Merci aux lecteurs et leurs petits commentaires que j'aime retrouver chaque semaine en rentrant sur ma petite boite mail ^^ Et la suite est là !


Le livre sur ses genoux glissait inexorablement de ses mains, tandis que Pearl, le dos appuyée contre les nombreux livres qui surplombaient les étagères, luttait pour garder ses paupières ouvertes.

Horcruxes.

Elle avait enfin finit par mettre la main sur le bon livre et avait rectifié son erreur de prononciation.

Avec un bruit sourd, le lourd volume tomba sur la moquette poussiéreuse, la faisant sursauter. Elle observa la pièce autour d'elle et se releva, étouffant un bâillement, le livre sous le bras.

Cela faisait deux semaines qu'elle avait cherché, cherché, et encore cherché pour finalement découvrir ce vieux livre miteux et malodorant, tout en bas de l'étagère, coincé entre deux bouquins abominables et surement illégaux.

La boutique de Barjow et Beurk n'ayant rien donné, elle avait écumé l'allée des embrumes et était tombée sur cette petite boutique exposant d'horribles ongles en vitrine. Et la vendeuse lui avait montré sa mini bibliothèque à l'arrière boutique.

Il se faisait tard et cela faisait plus de vingt quatre heures qu'elle était éveillée sans interruption.

Depuis la fin désastreuse la mission du bal avec Severus, elle avait du fournir des explications à Dumbledore et les autres membres de l'ordre trop curieux à son goût. Dumbledore l'avait regardé un bon moment, stupéfait lorsqu'elle lui avait raconté qu'une bagarre avait éclaté d'un coup, sans que personne ne sache d'où cela provenait, et qu'elle et Severus s'étaient retrouvés accidentellement au milieu de tout cela.

Bref, ils n'avaient pas ramenés d'anciens mangemorts vers leur camp, vu que de toute manière, ils n'étaient même pas là. Dumbledore avait suspendu pour quelques semaines leur futur mission, leur recommandant de ne pas se faire remarquer. Un exploit apparemment difficile pour leur équipe.

Elle se dirigea vers le comptoir où la vendeuse, une vieille femme hideuse aux dents pourries, étaient occupée à boire un verre en feuilletant la Gazette du Sorcier.

Pearl posa son livre sur le comptoir et sorti de sa poche quelques gallions. La vieille femme leva les yeux du journal et jeta un œil avide aux gallions.

« Seulement cinq gallions ? Ce livre est très ancien et il recèle de nombreux des secrets les plus noirs de la magie... »

Pearl fronça les sourcils, voyant déjà où cette histoire de prix allait la mener : à la ruine totale de son coffre à la banque.

Elle s'appliqua à prendre un air supérieur et lança d'une voix cinglante :

« Cette chose aurait de la valeur ? Vous vous moquez de moi. Ce n'est même pas l'original qui, pour votre gouverne, ce trouve dans la réserve de Poudlard. Faîtes très attention aux personnes à qui vous vous adresser... »

Le sorcière pâlit et jeta un œil aux gallions.

« Étant donné le temps que vous avez passé dans ma boutique... Je vous le vend pour six gallions et trois mornilles. »

Comme si c'était un marché satisfaisant. Pearl retira néanmoins quelques pièces supplémentaires qu'elle jeta sur le comptoir avant de prendre le vieux volume et de le fourrer dans son sac. Elle sortit dans la fraiche obscurité de la nuit et se dirigea vers le chaudron baveur.

Et maintenant ? Qu'allait-elle faire ? Rejoindre son frère ? Elle venait de découvrir quelques explications sur les horcruxes, qu'elle avait lut rapidement. Elle entrait dans les horribles détails quand elle avait commencé à somnoler. Ce truc était vraiment horrible. Tuer pour découper son âme en morceau... Il fallait vraiment être sadique pour faire un truc pareil. Elle en avait encore des frissons.

Elle prit place au comptoir du chaudron baveur, perdue dans ses pensées, commandant distraitement une bièraubeurre. Elle n'avait pas remarqué l'homme qui venait d'entrer, et ne s'aperçut de sa présence seulement lorsqu'il prit place à ses côtés.

« Bonsoir. Est-il vraiment raisonnable de prendre un verre à cette heure-ci ? »

Elle tourna vivement la tête pour voir Severus Snape, un sourire narquois aux lèvres, attendant sa réponse.

« Vous pourriez vous manifester de manière plus calme, et pas en prenant les gens par surprise comme ça ! »

« Oh, désolé, vraiment. Et je croyais que le vouvoiement était à proscrire ? »

Pearl le fusilla du regard.

« Ça, c'est une règle que vous avez inventé avant de vous enfuir comme un voleur. Et après avoir du expliquer n'importe quoi à Dumbledore pour le mystérieux dérapage de la mission, je pense retourner au vouvoiement. »

« Avouez que de toute manière, quelque soit le moyen de se justifier, nous serions passés pour des fous. »

« Enfin, et vous, que faites-vous là ? »

Severus détourna le regard un instant.

« Une requête de Dumbledore. »

Pearl ne voyait pas précisément de quoi il parlait, mais elle se doutait que son travail d'espion s'y trouvait impliqué.

« Et vous ? »

La question qu'elle voulait éviter.

« Le travail au Ministère. »

Ce qui était en partie vrai. Elle avait terminé tard cette nuit.

Il acquécia distraitement en observant quelque chose près de l'entrée. Puis il détourna le regard vers elle.

« Malefoy vous a vue rôder dans l'allée des embrumes ces derniers temps. » annonça-t-il de but en blanc.

Pearl qui avait levé sa bouteille s'immobilisa. Puis, elle prit le temps, délibérément, d'en boire une gorgée avant de se tourner vers Severus.

« Le Seigneur des Ténèbres vous surveille depuis que Lucius s'est plaint de votre manque d'entrain envers le statut de votre sang. C'est surtout pour cela que Dumbledore préfère que nous fassions profil bas. »

Pearl ne dit rien, fixant sa bièraubeurre. Alors comme ça, Voldemort et Malefoy la gardait à l'oeil ? Intéressant.

« Puis-je vous demander ce que vous fabriquiez de ce côté là du chemin de Traverse ? »

« Rien de bien intéressant pour qui que ce soit » marmonna-t-elle.

Un lourd se fit entre eux. Lorsque Pearl releva finalement la tête vers Severus, ils se dévisagèrent l'un l'autre, leurs visages arborant une expression de défi pour elle, de frustration et de colère pour lui.

« Rien... de bien intéressant ? » répéta-il lentement, un rictus déformant ses lèvres.

« Exact. » dit-elle d'un ton ferme.

Severus finit par perdre son calme.

« Ne soyez pas ridicule, vous ne ferez croire cette idiotie d'excuse à personne ! » gronda-t-il, ses yeux lançant des éclairs.

« Je ne vous ai rien demandé alors restez en dehors de ça ! » lui cria-t-elle en bondissant de son tabouret.

« Rester en dehors de quoi ? »

« Ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde pas, c'est pourtant simple. »

Severus plissa les yeux, l'observant avec intensité.

« Je ne sais pas ce que vous manigancez mais vous feriez mieux de faire très attention... »

« Je n'ai besoin de personne pour me donner ce genre de conseil. Maintenant, je vais vous laisser. »

Elle lui tourna résolument le dos et sortit du bar dans la rue moldue, déserte à cette heure-ci de la nuit. Mais elle s'en doutait, il n'allait surement pas la laisser s'en tirer aussi facilement. Les bruits de pas sur le pavé qui ne tardèrent pas à se faire entendre lui donna raison.

« Pearl ! » tonna-t-il.

Elle l'ignora, continuant de marcher droit devant elle à grands pas rapides.

Il y eut un crack ! juste devant-elle. Elle bondit en arrière, sa baguette pointée sur la poitrine de Severus qui venait de transplaner. Ses yeux s'attardèrent quelques secondes sur sa baguette avant de revenir sur son visage.

« A quoi vous jouez ? »

Pearl savait pertinemment qu'il ne parlait pas de sa baguette, bien qu'elle ne l'ait pas baissée d'un millimètre.

« Je ne joue à rien du tout. Écartez vous de mon chemin. »

« Non. » fit-il froidement. « Je ne bougerai pas tant que vous ne m'auriez pas donné d'explications. »

« Et qu'est ce que cela peut bien vous faire, hein ? »

« Je vous rappelle, que nous faisons équipe. Voilà, en quoi cela m'importe. Si vous faites n'importe quoi pour je ne sais quelles raisons... »

« Je ne suis pas un de vos élèves, alors inutile de me faire une leçon de morale. »

Severus fit brusquement un pas en avant, la baguette de Pearl étant désormais collée à sa poitrine. Il pencha sa tête tout près de son visage et débita dans un souffle :

« Pourtant, il semblerait que vous rappeler que si vous jouez avec le feu, je suis également concerné. Si à cause de vous, ma véritable allégeance est dévoilée parce que vous vous amusez à prendre des risques idiots... »

Pearl sentit une bouffée de colère monter en elle. Mais alors qu'elle ouvrait la bouche afin de lui faire comprendre qu'elle était sur le point de perdre patience, une voix retentit dans l'obscurité, la devançant.

« Fichez-lui la paix, vous voyez bien qu'elle ne veut pas avoir affaire à vous. »

Severus releva rapidement la tête, observant un point derrière elle. Pearl se retourna, pointant sa baguette sur la silhouette qui se détachait de l'obscurité.

« Et qui êtes vous ? » lança sombrement Severus.

Pearl se figea. Elle venait de reconnaître son frère.

« Une personne mieux intentionnée que vous, certainement. »

Severus avait plissé les yeux et sortit également sa baguette, sur ses gardes. Pearl abaissa légèrement la sienne, et réfléchit à toute vitesse. Severus ne pouvait pas le reconnaître, à cause de cet espèce de sort qu'il s'était fabriqué. Mais là, il fallait qu'un trouve un moyen, et rapidement de les éloigner l'un de l'autre.

Evan s'approcha, sa baguette négligemment dirigée vers eux, dans sa démarche nonchalante habituelle.

« Écartez-vous d'elle. »

Pearl reprit ses esprits. Il était préférable pour Severus d'ignorer la réapparition soudaine de son frère qu'elle lui avait annoncé mort depuis des années.

« Je n'ai surement pas envie de me joindre à vous. Severus, allons-y. » dit-elle en tournant délibérément le dos à Evan et faisant quelques pas dans la direction opposée.

Severus ne bougea pas d'un centimètre. Il observa successivement Evan, puis elle-même avant de reporter un regard dubitatif sur Evan.

« Allons, ce n'est surement pas avec ce looser graisseux que vous aviez envie de passer la soirée, n'est ce pas ? » lui cria Evan, d'un air entendu.

« La ferme ! On s'en va Severus... Severus ! »

Pearl l'attrapa par le coude et le tira vers elle. Il semblait sur le point de jeter un maléfice au visage d'Evan. Pearl lança un regard éloquent à Evan pour lui faire comprendre de cesser son manège, par quoi il lui répondit par un sourire narquois.

Severus, qui avait suivi l'échange, fronça les sourcils, l'air de réfléchir à un problème éminemment complexe.

« Qu'est ce que... » commença-t-il.

« Allons-y je vous en prie. »

Elle fut soulagée de le voir lancer un dernier regard assassin à Evan et transplaner en l'attrapant par l'épaule.

Dès qu'ils se retrouvèrent devant le Square Grimmauld, Severus se tourna vers elle, la colère déformant ses traits.

*888*

« Qu'est ce que tu fais ? »

Sirius se tourna et agita la main dans sa direction pour lui intimer de se taire.

Assis dans un fauteuil du salon, Remus fronça les sourcils, perplexe devant son ami qui lui tournait le dos, le front collé à la vitre de la fenêtre.

« Je te parie dix Gallions que Pearl dévisse la tronche de Servilus. » finit-il par répondre, espiègle.

Abandonnant la Gazette du sorcier qu'il tentait de lire, Remus se leva et rejoint Sirius à la fenêtre. Celle-ci donnait sur la rue moldue le long du square. Devant l'entrée de la maison des Blacks se tenaient Pearl et Severus, semblant se disputer. Impossible d'entendre ce qu'ils se disaient, leur voix semblant basses et étouffées de là où ils se trouvaient.

« Il vaudrait mieux les séparer avant qu'ils ne s'entretuent. » suggéra Remus sans toutefois esquisser le moindre geste pour accompagner ses paroles.

Sirius l'ignora.

« D'après toi, pour quelles raisons sont-ils encore sur le point de s'assassiner ? »

« Un nouvel échec de mission ? Ils n'ont pas ramené de foule... »

« Et ça m'étonnerait qu'un seul ex-mangemort débile nous rejoigne jamais. Dumbledore est tellement optimiste d'avoir pensé que cela fonctionnerait. Surtout avec ces deux-là... »

Ils se turent, observant Pearl croiser les bras et fusiller Severus du regard.

« Dix gallions qu'elle le gifle avant d'entrer. » lâcha Remus.

Sirius esquissa un sourire.

« Dix gallions qu'elle lui lance un maléfice ! »

« Tenu. »

Les deux hommes se tapèrent dans la main en souriant.

Soudain, ils virent les deux protagonistes détourner la tête en même temps. Ils virent que Tonks venait d'apparaitre, provoquant un silence gêné entre les trois sorciers.

« Ta petite amie va tout gâcher. » lâcha Sirius, agacé.

« Ce n'est pas ma petite amie, Sirius. C'est juste... »

« Ta petite amie ! » termina-t-il en lui lançant une bourrade entre les côtes.

« Ne recommence pas ! » gronda-t-il.

« Chut, regarde ! » s'exclama Sirius en pointant la fenêtre du doigt. « Oh non... » fit-il, déçu.

Pearl se contenta de lancer un regard dédaigneux à Severus avant de rentrer avec Tonks.

« Moi qui pensait me faire un peu d'argent grâce à eux... » bouda Sirius.

Le bruit de la porte d'entrée les obligea à se jeter sur le canapé et prendre un air tout à fait innocent.

*888*

« Pourriez-vous m'expliquer ce qui vient de se passer ? »

« Comment ? »

« Vous avez très bien entendu. Si je dois vous éclairer, disons que je suis sûr que vous connaissez cet homme. D'autant plus que je suis sûr de le connaître également... »

Il plongea dans son regard avec tant d'intensité que Pearl détourna les yeux, certaine qu'il essayait un de ses petits numéros d'occlumencie.

« Vous délirez. Je n'ai jamais vu cet homme auparavant. »

« Vous mentez. » assena-t-il.

Ils se toisèrent quelques secondes encore puis un crack ! leur fit détourner la tête.

« Bon sang ! Cette maudite robe... »

Tous deux reprirent conscience du fait qu'ils se trouvaient encore devant le 12, Square Grimmauld, leur dispute s'interrompant devant l'apparition de Nymphadora Tonks qui avait manqué de s'étaler sur le sol. Pearl accueillit cet instant pour se défiler, même si ce n'était pas très glorieux.

« Je vous souhaite bien le bonsoir ! » lança-t-elle avant de se tourner vers Tonks.

« Salut, Tonks, tu viens ? »

Elle lança un dernier regard à Severus avant de rentrer en compagnie de Tonks, claquant la porte au nez de Severus.

Elle entra dans sa chambre et souffla un bon coup. Toute cette histoire devenait dangereuse. Elle lança son sac sur le bureau et se laissait tomber sur la chaise en bois de celui-ci. Severus avait manqué de le reconnaître. Et de quoi son idiot de frère se mêlait ?

Secouant la tête, elle sortit le livre de son sac et l'ouvrait au chapitre qui l'intéressait. Elle savait à présent que ce genre de chose existait. Était-il vrai que Voldemort en ait créé ? Apparemment, oui. Elle en était sûre. C'était sans doute pour cela qu'il était revenu à la vie en juin, alors qu'il était censé avoir disparu depuis des années. D'après le livre, le simple fait d'en créer un seul mutilait affreusement l'âme, la rendant instable. Mais comment savoir combien ce déséquilibré en avait créé ?

Une seule solution : Evan. Le seul moyen d'en savoir plus était de se joindre à son cinglé de frère. Mais elle verrai cela plus tard, elle sentait qu'elle allait tomber de fatigue.

Une semaine passa avant que Pearl n'ose retourner au Chaudron Baveur et y trouver son frère, de peur d'éveiller les soupçons de Severus et des autres membres de l'Ordre. Elle avait recroiser Severus plus que d'habitudes cette semaine là, mais il s'était contenté de regards glacials et de monosyllabes. Quand il avait retenté de l'interroger sur ce qu'elle faisait à l'Allée des Embrumes, elle s'était sauvée la mise en prétextant réprimander Harry et ses amis qui passaient par là. Bref, il n'avait pas réussi à lui tirer les vers du nez, mais il redoublait de méfiance de son côté.

Et la dernière blague d'Albus Dumbledore était tombée la veille.

« Pearl, pourriez-vous venir une minute s'il vous plaît ? »

« Bien sûr... » répondit-elle, méfiante.

Elle se rapprocha du vieil homme qui l'invita à s'asseoir en face de lui, désignant la chaise de sa main. Elle prit place et attendit.

« Je voulais vous parler de l'équipe que vous formez avec Severus. »

Pearl se raidit. Il était revenu à la raison et allait la réprimander pour avoir tout consciencieusement gâché ? Être séparée de Severus lui enlèverait le poids par rapport aux interrogations sur ses agissements mais ce serait aussi moins amusant. L'homme lui plaisait bien, il était en passe de devenir un ami plus qu'un simple collègue.

« Allez-y » fit-elle d'un ton neutre.

« Comme vous le savez, la rentrée à Poudlard se fera le premier septembre, c'est à dire dans une semaine. Ainsi, vos missions avec Mr Snape seront compromises... Cependant, je préfère ne pas vous séparer aussi rapidement. »

« Pardon ? » s'exclama-t-elle, abasourdie.

Elle n'en croyait pas ses oreilles.

Dumbledore lui sourit.

« Je vous disais, ma chère Pearl, que je ne pensais pas mettre un terme à l'équipe que vous formez avec Severus malgré que cela soit la rentrée, et qu'il soit contraint de reprendre son poste d'enseignant à Poudlard. »

Elle fixa, les yeux ronds.

« Je suis désolée, mais je ne suis pas sûre de... »

« Laissez-moi vous expliquer. J'ai beaucoup aimé ce que vous nous avez fait pendant ce mois d'été, et malgré que la mission ne soit complète, disons que je préfère ne pas vous séparer. J'ai donc décidé de vous attribuer un poste à Poudlard. »

Elle fixa, la bouche entrouverte, abasourdie. Cet homme avait complètement perdu l'esprit, c'était certain.

« Vous êtes... satisfait de ce que nous avons fait ? »

« Oui, plutôt très content même. »

« Mais... On a rien fait ! » protesta-t-elle. « Nous n'avons pas réussi à vous ramener une seule personne. Tout ce qui s'est passé, c'est qu'on s'est bien fait remarqués. On est rentré bredouilles. »

Albus la fixa sans se départir de son sourire, ses yeux bleus pétillants de malice.

« Je vous prierai de m'excuser Pearl, mais je ne comptais pas à ce que vous rameniez réellement quelqu'un. En vérité, vous avez fait bien plus que ce que j'attendais. Je tenais surtout à ce que vous localisiez ces personnes et que vous nous renseignez sur leur position. Certains d'entre eux ont été introuvables pendants la dernière décennie écoulée. »

« Alors... Vous ne vouliez pas de nous pour les ramener... »

« S'ils avaient décidés de nous rejoindre, ils l'auraient sans doute fait avant. Une mince chance subsiste peut-être. A présent, nous avons une réponse pour deux d'entre eux. »

« Nous n'avons pas croisé ceux du bal. »

« En fait, si. Il s'agissait de la jeune femme qui vous a accueillie, son mari étant fondu dans la masse. Elle avait bu du polynectar. »

« Comment savez vous cela ? » s'exclama-t-elle, frustrée.

« Severus s'en ait rendu compte quand vous êtes sortis... Ses cheveux ont virés au roux. Il ne vous a rien dit ? »

« Avec tout ce qui s'est passé, je n'ai peut-être pas vraiment écouté... » marmonna-t-elle.

En vérité, elle planifiait d'avoir une petite conversation avec celui-ci dès que possible.

« Et maintenant ? »

« Je n'ai toujours pas trouvé de nouveau professeur contre les forces du mal, mais Cornelius Fudge m'a clairement indiqué que le Ministère allait m'en fournir un. » fit-il d'un air sombre.

« Et de qui sagit-il ? »

« Dolorès Ombrage. »

Pearl crut qu'elle allait s'étouffer.

« Ce femme ! » cria-t-elle presque. « Vous avez perdu la tête ? C'est bien la pire chose qui pourrait arriver à une école, hors Voldemort. »

Elle détestait cette femme autant que Lucius Malefoy, si ce n'est plus.

« C'est pour cela que je vais vous fournir un poste avec une nouvelle matière pour vous. »

« Pourquoi ne pas me confier ce fichu poste à sa place ? Je suis Auror, j'en connais un rayon sur les défenses. »

Albus lui sourit d'un air gêné.

« C'est très gentil de votre part, mais disons que ce poste n'est pas réputé pour la longévité de carrière de ses enseignants. »

Pearl fronça les sourcils.

« Vous, un superstitieux ? »

« Disons que les faits ne trompent pas à travers toutes ces années. Passons. » dit-il en agitant la main. « Vous serez chargée d'enseigner les premiers secours magiques. J'ai cru comprendre que vous aviez suivi un petit cursus de médicomage. »

« Mais attendez... Et mon travail d'Auror ? »

Dumbledore s'assombrit et son regard sembla se voiler.

« Je pense qu'il est plus judicieux de vous placer à Poudlard. J'ai un mauvais pressentiment du côté du Ministère. Je préfère placer mes élèves sous la plus grande sécurité possible. Et de plus, je ne pense pas que vous me contredirez, mais je n'ai pas l'impression que les aurors fournissent un travail réellement utile contre les mages noirs... »

Pearl émit un soupir las.

« C'est bien le gros problème de ce fichu Ministère de Grande Bretagne. » grommela-t-elle.

Il était vrai que passer son temps à faire de l'escorte et poursuivre un Sirius Black que vous retrouviez tous les soirs au dîner n'était pas vraiment ce qu'elle avait imaginé en venant travailler ici.

« Très bien, dans ce cas, nous nous retrouverons à Poudlard. »

Sur ce, il était sortit, la laissant seule.

Observant la pluie tomber à torrent par la fenêtre, Pearl décida de se sortir cette conversation de la veille et prit la décision de retrouver son frère. Personne n'aurait l'idée ni la motivation de la suivre sous un tel déluge ce soir.

« Je vais faire un tour. » lâcha-t-elle à Sirius en se levant.

« Avec ce temps là ? » s'étonna-t-il en relevant la tête de l'échiquier où il jouait contre les pièces seules.

Elle acquécia et sortit en attrapant son manteau.

Elle marcha rapidement le long du square, ses chaussures martelant les flaques d'eau. Elle emprunta plusieurs ruelles, bifurquant brusquement dans une ruelle avant de transplaner aussitôt. Elle poussa la porte du Chaudron Baveur bondé en ce jour de pluie, dégageant une mèche de cheveux sombres et trempés de son visage.

Se frayant un chemin à travers la foule, son regard tomba sur l'homme qui dînait seul à une minuscule table pour deux, l'air triste. Elle s'approcha de sa table et se campa devant lui tandis qu'il relevait la tête d'un air las. Son visage surpris s'éclaircit d'un coup.

« Tu es revenue ! »

Pearl haussa les épaules.

« Ouais. J'ai découvert que tu disais la vérité sur... »

« Chut ! Pas ici. Viens dans ma chambre. »

Elle le suivit jusqu'à l'escalier du bar qu'ils gravirent jusqu'au troisième et dernier palier. Ils entrèrent dans une chambre simple, composée d'un lit, d'une salle de bain et de toilettes. Très sobre entre autre.

« Comment tu connais cette histoire sur les horcruxes ? » attaqua-t-elle sans attendre.

Evan s'assit sur son lit et l'observa quelques secondes, l'air grave avant de répondre.

« Regulus Black. C'est lui qui a découvert ça, et il me l'a raconté avant de partir à la recherche de l'un deux et de disparaître à jamais. Il était vraiment sur les nerfs cet après-midi là, mais déterminé. Il m'a révélé comment cela fonctionnait, et l'endroit où il se rendrait pour détruire l'un deux. »

Un silence se fit entre eux. Pearl décida de le briser, les questions se bousculant dans sa tête.

« Combien y en a t-il ? Et où les trouver ? »

Evan secoua la tête mais une lueur s'était allumée dans ses yeux.

« Je n'en sait rien. Mais j'ai mes soupçons sur ta deuxième question. Regulus pensait qu'il n'y en avait pas plus d'un ou d'eux. Je suis persuadé du contraire ! Qui peut mettre au monde un type avec une tête pareille ? »

Pearl retint un rire devant la critique physique de Voldemort.

« Mon livre disait que tuer maltraitait l'âme, pas l'apparence physique... »

« Ton livre ne sait pas tout. Le Seigneur des Ténèbres possède de puissants pouvoirs, et il est sans doute celui qui les a testé aussi loin que possible. Pour créer les horcruxes, il faut tuer, hors cela ne le répugne pas, ça l'amuse. »

Pearl s'assit en tailleur sur le tapis poussiéreux de la pièce, en face d'Evan, réfléchissant.

« Où était caché l'horcruxes que Regulus a découvert ? »

« Dans une grotte où le Seigneur des Ténèbres aurait joué les petites frappes étant gamin, apparemment. C'était un médaillon. »

« Un médaillon ? »

« Oui, l'enveloppe ! » lança-t-il agacé. « Ce qui renfermait l'horcruxe était le médaillon de Salazar Serpentard. »

« Où aurait-il trouvé un truc pareil ? »

Evan haussa les épaules.

« Aucune idée. Le problème que j'ai c'est que je ne suis même pas sûr que Reg ait réussit son coup. Il n'a pas voulu de me dévoiler la position exacte de cette grotte, il disait que c'était trop dangereux et que c'était à lui de s'en occuper. Quel imbécile... »

Evan secoua tristement la tête.

« En tout cas, je suis quasiment sûr que son serpent en est un. »

« Il a un serpent ? »

Evan acquécia.

« Il se comporte comme un animal bien dressé. D'ailleurs ils communiquent entre eux de manière surnaturelle, même pour un fourchelangue. Aucun serpent ne peut être esclave à ce point. »

« Flippant. » commenta Pearl.

Un autre long silence suivit ses paroles, tandis que chacun réfléchissait à leurs paroles.

« Tu sais ce que ça signifie ? » finit-elle par lâcher.

Surpris, il lui jeta un regard interrogatif.

« Quoi ? »

« On a un moyen de le détruire. On a un moyen d'en finir pour de bon avec ça. Et on est les seuls à le connaître. Ne crois tu pas que nous devrions en faire part à quelqu'un ? »

« Tu es folle ! Si tout le monde était au courant, il aurait vite fait de brouiller les pistes et de cacher chacun d'entre eux dans des endroits improbables et à tout jamais. »

« Seulement, à seulement nous deux, on pourra pas faire grand chose. »

« Écoute, il faut qu'on garde ça pour nous pour le moment. Pour le moment, le Seigneur des Ténèbres se fait discret, mais quand il sortira de l'ombre se sera terrible. »

« Pourquoi tu as attendu autant de temps pour m'en parler ? »

Evan haussa fit une moue qui n'engageait à rien.

« Premièrement, quand Reg m'a raconté tout ça, je l'ai envoyé paître. J'étais encore aveuglé par le Seigneur des Ténèbres. Regulus croyait en moi. Je me suis fait passé pour mort après sa disparition grâce à un ami auror qui a déclaré m'avoir abattu. Quand j'ai vu que tout le mal que nous avions fait, ce qui restait des sorciers... J'ai repris conscience. J'ai fait mes recherches mais je n'ai pas osé trouver qui que ce soit. Et enfin, en juin, ma marque m'a brûlée. Depuis, c'est toi que je recherche... dans l'espoir que tu vas m'aider. »

Pearl soupira.

« Évidemment, vu que c'est pour la fin de cet assassin. »

Pearl déplia ses jambes et se releva.

« Je dois y aller. Écoute, dans quelques jours je pars pour Poudlard. On se tient au courant par hiboux sur ce qu'on fait, ok ? En attendant, change de lieu, Severus Snape a des soupçons. »

« Snape ? » cracha-t-il. « Je te conseillerais de ne surtout pas faire confiance à cet homme là. Sous son masque de neutralité, c'est un des plus dévoués au Seigneur des Ténèbres. »

Elle avait l'impression de se retrouver devant un Sirius Black éméché.

« Oui, bien sûr. » acquécia-t-elle distraitement. « J'y vais. On s'écrit ! »

Elle le serra brièvement dans ses bras avant de s'éloigner vers la porte.

« C'est bon de te retrouver Pearl. J'ai été vraiment idiot. » lança-t-il.

« Oui, c'est sûr. J'espère bien te voir te rattraper. »

Sur ce, elle sortit en refermant doucement la porte derrière elle.