Hello,

Nouveau chapitre, qui je l'espère vous plaira !

Merci à vous tous de passer ici, je vois les chiffres augmenter chapitre après chapitre et ça me fait très plaisir.

Merci Landos pour ta review adorable, ça m'a reboosté à écrire et faire avancer cette histoire !

Je vous envoie pleins d'amour et vous souhaite bonne lecture :)


Les semaines suivantes défilèrent à toute vitesse. Entre entraînements intensifs, astreintes, et exercices de mise en situation, elle n'avait pas eu le temps de s'ennuyer. Les membres de son escouade étaient chaleureux, l'aidant à rattraper le niveau du mieux qu'elle le pouvait. La jeune femme était fière de voir le parcours de son ami Zergueï : le soldat était d'une force sans nom et d'un mérite infini, ayant été sélectionné pour ses nombreuses qualités pour intégrer l'escouade de celui qu'on appelait le deuxième soldat le plus puissant de l'humanité.

Et en parlant du premier, la jeune recrue avait pris bien soin de l'éviter au maximum. Grâce à sa bonne étoile, le caporal-chef l'avait lui-aussi ignoré royalement, s'abstenant même de lancer une pique bien sentie quand la jeune femme avait chuté lourdement après un virage trop serré en tridimensionnel.

Mais, si lui lui accordait une trêve, Mike était doublement exigeant. Malgré son caractère pointilleux et sa manie un peu étrange de tout renifler, elle lui portait une grande affection. Le soldat était d'une sagesse et d'une intelligence sans borne, prenant très au sérieux le bien-être de ses équipiers, et n'hésitant pas à entamer une discussion sérieuse avec eux pour leur remonter le moral, ou chasser les doutes qui polluaient leur esprit. Un homme bon en tout point.

- Hé la nouvelle, lança Tonzé caché derrière l'encolure de son cheval.

La jeune femme leva la tête de sa monture, arrêtant son brossage méticuleux.

- Quoi ?

- T'en penses quoi de ce qu'on a entendu hier soir ?

- Je sais pas vraiment, répondit-elle en fixant son ami, je crois qu'il avait raison…

- On a pas notre mot à dire, s'immisça Tom dans la conversation, et puis ce sont des décisions qui ne nous concernent pas.

La veille au soir alors qu'ils dînaient tranquillement, ils avaient assisté à une altercation surprenante à la table des supérieurs, le caporal-chef Livaï rentrant dans une colère froide. Tous les soldats avaient été surpris par ce changement inhabituel de comportement, d'ordinaire définit par son inébranlabilité à toute épreuve.

Il avait quitté la pièce sur un « ces crétins ne connaissent rien du monde extérieur, c'est eux qu'on aurait dû jeter là-bas ». Plus tard, la nouvelle était tombée : plus de deux cents réfugiés avait été envoyés par les autorités militaires pour une mission suicidaire de reconquête, et aucun n'était revenu.

- Moi tout ce que je sais, ajouta Zergueï en arrivant à leur hauteur, c'est que mes parents sont coincés là-bas, et que je ne resterai pas là les bras croisés.

Mao hocha la tête. C'était hors de question de laisser les parents de Zergueï et les siens se faire tuer sans rien faire.

- On rentre les filles, lança Mike en passant dans les écuries.

Le petit groupe traversa la cour intérieure et rejoignit rapidement le château. Les choses commençaient à bouger, et après les révélations de la vielle, les chefs d'escouade avaient décidé de préparer une mission à l'extérieur des murs.

- On a besoin de connaître l'étendu des dégâts dehors, s'assurer que le nombre de titans autours des murs ne soit pas une menace pour l'humanité, et nous devons absolument récolter des informations sur le titan cuirassé qui est le plus grand danger.

Hansi avait ouvert la réunion tactique, trois escouades étant réunis dans la petite seule. De nouveaux avait été choisis pour remplir les rangs, et c'est comme ça qui Rory et Sam avait rejoint la table de Mao et de ses amis.

Ils échangèrent un long moment, alors que le soleil déclinait à l'horizon. Hansi fut la première à se lever, signant la fin du débat. Le plan tactique avait été en grande partie élaboré, et ne manquait plus d'être présenté au commandant Smith pour un éventuel feu vert. Tout le monde sortit rapidement, encore en plein débat sur les différents aspects de la mission.

- Isame, tu peux rester une minute s'il te plaît.

La jeune femme se retourna sur son chef d'escouade qui s'appuyait contre un bureau. Elle se détacha alors de la foule, regardant ses camarades s'éloigner. Elle prit soin de baisser la tête quand Livaï passa tout près d'elle, et rejoint Mike qui n'avait pas bougé.

- Mao, commença-t-il, j'ai confiance en toi comme j'ai confiance en chaque membre de mon escouade.

Il fit une pause, son regard d'un vert profond scrutant la jeune femme, un air solennel peint sur ses traits fins et charmeurs.

- Livaï est venue me voir plutôt dans la journée pour tout m'expliquer à ton sujet, comment tu es rentrée dans les rangs de l'armée.

La jeune femme se mordit l'intérieur de la joue, ses pommettes rougissant légèrement. Alors le caporal-chef avait cafté. Cherchait-il sa mise à pied ?

- Il n'a pas voulu te nuire, lui assura -t-il en voyant la gêne de sa recrue. Tout comme moi, il se préoccupe simplement de la sécurité de chacun d'entre nous, à commencer par la tienne.

La jeune femme acquiesça, attendant sagement la suite.

- Je veux simplement m'assurer que tu es là parce que tu l'as décidé, et si oui, je veux t'entendre dire que tu te sens capable d'aller là-bas, prête à te battre et à défendre la vie de tes camarades.

Droit comme un i, elle ne lui arrivait même pas aux épaules. Mike Zacharias était un homme charismatique, aussi imposant que le commandant Smith. Elle leva son regard sur celui on ne peut plus sérieux de l'homme, attendant une réponse.

- Oui mon capitaine, je le suis. A vrai dire, je n'ai jamais été aussi prête de toute ma vie.

Il hocha la tête, une lueur nouvelle brillant aux fonds de ses yeux, que la jeune femme aurait, si elle n'était pas si modeste, prit pour de la fierté. Ils se saluèrent et sortirent de la salle, prenant chacun des directions opposées.

Après le dîner, les garçons entamèrent une partie de carte et la jeune décida de sortir se dégourdir les jambes. Ses pas la guidèrent sur le toit, ou elle imaginait une vue incroyable. Quand elle franchit la petite porte en bois, l'air frais vint lui chatouiller les joues, caressant sa peau avec douceur. Elle s'approcha de la rambarde, où elle dominait les alentours, les lumières de la ville étincelant comme des milliers d'étoiles.

- Tu ne devrais pas te pencher au-dessus du vide comme ça gamine, lança une voix dans son dos. Tu risquerais de chuter et t'écraser au sol comme une vulgaire poupée de chiffon, et je plains les pauvres malheureux qui devront passer des heures à décoller les morceaux de ce qu'il restera de toi.

Mao sursauta et se retourna vivement, se trouvant nez à nez avec le caporal-chef.

- Bonsoir, lança-t-elle, prise au dépourvu.

Il vint se placer à côté de la jeune femme, observant l'horizon en silence. Il sortit une cigarette de sa poche qu'il alluma d'une main et, durant quelques minutes, seul les bouffées de nicotine qu'il inhalait troublèrent le silence du lieu.

- Vous avez tout raconté au capitaine Zacharias, osa-t-elle lancer après de longues minutes de réflexion ou elle se voyait déjà broyée par son supérieur pour son impertinence.

- Je ne veux pas mettre la vie de mes hommes en danger, simplement parce qu'une gamine n'a pas su faire ce qu'il fallait au moment où il le fallait, répondit-il sans lâcher l'horizon des yeux.

Mao fronça les sourcils, les paroles acides du brun blessant son égo.

- Oh hé bien, répliqua-t-elle dans un excès de colère, c'est pourtant vous qui avez placé la gamine exactement où elle est.

Elle lui fit face dans un élan d'assurance que sa conscience lui disait de ravaler. Il inclina légèrement la tête vers elle, ses prunelles anthracites croisant celles de la jeune femme. Son visage restait impassible, et il tira une nouvelle bouffée avant de jeter son mégot par-dessus bord.

- J'en ai parfaitement conscience, et je m'en réjouis chaque jour, élucida-t-il sans perdre son sérieux.

La jeune femme ouvrit la bouche d'étonnement. Ce n'était pas le genre de réponse qu'elle s'attendait à recevoir.

- Vraiment ? Lança-elle naïvement, son cœur se gonflant de fierté.

- Evidemment, dit-il le plus naturellement du monde en se retournant pour s'adosser à la balustrade. Tu sais ce qui nous différencie, nous les habitants du mur, de tous ces titans là-dehors ?

La jeune tripota nerveusement ses doigts, fouillant à toute vitesse dans son cerveau.

- Hé bien… commença-t-elle hésitante, nous ne mangeons pas d'être humain ?

Elle le fixa à la dérobée, attendant une réponse cinglante sur sa bêtise.

- Notre humanité, lâcha-t-il simplement, c'est notre humanité gamine.

Evidemment. Pourquoi fallait-elle qu'elle s'emploie à paraître si bête alors qu'on lui donnait la réponse tous les jours depuis son entrée dans l'armée.

- Evidemment, chuchota-t-elle.

- Et de ce fait gamine, continua-t-il en se penchant vers elle. Tu sais qu'elle est la qualité première qu'on accorde à l'humanité ?

Il avait planté son regard orageux dans celui de la jeune recrue, la détaillant scrupuleusement. Elle était restée muette, incapable de trouver la réponse alors qu'il l'épiait de la sorte. Il ouvrit la bouche, s'apprêtant à répondre lui-même à sa question :

- Celle de faire constamment des erreurs.

Outch, celle-là elle avait le mérite de faire mal. Si les mots avaient pu tuer, elle serait déjà morte et enterrée. Livaï la fixait, toujours aussi indéchiffrable pour le commun des mortels. Elle aurait voulu répliquer, lancer une phrase cinglante à son tour, mais il venait de réaliser un chaos debout. Alors, en bonne joueuse, sa seule réaction fut de rire. De rire aux éclats, parce qu'il fallait le dire : s'il avait l'air de se faire chier en toute occasion, il avait le mérite d'être drôle.

Et elle en tira une fierté, car lors d'une demie seconde, elle put lire de la surprise dans son regard. Au moins elle en était certaine, elle venait de passer favorite dans son classement des recrues les plus stupides. Il ne l'avait pas lâché des yeux, l'air encore plus renfrogné que d'habitude.

- Tu as raison de rire gamine, ce sera plus difficile dans quelques jours, après avoir été décapitée par la mâchoire d'un titan.

Il fit demi-tour et s'en alla, alors que la jeune femme le trouvait soudainement moins drôle. Et quand il eut disparu derrière la porte, elle rajouta un nouvel adjectif à la liste du caporal-chef.

Rabat-joie.