6 NOV. 2038 / 15h43 / QUARTIER RAVENDALE

Courir. Je n'avais fais que ça depuis tout à l'heure. Courir mais surtout fuir. Je n'en pouvais plus, il fallait que je m'arrête, que je me cache quelque part. Non pas que j'étais fatigué, mais je devais réfléchir. Par chance Detroit était une ville où il y avait de nombreux endroits abandonnés. Je n'avais pas a chercher bien longtemps : j'avais finit par atterrir dans un de ses quartiers remplis de maisons en étant plus que douteux. Beaucoup d'entre elles étaient brûlées, mais j'en remarquai une qui n'était brûlé qu'au niveau de l'étage.

En entrant, je claquai la porte d'entrée qui était encore en bonne état. Je reculai, la fixait du regard et attendait. Attendait qu'elle s'ouvre violemment, que Connor en sorte, se jette sur moi, me plaque au mur et... et me tue. De sang froid, sans que je ne me sois débattue. Mais ça n'arriva pas. Elle resta immobile, fermée.

Je me laisser tombé au sol, avant d'exploser en larmes. Tout s'était passer si vite, en l'espace de moins d'un heure j'étais passer d'androïde policier a déviant en fuite. Je ne pouvais pas retourner au commissariat... Chez Clyde ? Non, ce serais le mettre en danger par ma faute. Vagabonder dans les rues en espérant trouver quelque chose ? Je n'avais plus que ça a faire... Mais je ne pouvais sortir devant tout ces gens, muni de mon uniforme : les androïdes, sur leur vêtements, portaient tous un triangle sur leur poitrine du côté a gauche, ainsi qu'un brassard au bras droit. En plus de ces deux éléments, dans notre dos étaient inscrit « ANDROID » accompagné d'un autre triangle bleu. Notre modèle était écrit sur notre poitrine, du côté droit. Par conséquent, impossible de ne pas être repérée ainsi. Il me fallait d'autres vêtements.

Je devinai que les lieux avaient servis de squat grâce au tag et au couverture sur le sol. Je me dirigeai dans une autre pièce, qui contenait une baignoire caché par le rideau de douche. Je m'en approchai lentement, le pris en main et l'ouvrit d'un coup sec. Sans avoir le temps d'en voir le contenu, je me fis projetai contre le mur derrière moi. Quand allais-je pouvoir être tranquille ? Saisissant le tuyau qui se trouvait a proximité et frappa au visage ce qui venait de m'agresser. Pouvant enfin analyser la raison de cette agitation, je découvris un homme d'une vingtaine d'année du nom d'Emery Hale. Je remarquai que ses mains et ses bras étaient couverts de tatouages. Ses doigts étaient presque tous entouré de bague, et ses ongles peint de vernis noir. Il poussa ses cheveux noirs qui lui bloquait la vue, et me regarda. Du sang s'écoulait de son front, là où je l'avais frappé.

« Je peux rien te donner j'ai rien du tout ! »

Puis il posa ses yeux bleutés sur moi et changea d'expression.

« T'es un androïde ? Tu veux pas me tuer, alors ?- A moins que tu ne veuilles me tuer, non. »

Il sourit avant de souffler de soulagement pendant que je tenais toujours mon arme, dans une position défensive.

« Tu peux baisser ton arme, il avait mis ses mains en évidence, je ne te veux aucun mal, promis ! »

Je décidai de l'écouter. De toute manière, j'étais bien plus rapide que lui : s'il tentait quoi que ce soit je le tuerais bien avant qu'il ne puisse toucher a un de mes bio-composants. Il se releva, me tendant la main. Ses vêtements étaient sale, tout comme sa peau, et au vu de ses cheveux gras et de cette barbe mal rasé, je devinai qu'il ne s'était pas lavé depuis un moment. Ironique pour quelqu'un que j'avais découvert dans une baignoire.

« Je m'appelle Emery, dit-il, je suis sdf.

- Je m'appelle Owen, je lui serrai la main en retour. »

Ceci expliqué cela. Il n'avait pas l'air très âgé, je lui donné 25 ans, grand maximum.

« Je suis désolé de t'avoir agressé, mais les gens que je rencontrent me veulent rarement du bien. »

Les cernes sous ses yeux me rappelait celle de Clyde.

« T'es un déviant, je suppose ?- Oui- Tu veux de quoi te changer ? »

Je lui répondis par un signe de tête positif et il alla dans l'autre pièce. Je le suivis et le découvris a genoux, face a un grand sac transparent. Il contenait des boites de conserve, des vêtements et des bouteilles. Il sortis un t-shirt blanc, un jean et une veste de la même matière et une casquette. A ma grande surprise, tout était plutôt propre.

« Tiens, si le pantalon est pas a ta taille j'ai une ceinture aussi ! »

Je ne savais pas d'où sortait toute la gentillesse de cette individu mais toujours est il que son aide m'était précieuse. Je pris les vêtements en le remerciant. Je pue enfin retirer tout mon uniforme, avant d'enfiler mes nouveaux habits. Mais avant de les jeter plus loin, je pris le lecteur de Shawna dans ma veste et le mis dans mon jean. Il y avait un grand miroir appuyé contre le mur, j'en profitai pour regarder un peu a quoi je ressemblai. Par chance, tout les vêtements étaient a ma taille, y compris le jean. Je me sentais mieux, je me sentais encore plus détaché de CyberLife... enfin presque. Il restait encore ma Led.

« Tu as un couteau ou quelque chose de tranchant ? »

Je le vis sourire a travers le miroir, puis plonger a nouveau sa main dans ce sac. Il en sortit un couteau, en ivoire a en juger par sa lame blanche, et me l'apporta. Une fois en main, je vins le passer sous ma diode, et la retira d'un coup sec. Je levai les yeux vers mon reflet, ma peau artificielle s'était retirer suite a l'enlèvement, mais elle ne tarda pas a revenir. Mes cheveux. Changer de coupe ne sera pas nécessaire mais la couleur, si. Forte heureusement, je possédai une option de changement de couleur rapide : j'avais 10 choix disponible. De châtain, je passai a noir, ce qui faisait ressortir mes yeux vert ainsi que mes tâches de rousseur sur les joues. Je restai sur ces choix et fit face, non plus a OW313, mais a Owen. Owen, le déviant en fuite, mais libre. Inquiet, mais libre. Je remplis la dernière étape et mis la casquette.

« Et voilà le travail, dit Emery. »

Je tournai le regard vers lui.

« J'ai jamais vu ton uniforme avant, souligna t-il, c'était quoi ta fonction ?- Je devais enquêter sur la déviance et surveiller le modèle le sophistiqué de CyberLife. »

Nous sourions tous les deux a cette ironie.

« C'est arrivé comment ?- Nous avions retrouvé une déviante ayant tué plusieurs humains, commençai-je, elle s'est enfuit et nous l'avons poursuivit. Connor, l'androïde que je devais surveiller, a été plus rapide que moi. Je les ai retrouvé sur le toit d'un immeuble, en train de se battre, mais la déviante avait réussis a le pousser devant moi. J'aurais dû continuer de la poursuivre, mais quand j'ai vu la main de Connor qui se tenait au rebord... Je ne voulais pas le laisser tomber. Ça faisais la deuxième fois que je préférai sa vie a la mission, la fois de trop visiblement. Et toi ?- Longue histoire, sourit-il, c'est pas très intéressant de toute manière.- Je t'ai raconté la mienne, je ne vois pas pourquoi je serais le seul a me dévoiler.- Eh, pas vraiment. Tu m'as raconté comment t'étais devenu un déviant mais pas avant ! Je te raconte, si tu me racontes. »

Je souris légèrement.

« Daccord, fis-je.

- Ok, c'est cool. Assis toi, par contre. C'est vraiment long. »

Attendre dans cette maison a moitié brûlé pendant que la police de Detroit me cherchait activement ? Hors de question.

« Il n'y a pas un endroit plus sûr où on pourrait aller ? Je suis recherché, et on ne peux pas dire que cette maison soit la cachette idéal. »

Il se leva, saisit son sac et m'accompagna vers la deuxième et dernière pièce qui était un ancien placard. Emery ouvrit la fenêtre du fond, jeta son sac et passa par dessus. Je l'imitai, et le suivais.

« J'ai une planque sous un pont, expliqua t-il. Elle est plutôt cachée. »

Sa démarche et son visage donnait l'impression qu'il était sûr de lui, qu'il contrôlait la situation a merveille et que tout aller bien se passait. Il était rassurant, en effet. Même si je doutes qu'il pourrait me sauver d'un Connor déterminé a me tuer, il me rassurait. Je l'aimais bien, il me rappelait Clyde d'une certaine manière.

Après quelques minutes de route a longer un trottoir, nous arrivions devant un pont. Emery passait au dessus de la barrière séparant trottoir et pente glissante, et je fis de même. De là, nous longions une petite paroi sous le pont, avant de descendre des escaliers. Nous étions officiellement en dessous. Emery m'emmena vers un trou dans le mur, plutôt immense. La planque d'Emery était donc composé d'une multitude de tas de ferrailles, de quelques emballages de chips sur le sol, d'un canapé dans un état plus que discutable mais aussi de quelques caisses blanches au logo CyberLife. En m'approchant du sofa je remarquai une tâche de vomi. Le tout illuminé par de jolie guirlande bleu.

« Si ca te dérange pas, je vais mettre un peu de musique. »

Il s'accroupit face a ce qui ressemblait a une radio des années 2008, mais avec des fils et morceaux clairement rajoutés. Après avoir appuyer sur quelques boutons et fait tourner quelques fils, un morceau de musique se mis a résonner dans tout le tunnel. Ma base de donnée trouva immédiatement le titre : Midnight Cry des White Shag. Une sensation étrange s'éveilla en moi, quelque chose d'agréable. Je crois.. Que j'aimais bien. Emery se releva et me souria.

« Tu peux t'asseoir, tu sais. »

Je m'asseyai au sol, étant donné que le canapé ne me donnait pas très envie. Il me réjoigna, muni d'un paquet de cigarette dans un état pas du tout assortit au lieux : il était propre, parfait, neuf. Il en sortit une cigarette, la plaça dans sa bouche et l'alluma a l'aide d'un briquet qui se trouvai par terre.

« T'en veux une ? Dit-il en me tendant une cigarette, enfin... Je sais pas trop si les androïdes fument mais on sait jamais. »

D'une main hésitante, je la pris. J'avais déjà vu Shawna fumée, et je venais d'avoir un nouvel exemple avec Emery. Je ne sais pas si j'allais ressentir la même chose que les humains, ni même ressentir quoi que ce soit. Je la bloquai entre mes lèvres fines et me munit du briquet. Mon pouce fit tourner la roulette avant de se poser sur le bouton. C'est alors qu'une flamme se dressa devant mes yeux. Je l'approchai du bout de ma cigarette et elle pris doucement feu.

« Tu sais comment faire ? Me questionna t-il. »

Je répondis par un hochement de tête négatif.

« Serre bien tes lèvres, et inspire. »

J'exécutai. La cigarette se consuma, pendant que je sentais de la fumée s'imissait dans mes bio-composants. Je vis Emery sourire en me regardant.

« Ca a pas l'air de te faire grand chose, je me trompe ?- J'ai ressentit de la fumée aller dans mes bio-composants. C'est différent pour vous, j'imagine ?- Ouais, dit-il après avoir ri, les premières fois ça fait un peu mal, on tousse, mais au fur et a mesure on s'habitue au poison. »

J'aimais bien faire cette action. La cigarette ne me procurait aucune sensation, mais j'aimais bien les gestes. Emery et moi prenions une taf en cœur avant de souffler la fumée blanche dans l'air.

« Bon, reprit-il, »

La Red Ice transformait les gens. Elle les rendait agressif, violent.

« Quand ils essayaient d'avoir une conversation avec moi, la plupart du temps, je me mettait a hurler voir a les frapper. Jusqu'au jour où... il pris une grande inspiration, où mon père s'est fait tuer par des flics. Après ça, ma mère est tombée en dépression et moi j'ai fais qu'augmenter mes doses de Red Ice. J'ai pas étais pour elle, j'étais toujours dehors et le peu de fois où j'étais chez elle je lui hurlai dessus. Je lui ai dis un tas de truc dégueulasse, je lui gueulai que c'était de sa faute, que c'était une mauvaise mère... C'était pas tenable, elle pouvait plus vivre dans ce cauchemar. Alors un soir, elle s'est pendue. Comme j'avais aucune manière de gagner de l'argent et que je bossai pas, on m'a expulsé. Je me suis retrouvé ici, forcer de me désintoxiquer moi-même, c'était... Horrible. Je te jure, j'ai cru que j'allais finir par crever. Je vomissais au moins 3 fois par jour, alors que je bouffai rien, je dormais une heure par nuit, je transpirai même si j'avais 3 pull sur moi... Enfin bref. Aujourd'hui je fume quelques clopes pour penser a autre chose, maintenant ça va mieux. Ça arrive que je vomisse encore mais... C'est jamais qu'une fois par semaine, et encore. Faut juste que je fasse attention a la manière dont je fume, je peux m'en faire plus de 4 par semaines.

Je suis vraiment désolé que tu ai dû vivre tout ça. »

L'empathie. On m'avait déjà parlé de cette émotion, une émotion purement humaine, se mettre a la place de l'autre. Compatir pour la douleur qu'il ressent, pour l'horreur qu'il vit. C'était exactement ce que je ressentais. Mais je me sentai aussi... impuissant. Je ne pouvais rien faire pour changer ce qui était arriver a Emery, et je ne savais pas quoi faire pour l'aider.

« T'y ai pour rien, ne soit pas désolé. A toi maintenant ! Quel est ton histoire, sale déviant ? Plaisantai t-il. »

Je pris une nouvelle taf, me préparant a revisualiser ma courte vie, et a voir où tout a commencé a merder. Bien que je le savais très bien...

« Il y a un an j'ai commencé a travaillé avec une actrice qui était gravement malade... Elle est décédée le mois dernier. CyberLife voulait me détruire, étant donné que je n'avais plus d'utiliter. Mais sous les vœux de mon ancienne propriétaire, on m'a donné une nouvelle utilité. On m'a reprogrammer afin de surveiller l'androïde RK800, au cas où il deviendrait déviant, je ria légèrement suite a cette phrase. On a été placé sur une première enquête, un androïde ayant tué son propriétaire. Je l'ai retrouvé en premier, et Connor l'a interrogé. Ce fût un moment perturbant... Connor avait été très violent avec le déviant, et après ça je le regardai beaucoup plus qu'auparavant. Ensuite il y a eu ce déviant qui avait tué un enfant. Connor et moi l'avons cherché dans le quartier puis il nous a attaqué. Nous devions l'avoir vivant. Mais quand je l'ai vu braqué mon collègue, je l'ai tué, immédiatement. Connor m'a juste un peu gueuler dessus, mais c'est tout. Ensuite Hank et Clyde sont venues nous chercher...

- Attend, attend, Clyde c'est qui ?

Clyde Dean est un lieutenant de police qui était chargé de s'occuper de moi.

Et Hank?

Hank Anderson, chargé de Connor.

Ok, je vois mieux maintenant. Tu peux continuer.

Puis il y a eu le moment sur le toit. Mais... Connor, lorsque je lui ai dis de vive voix que j'étais un déviant, il ne m'a pas tué comme il aurait dû le faire. Non, non, il m'a... il m'a laissé partir. »

Quand j'y pense... il ne m'a pas tué. Connor m'a laissé la vie sauve. Je ne savais pas pourquoi il avait fait ça, étant donné qu'il n'était pas un déviant. Enfin, je ne crois pas ? Je me souvenais de son visage, de ses yeux dans les miens... Je ressentais un manque, je crois.

« Des déviants amoureux...

Pardon ? Fis-je, surpris.

Toi et ce Connor, là, vous êtes amoureux, c'est flagrant. »

Alors là, je n'avais jamais entendue une connerie pareille.

« N'importe quoi. C'est impossible, je ne suis pas amoureux de Connor. »

Il n'ajouta rien, un simple petit sourire malicieux. Je décidai de changer de sujet.

« Tu avais l'air de savoir y faire niveau déviant, tu en a déjà aidé avant ?

Ouais, deux.

Où sont-ils ? »

Il consuma encore un peu sa cigarette avant de me répondre :

« Le premier est mort, il était blessé trop gravement. Et la deuxième est partit a Colombus.

Colombus ?

Ouais, c'est une maison dans la forêt St-Ben, et là-bas y'a pleins de déviants. »

Je n'avais nul part où aller, et rester dans ce trou n'était clairement pas une option disponible. Colombus pourrait très bien être ma porte de secours !

« Je dois y aller !

Ouais, pas de soucis, dis Emery en jetant sa cigarette, désormais terminé, quelque part dans sa planque. T'as juste a prendre un train, tu t'arrête a l'arrêt de St-Ben, tu marche dix minutes vers les grands arbres et tu y es. »

Mes yeux ne le lâchai pas. J'avais bien envie de lui demander de venir avec moi... Après tout, je n'avais jamais été tout seul, j'avais l'habitude d'être accompagné. Mais la peur éventuelle d'un refus me rendait réticent a l'idée de lui proposer... Oh, eh puis merde :

« Tu veux venir avec moi ? »

Il leva son regard, intrigué, vers moi.

« Euh... Pour t'accompagner jusque là-bas ?

Et rester. Si... si tu veux bien, bien sûr.

Euh... Ouais ! Fit-il, souriant, avec plaisir, ouais. »

Je souris a mon tour. Il alla faire ses affaires (ce qui se résuma a prendre un sac a dos et a fourré les quelques objets qu'il trouvait sur son passage), pendant que je pris un autre sac pour y mettre quelques biocomposants : on ne sais jamais ce qu'il peut se passer. Suite a quoi, il sourit une dernière fois a sa planque et lui dis adieu. Ensemble, nous partîmes en direction de la gare.