Désolée pour celles qui lisent sur cette histoire (référencée côté PoI) - Petit erreur dans le dernier post, vous avez lu la partie 2 avant la partie 1 !
Y&A
Jour 5 - partie 1
Jour 5 - Appartement au coin de la 3ème et la 46ème 8h00
Peter frappa deux coups à la porte pour prévenir de son arrivée et utilisa la clé que Neal lui avait fournie dès qu'il avait changé la serrure de la porte de la planque.
Au prix d'un grand effort, Peter avait réussi à se convaincre qu'il ne voulait absolument pas savoir à qui appartenait cet appartement, comment ils s'en étaient procuré l'accès et ce que pouvaient bien cacher certains des placards. Ses nombreuses années de collaboration avec Neal l'avait rendu particulièrement bon à ce jeu. Il évitait cependant de trop y penser au risque de voir sa conscience perdre pied. Il était bien trop tard pour revenir en arrière maintenant. Il avait l'impression d'avancer plus loin sur une passerelle sachant pertinemment qu'au bout, seul le vide l'attendait. Il avait décidé qu'il se poserait la question de la chute plus tard… ou peut-être jamais.
L'appartement était silencieux, une lampe était allumée dans le séjour. Des papiers étaient posés sur toutes les surfaces disponibles, et effondré sur le canapé, Neal ronflait doucement, une feuille de papier sous le visage.
Peter s'approcha et lui posa une main sur l'épaule, le secouant légèrement.
"Neal, réveille-toi."
L'ex-indic' bondit, une vague de peur traversant ses yeux avant qu'il ne reconnaisse Peter.
"Bon sang, tu aurais pu prévenir," protesta-t-il , se frottant le visage des mains.
"J'ai frappé mais tu n'as pas entendu." Peter se redressa. "Tu sais qu'il y a un lit qui a l'air tout ce qu'il y a de plus confortable dans la pièce à côté ?"
Neal grogna. "Saleté de décalage horaire."
Il se leva en chancelant légèrement et se dirigea vers la salle de bain. "Rends-toi utile, fais du café," lança-t-il.
Peter le regarda s'éloigner avec un sourire amusé. Il pouvait compter sur les doigts de la main les fois où Neal n'avait pas été impeccable et tiré à quatre épingles. Même les rares fois où il s'était joint à lui pour le petit déjeuner, il était toujours frais et avait l'air habillé pour une soirée même dans les robes de chambre de Byron.
Neal revint quelques minutes plus tard, coiffé et s'étant visiblement lavé le visage. Il ne s'était pas rasé mais son visage, où se révélaient davantage de poils blancs qu'avant sa disparition, laissait clairement voir une trace bleue. Peter fronça les yeux en prenant conscience que quelqu'un l'avait manifestement frappé, puis se mordit la lèvre pour arrêter un rire quand il devina qui était le coupable.
Neal fit une grimace et porta la main à sa mâchoire encore sensible. Pour un non-violent, Mozzie savait manifestement utiliser ses poings. Il leva les mains en signe de défaite.
"Oui, je sais, je l'ai mérité," s'exclama-t-il.
"Cela aurait pu être pire," commenta Peter, luttant toujours contre le rire.
"C'est parce que tu n'as pas vu l'état de mes côtes," marmonna Neal.
La porte d'entrée s'ouvrit et les deux hommes se tournèrent d'un bond. John se tenait dans l'embrasure un carton à la main.
"Un vrai moulin cet appartement," fit remarquer Neal.
"John, vous arrivez juste à temps. Le café est prêt."
John tendit le carton à Neal. "Cela tombe bien, j'ai apporté les donuts."
Neal fit une grimace et Peter adressa un sourire entendu à John. Observant l'échange silencieux entre les deux hommes, Neal se demanda une nouvelle fois ce qui avait bien pu se passer entre eux depuis leurs "retrouvailles".
Installés à la table du séjour, café et donut à la main, John et Peter écoutaient Neal leur raconter son travail de recherche.
John l'observait fasciné. Il avait pu voir par le passé l'intelligence du jeune homme, mais la façon qu'il avait de réussir à voir des liens là où personne ne les auraient imaginé était la preuve flagrante d'un cerveau de génie. Il se demanda un instant ce que pourrait donner une équipe composée de Finch, Root et Neal, une fois qu'ils auraient réussi à trouver un terrain d'entente sur leurs méthodes pour le moins diamétralement opposées.
Peter écoutait Neal exposer les faits sentant une immense vague de nostalgie l'envahir. Il avait presque oublié à quel point le jeune homme avait l'esprit acéré. Plus d'une fois en réunion, alors qu'il écoutait ses équipes faire leur rapport et peiner à avancer, il s'était reproché d'avoir idéalisé son souvenir de l'intelligence de Neal. Maintenant qu'il assistait une nouvelle fois à son exposé, il réalisait que son souvenir était même en dessous de la vérité.
"Et donc, au vu de tous ces éléments, voici ma théorie" reprit Neal, après s'être arrêté pour boire une gorgée de café et jetant un regard aux donuts. Il avait faim, mais l'idée d'avaler ces beignets plein de graisse…
"Le vol était une commande, ce qui semble indéniable, car des pièces de plus grande valeur, le Titien et les croquis de Michel-Ange par exemple, ont été laissées sur place, et pour une raison que je n'ai pas encore réussi à identifier, le commanditaire s'est mystérieusement volatilisé. Nos voleurs se sont donc retrouvés avec des tableaux invendables entre les bras. A mon sens, à défaut de paiement de leur commanditaire, ils se sont partagé le butin. De plus, cette équipe de deux voleurs a dû bénéficier de complicités internes. Je ne suis pas loin de penser qu'ils avaient un contact au sein même du FBI…"
"Je le savais !" s'exclama Peter en tapant de la main sur la table. "Ils ont toujours eu une longueur d'avance."
Neal hésita un instant avant de poursuivre. "La méthode utilisée pour le cambriolage porte une signature assez caractéristique…"
"Tu m'as avoué avoir signé certains de tes faux," intervint Peter.
"Copies" corrigea machinalement Neal, perdu dans ses pensées.
John laissa échapper un petit rire. Deux jours à New York et Neal reprenait déjà ses habitudes. Une copie n'était pas considérée comme un crime.
"On dirait un travail conduit par Gordon Taylor."
"Taylor, le voleur de la balle de base ball ?" l'interrompit Peter.
Neal acquiesça de la tête et poursuivit.
"Seulement, il était un peu jeune à l'époque. J'ai du mal à croire qu'il ait pu monter un coup pareil à l'aube de ses vingt ans… Ou alors… c'est votre mort qui est derrière tout ça." Neal fronça les sourcils perdu dans sa réflexion. "Ca tiendrait la route… Je me suis toujours demandé qui avait formé Gordon. Il se pourrait bien que ce soit ce Réginald Anderson."
"James Highsmith," le corrigea John.
Neal ignora l'interruption. "Ce qui expliquerait pourquoi nous avons trouvé le tableau chez lui. C'était sa part du butin."
"Mais que sont devenus les autres toiles ?" intervint Peter.
Sa faim surmontant ses goûts culinaires, Neal s'empara d'un donut qu'il porta à la bouche. Il fit une grimace en mâchant.
"Comment pouvez-vous manger des trucs pareils ? Pas étonnant que la police ne progresse pas plus vite dans ses enquêtes, vos neurones sont noyés dans le gras," fit-il remarquer.
Peter le foudroya du regard et Neal enchaîna, "dans ton cas, c'est équilibré par les excellents plats de ton épouse qui sait ce que faire de la cuisine veut dire."
Admirant une fois de plus les talents de manipulateur de Neal, John reprit la parole.
"Donc, pour résumer. Highsmith se voit confier un vol par un commanditaire, il fait équipe avec Taylor qu'il est en train de former. Ils accomplissent le vol sans encombre mais leur commanditaire disparaît. Ils se retrouvent avec les toiles sur les bras et le FBI sur le dos, mais bénéficient d'une taupe ce qui leur permet de disparaître à leur tour sans être jamais retrouvés."
"Dans les grandes lignes, c'est comme cela que je vois les choses, avec un doute peut-être sur la participation de Taylor. J'ai du mal à croire qu'ayant pris part à un tel vol, il ne s'en soit jamais vanté, au moins dans notre milieu. On aime être reconnu, admiré pour nos plus beaux chefs d'œuvre," ajouta-t-il, avec un sourire légèrement coupable.
"Les journaux vont adorer," maugréa Peter. "Je vois déjà les titres : '25 ans plus tard les voleurs se moquent toujours du FBI'."
"Peter, vous aviez raison, seul un voleur peut retrouver un voleur," dit John en se tournant vers Neal.
"Toi aussi ?" s'exclama Neal.
John réprima un sourire. "Je t'emmène à l'appartement d'Anderson. Je veux que tu le fouilles avec tes yeux à toi. Je suis sûr que tu vas voir les choses différemment."
"Bonne idée," acquiesça Peter.
POI – WC – POI – WC – POI - WC
Jour 5 – Bureau de Peter Burke, FBI, 11h00
Peter posa ses notes de réunion sur son bureau et se planta devant sa fenêtre.
La réunion de service venait de s'achever et il avait l'impression qu'ils n'avaient toujours pas progressé. Neal en avait plus fait en une soirée que l'équipe du FBI en charge du dossier. Peter se trouvait confronté au problème d'en savoir un peu trop et devoir distiller les informations sans révéler d'où provenaient ses sources.
Il était plutôt satisfait que son instinct se soit révélé exact quant à l'existence d'une taupe. Mais la question demeurait, qui était-elle et surtout qu'était-elle devenue ? Se pouvait-il qu'elle soit encore "active" ? Savait-elle que l'enquête avait été rouverte ? Ce mystérieux informateur allait-il à nouveau se manifester et leur mettre des bâtons dans les roues ou avait-il disparu du décor ?
Il avait exposé ses théories, celles de Neal pour être honnête, en réunion. Il avait particulièrement insisté sur l'existence de cette taupe. Il avait peut-être même laissé entendre qu'ils avaient de sérieuses pistes sur son identité. Cela avait deux avantages. L'un, de motiver davantage les équipes qui détestaient ce genre de situation qui remettait en cause leur image et intégrité. Les agents dès lors étaient pleinement investis à l'identification du traître parmi leurs rangs.
L'autre intérêt était d'effrayer la taupe et la pousser à commettre une erreur. Bien évidemment, encore une fois, cela ne tenait la route que si elle était toujours présente dans l'environnement du FBI.
Il ne put s'empêcher un sourire en repensant au visage de Kramer lors de la réunion. Celui-ci avait été particulièrement surpris de l'évolution des dernières pistes et il avait félicité Peter et les équipes pour leur travail. Ce n'était pas vraiment son rôle, mais l'approbation d'un agent de Washington ne pouvait pas faire de mal au moral des équipes.
Il n'avait pas vraiment compris pourquoi Kramer avait tenu à revenir sur New York pour cette enquête, surtout pour travailler avec lui alors qu'ils s'étaient quittés en mauvais termes quelques années plus tôt. Il était sans doute vrai que le temps guérissait toutes les blessures. Et il était indéniable que s'ils parvenaient à enfin résoudre cette affaire, les lauriers allaient pleuvoir. Ce n'était jamais désagréable. Peut-être devrait-il admettre que Kramer avait mis leur antipathie réciproque au placard et essayait de recréer l'équipe qu'ils avaient formée dans leur jeunesse. Il devrait lui aussi lui accorder son pardon. Mais la réapparition de Neal, à l'origine de leurs griefs, n'aidait pas vraiment.
Il allait s'asseoir pour s'atteler au paquet de rapports qu'il devait signer quand son téléphone sonna.
"John ?"
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Jour 5 –Un peu plus tôt, dans l'appartement de Reginald Anderson/James Highsmith, Hell's Kitchen
John et Neal exploraient l'appartement de Réginald Anderson depuis un bon moment. Après s'être assuré que personne ne surveillait les lieux, John avait fait entrer discrètement l'ex-voleur, en passant sous la bande jaune de la police interdisant l'accès aux lieux.
Neal avait contourné la trace de sang sur le sol avec une grimace, puis avait commencé à regarder en détail la pièce. Il observait le coffre vide.
"Il n'y avait rien de significatif dans le coffre," raconta John.
"Pourquoi avoir un coffre alors…" marmonna Neal. Il passa les doigts à l'intérieur cherchant un mécanisme qui donnerait accès à une partie cachée, mais ne trouva rien.
Les tiroirs et pans de meubles n'avaient rien donné non plus. Cela en devenait frustrant.
Il se dirigea vers l'atelier, notant au passage le mécanisme discret dans le placard de l'arrière cuisine.
"C'est toi qui as trouvé la pièce secrète ?" demanda Neal.
"Une fois que j'ai compris qu'il manquait un morceau à l'appartement," précisa John.
Ils se trouvaient maintenant dans la pièce où ils espéraient trouver leur bonheur : l'atelier d'Anderson, alias Highsmith. A la demande du FBI, tout est resté en l'état hormis le tableau de Rembrandt bien entendu.
Neal se mit à explorer la pièce alors que John se tenait en retrait, le regardant évoluer dans son monde. Il allait droit à certains endroits de la pièce pour les explorer en détail. Comme s'il savait exactement où il devait chercher. Ce qui sembla se confirmer quand Neal glissa sa main sous une étagère et en ressortit avec une boîte très plate.
"Vous avez une formation spéciale sur les meilleures cachettes dans les ateliers ?" demanda John avec un sourire.
"Les artistes ont souvent été victimes de persécutions. Leur vision du monde n'a pas toujours convenu à la société, alors ils sont devenus des maîtres de la dissimulation." Il posa la boîte sur la table. "Il faudra que je te montre les détails cachés dans le tableau de la Joconde un jour, tu ne regarderas plus jamais une toile de la même manière."
La boîte ne révéla rien d'intéressant. Neal haussa les épaules et se remit en chasse. Cette fois, il s'attaqua aux sculptures, les observant dans leurs moindres détails, les secouant pour voir si elles contenaient quelque chose. Mais là encore, rien.
John s'était-il trompé ? Son instinct lui disait qu'il y avait encore quelque chose à découvrir dans cet appartement.
Pourtant, il ne restait plus grand-chose à "ausculter" : les murs et l'établi en bois épais. Après avoir posé la dernière sculpture par terre, Neal commença à regarder la table de plus près. Ses mains gantées glissaient sur la surface pour essayer de trouver une aspérité qui signalerait une cache. Rien là encore.
Les deux contours accessibles ne donnèrent rien non plus. Neal regarda John d'un air dépité.
"Je crois bien que l'on s'est trompé" dit-il. "On ne trouvera aucun indice sur les tableaux dans cet appartement".
"Avant de dire cela, regardons quand même les deux autres bords," lui répondit John en se dirigeant vers l'établi qu'il entreprit de "décoller" du mur.
"Rien de rien," Neal maugréa dans sa barbe.
Il alla s'appuyer contre le mur en face de l'établi. Il n'aimait pas quand quelque chose lui résistait. Mais il devait se rendre à l'évidence. Ce James Highsmith était plus malin que lui.
Il se laissa glisser au sol et regarda John qui commençait à taper contre les murs, pour trouver une différence de son, pensa-t-il, qui indiquerait un creux. Et ses yeux tombèrent sur les pieds de l'établi.
Ceux-ci étaient en bois travaillé, ce qui tranchait avec le plateau relativement simple. Plus surprenant, l'un des pieds avait une teinte légèrement différente, comme si le bois n'était pas celui d'origine.
Il se releva rapidement et entreprit d'examiner les pieds. En y regardant de plus près, il put voir une démarcation nette entre deux morceaux de bois.
"John, je crois que je tiens quelque chose," annonça Neal.
Il attendit que John fut à côté de lui et poussa sur la démarcation. Un petit panneau s'ouvrit. Neal tira dessus et un sourire éclaira son visage : l'intérieur du pied était creux. John lui répondit par un franc sourire, plongea les doigts dans le compartiment secret et en retira une enveloppe.
Alors qu'il s'apprêtait à en découvrir le contenu, John sentit son téléphone vibrer dans sa poche. Un SMS de Finch.
## Kramer - rappelez-moi très vite ## "
John lança un appel.
"Peter, dans combien de temps pouvez-vous nous rejoindre à l'appartement d'Anderson ?" demanda-t-il.
"Une vingtaine de minutes, moins si c'est urgent." Après tout, à quoi servait un gyrophare si on le l'utilisait jamais.
"Nous venons de trouver une enveloppe admirablement bien cachée dans l'appartement," lui annonça John. "Il me semble normal que vous soyez présent pour son ouverture."
Neal frissonnait d'anticipation à ses côtés, mais John voulait absolument que Peter soit présent.
"Je dois passer un coup de fil. N'ouvre pas l'enveloppe, Neal, je reviens," ordonna John. Neal lui répondit d'une grimace, puis se tourna vers une toile pour ne pas être tenté.
Secouant la tête, amusé, John se dirigea vers le séjour, et toucha son oreillette.
"Je vous écoute, Finch."
"Je crois que vous allez avoir un problème à régler très vite, M. Reese," annonça Finch sans préambule. "L'agent Kramer semble devenir de plus en plus curieux."
"Finch, que se passe-t-il ?"
"Je viens de voir l'agent Kramer à proximité du container de M. Caffrey."
"Quoi ? Comment ?" s'exclama John, puis s'éloigna davantage. Il ne tenait pas à partager cette conversation avec Neal dont les oreilles étaient probablement à l'affut, plus par réflexe naturel que véritable curiosité.
"Je suis en train d'explorer son téléphone un peu plus en détail, je n'avais pas donné suite au clonage que vous en avez fait. Il semblerait que vous ne soyez pas le seul à espionner vos collègues d'enquête. Il a téléchargé la géolocalisation du téléphone de l'agent Burke. Il a dû remarquer que l'agent se rendait souvent à cet endroit."
"Il a trouvé quelque chose ?"
"Il a repéré le container, mais fort heureusement pour nous, des employés du site de stockage sont venus s'occuper du container voisin.
John poussa un soupir de soulagement. "Il est toujours sur place ?"
"Non, il vient de partir à l'instant, mais il est plus que probable qu'il revienne."
"Finch, il faut vider le container. Vous pouvez y envoyer un camion et un ou deux manutentionnaires discrets ?"
Seul le cliquetis familier des touches du clavier lui répondit.
"Que veut Kramer exactement ?" se demanda-t-il à voix haute.
"Il apparaît qu'il surveille l'agent Burke de très près. Il sait que l'agent a eu recours par le passé à des informations pas forcément légales. Kramer espère peut-être être présent si Burke vient à trouver une piste sérieuse. S'assurer qu'il sera présent pour en tirer un peu de gloire."
"Si l'on résout ce dossier, ce sont toutes les équipes qui vont bénéficier du succès."
"Ou alors," poursuivit Finch. "Ses raisons sont beaucoup moins professionnelles, et il n'est pas là juste pour aider à résoudre l'enquête."
"Il en veut toujours à Peter…" conclut John.
"C'est possible."
"Je ne comprends pas. Neal est censé être mort. Ce n'est plus comme s'il pouvait espérer le récupérer à son service."
"Et à défaut de lui obtenir le rayonnement engendré par l'action de Caffrey, il s'assure que Burke subisse un revers de fortune."
"Il est certain que s'il vient à entrer dans le container, c'en est fait de la carrière de Peter. Peut-être même de sa liberté. Il devra fournir beaucoup d'explications…"
"L'équipe avec le camion devrait arriver d'ici une trentaine de minutes, M. Reese."
"Vous êtes propriétaire d'une société de déménagement en plus du reste ?" s'amusa John, estomaqué une nouvelle fois par la vitesse à laquelle Finch avait répondu à sa requête.
"Je n'y ai bien évidemment plus accès aussi facilement que par le passé, mais par chance je sais où trouver les bons contacts."
Une société de déménagement, et probablement pas mal de containers disséminés à travers la ville. Après tout, pensa John, Finch vivait dans l'ombre bien avant que Samaritan ne les oblige à se cacher de nouveau.
"M. Reese, inutile de vous rendre sur place. Melle Groves s'est proposée pour aller superviser le déplacement des biens du container. Elle m'a dit avoir besoin d'air. Entre nous, je pense qu'elle est surtout curieuse quant au contenu."
"Elle va probablement être déçue. Elle n'y trouvera pas d'armes," marmonna John.
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Jour 5 -Appartement de Reginald Anderson, Hell's Kitchen, 12h00
Après avoir raccroché avec Finch, John était retourné dans l'atelier. Neal tenait l'enveloppe à la main.
"Neal," gronda John.
Neal la laissa tomber comme si elle lui avait brûlé les doigts.
"Je ne l'ai pas ouverte, je le jure !" s'exclama-t-il en reculant d'un pas.
John réprima un sourire et essaya d'aborder un air sérieux. "Tu ne voudrais pas que je t'attache, n'est-ce pas ?"
"Un jour, il faudra que tu m'expliques cette passion que tu as de ligoter les gens," riposta Neal avec un regard plein de sous-entendus.
L'ombre d'un sourire amusé frôla les lèvres de John.
Neal se tourna vers l'établi et commença à examiner le matériel, comme s'il lui fallait une occupation pour ne pas succomber à la tentation.
Peter arriva fort heureusement avant que John ne doive recourir à des méthodes plus drastiques pour retenir Neal.
Il tendit l'enveloppe à Peter, lui laissant le soin de l'ouvrir. Il ne voulait pas trop marcher sur ses plates-bandes.
Peter retourna l'enveloppe et deux choses tombèrent sur l'établi : une lettre cachetée et une petite clé.
Sans rien demander aux autres, Neal tendit la main et ouvrit la lettre. Il la posa sur l'établi pour qu'ils puissent la lire tous ensemble.
"Je m'appelle James Highsmith.
L'histoire se souviendra sans doute de moi comme d'un voleur, membre du gang des anglais et derrière quelques superbes casses.
Je me considère cependant, avant tout, comme un artiste. C'est ma passion pour la peinture qui m'a bien souvent poussé à m'emparer de certaines toiles. N'y voyez que l'admiration d'un artiste moins doué.
Cette passion m'a d'ailleurs permis de vivre très confortablement même après avoir laissé derrière moi ma carrière de voleur. Peut-être pas au profit d'une carrière totalement honnête, mais que serait la vie sans un peu d'adrénaline…
Cette lettre est mon testament mais aussi ma façon de prouver que j'aime l'art plus que tout au monde, que c'est cela qui m'a fait prendre la décision de laisser ces quelques lignes.
Je ne pouvais pas rendre les choses trop faciles, aussi félicitations à celui qui a trouvé ce document. Je n'ai aucun doute qu'il a, comme moi, de nombreuses choses à cacher.
Et si vous avez trouvé la lettre, il va de soi que vous avez trouvé le tableau de Rembrandt. Sa provenance ne faisant aucun doute, je suis donc fier de vous annoncer que vous avez enfin trouvé l'auteur du "vol du siècle" comme d'aucuns ont bien voulu le nommer. Ne vous fatiguez pas à chercher mes complices. Nous n'étions que deux et mon partenaire est mort depuis de nombreuses années. S'il doit subir un châtiment, c'est une justice plus puissante que celle des hommes qui en prendra la responsabilité.
Ce vol, comme de nombreux d'autres, était une commande. Un amateur d'art, encore un, qui souhaitait une sélection bien particulière de toiles.
Henri Krulwart nous avait engagés, mais n'a pas honoré son contrat. A l'époque , cela avait été un coup dur. Aucun paiement malgré des frais importants investis et aucun moyen de revendre de telles pièces. Les voir emballées dans des caisses, cachées du regard des hommes a toujours été l'un des plus grands regrets de ma vie.
Je suis un artiste. J'aime l'art, et des œuvres pareilles ne peuvent pas croupir dans une caisse pour l'éternité. Aussi, j'ai décidé de vous permettre de les restituer à qui de droit.
J'en fais appel à l'esprit de celui qui a trouvé ce document pour déchiffrer la dernière partie de l'énigme : la localisation des toiles.
930 LWFSI XYWJJY GWTTPQDS SD 11211
Pas simple ? Je ne doute pas de vos capacités.
A l'heure où s'approche la fin pour moi, j'espère que l'on se souviendra de moi comme d'un amateur d'art, comme d'un artiste et que la justice divine saura me pardonner ce que la justice humaine n'aurait jamais pu oublier.
James Highsmith"
Les trois hommes dans l'appartement restèrent silencieux après la lecture de la lettre.
Neal touchait la lettre du bout des doigts, la relisant une nouvelle fois pour lui-même. Peter et John échangèrent un regard. Cette lettre, Neal pourrait bien écrire la même dans une quarantaine d'années. Si quelqu'un pouvait comprendre le geste de Highsmith, c'était bien lui.
Pour l'instant pourtant, ce qui occupait vraisemblablement son cerveau était de résoudre l'énigme. Lui-même, spécialiste du codage de messages, réfléchissait déjà à la méthode qui allait leur permettre de déchiffrer l'adresse. Trouver la clé était toujours la partie la plus compliquée. Il existait tant de systèmes différents…
Laissant l'original à Peter de façon à l'ajouter au dossier, ainsi que la clé, John et Neal prirent une photo de la lettre afin de pouvoir travailler sur le texte. Peter réfléchissait déjà à comment il allait expliquer les circonstances de la découverte de la lettre en sa possession. Il appréciait l'avancée, les méthodes pour l'atteindre étaient plus discutables. Ce qui n'avait rien de surprenant en compagnie de Neal, mais pour corser la chose, John était tout aussi fort pour travailler hors des lignes officielles de la justice. S'il devait continuer à travailler avec ces deux-là, ce n'était pas des cheveux blancs qu'il devrait redouter, il risquait bien d'y laisser sa chevelure !
Deux bips simultanés sur les téléphones de Peter et John annoncèrent l'arrivée d'un message.
## Retrouvez-moi en salle de réunion à 13h30. Kramer ##
Les deux hommes furent surpris de recevoir le même message. Regardant sa montre, John s'aperçut qu'il leur restait juste le temps d'avaler un rapide déjeuner avant de filer à cette convocation pour le moins énigmatique.
Kramer allait-il enfin avancer ses pions, se demanda John. En attendant d'en savoir plus, il décida de garder l'épisode du container pour lui. Inutile d'attirer davantage d'attention sur cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.
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Jour 5 - FBI, salle de réunion, 13h30
John et Peter poussèrent la porte de la salle de réunion et découvrirent que Kramer les attendaient déjà.
"Bonjour Philip, que nous vaut cette convocation de ta part ?" demanda Peter. "Tu as progressé dans l'enquête ? Parce que de mon côté…"
Kramer l'interrompit sèchement, "Non, ce n'est pas de cela que je veux vous parler. Un autre sujet te concernant me préoccupe, Peter," continua Kramer.
"Je ne te suis pas. Il me semble que seule l'enquête devrait retenir ton attention, non ? C'est ce que tu m'avais appris à l'époque si je me souviens bien," répondit Peter. "Par ailleurs, pourquoi as-tu demandé à l'inspecteur Riley de se joindre à nous si c'est moi qui suis concerné ?" ajouta-t-il.
"Il se pourrait bien que j'ai besoin d'un témoin," dit Kramer.
"Un témoin, pourquoi ?" demanda Peter, soudain plus tendu.
John suivait la discussion sans dire un mot. Il était sûr maintenant que Kramer allait mentionner le container.
La conversation reprit.
"Comme je te laisse encore le bénéfice du doute, j'ai préféré tenir cette confrontation en comité restreint, avec un seul témoin, mais je voudrais que tu me dises ce qu'il y a dans le container situé à Brooklyn ?" demanda sans plus attendre Kramer.
"De quel container parles-tu ?" répondit Peter, quelque peu sur la défensive.
"Ne joue pas ce jeu-là avec moi, Peter, tu sais très bien de quel container je parle, dans la mesure où tu t'y es rendu pas moins de vingt-cinq fois ces derniers mois." Kramer frappa la main sur la table, dans une méthode d'intimidation éprouvée. "Alors, j'attends ta réponse."
Reconnaissant la tactique, après tout il l'avait lui-même employée, Peter ne se laissa pas démonter et prit le temps de s'asseoir avant de répondre.
"Et comment as-tu su cela, Philip, tu m'espionnes, maintenant ? L'enquête ne t'occupe pas suffisamment ?" répondit Peter, avec un aplomb qui étonna John, toujours là en observateur attentif.
"Ah, j'ai compris," s'exclama Peter. "Tu penses que c'est moi la taupe du FBI, celui qui a saboté l'enquête à l'époque ? demanda Peter abasourdi. Quand il avait lancé la rumeur de la taupe, il n'avait absolument anticipé un effet boomerang. C'en était presque drôle si le fait que Kramer ait connaissance du container ne rende la situation beaucoup plus délicate.
"L'idée m'est venue effectivement, vu ton implication à poursuivre l'enquête même après que celle-ci ait été close. Je me suis mis à analyser l'affaire autrement depuis hier quand tu as reparlé de cette taupe. J'ai longuement repensé à ton attitude de l'époque, cette abnégation à continuer l'enquête." Kramer lui adressa un sourire factice. "Et si finalement, elle cachait une toute autre intention, celle de masquer définitivement les traces pouvant mener aux voleurs. J'avoue que tes visites très fréquentes à ce container m'intriguent. Et si c'était là que les tableaux étaient cachés depuis tout ce temps ? J'ai supposé que tu étais en train de préparer leur déplacement. Je dois reconnaître que cela était astucieux de parler de cette taupe pour éloigner les soupçons sur ta personne."
"Laisse-moi te dire que tu fais fausse route, Philip," commença Peter, qui réfléchissait à des arguments en même temps qu'il parlait pour éloigner Kramer du container.
Une visite là-bas, et cela en était fini de sa carrière, du temps passé avec le petit Neal et Elizabeth. Il ne tomberait pour ce dont Kramer l'accusait maintenant mais il y avait suffisamment de choses dans cette "boîte" pour l'envoyer en prison. Maudit sois-tu Neal, pensa-t-il à cet instant. Même mort, tu me causes encore des ennuis.
"A quoi joues-tu, Philip ?" reprit Peter. "Et par simple curiosité, comment as-tu su pour mes soit disant visites à ce container ?"
"Le GPS de ton téléphone est une vraie mine d'or, Peter," répondit très fier de lui, Kramer.
"Et bien, c'est une première. Le Directeur de Washington qui espionne celui de New York en pleine enquête pour résoudre le vol du siècle. J'espère que tu as une autorisation pour cela, Philip, sinon je pense immédiatement déposer plainte."
"Arrête de me faire perdre mon temps, Peter," le coupa Kramer. "Je suis persuadé que tu caches quelque chose là-bas et tu nous ferais économiser du temps et de l'argent si tu nous montrais de ton plein gré ce qu'il y a vraiment dans le container. Après tout, si comme tu le prétends, tu n'as rien à cacher, et que ce container ne contient que les vieux meubles de ta grand-mère, nous gagnerons tous du temps. Et je te présenterai même des excuses," ajouta Kramer sûr de lui.
Peter commençait à manquer d'arguments, la panique le gagnait petit à petit. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi Kramer s'acharnait sur lui de cette façon. Il cherchait encore à lui faire payer son amitié et ses succès obtenus avec Neal ? Pourtant, celui-ci était mort.
Une voix l'interrompit dans ses pensées.
"Messieurs, pourquoi n'irions-nous pas rendre une visite à ce container ?" intervint le troisième homme présent dans la salle qui avait, jusque-là, compté les coups en silence. "Cela me semble, à ce stade, le plus raisonnable."
"Tu vois, Peter, l'inspecteur Riley est d'accord avec moi," se crut obliger d'ajouter Kramer.
Peter se tourna vers John. Comment lui, qui savait aussi ce qu'il y avait dans le container, pouvait-il proposer aussi calmement une chose pareille. Pourquoi John le trahissait de la sorte ? Il n'avait jamais su qui était réellement cet homme et jusqu'à présent, il lui accordait une confiance un peu aveugle en regard du passé. John savait pertinemment ce qui se cachait dans le container. Qu'espérait-il ? Peter se sentit frissonner en imaginant le pire. John n'oserait tout de même pas tuer Kramer de sang froid ? Il y avait eu des disparitions pour le moins "étranges" lors de leur première rencontre et sa libération de prison inattendue.
Il hocha la tête, le corps rigide. "Et bien ma foi, vu que tout le monde est contre moi, allons-y."
Kramer, tellement pressé de faire tomber son collègue, n'entendit pas la phrase murmurée par John à Peter avant de quitter la salle "ayez confiance en moi, Peter".
POI – WC – POI – WC – POI - WC
Jour 5 - Container de Neal 14h30
Les bouchons rencontrés pour venir jusqu'à Brooklyn avaient retardé l'échéance pour Peter mais maintenant, il était face à son destin. Il venait de sortir la clé du cadenas et s'apprêtait à offrir à la vue de Kramer toute une vie de larcins, ceux de Neal. Comment allait-il justifier cela ? Comment expliquer qu'il venait à cet endroit depuis longtemps, et qu'il n'avait pas jugé utile de montrer cela à la justice ? Comment expliquer cela à Elizabeth, à Diana et Jones ? Il leur mentait depuis des mois. Pour l'instant, il ne voyait aucune échappatoire.
Le poussant littéralement en passant, Kramer pénétra dans le container en laissant la porte grande ouverte.
Peter n'osait même pas regarder, attendant la sentence, tel un condamné à mort.
L'ahurissement sur le visage de Kramer aurait été amusant si la situation n'avait pas été aussi grave.
John réprima difficilement un sourire amusé. Apparemment, Root ne s'était pas contentée de vider le container mais avait jugé bon de remplacer les œuvres d'art par un capharnaüm d'objets hétéroclites, tout droit sortis du vide-grenier d'une arrière grand-tante.
Les hurlements de colère de Kramer retentirent soudain.
"Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ? Ce bazar n'a aucune valeur. "
"Regarde-moi, Peter, et ose me dire que tu es venu ici plus d'une vingtaine de fois, pour rentrer dans un container dont le contenu mériterait d'être dans une décharge !" ajouta-t-il, rouge de colère et tournant en rond dans le container.
Peter, tout aussi surpris par le contenu du local, restait sans voix.
"Tu réponds, Burke ?" éructa Kramer, en se rapprochant à moins de dix centimètres de lui.
A la stupéfaction de John, resté en retrait, Peter reprit une certaine contenance avant de répondre. Son admiration pour l'agent du FBI ne cessait de croître.
"Tu as seulement la preuve que tu te faisais de fausses idées sur mon compte. Une taupe, capable de détourner des tableaux d'une si grande valeur. Où es-tu allé chercher cela, Philip ? As-tu si peu foi en moi ? Tu m'as formé, tu connais ma droiture," lui rétorqua Peter, très calme.
"Tu te moques juste encore de moi. Où est la caméra ? Tu m'as vu venir et tu as tout déplacé, n'est-ce pas ?" reprit Kramer, toujours aussi agité. "C'est ça, tu t'es absenté vers onze heures," dit-il en se tapant la main.
"Tu racontes vraiment n'importe quoi, Philip, arrête," dit Peter. "Sois logique, réfléchis un instant. Comment aurais-je pu déplacer un container entier en moins de deux heures ? Ta volonté de me piéger obscurcit tes pensées."
Kramer fonça droit sur Peter et le prit par le col. "Allez, Burke, crache le morceau, et dis-moi ce qu'il y avait dans ce container !"
Kramer sentit une pression très ferme sur son avant-bras.
"Lâchez-le maintenant, avant de dépasser les bornes," dit John, d'un ton neutre.
Kramer jaugea son adversaire et lut dans son regard qu'il n'aurait pas le dessus. Il relâcha son ex-poulain et sortit précipitamment du container en hurlant : "Ce n'est pas terminé, Burke. Tu m'entends ? Je trouverai !"
Peter prit une minute pour se calmer et se tourna vers John, toujours aussi impassible à ses côtés.
"Je suppose qu'un merci s'impose," commença Peter.
"De rien," répondit John comme si son action n'avait eu aucune importance.
"Vous avez sauvé ma carrière, ma crédibilité et la nouvelle vie de Neal. Vous ne pouvez pas dire juste cela," dit Peter. "Comment avez-vous su que Kramer m'espionnait, et comment avez-vous fait cela en si peu de temps ? Vous avez été quasiment tout le temps avec moi et/ou Neal. Etes-vous une sorte de magicien ?" ajouta-t-il avec un léger sourire amusé, maintenant que la tension retombait.
"Pas de magie, je vous assure. Juste une équipe de déménageurs efficace," commença à répondre John.
"Avant même de parler de cela, comment avez-vous su que le container était compromis ?," demanda Peter.
John prit le temps de sortir du container et lui montra la caméra. Peter pâlit, il avait oublié sa présence.
"Cela veut dire que Kramer est capable de remonter aux enregistrements de cette caméra. La menace n'est écartée que pour un temps. Il va revenir à la charge, il va voir le déménagement, qui était présent…" Peter recommençait à paniquer.
"Peter, calmez-vous. Respirez," lui indiqua John, un petit sourire en coin. "Vous et le secret de Neal n'avez absolument rien à craindre."
"Vous semblez avoir toujours un coup d'avance et des moyens illimités, comment faites-vous ?" osa demander Peter.
"Peter, dans votre propre intérêt, il y a des choses qu'il ne vaut mieux que vous sachiez pas. Si votre ami, ou plutôt ex-ami, parvient à vous faire passer au détecteur de mensonges, car nul doute qu'il va encore tenter des attaques, moins vous en saurez, moins vous pourrez en dire. Considérons que nous sommes quittes. Je ne ferai pas outrage à votre intelligence en pensant que vous n'avez pas compris que je ne suis pas tout à fait celui que je suis censé être. Gardons chacun nos secrets."
"Euh, oui bien sûr," répondit Peter, décontenancé.
L'homme en face de lui ne lâchait vraiment des informations qu'au compte-goutte.
Allez, une petite pause ... le chapitre aurait été trop long sinon ... Ah Ah Ah !
A bientôt
