Note d'auteur : Merci tout plein à zuzulachouette, Arwengeld et Fairyfish pour leurs adorables reviews ! *hug*
Note de Julia : Coucou les amis, ici Julia ! Merci pour vos reviews sur ces derniers chapitres, elles font un plaisir fou à lire. On a ici le dernier arc de cette fanfiction, le prochain chapitre sera l'épilogue... eh oui, déjà, c'est fou comme ça passe vite !
J'espère vraaaaiment que ce dénouement vous convaincra et que vous adhérerez à notre imagination et tout ce qu'elle a de tordu ! On attend plus que tout votre avis sur ce chapitre presque final, j'espère vraiment que ma petite Daphné va vous plaire.
Je vous embrasse fort et, pour la dernière fois pour moi, je vous souhaite une bonne lecture !
Il y a un moment de flou dans la pièce, alors que chacun tente de donner un sens à tout ce qui vient d'arriver. Enzo est toujours sur le pas de la porte, reprenant difficilement son souffle. Drago s'est pincé le nez, levant les yeux au ciel, avant de faire un geste de la main vers les autres hommes dans la pièce :
— Je dois gérer les tests, débrouillez-vous sans moi.
Daphné ressert sa main sur celle de Pansy lorsque Théo pose son regard sur Blaise et que celui-ci se tourne aussitôt vers elle, comme pour s'assurer que ça allait, qu'il peut la quitter et le suivre. Son sourire s'étrangle dans sa gorge mais ça doit faire l'affaire, parce que Blaise caresse sa joue et se met à courir pour quitter la pièce. Il prend Fabian avec lui, l'empoignant avant même que Drago ait le temps de riposter. Grognant, le blond finit par se concentrer à nouveau sur ses fioles et Daphné respire profondément. Ils entendent, depuis le hall, Enzo expliquer que l'autre abruti s'est mis à faire un spectacle au milieu de la salle, et qu'il en profite pour propager de la mandragore dans l'air. Encore quelques minutes de ces conneries et tout le monde devient son client pour les cinq prochaines années, grogne-t-il. Au mot Mandragore, Daphné pose ses yeux sur sa main, qui serre à l'en faire devenir blanche celle de Pansy, et doucement, elle la relâche. Elle sent son amie s'agiter - seulement, alors qu'elle s'attend à ce qu'elle murmure son nom, à ce qu'elle cherche son soutien, la brune épuisée lâche d'une voix faible le nom de l'autre.
— Ethan…
Alors Daphné ferme douloureusement les yeux, avant de s'éloigner un peu. Ethan est aussitôt près de Pansy, il attend cet appel depuis le tout début, et aux tremblements de ses doigts, Daphné comprend qu'il a besoin de la toucher, de la sentir vivante, de la sentir l'aimer pour aller mieux. Pansy relève les coins de la bouche, autant qu'elle peut, et murmure :
— Regarde dans quel état je te mets, chéri.
Ethan lui prend le visage entre les mains et dépose un baiser sur son front, sur son nez ; Daphné détourne les yeux, ils ont besoin de leur moment. Quand est-ce qu'ils sont devenus aussi proches, quand est-ce que Pansy l'insolente est-elle tombée amoureuse d'un camé ? Elle sent un pic la lancer au cœur et elle décide de se relever, elle sait que ça ne va pas tarder.
Tracey est toujours avachie dans le fauteuil, apathique. Elle n'a pas eu la jouissance qu'elle cherchait, son coup d'éclat est retombé. Daphné la toise, d'en haut, elle se demande comment elle a pu tomber aussi bas, comment ils en sont arrivés à se faire autant mal, mais le pic se fait de plus en plus violent et elle a besoin de sortir, maintenant. D'une voix ferme mais douce, un peu rêveuse, comme toujours avec eux, Daphné s'exclame :
— Il faut que je passe dans ma chambre. J'ai besoin de cinq minutes seule, s'il vous plaît.
Ils ne répliquent rien, parce que l'innocence de Daphné vient de se fissurer et qu'elle a besoin de se re-calibrer, après tout. Astoria se contente de lui adresser un sourire mouillé, Drago hoche la tête en lui demandant de ne pas tarder. En sortant, elle voit Astoria venir se caler contre son époux et murmurer un pardon. Les autres sont ailleurs, dans leur monde, à s'oublier. Ils ne la remarquent pas sortir, saisir sa carte et murmurer « La Numéro Une ». Elle traverse la porte magique et arrive dans sa chambre.
Aussitôt, la pression dans son cœur se fait plus intense. Elle la sent qui se comprime, elle sent son ventre qui lui remonte dans la gorge, elle sent son esprit qui se secoue dans tous les sens. On aurait pu croire à une crise de panique, mais Daphné est bien trop calme dans ses mouvements. Elle commence par enlever sa longue robe de soirée et enfile une robe en coton, toute blanche toute épurée. Elle a besoin de se savoir propre, sage et gentille quand elle se sent ainsi. Elle remonte ses cheveux en un chignon, et ses deux mèches de devant retombent inévitablement. Elle est obligée de s'asseoir alors que la pression dans sa cage thoracique se fait plus violente encore, et sa main se serre sur sa baguette en bois d'érable. Un bois souple, un peu sucré, doux et gentil, comme elle, n'est-ce pas ?
Douce, innocente Daphné, qui survit à la guerre, qui survit à l'horreur, qui survit à tout sans rien comprendre, sans rien accepter. Sa main se crispe sur sa baguette et, douloureusement, elle hurle alors que son esprit reprend alors connaissance de tout.
Les flashs l'assaillent, et elle tremble, elle hurle alors qu'elle voit Théodore et Blaise l'un contre l'autre, son époux embrasser son ami avec langueur, avec amour presque, et elle hurle alors que l'image de Pansy vomissant ses tripes lui revient à l'esprit, Pansy qui se tâte constamment l'intérieur du coude, terrifiée qu'on remarque les bleus des piqûres, Pansy qui se mord les lèvres toutes les six heures avant de quitter la salle précipitamment, et qui revient les yeux flottants. Elle a ses flashs qui lui reviennent, et d'autres encore, d'autres plus violents, plus terribles, d'autres qu'elle aurait aimé détruire, qu'elle aurait aimé brûler et oublier, oublier à vie.
Seulement, l'oubli, elle n'y arrive qu'à moitié.
Ses cris s'arrêtent alors que son esprit se calme. Elle se souvient de tout. Tout d'un coup, c'est douloureux. Cette soirée a été terrible pour son innocence. Qu'est-ce qu'ils ont tous, à vouloir tout remettre sur le tapis, à vouloir expliquer les problèmes de chacun, pourquoi est-ce qu'ils ne veulent pas simplement oublier, comme elle oublie. Oublier, bordel. Daphné laisse sa tête retomber contre le fauteuil et soupire profondément.
D'un geste de sa baguette, elle fait apparaître son Memorium, en gémissant devant toute l'horreur qui lui revient sous les yeux. C'est alors que Blaise ouvre la porte en s'exclamant qu'ils ont coincé cet abruti de Loris et épuré la pièce pour libérer les gens de l'emprise de la Mandragore.
Et chacun se fige en voyant l'autre.
Blaise hoquette en voyant son épouse, le visage ravagé de larmes, et surtout, surtout, il voit cette bibliothèque à souvenirs devant elle. Daphné hoquette en voyant son époux, le visage tiré de fatigue et le choc sur ses rides. Dix ans, qu'elle lui cache cela, dix ans, et cette soirée, encore, met tout à mal.
Elle soupire et laisse tomber son bras sur son ventre, se refusant à cacher ce qu'elle faisait. Tant pis, il ne la lâchera pas maintenant. Il a compris. Elle l'a bien vu, à son regard sombre, elle le devine bien, connaissant son intelligence, sa vivacité. Personne ne peut être aussi innocent, personne - il y a toujours un peu de quelque chose pour aider. Certains, la drogue. Elle, les souvenirs. Il n'a pas besoin de demander quoique ce soit, elle commence aussitôt à parler.
— J'ai commencé en septième année. On nous en a parlé en cours, j'ai trouvé ça utile. J'ai toujours eu horreur des gens qui se font du mal, des guerres et des blessures qui nous entachent. Au début, j'enlevais simplement le souvenir, les images de mon esprit. Seulement, on sait toujours qu'ils existent, on se souvient les avoir vécus. Quand mes parents sont morts, j'ai commencé à chercher pour oublier, oublier vraiment. Je n'y arrivais pas. Aucun sort ne marchait. Et puis... quand je t'ai vu, ce soir-là, j'ai été obligée. Tu étais mon âme sœur, mon sauveur, j'avais besoin de toi entier, de toi dévoué à moi. Je ne pouvais pas supporter les souvenirs si je ne t'avais pas à moi, Blaise.
Sa voix se brise sur ses mots et Daphné est obligée de fermer les yeux, quelques instants. Elle sent Blaise qui s'approche, mais elle se crispe et refuse le contact. Elle doit tout avouer, tout annoncer avant de se laisser englober encore dans son amour, son pardon, son aura de Blaise.
— J'ai fait des recherches. Des dizaines de sortilège existent, et des potions, et des pierres précieuses, et je recherchais. J'ai trouvé, finalement, un vieux sortilège. C'est de la magie blanche, de la bonne magie, de celles des guérisseurs des temps anciens, là pour apaiser l'âme des enfants qui en ont trop vu. Ce n'est vraiment rien de méchant. J'enfermais mes souvenirs dans mon Memorium, et je les oubliais. Je n'avais plus cette trace dans mon esprit, qui les rappelait à moi - non, j'étais totalement innocente, totalement vierge d'horreur. Ça m'a sauvé, Blaise. J'ai tout oublié. Tout ce qui marque, tout ce qui change, tout ce qui fait du mal, j'ai oublié. Il y a deux conditions à ce sortilège : j'étais obligée de t'emprisonner avec moi. Tu es le garant de mon âme, de mon innocence. Je suis tordue, Blaise, tellement tordue, mais je ne peux pas y arriver sans toi. Alors tu es garant du sortilège, tant que tu es à mes côtés, il reste en place. C'est pour ça que... Pour Théo, l'oubli, c'est pour ça que tu ne te rappelles pas. La deuxième condition, c'est la douleur. Tous les ans, à la même date, j'ai cette douleur dans le cœur, ça me terrasse, c'est mon corps qui se réapproprie la peine. C'est le renouvellement du sortilège. Seulement, il se brise dès que mon esprit entend quelque chose qui lui rappelle ce qui lui est caché. D'habitude, ce n'est pas assez fort — ce soir, seulement, vous vous êtes dépassés.
Daphné se tait alors et rouvre les yeux. Blaise est en face d'elle, et elle tremble du dégoût qu'elle lit dans ses yeux.
— Tu savais ?
Elle respire profondément, elle respire encore, elle calme son cœur. Blaise ne peut pas la regarder comme ça, c'est impossible, ça ne les représente pas. Ils s'aiment, à vie, peu importe ce qui leur arrivera. Pas vrai, mon amour ? Pourtant il reprend, sa voix à peine contrôlée :
— Tu savais, pour Pansy ? Tu savais, pour Millicent ? Pour Théo ? Pour tout le monde, pour tout ce qui nous arrive, on aurait pu s'organiser, on aurait pu se sauver, parce que tu savais !
— Je sais tellement de choses, Blaise, personne ne peut vivre avec ça. Vous me pensiez innocente, vous ne faisiez pas attention à vos gestes et vos paroles devant moi. Je comprenais tout, j'associais tout, comment tu voulais que j'y survive moi !
— En nous parlant ? En nous disant la vérité ! En nous aidant, bordel de merde ! Pansy aurait pu mourir ce soir ! Pansy aurait pu crever et toi - TOI - tu voulais simplement être l'innocente ?
Daphné ne dit rien, elle place ses mains devant son visage et pleure. Elle sait qu'elle est horrible, la plus horrible de tous.
— Et qu'est-ce que tu sais d'autre, Daphné ?
Elle ne répond rien, elle fait simplement tourner son Memorium, elle le laisse voir tout ce qu'elle cache. Tout ce qu'elle aurait dû dire. Blaise inspire, profondément, et touche du bout des doigts la bibliothèque à souvenirs. Il y en a des dizaines. Il frémit en voyant un « Blaise fait l'amour à Théo » s'étaler sur la fiole sous ses yeux. Il ne peut pas faire l'amour à Théo, il ne l'aime pas. Il le baise, pendant une soirée trop alcoolisée, peut-être, mais il ne lui fait pas l'amour. La voix de Daphné s'élève alors, vidée de toute sensation :
— C'était le lendemain matin, t'étais encore un peu trop heureux, et tu dormais dans ses bras. Il te regardait comme je te regarde, Théo, il te regardait peut-être avec encore plus d'amour que moi. Il te caressait la joue, et tu t'es réveillé, et tu l'as embrassé. Tu l'as embrassé avec langueur, avec douceur, pas comme on embrasse un plan cul regretté. Et tu sais ce que tu lui as dit, Blaise ? Tu lui as dit que si t'avais su, ça aurait tellement pu être lui, tous les matins dans ses bras. Tu lui as dit qu'il serait le seul à te faire regretter ce mariage prématuré. Tu aurais pu lui dire que tu l'aimais plus que tu ne m'as jamais aimé, ça aurait été la même, Blaise.
Son époux ne dit rien, il a la tête qui tourne et il sent son cœur le tirailler à son tour. Il réalise qu'elle ne le fait plus garant, qu'il n'est plus son sauveur, et il hoquette de douleur. Ça lui revient. Ça lui revient, cet amour d'adolescent, cette Daphné douce et un peu froide, un peu prude, qui se réchauffait sous ses doigts. Ça lui revient, leur première fois, et lui qui se dit que ça doit être ça l'amour. Il voit la tristesse et l'acceptation dans les yeux de Théodore quand il lui en parle pour la première fois, excité de son nouvel amour. Il voit les gestes qu'il avait avec Théodore, autrefois, soi-disant parce qu'ils étaient meilleurs amis, que c'était normal. Il revoit Daphné le jour où il la demande en mariage, parce que la guerre va trop vite et qu'il ne veut pas mourir sans avoir officialisé ce qu'il pense être une relation d'âme sœur. Il revoit Théo, dans leur coloc, leur quotidien, et Daphné touche de douceur dans ce cocon. Et il revoit cette nuit-là, où il a bu, un peu, pas trop, suffisamment pour qu'on le pense mort. Il se revoit regarder Théo et se dire qu'il préfère ses lèvres rêches à celles charnues de son épouse. Il se revoit, le lendemain, puis quelques heures après avec Daphné, comme si de rien n'était. Il revoit tout ça, et ça le brise en deux. Dix ans de sa vie, qui s'échappent en fumée, qui ne deviennent que mensonges.
— Tu n'avais pas le droit, lâche-t-il d'une voix brisée.
— Je sais. Mais j'avais besoin de toi, Blaise.
— Toi non plus, tu ne m'aimes pas.
— Blaise... sa voix est douloureuse alors qu'elle est incapable d'en dire plus.
— On ne s'aime pas, Daphné. Tu avais juste besoin de moi. On pensait s'aimer. On pensait...
Au bord de la crise de panique, Blaise respire profondément et ouvre à nouveau les yeux, vrillant ses pupilles dans celles de Daphné.
— Qu'est-ce que tu sais d'autre, Daphné ?
Lentement, alors qu'elle tourne le Memorium vers lui, Blaise lit ce qui s'étale sur les fioles rangées là. Et, aussitôt, toute couleur quitte son visage. Il respire, une fois, deux fois, profondément, avant d'attraper sa baguette pour appeler aussitôt Drago. Daphné l'observe faire sans rien dire. Elle se doutait bien qu'ils en arriveraient là. Qu'ils seraient tous mis au courant. Daphné se demande s'ils vont la haïr. Si Pansy va accepter de la revoir. Si Blaise va demander le divorce. Si elle va se retrouver seule.
Elle se demande aussi, si elle avait été plus courageuse, si leurs vies auraient été plus belles.
Elle a le regard vide quand Drago arrive, paniqué, avec un parchemin sur lequel est écrit cinq noms. Elle les connaît déjà. Daphné, Blaise, Théodore, Pansy et Drago. Eux cinq, toujours, à la vie à la mort. C'était peut-être ça, dont elle rêvait. Une mort ensemble, dans quelques années, quand le poison aurait fait effet.
Parce que, ça aussi, elle savait. Elle savait qu'au Manoir, le Seigneur des Ténèbres avait assuré ses arrières. Elle avait entendu Bellatrix en parler, toute excitée, si heureuse d'être au courant. Il y avait un sort, dans le Manoir, un maléfice qui leur empoisonnait le corps peu à peu, et qui s'inscrirait définitivement en eux si Le Seigneur venait à mourir. La seule façon d'en réchapper, c'était de poursuivre sa mission. Sa noble mission. Ils auraient commencé à comprendre quand les plus vieux Mangemorts seraient décédés, peu naturellement. Ils auraient recherché, et ils auraient trouvé ce maléfice, ce poison dans leur corps, alors ils auraient redonné du zèle à la mission, pour survivre. Survivre, encore et toujours survivre. Daphné ne voulait plus vivre pour survivre. Elle a décidé de ne rien dire, de le classer aussi, ce souvenir-là. Elle a eu peur qu'ils se décident à suivre le Lord, s'ils apprenaient d'où venait le poison. Elle ne voulait pas que ça recommence, la guerre. Il fallait qu'ils comprennent.
Sa voix est brisée quand elle finit de parler, s'étant refusée à diffuser son souvenir aux yeux de tous. Daphné a vu Astoria se lancer sur elle en la traitant de folle. Elle a vu Théodore la rattraper, la serrer contre lui. Elle a vu Drago l'observer, et elle a voulu pleurer en réalisant qu'il ne lui en voulait même pas. Qu'il comprenait.
— Maintenait qu'on sait ça, on va pouvoir se soigner. Mieux vaut tard que jamais.
Ils sont tous abasourdis en entendant Drago clore l'instant sur ces mots.
— Mieux vaut tard que jamais ? S'exclame Astoria, les joues striées de larmes. Tu aurais pu mourir, Drago ! Vous auriez tous pu mourir ! Tout ça parce que Daphné... parce que tu voulais être innocente ? Elle crache ce dernier mot, avec plus de haine que Daphné n'en a jamais entendu.
La jeune femme secoue sa baguette, faisant disparaître son Memorium.
— Tu sais, si je ne peux pas avoir d'enfant c'est à cause de ce maléfice. Si je m'attache exagérément à Blaise, c'est parce que je sais que sa place n'est pas à côté de moi. Si je ne dis rien à Millicent, c'est parce qu'on serait partis peu après elle, de toute façon. Mais tu sais, vous avez fait de moi l'innocente que je suis. Vous vous êtes détruits sous mes yeux, parce que de toute façon, Daphné elle ne saisit rien, elle est bien trop innocente. C'est la guerre, qui nous a rendu comme ça, mais on s'est créé nos propres monstres aussi, Astoria. Je suis le mien, je suis le vôtre aussi, mais j'existe parce que vous avez les vôtres.
Elle se tait un instant, et observe chaque visage dans la pièce. Théodore qui ne révèle rien, Blaise qui n'arrive plus à la haïr, Drago qui sait mieux que personne les monstres qui sont dans cette salle, Astoria qui est sonnée par cette vérité, Millicent et Tracey qui réalisent qu'elles n'ont fait que participer, elles aussi, à cet œdème horrible. Et Pansy, Pansy qui sourit presque, Pansy qui souffle :
— Vous savez, je me suis toujours demandé comment j'avais pu tomber malade. Je joue à la décadente, mais ça fait des années qu'Ethan est le seul, en réalité. Alors, si petit à petit, on arrive à guérir nos maux, on va s'en sortir, vous savez. Même si, là maintenant, on tire des têtes de désillusionnés, on va s'en sortir. On s'en est toujours sortis, les amis.
Note de fin : Encore une fois, de gros mercis, on vous retrouve dans les reviews ? ;)
(Note de Catie : moi non plus je l'avais pas vu venir si ça peut vous rassurer XD)
