Hello minna !
Je regardais l'avant dernier ep de Vampire Knight lorsque que je me rendis compte que je vous avais oubliées. Désolée ! XD
: Journal des Reviewers :
Soma Kibi : Ben je vais pas le dire, quand même ! XD Chez moi, toutes les révélations se font à la fin, ça force les lecteurs à rester. Mdr ! Kiss et merci !
Ykyrya : Lol tu as de drôle de fantasmes. XD Quoique, nous sommes toutes ici pour fantasmer sur des vampires, je ne dirai rien… Kiss !
Sesshy's wife : Justement, je veux qu'il perde du terrain. T.T Yûki est à Zero d'abord. Pour le mystérieux attaquant, tout est possible. Ne restez pas cantonnées à des trucs simples. Je n'aime pas le simple. XD Merci pour tes corrections, je m'en suis occupée. Kiss et merci !
Mel : Oh, c'est dommage. Amuse-toi bien quand même ! Et merci pour mon appendice, lol. On a retiré les fils avant-hier et ma cicatrice est immonde… Bouuuh… Je pourrai pas aller à la plage cet été. ç-ç Kiss et merci !
Avant de vous laisser lire la suite, je m'adresse à celles (et ceux, on sait jamais) qui iront à la JE. Pour ma part, grâce à mon appendicite, je pourrai y aller les 4 jours. Si ça en intéresse pour une éventuelle rencontre, faites-moi signe. Ca pourra être fun. XD
Voiloo ! Bonne lecture !
VII : Sous une lune glacée
Le dimanche s'écoula dans la normalité la plus absolue. C'était au moment où Yûki se sentait le plus prête et décidée à en finir avec celui qu'elle avait appelé « Le vampire suceur d'âme » que celui-ci s'était fait discret. En gros, pas d'autre agression que ce fût du côté humain ou du côté vampire. Bien entendu, c'était une très bonne chose mais la gardienne de l'Académie Cross ne pouvait s'empêcher de se sentir très frustrée par ce calme plat.
Elle avait mis cet armistice – très certainement provisoire- sur le compte des trois attaques en très peu de temps. Ce vampire devait déjà avoir de quoi faire avec ce qu'il avait pris. Toutefois, s'il s'agissait d'un Level E comme elle le redoutait, cette interruption d'assauts sanglants ne signifiait rien. Quand sa faim redeviendrait sa priorité ultime, la créature reviendrait certainement faire son marché dans la cour de l'école.
D'ailleurs, pourquoi s'attaquer à des élèves dans une institution scolaire ? Il y avait du monde, on pouvait être facilement repéré. Maintenant qu'elle y pensait, Yûki s'aperçut qu'elle venait de négliger ce détail fondamental qui ne signifiait qu'une seule chose : le vampire était dans l'académie, terré quelque part. Elle pouvait écarter les élèves de la Night Class tout de suite. Elle avait bien vu que son agresseur était une fille et Kaname lui avait assuré qu'il ne pouvait pas s'agir d'une de ses suivantes. Dans ce cas, le vampire devait se cacher bien à l'abri dans l'attente de frapper à nouveau.
Zero n'avait pas quitté sa chambre de toute la journée. Yûki avait eu beau parler, menacer, supplier et camper devant sa porte, jamais le jeune homme ne daigna lui répondre ou lui ouvrir. Elle devinait bien qu'il faisait cela parce qu'il se sentait coupable de ce qui était arrivé à Yori en plus de vouloir protéger le reste des élèves. C'était stupide. Elle était convaincue de son innocence et ne demandait qu'à l'inviter à la suivre dans son enquête. Alors, comme elle ne pouvait pas lui venir en aide directement, elle s'occupait de lui par des petites attentions bien à elle. Elle lui montait des repas qu'elle laissait sur le pas de la porte et qu'elle retrouvait terminés une demie heure plus tard. Cela la rassurait de voir qu'il mangeait un peu, ça lui prouvait que Zero était encore avec elle. D'autres fois, elle s'asseyait contre sa porte et lui parlait de tout et de rien comme s'il était à ses côtés. Elle voulait qu'il sente que pour elle, rien ne changeait.
L'état des victimes ne s'était pas amélioré sans s'aggraver non plus. Jun Fukuyama et Yori demeuraient dans un étrange coma profond marqué par leurs fonctions vitales qui tournaient encore plus lentement qu'un ralenti. Selon l'infirmière, ils étaient encore vivants, mais tout juste. On prétexta pour Jun qu'il faisait une terrible réaction allergique à quelque chose qu'il aurait mangé et Yori était officiellement atteinte d'une maladie contagieuse. Ces mensonges faisaient suffisamment peur pour dissuader des élèves de venir leur rendre visite.
En ce lundi, Yûki était au chevet de sa meilleure amie. Elle espérait sans relâche une amélioration, aussi infime fût-elle, mais la main de la jeune fille pâle ne se réchauffait pas et restait immobile entre les doigts de notre amie.
Le soleil s'élevait doucement dans le ciel, les cours ne tarderaient plus à débuter. Avant cela, Yûki voulait dire bonjour à Yori et profiter un peu du calme qui régnait dans l'infirmerie. La lumière du jour que filtraient les rideaux opaques laissait baigner une lueur pastel apaisante dans ce lieu. Cette atmosphère paisible permettait à la jeune fille de reposer un peu son esprit fatigué.
- Tiens bon, Yori… sourit-elle avec espoir. Ca ira…
C'était terrible de voir une adolescente ainsi amaigrie comme une petite vieille. Sa peau plissait tant elle était diminuée, ses yeux s'étaient creusés et…
- Hu ?
Un détail interpella la chargée de discipline qui se leva de sa chaise pour se pencher un peu vers l'alitée. C'était étrange. Les lèvres de Yori avaient bleui dans une teinte gris de lin qui contrastait de façon presque outrageuse par rapport à la blancheur laiteuse du corps. Elles n'étaient pourtant pas ainsi quand elle était venue lui rendre visite la dernière fois.
Yûki effleura du bout des doigts la bouche de son amie et recula immédiatement sa main en poussant une exclamation surprise. Elle aurait touché un glaçon que l'effet aurait été le même. Elle passa ensuite son index sur la marque des crocs qui commençait à cicatriser. Cette partie de son cou était gelée aussi.
- Ses lèvres et son cou sont plus froids que le reste de son corps … Qu'est-ce que ça veut dire… ?
Elle fit le tour du lit et tira le rideau qui entourait le lit de Jun. Les lèvres de garçon avaient également bleui et après vérification, elles étaient aussi gelées. C'était un indice.
Une sonnerie résonna dans le lointain et lui fit relever la tête. Les cours allaient commencer, elle devait y aller. Yûki dit au revoir à Yori et à Jun puis se glissa sans un bruit dans le couloir.
Rester attentive aux cours fut un véritable parcours du combattant pour la chargée de discipline qui était obnubilée par cette bizarrerie de lèvres froides et de cou gelé. Qu'est-ce qui faisait que les lèvres subissaient un tel changement ? Etait-ce là un signal pour faire comprendre que les victimes n'en auraient plus pour très longtemps ? La panique monta en elle.
- Pas question ! s'exclama-t-elle avec vivacité.
Le professeur se détourna de son tableau et haussa un sourcil dubitatif à l'adresse de son élève qui s'était tout à coup redressée de son bureau.
- Vous avez raison, Cross. Il n'est pas question que je vous laisse perturber mon cours sans vous coller ce soir, approuva-t-il avec nonchalance.
- Hééé ? Oh non ! Vous ne pouvez pas faire ça ! supplia la jeune fille, morte de honte. Je dois faire mon travail de chargée de discipline, d'autant plus que…
Elle regarda tristement la rangée de bancs derrière elle.
- … Zero n'est pas là, acheva-t-elle en baissant les yeux.
- Je ne veux pas le savoir. Exécution.
L'infortunée punie gonfla les joues, affligée par cette injustice. On voyait bien qu'il n'avait pas en tête les problèmes qu'elle avait elle.
Le soir, au moment où les élèves rassemblaient leurs affaires avant de quitter définitivement la classe, Yûki se para de ses fonctions de chargée de discipline et leur ordonna qu'ils devaient rentrer directement dans leurs quartiers avec interdiction d'en sortir de la nuit. C'était tout ce qu'elle avait trouvé pour s'assurer que le transfert de la Night Class se ferait sans encombre. Or, cette décision arbitraire ne plut pas du tout aux groupies qui hurlèrent au scandale :
- Quoi ? Tu ne peux pas nous empêcher de les voir ! s'exclama une fille aux boucles rousses.
- Tu veux te les accaparer pour toi seule, hein ? Le privilège du titre ? surenchérit une autre.
- Obéissez ! cria Yûki d'un air féroce. En cette saison, il… i-il flotte dans l'air des spores hautement allergènes qui, s'ils sont inhalés trop longtemps, vont vous faire gonfler le visage comme une pastèque !
Et là, c'est le drame :
- Kyaaaaah ! Je ne veux pas qu'Idol-sama me voie comme ça !
- Moi non plus !
- Hiiiiiiiiii ! Kuran-sama, pardonnez-nous de vous négliger ce soir !
Ce fut donc avec une déferlante de fan-girls affolées à l'idée de paraître laides aux beaux yeux ténébreux de leurs idoles vampiriques que la salle se vida dans un courant d'air violent. Whoua. Radical.
Yûki attrapa un petit carnet et un stylo.
- « Menacer la beauté »… Très bon, ça…
¤ - ¤ - ¤
- Oh… ?
- Ca change.
- Enfin, la paix…
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!
Ichijô, Shiki, Kain avaient cligné des yeux de stupéfaction face à la cour déserte de l'académie tandis qu'Aidô s'était effondré en pleurs bruyants et humides.
- Où sont-elles ? Et mes acclamations ? criailla-t-il en regardant partout autour de lui. Ohé, les filles ! Votre idole est dans la place ! Allez, quoi !
Il fallait dire qu'un transfert du Pavillon de la Lune jusqu'à l'école sans cris et sans excitation était quelque chose d'inédit pour les séduisants élèves nocturnes de l'Académie Cross. Il n'y avait pas âme qui vive, juste les pétales d'un cerisier en fleur tout proche qui couvraient leur chemin par une douce brise.
- Cross et Kiryû ne sont pas là, nota Rima avec un bref coup d'œil circulaire. Il se passe quelque chose ?
- Le président Kuran se poserait des questions s'il était venu, dit Kain en se mettant en route. Mais comme il veille sur Ruka…
- Si nous y allions ? proposa Teruki, ses livres sous le bras.
Ichijô hocha la tête avec un sourire et prit la tête du petit groupe en direction des portes de l'établissement.
Restée dans une salle inoccupée pour faire ses devoirs supplémentaires, Yûki releva la tête de sa dissertation d'Histoire vers les hautes fenêtres. Le soir était tombé, les élèves de la Night Class ne tarderaient pas. Tant mieux. Elle aurait une question à poser à Kaname.
Elle se mordit la lèvre. Kaname… Vu la façon dont elle l'avait quitté le samedi, elle n'était pas certaine de vouloir lui parler. Il devait lui en vouloir, elle s'était montrée tellement odieuse et brutale. Elle regrettait son attitude.
La porte de la salle s'ouvrit.
- On fait des heures supplémentaires ?
La jeune fille fit volte-face vers l'entrée. Teruki s'avançait d'un pas nonchalant, les mains dans ses poches. Yûki se leva d'un bond, sur ses gardes. Le vampire s'étonna de son attitude et eut un petit rire nerveux.
- Ola, du calme, je n'ai rien fait…
- Pas encore, corrigea l'humaine en lui faisant face.
Il eut un sourire en coin amusé.
- On ne t'a pas vue ni Kiryû tout à l'heure, énonça-t-il avec légèreté en remontant l'allée. Il est malade ? Ou… terrassé par le remord ?
- Toi !!
Le sang de Yûki ne fit qu'un tour et elle leva la main pour gifler Teruki mais c'était sans compter sur sa rapidité. Il lui arrêta la main et entrecroisa ses doigts avec les siens avant de les serrer avec force.
- Nous savons qu'une humaine a été agressée. Et mordue. Après association d'idées…
La jeune fille voulut répliquer mais la douleur qui écrasait sa main bloquait ses idées. Teruki se délectait de cette situation de domination. Cette fille était vraiment particulière, c'était sans doute pour cela que ça ne lui faisait rien de prendre énormément de risques. Il prit l'autre poignet de Yûki pour l'immobiliser et plongea son regard œil-de-tigre dans celui acajou de sa captive.
- Je viens pour la collecte de ta dette, Yûki, murmura-t-il en se penchant vers son cou.
Une ignoble sensation de froid caressa la nuque de la gardienne qui tentait de se débattre de toutes des forces. Elle ferma les yeux, tétanisée. Elle ne pouvait pas bouger ! De l'aide ! Quelqu'un !
- Si tu la mords, laisse-m'en.
Les lèvres à quelques centimètres du cou de Yûki, Teruki s'arrêta et regarda par-dessus son épaule, imité de sa prisonnière. C'était Aidô qui s'était adossé contre le chambranle de la porte et contemplait le spectacle du coin de l'œil. Il planta son regard aqua aura dans celui de son homologue avec une telle intensité que la température ambiante chuta d'un seul coup.
- Ou alors prépare-toi à subir le courroux de Maître Kaname, prévint-il avec gravité.
Teruki eut un sourire de bon perdant et se pencha vers l'oreille de Yûki.
- Ce que tu ne me fais pas faire, toi, lui chuchota-t-il. Mais le jeu en devient plus intéressant. Tu vaux le coup que je prenne des détours.
Puis il la relâcha et tourna les talons en direction de la sortie avec autant de détachement que lorsqu'il était entré. Les deux vampires se dévisagèrent le temps d'un croisement puis les pas de Teruki s'évanouirent dans le couloir.
- Il est sorti, parfait ! C'est moi qui vais te donner une leçon, Yûki ! C'est toi qui as viré toutes les filles ce soir ? s'offusqua Aidô en la pointant de l'index, outré.
- Aidô… grinça Yûki, une goutte de sueur froide sur la tempe. Tu les verras quand Zero reviendra m'aider.
Le jeune homme cligna des yeux de surprise et sourit d'un air mauvais.
- Kiryû qui manque une occasion de se frotter à des vampires, ça doit être grave, déduisit-il en passant une main dans ses cheveux jaune impérial.
Yûki fronça les sourcils et lui rétorqua que ça ne le regardait pas. Zero reviendrait très vite, ce n'était qu'une baisse de régime passagère. Aidô haussa les épaules en signe de désinvolture et s'amusa à faire geler le tampon du tableau qu'il venait de saisir pour jongler avec. Cette action fit tilter la jeune fille. La glace… Le froid…
- Aidô…
- Hmm ?
- Avec ton pouvoir, tu es capable de rendre tes lèvres froides ?
Gros silence bancal dans la salle de classe. Le vampire fit glisser des yeux hésitants sur son interlocutrice qui venait seulement de s'apercevoir de l'étrangeté de sa question. Elle voulut se corriger, mais trop tard, le jeune homme était déjà devant elle, les bras appuyés sur son bureau de part et d'autre de Yûki.
- On teste ensemble ? l'aguicha-t-il avec une voix profonde.
- Vade retro, trancha Yûki en lui plantant son stylo dans la main.
Avec une veine de rancune vengeresse qui battait à son front, Aidô expliqua entre deux suçotements de sang de sa main meurtrie qu'il ne pouvait pas baisser la température de son corps ; il gelait ce qu'il touchait ou les objets environnants, point barre. Il ajouta même avec une certaine fierté mutine qu'une morsure, en dépit du caractère bestial qu'on pouvait lui prêter, restait un contact privilégié de chair à chair. La chaleur d'un cou qui frissonnait sous les lèvres était une sensation indescriptible que lui ne raterait pour rien au monde.
En entendant ce discours digne d'un roman un peu osé, la gardienne chassa vite l'hypothèse qui était née tout à coup dans son esprit. Aidô n'y était pour rien. Il était vrai que derrière son visage jovial et un peu gamin résidait un vampire froid et cruel qui lui en avait déjà fait voir des vertes et des pas mûres, mais ce n'était pas lui le coupable.
- En parlant de froid, Maître Kaname a remarqué que le cou de Ruka était glacé là où elle a été mordue, se souvint le jeune homme d'un air pensif. C'est bizarre.
- Quoi ? Et ses lèvres sont-elles devenues bleues ? intervint aussitôt Yûki, très intéressée.
- Hein ? Non. Pas que je sache. Tu poses des questions surprenantes ce soir…
Les pièces commençaient à s'imbriquer les unes dans les autres. Là où il y avait morsure, il y avait froid. Là où il y avait aspiration d'entrailles, il y avait lèvres bleues. Ca ne signifiait qu'une seule chose : l'auteur de ces atrocités avait affaibli ses victimes en les embrassant ! Il n'y avait plus aucun doute possible !
- Merci, Aidô !
Yûki rangea ses affaires à la vitesse de l'éclair et quitta la classe au pas de course. Elle avait eu la réponse à sa question, elle avait de quoi innocenter Zero ! Son cœur débordait de joie. Ses efforts avaient payé. Elle aurait dû y songer avant. Dans combien d'histoires absorbait-on l'âme par la bouche ? Il était question d'un vampire particulier qui buvait du sang, se repaissait de la force vitale de ses victimes et qui en prime, devait avoir les lèvres glacées. Parce que leur contact sur les lèvres ou le cou des proies était prolongé pendant le processus, il paraissait donc logique qu'il y eût des restes sur la peau !
Loin de se soucier de l'heure avancée de la nuit, la jeune fille se rua jusqu'à la chambre de Zero et se mit à tambouriner la porte avec énergie.
- Zero ! Je commence à comprendre ce qui se passe ! Je sais que ce n'est pas toi ! J'ai des preuves ! Ouvre-moi ! Zerooo !
De l'autre côté de la porte, Zero s'était redressé de son lit et n'écoutait que d'une demi oreille les appels retentissants de son amie. Quand allait-elle comprendre à la fin ? Les preuves étaient contre lui. Il avait le sang de Sayori sur lui quand il avait retrouvé ses esprits. S'il reperdait le contrôle au point de ne plus en avoir aucun souvenir comme cela venait d'être le cas, il ferait un carnage.
Yûki commençait à perdre patience. Cette tête de mule, alors ! Elle réfléchit quelques secondes puis le sourire du diable assombrit son visage. Ca marcherait à tous les coups. Désolée, Zero.
- Zero, je te préviens que si tu n'ouvres… HYAAAAAAAAAAAAAAA !
Son sang s'arrêta de couler dans ses veines.
- Yûki ?!
- Catch you !
La jeune fille n'eut qu'à cueillir son ami qui venait d'ouvrir la porte à la volée en lui attrapant la main avec un grand sourire de la victoire. Pris au dépourvu, Zero baissa ses yeux hagards sur Yûki et comprit que la frayeur qu'elle venait de lui faire n'était qu'un subterfuge pour le forcer à sortir. L'impression d'être le dindon de la farce n'avait pas du tout bon goût.
Le jeune homme fronça les sourcils et chargea Yûki d'une œillade noire.
- Idiote ! s'emporta-t-il. Ne refais… !
Il se tut soudainement. Elle avait tendu la main vers son visage et le bout de ses doigts fins étaient à présent en train de caresser sa lèvre inférieure dans un frôlement léger qui le paralysait tout entier. Il resserra malgré lui ses doigts autour de ceux qui retenaient sa main. La peau de Yûki dégageait une chaleur qui le changeait du froid qui avait imprégné les murs de sa chambre. Ce contact pourtant timide lui donna l'extraordinaire impression de se sentir vivant. Il le força aussi à admettre que la douceur de Yûki lui avait manqué.
La jeune fille finit par baisser son bras le long de son corps et offrit à Zero un sourire dont elle seule avait le secret.
- Tes lèvres sont chaudes.
Cette réplique fut si inattendue pour lui qu'il ne sut quoi lui répondre. A moins que ce ne fût parce qu'il ne pouvait tout simplement pas répondre.
Yûki comprit que son partenaire ne voyait pas où elle voulait en venir et rit un peu.
- Désolée. Je peux entrer ?
Zero s'effaça du chemin après un court instant et la laissa passer. Le premier réflexe de Yûki fut d'allumer une lampe. Elle voulait ramener son ami dans la lumière, il fallait bien commencer quelque part.
- Qu'est-ce que tu veux ? soupira ce dernier avec désintérêt en s'asseyant sur son lit.
- Te faire part de l'avancée de l'enquête. Figure-toi que…
Elle lui rapporta sa découverte sur les lèvres bleues et le cou glacé des victimes appuyée par sa conversation avec Aidô et lui expliqua les conclusions qu'elle en avait tirées. Zero l'écouta sans ciller. Il n'en laissa rien paraître mais voir Yûki se démener autant pour lui le touchait droit au cœur. Elle en faisait trop pour lui.
- Et parce que mes lèvres ne sont pas de gel, ça veut dire que je suis innocent ? marmonna-t-il d'un air lugubre.
- Oui ! Tu as bu mon sang récemment, Zero, et je n'ai pas senti que tes lèvres étaient froides ! Cela aurait pu être un signe de dégénérescence de ta mutation, mais comme ce n'est pas le cas…
Il ne répondit pas et garda son air sombre. Yûki lui prit les épaules et lui sourit d'un air engageant.
- Allez. Ca tient debout. Allons voir le directeur et…
- Yûki.
Ses yeux améthyste diluée la mirent à quia.
- J'avais le sang de Wakaba dans ma bouche.
Mais Zeroooo… Arrête de la repousser tout le temps… T.T Môôôô.
Ca avance tout doucement, mais ça avance. Vous restez, hein ?
Prochain chap : dernier sous-sol : l'Enfer. Bye, Zero…
