Un petit chapitre, comme promis. Toujours rien du point de vue de l'intrigue mais plutôt un aperçu de la toile de fond. "Présence" de Kate (pour ceux que ça intéresse). Merci encore pour vos reviews. Je vous aime (si si, c'est vrai !)

Quand Anthony DiNozzo se réveilla le lendemain, il était 7h35. Et il était loin d'être en avance. Maria avait délibérément choisi de le laisser dormir, même s'il arrivait en retard en cours. Ca le toucha. Mais, mieux valait se dépêcher de se préparer, ou Gibbs finirait par croire qu'il faisait exprès. Il prit donc une douche rapide, enfila un jean et une chemise sombre, attrapa son sac au vol et descendit les escaliers prudemment. En se tenant au mur pour éviter de trébucher, il fit un détour par la cuisine où l'attendait un petit déjeuner express mais désespérément équilibré. Dommage que Maria ne le soutienne pas dans son régime alimentaire… Il but le verre de lait puis celui de jus de fruit, respira un peu puis enfourna un toast qu'il continua à mâcher tout en quittant la pièce. Il vérifia l'heure sur sa montre : 7h48. Avec un peu de chance, il arriverait à l'heure. Après avoir attrapé les clefs de voiture qui trônaient sur le meuble de l'entrée, Tony s'apprêtait à descendre les escaliers quand il vit sa gouvernante chargée de valises. Haussant un sourcil, le jeune homme accéléra un peu le pas pour arriver à sa hauteur.

-Hola Maria. Que pasa ?

-Oh Antonio ! Je... Je pars...

L'italien serra les poings. Ca recommençait.

-Père vous a renvoyé, c'est ça ?

La femme acquiesça tristement. Tony, lui, avait des envies meurtrières.

-Je suis désolé Maria. C'est tout à fait injuste, vous faisiez du très bon travail et…

Et je vous aimais bien, pensa-t-il amèrement. Son père avait vraiment un don pour lui pourrir la vie ! Il passa un bras autour des épaules de l'ex-gouvernante et la serra contre lui avant de l'embrasser sur les deux joues tandis qu'elle lui faisait signe de se dépêcher. Elle s'inquiétait plus pour un bête retard en cours que de la perte de son emploi ! Décidément, Maria allait beaucoup lui manquer…

-J'espère que tout ira bien pour vous monsieur Anthony.

Le jeune homme esquissa un sourire à l'espagnole qui lui glissait son numéro dans la poche. Avant de le prendre dans les bras une dernière fois.

-Je vous appellerai Maria. Et ne vous inquiétez pas pour moi. Tout ira bien.

Le majordome arrivait déjà et Tony descendit les marches pour ne pas assister encore une fois au chargement du taxi qui emmènerait une des employées loin de lui. Il aimait beaucoup Maria. Elle n'était pas là depuis très longtemps, mais elle avait tout de suite compris le fonctionnement de la famille DiNozzo et, surtout, elle avait été adorable avec lui. Dépité, Tony monta dans une Ferrari F430 Scuderia rouge, une des voitures de son père et démarra pour quitter la propriété avant de verser une larme. Il conduisit avec une lenteur exceptionnelle et les habituelles dix minutes de trajet se transformèrent en un bon quart d'heure. Il s'arrêta devant chez les Sciuto, klaxonna trois coups et attendit que la fenêtre du premier s'ouvre pour dévoiler la petite tête ensommeillée d'une Abby au réveil. Quand elle reconnu la voiture, toute trace de fatigue sembla disparaître.

-Alors Abbs, t'es toujours pas prête ?

-Tonyyy !

Elle semblait excitée comme une puce. Rien de bien surprenant.

-J'en ai pour deux minutes !

Et elle referma la fenêtre d'un coup sec. Tony patienta une minute cinquante puis klaxonna à nouveau : une chose qu'il pouvait se permettre puisque les parents d'Abby étaient sourds.

-J'arriiiiiiiiiive !

Il fallu encore cinq minutes à la jeune fille pour finir de se préparer et monter dans la voiture, un bidon de Caff-pow à la main. Elle l'embrassa sur la joue droite, laissant une trace de rouge à lèvres qu'elle entreprit s'effacer en frottant avec un mouchoir alors que Tony démarrait.

-Alors, bien dormi ? T'as fait de beaux rêves pleins de chauve-souris ?

-Non. J'ai fait des cauchemars !

Le regard de l'italien quitta un bref instant la route pour se poser sur son amie.

-Des cauchemars de quoi ?

-De toi.

Il peina à déglutir.

-De moi ?

-Oui. Tu nous abandonnais.

-Aïe.

-Et… Et tu sautais du toit d'un immeuble.

La petite voix d'Abby déstabilisa Tony, mais il ne fit pas de commentaire. Elle avait vraiment l'air remuée.

-Tu me promets que tu ne vas pas faire de trucs idiots hein ? Tony, tu me le promets ?

-Promis Abbs.

Devant l'absence de réponse, il posa une main sur le bras de la jeune fille pour la rassurer et elle consentit enfin à le croire.

-Bon, on a cours à 8 heures, c'est ça ?

-8h30 Tony. T'as eu le temps de manger ?

-Ouais.

-T'as pas l'air très réveillé. Tu veux un peu de Caff-pow ?

-Depuis quand est-ce que tu partages toi ?

-Avec toi c'est pas pareil.

Abby tendit donc sa boisson vers le conducteur, de sorte à ce qu'il n'ait même pas besoin de bouger pour avoir accès à la paille. Tony aspira quelques gorgées et fit signe à sa passagère de reprendre le gobelet.

-Si je fais une crise cardiaque, ce sera de ta faute Abby.

-Oh je t'en prie, c'est pas si caféiné que ça Tony !

-C'est ça oui…

Anthony commença à ralentir en plein quartier résidentiel, ce qui perturba quelque peu la jeune gothique.

-Hé Tony ! Qu'est-ce que tu fais !

Il roulait maintenant au pas et actionna l'ouverture électrique de la fenêtre d'Abby avant de se pencher sur le côté pour interpeler une jeune fille qui marchait sans les voir sur le trottoir.

-Hello Kitty !

La jeune fille se retourna, plutôt méfiante, jusqu'à ce qu'elle reconnaisse les deux étudiants.

-Bonjour Abby. Salut Tony.

Un immense sourire digne d'une pub pour dentifrice rivé sur les lèvres, Tony lui montra l'heure.

-Si tu ne veux pas être en retard ma chère, tu ferais bien de grimper !

-Mais, ta voiture n'a que deux places Tony !

Abby se mit à rire. L'italien, lui, descendit du véhicule et vint se planter devant Kate, son visage à deux centimètres du sien.

-Es-tu en train de dire que tu ne me fais pas confiance, Kate Todd ?

Les yeux verts se perdirent un instant dans ceux, bruns, de la jeune fille, puis Tony s'éloigna et ouvrit le coffre de la voiture.

-Règle Numéro 1 : on ne critique pas une voiture de marque Italienne, surtout pas que le chauffeur à les mêmes origines que sa caisse !

Il sortit une caisse à outils, la posa sur le trottoir et fit claquer le coffre.

-Règle Numéro 2 : on ne doute pas de ma parole.

Il bricola environ trente secondes, ouvrir le coffre et rangea sa boîte à outils.

-Règle Numéro 3 : quand une voiture s'arrête à ta hauteur, tu te casses en courant ! Ce serait dommage qu'il t'arrive quelque chose…

Il rabattit le siège arrière, faisant apparaître deux places supplémentaires et ouvrir la portière à Kate.

-Maintenant, si tu veux bien nous faire l'honneur de ta compagnie…

La jeune fille lui adressa un sourire amusé et s'installa à l'arrière pendant qu'il faisait le tour de la voiture. Une fois certain que tout le monde était attaché, il démarra. Le reste du trajet, qui n'était pas si long que ça, se passa dans une ambiance bonne enfant. Abby avait mit l'autoradio et changé le cd (du Chopin) pour un bon groupe de la Nouvelle-Orléans. Kate avait adoré et s'était même mise à chanter en cœur avec les deux autres.

Finalement, il y avait peut-être mieux que l'Ohio…

OoOooOoooOooOoO

Ils arrivèrent à l'heure en cours (un exploit compte tenu de la conduite plutôt lente de Tony et du nombre de feux rouges qui s'étaient ligués contre eux) et rejoignirent le reste du groupe au fond de la salle. Tim avait gardé des places en prévision des retardataires.

-McGeek, tu assures aujourd'hui !

-Et toi, tu es à l'heure. C'est contre nature je crois.

Tony ne répliqua pas mais lui ébouriffa soigneusement les cheveux avant de se pencher pour embrasser Shannon et Ziva. Il serra la main de Mikaël, qui lui répondit par une grimace et s'assit entre Abby et Kate, non sans avoir salué Gibbs. Il ne voulait pas se retrouver entre le jeune homme et la brunette, sachant pertinemment que son meilleur ami trouverait encore de quoi l'embêter avec Kate s'il écoutait leur conversation. Il ne comprenait pas pourquoi Gibbs était persuadé qu'il allait sortir avec la jeune fille. Bon, certes, elle était magnifique, et très gentille, et elle avait de l'humour… mais était-ce une raison ? Abby avait toutes ces qualités et pourtant, il ne sortait pas avec elle ! Abby était sa sœur. Pourquoi Jethro s'entêtait-il à penser qu'il ne pouvait rien ressentir d'autre pour une fille ? Etait-il à ce point cœur d'artichaut ? Il observa les filles de la salle, un petit sourire distrait au bout des lèvres. Elles l'espionnaient, le reluquaient du coin de l'œil, jetaient des regards mauvais à Kate… Jetaient des regards mauvais à Kate ? Instinctivement, il se redressa sur sa chaise. Pourquoi jetaient-elles des regards mauvais à une nouvelle ? Encore ces sales harpies jalouses de pom-pom-girls… Il poussa un soupir et se dit que, cette année, il allait vraiment falloir qu'il remette les choses en ordre…