CHAPITRE 6 : Weak Fantasy

Le professeur Dippet regardait Harry avec sévérité, les mains jointes posées sur son bureau, le crâne brillant au soleil. Le jeune homme lui était serein, un sourire aux lèvres.

-Et bien professeur Evans ? J'attends vos explications. Pourquoi les sixième année se retrouvent mélangés pour un projet d'étude qui n'a non seulement aucuns liens avec le programme mais qui en plus ne m'a pas été rapporté en premier lieu ?

Harry avait appréhendé une telle réaction de la part du directeur. Après tout ce n'était pas le Poudlard de Dumbledore et pour une fois le professeur de Métamorphose n'était pas là pour le soutenir. Cependant Harry avait préparé son plaidoyer.

-Je ne voulais pas vous déranger avec des questions aussi triviales Monsieur le directeur, vous avez la charge de la plus prestigieuse des écoles de magie, j'ai cru bon de ne pas vous encombrer l'esprit.

Le directeur sembla se détendre légèrement mais ses sourcils étaient toujours résolument froncés.

-Il n'empêche que cet exercice n'est pas au programme des sixième année.

-Très juste. Je pensais le faire avec les septième année en réalité, mais ils ont à préparer les ASPICs et je ne voulais pas les surcharger inutilement. Mon choix c'est donc porté sur la classe inférieure.

-Là n'est pas la question !

Harry se concentrait pour ne pas rire de l'énervement du vieil homme. Sur un ton toujours plus respectueux, presque mielleux, il reprit :

-Je suis conscient de m'aventurer sur un terrain qui n'est pas alloué dans le manuel. Cependant j'ai pris soin d'en faire un exercice à part, la classe étant réservé pour les sujets scolaires approuvés. Cet exercice n'apportera qu'un bonus aux élèves ayant une prédisposition ou une passion pour la matière que j'enseigne. Quant au choix du sujet, il me semble qu'il est important de savoir lancer un Patronus, si ce n'est pour se protéger des Détraqueurs, au moins pour envoyer des messages signés.

Dippet se rengorgea :

-Et cette histoire de binôme ? Deux Serpentard sont déjà venu se plaindre.

Harry pris un air surpris.

-J'avoue ne pas bien saisir ce qu'on me reproche à ce niveau. Le but de Poudlard n'est-il pas la cohésion entre les maisons ? L'entente entre les élèves ? Je trouve ce système de compétition très ingénieux mais je croyais que l'école favorisait également l'esprit d'équipe. Si j'ai mal interprété la pensée de l'école je m'en excuse alors. Je n'ai pas évolué sur le même plan pédagogique à Salem.

A l'idée que Salem puisse faire preuve d'une plus grande ouverture d'esprit que Poudlard le directeur rebroussa chemin, changeant d'expression.

-Si, si bien sûr. C'est une très bonne initiative.

-Je vous remercie. Mon exercice serait donc jugé trop difficile ? Car je vous assure que les sixième année semble doués et très enthousiastes à l'idée d'apprendre ce sort.

Le professeur Dippet se massa l'arrêt du nez, semblant réfléchir.

-Fort bien, fort bien. Faites donc cela. Mais je ne veux pas voir un seul élève s'entrainer dans les couloirs.

-Je leur ai indiqué plusieurs salles de classes vides et ils ont l'autorisation d'utiliser celle de DCFM lorsqu'aucun cours n'y est donné.

Dippet tapota avec agacement son bureau.

-Parfait alors.

Il pointa Harry d'un doigt accusateur :

-Mais que ce soit bien clair : s'il vous venez de nouveau l'idée d'un projet de ce genre je veux en être le premier informé.

-Bien sûr Monsieur, je n'y manquerai certainement pas.

D'un petit geste de la main, le directeur le congédia et Harry sortit du bureau un sourire amusé aux lèvres. Maintenant, il n'y avait plus qu'à espérer que son petit stratagème aide Jedusor et Brite à se connaitre et occupe suffisamment le Serpentard pour le garder hors de ses projets d'ouverture de la Chambre des Secrets.

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Tom était furieux. Ce stupide exercice allait non seulement lui prendre du temps sur ses projets mais en plus il le forçait à en passer avec cette idiote de Brite. Le jeune homme avait la désagréable impression que le professeur Evans avait fait exprès de les mettre ensemble. Il s'était permis d'aller en toucher deux mots au professeur Dippet mais cela n'avait rien donné. Apparemment, le directeur avait fini par approuver le projet du professeur de DCFM, chose étrange en soit, lui qui n'aimait pas voir ses méthodes bousculées. Décidément Evans n'était pas ordinaire. Lorsqu'il avait fait la démonstration du Patronus, Tom avait été impressionné par la perfection de celui-ci, un cerf argenté, au regard altier. Cela démontrait une certaine puissance et Tom mentirait s'il disait ne pas en être ne serait-ce qu'un peu jaloux.

Le jeune homme cessa soudain de déverser son irritation sur les pages de son journal en entendant des pas s'approcher de lui. Il ferma son carnet de cuir noir et le glissa sous son livre d'Histoire de la Magie avant de relever la tête. A son plus grand agacement, la silhouette de gamine de Brite lui faisait face, debout devant la table de la bibliothèque où il était installé. Il avait pourtant fait exprès d'en choisir une au fond de la salle, dissimulé par un rayonnage sur la botanique.

-Bonjour Jedusor, chuchota-t-elle.

-Brite, soupira-t-il.

Elle s'assit devant lui, ce qui l'irrita encore plus.

-Ecoute. Toi et moi on ne s'apprécie pas beaucoup. Toutefois, je veux vraiment avoir ce bonus en Défense Contre les Forces du Mal, et au vue de tes résultats je pense que toi aussi.

Tom leva un sourcil et la jeune fille roula des yeux :

-Oh je t'en prie. Tu as les meilleurs notes de tous les sixième année, tu aimes être le meilleur, j'ai bien compris ça. Alors autant faire les choses correctement. Je propose qu'on se retrouve demain après le match de Quidditch en salle d'études des Runes. Le professeur Blackman m'a donné l'autorisation de l'utiliser.

Tom tapota la table avec ennuie mais ne put rien trouver à redire.

-Bon. Après tout autant en finir au plus vite avec ça. Mais tu as intérêt à y mettre du tiens, je ne veux pas y passer l'année. J'ai beaucoup à faire.

La jeune fille se courrouça à son plus grand plaisir :

-Je te retourne le conseil Jedusor.

Puis elle se leva et le salua avant de sortir d'un pas raide de la bibliothèque.

Tom la regarda faire un sourire aux lèvres. Au moins, cela l'excédait autant que lui. Il vit alors Avery et Rosier (1) arriver. Nathan regardait Brite partir d'un air mauvais.

-Qu'est-ce qu'elle te voulait ?

-Nous nous organisions pour le projet de DCFM.

Le grand échalas s'effondra bruyamment sur une chaise sous le regard désapprobateur de Rosier qui, lui, s'assit discrètement.

-Quelle connerie ce truc ! En plus ça sert à rien !

Evan souffla d'agacement :

-Bien sûr que si imbécile. C'est cette histoire de binôme qui est idiote.

Tom ne dis rien, d'accord avec Rosier qui, bien que d'un an son ainé cherchait l'approbation dans ses yeux. Avery grogna mais n'osa pas contredire Evan et, à la place, il rebondit sur ce qu'il venait de dire :

-Nous mélanger avec des Poufsouffle, quelle honte ! Tu as de la chance Tom, Brite est pas la plus stupide, t'aura fini ça vite !

Tom grinça des dents :

-Premièrement je t'ai déjà dit il me semble de ne pas m'appeler par mon prénom et ensuite j'ai du mal à me considérer comme « chanceux ».

La large masse qu'était Rosier l'interrogea :

-Qu'as-tu contre Brite ?

Le jeune homme y pensa quelques secondes : qu'avait-il contre Brite ? Et bien pour commencer c'était une sang-de-bourbe qui avait peur des moldus, ce n'était qu'une gamine qui passait son temps à rire trop fort avec ses stupides amis et en plus elle lui parlait comme s'ils étaient sur un pied d'égalité. Contrairement aux autres elle ne semblait pas du tout impressionnée ni par ses résultats, ni par sa notoriété, ni même par son apparence que beaucoup de jeunes filles de son âge prisaient pourtant, pour ce que ça lui importait. Elle avait un regard beaucoup trop clair, comme si elle ne voyait en lui qu'un garçon lambda. Rien que d'y penser cela le mettait dans un état de rage indescriptible. Cependant, il se contenta de répondre :

-C'est une sang-de-bourbe et l'idée de me la coltiner jusqu'à ce qu'elle maîtrise ce sortilège m'agace au plus haut point.

Rosier acquiesça, compréhensif, avant de sortir de quoi réviser et Avery suivit son exemple avec apathie tandis que Tom chassait de ses pensées l'ennuyante Poufsouffle pour se concentrer sur son devoir d'Histoire de la Magie.

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Penny s'étirait lentement dans les vestiaires, son uniforme de Quidditch tout juste enfilé. A ses cotés les autres membres de l'équipe faisaient de même tout en discutant de la stratégie qu'ils avaient choisi d'adopter face à l'équipe de Serdaigle. La jeune fille était très excitée à l'idée de disputer ce premier match de la saison. Pouvoir voler de nouveau la mettait en joie, surtout qu'elle n'avait pas pu toucher à son balais de tout l'été. Le capitaine de l'équipe leur fit son habituel speech d'encouragement et, avec un sourire aux lèvres, ils s'avancèrent tous jusqu'au terrain d'où provenait un joyeux brouhaha. Le professeur Wendel portant sa robe d'arbitrage la plus chatoyante fit se serrer la main aux joueurs et tous se préparèrent. A son coup de sifflet, Penny s'envola et le match commença alors que Peterson, un coéquipier de la jeune fille, attrapait le souaffle avec prestance, pour le perdre tout aussi vite aux mains d'un Serdaigle. Penny fonça, elle évita soigneusement un cognard et rattrapa l'élève de l'équipe adverse, Wyatt, qui tenait le souaffle et se dirigeait vers les buts. Un coup d'œil à Peterson et elle sut quoi faire. La jeune fille accéléra pour barrer la route à Wyatt qui l'esquiva, pour mieux se cogner à Peterson, celui-ci récupérant la balle rouge. Il remonta le terrain en sens inverse et fila vers les anneaux. Malheureusement son tir fut brillamment arrêter par Stonewater, le gardien et capitaine de Serdaigle. Le souaffle fut remis en jeu et de nouveau Penny s'élança.

Rien n'était plus agréable que ça : le vent dans son visage, la vitesse, les cris joyeux des spectateurs, le risque, le frisson, la rage de gagner. Même les coups qu'elle prenait avaient quelque chose de grisant. Penny volait, de façon autant littérale que métaphorique. Et lorsqu'elle parvint après avoir évité d'extrême justesse un cognard envoyé par l'équipe adverse, à mettre le souaffle dans les but, elle se désaltéra des cris de joies de ses camarades dans les gradins. Cependant le stresse l'habitait également. L'équipe de Serdaigle avait un jeu irréprochable et ils menaient de 20 points. Soudain, la foule poussa un cri d'excitation. Du coin de l'œil elle vit un éclat brillant et apparemment, les attrapeurs l'avaient repéré pareillement puisqu'ils fonçaient vers elle. Mary Compton, l'attrapeuse de son équipe perdait un peu de terrain et Penny serra les dents. Uriah Nelson se rapprochait dangereusement du vif d'or juste en dessous d'elle. Pourtant, lorsqu'il fut à quelques centimètres elle le vit avec surprise ralentir très légèrement et Mary mit son hésitation à profit en lui raflant le vif sous les yeux. Le stade explosa en applaudissement et en cris. Son équipe gagnait en fanfare. Mary faisait le tour du stade le vif en main. Penny resta un instant interdite avant de descendre rejoindre les autres qui fêtaient leur victoire. Elle était sûre que Nelson l'avait fait exprès. D'ailleurs malgré la déprime de son équipe, le poursuiveur regardait Mary avec un sourire qui ne lui laissait aucun doute.

C'est donc contrariée par cette victoire en demi-teinte que Penny alla prendre une douche et se changer. Mary semblait rêveuse dans les vestiaires et la jeune poursuiveuse se retint de lui faire une quelconque remarque. Inutile de lui gâcher le plaisir. Elle se dit pourtant que si un garçon la laissait gagner pour la séduire il aurait tôt fait de comprendre que ce n'était pas la bonne méthode. Lorsqu'elle sortit des vestiaires elle croisa les professeurs Orlay, Wendel et Evans. Le professeur de vol semblait bougon tandis que les deux autres souriaient avec allégresse. Voir le professeur de DCFM rappela soudain à Penny son rendez-vous avec Jedusor et elle soupira en se dirigeant vers le château et la salle d'étude des Runes. L'idée de pratiquer le Patronus avec Jedusor ne l'enchantait guère. Le garçon semblait la détester cordialement pour une raison qu'elle ignorait. De son côté Penny avait du mal à comprendre l'engouement que provoquait le Serpentard chez les autres. Pour sa part, elle le trouvait assez hautain et mielleux. Quelque chose sonnait faux chez lui. D'un autre côté, elle le voyait comme quelqu'un d'assez solitaire et se demandait dans quel genre de famille il pouvait bien vivre. Dorcas pensait qu'il descendait d'une grande famille de sang-pure, mais elle le voyait un peu trop comme un prince charmant aux yeux de Penny.

Lorsque la jeune fille arriva dans la classe de Runes, Jedusor était déjà là, adossé à l'un des grands pylônes devant l'estrade.

-J'ai failli attendre, siffla-t-il.

Durant une seconde, Penny hésita à faire demi-tour, elle n'était vraiment pas d'humeur.

-Désolée, s'entendit-elle tout de même dire, je me douchais.

Jedusor eut un sourire torve :

-Pourtant tu n'as pas du beaucoup suer. La victoire vous a été offerte.

Penny grinça des dents.

-J'avais remarqué, dit-elle. Et crois-moi ça ne m'enchante pas.

Jedusor haussa les sourcils :

-Et pourquoi cela ?

-Parce que j'aime mériter ce que je gagne. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

Le garçon fit une moue dédaigneuse.

-Ne vas pas te prendre pour un Comte, Brite, ce n'est que du Quidditch.

Penny fut un instant surprise que Jedusor comprenne sa référence (2). Voilà qui brisait la belle hypothèse de Dorcas et du prince au sang pur. Mais elle haussa les épaules :

-Peut-être, mais je m'entraine pour gagner, pas pour qu'on me laisse la victoire pour une histoire de cœur.

-Une histoire de cœur ?

-Oui. Nelson est amoureux de Compton. C'est pour ça qu'il l'a laissé gagner.

-Je ne vois pas le rapport, lança Jedusor, l'air perplexe.

-Je te rassure, moi non plus.

Ils se regardèrent un instant, tous deux à leurs réflexions personnelles puis Penny secoua la tête.

-Bref, nous ferions bien de nous y mettre.

Jedusor acquiesça et sortit sa baguette. Penny en fit de même essayant de trouver un souvenir heureux. Elle décida de se concentrer sur le sentiment de félicité qu'elle avait eu en début de match. Jedusor semblait réfléchir aussi.

-Je commence ? Demanda la jeune fille.

Jedusor lui fit un petit signe de tête pour l'inviter à le faire et Penny se concentra sur sa pensée le plus fort qu'elle put avant de prononcer l'incantation. A son déplaisir, rien ne se produisit. Le Serpentard l'avait regardé faire sans expressions, il eut un très léger sourire et lança :

-A mon tour.

Il tendit sa baguette et prononça :

-Spero Patronum.

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Rien. Tom fronça les sourcils. Il était conscient de la difficulté d'un tel sortilège mais il pensait tout de même pouvoir faire mieux que Brite. Un Patronus non-corporel suffirait pour l'instant. La jeune fille ne fit aucune remarque et essaya de nouveau sans plus de réussite. Tom se concentra sur sa pensée heureuse, soit lui-même trouvant enfin la chambre de Salazar Serpentard. Il réessaya mais n'obtint pas meilleur résultat que Brite. Après plusieurs essais sans améliorations il proféra un juron entre ses dents. Brite souffla et prit la parole :

- On n'y arrivera pas comme ça. Il y a quelque chose qu'on ne fait pas comme il faut.

-Tu crois ? Siffla Tom avec un regard mauvais.

Mais Brite sembla ignorer son sarcasme et reprit :

-Le problème vient peut-être de la pensée qu'on a choisie. Tu penses à quoi ?

-Comme si j'allais te le dire.

-Bon, bon, s'énerva la jeune fille. En tout cas ça ne marche pas. On a qu'à en essayer une autre. Quelque chose de plus fort.

Et elle se mit à réfléchir. Tom, lui était fatigué par ses idioties. Il ne voyait pas à quoi penser d'autre. L'idée de trouver la chambre était ce qui lui tenait le plus à cœur. Une pensée heureuse. Quelle niaiserie encore. De son côté Brite sembla trouver quelque chose puisqu'un sourire éclaira son visage d'enfant et elle leva de nouveau sa baguette, elle ferma les yeux et prononça la formule.

Cette fois, une légère fumée blanchâtre sortie de sa baguette provoquant un sautillement ridicule de joie à la Poufsouffle. Tom se concentra de nouveau, il fallait qu'il trouve quelque chose et vite, avant de passer pour un idiot devant Brite. Il réfléchit à toute vitesse à un souvenir agréable. Quelque chose qui l'avait rendu heureux. Soudain, il se remémora quelque chose. Cela commençait à dater mais une image s'imposa à lui. Celle d'un grand château plein de magie, plein de promesses et loin de son orphelinat. Il se rappela de la première fois où il avait vu Poudlard et du sentiment de profonde gratitude qu'il avait ressenti, l'impression d'être chez lui, enfin. Baigné dans ce souvenir, il prononça à nouveau la formule sous le regard curieux de Brite et cette fois, comme pour elle, une fumée s'en échappa durant quelques secondes. Tom ne put empêcher un sourire victorieux de fleurir sur ses lèvres et il croisa le regard de Penny, tout aussi satisfaite :

-On dirait que toi aussi tu as trouvé mieux.

Tom haussa les épaules. Il n'allait surement pas le lui dire. Mais la jeune fille ne perdit pas son sourire.

-On ferait mieux d'arrêter pour aujourd'hui, on aura qu'à se retrouver ici à la même heure la semaine prochaine ?

Tom acquiesça vaguement tandis que la jeune fille rangeait sa baguette dans sa poche et sortait de la salle en le saluant :

-A la semaine prochaine Jedusor.

Le garçon ne répondit pas, il se demanda un instant à quoi avait pu penser Brite avant de se secouer pour rejoindre la bibliothèque. Il avait encore beaucoup de travail sur la planche s'il voulait trouver la Chambre des Secrets.

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Harry salua le professeur Orlay avec qui il venait de boire une bièraubeurre pour fêter la déconvenue de Wendel. La journée avait été très agréable et Harry avait du mal à se pardonner de s'être autant amusé. Le match de Quidditch l'avait fait voyager à l'époque où lui-même volait après le vif d'or. Retrouver cette ambiance de stade, les cris, la joie, le bruit des balais qui volent à toute vitesse, l'avait emplie de félicité. Cela lui avait également donné envie de retourner sur un balais. Après tout, cela faisait une éternité qu'il n'avait pas volé juste pour le plaisir et non pas pour fuir un groupe de mangemorts ou en poursuivre un autre.

Il réfléchissait à la possibilité de s'acheter un balai lorsqu'il croisa Penny Brite. La jeune fille était souriante, même radieuse et elle le salua aimablement :

-Bonjour Miss Brite. Beau match.

-Merci professeur !

-C'est votre victoire qui vous a mis de si bonne humeur ?

-Pas vraiment. Je m'entrainais au sortilège du Patronus et je me suis souvenu de quelque chose de très beau.

-Plus beau que le Quidditch ?

Brite pouffa brièvement.

-Oh oui, bizarrement, penser au Quidditch n'a pas suffi d'ailleurs.

Qu'elle dise ça amusa Harry. Il avait fait la même erreur lorsqu'il avait tenté le sort pour la première fois.

-Non, il faut quelque chose de plus puissant, de plus profond. A quoi avez-vous pensé ? Si ce n'est pas trop indiscret.

La jeune fille eut un sourire nostalgique.

-J'ai pensé à la première fois où je suis arrivée à Poudlard.

Harry l'observa un instant. Cette jeune fille à l'air d'enfant avait, elle aussi, vu en Poudlard une maison, un lieu sûr sans jugements, ni peines. Et il savait que c'était un sentiment que partageait aussi Tom Jedusor. Il commençait à comprendre ce qui avait poussé le destin à réunir deux personnes qui semblaient si différentes. Il sourit aimablement à Brite.

-C'est un très beau souvenir, en effet. J'espère que vous et Monsieur Jedusor parviendrez à produire un Patronus lors des examens de fin d'année.

La jeune fille acquiesça et commença à reprendre son chemin avant d'interpeller Harry :

-Oh, Monsieur. Puis je vous demander pourquoi vous m'avez mis en binôme avec Jedusor ?

Harry la regarda avec amusement :

-Et bien Miss Brite, c'est simplement que j'ai trouvé que vous vous ressembliez beaucoup tous les deux.

Brite leva haut ses sourcils :

-Mais pas du tout ! S'exclama-t-elle.

Harry haussa les épaules :

-Peut être me suis-je trompé. Mais je préfère vous prévenir, c'est assez rare.

Et sous le regard désabusé et amusé de Penny, Harry repris le chemin de ses appartements.

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Du bout du couloir, Tom observa le professeur Evans s'en aller les sourcils froncés. Il songea un instant à ce qu'il avait entendu et claqua la langue avec agacement avant de reprendre son chemin vers la bibliothèque avec morgue.

-N'importe quoi…

(à suivre…)

(1)Evan Rosier Senior, père du Mangemort du même nom.

(2)Citation venant de la pièce de théâtre de Corneille, Le Cid. C'est donc une référence moldue.

Hey muggles ! Désolé pour le retard, j'ai eu un week-end chargé ! Merci pour vos commentaires ils me font extrêmement plaisir, vous n'avez pas idée, et j'espère que cette suite vous plaira ! Merci particulièrement à Opalita que je tiens à rassurer : Tom ne va pas devenir guimauve. Genre jamais.
Je ne donne pas de dates pour le prochain pour ne pas vous faire attendre pour rien mais ça restera pour dans une semaine maximum :-) !
Dites-moi ce que vous pensez de ce nouveau chapitre !