Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.

Merci pour vos reviews, elles me touchent beaucoup ! Un grand merci aussi aux reviewers anonymes à qui je ne peux pas répondre.

Bonne lecture !!!

*****************

Chapitre 6 : Explications

Carlisle caressa tendrement le visage de son fils. Son cœur était serré, il ne supportait pas sa souffrance, il n'avait jamais vu une telle détresse dans ses yeux. Jasper avait réussi à calmer son frère, il avait donc pu le ramener à la villa sans trop de difficulté, mais lorsqu'il l'avait déposé sur le lit, le jeune homme s'était à nouveau agité. Jasper ne pouvant rester auprès de lui à cause de l'odeur de sang, Carlisle s'était dépêché de lui administrer un sédatif avant qu'il ne se blesse davantage. Il s'était retrouvé seul avec Edward, sa famille étant sortie de peur de céder à la tentation ou d'effrayer le jeune homme. Le médecin avait profité de la léthargie de son fils pour le soigner. Quand il eut terminé, il fit disparaître tout ce qui pouvait être imprégné du sang du jeune homme pour que personne ne soit tenté… Après avoir vérifié une dernière fois qu'Edward dormait bien, il le borda et déposa un baiser sur son front avant de sortir de la chambre.

Carlisle descendit lentement les escaliers sachant que tous l'attendaient en bas avec leurs interrogations. Les membres de sa famille étaient installés sur les canapés, la grande baie vitrée était ouverte, Billy se tenait sur le seuil à ses côtés Seth s'était assis à même le sol. Jacob et Sam restaient debout derrière le vieil indien, ils étaient sur leurs gardes.

Esmé se leva et vint se blottir contre lui. Lentement, le médecin prit place dans un fauteuil, son épouse s'assit sur l'accoudoir, l'enlaçant toujours de ses bras. Carlisle ferma les yeux pour tenter de remettre de l'ordre dans son esprit, puis, peu à peu, il commença son récit. Personne ne l'interrompit et quand il eut terminé, il releva enfin la tête, il put voir leurs visages heureux et pour certains soucieux.

« - Je suis d'accord avec vous Carlisle, il y a de la magie là-dessous, affirma Billy en brisant le silence qui s'était installé, cependant, c'est un sujet que je connais mal. Je peux toujours demander aux autres anciens s'ils connaissent quelqu'un qui serait susceptible de nous aider.

-Je vous remercie Billy, affirma le médecin.

-Je ne comprends pas pourquoi c'est si important de savoir ce qui s'est passé ? S'étonna Rosalie. L'essentiel c'est qu'Edward aille bien et qu'il soit à nouveau parmi nous !

-Et puis Victoria est morte ! Rappela Emmett.

-Vous avez raison, mais je pense que rien n'est dû au hasard dans cette histoire et pour moi Victoria n'était qu'un pion, lâcha Carlisle. Ce jour-là, quelqu'un avait décidé de détruire les Quileutes, une personne qui avait des connaissances magiques, cette personne représente une menace pour nous tous et nous devons savoir qui elle est. Avez-vous une idée ?

-Nous avons flairé une trace peu après l'explosion, avoua Sam, mais la personne a réussi à nous semer.

-Faut pas oublier que personne ne s'en est pris à nous depuis ce jour-là, fit remarquer Seth.

-Il ou elle doit rassembler ses forces. Il y avait une grande puissance magique, suffisante pour affaiblir son propriétaire. Son échec doit l'avoir rendu fou de rage, réalisa Billy.

-Il va vouloir s'en prendre à Edward ? S'inquiéta Esmé.

-Peut-être, répondit Carlisle, mais cette personne n'est pas la seule menace. Imaginez la réaction des Volturi s'ils venaient à l'apprendre ?

-L'Italie est loin et puis s'ils viennent, je les empêcherai de toucher à un seul cheveu de la tête de mon frère ! Lâcha Emmett qui souriait à la pensée d'une bagarre.

-On ne fait pas le poids face à eux ! Gronda Jasper tout en fusillant le brun du regard.

-Et puis il n'y a pas qu'eux, continua Carlisle. Avez-vous entendu parler des Desmorts ?

-Non, répondit un peu trop vite Billy.

-Vous mentez mal, souffla le médecin ce qui arracha un grognement à Jacob, mais peu importe… Les Desmorts sont de très puissants sorciers, s'ils apprennent ce qui est arrivé à Edward, ils voudront l'étudier et se l'approprier.

-Volturi, sorciers… On va pas s'ennuyer, ricana Emmett.

-Il est donc important que personne ne sache qu'Edward est vivant, annonça Carlisle d'un ton sérieux.

-Et Bella ? Demanda soudain Alice.

-Quoi, Bella ? S'écria Jacob.

-Il me semble qu'elle devrait être au courant, fit remarquer le petit lutin tout en lançant un regard agacé au Quileute qui montrait des signes de colère.

-Il se souvient de rien ! Et puis, elle est bien mieux sans lui ! Déclara Jacob.

-Tu ne peux pas prendre cette décision pour elle ! S'exclama Alice.

-S'il ne se souvient pas d'elle…, commença Rosalie qui se fit foudroyer du regard par sa sœur. Ok ! J'ai rien dit !

-Il m'a demandé qui était Bella, avoua Carlisle.

-Ah ! Lâcha Alice d'un cri victorieux.

-Mais il n'a nullement paru intéressé par ma réponse, termina le médecin.

-Ah ! Fit Jacob arborant à son tour un air vainqueur.

-Alice, l'interpella doucement son père, je pense ne pas me tromper en disant que tu ne vois pas Edward ?

Tous virent la vampire se concentrer, mais au bout de quelques secondes, elle poussa un soupir de frustration.

-Non, confirma-t-elle, je ne le perçois pas. C'est comme s'il était protégé par un voile.

-Il nous faut des réponses, reprit Carlisle, j'ai demandé à une de mes amies, qui est aussi une sorcière, son aide. Elle ne devrait pas tarder à arriver.

-Une amie sorcière ? Répéta Billy étonné. Vos relations m'étonneront toujours…

-J'ai pas mal voyagé, j'ai rencontré beaucoup de gens, ma curiosité et ma soif de connaissances en étaient sans doute la cause, admit le médecin, c'est ainsi que j'ai aussi côtoyé Carlotta Desmorts.

Carlisle ne lâcha pas du regard le visage de Billy et il sut que le Quileute connaissait la sorcière. L'indien eut un léger signe de la tête, le médecin cligna des paupières lui faisant ainsi comprendre qu'il n'insisterait pas, du moins, pour le moment.

-Je suis navré d'aborder ce sujet, dit Billy après quelques minutes de silence, mais est-il raisonnable qu'un humain vive parmi vous ?

Ses paroles déclenchèrent des grognements menaçants chez les vampires, Carlisle leva la main en un geste apaisant.

-Ce n'est pas un humain, grogna Esmé, c'est mon fils !

-Edward ne risque rien, affirma le médecin.

-Ouais, bien sûr, c'est pas son frère qui voulait le bouffer tout à l'heure ? Rappela Sam.

-A moins que vous ne comptiez le transformer à nouveau ? Interrogea Billy qui affichait un air réprobateur.

-Non ! S'écria Rosalie. Personne ne le touchera !

-Rose a raison, confirma le chef de famille. Personne ici ne souhaite le transformer. Edward peut avoir une vie normale : une femme, des enfants, aucun de nous ne voudrait le priver de ce bonheur.

-C'est à votre tour de mentir Carlisle, lança Billy d'un air sévère, vous ne supporterez pas de le perdre une seconde fois, même si c'est de vieillesse.

-Pour l'instant, vous pouvez être tranquille, déclara le médecin en lui lançant un regard noir, je vais le ramener à l'Institut.

-Quoi ? S'écria Emmett.

-Pourquoi ? S'énerva Rosalie.

-Mais il doit rester avec sa famille ! Protesta Alice.

-Une famille qui l'effraie, lui rappela tristement Carlisle, il a besoin de temps. Il semblerait que plusieurs souvenirs le hantent. Il a besoin de comprendre ce qu'il est et ce qu'il a été, c'est seulement à ce moment là qu'il pourra revenir vers nous.

-Peut-être qu'à son réveil, il aura changé d'avis, espéra Esmé.

-Nous allons le savoir, murmura Carlisle en levant la tête vers l'étage. Je suis désolé de vous demander ça, mais…

-Nous partons, comprit Billy, tenez-nous au courant des progrès de votre enquête.

-Je n'y manquerai pas, assura le médecin.

-Et nous, on va chasser, déclara Jasper en prenant la main d'Alice.

-Non, je veux voir Edward ! Insista sa femme.

-Il n'est pas en état, dit doucement Jasper en lui caressant la joue.

-Embrasse-le de notre part, murmura Rosalie à son père.

-Dis-lui que nous l'aimons, demanda Esmé en suivant ses enfants. »

Carlisle gagna rapidement l'étage, il entra silencieusement dans la chambre de son fils. Il s'assit sur le lit. Il admira son visage encore paisible alors qu'il se réveillait lentement. Il comprenait la peur de son fils, mais il avait envie d'être égoïste, il voulait qu'il reste ici, auprès de sa famille, auprès de lui… Edward entrouvrit les yeux, il semblait perdu. Puis, les souvenirs revinrent, sa respiration se fit saccadée, le rythme de son cœur s'affola. Carlisle posa sa main froide sur sa joue espérant ainsi capter son attention. Les yeux émeraude trouvèrent les siens, il sentit son fils se calmer quelque peu, mais son cœur se serra à la vue des larmes qui coulaient sur ses joues. Carlisle les essuya avec douceur avant de replier la couette du lit, enveloppant son fils à l'intérieur, pour le prendre dans ses bras.

« -Veux-tu en parler ? Murmura Carlisle au bout d'un moment.

Pour toute réponse, Edward bougea la tête en signe de refus. Le médecin retint un soupir, il aurait aimé tout lui raconter, lui parler de l'amour que lui portait sa famille, de la douleur qu'ils ressentaient à cet instant de le savoir si proche et pourtant si loin… Toutefois, il se tairait, Edward avait besoin de temps.

-Je suis désolé, chuchota Edward, sa voix brisée par ses pleurs.

-Tu n'as pas à l'être, affirma son père.

Carlisle pouvait sentir la tension qui habitait le corps d'Edward et il se demanda comment ce dernier pouvait encore rester lucide. Son fils semblait être partagé, l'hésitation se lisait sur son visage, peut-être qu'Esmé avait raison ? Edward avait peut-être changé d'avis, peut-être allait-il rester ? A cette idée, un sourire éclaira son visage.

-Je veux que tout ça cesse, dit le jeune homme d'un ton décidé.

Carlisle fut surpris par sa voix soudain si sûre, mais il était aussi intrigué par ses propos.

-Que veux-tu dire ? Questionna le père.

-Si tout rentre dans l'ordre alors la douleur cessera, assura Edward, on pourra être à nouveau une famille.

-Ne me demande pas ça, murmura Carlisle qui s'était raidi en comprenant ce qu'Edward voulait.

-Pourquoi ?

-Je… Je ne suis pas sûr de pouvoir te dire non, avoua le médecin.

-Alors, ne le fait pas.

-Non ! S'écria soudain Carlisle. »

Le médecin sortit rapidement du lit. Il passa une main lasse sur son visage. Le monstre qui était en lui s'éveillait, désireux de goûter à ce sang si délicieusement offert, lui rappelant la moindre de ses saveurs. Carlisle serra les poings. Il devait se maîtriser, en cet instant, ce n'était pas la bête qui était la plus dangereuse mais le père qui craignait de voir disparaître son enfant, s'il le mordait, Edward serait avec eux pour l'éternité… Il sursauta en sentant une main chaude se poser sur son bras. Il se retourna et croisa le regard suppliant de son fils.

« -Mords-moi, ordonna doucement ce dernier. »

Carlisle se pencha, sa main effleura la joue d'Edward. Ses mains se posèrent sur ses épaules, collant son corps chaud et accueillant contre le sien dur et froid. Il pouvait entendre son cœur s'emballer dans sa poitrine, sa respiration s'accélérer sous l'effet de la peur, pourtant, il ne bougeait pas. Carlisle se rapprocha un peu plus, respirant le parfum enivrant de son odeur. Ses lèvres frôlèrent la mâchoire de son fils, puis, elles glissèrent lentement vers son cou dont elles apprécièrent la douceur. Il pouvait sentir le sang palpiter dans la veine qui se trouvait juste là sous sa peau, frêle barrière, à peine une morsure et il pourrait se repaître de sa saveur. Le venin emplit sa bouche alors que sa langue survolait la veine palpitante.

Alors qu'il allait s'abandonner à sa soif, une image s'imposa violemment à l'esprit de Carlisle : Edward debout devant une maison enlaçait tendrement une jeune femme de sa main gauche, alors que de son bras droit, il tenait fermement un petit garçon âgé de quelques années seulement. L'image sembla s'agrandir sous ses yeux, il put distinguer les traits de l'enfant, un regard rieur émeraude, un menton volontaire, des cheveux cuivrés indisciplinés, il n'eut aucun mal à identifier son géniteur. Une autre image apparut. Carlisle se vit assis à son bureau, sur ses genoux le petit garçon dessinait alors que lui feuilletait distraitement un livre.

Le flash disparut aussi rapidement qu'il était apparu. Il réalisa alors avec horreur que ses lèvres touchaient la peau si fragile d'Edward. Brusquement, il se recula et se retrouva adossé contre le mur, son fils le fixait d'un air empli d'incompréhension.

« -Pardonne-moi, supplia Carlisle qui n'osait plus croiser son regard.

-Pourquoi ? … Pourquoi ne veux-tu pas me transformer ? Murmura Edward en s'effondrant.

-Je ne peux pas…

-Tu l'as déjà fait, lui rappela le jeune homme.

-Tu étais mourant ! Se justifia Carlisle qui tentait de se calmer. La vie est précieuse Edward. Tout est encore confus dans ton esprit, tu ne réalises pas ce que tu pourrais perdre…

-Je suis prêt à tout perdre pour retrouver ma famille, souffla si bas Edward que Carlisle ne l'aurait pas entendu s'il n'avait pas une ouïe surdéveloppée.

-Que veux-tu dire ?

-Tu ne le feras pas ? Tu ne me transformeras pas ?

-Non.

-Alors, ramène-moi ! Je veux rentrer à l'Institut !

-Edward, je t'en prie, ne réagit pas comme un enfant ! Ce n'est pas parce que je ne veux pas que tu dois obligatoirement partir.

-Il le faut pourtant, murmura son fils. Dois-je me débrouiller pour rentrer ou vas-tu me raccompagner ? »

**************

Edward regardait sans le voir le paysage qui défilait sous ses yeux. Un silence pesant régnait dans l'habitacle de la voiture. Carlisle avait essayé de lui parler, mais le jeune homme avait repoussé toutes ses tentatives. Edward ne voulait pas lui parler de peur de ne pouvoir maîtriser son chagrin. Tout aurait été si simple si son père avait accepté de le transformer, il aurait pu vivre à nouveau avec eux. Il pouvait comprendre le refus de ses frères et sœurs, il était humain, il serait un poids, un animal de compagnie qu'on leur imposait. A cause de lui, ils devraient être sans arrêt sur leurs gardes, réfréner leur envie de boire son sang, il imaginait la difficulté que cela serait pour eux de vivre ça au quotidien. Leur éternité deviendrait un véritable enfer. Alors, si pour qu'ils soient heureux il devait partir, il le ferait. Il était dur de les quitter, mais le plus difficile était de se détacher de Carlisle, son père. Il sentait son amour, il en avait besoin. Cependant, aujourd'hui, Carlisle s'était dressé contre toute sa famille pour le protéger et il était hors de question que son père se fâche avec les autres à cause de lui. Oui, partir était la meilleure solution pour tout le monde. Seulement, Carlisle n'était pas du genre à abandonner facilement, il allait devoir le blesser pour qu'il se détache de lui. Rien qu'à l'idée de le faire souffrir, des larmes menacèrent de s'échapper, il serra les poings tout en se mordant la lèvre inférieure. Il ne devait pas craquer.

Edward s'obligea à penser à autre chose. Il revit le garçon de la forêt, celui qui s'était transformé en loup. Quand la transformation avait eu lieu, des images avaient afflué, une bataille, des dizaines de nouveau-nés, la famille Cullen et la meute de loups-garous se tenant côte à côte. Il se souvenait de la rage et de la peur qui l'avait habité ce jour-là. Elles s'étaient décuplées lorsqu'il avait aperçu une vampire à l'épaisse chevelure rousse. Il s'était battu contre elle. Il avait éprouvé un immense soulagement lorsqu'il avait brûlé son corps démembré. Il était apaisé car la vampire ne pourrait plus s'en prendre à elle. Mais qui était cette fille pour qui il s'était battu ? Il était sûr qu'il s'agissait de la même personne dont l'indien avait parlé avant de l'attaquer. D'après ce qu'il en avait déduit, le loup et lui aimaient la même personne. Pourtant, l'aimait-il vraiment ? Il se souvenait de toutes les personnes importantes de sa vie, sauf elle. Pourquoi ? Edward frissonna en sentant un regard intense peser sur lui, Carlisle cherchait manifestement à deviner ses pensées.

Edward poussa un soupir de soulagement lorsqu'il se rendit compte qu'ils étaient arrivés. Sans attendre, il ouvrit sa portière. Il avait à peine fait un pas qu'il sentit ses jambes le trahir, il tituba avant de sentir une poigne ferme le soutenir. Il releva la tête et croisa le regard inquiet de Carlisle, il aurait aimé s'écarter du médecin, mais il était incapable de tenir sur ses jambes. Sans un mot, Carlisle le prit dans ses bras. La grande porte en bois s'ouvrit et Ambre s'effaça pour les laisser entrer. Edward s'attendait à des questions, mais la jeune femme ne dit rien se contentant de les laisser entrer. Carlisle gagna la chambre du jeune homme et l'allongea sur son lit.

« -Edward…

-Tais-toi, coupa son fils d'une voix froide, laisse-moi !

-Je t'en prie, supplia Carlisle, son fils frissonna en entendant la tristesse dans sa voix. Pardonne-moi, je ne…

-Va les retrouver !

-S'il te plaît…

-Carlisle, coupa Ambre, je pense qu'il est temps que tu partes.

Edward lança un regard reconnaissant à la jeune femme qui ouvrit la porte de la chambre, signifiant ainsi son congé au médecin.

-Je reviendrais demain, affirma Carlisle en effleurant sa joue.

Le jeune homme sentit ses larmes glisser silencieusement, il mordit dans son poing pour étouffer un gémissement de détresse, sachant que son père détecterait le moindre son. Il aperçut à travers le voile de ses pleurs le regard protecteur et doux d'Ambre. Elle s'approcha du lit et déposa un paquet de mouchoirs en papier près du jeune homme.

-Pleure, murmura-t-elle, pleure, ça va te faire du bien.

-Je … vais… les perdre, sanglota-t-il.

-Non, souffla Ambre en le prenant dans ses bras, laisse-leur du temps.

-Ils … Je ne suis … plus l'un des leurs…

-Si, c'est toujours ta famille, assura la jeune femme, il faut juste que tu retrouves ta place.

-Non…

-Edward, écoute-moi bien, demanda Ambre en l'obligeant à le regarder dans les yeux, cela fait quelques jours que tu as commencé à retrouver tes souvenirs, tout est encore flou dans ton esprit, tu es perdu. Ils t'aiment autant que Carlisle t'aime, je t'interdits de penser autre chose.

-Je…

-Non, ça suffit ! Je veux que tu laisses sortir ton chagrin et ta colère. Tu verras qu'après tout sera clair. Tiens, bois ça !

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda le jeune homme en fixant la tasse fumante. Où et comment…

-J'allais boire une infusion quand vous êtes arrivés, expliqua Ambre, bois, ça te fera du bien. »

Edward prit la tasse, Ambre l'aida à se redresser. Lentement, il but plusieurs gorgées sous le regard attentif de la jeune femme. La main d'Ambre caressait toujours ses cheveux en un geste apaisant, il pouvait sentir son corps se détendre, ses paupières se firent lourdes. La tasse disparut, Ambre la lui avait reprise alors qu'il commençait à s'endormir. Edward pouvait entendre la voix douce de la jeune femme à son oreille. Ses paroles étaient rassurantes même s'il n'en comprenait pas le sens. Il sentit des lèvres chaudes se poser sur son front, avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

***************

Ambre observa le visage endormi et serein d'Edward. Elle ne put retenir un geste de tendresse en déposant un baiser sur son front. Décidément, Edward Cullen mettait à mal ses résolutions, ses projets… Elle se leva et sortit à regret de la chambre, elle n'aimait pas le laisser seul, surtout dans cet état, et même si elle savait qu'il était plongé dans un sommeil réparateur. Ambre descendit l'escalier, elle passa devant Dorothy et ignora ses questions pour rejoindre Carlisle qu'elle savait toujours à l'extérieur. Elle trouva le médecin adossé à sa voiture, ses yeux tristes étaient perdus dans le vague.

« -Il dort, annonça-t-elle en prenant place à ses côtés.

Un silence s'installa entre eux. Ambre ne souhaitait pas forcer le médecin à parler, il se confierait s'il en avait envie.

-Tu ne me poses pas de questions ? Finit par demander Carlisle.

-C'est vrai que j'en ai, mais cela ne me regarde pas.

-Je te ramène mon fils en larmes, il porte des traces de coups et toi tu ne dits rien ?

-S'il y a une chose dont je suis certaine c'est de l'amour que tu portes à Edward et je peux affirmer que c'est réciproque.

-Je l'ai déçu et j'ai failli faire quelque chose de monstrueux, révéla le médecin honteux, j'ai perdu son amour.

-Tu as tort. Contrairement à toi, j'ai vu le regard qu'il t'a lancé quand tu es sorti. Il souffrait, Carlisle, il souffrait énormément.

-Je ne comprends plus, je ne sais plus ce qui est le mieux pour lui.

-Et je pense que ton fils est dans le même état d'esprit. Donnez-vous une nuit de réflexion et je t'assure que demain après-midi quand tu reviendras, tout ira mieux.

-Demain après-midi ?

-Oui, Dorothy et Agnès emmènent les autres au musée.

-Tu veilleras sur lui ?

-As-tu encore besoin de poser la question ? Sourit la jeune femme.

-Non, répondit Carlisle en lui rendant son sourire.

-Tout va s'arranger, promit Ambre en le serrant dans ses bras. Bonne nuit.

-Bonne nuit. A demain.

-J'y compte bien. »

Ambre regarda la voiture quitter l'allée du manoir. Elle rentra dans la maison et tomba nez à nez avec ses deux amies qui l'attendaient avec anxiété. Comme elle s'y attendait, Dorothy dénonça le comportement du médecin. Elle voulait même prévenir la police comme le petit bout de chou était revenu blessé. Ambre dut utiliser toute sa force de persuasion pour la calmer et finalement au bout d'une heure de discussions acharnées, Agnès réussit à entraîner Dorothy vers sa voiture pour qu'elle rentre chez elle.

Ambre gagna rapidement son appartement. Elle enfila une tenue confortable, puis, comme la dernière fois, elle prit son livre et un plaid pour aller s'installer dans un fauteuil de la chambre d'Edward pour le veiller.

************

Alice courrait à travers les bois. Ils pensaient qu'elle avait prétexté son besoin de chasser pour pouvoir être seule et réfléchir, seul Jasper avait peut-être une idée de ce qu'elle faisait réellement, mais elle savait qu'il ne l'en empêcherait pas. Elle ne cessait de se répéter que tout était de sa faute, si elle s'était tu, si elle avait fait confiance à Carlisle, tout se serait bien passé. Edward aurait passé quelques jours à la villa, seul avec son père, réapprenant à vivre parmi eux, retrouvant progressivement ses souvenirs, apprenant à y faire face. Elle avait tout gâché en revenant avec toute la famille. Elle comprenait la réaction de son frère et ne le blâmait nullement. Quel être humain n'aurait pas réagi ainsi en se retrouvant face à un clan de vampires et à une meute de loups ? Comment aurait-elle réagi si elle avait vu son frère se jeter sur elle pour s'abreuver de son sang ? Jasper ne cessait de se reprocher sa réaction, elle avait tenté de le convaincre qu'il n'était en rien responsable du départ d'Edward, mais son mari ne cessait de se torturer en repensant au moment où le sang si désirable de son frère avait frôlé ses narines. Elle ne pouvait plus supporter cette situation, elle devait faire quelque chose, tenter d'arranger la situation, c'est pour cela qu'elle courrait tôt ce matin en direction de Port Angeles.

Le soleil se levait quand elle arrivait devant l'Institut. Elle monta les marches du perron d'un pas hésitant. Elle n'arrivait pas à lire l'avenir dès que cela touchait à son frère, elle appréhendait donc sa réaction, ne sachant pas s'il apprécierait ou non sa visite. Alice sentait sa détermination s'effilocher, elle n'avait pas assez réfléchi aux conséquences de sa venue, peut-être Edward serait encore plus effrayé et qu'à cause de sa petite visite il ne voudrait plus les voir ? Le cœur lourd, elle fit demi-tour. Elle avait descendu deux marches quand l'impressionnante porte en bois s'ouvrit. Alice se retourna et se retrouva face à une jeune femme blonde dont le visage accueillant la séduit aussitôt. Elle était belle avec ses yeux bleus pétillant de malice, ses cheveux mi-longs de la couleur du soleil qui bouclaient gracieusement, frôlant à chacun de ses mouvements le haut de ses épaules. Par contre, Alice ne put s'empêcher une moue réprobatrice lorsque ses yeux tombèrent sur le vieux jogging difforme dont était affublé la jeune femme.

« -Je savais bien que j'avais entendu du bruit, dit la blonde en lui adressant un sourire.

Alice haussa un sourcil, elle était certaine de ne pas avoir fait de bruit, mais peut-être la jeune femme l'avait-elle aperçu ?

-Je peux t'aider ? Demanda-t-elle face au silence de la brune.

-Je suis désolée, s'excusa Alice, je n'avais pas vu qu'il était aussi tôt et je viens de me rendre compte que c'était une mauvaise idée… Je suis vraiment navrée. Au revoir.

Alice afficha un sourire empli de regret avant de tourner les talons et de partir d'un pas lourd, mais la voix de la jeune femme la stoppa.

-C'est dommage d'avoir fait un si long chemin et de ne pas entrer voir ton frère !

-Mon frère ? Répéta Alice sous le coup de la surprise.

-Tu es bien l'une des sœurs d'Edward ? N'est-ce pas ?

-Comment savez-vous que… ?

-Intuition féminine, répondit la jeune femme. Allez, entre ! Je m'appelle Ambre.

-Et moi c'est Alice, se présenta la vampire en entrant dans le hall. Je suis vraiment désolée de vous déranger.

-Premièrement, si tu veux que tout se passe bien entre nous, tu vas me tutoyer et deuxièmement, tu ne me déranges absolument pas.

-Merci, souffla Alice reconnaissante.

-Viens avec moi à la cuisine, proposa Ambre qui, une fois entrée, continua à préparer le petit déjeuner pour ses pensionnaires. Carlisle sait que tu es ici ?

-Non, avoua Alice en affichant une mine contrite.

-Je devrais sûrement te sermonner sur les risques que courent les jeunes filles de ton âge à se balader seule au petit matin, mais je ne le ferais pas. D'après ton père, ses enfants sont mûrs et réfléchis, j'imagine donc que tu as une excellente raison d'être venue.

-Carlisle a tendance à ne voir que le meilleur de nous, confia Alice.

-Comme tous les parents, lui fit remarquer Ambre. Bien, puisque tu es là, tu veux bien me rendre un petit service ?

-Oui, bien sûr.

-Monte ce plateau à un de mes pensionnaires, s'il te plaît. Tu prends l'escalier, puis le couloir sur la gauche. C'est la dernière porte au fond. Ca ira ?

-Oui, assura Alice en s'emparant du plateau.

-Oh, Alice ! L'interpella Ambre. Fais attention, il est grognon ce matin. Ne le laisse pas te mordre !

Alice observa la jeune femme pendant un instant, se demandant si elle devait prendre ses propos au pied de la lettre, mais le visage d'Ambre restait parfaitement neutre. Elle gagna alors l'étage, appréhendant un peu la rencontre avec ce pensionnaire qui ne semblait pas avoir toute sa tête. Elle allait frapper à sa porte quand elle réalisa que si ce jeune homme mordait, alors, elle aussi ! Et c'est d'un pas bien plus assuré qu'elle entra dans la chambre avant de se figer sur place. Son regard doré croisa un regard émeraude.

-Bonjour, Edward, le salua-t-elle en prenant garde de s'approcher doucement pour ne pas l'effrayer.

-Alice ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je t'apporte ton petit-déjeuner, annonça sa sœur en posant d'un air triomphant le plateau sur les genoux du jeune homme.

-Merci, murmura-t-il tout en la fixant d'un air étonné.

Alice put sentir le regard de son frère peser sur elle alors qu'elle prenait place au fond du lit. Une fois installée, elle s'appliqua à poser sur lui un regard affectueux, elle ne voulait pas qu'il ait peur d'elle.

-Tu devrais manger avant que ça ne soit froid, lui rappela-t-elle.

-Que fais-tu ici ? Répéta son frère sans bouger.

-Je suis venue pour te parler, avoua Alice, enfin, en vérité, je suis plutôt venue pour te supplier.

-Me supplier ?

-Oui, je te supplie de me pardonner. Tout ce qui s'est passé hier est ma faute. Si je n'avais pas eu cette vision, nous ne serions pas rentrés et je n'aurais pas tout gâché.

-Alice, tu n'as…

-Non, ne m'interromps pas. Je comprends que tu ais eu peur de nous, mais sache que Jasper n'arrête pas de culpabiliser, il s'en veut d'avoir voulu te … enfin… te manger… Rosalie est folle de chagrin de ne pas pouvoir prendre soin de son frère, Emmett rêve des plaisanteries et des délires qu'il pourrait partager avec toi, Esmé est une mère qui attend avec impatience le retour de son fils et Carlisle, enfin, c'est Carlisle… Je t'en prie, essaie d'y penser, nous aimerions tous que tu rentres à la maison, que notre famille soit à nouveau réunie… Si tu savais dans quel état nous étions quand nous avons appris ta mort… Edward, on fera tout ce que tu veux, mais s'il te plaît, essaie au moins de passer quelques jours avec nous ?

-Tu penses réellement ce que tu viens de dire ? Murmura son frère d'une voix enrouée. Je … Je ne serais pas pour vous… un fardeau ? … Un animal de compagnie ?

-Comment peux-tu penser que… Oh, non ! Tu nous as entendus hier ?

Son frère hocha doucement la tête pour confirmer ses propos.

-Mais Edward, on ne savait pas qu'il s'agissait de toi ! S'écria Alice. On pensait que Carlisle voulait te remplacer… Edward, tu es notre frère et je te jure que nous t'aimons tous !

Alice sentit son cœur se serrer quand elle vit des larmes dévaler le long des joues de son frère. Utilisant sa vitesse, elle retira le plateau et le prit dans ses bras. Tendrement, elle le berça.

-Je suis désolé, avoua Edward, je suis idiot d'avoir pensé que vous ne m'aimiez plus parce que j'étais humain.

-Je dois dire que ton amnésie est une bonne excuse pour justifier ta stupidité, plaisanta Alice. Allez, tu dois manger !

Alice ramena le plateau et resta assise près de lui le temps qu'il déjeuna.

-Ce n'est pas trop dur ? Demanda Edward en avalant une gorgée de jus d'orange.

-Je me suis habitué à l'odeur de la nourriture, même si ce n'est pas agréable.

-Je ne parlais pas de ça, maugréa son frère.

-Tu ne m'attires pas plus qu'un autre humain, avoua Alice, mais je sais que cela demandera de l'entraînement pour Jasper, il est végétarien depuis moins longtemps que nous.

-Je ne veux pas qu'il se sente mal à l'aise en ma présence, si je rentre, il va devoir sans cesse se surveiller.

-Ne t'inquiète pas pour lui, je peux te garantir qu'il sera fou de joie que tu rentres, affirma Alice.

-Pour Carlisle aussi s'est dur, se rappela Edward.

-Pour lui, c'est un peu différent. Tu es la première personne qu'il a mordu, il y a un lien étrange qui existe entre vous, un lien très fort. Quand tu as disparu, nous avons cru le perdre… Bon, cessons de parler de choses tristes ! Il va falloir préparer ton retour à la maison ! Tu veux que je prépare tes valises ?

-Je n'ai pas beaucoup d'affaires… Non ! Non ! … Alice, je t'interdits de faire ça ! J'ai plein de vêtements à la maison !

-Mais il t'en faut des nouveaux ! Protesta-t-elle. Et puis comment sais-tu que je pensais à ça ?

-Je te connais !

-Juste un ou deux pantalons et quelques chemises ? S'il te plaît ?

-Tu crois que je suis en état de faire les boutiques ?

-Ok, mais je vais quand même te prendre deux ou trois trucs et quand tu iras mieux on ira faire du shopping !

-Pitié, souffla Edward.

-Dis-moi, tu crois que je pourrais refaire la garde-robe d'Ambre ? Parce que son jogging il est vraiment pas terrible ! »

Alice ne put retenir un sourire devant la mine exaspérée de son frère. Elle s'approcha et déposa un rapide baiser sur sa joue avant de se mettre à sautiller un peu partout dans la pièce, laissant libre cours à sa joie.

*******************

Ambre ferma quelques secondes les yeux, puis, un sourire satisfait illumina son visage. Tout se passait bien. Elle se félicita une nouvelle fois d'avoir demandé à Carlisle d'attendre l'après-midi pour venir, le médecin allait avoir une excellente surprise. Elle se mit à chantonner tout en remplissant le bol de lait de Natacha, tout se déroulait comme prévu…

********************

Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu… Ne vous inquiétez pas Bella ne va pas tarder à arriver…

Je mettrai la suite en ligne dimanche dans la journée.

Bonne soirée à tout le monde !