Comme un Cosmonaute perdu dans un Comics


- Un vélo ?

- Oui, tu sais où je peux en trouver un d'occasion ?

Alice ne semblait pas convaincue.

- Isa, de chez toi au campus, ça fait une heure en vélo environ.

- J'aime bien faire du vélo, sourit-elle.

C'est ainsi que par un samedi matin, elles se retrouvèrent toutes les deux à regarder des bicyclettes suspendus au mur.

- T'en veux un comment ?

- Qui pédale.

Alice éclata de rire. Alice éclatait toujours, pas que de rire.

- Oh regarde ce rose pâle, il est juste trop chou !

Elle commença à le dorloter comme un animal de compagnie.

- Il coûte trois cents dollars

Tandis qu'Alice se perdait dans les beaux yeux bleus du vendeur, un autre bleu plus royal attira l'attention d'Isabella. Un bleu parsemé par des touches jaunes d'étoiles enfantines. Trois cent dollars. Isabella avait trouvé la porte d'entrée pour un nouvel univers. Un petit univers qui débute par le revêtement du vélo et qui poursuivra son chemin les poignets enserrés.

- C'est celui-là que je veux !

- Il coûte le même prix, mais je n'ai pas encore remplacé les roues.

Le vendeur était maintenant à côté d'elle. Il était un peu rouge.

- Vous voulez que je vous le descende ?

- Oui, je veux bien.

Il désagrafa le deux-roues qui lévita quelques secondes par dessus leurs têtes. Isabella pressa les freins.

- Il m'a l'air de fonctionner. Vous savez quand je peux le récupérer ?


- Oh il était trop chou ce Jasper ! souffla Alice dans son café latté.

- De quoi ? C'est la marque du vélo rose ?

Elle commença à glousser.

- Mais non, Jasper, le vendeur !

- Ah ! Le blond ? Il a viré tomate à cause de toi.

- Je lui ai demandé son numéro, j'veux me le taper.

- Il te l'a donné ?

- Bien-sûr. Elle esquissa un sourire en coin. Je lui ai déjà envoyé un message pour lui dire de prioriser le vélo de mon amie.

- T'es sérieuse ?

- Bah quoi ? Il a dit oui. Il a dit que tu l'aurais d'ici lundi.

- T'es folle, dit Isabella en riant.

Elle frappa sa poitrine d'un coup de poing.

- Oh oui je suis folle et il est fou de moi, je me meurs ! Il faut bien être fou de quelqu'un, sinon tu t'ennuie. T'es pas folle de quelqu'un toi ?

- Quoi ?

- Y'a pas quelqu'un qui te plait ?

Elle hésite.

- Non, personne.


La première chose qu'Isabella remarqua lundi en allant chercher son vélo, c'est la mine déçue du vendeur en la voyant arriver seule.

- Vous pouvez aller faire un petit tour, et me dire si tout va bien

- D'accord.

Elle enfourcha son vélo, mis son pied sur la pédale. Mais apercevant du coin de l'oeil la tête abaissée du garçon :

- Proposez un rendez-vous, Jasper, elle vous dira oui. Puis elle commença à cavaler.

Les rues de Brooklyn étaient étonnamment ensoleillées pour une journée d'automne. Et dans ce soleil pavé entravé par des feuilles mortes, Isabella y glissa ses roues et ses pensées. Alice n'était pas venu exprès. Elle voulait qu'on lui court après. Etre couru après, ça doit être agréable. Aussi agréable que le crissement que les feuilles tombés des arbres de Cadman Palaza Park faisaient, écrasés sous sa bicyclette. Impatient, désiré, promesse d'un nouveau printemps, être couru après.

- Isabella !

Elle appuya sur les freins sur le champs. Quelque chose dans cet appel l'avait comme saisie toute entière, tout d'un coup. Comme une bulle d'onomatopée qui écrase la case d'une bande dessiné. D'une case à une boite. Une boîte à musique. Et la manivelle recommence à tourner :

- Isabella…

Elle se retourne. Il était à trois mètres.

- Edward ?

Il était essoufflé. Il était appuyé sur ses genoux à l'aide de ses paumes. Son étonnement se transforma en inquiétude.

- Qu'est-ce qui se passe ? Quelque chose ne va pas ?

Elle descendit de son vélo pour se diriger vers lui.

- Non, je t'ai vu en passant.

Il avait repris quelque peu son souffle.

- D'accord…bonjour alors !

- Bonjour !

Petit silence, certaines gouttes de sueur, un vélo entre ces deux, un oeil qui traine.

- Tu vas bien ? repris Isabella, un peu agitée.

Quelque chose était désaxé dans cette sueur, témoin d'une précipitation hors programme. Ce décalage rendit Edward maladroit.

- Oui, oui ! Je… Tu es passé devant moi.

- Oui. J'ai un nouveau vélo !

- Je faisais mon jogging, il désigna son survêtement. Je t'ai vu passer devant moi, je t'ai appelé une fois, je ne pensais pas que tu allais m'entendre.

- Ah d'accord ! Je suis désolé de t'avoir interrompu.

Ses doigts se crispèrent sur le guidon.

- Non, non, c'est … Je voulais prendre une pause, un peu.

- T'as couru longtemps ?

- Une trentaine de minute.

- Ca n'a pas dû être facile, il fait chaud aujourd'hui…

La fin de sa phrase se perdit en un murmure. Edward avait commencé à boire l'eau au goulot. Quand le plastique de sa bouteille se tordit sous pression, il la regarda enfin. Elle manqua d'air à son tour.

- Tu fais du vélo ?

- Je viens de l'acheter.

- Ah oui c'est vrai, tu me l'as dit.

Il l'inspecta quelques secondes. Elle sourit.

- Il a l'air cool. Il fonctionne bien ?

- Oui !

Il n'attendit pas sa réponse pour venir tâter la roue avant. Il se relève.

- Tu allais où ?

- Je dois retourner au magasin, ils m'ont laissée l'essayer avant de payer la somme intégrale. Je retourne chez moi, après.

- Je t'accompagne, on rentrera ensemble comme ça.

Un rire s'échappe.

- Très bien.

Il lui sourit à son tour.

- C'est quoi ce motif ?

Il pointa les étoiles du doigt, il se moquait un peu. Elle prit part au jeu.

- Quoi ? Ne l'insulte pas, d'accord !

- Pourquoi ? Il est vexé ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est un vélo de cosmonaute, il faut le respecter.

- De cosmonaute ?

- Petite je voulais être cosmonaute, et ça, c'est un vélo de cosmonaute. Il flottait et il était plein d'étoiles.


Merci pour votre lecture, et désolé pour cette longue absence.

Cette histoire ne voulait pas m'abandonner et je me dois donc de la finir. Je promets d'être beaucoup plus régulière ! (minimum un chapitre hebdomadaire)

J'espère que ce petit (plutôt long pour ce concept) chapitre vous a plu ! :)

ps : je cherche une beta lectrice, si quelqu'un est intéressé !

pps : les reviews sont vraiment un gagne-pain, c'est les 3 reviews que j'ai, que j'ai relu qui m'ont donné envie de continuer ce projet, donc...n'hésitez surtout pas ! (hihihi)