Chapitre 6 – Nouveaux horizons
Quelques semaines auparavant, il était encore un capitaine Auror largement respecté, apprécié par certains, et détesté par d'autres. Il partageait son temps à enquêter sur des criminels ou à courir après des mages noirs quand il ne devait pas rédiger des rapports ou former des cadets, et sa vie de famille, avec une femme et deux magnifiques petites filles.
Mais cette belle époque était révolue. Il n'était plus au Bureau des Aurors ni au Ministère, ni même en Grande Bretagne. À la place du pays certes humide mais au climat relativement doux, il devait affronter la rigueur des hivers polaires, et il en était pourtant à son troisième. Hélas, son épouse ne souhaitait vraiment pas qu'il s'engage dans le service actif parmi les Aurors canadiens, et ce n'était pas faute d'avoir essayé de la convaincre.
Il fallait dire que l'argument de demeurer plus proche de ses filles faisait mouche, après tout ce qui était advenu en Angleterre. Trop longtemps il n'avait pas réussi à assumer pleinement son rôle de père, étant souvent absent pour des missions de diverses statures, et souvent très périlleuses et dont il était revenu parfois blessé plus ou moins lourdement.
Après un débat conjugal un peu houleux dans l'intimité de la chambre d'hôpital, il avait pris le temps de réfléchir au cours de sa convalescence à son avenir... non, leur avenir. C'était un soir où il était assis sur l'un des fauteuils de son petit appartement de fonction londonien, près de la cheminée et avec ses deux angelots dans les bras qu'il avait pris conscience des lourdes responsabilités qui lui incombaient. Il ne voulait pas faillir, ni à sa femme ni à ses filles, comme son père biologique l'avait fait avec lui.
Duncan s'étonnait souvent qu'il ne prenne jamais le temps de contempler son reflet dans le miroir, même quand il se rasait ou se coiffait à la va-vite. Comment aurait-il pu comprendre qu'à chaque année qui passait l'image dans la glace lui rappelait, toujours un peu plus, un visage qu'il aurait préféré ne plus jamais revoir ?
Il était comme le monstre caché dans la penderie ou sous le lit, que l'on craignait tant la nuit tombée, sauf que ce n'était ni une fable, ni un épouvantard. Il lui suffisait parfois d'avoir le malheur de s'énerver ou de croiser son regard dans le miroir pour que son ombre ne vienne à sa mémoire. Il se sentait constamment hanté par la crainte de sombrer dans la même colère, la même ivresse de la violence que son géniteur, ce qui longtemps lui avait fait fuir toute relation avec une fille de peur de reproduire le même schéma et d'occasionner la même souffrance à sa moitié et à sa propre progéniture.
Il avait été réparti chez les lions, pas chez les moutons. Il ne fuirait plus, qu'il s'agisse de ses démons ou de ses devoirs. S'il n'avait pas pu sauver leur père, au moins pouvait-il veiller sur son héritage aux côtés de sa sœur, de son beau-frère et de leur cercle restreint de proches... même son fichu ex rédacteur-en-chef à cause de qui il se trouvait là.
Consultant sa vieille montre à gousset moldue, il arracha son regard des flots calmes du St-Laurent, en grande majorité emprisonnés par la glace. Le froid mordant du vent lui griffait le visage, et il grelottait de froid malgré les vêtements adaptés au climat local. C'était vraiment un enfer de glace !
Bien que contrairement aux moldus il n'eût pas l'obligation de se soumettre au traditionnel « costume-cravate », il n'aimait guère le soin particulier qu'il devait apporter au choix de robes sorcières. Oh, en tant que brigadier puis Auror britannique il avait porté avec fierté l'uniforme marine puis pourpre des gardiens de la paix sorciers... mais la situation n'était pas la même dans le cas présent.
Il tapotait des doigts la surface de la table de la salle des professeurs, dans laquelle il attendait depuis bientôt une heure, à en croire sa montre à gousset. Il n'aurait jamais cru qu'un jour il trouverait Poudlard et ses alentours petits, en comparaison des institutions nord-américaines telles que l'Institut des sorcières de Salem, aux États-Unis... ou ici l'institut de sorcellerie de Hochelaga.
Phinéas lui avait fait une offre qu'il pouvait difficilement refuser dans le contexte actuel. Il ne pouvait pas rester sur le territoire britannique, il avait du donc quitter son poste au Ministère de la Magie et se retrouvait désormais sans-emploi. Edith avait été catégorique sur le fait de le voir aussi loin du danger que possible, surtout après les mesures qu'ils avaient du prendre pour assurer leur propre survie.
Cela dit, Alan ne pouvait pas dire qu'il était totalement confortable vis-à-vis du rôle qu'on voulait lui confier. Autant Elena et Duncan, ça ne le surprenait pas dans l'enseignement au vu de leurs compétences et de leurs tempéraments, autrement il ne se projetait guère comme professeur. Minerva McGonagall en ferait probablement une syncope, si seulement elle avait su.
Élève paresseux, sarcastique, peu enclin à étudier plus que nécessaire pour ses projets professionnels, joueur de Quidditch invétéré, joueur de mauvais tours de première classe patenté... il n'avait pas vraiment le profil de l'enseignant idéal, de son propre aveu.
Et pourtant, il avait un entretien d'embauche ce jour-même. Un poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal et adjoint pour les cours de duel sorcier. Autant il répondait à plusieurs des critères pratiques et théoriques sur la question, autant il manquait d'expérience professorale en milieu universitaire. Il ne pourrait reposer que sur son expérience de formateur au Bureau des Aurors.
La discussion face au jury composé de la Directrice Vega Black, du directeur-adjoint Phinéas Potter et du directeur de la filière Interception et prévention des risques magiques, Thomas de Champlain, s'annonçait assurément palpitante.
Alan Nilson... pourquoi ce nom lui était-il si familier ? Ah oui, cela lui revenait. Des années plus tôt, un autre sorcier britannique portant ce nom s'était fait connaître de façon spectaculaire en causant d'horribles dégâts matériels aux chutes Montmorency près de Québec, obligeant les autorités locales non seulement à reconstruire toutes les infrastructures détruites – à savoir rien de moins qu'un très large pont en métal, un long escalier de bois serpentant au flanc des falaises jusqu'au pied des chutes, 80 mètres plus bas et un funiculaire – mais aussi à recourir de façon répétée au sortilège d'amnésie auprès des moldus environnants.
Si cela n'avait pas suffit, le bougre n'avait rien de trouver de mieux que de lui voler un baiser au passage, déstabilisant la jeune Auror qu'elle était à l'époque et la faisant enrager par la suite.
Le jeune homme qu'elle avait en face d'elle n'était pas seulement son homonyme, il était également son fils adoptif, Alan Nilson Jr. Il va de soit que ce candidat suscitait chez elle des sentiments contradictoires. D'un côté, il était le fils de ce fauteur de troubles caractérisé, mais d'un autre côté il avait un sacrés pedigree avec des années d'expérience en tant que Brigadier des forces de police magique, spécialisé en Tireur de baguette d'élite, puis en tant qu'Auror ayant atteint le rang de Capitaine.
Cela dit, son père étant décédé, il ne risquait pas de revenir mettre le désordre au Canada.
- Monsieur Nilson, vous m'avez été chaudement recommandé par le professeur Potter et il se trouve que votre sœur et votre beau-frère ont aussi recommandé vos compétences. Votre curriculum vitae parle également de lui-même mais ce n'est pas la seule chose qui compte à mes yeux. Dites-moi pourquoi vous voulez devenir enseignant dans notre établissement.
- Alors pour être honnête avec vous, je n'étais pas un élève très motivé quand j'ai commencé à Poudlard, même si j'avais des facilités. C'est un professeur, lui-même ancien Auror, qui m'a donné envie de travailler et de m'améliorer. Sans lui, je n'aurais sans doute pas réussi à intégrer la Police Magique, non seulement faute de préparation mais aussi faute de discipline.
Le jeune homme fit une courte pause, et porta le verre d'eau à ses lèvres pour en boire quelques gorgées avant de reprendre.
- Je ne suis pas un pédagogue-né, je ne suis d'ailleurs pas sûr d'être fait pour ce job. Mais si j'en ai l'opportunité, je souhaiterai donner à d'autres la même chance qui m'a été donnée. En d'autres termes, je veux botter le cul à tous vos jeunes élèves bourrés de potentiel et trop fainéants pour l'exploiter. Je ne serai pas le prof le plus aimé, mais je serai celui grâce à qui ils auront une chance de réaliser leurs ambitions, au moins en matière de protection de la population.
Pour être honnête il l'était assurément, sans doute un peu trop d'ailleurs. Tout autre chef d'établissement l'aurait remercié sans plus attendre à ce stade de l'entretien. Vega Black n'était pas de ceux-là. Elle appréciait sa franchise et sa candeur. C'était un homme qui disait ce qu'il pensait, et qui faisait ce qu'il disait, comme le lui avait d'ailleurs indiqué au préalable le professeur Potter.
Il y avait encore bien d'autres candidats à ce poste, notamment des sorciers et sorcières ayant déjà enseigné dans des instituts parfois prestigieux. Mais la directrice n'était pas une responsable marketing, elle ne voulait pas d'un énième érudit, certes très bon pédagogue mais manquant cruellement d'expérience sur le terrain.
Alan Nilson aurait sans doute des cours à prendre en pédagogie, mais il avait largement l'expérience requise, et au final c'était cette expérience qu'elle voulait qu'il transmette à ses futurs élèves. La force de l'Institut de Hochelaga, c'était justement de ne pas verser dans la pure théorie mais au contraire de préparer ses futurs diplômés à la réalité du monde extérieur, tant dans le cadre d'une carrière professionnelle que de simplement pouvoir affronter les dangers d'un monde sorcier toujours plus périlleux.
- Monsieur Nilson, je vais faire abstraction du fait que le professeur auquel vous faites référence était considéré jusqu'à récemment comme un danger national et que la seule raison pour laquelle il ne l'est plus repose sur son récent trépas, pour lequel je vous présente mes sincères condoléances. Nos avis divergeront sans doute toujours sur cet homme. Cela étant dit, ce n'est pas votre père que j'envisage d'engager mais vous-même. Je vous propose de démarrer Lundi, cela vous convient ?
- Professeur, on est vraiment obligés de faire cours sous cette chaleur infernale ?
Effectivement, si on lui avait dit il y a sept ans que les étés canadiens étaient aussi chauds, il n'y aurait sans doute pas cru, tout britannique qu'il était. Après tout le Canada était réputé pour son froid hivernal, ses caribous, ses chouettes des neiges et son sirop d'érable mais étrangement, personne ne faisait mention des étés caniculaires. Ou alors, il avait raté une brochure quelque part.
Alan comprenait très bien le calvaire des élèves mais d'un autre côté, ses futurs professionnels d'interception et de prévention des risques magiques n'auraient pas toujours des conditions optimales pour opérer sur le terrain, donc autant les habituer dès maintenant aux contraintes météorologiques. Lui-même en avait fait les frais d'une autre manière, pendant ses premières missions comme brigadier où il avait parfois été obligé de rester immobile pendant des heures sous une pluie battante, et en proie à des bourrasques violentes, tout en ne quittant sa cible du regard.
- Non monsieur Vallières, vous pouvez tout à fait rentrer à l'intérieur et avoir zéro à cette épreuve. C'est votre choix, mais je vous laisserai le soin de l'expliquer à vos parents.
- Professeur, est-ce que l'on peut au moins enlever quelques vêtements ?
La question aurait été pertinente si la jeune fille qui l'avait posée n'était pas déjà vêtue d'un chemisier quasi-transparent au décolleté plongeant et d'une jupe qui était très loin d'arriver aux genoux. Certes, le code vestimentaire de l'école était relativement souple, mais s'il commençait à donner cours à des élèves en sous-vêtements, plus aucun garçon n'allait suivre ses consignes. Et connaissant ses élèves, cela pourrait même finir en orgie ! Ce après quoi, il serait sûrement renvoyé de l'école, si sa femme ne le tuait pas avant. Qu'est-ce qui aurait pu mal tourner ?
- Mademoiselle Hébert, loin de moi l'idée de vous dire comment vous habiller mais je crains que vos camarades ne soient pas en mesure à la fois de vous regarder dans une tenue plus légère et de m'écouter en même temps. Il n'y a juste pas assez de sang dans leur corps pour alimenter les deux processus de réflexion. Cela étant dit, c'est une excellente opportunité de s'essayer au sortilège de Réfrigération. Après tout, nombre d'entre vous ont visiblement besoin de refroidir leurs ardeurs, déclara le professeur avec un coup d'oeil appuyé sur l'entrejambe de plusieurs élèves.
Ce n'était pas évident tous les jours de donner cours à des élèves en pleine puberté, surtout dans un pays sorcier où les mœurs étaient moins conservatrices qu'en Grande-Bretagne. Une troisième voix interpella l'enseignant derrière lui :
- Professeur Nilson...
Alan ne le laissa pas finir, faisant volte-face tout en pointant son index vers le ciel.
- Écoutez-moi bien. Je me fiche qu'il fasse 40 degrés à l'ombre sous un soleil de plomb, avec une herbe sèche. Si vous m'interrompez encore une fois pour vous plaindre, je vous promets que la météo sera le cadet de vos soucis, tellement je vais vous faire trimer, courir, ramper, sauter et je ne sais encore quelles autres activités qui vous laisseront à la fin de la journée avec une seule idée en tête : savourer un repos bien mérité, quels que soient la température, l'ensoleillement, la couleur des vêtements de Michael Jackson ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
L'élève resta bouche-bée pendant quelques instants, visiblement hésitant à poursuivre sa phrase et il décida finalement, les lèvres désormais scellées, de lui tendre un peu fébrilement le morceau de papier qu'il tenait en main. Il en reconnut tout de suite l'écriture, avec des lettres finement détachées pour l'avoir assez côtoyée à Poudlard ; c'était celle de Duncan.
Alan, je ne voulais pas braver la canicule à l'extérieur donc je t'envoie cette chair à canon à ma place pour te dire qu'Edith est sur le point d'accoucher. Si d'aventure tu souhaitais interrompre la torture de tes élèves, et éviter ainsi ton propre trépas de la main de ta si charmante épouse, ramène-toi très vite à l'hôpital.
Ton ami, ton frère, ton sauveur,
Duncan.
PS : j'ai déjà prévenu Thomas, il va venir les récupérer dans quelques minutes si tu décides de prendre la seule décision qui s'impose et de te bouger le cul.
PPS : dans ta panique, n'oublie pas que tu es un sorcier et que par le réseau de cheminette, tu peux directement rejoindre l'hôpital. Ça t'évitera de faire tout le trajet sur un balai, comme tu l'avais fait à la naissance des petites à Ste Mangouste. Non, ne me remercie pas, tu me remercieras quand tu auras vu tes nouveaux petits marmots dont la voix, j'en suis sûr, sera aussi retentissante que celle de leur mère !
Alan ne perdit pas un instant pour demander au préfet de s'occuper de garder le calme en attendant l'arrivée du professeur De Champlain, enseignant en charge des 6ème et 7ème années qui allait prendre la relève exceptionnellement pour ce cours du fait d'un événement qui requérait son attention immédiate.
Il va de soi que dès qu'il fut hors de leur champs de vision, et en dépit de la chaleur, il se mit à courir comme un beau diable jusqu'à l'école et ne s'arrêta pas avant de se trouver devant la cheminée la plus proche. C'est à peine s'il pensa à prononcer distinctement le nom de l'hôpital. La différence de température, aussi saisissante fut-elle, ne suffit pas à ralentir l'ex-Auror dans sa course, l'urgence était capitale et il n'allait pas arriver en retard pour la deuxième fois à la naissance de ses enfants.
Cela ne l'empêcha pas de se tromper deux fois de chambre, débarquant d'abord en pleine opération à cœur ouvert puis en plein examen de la prostate, pendant que le patient était dans une position très inconfortable, qui lui laisserait sans doute des cauchemars. La troisième fois fut la bonne, même si la scène n'en était pas moins terrible.
Edith était allongée sur un lit, hurlant à pleins poumons tandis qu'une médicomage s'affairait entre ses cuisses ensanglantées, l'encourageant à pousser de toutes ses forces. Sortant de sa torpeur, le professeur s'installa auprès de son épouse et tenta de la rassurer. Ce à quoi elle répondit par une brochette de mots tous plus colorés les uns que les autres, entrecoupés de menaces toutes plus terribles les unes que les autres, et sans compter la douleur occasionnée à sa main qu'elle était en train de broyer dans la sienne.
Les larmes qu'il avait aux yeux n'étaient pas seulement dues à l'émotion, elle avait une force terrifiante dans ses moments-là. Au terme d'une poignée de minutes qui lui parut durer des heures, la délivrance eut lieu par deux fois avec la naissance de deux petits garçons dont les cordes vocales étaient aussi développées que l'avait prédit Duncan.
Altaïr et Antares Nilson étaient nés.
Nathan Lapointe était un sorcier ambitieux, à défaut d'être talentueux. Là où nombre de criminels auraient choisi de braquer une banque ou un magasin, Nathan était plus inventif, il voyait plus loin. Plutôt que de prendre des risques inconsidérés en s'attaquant à ces institutions trop souvent surveillées, pourquoi ne pas s'en prendre à une cible plus facile, mais pas moins intéressante, tel qu'un hôpital ?
En effet, ces établissements hébergeaient des sorcières et sorciers non-valides – donc peu capables de se défendre – mais ils regorgeaient aussi de leurs possessions, telles que de l'argent liquide, des bijoux, des artefacts et même des baguettes magiques, qui pouvaient être troquées au marché noir.
Risque minimal, bénéfice maximal.
Pour ce faire, il avait réuni une équipe composée de deux sorcières et de trois sorciers tout à fait enclins à mettre leurs talents à contribution dans son entreprise en échange d'une part du butin. Bien sûr, il n'avait pas choisi son moment au hasard : il s'était arrangé pour déclencher une série d'incendies dans les forêts avoisinantes pour s'assurer que les Aurors et les officiers de Police Magique soient trop occupés à aider les pompiers à maîtriser les flammes et à mettre en sûreté les sinistrés.
Tout aurait dû se dérouler comme un charme. Tout avait été soigneusement calculé. Rien ne pouvait mal tourner.
Jusqu'à ce qu'il fasse l'erreur de pousser son avancée dans l'hôpital jusqu'à la maternité. En apparence, les gens de la chambre 404 semblaient tout à fait ordinaires. Il y avait une femme allongée avec deux bébés dans ses bras, entourée d'un côté par un homme qui devait être son mari et de l'autre par deux couples qui devaient être soit des parents, soit des amis. Lorsque Zoé et lui-même se mirent à les menacer, ils auraient dû immédiatement leur remettre leurs possessions sans discuter ou au moins avoir l'air effrayés.
À la place, après plusieurs secondes de silence, ils éclatèrent tous de rire. Il ne s'agissait même pas d'un rire nerveux, non, c'était un rire franc, comme si c'était une blague. Ils auraient pu ne pas y croire, ce pourquoi Zoé jeta un sortilège explosif sur une fenêtre.
Ce fut la dernière chose qu'elle fit, ce jour-là en tout cas.
En effet, l'un des couples venait de la propulser en dehors de la pièce, sans prendre d'ouvrir la porte au préalable, qui fut fracassée par l'impact. Nathan lui-même ne put même pas intervenir, il n'avait déjà plus le contrôle de son corps. Seuls ses yeux répondaient encore, et le reste de son corps était paralysé comme sous l'effet d'un Petrificus Totalus. C'était pourtant impossible, personne n'avait encore braqué de baguette sur lui, ni même énoncé de formule magique à son encontre. Pourtant, lorsque l'homme qu'il supposait être le mari de la mère s'approcha de lui, son regard seul lui suffit à savoir qu'il était responsable de son état. Si Lapointe avait encore été en possession de ses moyens, il aurait pris surement mouillé son pantalon face à l'intensité de son regard et à l'objet contondant qu'il tenait en main. Une dague, qu'est-ce qu'un sorcier faisait une foutue dague dans un hôpital ?
Lorsqu'il s'exprima, ce fut d'une voix calme et basse, et qui lui semblait tout aussi menaçante que s'il lui avait hurlé dessus tant ses mots étaient froids et incisifs.
- Je ne sais pas qui vous êtes, et je m'en contrefiche, mais vous avez très mal choisi votre moment et votre chambre pour faire un braquage. Vous avez de la chance que ce soit un jour très heureux pour moi, sinon je peux vous garantir que je ne me serais pas contenté de vous pétrifier superficiellement. Je me serais assuré que vos poumons cessent de se remplir d'air, que votre gorge arrête de déglutir et que votre cœur ne puisse plus battre, de manière juste assez lente pour que vous puissiez savourer ce qui vous arrive avant que la faucheuse ne vous emporte.
S'il n'avait pas été assez effrayé, même les enfants présents dans la pièce étaient terrifiants par leur calme et la façon qu'ils avaient de le regarder. Les deux petites filles en particulier discutaient joyeusement des sortilèges de castration et de lacération qu'elles voudraient essayer sur lui si seulement leur maman voulait bien leur prêter sa baguette. Dans quelle famille de tarés était-il tombé ?
Quelques heures plus tard quand il reprit connaissance face aux Aurors, Nathan fut prompt à avouer tous ses crimes. Ce n'était pas qu'il était spécialement repentant, mais c'est surtout qu'il voulait mettre le maximum de distance entre ces cinglés de la chambre 404 et lui, or quel meilleur endroit qu'une prison dans le Grand Nord pour leur échapper ?
