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Bonjour tout le monde ! Merci à tous ceux/celles qui ont mis des reviews, des favoris et qui suivent cette histoire ! Et un merci particulier à Luneriane !
Nous retrouvons Elenna, suite à sa rencontre avec le Seigneur.
02/10/18
Précédemment :
Le Seigneur, comme s'il flottait sur le sol, marcha en silence vers son bureau. Une immense carte dessinée sur un vieux parchemin s'y trouvait. De ses doigts fins, il lissa le plan avec une grâce et une élégance rare. S'il était légèrement surprit par tout ceci, il n'en montrait rien. Il était si calme et sérieux qu'elle doutait de son humanité. Il semblait impassible et fermé à toute les émotions.
- Je n'ai jamais entendu de pareil nom de cité d'Homme, dit-il en haussant un sourcil. Est-ce une nouvelle ville qui a fait son apparition récemment ?
- Paris est vieille, elle a des centaines d'années et même plus.
- Il reste encore de nombreuses terres inexplorées. Peut-être venez-vous de celles-ci ?
Elle haussa les épaules, peu convaincue. Elle s'approcha de la carte et sut qu'elle n'en avait jamais vu de semblable. Même si elle n'avait que de faibles connaissances en matière de Géographie, elle était persuadée d'une chose : jamais elle n'avait entendu parler de Fondcombe, et la carte qu'elle avait sous les yeux ne ressemblait à rien de connu.
- Je ne connais aucun de ces noms, je ne les aient jamais vu de toute ma vie...
...
OoOoOo000oOoOoO
...
La logique d'Elenna lui permit de voir les choses sous un autre angle. Elrond ne connaissait pas la France, mais parlait français. Sur Terre, il existait de nombreuses personnes parlant cette langue, dans divers lieux. Et sans aucune prétention, Elenna pensait sincèrement que la France, et surtout sa capitale, était connue dans le monde entier. Quelle était la probabilité qu'une personne parlant cette langue ne connaisse pas Paris ?
Elle soupira, quitta du regard la carte et s'installa en face du bureau d'Elrond. Celui-ci semblait attendre que ses réflexions soient terminées, comme s'il lisait dans ses pensées. Il avait les mains jointes posées sur son ventre, debout, et la fixait avec intérêt. Et ce fut à ce moment-là, qu'elle remarqua l'anneau argenté avec un joyau bleu. Étrangement, il ressemblait d'une certain manière à celui qu'elle avait trouvé, celui qui l'avait fait chuter de cette étrange colline inexistante. Pas par sa couleur, ni par le style des gravures, mais par les sentiments que celui-ci lui inspirait. De la fascination, de la paix.
Et surtout un air de déjà vu.
Elle porta la main dans la poche de son jean et en sortit l'anneau de feu. Lorsque la bague atterrit dans le creux de sa main, Elrond inspira avec force avant de se maintenir à son bureau.
- Un anneau de pouvoir, dans les mains d'une humaine... s'étrangla-t-il. Où l'avez-vous trouvé ?
- Par terre, en rentrant chez moi.
Comme si elle venait de lui annoncer que la Reine d'Angleterre était enceinte, Elrond devint aussi pâle qu'un fantôme. Lui, qui avait le visage si impassible et sérieux, était tout simplement scié par les propos de la jeune femme. La brune commença à croire sérieusement en son jeu d'acteur, beaucoup trop convaincant. Elle attendit patiemment qu'il parle, pour voir où toute cette histoire allait la mener. Et surtout, ce qu'il allait bien pouvoir lui raconter comme salade. Elrond s'installa sur son fauteuil, cette information l'avait ébranlé.
- Cela ne se peut. Cela ne peut être vrai... murmura-t-il, avant de poursuivre. Racontez-moi tout ce qu'il vous est arrivé. Tout ce que vous avez vécu avant de trouver cet anneau. N'omettez aucun détail, c'est très important.
Il joignit ses mains devant son visage, en s'accoudant sur le siège prêtant ainsi à Elenna une attention toute particulière. Et celle-ci lui expliqua tout, dans les moindres détails. Le retour jusqu'à chez elle, le brocanteur bizarre. Le parc et la découverte de la bague similaire à celle de Jon. La magie qui avait eu lieu à ce moment, elle qui avait cru à une hallucination. L'apparition céleste, comme si le monde s'était arrêté pour sa venue. Cette longue chute, interminable, et cette douleur. La marche dans la forêt, le manque de bruit et de toute civilisation, qui l'avait étonnée. Elrond haussa un sourcil intrigué, lorsqu'elle parla de véhicules et d'avions. Et puis le garçon qui l'avait trouvée, leur marche.
L'eau qui fut salvatrice, et le coup qui l'avait fait sombrer dans l'inconscience.
Elle lui raconta ce qu'elle avait vécu avec moult détails et s'arrêta lorsqu'elle arriva à son réveil dans le cachot.
- Comment cet Humain s'est procuré cet anneau ? questionna le Seigneur Elrond. Qui lui a vendu ?
- Vous croyez que je demande où il va chercher ses objets, que je suis au courant de sa comptabilité ? rétorqua Elenna, acide. Il m'a juste dit qu'il venait d'un pays d'Orient !
- Est-ce le même anneau qu'il a souhaité vous vendre ? questionna à nouveau l'homme, sans prendre ombrage du ton ironique de la jeune fille.
- Oui, c'est le même.
Après quelques questions pourtant idiote selon Elenna, concernant les véhicules et ses vêtements, l'homme se mura dans le silence. Il se frotta la mâchoire, l'air las et profondément troublé, comme s'il avait été placé devant un problème indéchiffrable.
- Vous êtes loin de votre terre. souffla-t-il comme s'il n'y croyait pas lui même. Vos effets, votre manière de parler, me sont complètement étrangers. Vous venez assurément d'un pays étranger et yeux ne mentent pas. Quoi-qu'invraisemblable, votre histoire est véridique.
Elenna mit plusieurs secondes avant de reprendre ses esprit et le regarda ensuite avec suspicion.
- Alors où suis-je ? Je ne reconnais même pas votre carte. Je ne connais rien de tous ce que vous m'avez décrit, les terres, les noms ! Qui me dit que je n'ai pas atterri dans un autre monde même si c'est complètement fou ! Vous avez fouillé dans mes affaires, pas vrai ?
- Oui.
Dans ce moment de questionnement, Elenna ne pensa même pas à se mettre en colère concernant cet état de fait.
- Vous n'avez rien reconnu, n'est-ce pas ?
- Oui, je vous le concède, tous vos effets me paraissent étrange. Vous semblez si certaine de ne plus être dans le même monde... lança-t-il, dubitatif.
- Et vous, comment pouvez-vous être si sur que je ne mens pas ?
- Ce dont je suis certain, c'est que le monde dans lequel nous nous trouvons est la Terre du Milieu et que cette bague appartient à ma race. il la désigna d'un mouvement leste de la main. De plus, vous ne pouvez mentir en face de moi, personne ne le peut.
Il jeta un regard discret à son anneau bleu.
- C'est complètement dingue... souffla la femme, étrangement apathique.
Elrond lui lança un sourire rassurant, comme si ce qu'elle venait de dire reflétait ses plus profondes pensées. Alors qu'elle aurait du ressentir de la colère, de la crainte ou de la panique, elle était d'un calme effrayant. Elle était apathique, sans émotion. À ce moment, elle ressemblait étrangement au calme avant la tempête. L'Elfe se releva, contourna son bureau et se posta à ses cotés.
- Nous sommes en temps de troubles, mais vous êtes la bienvenue ici. Si vous le souhaitez vous pourriez vivre dans ma cité. Jusqu'à ce que les réponses à vos questions vous soient donnés, dit-il avec un sourire. Vous êtes libre de marcher en ces murs, comme bon vous semble.
- Je veux juste... rentrer chez moi, chuchota-t-elle, les larmes aux yeux.
La fatigue, la douleur ainsi que le stress de ces dernières soixante-douze heures lui sautèrent à la gorge. Son corps atteignait ses limites, et elle se mit alors à trembler. Sa chair meurtrie ne lui parut jamais aussi douloureuse qu'à cet instant. Les yeux rivés vers le sol, Elenna pleura de tout son saoul. Elle sentit une main sur son épaule ce qui la fit sursauter, et son cœur bondit presque hors de sa poitrine.
- Je suis navrée, Elenna. Si vous n'êtes pas capable de reconnaître l'endroit d'où vous venez, personne ne le peut. Je peux seulement vous promettre le repos et la sécurité. Mais soyez brave je connais un homme, doté d'une grande sagesse. Je lui envoie de toute urgence une missive, je suis sûr qu'il vous sera d'une aide précieuse.
D'une main galante qu'elle prit inconsciemment, il l'invita à se relever du fauteuil. Il la fit marcher tout en gardant contact avec elle de peur qu'elle ne s'effondre. Il s'arrêta quelques secondes et plongea ses yeux rassurant dans les siens.
- Le destin a été bon de vous mener ici, dans la dernière Maison Simple des Elfes. Fondcombe est un lieu d'accueil tant pour les Elfes que les Hommes. Qui sait ce qu'il vous serait arrivé si vous étiez tombé sur des individus, peu recommandables ?
Déjà, on m'aurait pas assommée comme si j'étais une foutue voleuse, tueuse d'enfant... Ah oui ! Et on m'aurait pas balancée au trou, sans aucune forme de procès ! Foutues oreilles pointues, pensa le petit diablotin sur l'épaule d'Elenna.
- L'on vous aurait sûrement violentée, si vous vous étiez retrouvée seule sur ces terres, reprit Elrond. Les temps s'assombrissent et les Orques sont légions dans le monde, foulant la terre comme s'il s'agissait de la leur. Je n'aurais pas donné cher de votre peau, jeune enfant.
- Merci de m'avoir assommée pour mon bien, rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel.
- Le sarcasme est la lie des petites gens, Elenna.
Celle-ci crut voir l'ombre d'un sourire amusé sur le visage si serein d'Elrond, avant qu'il ne lâche sa main et ne rajoute :
- Ne croyez pas que j'attends des remerciements. Je ne connais point vos terres. Je vous informe que les miennes sont sombres et en perdition. Il peut se passer pire chose que des Elfes qui vous assomment par erreur, mais qui vous soignent et vous logent par la suite. Ce n'est qu'un simple avertissement sur les dangers qui parsèment ces terres.
Elenna se rapprocha un peu des tableaux accrochés au mur, face à elle. Les yeux dans le vague, elle fit tourner cette maudite bague entre ses doigts. Elle avait été très proche de la vérité en pensant que cet anneau avait été à l'origine de toutes ses mésaventures. Quelle histoire ! Elle devenait complètement folle avec tous ces Elfes et cet anneau ! Elle fit alors volte-face et le tendit à Elrond, qui la fixa d'un air décontenancé.
- L'anneau est à votre peuple, c'est vous-même qui l'avez dit. Reprenez-le.
- Je ne peux l'accepter, car je ne peux en avoir deux en ma possession, refusa-t-il en secouant doucement la tête. Peut-être qu'un jour, je vous conterai leur histoire, mais pour le moment, vous devriez-vous reposer. Vous êtes las et je regrette de ne pas vous avoir donné le confort d'une chambre avant notre entretien et la réception de cette missive. Mais, il y avait quelque chose en vous que je n'arrivais pas à discerner avec exactitude. Le Mal corrompt bien des personnes, et n'ayant aucune certitude, je me devais de prendre des précautions pour le bien de mes gens.
Il tendit la main vers la porte, l'incitant par ce geste à le suivre. Elenna s'y prêta de bonne grâce, et marcha dans son sillon, tandis qu'il continua de parler.
- Cachez l'anneau, car le fait qu'il soit en votre possession pourrait vous causer du tort. Il sembla réfléchir quelques secondes, avant de reprendre. Je serais le seul, ainsi que quelques Seigneurs de confiance, à savoir pour votre condition, alors ne vous en vantez pas. Surtout, gardez notre conversation secrète, ainsi que votre origine. Ne dites rien tant que les zones d'ombre ne sont pas éclaircies.
- Et respirer, j'ai le droit ? demanda-t-elle avec ironie.
- Évidemment, mais faites vous discrète, poursuivit-il sans prendre ombrage de son ton. Si l'on vous demande, vous venez d'un village d'Homme dont vous avez oublié le nom. Dîtes que vous êtes amnésique. Il en va de votre vie, Elenna, je suis on ne peut plus sérieux.
Il prit place devant la porte en disant ces mots, et mit sa main sur la poignée dans un bruissement de tissu. Il l'ouvrit sur un Lothond dorénavant seul, qui patientait dans le couloir. Il arriva dans l'encadrement et fit une révérence à son Seigneur. Elrond lui jeta un regard acéré, les mains jointes dans le dos.
- Lothond, prenez les effets de cette jeune dame avec vous. Elle est mon invitée, menez la à sa chambre.
Elenna, qui s'était stoppée net derrière Elrond, sentait bien que ses larmes continuaient de dévaler ses joues. La situation lui semblait être hors de contrôle. C'était un étrange sentiment que de voir sa vie se dérouler devant ses yeux sans pourvoir y changer grand chose. Sans pouvoir en être l'actrice ou la décisionnaire. Elle avait l'impression de revenir à cette époque sombre de son enfance, ou elle n'avait jamais rien pu choisir et avait dû subir. Lothond passa sur sa droite et se dirigea vers son étui à guitare, en lui jetant un coup d'œil.
- Ne soyez pas triste dame Elenna. souffla Elrond avec désarroi. Les Valars ont bien des projets et je suis sûr qu'ils ne vous oublieront pas.
Elenna ne comprenait pas ce qu'étaient les « Valars », alors qu'elle secouait la tête, atterrée. Sentant que sa peine n'avait pas diminué, le Seigneur continua d'une voix douce :
- Hebo estel, Hiril vuin.
Le langage exotique qui avait traversé les minces lèvres d'Elrond sonnait familièrement dans les oreilles de la brune. Et elle eu un éclair de lucidité, lorsqu'elle se rappela où et quand elle avait entendu ces mots.
- J'ai déjà entendu des propos dans cette langue, j'en suis certaine. Lorsque la lumière est apparue !
- Étrange, souffla-t-il. Ceci est une des langues des Elfes, le Sindarin précisément. Vous souvenez-vous de ce qu'elle a dit ?
- Malheureusement, non, souffla Elenna, déçue. Je... je n'y arrive pas, il s'est passé tellement de choses que je...
- Ne vous tourmentez plus et laissez toutes ces questions, coupa Elrond en levant sa main. Vous avez besoin de repos.
Elenna commença à rejoindre Lothond qui avait quitté la pièce depuis un bon moment, quand la voix d'Elrond résonna dans son dos.
- Lothond, appelez Lalaith.
L'homme, habitué à obéir à son Seigneur sans faire de vague, hocha la tête. Il le salua et ouvrit la marche. Elenna peinait à le suivre, ses paupières étaient lourdes à cause de la tristesse et de la fatigue. Et ses larmes qui ne tarissaient pas, lui serraient douloureusement la gorge. Lothond lui tendit un mouchoir de soie, tout en regardant ailleurs.
- Séchez donc vos larmes, le visage d'une humaine est grotesque lorsqu'il en est couvert.
Elenna prit le mouchoir par automatisme. Elle ne savait même pas si elle devait le remercier ou non, à cause de sa grossièreté. Finalement, elle opta pour le silence et renifla en essuyant ses larmes dans le tissu. À l'arrière de sa nuque elle sentit une raideur, accompagnée d'une douleur profuse. Comme si de la lave en fusion s'écoulait de sa tête. La femme aux cheveux d'argent porta sa main vers sa bosse et la frotta doucement. Même si elle arrivait à sentir un onguent pâteux censée la guérir, la souffrance n'avait pas disparu.
- Est-ce encore douloureux ? s'enquit Lothond, avec une voix remplie de douceur.
Elenna haussa un sourcil à son encontre, surprise par sa soudaine gentillesse. Lui qui l'avait habituée à de la suspicion et de la froideur, quel revirement de caractère.
- Un peu... Vous allez vous excuser ? demanda-t-elle après quelques secondes.
- J'ai des centaines de personnes à protéger, des femmes et des hommes comptent sur moi, expliqua-t-il en reprenant son masque rigide, le regard au loin. C'est une bien lourde responsabilité, je me devais de ne prendre aucun risque.
- Un simple « désolé » m'aurait suffit.
Elenna haussa son épaule valide tandis que leurs pas résonnèrent sur le marbre blanc. L'Elfe se renfrogna et ne pipa mot, trop fier pour s'excuser d'avoir fait son travail. Le silence s'étira pendant quelques minutes, et la jeune femme se plongea dans ses pensées, le regard terne. Lothond, qui lui jeta un coup d'œil en biais, soupira légèrement.
- Il me fallait protéger le fils du Seigneur Amangrod, nos éclaireurs nous avaient apporté de terribles nouvelles. Mais ça n'excuse pas mon manque de discernement à votre égard, souffla-t-il l'air contrit. Veuillez m'excuser pour mon comportement agressif, je le regrette.
- Et bah voilà ! Elenna poussa un sifflement satisfait. Tu vois, c'était pas si difficile ?
La jeune fille eut un grand sourire ravie, signe qu'elle commençait déjà à pardonner à l'Elfe. Elle pouvait comprendre ces intentions, il suffisait juste de mettre les choses à plat. Elenna se permit cette petite familiarité, qui ne plaisait pas à l'Elfe. Lothond devint aussi rouge qu'une tomate, de ses joues jusqu'à la pointe de ses oreilles. Il s'étrangla un peu, et se détourna du regard amusé de l'Humaine.
- Le tutoiement montre une certaine proximité que nous n'avons pas, je ne vous permets pas.
- Ça doit pas être marrant tous les jours chez vous, déplora-t-elle. Vous avez l'air si guindés, détendez-vous ! La vie est courte !
- Et vous les Humains êtes si grossier, rétorqua-t-il sèchement. Ne vous occupez pas des affaires des Elfes et souciez-vous plutôt de vos bonnes manières.
Chasser le naturel, il revient au galop.
Elenna qui ne savait pas sur quel pied danser avec lui, préféra alors la compagnie du silence. Tantôt énervé, tantôt doux, Lothond était assurément un Homme, un Elfe plutôt, bien étrange. Mais Elenna était atteinte d'une curiosité insatiable pour toutes sortes de sujets, alors elle ouvrit de nouveau la bouche. Et de toutes les questions pertinentes qu'elle aurait pu choisir, la première qui lui vint à l'esprit était :
- Là d'où je viens, on dit souvent que les Elfes sont imberbes. Est-ce que c'est vrai ?
Cette fois-ci Lothond ne rougit pas, mais un voile d'irritation passa sur ses yeux.
- Occupez-vous donc de votre propre pilosité !
Elenna ria sous cape, consciente d'avoir touché un point sensible. C'est vrai, en y regardant de plus près, pas un seul poil ne parsemait le menton de cet être irascible.
Et il doit avoir quoi ? Vingt-cinq, trente ans ? C'est si triste ! ironisa-t-elle, amusée.
Son regard glissa le long du corps de l'Elfe et elle haussa un sourcil amusé en direction d'une partie plus délicate. Est-ce que cette zone si particulière n'était pas en reste, elle aussi ? L'Elfe capta son regard et faillit s'étrangler de gêne. Il ne lui dit rien pourtant. Ni remarque acerbe ni ordre, mais, il sembla à Elenna qu'il avait accéléré le pas. Il voulait sans doute se débarrasser rapidement d'elle. Lothond finit par la mener dans un couloir pourvu de nombreuses portes en bois gravé. Il en ouvrit une, étrangement différentiable de ses congénères. Lorsqu'elle y regarda de plus près, Elenna se rendit compte que les gravures étaient toutes différentes les unes des autres. Celle qui se dressait devant ses yeux avait une femme tenant dans ses mains une multitudes d'étoiles. Il entra dans la pièce et Elenna lui emboîta le pas. La jeune femme avait les yeux écarquillés par la beauté du grand salon qui se dévoilait sous ses yeux. Deux canapés blancs, dont les pieds en bois étaient semblables à des branches entrelacés, trônaient au milieu de la pièce. Des tentures pourpres étaient posés sur ces canapés et contrastaient avec la blancheur immaculée du lieu. Cette touche de couleur rendait la pièce plus chaleureuse. Des meubles ainsi qu'une bibliothèque emplie de nombreux tomes se situaient contre les murs. Lothond partit aussi vite qu'il était rentré, sans un regard pour elle, et lui annonça d'une voix grave :
- Quelqu'un va venir vous voir et préparer votre bain.
Elenna marmonna un semblant de réponse polie, tellement subjuguée par la vue qui se trouvait sous ses yeux. Le salon était ouvert sur l'extérieur de Fondcombe. Un long balcon longeait l'appartement, bien plus grand que le sien. Elenna passa sous les arches entrelacées, évita des tentures en lin et se rapprocha de la rambarde en pierre. Ses yeux ébahis refusaient de croire ce qui se trouvait devant elle.
La vue lui coupa le souffle.
D'immenses cascades d'eaux tombaient en trombes le long d'une grande montagne, provoquant un bruit agréable à l'oreille. Toute cette eau se rejoignait dans un rapide courant sur un lit rocheux, loin en contre-bas. Un parfum d'arbre, entêtant, embaumait l'air. Des chênes, des bouleaux, des saules pleureurs et quelques épicéas parsemaient la de couleurs agréables à l'œil, tant de senteurs qui apaisait son âme. Les oiseaux toujours présents voltigeaient au grès du vent, chantant et gazouillant dans ce paradis. Des chants plus humains s'élevèrent en échos. Dans une langue étrangère, mais si semblable à celle de la lumière.
Les grandes constructions élaborées, qui s'étendaient sous ses yeux, lui firent prendre conscience qu'elle était définitivement dans un autre endroit. Des statues et autres sculptures taillées dans la roche blanche se dressaient de chaque côté d'une rue. Les pierres blanches des pavés, la forme des toits ainsi que l'immense montagne dans laquelle se lovait cette cité, tout lui paru si étrange. De là où elle se tenait, elle arrivait à voir les habitants de cette cité. Des hommes et des femmes se promenaient avec lenteur, loin en contre-bas. Ils passaient sur un pont de pierre sans parapet, qui volait au dessus de l'abîme. Leur riches vêtements de soie glissaient sous le vent, comme des êtres éthérés.
Elle cligna rapidement des yeux et se détourna de cette vision enchanteresse.
Elle revint sur ses pas dans le grand salon. Ce fut seulement à ce moment-là qu'elle remarqua que de chaque côté se trouvaient deux grandes ouvertures en forme d'arche. Chaque ouverture était cachée par des rideaux blancs qui ondulaient grâce à une brise légère. Dans la pièce à sa gauche, se situait un magnifique lit à baldaquin qui trônait fièrement contre le mur. Des vignes montaient sur les colonnes du lit comme si la nature envahissante avait conquit ce lieu. après avoir farfouillé dans les meubles vides de la chambre, Elenna retourna dans la salle principale. Elle s'installa sur un des canapés et apprécia le tissu de satin sous sa main. Elle prit son sac à main et en versa tout le contenue sur la table basse en bois brute devant elle. Aucune trace de son écharpe rouge, lui aurait-on volée ? Pire, est-ce qu'elle l'aurait perdue ?
Tout d'un coup, quelqu'un frappa à sa porte et la fit sursauter. Elle se leva et l'ouvrit tout naturellement. Une femme d'une grande beauté s'inclina alors devant elle.
- Mes salutations, dame Elenna, fit-elle avec douceur. Je me nomme Lalaith, et je suis maintenant à votre service selon le souhait du Seigneur Elrond.
Elenna stupéfaite par sa présence, et surtout son rôle, s'écarta du passage. Prenant ça pour une invitation, alors qu'Elenna était simplement sans voix, Lalaith inclina encore une fois la tête et s'engouffra dans la pièce. Ses boucles brunes tombaient en cascade sur ses reins et dans son dos. Ses cheveux étaient parsemés de fines tresses de sorte que ses oreilles pointues étaient parfaitement visibles. Pas de doute possible, elle était belle et bien une Elfe.
À mon service ! s'indigna la jeune femme.
D'autres femmes Elfes entrèrent les bras chargés de bassines d'eau fumante. Elles se dirigèrent vers la salle de bain.
- Je... Je n'ai pas besoin de servante.
- Je vous en prie, c'est mon travail.
Elle lui sourit avec douceur puis marcha d'un pas aérien, en faisant virevolter sa robe, vers la salle de bain. Elenna suivit sans un mot et observa la pièce. La décoration était tout aussi belle que dans les autres. Un des murs était recouvert de grands miroirs aux encadrements en bois. Des branches s'entrelaçaient en de fines arabesques. Une coiffeuse en bois sombre était contre un mur, surmontée d'un miroir avec une vasque en pierre. Lalaith partit chercher une robe dans la chambre, avant de revenir. Les autres femmes déversèrent l'eau bouillante dans la baignoire. Elle était incrustée dans le sol et assez grande pour contenir deux personnes. Une belle mosaïque de pierre bleu bordait les contours.
Lalaith s'activa autour de l'étrange baignoire complètement enfoncée dans la terre et sans rebord. Elle plaça au sol plusieurs objets : gants, serviettes, ainsi qu'un petit objet rectangulaire qui ressemblait à un pain de savon. La baignoire maintenant remplie, les Elfes s'éclipsèrent discrètement dans un silence religieux. Lalaith fixa Elenna avec un doux sourire et les mains jointes devant elle. Son regard s'attarda quelques secondes sur ses cheveux, mais elle ne posa aucune question. Elle tendit gracieusement une main vers le coin d'une pièce :
- Laissez vos effets dans le panier, je m'en occuperai plus tard. Vous pouvez retirer vos bandages. D'après le Seigneur Elrond , c'est sans danger. Après votre toilette, je vous appliquerai le baume de guérison du Seigneur, puis je banderai à nouveau votre bras.
- Pardon ? s'étonna Elenna, stupéfaite qu'un Seigneur ai mit la main à la pâte. Il s'est occupé du bandage ?
- Bien sûr. Notre Seigneur est maître en l'art de guérison, il a un don.
Ne sachant que répondre à cette nouvelle, Elenna s'enferma dans son mutisme. Est-ce que les bases de la médecine étaient considérées comme un don de guérison, ou bien les Elfes avaient réellement des pouvoirs ? Après tout, une bague magique l'avait emmenée ici, alors elle n'était sûre de rien !
- Puis-je me permettre ? proposa Lalaith en tendant la main vers elle. Je vais vous aider, ça risque de ne pas être facile avec votre bras.
Elenna la regarda faire sans comprendre. Lorsqu'elle comprit qu'elle allait l'aider à se déshabiller, elle sentit son sang quitter son visage.
- Non ! s'écria-t-elle. NON !
Lalaith laissa tomber ses mains le long de son corps, soucieuse du fait qu'elle aurait pu mal faire son travail.
- Non, merci je vais réussir à le faire toute seule. se rattrapa Elenna, en mettant un peu plus de douceur dans ses mots.
- En êtes-vous certaine ? insista Lalaith, l'air inquiet. Avec votre bras, cela ne sera pas évident. Cela ne me gêne pas, je peux vous aider à vous déshabiller.
Mais moi si !
- Ne vous inquiétez pas, je me débrouillerai.
Lalaith semblait être en profond désaccord. Elle se doutait bien qu'elle aurait bien du mal à se laver seule, mais l'Elfe se plia à la demande de cette étrange humaine un peu trop fière. Elle sortit en claquant doucement la porte, tandis qu'Elenna soupira de soulagement. Mais bientôt elle fut emplit par le doute. En effet, la jeune femme se demandait comment régler cette histoire. Son bras était encore douloureux et ses mouvements encore difficiles.
Après une lutte acharnée, quelques cris de douleur et des jurons, elle parvint à retirer son t-shirt. Le jean slim ne fut pas une mince affaire et faillit la faire chuter dans le bassin. Enfin aussi nue qu'aux premières heures de sa vie, elle trempa un doigt de pieds dans l'eau chaude. Elle eut un frisson de plaisir, qui monta le long de son échine. Son regard tomba alors sur son reflet, dans l'un des grands miroirs. Elle soupira et haussa les épaules. Dans son dos s'étalaient de longues et profondes cicatrices. La chair était boursouflée et hideuse, chose qui lui étaient bien difficile à montrer aux étrangers. Elle plongea dans la baignoire, comme pour se cacher au yeux du monde. Elle commença à savonner son bras blessé, en douceur tout en observant d'un œil curieux son état. Il était toujours aussi étrangement bleu, et le violet se rajoutait maintenant à quelques endroits. Mais la douleur était moindre, moins vivace qu'au début de son périple. Elle essaya de le faire bouger, et malgré quelques courants électriques dans son membre, elle savait qu'elle s'en remettrait vite. Une fine substance translucide s'en allait au fur et mesure qu'elle se savonnait. Ses avant-bras marqués de fines striures rouges furent bientôt cachés par la mousse. Le passage dans le buisson l'avait blessée de quelques égratignures. La jeune femme gémit de contentement lorsqu'elle termina de se laver les cheveux et ferma quelques instants ses paupières lourdes.
Plus la chaleur mordait sa peau blessée, plus elle détendait ses muscles fatigués. Elenna s'enfonça profondément dans la baignoire, les bras sur le bord. Le bruit du clapotis résonnait en écho contre les murs. Alors qu'elle savourait un sentiment de grâce et de plénitude, ce moment de détente vola en éclats lorsqu'elle pensa à sa condition.
Tant de questions, si peu de réponses.
La dernière Maison Simple, à l'Est de la mer.
Et si j'étais la seule humaine de ce bled pourri ?
Elenna réfuta cette idée, les Elfes n'avaient pas été surpris de la voir. Mais est-ce qu'il y avait d'autres humains dans Fondcombe ? Si non, elle allait devoir se faire discrète. C'était une cité d'Elfes comme l'avait si bien dit ce Seigneur. Et comment se fondre dans la masse, alors qu'elle était qu'une anomalie parmi ces oreilles pointues ? En plus, ils devaient tous être au courant. Vu l'état des geôles désertes et sans âme qui vive, ils ne devaient pas y avoir souvent des locataires. Alors la rumeur avait sans doute déjà fait le tour de la ville, en un rien de temps. Maintenant qu'elle était l'invitée du Seigneur, les choses allaient sûrement se calmer. Elle ne serra plus la délinquante humaine, appréhendée par les gardes.
Ce monde n'était pas aussi différent qu'elle le croyait. Après tout malgré une différence physique notable, leur manière de parler lui était familière. Tout droit sorti d'une période pas si lointaine que ça de son monde, mais qu'elle n'avait jamais connue. Comme les nobles de Versailles, avec leurs bonnes manières et leur langage soutenu, empli de déférence. Ou plus vulgairement dans le langage de la jeune femme « avec un balai dans le cul ». Elenna était loin d'être noble. Seulement une jeune femme de l'époque moderne, qui parlait comme une charretière pour leurs oreilles d'aristocrates. Elle ne savait pas parlé de manière soutenue. Chacun de ses mots avaient dû scandalisé les Elfes. Elle en aurait presque était gênée, alors qu'elle n'y pouvait rien. Mais elle se promit une chose. Elle n'exploserait plus devant le Seigneur et ne répéterait jamais le mot « pute » en sa présence. Elle fera preuve de respect et de bonnes manières, encore plus que d'habitude. Et elle restera la plus silencieuse possible en compagnie des Elfes, pour ne pas se faire remarquer encore plus que ça.
Elle pleurnicha un peu, en pensant à quel point tout ceci était incongru.
Est-ce qu'elle allait devoir rester cloîtrée dans sa chambre jusqu'à l'arrivée de ce mystérieux sage ? Elle devait garder espoir, mais c'était tellement dur de croire en un homme qu'elle ne connaissait pas. Croire en un homme qui pourrait ne pas l'aider. Et si jamais elle restait bloquée ici ?
Elenna sentit des larmes amères sur son visage harassé.
Empli d'une immense fatigue, elle finit par sortir de la baignoire après un long moment. Et surtout tant bien que mal, au vu de son épuisement. L'eau s'écoula vers l'extérieur, grâce à un ingénieux système d'évacuation, qui l'étonna vu l'époque. Elle s'enroula dans une longue serviette propre, posa ses vêtements sales dans le panier, et se dirigea vers le miroir de la coiffeuse. Son reflet lui rendit une horrible grimace.
- Putain mais c'est quoi cette gueule que je me paye ! s'offusqua-t-elle, la bouche grande ouverte.
Ses cernes étaient tellement profondes, qu'elles semblaient tatouées dans sa chair. Ses cheveux gris n'arrangeaient rien, elle avait l'air au seuil de la mort. Elle était si pâle, qu'elle pouvait voir les veines qui se dessinaient sur son buste. Comme si elle avait la carte du trafic routier de France au dessus des seins. Et à voir son bras dans son intégralité, elle se dit qu'elle était réellement passée sous une voiture. Elle attrapa la brosse à cheveux et se dirigea vers la terrasse, en ne souhaitant plus voir ce reflet.
Le soleil brilla sur ses épaules, lui octroyant une chaleur réconfortante. Et cela étonnait la jeune femme, qui sentait bien que le temps était plus clément ici malgré l'hiver. Cependant, elle frissonna et éternua. Elle se décida à enfiler une chemise de nuit au tissu opaque et léger. Les manches avaient de grandes ouvertures et cachaient ses mains. Le bruit des cascades l'apaisèrent pendant quelques instants, puis elle brossa ses cheveux. Alors que le silence avait envahi les lieux depuis de longues minutes, un chant s'éleva dans le ciel. Bientôt, de nombreuses voix se lièrent à cette mélopée, la rendant si belle qu'elle en frissonna. Même si elle ne comprenait pas un traître mot de cette étrange mais magnifique chanson, son cœur en ressentit toute la peine. Alors qu'elle allait rendre les armes face à la fatigue en se dirigeant vers le lit, quelqu'un toqua de nouveau à la porte. C'était l'Elfe, encore. Toujours aussi belle, souriante et les bras chargés. Lalaith lui avait rapporté tellement de nourriture qu'elle pourrait faire un festin avec cinq autres convives. L'Elfe posa le plateau dans le salon, tout en lui jetant un coup d'œil intrigué. La femme aux cheveux gris s'approcha d'elle et rentra à l'intérieur. Elenna fut tout d'un coup gênée de se retrouver presque nue devant cette femme splendide. Elle remercia intérieurement ses cheveux qui cachaient ses marques.
- Merci beaucoup, c'est très gentil. fit-elle, en se tenant près d'un sofa.
- Je vous en prie, c'est tout naturel.
Lalaith fit comme si de rien n'était et plaça ensuite son écharpe rouge à côté du plateau. Aussitôt, un sourire ourla les lèvres pleines d'Elenna, qui ne fut jamais aussi heureuse qu'à cet instant. Elle l'attrapa aussitôt et la serra contre elle. C'était un cadeau tout à fait banal, mais elle le chérissait plus que tout. Elenna jeta un coup d'œil derrière elle, tendant l'oreille pour apprécier la mélopée.
- Quel est ce chant ? Que veut-il dire ?
L'Elfe mit du temps à répondre, alors la brune tourna les yeux dans sa direction. Lalaith semblait attristée, atteinte par une souffrance qui lui fendit le cœur. C'était un spectacle désolant que de voir une telle beauté assaillit d'aussi grands tourments.
- C'est une lamentation pour le père et la mère d'Arothir. Nous pleurons nos amis et demandons à Mandos, celui qui s'occupe des morts, de les accueillir à ses côtés. Bientôt, ils rejoindront sa Caverne pour le repos éternel.
Un frisson parcouru la jeune femme, comme si le froid de la montagne s'était engouffré dans son cœur. Si jamais tout ceci ne lui aurait paru être qu'un rêve, savoir qu'Arothir avait perdu ses parents l'aurait violemment ramené à la réalité.
- Comment va le petit ? s'enquit Elenna.
- Il se repose depuis quelques heures déjà auprès sa nourrice. Il lui faudra du temps avant de venir vous voir, car son âme est meurtrie.
Elenna hocha la tête et sa mine se fit plus sombre. Connaître la mort à un si jeune âge n'était pas chose facile pour les enfants. Certains pouvaient réagir de bien des façons, mais la peine n'en était pas moins dure pour autant. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était prier pour le salut du garçon et qu'il ne fasse aucun cauchemar.
- Avez-vous besoin d'autre chose ?
- Non, je vous remercie Lalaith.
L'Elfe alluma alors toutes les bougies se trouvant ça et là dans la pièce. Elle fit le bandage d'Elenna, qui se laissa faire de bonne grâce car la douleur était revenue. Les manches étaient assez large pour ne pas qu'elle soit obligée de se dévêtir. Puis, Lalaith inclina la tête, attrapa la corbeille de vêtements, et partit en lui faisant une révérence. Enfin seule, Elenna se jeta sur la nourriture. Une fois le ventre plein, la femme éreintée se dirigea vers le lit, en tenant fermement le collier de sa mère. L'émeraude luisait faiblement à la lueur tremblante des chandelles. Elle le posa alors sur la table de chevet. Elle se sentait si fatiguée, si épuisée, si perdue. Elle s'engouffra dans les draps fins, et à peine sa tête posée sur l'oreiller de plume, que la fatigue l'assomma. Ses dernières pensées furent pour sa mère avant de se laisser emporter par un sommeil sans rêve.
Voilà des petits détails concertant les noms, comme j'ai fait beaucoup de recherche sur chacun d'eux :
Au début, je voulais appeler le petit : Aradan. Mais j'ai découvert que le nom signifiait "Homme noble" en sindarin. ara = ("noble") et adan = ("homme"). À mon sens ''homme'' à plus une connotation de ''mortel'' que du sexe masculin. Pourquoi un Elfe porterait aussi le surnom d'un ancêtre de Beren, fils de Malach, lui-même fils de Marach, l'un des Premiers Hommes de la Terre du Milieu ? Alors j'ai changé et je l'ai appelé Arothir, un nom que le professeur voulait donner à un Roi Noldo du premier âge, mais qui n'a jamais changer dans son histoire. arod ("noble") + hîr ("Seigneur")
Lalaith signifie ''rire" en Sindarin, et était le surnom d'une humaine durant le 1er Âge de la terre du Millieu. Voila ce qu'on dit sur elle : Lalaith, de son vrai nom Urwen, était la sœur cadette de Túrin. (le fils de Húrin et qui a un rôle important dans l'histoire : Les Enfants de Húrin). Celle-ci est morte jeune, à cause d'une maladie venant d'Angband (forteresse de Morgoth durant le 1er Âge.)
Quand bien même je fais attention à ne pas donner de nom mortel à des Elfes, celui-ci est un surnom, que j'aime beaucoup.
Voilà, merci pour la lecture et à la prochaine ! :)
