Le soleil pointa le bout de son nez à travers la fenêtre, beaucoup trop rapidement. Cette vive lumière me réveilla et m'éblouis. Je tournais donc la tête pour ne plus l'avoir dans les yeux et me retrouvais face-à-face avec Paul. Encore une fois, il avait bougé en dormant. Cependant, cette fois nous étions sous forme humaine. J'étais allongé sur le dos, une main posée sur mon ventre. L'autre, quand à elle, était sous Paul, sans doute s'était-il retourné et l'avait monopolisée, j'avais l'impression de ne plus sentir mon bras. Lui dormait sur le côté, sa tête reposant sur l'oreiller, une main appuyée sur mon épaule, l'autre sur mon torse. Je me demandais alors si il bougeait tout autant lorsqu'il dormait seul. En tout cas, une chose est sur, il devait faire un beau rêve au vu du sourire qui pointait sur son visage. Je tentais de me ré-endormir, en vain. Je me décidais donc à me lever, malgré les protestations de Paul lorsque je bougeais sa main. Il se rapprocha quelque peu, et posa sa tête sur mon épaule.

Je laissais retomber la mienne en soupirant. Si je bougeais, j'allais forcement le réveiller, mais j'estimais qu'il avait besoin de repos. Ces derniers temps, il me semblait fatiguer. Je me décidais donc à attendre qu'il daigne bouger quelque peu pour m'extirper du lit discrètement. Je constatais que nous avions tout deux éjecté la couverture durant la nuit puisque cette dernière reposait un peu plus loin dans la chambre. Après plus ou moins 30 minutes, où je restais calmement à écouter sa respiration pour ne penser à rien, il commença à bouger. Lorsqu'il souleva ses épaules pour se repositionner, je récupérais mon bras et me tirais du lit. Juste à temps, puisque lorsque il eu finit de bouger, il se trouvait sur le ventre à l'endroit exacte où je me trouvais quelques secondes plus tôt. Je n'aurais vraiment plus pût partir si j'avais encore un peu attendu. Je passais donc rapidement à la salle de bain pour me débarbouiller et filais dans la cuisine. Je préparais un petit déjeuner avec ce que je trouvais. Je pris donc des céréales au chocolats et un grand verre de jus d'orange fraîchement pressées. Une fois mon déjeuner achevé, je me décidais à aller faire les course et enfin m'acheter mes propres affaires. Après quoi, je foncerais chez Sam pour les travaux. Bien entendu, il était trop tôt et les magasins n'étaient pas encore ouvert. Je me laissais donc tomber dans le fauteuil du salon après avoir fait ma petite vaisselle et préparer un petit déjeuner pour Paul. Un dvd était posé sur la table basse. Je le regardais donc. Il s'agissait de l'anime : « ToraDora », épisode spécial noël. J'appréciais encore bien ce style, mais fut transporté lors de la chanson « Holy night ». Je l'écoutais les yeux fermés. Lorsque la musique de fin commença, je l'écoutais et finis par éteindre la télévision, me mettant enfin en route. Auparavant, je jetais un coup d'œil dans la chambre, mais Paul dormait encore profondément. Je décidais donc de lui laisser un mot.

« Salut Paul, je suis partis faire les courses.

Si tu as besoin que je te ramène quelque chose, envoie moi un message.

Après quoi, j'irais chez Sam, j'ai des travaux à faire. Au pire, je reviendrais vers 21 heures.

À ce soir et bonne journée. Biz

Logan »

Je déposais le mot sur la table à manger, pris mes clés que j'avais déposé la veille dans un vide- poche et sortis. Je démarrais la voiture et allumais la radio tout en quittant le terrain de Paul. La nouvelle chanson de J-lo démarra.

« Tonight feels like we can do anything we like, oh
Tonight feels like the best night of my life
I'm goin' in, i'm goin' in, i'm goin' in
I'm goin' in, i'm goin' in, in in in in »

Je frappais des mains sur le volant tout en conduisant. Il n'y avait quasiment personne sur la route. Je me permit donc de rouler, fenêtre grande ouverte avec le volume au maximum. Après la musique, il y eu le flash des infos. Rien de vraiment intéressant, je l'écoutais donc d'une oreille distraite. La séance shopping passa rapidement. Au total, 3 magasins et de nombreuses affaires. À savoir du parfum, 10 t-shirt, 3 jeans et 5 chemises ainsi qu'une salopette de travail à bretelles. Je mettais le tout dans mon coffre et me dirigeais vers le domicile de Sam. Une fois arrivé, je constatais que les rideaux étaient toujours tiré. Le chantier étant assez éloigné de la maison, le bruit que je ferais ne leur parviendrait pas. J'enfilais donc un t-shirt noir et la salopette mais en laissant pendre les bretelles. Je ne sais pas pourquoi j'avais acheté ce modèle en particulier. Il m'avait juste taper dans l'œil. Une fois arrivé sur place, je commençais les travaux en creusant pour faire une place pour la dalle au rythme des musiques de mon Ipod . Le temps passa et j'avais déjà atteint une belle profondeur, j'avais tellement chaud que j'avais laisser tombé le t-shirt. Le soleil tapait fort. Il ne devait pas être loin de midi et je commençais à avoir soif et être en nage. Je me redressais pour m'essuyer le front lorsque j'entendis un léger tintement dans mon dos. Alors que je me retournais, je vis un verre d'eau posé sur l'une des poutres que j'utiliserais un peu plus tard. Je regardais alors dans la direction de la maison, mais les rideaux étaient toujours fermés. D'où venait ce verre qui était plus que bienvenu ? Je le vidais d'une gorgée et me remit au travail que je finis dans l'heure. Lorsque je bondis pour sortir du trou, je vis que le verre était à nouveau plein. Je le regardais surpris. Je fus distrait par une ombre sortant de la maison et s'avançant vers moi. C'était Émilie qui m'apportait un verre d'eau et un sandwich, bientôt suivie de Sam, vêtu de sa tenue de travail. Sa femme me fit la bise à distance tandis que lui regardait alternativement le trou, puis moi.

- Qu'est ce que tu fais là ? Me demanda-il.

- Lui et moi avons pris un accord, lui répondit Émilie avant même que je ne puisse ouvrir la bouche. On a constaté que tu avais besoin de repos et il voulait travailler pour nous aider. Donc nous avons convenus qu'il pourrait construire la pergola.

- J'espère que ça ne te dérange pas ? L'interrogeais-je. Bien sûr, tu pourras surveiller l'avancement des travaux, ça va de soit.

Sam soupira, les bras croisés, comme plongé dans une intense réflexion, mais finit par accepter. Il m'attrapa par les épaules en me secouant.

- Je veux bien que tu construises à ma place, mais en contre partie, j'exige que tu passes d'autres test avec la chamane et moi.

Me doutant qu'il utilisais ce prétexte sans doute tant attendu, j'acceptais à la condition que Jake et Paul puissent y assister si bon leur semblait.

- Très bien, je les avertirais. Me dit-il.

Ils repartirent lorsque j'eus finit de manger le sandwich ( vraiment délicieux) au saumon préparé par les soins d'Émilie et me dirigeais vers la brouette et le tas de sable. Autant essayer quelque chose pour faire la dalle sois-même au lieu de payer cher pour ça. Alors que les travaux allaient bon train, j'entendis de nouveau un tintement dans mon dos et de nouveau sur la même poutre. À la seconde où j'aperçus le verre, je dirigeais mon regard vers la maison et vit Sam faire du sport dans son salon pendant qu'Émilie jardinait. Qui est-ce qui pouvais apporter ce verre et disparaître aussi vite. Son image me parvint alors.

- Alice, prononçais-je à demi-voix.

Une ombre passa parmi les arbres en face de moi. Je baissais la tête et soupirais tout en me remettant au travail. Je la remerciais tout de même pour les verres. Elle repassa, comme pour me signifier qu'elle m'avait entendu. La journée s'écoula petit à petit au rythme des coups de pelle, de la scie et du marteau. À la fin de la journée, la dalle était coulée et le sol de bois était construit. Sam me félicita pour le travail accomplis et me proposa de prendre une douche chez lui avant de repartir chez Paul, ce que je fit. Ce fut on ne peut plus agréable et je restais longtemps sous l'eau à faire varier la température, frôlant le glacial avec le bouillant. Je me rhabillais, saluais mes amis et rejoins ma voiture où je me parfumais. Je regagnais alors le domicile de Paul complètement épuisé.

Je pénétrais dans son salon et m'effondrais sur le canapé. C'est à ce moment que Paul entra dans la pièce, simplement vêtu d'un grand essuie de bain. Apparemment il sortait de la douche.

- Merci pour le petit déj, me dit-il. Tu va bien ? Il se pencha pour me faire la bise.

- Très bien et toi ?

- Ça va, ça va. Tu veux faire quelque chose avant d'aller te coucher ?

- Euh, oui, si tu veux, mais quoi ?

- Une partie à la playstation ? Dit-il en regardant l'écran éteint.

J'acceptais, il partit s'habiller et nous passions la soirée à jouer à des jeux tel need for speed, project zero 2 et smackdown vs raw (entre autres ). Tantôt jouant sérieusement en appliquant chaque règle, tantôt jouant des coudes pour déstabiliser l'adversaire. Nous riions, cela faisait tellement du bien de se détendre avec un ami devant une console. Lorsque je détournais enfin les yeux de l'écran, il faisait totalement noir à l'extérieur. Mon regard se posa alors sur l'horloge : 2h25 du matin. Un bâillement s'échappa.

- On n'irait pas dormir par hasard ? Demandais-je.

Paul regarda l'horloge à son tour et opina de la tête. Nous rejoignîmes alors la chambre, mais au moment où j'y entrais, Paul me sauta sur le dos en me faisant tomber au sol, je me retournais pour lui faire face et il me tomba dessus en me bloquant les poignets au sol.

- Qu'est ce que tu fabriques ? Lui demandais-je surpris.

- Tu es vraiment nul en lutte, me dit-il avec un sourire en coin.

Je me ressaisis donc et m'arrangeais pour reprendre l'avantage, mais il me maintenait fermement les poignets au sol, jusqu'à ce qu'il ait un éternuement. J'en profitais alors et me dégageait de sa prise pour le renversé et le dominé. Contrairement à lui, il n'aurait pas moyen de reprendre l'avantage. Après 5 minutes passées à se débattre, il jeta l'éponge et je levais les bras en signe de victoire. Il se redressa alors brusquement et me projeta au sol, tout en me collant. Lorsqu'il atterrit sur moi, je le frappait derrière la tête en l'accusant d'être un mauvais joueur, mais je ne pus me retenir d'exploser de rire, bientôt rejoint par lui. Nous nous relevâmes et nous dirigeâmes vers le lit, retirant juste le t-shirt, le pantalon et les chaussettes. Alors que je m'allongeais, je lui dit pour le taquiner:

- Tu sais que cette nuit, tu as encore dormis contre moi.

- Ah bon ?

- Oui, j'ai dut attendre que tu bouges pour pouvoir me relever sans te réveiller.

Il ne dit rien mais se contenta de sourire en croisant les bras derrière sa tête, sans doute imaginait-il la scène.

- Je suppose que ce sera pareil pour cette nuit, dit il en regardant le plafonnier.

- Je le penses aussi. Après tout, on dit bien : « jamais deux sans trois. ».

Il se redressa en me regardant.

- Je m'excuses, dit-il.

- De quoi ?

- Ça ne se fait pas, je vais essayer de ne pas te bloquer cette nuit.

- Arrête tes bêtises, dis-je en m'installant comme je l'étais le matin même. Ça ne m'a pas gêné du tout, tu es mon meilleur ami, je ne vois pas ce qu'il y a de dérangeant à ce que l'on dorme dans le même lit, ni à ce que tu te retrouves contre moi en dormant.

Il sourit et ferma les yeux en me souhaitant la bonne nuit. Je lui souhaitait de même et fermais également mes paupières. J'écoutais sa respiration qui rapidement devint calme. Notre partie de playstation et de lutte l'avait vraiment bien épuisé. Tout à coup, je sentis ses mains se remettre dans la même position que ce matin, à l'exception qu'il ne m'écrasait pas le bras cette fois. J'ouvrais les yeux et le regardais.

« Alors là, c'est fort. » pensais-je en rigolant mentalement.

Je refermais les yeux et pensais que je n'allais dormir que quatre heures avant de devoir me lever et continuer les travaux. Je finit par m'endormir, bercé par sa respiration. C'est vraiment quelque chose qui m'apaisait. La nuit fut douce et je dormis d'un sommeil réparateur. Cependant l'image d'Alice me hanta toute la nuit. J'allais à coup-sûr la revoir le lendemain.