Elle s'attendait à pleins de chose mais certainement pas a la réaction du patron en la voyant arrivé, la lèvre supérieure légèrement ouverte, gonflée, les yeux encore mouillés et les cheveux défaits.

-Bon Dieu Delmas qu'est-ce qui est arrivé? Je sais que tu n'es pas une agent de terrain mais je ne pensais pas qu'aller chercher le repas de midi représentait une mission dangereuse…

-Ce n'est pas sa faute patron…Elle a été attaquée…répondit courageusement McGee sous le regard dur de Gibbs

-Attaquée?

-Chase.

Elle s'en voulut de frémir rien qu'à l'évocation de ce prénom.

-Pardon Gibbs…je veux dire…pas d'excuse, je sais…je ne voulais pas…

Eh ben voila qu'elle s'emmêlait les pinceaux, mais qu'est-ce qui n'allait pas avec elle aujourd'hui. Ne voyait elle pas qu'elle gâchait une chance unique de bosser au NCIS. Et ces foutues larmes qui recommençaient a vouloir couler.

-Raconte moi ce qu'il s'est passé, dit il en prenant le ton qu'il réservait d'habitude aux victimes ou témoins de ses affaires.

Elle essaya d'être le plus précise possible, relatant les moindres détails qu'elle avait notée, et elle savait être douée pour noter les détails auxquels peu de civils faisaient attention.

-Et ça a commencé quand?

Un nouveau gargouillis résonna dans le carré silencieux, elle se retourna en riant a travers ses larmes vers Tony qui lui rendit un sourire désolé.

-Je crois que votre repas est un peu détruit agent Dinozzo, dés..

Elle ne finit pas, se tournant d'un quart vers Gibbs qui lui adressa un regard entendu.

Une fois tout le monde installé et servis, elle commença son histoire.

-Bien, vous savez tous que j'ai été en Palestine et Israël. Et avoir ce genre de visas sur un passeport vous amène a être interrogé selon les pays dans lesquels vous souhaitez rentré. Ici compris. Surtout avec mon expérience...particuliere. Ma demande de visa ici a été accepté, comme pour n'importe quel touriste, à la base je ne souhaitais resté que quelques semaines. Un espèce de voyage linguistique. Mais arriver à l'aéroport, au moment de franchir la douane, un employé est venu me chercher accompagné de deux fédéraux. A ce moment là, je ne savais pas que c'était le FBI. Je suis une jeune étudiante en psychologie, qu'est-ce que le FBI me voudrait? J'ai répondu à leurs questions, souvent les mêmes qu'ils répétaient, dans le désordre, histoire de me rendre confuse. Pourquoi est-ce que je venais dans le pays, y avais-je de la famille, et Israël, la Palestine, Gaza, etc…Bien sûr, ils n'avaient rien pour me retenir. Même si les informations sur moi étaient assez pointues, rien de compromettant. L'un des agents était Chase. Jarod Chase.

Elle s'arrêta pour reprendre son souffle mais n'osa pas pour autant relever la tête vers son auditoire.

-Il était tard lorsque je suis sortit de leur bureau, extenuée et pas très rassurée de prendre le taxi dans la nuit dans une ville inconnue. Chase la vue et a proposé de me ramener. J'habitais à l'hotel en attendant de me trouver quelques chose de moins cher. On a échangé nos numéros de téléphone. Et le lendemain et le surlendemain, je trouvais des messages de sa part à la réception. Je ne connaissais pas la ville, ne savais pas trop ce que je cherchais ici et…il se proposait de me faire faire un tour dans le coin durant le week end. J'ai accepté. Un délicieux week end, puis deux puis…il était parfait...Trop parfait…Et j'étais faible rajouta-t-elle doucement,

Visiblement perdue dans ses souvenirs elle stoppa de nouveau.

-Je sortais d'une expérience violente et lui n'était que douceur et attention à mon égard. Je ne suis pas certaine de l'avoir aimé avec un grand A, mais…ça me faisait du bien de passer ces dimanches avec lui. Puis, il a voulu plus.

Elle baissa les yeux et serra deux secondes la mâchoire.

-En tout, cela a durer deux mois. Je devais commencer à réfléchir pour savoir ce que je voulais faire, renouveler mon visa? Touristique ou étudiante? Trouver un logement, du travail? Ou rentrer en France ou rien ne m'attendait. Un soir, il est arrivé avec un papier me donnant le droit de rester encore 6mois sur le territoire américain. Il parlait d'avenir. Moi, je ne savais même pas ce que serais mon lendemain et puis…Je ne me sentais pas sur la même longueur d'onde, je ne savais pas trop où j'en étais et…Appelez ça de l'instinct si vous voulez mais, je n'ai jamais eu beaucoup de…succès avec les hommes, et lui, fantasme sur patte des femmes, s'intéressait a moi…Et les questions ont commencées…les mêmes qu'à l'aéroport, plus celle de ma vie a Gaza…souvent il revenait sur le sujet…trop souvent.J'ai voulus arrêter notre relation. Il a refusé. Et a commencé a dire que je lui appartenait. Un soir, après…

Son rougissement dit ce que ses mots ne pouvaient pas,

-J'ai fait mon sac et suis partis. Ça à été dur les premières semaines. J'ai changé deux fois d'adresses, de numéros de téléphone, de travail.

Elle lâcha un rire sans joie.

-Ça venait tout juste de se calmer. Ironique non?

-Pourquoi ne pas avoir prévenue la police?

-Il est agent du FBI Ziva.

-Est-ce qu'il c'est montré physiquement violent?

-Jamais de trop. Juste de quoi m'impressionner mais sans jamais me blesser. Maintenant, vous devez vous dire que je suis une piètre psychologue si je ne peux même pas voir le danger dans le comportement d'un homme comme Chase.

-Tu l'as très bien expliqué toi-même. Tu étais perdue. Et d'après ce que j'ai lu sur cette…expérience que tu as fait on le serait a moins. Tu n'es qu'une civile Delmas.

-Quand vous étés vous séparer? demanda Tony

-5semaines.

-Il a lâcher l'affaire rapidement.

-C'est-ce que je me suis dit aussi. Mais je n'ai pas vraiment eu le temps de me pencher sur la question. Il fallait que je trouve un stage ou un travail pour pouvoir rester ici. J'ai déménagé. Bref, je l'avais presque oublier si vous voyez ce que je veux dire.

-Ce type a le profil d'un harceleur.

-Et il est passé à l'acte tout a l'heure.

-Je crois que je suis bonne pour déménager de nouveau.

-Tu dis que le dossier du FBI sur toi est nickel

-Oui Gibbs, là bas je n'ai aidé que des femmes et des enfants pour la plupart handicapés. Rien à voir avec le Hamas ou le Hezbollah ni Al Quaeda.

Elle vit du coin de l'œil Ziva se mordre la lèvre mais ne dit rien, se plongeant dans son reste de salade.