Auteur : Hinatou-chan, pour vous servir

Disclaimer : Naruto, Hinata et tout le reste ne m'appartiennent pas exceptés Tsubasa sensei et Ayumu ainsi que le semblant de paradis et les pièces à « l'intérieur » de nos chers personnages, si je puis dire…

Notes : Bon, autant prévenir, ce chapitre est un chapitre transitoire, un chapitre de flottement ou on suit Hinata dans son inertie, secouée par des accès de rage et de peine assez violemment. Il ne se passe donc pas grand-chose « d'intéressant », si je puis dire (pas de secrets révélés et les choix de Naruto et Neji restent encore un mystère pour vous, désolée xD), mais c'est quand même super important pour la suite ! w C'est le retour à la terre fondamentale dont Hinata a besoin pour reprendre des forces psychiques. Alors oui, il se termine un peu en queue de poisson mais écrire plus, ben… ça le faisait pas -_-' Je promets que la suite arrivera bientôt et qu'elle sera plus « active » lol

En attendant, prenez du plaisir à cette lecture J

7e choix : Flottement

Imaginez une montagne qui s'ébranle. Un gigantesque sommet de neige et de terre qui s'affaisse seul dans l'immensité de la nuit. Seul ?

Imaginez un trou noir et profond blotti au fin fond de l'univers. Une infinité de ténèbres qui traverse l'espace et le temps pour venir se figer sous la montagne qui n'avait rien demandé. Rien ?

D'un seul coup, d'un seul, sans prévenir, subrepticement, un bruit sourd éclate et ravage tout sur son passage. Un bruit de craquement si fort, si insupportable qu'on croirait entendre la mort arriver.

Appliquez cela à l'état dans lequel je me trouvai au moment où j'entendis la seule voix que je ne voulais pas reconnaître. J'aurais aimé être sourde à cet instant-là, plus que jamais.

« Eh, tu dors ? »

Non, je ne dormais pas. J'ouvris les yeux et le regardai. Je fixai chaque partie de son corps. Les pieds, les jambes, le buste, les bras, le cou, la tête, les yeux… Je constatai que son regard était toujours aussi inexpressif. Quelque chose alors en moi se brisa. Ce fut comme si un torrent de bouts de verre avait traversé mon abdomen. Et j'hurlai. Pour la première fois depuis le début de ma misérable aventure, je poussai un véritable cri féroce, ignoble, inhumain même, un cri qui me déchira les poumons. Les yeux fermés au maximum et les poings serrés à en saigner, je criai tout mon saoul. C'était un hurlement rauque sorti du fond de mes entrailles. Quelque chose d'inaudible tant il était puissant et d'indescriptible tant il ne ressemblait à rien d'autre de connu. Mon cri désespéré dura longuement, si longtemps, jusqu'à ce que je ne parvienne plus à respirer et m'étouffe, la gorge en feu et les yeux brulés d'avoir trop pleuré. Je m'affalai sur le sol et m'aperçus que Tsubasa sensei avait reculé de plusieurs mètres et me considérait avec une lueur étrange au fond des yeux. Épuisée, je sentis mes dernières forces me quitter et demeurai prostrée au sol.

Puis, ce fut le noir.

Une nuit de douceur exaltante suivit tous ces évènements. Combien de temps s'était écoulé depuis que j'avais été transformée en spécide ? La question m'effleura l'esprit mais ne fit que passer. Peu importait le temps, je voulais dormir éternellement. Ce fut une nuit sans rêve, juste la présence rassurante du vide complet. Aucun sentiment, aucune sensation, rien de douloureux, rien d'insurmontable, juste le noir et le silence. Le sentiment de paix et de quiétude qui s'était installé dans mon sommeil était le seul que je tolérais. À mon réveil, on m'annonça que j'avais dormi trois jours. Une jolie petite infirmière aux joues rebondies m'avait accueillie avec un sourire.

« Vos amis vont bientôt passer, ils se sont fait du souci vous savez ! Vous avez disparu trois jours et ils vous ont retrouvée au pied de l'arbre où ils vous avaient laissée. Que vous est-il arrivé ? »

Je ne trouvai pas le courage de lui répondre. Tout se trouvait mélangé dans mon esprit et je me sentais incapable de partager mon histoire avec qui que ce soit. Je me sentais juste vidée de mes forces.

Kiba et Shino apparurent dans l'après-midi. Furieux, Kiba commença par s'emporter puis se calma en voyant mon manque de réaction et finit par me considérer avec inquiétude.

« Hinata ? T'es sûre que ça va ? »

Non, ça n'allait pas. Pas du tout. Toujours sans dire un mot, je me recouchai et me tournai vers le mur. Le silence qui s'ensuivit me fit comprendre qu'ils étaient tous les deux plongés dans une certaine stupeur. C'était compréhensible mais je m'en fichais. J'étais consciente de ne pas avoir fait comme d'habitude mais je n'en avais ni la force ni l'envie. À quoi cela servirait-il donc de leur sourire alors que je n'en avais pas envie ? De leur mentir alors que je n'allais pas bien ? Je n'avais pas envie de les rassurer et je leur en voulais. Ils m'avaient abandonnée à Tsubasa sensei sans rien savoir de lui. Par un certain détournement, je pouvais même leur reprocher mon malheur. J'étais encore trop sous le choc pour envisager avec clairvoyance la situation. Ce qui s'était produit était encore trop vague dans ma tête et je n'étais que colère et frustration.

« Euh… je…

-Laisse Kiba. On y va Hinata, on reviendra demain. »

Je l'entendis soupirer et frotter la tête d'Akamaru, signe qu'il cherchait à se justifier auprès de son chien tout en sachant bien qu'il avait des remords. Ils quittèrent la pièce. Par la fenêtre ouverte, j'observai le village en pleine activité. Il bourdonnait comme une ruche, résonnant de paroles, d'éclats de rire et de cris joyeux. Faisais-je réellement partie de cette fête continuelle ? J'avais l'impression que tout cela m'était devenue soudain étranger. Je collai mon front à la vitre. Des nuages s'amoncelaient à l'horizon, signe d'un orage prochain. Je ne trouvai d'intérêt en rien et restai ainsi le reste de l'après-midi, les yeux perdus dans le vague, à contempler la vie au-dehors. Lorsque le soleil darda ses rayons rouges à l'horizon une dernière fois, la porte de ma chambre s'ouvrit calmement. Je tournai la tête et aperçus Tsubasa sensei. Une rage indicible monta alors en moi. Je plissai les draps entre mes paumes pour tenter de contrôler ma colère. Il s'avança avec prudence et s'arrêta à quelques pas du lit.

« Bon retour chez toi. »

Je ne répondis pas, la mâchoire crispée en un rictus que je tentais vainement de contenir. Il attendit quelques instants avant de reprendre, m'observant attentivement.

« C'était dur, hein ? »

La goutte déborda du vase et vint s'écraser sur le sol avec fracas. Ne pouvant plus me calmer, je vociférai de plus en plus fort.

« C'était dur ? C'était dur ?! Dur, dites-vous ?!!! »

Je sautai du lit et une pulsion de haine froide me fit empoigner la chaise qui se trouvait à ma droite. Les yeux remplis de dégoût et de colère, je la dressai au-dessus de ma tête.

« Comment osez-vous me parler ? Comment osez-vous vous présentez encore devant moi ?!!! Et, par-dessus tout, comment osez-vous dire ça ?!!! Je vous hais, oh, comme je vous hais ! »

Ma voix tremblait sous le coup de mes émotions. Il me regarda avec ses grands yeux gris et je crus y déceler de la peine. Cela me mit dans une fureur encore plus sourde. Sans plus de réflexion, je lui jetai la chaise à la figure en hurlant.

« Que je vous déteste !!! »

Il l'évita avec une facilité déconcertante et la chaise vint se briser contre le mur derrière lui avec fracas. Le bruit attira immédiatement les infirmières et elles me retinrent lorsque je fonçai sur lui. Furieuse, je criai et ne cessez de répéter d'une voix sourde « je vous hais, je vous hais, je vous hais ! » en me débattant du mieux que je pouvais. La jolie petite infirmière potelée qui m'avait parlé précédemment s'essoufflait à tenter de me retenir.

« Monsieur, je vais vous demander de partir, vous fatiguez la patiente !

-Bien. Je reviendrai, Hinata. »

Sa phrase sonnait comme un fait qui s'avèrerait vrai et je ne le voulais pas. Je ne voulais plus jamais le voir. Lorsqu'il eut disparut de mon champ de vision, je tombai brusquement à terre sous les yeux ahuris des infirmières. Sans plus parler, je me mis à pleurer. De grosses larmes roulèrent sur mes joues et je ne cherchai même pas à les retenir. Toutes les femmes quittèrent la pièce, gênées, exceptée la petite infirmière. Celle-ci, sans un mot, me prit par le bras et m'obligea à me relever. Elle m'assit sur le lit et alla chercher des pansements. Elle désinfecta mes genoux écorchés par la chute et me força à me coucher.

« Dormez maintenant, mademoiselle » m'intima-t-elle avec autorité.

Je sombrai alors dans un profond sommeil, soulagée d'en finir avec cette interminable journée. Je n'avais jamais autant aimé dormir. Lorsque j'ouvris les yeux, la petite infirmière était encore là. Elle me sourit gentiment.

« Vous allez mieux ? »

Je ne répondis pas et me redressai péniblement. Nullement agacée ou ne le montrant pas, elle sourit et continua.

« Les médecins vous ont examinée. À part les écorchures que vous vous êtes faites sur les genoux, vous n'avez aucun blessure physique. Cependant, votre coma de trois jours révèle le signe d'un épuisement psychologique. »

Elle s'arrêta et me considéra avec des yeux attendris où je lisais malgré tout de la pitié.

« En résumé, vous n'avez pas besoin de soins médicaux, mais de soins psychologiques. »

Un psychologue. Ils voulaient me coller un psy. J'avais envie de rire mais mon ricanement resta en travers de ma gorge. Que pourrait faire un spécialiste des problèmes psychologiques contre une chose telle que le spécide ? Il me prendrait pour une folle et m'internerait à l'asile. Voilà ce que je me disais avec amertume. Je me décidai alors à parler.

« Je ne suis pas malade.

-C'est bien ce que je dis. Vous n'êtes pas malade, juste choquée psychologiquement.

-Je n'ai pas besoin de « thérapie ».

-Ah non ? Alors pourquoi avoir agressé votre professeur hier ?

-Vous ne pouvez pas comprendre. »

De nouveau ce regard à la fois tendre et emprunt de pitié. Elle s'absorba quelque temps dans la contemplation de ses ongles puis releva les yeux.

« Il s'est passé quelque chose durant ces trois jours où vous avez disparu. Dites-moi tout et je verrais ce que je peux faire. »

Je me mordis la lèvre. Je ne pouvais lui dire toute la vérité, mais je pouvais toujours en éluder une partie.

« J'ai subi un… parcours initiatique avec Tsubasa sensei. »

Le nom m'arracha presque la bouche.

« Quel genre de parcours ?

-Un entraînement ninja psychologique classé secret par les hautes instances de Konoha. »

Ce n'était bien sûr qu'une supposition mais je soupçonnais les anbus d'être derrière tout ça. Tsubasa sensei appartenait bien à leur corps. L'infirmière fit la moue ; elle était piégée, puisque mon histoire n'était pas vérifiable.

« Pouvez-vous me dire en quoi cela consistait ?

-Genjutsu. »

Je la vis se mordre les lèvres. J'avais gagné.

« Mais que s'est-il passé avec votre professeur ?

-Il y a des choses que je ne lui pardonne pas. Jamais. »

Un long silence s'ensuivit après ma déclaration catégorique.. Le regard attendri s'était mué en inquiétude pure et simple, entremêlée de déception et d'une certaine peur. Elle se leva sans un mot et tituba jusqu'à la porte, qu'elle referma avec maladresse. Il lui fallait réfléchir à ce qu'elle ferait de moi. Je l'avais trouvée sympathique et avais un peu de peine pour elle mais mon désespoir était bien plus grand que mon affection envers sa personne. Je replongeai dans le sommeil. Celui-ci fut mouvementé et empli de cauchemars où je sombrais, impuissante. Je me réveillai en sursaut à la tombée de la nuit en sueur. Les dernières lueurs de l'aurore caressèrent mon visage, réchauffant mon corps endolori. J'avais envie de partir, de quitter cet endroit et en même temps je ne m'en sentais pas la force. Je voulais retarder le plus possible ma confrontation avec les conséquences des choix que j'avais poussé à faire. J'avais peur, terrorisée au fond de mon inconfortable lit d'hôpital. Je revoyais encore les ailes noires des corbeaux au-dessus des maisons éventrées et les deux corps sur la plaine de sable. Je ne voulais pas que cela arrive, jamais. C'est pourquoi je détestais profondément Tsubasa sensei. Les yeux rivés sur l'horizon, je dévorai les secondes qui s'écoulaient dans un tourbillon de pensées terrifiantes. Mon monde s'était écroulé un nombre incalculable de fois et je n'étais pas sûre d'avoir encore la force ni l'envie de le reconstruire. Je me sentais incroyablement seule. Le soleil disparut à l'horizon et la nuit entra avec volupté par la fenêtre de ma chambre, s'immisçant dans l'obscurité naissante et jouant avec les ombres contre le mur blanc qui lui faisait face. Lorsque la nuit fut complète, une soudaine envie de quitter la touffeur de ces quatre murs que j'occupais depuis un peu moins d'une semaine me poussa à abandonner la chaleur de mon lit pour rencontrer le sol froid et dur. Les pieds nus, j'entrepris d'atteindre la porte avec hésitation. J'avais l'impression de ne pas avoir marché depuis une éternité. Sans me soucier de mon accoutrement j'arpentai ensuite les couloirs déserts, cherchant la sortie. J'évitai soigneusement l'accueil et sortis par une petite porte de service qui menait dans le jardin. La fraicheur de la nuit rencontra mon corps avec violence mais je me forçai à ne pas trembler. J'avais mal, si mal… mes pas parcoururent les allées, se guidant seuls. J'avais peur, si peur… Cette promenade nocturne ne m'effrayait pas le moins du monde mais mon esprit était hanté par toutes sortes de visions monstrueuses. J'avais froid, si froid… Mon père et ma sœur n'étaient pas venus me voir. Ils auraient dû être les premiers à venir s'enquérir de ma santé mais je me doutais que mon père avait préféré entraîner Hanabi que se déplacer jusqu'à l'hôpital pour s'enquérir d'une faible fille. J'étais tellement en colère, tellement… J'aurais voulu me crever les yeux pour ne plus avoir à regarder les autres en face. J'aurais aimé m'arracher les oreilles pour ne plus les entendre, tous autant qu'ils étaient. J'aurais même préféré me transpercer le cœur que devoir me confronter à ce que j'avais détruit… je continuai de marcher dans les ténèbres sans me préoccuper des cailloux qui écorchaient mes pieds ni du vent qui s'infiltrait sous la légère chemise d'hôpital que je portais. Je voulais juste marcher. Marcher pour marcher. Avancer toujours plus avant pour ne plus avoir à regarder en arrière. J'avais juste envie d'oublier mes problèmes, même pour un court instant, je voulais être lâche et couarde, m'enfouir la tête dans le creux de la poitrine de quelqu'un et me reposer entièrement sur lui. Seulement, plus personne ne voulait ni ne pouvait assumer ce rôle.

Je ne m'étais jamais sentie si seule et cela m'était insupportable.

La solitude est tellement effrayante…

On m'avait lâchée en pleine mer sans bouée et je me noyais lentement dans les flots enragés, la peur au ventre et la gorge nouée.

Pris d'un sentiment d'abandon, je quittai le jardin silencieux et m'avançai dans les rues vides. Il me semblât que j'étais sortie de mon corps et que je m'observais, seule, errant telle un fantôme inconsistant au milieu des ténèbres glacées. Je cherchais désespérément un quelconque réconfort mais que pouvais-je trouver dans ces rues sordides ?

Une goutte d'eau s'écrasa contre ma joue, roulant jusque dans mon cou. Une deuxième glissa entre mes pieds, déversant sa fraicheur électrisante dans tout mon corps. Je sentis à peine les autres se déverser à torrent dans la ruelle où je me trouvais. Sans plus m'en préoccuper, j'entrepris de reprendre ma marche hasardeuse. Le chemin s'ouvrait devant moi mais où aller ? Je n'avais plus d'endroit où rentrer. La pluie me mouillait jusqu'aux os tandis que je continuais à avancer sans dévier de ma route. Lorsque la boue commença à apparaître et que la terre du sentier devint impraticable, je me résolus à me mettre à l'abri d'un immeuble. Je ne savais même plus où j'étais, trop préoccupée pour penser à ça.

« Hein ? Hinata ? Qu'est-ce que tu fais là ? Ça va ?! »

La voix me sortit de mes songes et je redressai la tête, surprise. Une chevelure dorée se répandait dans la nuit, ma nuit, ruisselante et indisciplinée.

Naruto.

Je n'eus pas le réflexe de répondre, stupéfiée par cette apparition au milieu de mes cauchemars et de mon errance. Avais-je donc inconsciemment recherché sa présence ? Avais-je eu à ce point besoin de son rayonnement ? Je me fichais bien de savoir s'il se rappelait ou non ma visite dans son esprit, j'avais simplement voulu le voir sans vraiment m'en rendre compte. Il fit une petite moue en plissant les yeux avec circonspection.

« T'es trempée ! Viens chez moi, faut te sécher ou tu vas attraper la crève ! »

Il me tendit la main en souriant. Il me semblât qu'il paraissait plus idiot que lorsque je l'avais rencontré dans son esprit mais ce n'était sans doute qu'une impression. Je me rappelai alors que les consciences n'étaient qu'une partie du caractère du Moi intérieur de chaque personne. Son sourire me réchauffa le cœur et j'avais tant envie de saisir cette main tendue que je le fis sans hésiter. Sa paume était si chaude que mes tremblements stoppèrent instinctivement. Il m'entraîna dans les escaliers transformés en cascade de gouttelettes qui venait s'échouer sur la gouttière la plus proche avec un clapotement enragé. Nous nous arrêtâmes en face de sa porte qu'il se pressa d'ouvrir. L'intérieur de l'appartement de Naruto était petit, simple et incroyablement en bazar. Légèrement gêné, il se gratta la tête et m'indiqua la salle de bain où il se dirigea pour sortir une serviette d'un placard quelconque.

« Je suis dans la pièce d'à côté, j'ai des ramens instantanés, j'vais aller les faire chauffer, ok ? »

J'acquiesçai faiblement, soulagée par sa présence. J'avais l'impression qu'un énorme poids s'était ôté de ma poitrine.

« Ah, tu peux utiliser la douche si tu veux. »

Mes joues s'empourprèrent à ses mots et j'avisai soudainement que je n'avais rien d'autre à me mettre que cette chemise trempée qui ne m'arrivait même pas aux genoux. En suivant mon regard, Naruto eut un petit hoquet de surprise.

« Euh… c'est vrai… je, j'vais te chercher un truc à te mettre. »

Il disparut dans l'encadrement de la porte et revint quelques instants plus tard avec un T-shirt orange et un pantalon noir.

« Ça s'ra peut-être un peu grand mais j'ai rien d'autre, désolé ! »

J'hochai la tête, incapable d'articuler un mot. Il détourna les yeux et quitta la pièce en fermant la porte, me laissant de nouveau seule face à moi-même. La personne que je rencontrai alors en face du miroir m'apparut comme une étrangère. Ma peau avait blanchi à l'extrême, mes traits étaient tirés et mes yeux vides. Je songeai en frissonnant que je ressemblais vraiment à un spectre. Cette apparition me chamboula et j'étais dévorée entre la pitié et le dégoût pour ce petit être pâlichon qui se mouvait en face de moi, copiant mes mouvements à l'inverse. Rien n'est pire qu'un miroir, quel qu'il soit, car il nous renvoie une image à la fois vérité et mensonge, réaliste et déformée, de ce que nous sommes. Grelottante, je me dirigeai d'un pas lent vers la douche que j'allumai. Le jet d'eau chaude se déversa sur ma peau, détendant peu à peu mes muscles endoloris par ma marche interminable dans la nuit glacée. Je terminai rapidement, me séchai et m'habillai avec soin pour finalement retenter un coup d'œil dans le miroir. Le résultat était un peu plus humain mais je ne pouvais m'empêcher de songer que ces yeux blancs ne reflétaient rien d'autre que les ténèbres. J'ouvris la porte et traversai la chambre pour arriver dans la pièce principale de l'habitation. Une bonne odeur de nourriture s'infiltra dans mes narines. Depuis combien de temps n'avais-je pas mangé ? Je m'assis sur la chaise la plus proche et entrepris d'enfin reprendre la mesure du temps. Peut-être cela m'aiderait-il à reprendre la mesure de mon esprit également. Je supposai que chacun de mes « choix » avaient duré environ une journée. Cela faisait trois jours de disparition comme l'avait dit l'infirmière. Ajouté à cela trois jours de coma et deux jours de flottement et cela faisait huit longues journées privée de moyen de subsistance. Durant ces deux derniers jours, la perfusion avait suffit à ramener à la vie mon corps vidé de ses forces mais rien ne remplaçait un véritable repas. Comme en réponse à ma réflexion, mon ventre se prit à gargouiller. Une seule chose alors prit place dans mon esprit. Une indicible envie de manger. L'instinct de survie reprenait le dessus sur toutes mes autres préoccupations, ce qui m'arrangeait bien d'ailleurs. Je n'osais même pas songer aux réflexions qui m'assailliraient une fois mon estomac apaisé.

« Tiens, t'es déjà là ? Ça tombe bien, les ramens sont prêts ! » s'écria-t-il dans un sourire.

J'acquiesçai, rouge pivoine, en essayant de dissimuler les grondements de mon ventre. Il rit et déposa les deux bols de carton sur la table. Il me tendit des baguettes et sépara les siennes.

« Itadakimas' !

-… I… itadakimasu… »

Nous mangeâmes dans un silence quasi-religieux, si on exceptait les inévitables bruits de déglutition et d'aspiration… lorsque les bols furent vides, il fut alors tant de passer aux choses sérieuses. Je ne pouvais plus fuir.

Je devais me ressaisir.

Alors ? Ressaisissement d'Hinata ou pas ?

Que va-t-elle bien demander à Naruto ?

Tsubasa fait-il bien parti de l'anbu comme elle le soupçonne ?

Que va-t-il se passer ?

Ohlàlà y a trop de questions… va falloir écrire les réponses maintenant ! XD

Mais pour les avoir il faut des… des ? Allez, en sept lettres…

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