La nuit avait été longue pour Isabella. Elle avait fait le tour du Nottinghamshire. Chaque village avait eu sa visite du Nigthwatchman. Elle n'avait plus que le village de Clun à aller voir. Elle l'avait garder pour la fin car il était voisin de ses terres et qu'il signifiait beaucoup pour elle. Elle s'avança dans le village et remarqua que des hommes fouillait le manoir. Le sang de la jeune femme ne fit qu'un tour. Elle s'approcha doucement de l'arrière de la maison et grimpa aisément jusqu'à une fenêtre. Elle ne connaissait pas vraiment le manoir. Elle n'avait vu que la salle du rez-de-chaussée. Elle se dirigea d'instinct vers ce qui semblait être la chambre principale de la maison. Elle entendit du bruit à l'intérieur. Un homme était penché sur des documents assis sur le lit. Il avait le dos tourné à la porte. Isabella entra sans faire de bruit. Elle s'approcha de l'homme et tira son épée doucement. Elle assomma le garde d'un coup derrière la tête avec le pommeau de son épée. Elle l'attrapa et l'allongea sur le lit. Elle s'empara des documents qu'il tenait à la main et les observa à son tour. Il s'agissait des documents attestant de la propriété de David sur ces terres. Isabella comprit que quelques choses n'allaient pas. Elle décida d'emmener avec elle tout ce qu'elle trouverait d'important. Elle prit tous les documents qu'elle trouva et les objets importants ou de valeur qu'elle trouva. Elle les enferma dans son sac. Il valait mieux que ce soit elle qui les gardent que les chevaliers noirs. Elle se décida alors à sortir de la maison aussi silencieusement qu'elle y était entrée. Elle avança dans le couloir. Alors qu'elle vérifiait que la porte ne claquerait pas derrière elle, elle sentit une présence derrière elle. Elle envoya un formidable coup de poing au garde qui surpris s'effondra sous le choc. Elle courut alors vers la fenêtre. Elle entendit alors que les gardes au dehors l'avaient repérée. Elle grimpa sur le toit de la demeure. Elle avança rapidement jusqu'à l'extrémité du toit alors que les soudards du Shérif la poursuivaient. Elle attendit qu'ils soient assez près, siffla et sauta sur sa monture au bas du toit. Elle se lança au galop vers la forêt. Elle pourrait aisément les perdre dans Sherwood.

David et le roi Henri avait chevauché toute la nuit. Ils avaient dû faire face à une poursuite soutenue. David avait reçu une flèche dans l'épaule. Ils avaient néanmoins réussi à semer leur poursuivants et maintenant ils entraient dans Sherwood. A cette heure, sa traîtrise devait être connu et il y aurait des gens chez lui. Les villages et les routes devaient être surveillés. Ils devaient rester discret. Ce soir David se rendrait chez Much pour lui faire part de la situation. Tous les partisans du roi étaient en danger et particulièrement les anciens proches de Robin de Locksley. La blessure de son épaule était lancinante mais supportable. Il n'avait de toute façon pas le temps de faire le délicat. Ils arrivèrent près de la cascade que David connaissait bien. Ils s'arrêtèrent et descendirent de cheval. Leurs montures avaient besoin de fraîcheur et de repos. David se pencha pour humidifier sa blessure. Le contact de l'eau froide le fit grimacer de douleur. Alors qu'il allait tenter à nouveau de bouger sa chemise maculée de sang, il entendit des pas de chevaux. Il fit signe au roi de se cacher derrière la cascade David sortit son épée et attendit l'arrivée de ce visiteur inattendu.

Isabella arriva à la cascade épuisée par sa course pour échapper aux hommes du Shérif. Elle remarqua deux chevaux sur le bord de la cascade. Elle descendit de cheval et s'approcha doucement vers eux. Elle mit la main sur la garde de son épée. Elle entendit un léger bruit derrière elle. Aussi vive que l'éclair, elle sortit son épée et se retourna pour faire face à son adversaire. Elle allait engager le combat quand elle arrêta son geste.

« - David ? »

David n'en croyait pas ses yeux. La dernière personne qu'il s'attendait à voir était bien Isabella. Il baissa son épée.

« - Isabella ? Mais que faîtes-vous là ?

- Mais et vous ? Vous étiez partis sans dire un mot. Vous êtes blessé ? »

La joie de revoir la jeune femme lui avait fait oublier la douleur de son épaule. Il assura Isabella que ce n'était rien. La jeune femme toucha du bout des doigts l'épaule de David et le vit tressaillir à ce contact. Elle retira sa main et lui sourit. David se sentit revivre en voyant le sourire magnifique de celle qu'il n'avait pas réussi à oublier. David lui expliqua rapidement la situation. Elle le regardait avec une expression de totale incrédulité. Ainsi ils avaient déposé le roi. Voilà qui expliquait l'attitude étrange des gardes de ce matin. David fit sortir le roi Henri de sa cache et fit les présentations. Isabella s'inclina devant le petit fils de sa tutrice. Elle décida de les accompagner jusqu'à l'ancien camp de son père dans la forêt. David n'était pas en état de combattre malgré ce qu'il disait et elle se sentirait plus tranquille. Ils arrivèrent et Isabella ouvrit le passage. Elle entra et mis les chevaux à l'abri des regards. Elle sortit un peu de nourriture et de l'eau fraîche pour les deux hommes. Ils mangèrent légèrement pendant que David racontait à la jeune femme les évènements de la St Jean. Elle l'écouta patiemment et lui parla ensuite de ce qu'elle avait vu à Clun quelques heures plus tôt. Alors qu'ils parlaient, le roi s'endormit sur une des couches de la cachette. Isabella se leva et sortit de quoi nettoyer la blessure du jeune Lord. Celui-ci protesta mais quelques remarques de la jeune femme suffirent à avoir raison de sa résistance. Elle s'approcha de David et lui demanda d'ôter sa chemise. Celui-ci s'exécuta avec douleur la chemise restant collé à sa blessure. Elle inspira et prit la gourde pour nettoyer la blessure. Elle versa doucement l'eau sur les muscles du jeune homme. Encore une fois le contact avec le liquide le fit grimacé.

« - Désolé. Murmura Isabella.

- Ce n'est rien. J'aurais dû me baisser. Ça m'apprendra à être plus prudent ! »

Le silence s'imposa à nouveau entre les deux jeunes gens. David voulait tellement lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur. De toute façon, il ne pourrait pas avoir plus mal ! Isabella décida de rompre le silence la première.

« - Pourquoi êtes-vous partit comme un voleur ? Demanda-t-elle tachant de retenir les sanglots qui lui nouaient la gorge.

- Je ne pouvais plus rester et vous obligez à faire semblant. Il m'a semblé plus judicieux de partir vers un endroit où on aurait besoin de moi.

- Un endroit où on aurait besoin de vous ? Mais nous avons besoin de vous ! Comment pouvez-vous penser que vous me rendiez service en partant ? Pourquoi les hommes se sentent-ils obligés de penser à notre place ?

- Isabella, je ne comprends pas. Vous ne vouliez pas de cet arrangement !

- Vous ai-je dit que je le refusais ? Je pensais que mes sentiments pour vous étaient une erreur. Je ne voulais pas refaire la même bêtises que mes parents ! Je ne voulais pas vous faire souffrir. Voilà mon erreur ! J'aurais préféré souffrir mille morts plutôt que d'apprendre votre départ précipité il y a deux jours ! Vous ne savez pas comment j'ai souffert, combien je me suis maudite de vous avoir laisser partir … »

Ses sanglots l'arrêtèrent. David resta interdit devant les paroles de sa chère Isabella. Elle l'aimait donc ? Il se sentit coupable de lui avoir causé toutes ces épreuves. Il était en colère contre lui. Quelle idée avait-il eu de partir d'ici ? Il s'approcha d'elle et la serra entre ses bras. Isabella se blottit contre son torse. Elle laissa aller toutes les larmes de son corps. Elle sentit sa main relever doucement sa tête. Il lui sourit, murmura un « Je suis désolé » et se pencha doucement pour emprisonner ses lèvres dans les siennes. Isabella se pressa alors un peu plus contre lui. Elle avait trop peur qu'il s'en aille. Il restèrent ainsi un moment enlacé essayant, sans doute, de rattraper le temps perdu à réfléchir pour le bien de l'autre.

David relâcha la jeune femme de son étreinte. Il la mettait en danger. Elle devait repartir à Locksley. Il la regarda et sourit.

« -Isabella, vous devez repartir ! Le Shérif pourrait venir chez vous et si vous n'y êtes pas vous risquez gros.

- Non ! Je ne partirais pas et je n'ai pas peur du Shérif.

- Mais moi j'ai peur pour vous. Cessez d'être une petite fille et partez.

- Faut-il vraiment que nous nous disputions à chaque fois que nous nous rencontrons ?

- Je dirai que c'est ce qui me plaît le plus ! Je vous en prie. Faîtes le pour moi !

- Très bien, je rentre. Mais vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça. Je vais tâcher de prévenir Much. Je pense qu'il va falloir mettre Allan à l'abri aussi.

- Tel que je le connais, il est déjà en route vers une cachette sûre ou il est en prison.

- Je vais me renseigner. Au fait, Lord Harry a repris votre rôle. Mais je pense qu'il restera indisposé un petit moment.

- Qu'avez-vous fait à cet homme ?

- Je lui ai rendu service et à nous aussi. Je suis d'ailleurs assez fière de pouvoir dire que grâce à moi, cet individu ne pourra sûrement plus se reproduire. Dit-elle en riant.

- Vous allez finir par vous attirez de gros ennuis.

- C'est dans les gènes. »

Elle l'embrassa et partit vers son cheval. Elle l'enfourcha et mis en place son masque et sa capuche. Elle regarda une dernière fois derrière elle et partit au galop vers Locksley.

Quand elle arriva sur la colline qui surplombe le village, elle vit que le carrosse du Shérif était devant sa porte. Elle ne pouvait pas rentrer chez elle en Nightwatchman. Elle décida de faire le tour du village et de s'approcher par l'arrière de la maison. Elle laissa son cheval à l'orée du bois et entra furtivement dans l'écurie. Elle aperçut dans la stalle de son cheval, une robe à elle. Luke avait dû la déposé là pour qu'elle ne se fasse pas prendre. Elle prit la robe et retourna comme elle était venue jusqu'à sa monture. Elle se changea rapidement défit ses cheveux et remonta à cheval. Elle refit le tour du village par la forêt et arriva comme si de rien était devant son manoir. Le Shérif sortit avec son fils et quelques hommes. Il avait un sourire mauvais. Isabella descendit de cheval et fit une révérence.

« - Mon seigneur ! Quelle surprise ! Je ne m'attendais pas à votre visite !

- Non je m'en doute. Où étiez-vous ?

- Partie inspecter des terres en bordure de mes domaines. Le temps est si chaud dans la journée que je préfère y aller tôt le matin.

- Bien sûr ! Nous venons saisir le contenu de votre grenier. A vrai dire c'est déjà fait !

- Pardon ? Mais ce grenier est ma propriété. Vous ne pouvez pas saisir mon bien.

- Il est vrai que « saisir » est mal choisi. Nous réquisitionnons votre blé.

- Cette réserve devait nourrir Locksley et Knigthon pour l'hiver !

- Quel dommage ! Mais soyez heureuse, il nourrira nos pauvres ventres affamés et ceux de l'armée qui va venir nous soutenir dans la région.

- L'armée ? Quelle armée ? Mais que ce passe-t-il ?

- Le roi est déposé. Les chevaliers noirs règnent en maître sur l'Angleterre ! répondit Grégory.

- Les chevaliers noirs ? Mais … Comment ?

- Pardonnez ma chère l'emportement de mon fils. J'espère que vous saurez quel camp adopter. Oh ! J'allais oublier ! Lord David est recherché pour haute trahison. S'il est retrouvé, il sera pendu. Je vous inviterez au spectacle. Au plaisir. »

Isabella se retint, pour sa sécurité et parce que David la tuerait, de faire quoi que ce soit. Elle attendit qu'ils soient tous partis et elle commença à donner ses ordres. Les récoltes tardives n'avaient pas eu lieu. Il y avait une pièce secrète derrière la cuisine. Elle devrait être assez grande pour y cacher les fruits de cette fin de récolte. Elle demanda à Patrick et Luke de faire le tour des villageois et d'expliquer la situation. Elle décida de se rendre immédiatement chez Much. Elle sortit et elle remarqua deux hommes au coin de la route. Elle entra dans le manoir et demanda à Luke et Patrick de ne rien faire pour le moment. Inutile de tendre le bâton pour se faire battre. Elle poursuivit sa journée normalement tout en surveillant les deux espions, qui n'étaient pas très fins ! Elle vit arriver dans l'après-midi la voiture de Much avec à son bord le seigneur de Bonchurch et ses deux enfants. Isabella fut ravie de les voir venir. Much lui fit compliment pour sa bonne humeur. Elle lui dit alors qu'elle était on ne peu plus contente car elle avait retrouvé l'objet qu'elle avait perdue et auquel elle tenait tant. Much sourit de manière bizarre. Isabella emmena les enfants avec elle à l'intérieur et fut suivi par Much. Il la regardait avec incrédulité. Isabella fit servir de l'eau fraîche à ses invités et s'assit en face de Much. Elle lui fit un large sourire. Les enfants demandèrent l'autorisation de jouer dehors avec les autres enfants du village. Quand ils furent sortis, Much se pencha vers la jeune maîtresse de maison.

« - Notre ami est revenu ? Mais où est-il ?

- Il est à un endroit que vous connaissez bien et il n'est pas seul. Je les ai rejoint tout à l'heure. Mais où est votre ami ?

- Il est en route pour l'endroit dont vous m'avez parler. Quand les soldats sont arrivés pour le chercher, il était parti. Les vieux réflexes ne se perdent pas !

- Je vois. Qu'allons-nous faire ? Le Shérif a fait saisir le contenu de mon grenier et une armée doit arriver dans quelques jours.

- Pouvez-vous vous éclipser ce soir ?

- Je pense.

- Alors retrouvons nos amis. Nous déciderons ensemble. »

Much resta une partie de l'après-midi puis il repartit avec les deux enfants.

David détestait devoir rester inactif mais pour leur sécurité ils ne devaient pas sortir de leur cachette. Heureusement les vieux pièges du frère de Luke était toujours en place. Il n'espérait pas voir quelqu'un y tomber mais au moins ils seraient prévenus si quelqu'un approchait. Il pensait la plupart du temps à Isabella. Il avait pu voir des gardes passer plusieurs fois dans la forêt et il espérait qu'elle n'avait pas eu d'ennui avec le Shérif. Il vit arriver dans l'après-midi deux cavaliers qui semblait très joyeux. Quand il eu reconnu Allan et Jean, il comprit qu'ils n'allaient pas s'ennuyer. Sherwood était redevenue un lieu de vie. Et quelle vie ! Allan serra David dans ses bras réveillant la douleur de son épaule. Le reste de l'après-midi se passa en rire et en souvenirs évoqués par les deux anciens compagnons. Le jeune roi semblait s'amuser comme un fou et avoir oublier la précarité de leur situation. David se dit qu'un dur travail les attendait pour le remettre sur le trône. Quand la nuit commença à tomber, il sortirent un peu de leur cachette. David se rendit à la cascade pour se débarbouiller. Il enleva son pansement et lava sa blessure. Il avait moins mal à l'épaule mais ça le picotait encore. Il remit sa chemise et se releva. Il sentit alors une main se poser sur son épaule valide.

« - Je vous avez dit de ne pas l'enlever avant demain. »

Entendant cette voix qui faisait vibrer son cœur, il se releva rapidement et emprisonna la jeune femme dans ses bras. Il la soulevait de terre et l'embrassait avidement comme si les quelques heures qui les avaient séparés avaient été des siècles. Il ne voulait pas la lâcher. Elle du lui demander plusieurs fois de la reposer.

« - Dieu ! Que je suis heureux de vous revoir !

- J'avais cru deviner ! Me voilà toute décoiffer ! Répondit-elle dans un éclat de rire.

- Vous ne savez pas quelle douleur c'est d'être loin de vous ! Mais je croyais vous avoir dit de ne pas revenir ici avant quelque temps pour éviter d'être suivie ?

- Pour un homme dont la douleur est si forte, vous semblez bien pressé de vous débarrassez de moi ?

- Vous savez bien que si je le pouvais je ne vous lâcherez plus d'une semelle.

- Alors je dois m'estimer heureuse que vous soyez contraint de vous cacher !

- Vous êtes cruelle !

- Si je suis cruelle alors je m'en vais.

- Si vous faîtes ça …

- Que ferez-vous ? »

Pour toute réponse, il entrepris de l'embrasser avec passion. Isabella s'abandonna dans ses bras. Elle se sentait pleinement heureuse. A ce moment précis rien n'aurait pu la sortir de la douceur de son bonheur d'être contre son amant. Elle était simplement heureuse. Rien ne comptait. Le Shérif aurait pu venir avec toute une armée, elle aurait fait face avec au creux de son cœur le même bonheur. Quand le baiser prit fin, elle lui sourit.

« - Je pense que je vais rester !

- Sage décision.

- Nous devrions rejoindre les autres avant qu'ils ne se fassent de fausses idées.

- Je suis et je demeure à vos ordres.

- Menteur. »

Ils revinrent main dans la main vers l'ancien campement qui reprenait vie. Isabella trouva Much aux fourneaux, Allan en train de rire avec le roi Henri et Petit Jean portait des bûches à l'intérieur. Isabella sourit. C'est exactement comme ça qu'elle avait imaginé la vie de son père et de ses compagnons. Elle se serait presque attendue à voir arriver ses parents main dans la main. David lâcha sa main pour aller saluer Much. Il raconta ensuite comment les évènements de la St Jean avait tourné. Isabella écoutait doucement. Elle savait que les décisions qui allait suivre changeraient leurs vies à jamais.

Ils discutèrent longtemps, réfléchissant au meilleur option pour aider le roi à récupérer son trône. Isabella trouvait qu'ils tournaient en rond. Elle eu soudain une idée.

« - Pourquoi ne pas faire appel à nos soutiens en France. Les domaines de la couronne d'Angleterre en France peuvent nous aider.

- Cela me paraît impossible ma chère. Répondit Allan.

- C'est exact. Ils ne nous croirons pas. Renchérit Much.

- Non. Pas si c'est moi qui vous envoie. Le mieux même serait que j'y aille moi-même.

- Isabella …

- David, je sais ce que je dis. J'ai grandie en France. Je connais parfaitement les Seigneurs capables de nous aider. Je dois y aller.

- Le Shérif en profitera pour prendre vos terres. Vous en pouvez pas vous permettre la moindre erreur. Vous êtes surveillée.

- Je sais Much mais il faut faire quelque chose et je connais ceux qui pourraient nous aider.

- Surveillée ? Isabella, le Shérif vous a-t-il menacée ?

- David ! Il ne s'est rien passé. Il m'a juste averti de choisir le bon camp. Je pense avoir fait le bon choix.

- Le Shérif ne fait pas de menaces en l'air et vous le savez. Donnez moi les noms et j'irais.

- Blessé et recherché dans toute l'Angleterre ? Seriez-vous fou ou suicidaire ?

- Je suis d'accord avec Isabella. C'est de la pure folie. Je vous accompagne. Ajouta Allan.

- J'en suis aussi. Reprit Jean.

- Je viens également. Rien de tel que la présence du roi pour motiver ses troupes ! Ce n'est pas de moi mais de mon oncle Richard.

- Et c'est moi qu'on traite de folle. Je peux vous jurer que si l'un d'entre vous se fait prendre, je l'achèverais de ma main !

- Nous voilà prévenus ! S'écria Allan. Je voudrais pas faire de l'humour mais vous me faîtes plus peur que le Shérif et tout les chevaliers noirs. »

On régla les différents détails du voyage. Ils voyageraient de nuit pour ne pas se faire remarquer. Isabella dressa une liste des nobles susceptibles de les aider. Much repartit et les autres dire au revoir à Isabella avant de rentrer dans leur abri. Seul David l'accompagna jusqu'à la route.

« - Isabella. M'en voulez-vous ?

- Je ne vous retrouve que pour vous perdre. Tout cela n'était qu'une erreur.

- Je vous interdit de prononcer ces paroles. Je ne serais absent que quelques mois. Ensuite je vous jure que je ne vous lâcherais plus d'un centimètre.

- Des promesses en l'air.

- Isabella, je ne vous abandonnerais pas. Je vous aime. Sans vous, la vie n'a plus de sens. Même quand je suis parti volontairement à Londres, je n'ai pu chasser votre image de mon esprit. Je reviendrais bientôt et nous en finirons avec les chevaliers noirs pour de bon. Mon tendre amour, la seule erreur que nous ayons commis c'est d'avoir attendu si longtemps pour nous avouer nos sentiments.

- Je préfèrerais vous détester. Le pire c'est que vous avez raison et je le sais. Je vous interdit de mourir ou de vous faire prendre. Je vous ordonne de me revenir sain et sauf très vite.

- Tout ce que vous voudrez. »

Il l'embrassa et lui murmura un « je t'aime » avant de la regarder partir dans la fraîcheur de la nuit. Ils partirent le lendemain matin très tôt. Non loin de là, Isabella n'avait pas dormie de toute la nuit. Cette épreuve était pour elle bien plus dure que d'affronter une vingtaine de soldats ennemis armés jusqu'aux dents. Elle pria pour que les mois de son absence passe aussi vite que les étoiles filantes tombant du ciel.