Les personnages, lieux et événements que vous reconnaîtrez ne m'appartiennent pas. Ce ne sont que des jouets pour mon esprit torturé.

Bonne lecture.

Le Loup à la Lune.


Celle qu'elle était

Il faisait nuit. Il faisait toujours nuit. Des pays différents, des villes différentes, des hommes différents. Mais toujours la même nuit. Noire et moite.

Mais la nuit n'était pas éternelle. Thomas le lui avait dit. Thomas lui avait raconté le ciel, espace immense qui ne connaît aucune limite. Il lui avait raconté les nuages qui passent, blancs et cotoneux, emportés par des brises odorantes. Et le soleil, qui remplit les ruches de miel et commande aux moissons. Et les rivages lointains baignés de sable et de mer.

Mais Thomas était mort, et la lumière avait disparu avec lui. Et la nuit l'avait engloutie de nouveau. Toujours plus noire. Toujours plus moite.

Alors elle s'était enfuie. Elle avait trompé leur vigilance et s'était glissée hors des murs, se fondant dans l'ombre des ruelles désertes.

Elle savait qu'ils se lanceraient à sa poursuite, et elle savait qu'ils la retrouveraient. Tôt ou tard. Mais peu lui importait.

Elle devait voir le soleil se lever et sentir sa chaleur sur sa peau tiède. Elle devait voir ces rivages où le ciel et la mer se confondent en une immensité azurée.

Peu importait les conséquences.

" Par ici ! J'la vois ! "

Elle se retourna. Ils étaient là. Ils l'avaient retrouvée. Les battements affolés de son coeur l'assourdissaient.

Non. Elle ne se laisserait pas faire. Elle ne les laisserait pas l'enfermer dans une nuit éternelle.

Elle se mit à courir aussi vite qu'elle le pouvait. Elle s'enfonçait dans les ruelles obscures et sinueuses. Toujours plus loin. Toujours plus vite.

Les bruits de pas résonnaient derrière elle, de plus en plus proches. Elle s'arrêta et jeta des regards désespérés autour d'elle. Toutes les voies étaient sans issue. Toutes sauf une : une étroite ruelle plongée dans le noir le plus total.

Elle se précipita dans l'obscurité et heurta violemment une masse gigantesque. Etourdie par le choc, elle mit plusieurs secondes à réaliser qu'elle gisait par terre, recroquevillée sur elle-même.

Elle voulut se relever mais une douleur aiguë à la tête l'en empêcha. Elle porta une main hésitante à son front et sentit un liquide chaud et visqueux contre sa peau. Du sang.

" Par là ! "

Les voix se rapprochaient. Elle devait faire vite. S'appuyant avec précautions sur les dalles froides, elle réussit à se mettre assise, mais ses jambes tremblantes refusèrent de bouger. Les larmes aux yeux, elle scruta la masse imposante qui s'était dressée si cruellement devant elle, et son sang se figea dans ses veines.

Deux yeux immenses, ronds et oranges, la fixaient dans le noir.

" Te voilà ! Tu croyais peut-être pouvoir nous échap- "

" Mais qu'est-ce que- "

La masse gigantesque sembla se redresser sur ses pattes et s'avança lentement vers elle et ses poursuivants.

Horrifiés, les hommes reculèrent et sortirent leurs baguettes tandis que la faible lueur des réverbères révélait les contours de la créature.

Elle avait déjà vu des oiseaux, mais ceux qu'elle connaissait étaient petits et leur plumage était vif et coloré. Celui qui se dressait à moins d'un mètre d'elle était gigantesque, bien plus grand qu'elle, et ses longues plumes étaient d'un gris pâle.

L'oiseau monstrueux tourna son immense tête vers elle, et elle baissa la tête instinctivement. La gorge sèche, elle attendit.

" Eh bien, eh bien ! Qu'est-ce que tu as trouvé là, Buck ? "

Une voix rauque avait retenti dans le silence. Lentement, elle releva la tête.

Un homme avait surgi des ténèbres, grand et mince. Il s'approcha de la créature et se mit à la caresser de ses doigts maigres. Ses longs cheveux noirs cachaient son visage.

Sa voix retentit de nouveau.

" Je baisserais ces baguettes, si j'étais vous. Ca le rend nerveux. "

Ses poursuivants se concertèrent quelques instants à voix basse avant d'obéir. Puis, l'un d'eux s'adressa à l'étranger.

" Ecoutez, on n'a rien contre vous. On veut juste récupérer la fille. C'est tout. "

" La fille ... "

L'homme se tourna vers elle et la fixa sans rien dire.

Sentant que cet homme représentait sa seule chance de s'en sortir, elle rassembla le peu de force qu'il lui restait et se mit à ramper péniblement vers lui.

" Reste où tu es ! "

Elle jeta un coup d'oeil paniqué à ses bourreaux. Ils avaient levé leurs baguettes vers elle, mais un brusque mouvement de la créature les fit reculer.

Haletante, elle se cramponna aux jambes de l'étranger et força les mots hors de sa gorge malgré les sanglots qui l'étranglaient.

" Pitié ... pitié ... "

L'homme ne dit rien. Elle leva son visage terrifié vers lui et ses yeux rougis et suppliants se heurtèrent à un océan gris et froid.

Et le désespoir l'envahit.

Aucune flamme n'animait ce regard. Aucune vie. Aucun espoir. Cet homme était vide. Mort. Il ne ferait rien pour elle. C'était fini. Elle avait échoué. Bientôt, ils la ramèneraient dans sa prison de ténèbres, et la nuit l'engloutirait à jamais ...

Des convulsions agitèrent son corps fatigué, et elle s'écroula.


Une lumière intense embrasa les ténèbres. Elle soupira et se retourna dans le lit. Elle ne voulait pas se réveiller. Pas encore. Elle était si bien. Au chaud. A l'abri.

Si seulement cette lumière pouvait disparaître ... cette lumière ... cette ... lumière ?

Elle se redressa d'un bond et ouvrit les yeux, mais la lumière aveuglante l'obligea à les refermer.

De la lumière ... dans sa chambre ... impossible ... à moins que ... non ... non, c'était ridicule ... et pourtant ... une telle lumière ...

Elle entrouvrit lentement les paupières. Ce n'était pas sa chambre. Sa chambre était petite et poussiéreuse ... et noire.

Cette chambre était grande et belle ... et lumineuse. Tout y était lumineux : les draps du lit à baldaquin, le marbre de la cheminée, le pourpre du tapis ... et les fenêtres ...

Elle s'immobilisa. A travers les fenêtres ouvertes s'étendait un espace infini d'un bleu éclatant ...

Le corps tremblant, elle se leva et tituba lentement vers la haute porte-fenêtre ... et son coeur explosa dans sa poitrine.

Là, devant elle, s'étendait à perte de vue le ciel dans lequel glissaient mollement de fins nuages blancs. Et à l'horizon, étincelant et magnifique, le soleil.

Ses yeux s'embuèrent de larmes et elle se sentit glisser le long de l'embrasure jusqu'au sol. Elle fixa le soleil jusqu'à ce que sa brûlure l'oblige à fermer les yeux.

Alors elle rit. Un rire aigu. Hoqueteux. Ridicule. Le premier rire qui ait jamais franchi ses lèvres.

Puis elle rouvrit les yeux, et elle le vit.

Il était là, dans un coin, appuyé contre la rambarde. Sa chemise ouverte laissait voir sa peau sombre et tatouée, et la brise agitait doucement ses cheveux noirs. Il la regardait, de ses yeux gris et profonds. Et il lui sourit.

Et son sourire était plus étincelant que le soleil.


Notes de l'auteur :

Désolée de vous avoir fait attendre ! Mais je voulais absolument que ce chapitre soit parfait ! ( j'espère que c'est le cas, et que je ne vous ai pas fait attendre pour rien ! lol ).

Bon, une fois de plus, tout n'est pas très clair ! Mais les explications de cette scène devraient venir dès le prochain chapitre ! Alors patience !

Kloona : merci pour tes encouragements constants ! Ils m'encouragent vraiment beaucoup ( ce qui est logique ... pour des encouragements ... ) ! Bref, continue à me donner ton avis !

Harmonia Stone : Bienvenue dans cette fic ! Et ne t'inquiète pas, la réponse à tes interrogations viendra au prochain chapitre !

Shadox : contente que tu apprécies la nouvelle mouture du chapitre 5 ! Comme quoi, je suis un auteur attentif aux remarques de ses fidèles lectrices !

Carpe : je suis totalement d'accord avec toi ! Je trouve moi aussi que le thème de l'identité introduit par l'idée du métamorphomage est intéressant, et je vais essayer de l'approfondir au maximum !

Enola83 : je suis heureuse de voir que j'ai pu te surprendre ( après tout, c'était mon but ) ! Et tu as raison, Vénus est pleine de surprises ! Et j'espère que les prochaines t'étonneront toujours autant !

Corndor : deux nouveaux lecteurs en un seul chapitre ! Mais que demande le peuple ( lol )! Plus sérieusement, je te souhaite la bienvenue à toi aussi ! J'espère que tu continueras à lire ma fic ! ( mais Rémus et Tonks forment-ils vraiment un couple dans cette fic ? ah AH ! Vous verrez bien ! )

Et bien voilà ! J'espère avoir répondu à toutes vos questions ! Sinon, n'hésitez pas à me le dire, et je répondrai au prochain chapitre !

Alors à bientôt pour de nouvelles aventures toujours plus passionnantes ! (enfin, j'espère ! )

Biz.

Le Loup à la Lune.