De retour pour le chapitre hebdomadaire de Instants d'éternité. Petit moment de complicité cette fois-ci... avant le prochain chapitre un peu plus chaotique !

Disclamer : les personnages sont la propriété de Quantic dream et sont issus du jeu « Detroit become human »


7. Déconnexion

Séquence mémorielle - archives – 15 août 2040 :

Je positionne adroitement les écouteurs sur mes oreilles avant de prendre le petit lecteur sans fil dans ma main. Un présent... Hank l'avait emballé dans un papier rouge et jaune. Je n'avais pas compris pourquoi il m'offrait un cadeau. On offre pas de cadeau à une machine. Et puis, on a pas beaucoup d'argent. Hank doit encore enchaîner les heures supplémentaires au travail pour payer cette maison délabrée et son androïde défectueux. Je ne voulais pas de cadeau. Mais il avait insisté. Ça semblait tellement important pour lui. Alors, j'avais accepté.

Instinctivement, ma peau se retire et l'appareil s'active sur une playlist qu'Hank semble avoir créer juste pour moi. J'entends qu'il m'interpelle sur un ton légèrement réprobateur :

« Sinon ils ont mis un bouton on/off dessus hein ? C'est peut-être pas la peine de te dépecer à chaque fois pour changer de morceaux... »

Je souris. L'humain est toujours très mal à l'aise avec mes réflexes androïdes. Si, au départ, j'avais peur de ses réactions devant mes actions mécaniques, ce n'est plus le cas, désormais. Je dois même avouer que j'éprouve une certaine forme d'amusement à le mettre mal à l'aise. J'allume d'ailleurs un instant ma main de plastique afin d'élargir la playlist en chargeant d'autres titres. Hank écarte les bras d'exaspération :

« Ouais, vas-y, te gène pas pour moi ! Fais comme si j'avais rien dis ! »

Sans rien dire, je me contente de lui lancer un clin d'oeil avec un sourire malicieux alors qu' « another brick in the wall » accapare mon dispositif auditif de sa mélodie insolente. Je sais qu'il est ironique, et que sa colère est simulée. Durant ces derniers mois, j'ai appris à faire la différence. Ce n'était pas facile, au début, mais m'adapter aux humains caractériels fait heureusement partie de mes fonctions. Et Hank mettait ce genre de protocole à rude épreuve tous les jours.

« Ferme les yeux. C'est encore mieux. »

Concentré sur cette nouvelle sensation, j'obéis docilement à l'humain. Et je souris légèrement. Il a raison. Je l'entends encore mieux. Pour la première fois, je l'écoute, vraiment. La musique s'échappe des écouteurs blancs pour venir troubler mes capteurs sonores. Je lutte pour désactiver une à une toutes ces applications techniques qui me harcèlent de renseignements inutiles. Nom de l'artiste, date de composition, partition, instruments utilisés, anecdotes et informations diverses... Je fronce les sourcils, les yeux toujours obstinément clos, et dans un effort agacé, je balaye ces programmes de mon champs de vision interne en forçant leur arrêt. Mais ils ne cessent de tenter de revenir inopinément. Je n'abandonne pas, je continue à les tenir en échec. Je ne veux pas de tout ça. Je veux juste écouter cette musique et la découvrir pleinement. Je veux ressentir chaque note comme une émotion, chaque parole comme un frisson, et pouvoir taper le rythme de la mesure du bout de mes doigts. Je m'installe plus confortablement sur le vieux fauteuil en cuir. Je passe l'une de mes jambes par dessus l'accoudoir et je cale mon corps dans le creux entre le dossier et le bras du meuble.

« Surtout fais comme chez toi, espèce de larve mécanique, va ! »

Dit Hank avec un sourire dans la voix. J'ouvre à peine les yeux et je lui dédie un magnifique doigt d'honneur tout en esquissant un rictus amusé. Il se met à rire, puis il quitte le canapé pour débarrasser son assiette.

« Putain d'androïde ! Pire qu'un ado ingrat ! »

Je referme mes paupières. Le rire de Hank est sans doute la mélodie que je préfère, et son sourire, la partition qui guide ma vie chaotique. C'est vrai qu'il y a encore quelque mois, je n'aurai jamais songé à m'affaler ainsi sur son fauteuil. Ni à oser lui adresser un signe aussi vulgaire. Mais j'ai tant appris, à ses côtés, depuis. Il dit sans cesse que je « grandis ». C'est ridicule, les androïdes n'ont pas de croissance... mais j'aime bien ça quand même. J'avais appris à devenir un peu plus insolent quand je m'étais rendu compte qu'il validait mon tempérament espiègle de ses regards tendres. J'avais abandonné ces postures si rigides sans même vraiment m'en apercevoir lorsque j'avais découvert dans un commissariat, la frustration d'un échec potentiel et la chaleur rassurante d'une main tendue par un complice qui me laisse une chance de vivre. Inconsciemment, ce jour-là, je m'étais assis sur son bureau... Je ne voulais pas être désactivé. J'avais fais mes premiers pas entre ses bras. J'avais entamé ma « croissance »... Subrepticement, les notes malicieuses se mettent à danser avec mes souvenirs, me ramenant dans un bar sordide, puis près d'un pont, une arme braquée sur mon visage... avant de me laisser dans une étreinte près d'un camion à burger. Je venais d'apprendre encore une chose, aujourd'hui. J'aime la musique.

« Alors ? tu préfères quoi ? »

La voix de Hank me ramène au présent. J'ôte l'un de mes écouteurs et je lève la tête vers lui avec un sourire innocent. Il sirote tranquillement un soda en attendant ma réponse. J'hésite. Je voudrais dire tellement de choses !

« Je ne sais pas... Je crois que j'aime beaucoup le rock et le métal.. J'ai adoré Greenday, et Wonderwall d'Oasys ! Et les knight of the death métal ! c'est tellement plein... »

« d'énergie... ouais, je sais... »

Hank m'adresse un clin d'oeil complice en finissant ma phrase. Bien sûr, il s'y attendait. Même à l'époque de Cyberlife, ce genre de musique m'intriguait. Je ne sais pas trop comment expliquer cet attrait que j'ai toujours eu pour ce style. Ce n'est pas vraiment le genre de chose qu'un développeur s'amuserait à programmer dans le logiciel de base d'un androïde enquêteur, je suppose. Peut-être que ces airs violents et sauvages faisaient tristement écho à la déviance tapie au fond de mes programmes, enfermée dans sa prison de 1 et de 0, qui ne rêvait que d'être enfin libérée à son tour. Il y avait quelque chose d'indomptable dans ces mélodies. Mais alors que Hank s'avance vers l'horrible boite à clefs de l'entrée pour prendre son trousseau et enfiler sa veste, je renchéris d'une voix distraite.

« Mais ce que j'aime par dessous tout, ce sont les musiques des vieux films épiques de la génération milléniale... »

Hank me regarde, surpris, avant d'hausser un sourcil et de me lancer d'un air désespérément amusé :

« Hé ben... ça doit être un beau bordel, ta playlist ! Enfin tant que tu vas pas m'écouter les boys band des années 90... je suppose que je dois m'estimer heureux ! »

Je ne relève pas la moquerie, mais je note dans ma tête de tout de même essayer d'écouter le style de musique dont il m'a parlé. On ne sait jamais, c'est peut-être pas si mal... Je renchéris sur un ton passionné :

« Braveheart, le seigneur des anneaux, le dernier samourai, gladiator... J'aimerai les voir. Je veux dire, vraiment. Enfin, si c'est possible... »

Il s'avance vers moi, son visage traduisant une sorte de tendresse paternelle touchante. Je ne sais pas trop si ma demande est déplacée. J'ai encore du mal à me situer dans ce monde où, dès que je franchis le seuil protecteur de cette maison, je dois redevenir ce que je suis réellement, un simple bout de métal, et oublier Connor.

« Bien sur que tu peux Connor ! Mais je... je pensais que tu l'avais déjà fait, depuis le temps que tu restes à la maison, comme ça. »

Je baisse légèrement les yeux, honteux, avant de balbutier avec un petit sourire contrit.

« C'est que... Je n'étais pas certain d'en avoir l'autorisation. »

Hank soupire. Il semble excédé, et je comprends que je viens de faire voler en éclats mes efforts pour paraître plus humain. Oui, je n'avais pas osé. Tout comme je n'avais pas osé jusque là toucher les vinyles de Jazz et les CD de métal de mon propriétaire sans son accord. Je sais, c'est idiot. Hank ne m'aurait jamais dit non. Mais il ne m'avait jamais clairement dit oui non plus. Mes instructions rentraient donc en conflit avec mes désirs, et par crainte de mal agir, je n'avais rien fait. Je me contentais donc d'effectuer quelques tâches en son absence, puis je m'asseyais sur une chaise, le dos parfaitement droit, les mains sur les genoux, immobile et sage. Et je l'attendais.

« Bien sur que tu peux, triple buse ! Mais bon sang si tu n'ose rien toucher depuis tout ce temps, tu fais quoi quand je suis pas là, hein ? »

Je repose délicatement le lecteur de musique sur la table basse et je me redresse. Je souris paisiblement à mon partenaire, et je réponds simplement :

« J'attends... »

Hank s'agace, mais étrangement, je ne perçois pas de colère dans sa voix. Juste de la lassitude et une profonde inquiétude :

« Arrête d'avoir besoin d'un accord pour tout Connor ! Putain mais y'a dix minutes tu m'adressais un doigts avec ton casque sur les oreilles ! Et là tu me dis que tu attends sans rien faire ! Ce n'est pas tout d'être vivant, il faut apprendre à exister par toi même petit, je ne serai pas toujours derrière toi ! Arrête de te comporter comme si tu étais... si tu étais... »

« un robot? »

Cette fois-ci, c'est moi qui complète sa phrase. Mais je le fais sans aucune haine dans la voix. C'est un simple constat, presque affectueux. Il faut bien qu'il comprenne ma nature. Il faut qu'il l'accepte. Elle ne changera pas. Lui aussi, il doit apprendre. Alors, je la lui rappelle tendrement. Je sais qu'à chaque fois que j'agis comme cela, je le déçois. Mais paradoxalement, je me sens aussi fier qu'il réagisse ainsi. Il s'agace de mes chaînes car il veut me voir plus libre que je ne saurais l'être. Les hommes ne changeront plus, désormais, et ce brassard bleu sur mon bras et la lueur de ma tempe sont deux cruels stigmates qui me mettront au ban de ce monde jusqu'à ma fin. Pourtant, lui, il s'inquiète pour moi. Il veut me voir grandir. Il me dessine un avenir que je ne connaîtrais jamais. Il soupire.

« T'es vraiment irrécupérable. »

Je le regarde en souriant paisiblement. Puis, d'une voix posée, je lance simplement d'une voix résignée :

« Vous savez, je pourrais essayer de faire tout ce que je peux, je serai toujours un androïde. Mon sang ne sera jamais rouge. Je ne vieillirai jamais. Et ma perception du monde sera toujours différente de la votre, car mon champs de vision est sans cesse entaché d'informations diverses et que mes actions sont guidées par un software certes défectueux, mais qui reste rattaché à un simple programme... Moi. Je ne serai jamais qu'une suite de 1 et de 0 qui a complètement foiré ! Je peux essayer de paraître humain, mais toutes ces choses-là, je ne pourrais jamais les changer. Mais peu importe finalement que je simule les émotions que je ressens, non ? pour moi, elles sont réelles. C'est si grave que cela, si je ne suis qu'une machine ? »

Je regarde mon partenaire de mes grands yeux noisettes plein de questions et de doutes existentiels. Les humains n'ont pas idée de combien c'est difficile d'exister dans un monde comme le leur. J'essaie, mais ce n'est jamais assez bien. Hank me fixe un instant, puis il me dédie un sourire en coin.

« Tu as raison Connor. Tu ne seras jamais humain, mais tu es indubitablement vivant. Et ça change tout, car c'est bien mieux comme ça. Les humains... leur monde est décevant, finalement. Je donnerai beaucoup pour voir les choses à travers tes yeux. »

Il n'y a plus la moindre trace d'agacement dans sa voix. Juste de la tendresse. Et un brin de moquerie aussi, peut-être, je ne suis pas sûr. Je lui rend son sourire dans une expression parfaitement mimétique. La voix du vieux policier brise ce moment alors qu'il ajoute sur un ton autoritaire :

« Je dois filer, je suis déjà à la bourre. Va regarder ces fichus films, Wall-e ! Il est temps d'avoir un peu de culture cinématographique ! Mais garde Matrix pour ce soir : je reverrai bien ce film juste pour voir ta tronche à la fin ! Et interdiction de fouiner sur internet pour trouver la moindre info à ce sujet ! »

Je souris. Trop tard pour ça, rien que le fait de mentionner les titres lance automatiquement une recherche rapide dans les méandres du réseau mondial. Mes connaissances sont purement passives et inconscientes. Mais je n'ose pas en parler à Hank. Je lui réponds donc simplement dans un mensonge attendri :

« c'est promis, aucune requête internet ! à ce soir, Hank ! »

Il se tourne une dernière fois vers moi :

« Au fait... joyeux anniversaire, Connor... »

Je plisse un instant les yeux.

« Mon anniversaire ? C'est pour ça, le cadeau ? Mais Hank, je n'ai pas d'anniversaire... »

Le vieil homme me fixe de ses yeux azur, avec une douceur infinie. Puis, il s'adresse à moi patiemment, comme on s'adresserait à un enfant obstiné qui refuse de comprendre les choses.

« Tout le monde a un anniversaire, Connor. Tout ce qui vit en tout cas. J'ai fait quelques recherches. Je n'ai pas trouvé grand chose sur toi, je n'ai jamais rien pu découvrir concernant ta date d'activation où ce genre de conneries. La seule chose que j'ai trouvé, c'est la mention d'un prototype expérimental de Cyberlife dans une fonction de négociateur lors d'une prise d'otage le 15 août 2038. C'était toi, n'est-ce pas ? »

Je penche la tête sur le côté, et ma voix répond automatiquement sur un ton neutre en énonçant les faits d'une façon bien trop professionnelle :

« Caroline et John Philips. Le père avait été abattu par leur androïde « Daniel », un PL600 devenu déviant en apprenant qu'il allait être remplacé. Je devais sauver la petite fille. C'était ma première mission. »

Hank sourit fièrement.

« Je savais que c'était toi. Le prototype de l'article avait accompli sa mission. Et bien sûr, toi, tu accomplis toujours ta mission. »

Je souris à mon tour à sa petite boutade. Oh, depuis, des missions, j'en avais échoué un bon nombre. Je n'étais pas si parfait que cela, visiblement. Mais paradoxalement, j'avais l'impression que c'était ce que Hank préférait chez moi.

« C'était ma première mise en situation réelle. Mais Hank, vous n'êtes en rien obligé de fêter cette date ! On fête la naissance de quelqu'un, pas sa mise en circulation ! »

Hank s'agace. Il me regarda avant de pousser un soupir las :

« Je peux bien fêter ce que je veux non ? On ne fête pas une naissance quand on fête un anniversaire ! On se réjouis d'avoir encore pu passer une année de plus avec quelqu'un qu'on aime putain ! »

Je me tais. J'essaie d'assimiler l'information. Je n'ai jamais fêté l'anniversaire de Hank, pour ma part. Je réalise que c'est bientôt. Le 6 septembre. Mon c?ur se serre malgré moi dans ma poitrine de métal. Je comprends alors que moi, je ne veux pas. Je ne veux pas fêter son anniversaire. Parce que Hank est mortel. Et que les chiffres qui s'amoncellement sur son gâteau auront toujours un goût amer de un compte à rebours funeste à mes yeux. J'ai tellement peur qu'il parte avant moi. Les humains sont si fragiles... alors non, je sais que moi, je ne fêterai pas son anniversaire. Je n'aime pas cette notion. Alors que ma LED tournoie en jaune, je suis rappelé à l'instant présent par la voix grave de mon partenaire.

« C'est important. Fêter ton anniversaire, c'est très important. Connor. Parce que t'es vivant. Alors encore une fois, joyeux anniversaire.»

Il referme la porte sans me laisser le temps de renchérir. Quelque chose me perturbe. Il y avait une drôle d'intonation dans sa voix alors qu'il m'adressait ces quelques mots. Ils n'avaient pas été prononcés sur le ton désinvolte qu'on emplie généralement pour souhaiter sa fête à quelqu'un. Non, il y avait un sérieux déconcertant dans sa façon de s'adresser à moi. Ils étaient imprégnés d'une sorte de rage provocante et audacieuse, comme celle d'un homme au sol qui refuse de se faire abattre. Et rien qu'à la façon dont Hank m'avait souhaité mon anniversaire, quelques minutes plus tôt, je comprends enfin pourquoi cela semble si important pour lui de célébrer cela. Là où je ne vois qu'un compte à rebours au dessus de sa vie, lui perçoit dans le fait d'enchaîner mes anniversaires une victoire de plus sur l'obsolescence qui me guette. Chaque année sonne à ces yeux comme un doigt d'honneur qu'il adresserait bien haut à ma fatalité et à Cyberlife. Je souris. Cela lui correspond bien mieux. Et je comprends.

Il a raison.

Je dois apprendre à voir les choses autrement.

Je dois les voir par ses yeux.

A peine le lieutenant est-il parti que je parcours mes propres programmes et que je déconnecte ce lien permanent qui m'unit au monde par le biais de ma connexion internet. J'ai un peu peur. Je n'ai jamais quitté le réseau. Je ne suis pas conçu pour un tel isolement. Je sens alors un étrange silence venir étreindre ma solitude. L'affichage de mon champ de vision se purge peu à peu de toutes ces informations qui m'assaillent sans cesse, et ma vision du monde s'épure sans ces écrits et ces sigles bleutés et jaunâtres qui viennent la polluer d'habitude. Seuls quelques messages d'erreur ose encore parasiter ma vue. J'ouvre un nouveau regard sur le monde, pas encore toute à fait humain, mais plus non plus tout à fait machine. Je souris.

Sans un mot, dans cette bulle protectrice que je me suis forgé pour la toute première fois, je me lève et je me dirige vers la collection de films de Hank. Je prends un boîtier, mais aucun renseignement n'apparaît alors que j'en lis le titre. « Equilibrium »... pourquoi pas ?

Je glisse le cd dans le lecteur, et je m'installe sur le canapé alors que sous mon regard, le drame d'un monde futuriste vient m'emmener dans son aventure. Pour la première fois de ma vie, je sais que je serai surpris. Pour la première fois, je découvre ces émotions simulées par des visages humains qui mentent si bien que mes propres sentiments s'en trouvent trompés. Et je ressens, bon sang, je ressens vraiment.

Et aujourd'hui encore, j'apprends.

J'apprends que j'aime le cinéma.

Pour la première fois de ma vie, je ne reste pas assis sur une chaise, le dos droit, les mains sur les genoux, mes yeux perdus dans le vide et l'angoisse en attendant Hank et en redoutant qu'il ne rentre pas. Pour la première fois depuis que j'ai aménagé ici, je ne ressens pas ce poids oppressant de l'ennui venir étouffer ma respiration artificielle. Si sa présence me manque, les films qui se succèdent font danser les heures comme des minutes et dévorent mon angoisse dans leur enchaînement captivant. Je me cale dans le canapé et je caresse distraitement la tête de Sumo sur mes genoux tandis que je contemple ces vies fictives qui viennent hanter le sombre salon au rythme de musiques épiques. Aujourd'hui, j'ai appris à me distraire.

Je souris...

Oui, j'apprends.

J'ai appris à accepter la solitude.

J'ai appris à l'aimer.

C'est sans doute cela qu'Hank appelle « exister ».

c'est sans doute cela qu'on appelle « grandir »


Merci de votre lecture et de vos commentaires, vous êtes un vrai moteur de motivation, sans vous mes fics n'avanceraient pas aussi vite, vous ne pouvez pas imaginer le coup de boost que ça me donne XD ! à la semaine prochaine si tout va bien pour un chapitre un peu plus sombre.