu24 et NausS, que les licornes volantes vous bénissent sur sept générations pour vos reviews !
En avant !
Flo'w
PS : Oooh, faites attention ! Ce chapitre n'est pas très propre...
Je relègue la douleur à l'arrière de mon esprit. Elle est là, sous-jacente, pleine de menace et d'obstination.
« Dans ce cas, je vous suggère de viser autre chose que mon cœur, la balle pourrait ricocher sur le métal – peut-être que la tête serait une cible plus sûre », répondit simplement Sherlock.
Watson éleva le canon de l'arme, mais Sherlock resta immobile - il en aurait presque retenu son souffle. Peu à peu, les mains du militaire cessèrent de trembler.
Le coup de feu déchira le silence tranquille de la nuit, et pendant une fraction de seconde, Sherlock fut surpris de ne pas ressentir de douleur. Watson rengaina son arme, se détourna, et disparut en courant dans l'obscurité. Seul l'impact de ses chaussures sur les pierres resta, écho lentement estompé par la distance.
A son tour, Sherlock se retourna, et il comprit pourquoi il était toujours debout. La balle avait touché la porte métallique à un centimètre à peine de là où se trouvait sa tête avec une précision chirurgicale. L'ex-détective ramassa la balle, la contempla un instant, et la glissa dans sa poche. Il la sentait, encore chaude, à travers l'étoffe fine de son pantalon.
Ignorant autant que possible la pulsation lancinante dans son crâne, Sherlock retourna à l'intérieur, ferma la porte et s'appuya dos contre le battant, se laissant glisser au sol.
La douleur envahit ses sens, et il la laissa venir, retenant une plainte.
Vous m'avez demandé ce que l'ancien Sherlock ferait à ma place. Voilà ma réponse.
Les yeux de John, si bleus, si désespérés, vinrent danser dans son esprit.
Il vous aurait laissé partir pour éviter votre mort.
Il ne put empêcher sa gorge de laisser un cri s'échapper.
Il aurait sauvé la seule vie qui compte.
Il se prit la tête entre les mains.
Mieux vaut avoir mal que ne rien sentir du tout…
Il s'abandonna aux griffes qui le lacéraient de l'intérieur.
Sherlock reprit conscience deux heures plus tard. Avec un gémissement rauque, il se redressa sur ses genoux et ses mains, la tête pendant entre ses épaules.
Je suis encore en vie.
Il inspira et expira lentement, reprenant doucement contact avec la réalité. Il se trouvait toujours par terre devant la porte, et s'aida du battant pour se relever avec difficulté. Chaque respiration lui éclaircissait l'esprit.
Je dois rester en vie.
Se concentrant sur ses pas, Sherlock retourna à son bureau et jeta un œil à la pièce. Il saisit la sacoche de son ordinateur portable, mais au lieu de l'appareil, il glissa dedans le classeur contenant toutes les informations sur sa transformation. Il sortit de la pièce en portant la sacoche, hésita une fraction de seconde, et alla la cacher sous le lit dans la chambre qu'avait occupé John.
Il n'avait rien d'autre à faire qu'attendre, alors il retourna dans son bureau, s'assit devant son ordinateur, et attendit.
Les deux jours qui suivirent furent une succession de vagues de douleur que Sherlock s'efforça de repousser autant que possible. L'absence de John, d'une certaine manière, empirait les crises. Il s'attendait à ce que son départ l'empêche de s'appesantir sur le paradoxe qui lui rongeait l'esprit, mais ses pensées se dirigeaient vers l'agent secret dès que sa concentration vacillait, et chaque fois, il perdait un peu plus de contrôle.
Tiens bon. Pour lui.
Le troisième jour, Sherlock s'efforça de retrouver ce visage si inexpressif qu'il avait eu pendant deux ans. Il n'aurait pas beaucoup de temps.
Il resta soigneusement dans son bureau lorsque le léger bip de son ordinateur lui indiqua l'arrivée de deux personnes dans le bunker. Bientôt, il entendit des voix dans le couloir, et respira profondément. Habituellement, quand James et Sebastian revenaient d'un déplacement, ils allaient chacun dans leurs quartiers pour se doucher et se changer, et souvent, Moran en profitait pour dormir un peu. Mais ce n'était pas un retour habituel.
Sherlock faillit soupirer de soulagement lorsque James entra dans son bureau seul.
« Sherlock ! Je ne t'ai pas trop manqué ? s'exclama-t-il avec un sourire excité.
- Pas le moins du monde, répondit Sherlock platement, et Jim rit.
- Mon petit Johnny sait que je suis revenu ?
- Je lui ai dit, oui. Tu veux le voir ?
Techniquement, ce n'est pas un mensonge, songea Sherlock en se levant et en contournant son bureau. Les yeux de Moriarty brillèrent d'une impatience malsaine.
- Bien sûr. Où est-il ?
- Il est dans sa chambre. Sebastian n'est pas avec toi ? demanda l'ancien détective, et Jim secoua la tête.
- Tu le connais, s'il ne dort pas après un long vol, il est insupportable. Allons voir John ! »
Sherlock hocha la tête. La brûlure dans son crâne s'accentuait.
Il laissa passer James devant lui pour sortir du bureau. Surveilla attentivement ses pas, la direction de son regard, le positionnement de ses mains. Il guetta la bonne seconde.
L'impact du corps de Jim contre le mur de béton peint fut moins bruyant que le cri de douleur qu'il poussa.
« Sherlock, bordel, qu'est-ce que – »
Il ne termina pas sa phrase, un violent coup sur la nuque lui faisant perdre conscience, et s'effondra en un tas désordonné sur le sol. Sherlock s'aperçut qu'il avait arrêté de respirer et s'empressa de reprendre son souffle, tout en contemplant le corps de Jim étalé par terre. Il vérifia rapidement son pouls et sa respiration puis le traîna à nouveau dans son bureau, exhuma un rouleau de scotch épais d'un tiroir et attacha soigneusement les poignets de Jim dans son dos, puis ses chevilles. Dans le doute, il dénoua la cravate de Moriarty et l'utilisa pour lui bander les yeux, et lui fourra son mouchoir dans la bouche – on n'était jamais trop prudent.
Sherlock quitta le bureau et verrouilla la porte. Il s'appuya contre le mur, tentant de maîtriser le feu qui se répandait dans ses veines.
John – non, ne pense pas, ne réfléchis pas. Continue.
La deuxième étape allait être plus délicate, et nécessiterait toute sa concentration. Sherlock se redressa en grimaçant. L'équilibre entre la machine et l'homme qui se battaient en lui était épuisant à maintenir. S'il laissait l'homme gagner, il courait à sa perte, et dans le cas inverse, il oublierait sa décision…
Après un détour par la petite réserve pharmaceutique, il marcha silencieusement jusqu'à la chambre de Moran, et s'arrêta devant la porte. L'homme de main était une autre paire de manches que Moriarty. Sherlock ferma les yeux une seconde, puis les rouvrit et frappa contre le chambranle.
« Je dors, putain ! grogna une voix pâteuse à l'intérieur.
- Moran, James veut te voir. Maintenant, annonça-t-il distinctement.
Une litanie de grossièretés lui parvint à travers la porte, et le grincement d'un matelas.
- J'arrive… »
Sherlock marcha sur place en atténuant peu à peu ses pas pour faire croire qu'il s'éloignait – une astuce peu efficace qui ne fonctionnerait que si Moran était vraiment mal réveillé. Il serra fermement la seringue dans sa main droite, et se tint prêt à côté de la porte.
Le verrou tourna, et Sebastian en émergea en se passant une main sur le visage. Il n'eut pas le temps d'émettre le moindre son – l'aiguille s'était plantée dans son cou, et l'anesthésiant fit son effet immédiatement. L'homme s'écroula, et Sherlock se retint tout juste de le suivre. Il se prit le crâne à deux mains.
Encore un peu, pitié, encore un peu de temps…
Traîner Moran jusqu'au dernier sous-sol fut plus facile que prévu – après tout, rien ne l'obligeait à prendre soin de ne pas le blesser dans l'opération, et Sherlock évita simplement de trop lui cogner la tête.
Il tapa le code à l'entrée de la pièce, tira le corps à l'intérieur et le hissa sur la chaise, à laquelle il l'attacha soigneusement. La vision de Moran sur ce siège était étrange – la dernière fois qu'il y avait attaché quelqu'un, c'était John. Sherlock écarta soigneusement cette pensée, la laissant en bordure de son esprit. La lutte faisait rage sous son crâne, et il sentait que son corps était à deux doigts de trembler.
Estimant que l'heure du réveil approchait – la dose de somnifère qu'il lui avait injectée était faible, juste suffisante pour lui laisser le temps de se préparer – Sherlock ramassa la bassine appuyée contre le tonneau d'eau, la remplit du liquide qui commençait à croupir, et la vida sans douceur sur la tête de l'acolyte de Moriarty.
Le cri de surprise se transforma en un grognement hoquetant, et Moran secoua violemment la tête, égouttant se cheveux à la manière d'un chien mouillé, sa coiffure habituellement parfaite remplacée par des mèches trempées collant à son crâne. Il jeta un regard hagard autour de lui, la compréhension éclosant peu à peu sur son visage, et il finit par fixer Sherlock qui remontait ses manches.
« Holmes, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » gronda-t-il, la voix rauque.
Sherlock ne répondit rien, se concentrant désespérément sur sa manche de chemise pour éviter de perdre pied sous la douleur. Il savait que son visage ne laissait rien voir de son combat interne, mais ses doigts devenaient fébriles et maladroits, et il ne pouvait pas se permettre de le montrer à Moran.
Sebastian prit le silence pour une menace, et il se débattit inutilement contre les épaisses sangles de cuir qui le maintenaient sur la chaise en métal.
« Holmes, putain – pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?! »
La question déstabilisa momentanément Sherlock, et la douleur reflua, lui laissant l'esprit plus clair. Puis il comprit l'erreur de jugement de Moran – il croyait que Sherlock agissait sur ordre de Jim. Il hésita une seconde à s'en servir, mais y renonça – les questions qu'il voulait lui poser ne collaient pas avec un tel cas de figure.
« Oh, absolument rien, Sebastian, mais j'ai besoin de réponses, finit par répondre Sherlock, et Moran sembla ne pas comprendre.
- Et tu ne pouvais pas demander ?! On bosse ensemble, non ?!
- Je ne travaille pas avec des abrutis aussi irrécupérables, grinça Sherlock, et je doute que tu m'aurais répondu si je t'avais simplement posé la question entre deux cafés.
- Je comprends rien, putain, Holmes –
- C'est pourtant simple, et si tu me laissais parler, tu n'aurais pas besoin de râler, l'interrompit Sherlock. Je veux savoir où James conserve mon cœur – je sais qu'il l'a gardé, il me l'a dit lui-même quand je me suis réveillé il y a deux ans – et comment on sort d'ici.
Le doute apparut dans les yeux de Moran.
- Mais… tu n'es pas…
- Programmé pour m'enfuir ? Pas plus que je ne suis programmé pour laisser tomber James et t'attacher dans une cave humide, Seb. La technologie n'est pas infaillible.
Si peu infaillible qu'il lui fallut aller s'appuyer contre la table pour soulager ses jambes. Il fit mine de s'intéresser aux outils disposés là.
- Ne la joue pas menaçante avec moi, Holmes. Je sais que tu ne tortures pas les gens physiquement, et tes petits tours de voyant ne m'impressionnent pas.
- Ce que tu es en train de me dire, c'est que la torture physique pourrait te faire cracher le morceau ? » demanda Sherlock en lui jetant un regard par-dessus son épaule.
Moran serra les mâchoires, jeta un œil à la table, et l'ancien détective sut immédiatement ce qu'il devait faire. Il refoula le souvenir de John et de ses yeux bleus terrifiés, et il saisit les deux longs clous avant de se retourner vers Sebastian.
« Holmes, tu ne me fais pas peur. Tu ne feras pas pire que Jim s'il apprend que je t'ai dit quoi que ce soit.
- Oh, Seb, fit Sherlock avec une fausse affection. James ne te fera rien du tout, parce que je ne sortirai pas d'ici tant quand je n'aurai pas mes réponses… à toi de choisir entre une mort loyale, lente et douloureuse, ou une trahison rapide et indolore.
Il s'accroupit pour être à la même hauteur que l'homme attaché sur la chaise.
- Alors ? »
Pour toute réponse, Moran lui cracha au visage. Sherlock sortit calmement un mouchoir de sa poche, s'essuya, et força le morceau de tissu dans la bouche de Seb.
« Je ne voudrais pas que tu te coupes la langue. Prêt ? »
Même avec le chiffon qui bloquait sa gorge, le hurlement de douleur de Moran fit serrer les dents à Sherlock. Il se releva, évita tout juste de chanceler et ramassa les deux câbles.
Il fixa chaque pince crocodile à un des clous qui ornaient désormais les rotules de Sebastian, et déroula les câbles. Il vérifia que l'interrupteur qui commandait la prise du mur était en position ouverte, retira le cache en plastique pour pouvoir tirer les fils, et relia les câbles au secteur avec un simple connecteur.
Derrière lui, Moran s'agitait sur la chaise, et Sherlock se redressa dès qu'il eut finit de visser les fils dans le sucre. Il tira le mouchoir hors de sa bouche.
« Quelque chose à dire ?
- Raclure ! »
Sherlock lui lança un faux sourire et remit le bâillon en place, esquivant habilement les dents de Moran qui cherchait à le mordre.
Il s'appuya contre le mur, l'air désinvolte, mais en réalité ses jambes menaçaient de lâcher. Il parvenait à peine à garder suffisamment de concentration pour garder une expression neutre.
Il enclencha l'interrupteur, fermant le circuit. Moran cria à travers le tissu, le corps agité de soubresauts, mais Sherlock éteignit presque aussitôt. Le corps humain n'était pas prévu pour endurer du courant électrique pendant plus de quelques secondes, et il n'avait pas l'intention de tuer Sebastian. Pas dans l'immédiat, en tout cas.
Il se rapprocha à nouveau, à pas lents qu'il maîtrisait tout juste.
« Tu veux parler ? »
Moran lui jeta simplement un regard assassin. La sueur perlait sur son front, se mêlant à l'eau qui dégoulinait toujours de ses cheveux. Sherlock haussa les épaules et retourna à côté de l'interrupteur.
Sherlock resta au travail pendant plus d'une heure, allumant et éteignant régulièrement, accordant des pauses à Moran quand il estimait qu'il ne tiendrait pas, en profitant pour se recentrer lui-même.
Il sentait la fièvre qui le prenait, la fatigue qui s'abattait sur lui comme une chape de plomb. Mais il devait continuer, encore, encore, jusqu'à ce que Moran craque.
Je ne lâcherai pas prise, se répéta-t-il, et il allait se remettre à la tâche quand Sebastian secoua la tête en essayant de crier. Sherlock lui ôta le bâillon.
« Oui ?
- Deux portes… à droite… après celle-là, pantela l'homme, la voix rauque et brisée.
Il avait rapidement renoncé à retenir les larmes de douleur qui ruisselaient sur ses joues.
- Qu'est-ce qu'il y a, deux portes à droite après celle-là ?
- Chambre… froide. Armoire de cryogénisation.
- Protégée par un code, je suppose ?
- Deux… Six… Quatre… Un… Un… Neuf…
- Je vais aller vérifier ça, hmm ? Sois sage », répliqua Sherlock en lui fourrant le mouchoir dans la bouche.
Dès qu'il fut sorti de la salle, Sherlock s'aida du mur pour se traîner jusqu'à la porte indiquée. Il pianota sur le petit clavier, et entendit le déclic du verrou. Il poussa le battant et entra, ôta une de ses chaussures pour bloquer la porte – il ne savait pas s'il y avait un code pour sortir, et si c'était le même – et avança.
La température dans la chambre froide ne dépassait pas zéro, et il allait devoir faire vite, mais la différence avec la chaleur du couloir était plus que bienvenue. Il respira profondément l'air aseptisé tout en traversant les allées remplies de stocks de nourriture – il y avait vraiment de quoi tenir un siège – jusqu'à trouver une armoire différente dans le fond. Le minuscule hublot sur la porte lui apprit ce qu'il voulait – Moran n'avait pas menti. Il découvrit une glacière métallique à côté de l'armoire, qu'il devina être spécifiquement destinée au transport d'organes cryogénisés. Il vérifia qu'il pourrait ouvrir l'armoire, mais ne toucha à rien dans l'immédiat. Sherlock ressortit de la chambre froide en regrettant la température qui y régnait, mais il se sentait tout de même incontestablement mieux.
Il revint dans la salle ou Moran l'attendait.
« Très bien, fit-il. Maintenant, la sortie. Je sais que James ne fait pas de marche en montagne, donc il y a une issue autre que la porte du haut.
Il retira le bâillon, et Sebastian leva des yeux suppliants vers lui.
- Si je te le dis, Holmes, tu m'achèveras vite ? Si James… apprend tout ça…
- Oui, répondit simplement Sherlock. Je ne fais pas ça pour le plaisir, tu sais. C'est James le psychopathe.
Un coin de la bouche de Moran tressauta faiblement.
- Il y a un escalier, au bout… du couloir. Le code… c'est le même que l'autre. Y a une voiture en bas de l'escalier. Clés… dans ma poche. T'as qu'à suivre la piste, elle rejoint un tunnel désaffecté qui donne sur une vieille route au milieu de la montagne. De là, tu sauras… te démerder ? »
La tirade laissa Moran essoufflé, et Sherlock hocha la tête. Il débrancha les câbles, et jeta un œil à la table. Pas d'arme à feu comme il l'aurait souhaité, et il opta donc pour un long couteau.
James ne t'aurait rien fait de toute façon, mais tu ne m'aurais rien dit si tu l'avais su. Je ne suis pas vraiment désolé, pensa Sherlock.
« Merci, Seb. » fit-il, et l'homme ne lui renvoya qu'un regard à la fois soulagé et effrayé.
La lame glissa comme dans du beurre entre les deux côtes, s'enfonçant dans le cœur de Moran.
Sherlock ne perdit pas de temps à essuyer le sang qui avait taché ses mains lorsqu'il avait poignardé Moran. Il sortit de la pièce presque en courant, remonta les escaliers quatre à quatre en manquant de trébucher à chaque pas, ignorant la bataille toujours en cours sous son crâne.
Dans le bureau, James s'était réveillé, mais n'avait pas fait beaucoup plus que se tortiller sur place. Sherlock l'assomma à nouveau d'un coup de pied dans la nuque, et le souleva sur son épaule comme un sac.
Il prit une fraction de seconde pour remercier ses implants musculaires toujours en fonctionnement, puis fila jusqu'à la chambre de John où il récupéra la sacoche contenant le dossier. Il déposa ses deux fardeaux en travers de la porte de l'escalier dont avait parlé Moran, revint sur ses pas jusqu'à la chambre froide, alla droit à l'armoire cryonique, et ralentit un peu le rythme.
Il suivit précautionneusement les instructions pour transférer la boîte stérile de l'armoire à la glacière, ferma celle-ci soigneusement, vérifia que tout était en place, et reprit sa course.
Sherlock dut faire deux voyages pour descendre Jim et la glacière. Il mit le premier dans le coffre de la voiture – une berline noire classique, qui passerait inaperçue – et cala la glacière devant le siège passager avant avec le classeur, avant de s'installer au volant.
Le temps lui était compté, il en était conscient. Le froid du garde-manger ne ferait pas effet éternellement.
Le trajet jusqu'à la sortie de l'ancien tunnel lui prit presque une demi-heure. Il faisait nuit quand il y parvint, et il éteignit ses phares le temps de rejoindre la route, s'habituant rapidement à la lumière de la lune. Par chance, il ne croisa personne, et attendit de s'être éloigné de plusieurs kilomètres avant de rallumer les feux.
Les mains crispées sur le volant, il conduisait le plus vite qu'il osait. Il n'avait pas besoin d'aller très loin, juste suffisamment… Il s'arrêta lorsqu'il commença à apercevoir des habitations, et saisit le téléphone portable qu'il avait pris dans la poche de James. Il y avait à nouveau du signal.
Il composa le numéro avec des mains fébriles, vaguement surpris de se souvenir encore de ce numéro, et n'eut à attendre qu'une sonnerie.
« James, quelle joie d'avoir de vos nouvelles, grinça Mycroft Holmes avec toute la haine dont il était capable.
- Mycroft. » parvint-il à articuler avant que sa voix ne se brise.
La suite lundi !
Encore une fois, pardon pour ce cliffhanger, c'est une addiction chez moi... (adalas, pitié, ne me déteste pas trop ;_;)
Oh, et je remercie le film Taken pour l'idée de la scène de torture. Ceux et celles qui ont vu le film comprendront ! Sinon, regardez-le, y'a pas besoin de réfléchir - Liam Neeson donne des coups, en gros. Et il a la classe (comme d'hab).
Laissez moi un p'tit mot - donnez moi un sourire ? :)
